Bonjour, aujourd'hui un des sujets pour lequel j'ai eu le plus de mal. Je pense que vous n'avez échappé que de très peu à une histoire sur l'acné. Merci à Aziraphale et à ses tenues de m'avoir finalement inspiré cet OS (et Mozart)

Jour 9 : Bouton

« Qu'est-ce que tu fais mon ange ?

Crowley, installé tranquillement sur le canapé, suivait du regard les allées et venues incessantes de son compagnon qui semblait décidé à retourner la maison.

-Je cherche mes boutons de manchette, il semblerait que je les ai malencontreusement égarés, répondit l'ange ennuyé en ouvrant un énième tiroir.

-Et tu en as besoin ?

-Bien sûr enfin ! C'est un élément essentiel de la tenue, s'offusqua Aziraphale sans interrompre ses recherches.

-Tu sais, je pourrais t'en faire apparaître une nouvelle paire, proposa Crowley connaissant pertinemment la réponse qui l'attendait.

-Ah non, ces boutons de manchette ont une grande valeur sentimentale, c'est Wolfang qui me les a données !

A ces mots le démon haussa un sourcil alors qu'une pointe de jalousie l'atteignait. Il avait beau savoir que c'était parfaitement injustifié et un peu enfantin, il souhaitait soudainement que l'ange ne retrouve pas ces fameux boutons. Après tout, Crowley restait un démon, il avait bien le droit d'être un peu mesquin de temps en temps.

-Wolfang ?

-Oui Wolfang Amadeus Mozart, le musicien.

-Je sais qui est Mozart, mon ange, rétorqua Crowley en levant les yeux au ciel, je ne savais juste pas que tu l'avais rencontré.

-Un homme charmant, plein de vie, je suis sûr qu'il t'aurait plu. Je l'ai rencontré quand il composait La flûte enchantée, nous sommes devenus ami, et le soir de la première il m'a offert ses boutons de manchette pour le remercier de lui avoir porté chance. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire quelques miracles, mais le pauvre il est quand même mort si jeune, expliqua rapidement l'ange sans interrompre ses recherches.

Il fit une petite pause, les sourcils froncés, avant de regarder sous un fauteuil.

-Je les ai peut-être laissés à la librairie…

-On ira voir cet après-midi si tu veux, proposa Crowley, se délectant du sourire qui remplaça enfin l'inquiétude sur le visage de son compagnon.

-C'est une merveilleuse idée, mon cher, je te remercie. Oh et nous pourrions en profiter pour aller au Ritz, je me languis de leur cuisine.

-Comme tu veux.

Le démon s'interrompit un instant, avant de fixer Aziraphale un grand sourire moqueur sur le visage.

-Alors comme ça on a un faible pour les musiciens.

L'ange s'empourpra et en lâcha la boite à bijoux qu'il avait entre les mains.

-Pas du tout enfin, c'est ridicule, j'appréciais sa musique et son génie mais… je ne vois pas ce qui te fait dire ça et puis …

-Je te taquinais, mon ange, c'est tellement facile de te faire monter sur tes grands chevaux, l'interrompit Crowley, mettant fin à son supplice.

Vexé, Aziraphale lui jeta un regard noir qui ne fit que l'amuser davantage.

-Aide-moi à ranger tout cela au lieu de dire n'importe quoi stupide démon, grommela-t-il en se baissant pour ramasser le contenu de la boîte.

Le démon s'exécuta, dépliant sa longue silhouette pour venir s'agenouiller à côté de l'ange.

Ils retrouvèrent les boutons dans l'après-midi, bien rangés dans la boutique, et alors qu'ils s'apprêtaient à emprunter le chemin du retour Crowley tendis un petit carré de plastique à Aziraphale.

-Un CD de Mozart ?

-Je l'ai acheté pendant que tu cherchais tes boutons de manchette, tu devrais pouvoir l'écouter une ou deux fois, avant que la Bentley ne le transforme en Queen.

L'ange posa sur le démon, ce regard aimant dont il avait le secret, touché par ce geste spontané et inattendu. Crowley de son côté était plutôt fier de sa surprise même s'il ne laissa rien paraître en cet instant. « Alors Mozart c'est qui le génie maintenant » ne put- il s'empêcher de penser juvénilement.

-Merci, mon cher.

-De rien, mon ange, allez met ton CD qu'on puisse rentrer chez nous. »