Chapitre 8
Ace et Harry était assis dans la bibliothèque, travaillant la métamorphose, quand Hermione était arrivée, traînant derrière elle un Ron boudeur. Elle s'était plantée devant les deux bruns et avait lâché d'une voix autoritaire : « Il faut qu'on parle. Maintenant. »
Surpris, ils n'avaient eu d'autre choix que de la suivre, et rapidement, ils se retrouvèrent dans leur salle commune.
Hermione vérifia que personne n'était là, avant de lâcher : « Ça ne peut plus durer. »
« Hermione… ça ne marchera jamais… Soupira Ron. »
« Tais-toi, Ronald. »
Elle fixa Harry avec sérieux et déclara : « Il faut qu'on apprenne à se défendre. Et Ombrage ne le fera jamais. Alors c'est à nous d'apprendre. »
Ace sourit, s'adossa contre la cheminée : « Précise ta pensée, Hermione, je pense que ça va me plaire. »
Il ignora avec joie le regard noir du rouquin tandis qu'Hermione lâchait d'une traite : « Harry sera notre professeur. »
Harry haussa un sourcil. Puis deux. Puis s'exclama : « QUOI ? Tu veux que je sois QUOI ? »
« Professeur de Défense contre les Forces du mal. Pour les élèves de Poudlard qui veulent apprendre à se défendre. »
Le brun secoua la tête : « Non. Je ne suis pas professeur. »
Ace lâcha : « Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais impossible de garder ça secret. S'il y a plus de dix élèves impliqués, tout le château le saura dans la semaine. »
« Pas si nous prenons de précautions. »
Harry s'exclama : « Hermione ! Je ne peux pas faire ça ! La plupart des élèves me prennent pour un dingue ou un riche arrogant ! En plus, je n'ai pas l'expérience nécessaire pour enseigner quoi que ce soit ! »
« Harry, qui a affronté …Voldemort et lui a échappé plusieurs fois ? Toi. Qui a réussi à survivre dans un duel face à lui ? Toi. Qui est le meilleur en Défense contre les Forces du mal ? Toi ! Harry. On a besoin d'apprendre à se battre. »
Le concerné grimaça en lui tournant le dos : « Qui te dit que ces élèves veulent apprendre quelque chose ? »
« Même s'ils ont des doutes sur la véracité de ce que tu as dit l'an dernier, ils savent qu'Ombrage est inapte à nous enseigner quoi que ce soit. Harry… personne d'autre ne peut le faire. »
Il fixa les yeux bruns d'Hermione avant de se tourner vers Ron, qui était silencieux : « Tu en penses quoi, Ron ? »
« Mon avis t'intéresse ? »
« Oui. »
« …ouais… l'idée d'Hermione est intéressante… »
« Mais ? »
« Mais, c'est impossible. Le crapaud le saura à l'instant même où on choisira une pièce pour s'entraîner ! »
Ace intervint : « Weasley a raison : il nous faut un lieu d'entraînement à l'abri de l'influence d'Ombrage. »
Ron fit la grimace, avant de lâcher : « McGonagall refusera de nous aider, c'est sûr. »
Les trois autres Gryffondors hochèrent la tête. Elle ne pouvait pas se permettre de prendre ce risque. Harry lâcha : « Pourquoi pas Lovegood ou Newgate ? »
Ace soupira : « Déjà qu'Ombrage semble chercher à faire renvoyer Lovegood, et que Thatch essaye d'aider tous les élèves qui risquent des retenus, ce serait carrément donner un filet de pêche au crapaud. Non. Il faut trouver autre chose. »
Ils s'assirent sur le sofa, puis Hermione proposa : « La Cabane hurlante ? »
« Non. Mauvaise idée. C'est trop petit, et surtout, c'est trop dangereux si des premières années nous rejoignent. »
Ron haussa les épaules : « Pourquoi pas la Forêt Interdite ? »
« Ron ? Tu te souviens des araignées ? »
« Je retire cette proposition, finalement. »
Les étudiants étaient coincés. Où trouver une salle assez grande pour au moins quarante élèves sans qu'ils ne se fasse attraper par Ombrage et sa brigade inquisitoriale ?
Un raclement de gorge derrière eux les fit sursauter : « Hum, hum… »
Hermione se retourna en brandissant sa baguette, tandis qu'Harry était figé.
Mais heureusement pour eux, ce n'était que Thatch qui avait fait une fidèle imitation d'Ombrage. Il demanda : « Dîtes, les jeunes, pourquoi ne pas demander de l'aide à vos professeurs ? »
« On ne voulait pas vous impliquer, professeur Newgate… avoua Hermione. »
« Oh, mais répondre à des questions d'élèves n'est pas encore interdit, du moment que c'est en rapport avec le cours du professeur… si vous cherchez un endroit pour vous entraîner… je suis sûr que le professeur Lovegood a deux ou trois idées à vous communiquer. »
Il leur fit un clin d'œil avant de quitter la salle commune. Ace éclata de rire : « Il ne changera jamais ! »
« Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? S'enquit Harry. »
« Que même si Lovegood ne peut pas nous enseigner la défense, elle peut nous donner des pistes. »
Hermione sourit, un sourire synonyme d'idée de génie.
Quelques jours plus tard, ils avaient aménagé la Salle Sur Demande et plus de quarante-six élèves s'étaient inscrits, non sans signer un contrat magique leur interdisant de parler de ce groupe de défense nouvellement baptisé l'Armée de Dumbledore.
Parmi ces élèves, il y avait une majorité de Gryffondor, de Poufsouffles et quelques Serdaigles. Les plus remarquables étaient les jumeaux Weasley, Neville Londubat, Dean Thomas, Seamus Finnigan, Colin Creevey, Zacharias Smith, Hannah Abbot, Susan Bones, Luna Lovegood, Cho Chang, Marietta Edgecombe… et la liste continuait.
Harry leur enseignait des sorts de défense, mais aussi d'attaques, réussissant à se surprendre lui-même alors qu'il découvrait qu'il aimait enseigner. Et il était heureux quand, certains de jour de la semaine, il trouvait un livre de sortilèges de défense sur son lit avec un mot qui accompagnait l'ouvrage lui disant d'en prendre soin et de ne pas le perdre. Le professeur Lovegood gardait un œil sur eux, leur fournissant un accès à la réserve de la bibliothèque, et en lui conseillant des livres intéressants.
C'est ainsi que les élèves de l'AD progressaient de jours en jours, leur détermination à apprendre le plus de sorts les motivant à enfreindre les décrets ministériels de la Grande Inquisitrice.
Le mois de novembre et la moitié de décembre s'étaient écoulés avec un rythme répétitif : cours, devoirs, retenues, entraînement de l'AD…
Noël approchait, et pourtant les cœurs étaient lourds. Que ce soit par peur du monde de plus en plus sombre ou par simple dégoût du Poudlard envahi par des décrets de plus en plus absurdes, les élèves n'avaient plus vraiment le cœur à faire la fête.
Ace était de plus en plus souvent avec Harry alors que Ron s'éloignait de son ami, malgré les réunions de l'Armée de Dumbledore, ne pouvant supporter la présence du pirate quant à Hermione, elle tentait tant bien que mal de faire le pont entre les trois garçons.
La veille des vacances, aux alentours de onze heures, minuit, Ace se réveilla, en alerte. Son Haki avait été activé alors qu'il dormait. Il s'assit sur son lit, ses yeux s'habituant à l'obscurité et il attendit. Il inspira et expira le plus calmement possible. Quelque chose approchait. Un pas précipité. Vers leur dortoir.
Il se leva et s'approcha de la porte, ses muscles tendus et il ouvrit la porte.
Ace cligna des yeux. Une fois. Deux fois. Il devait ressembler à une chouette.
Le Professeur McGonagall se tenait devant lui, les traits tirés, et quelques mèches de cheveux échappaient à son chignon strict.
Ace lâcha : « Bonsoir, professeure… »
« Mr Portgas. Je viens chercher Mr Weasley. C'est urgent. »
Il s'écarta du passage en entendant la voix usée de sa professeure de métamorphose et la regarda tenter de réveiller Ron sans douceur : « Mr Weasley, venez avec moi. Mr Weasley ! »
Mais, si la voix du professeur McGonagall avait réussi à réveiller Neville, Dean, Harry et Seamus, Ron restait profondément endormi, de la bave au coin des lèvres.
Ace sourit : « Si vous permettez, Professeure McGonagall… ? »
« Allez-y. »
Le pirate s'approcha du lit de son camarade de Maison et inspira avant de crier : « DEBOUT WEASLEY ! IL Y A UNE TARENTULE SUR TA TÊTE ! »
L'effet fut immédiat les yeux du rouquin s'ouvrirent brusquement et il se redressa en criant : « Enlevez-la ! Enlevez-la ! »
Mais quand il se rendit compte que tout le monde le regardait, y compris sa Directrice de Maison, il rougit et se tourna vers Portgas : « Toi, espèce de salop… »
« Mr Weasley. Venez avec moi, immédiatement. »
« Euh… professeure ? Que faîtes-vous ici… »
« Pas le temps. Vous devez venir avec moi. »
Ron se leva et suivit la vieille enseignante qui sortait d'un pas rapide du dortoir des cinquièmes années en jetant des regards interrogateurs à ses camarades sans qu'ils ne puissent lui répondre.
Harry demanda, une fois la porte refermée : « Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? »
Seamus haussa les épaules : « Aucune idée. Mais moi, je vais me recoucher. Le train part tôt demain. »
Ace secoua la tête : « McGonagall semblait nerveuse. »
« Nerveuse ? McGonagall ? S'esclaffa Seamus, Je ne pense pas non, je pense plutôt que Weasley a fait une connerie. Probablement que Potter sait de quoi je parle ? Tu l'as encore entraîné dans une sale histoire, pas vrai ? »
Harry se crispa avant de secouer la tête : « Non. Je n'ai pas vraiment traîné avec Ron depuis pas mal de temps… »
« Bah il n'a des ennuis que lorsqu'il te suit dans tes histoires de Survivant. Pas étonnant qu'il ne veuille plus rester avec toi, tu n'es qu'un… »
« Ça suffit, Finnigan. »
Ace avait posé sa main sur l'épaule de Potter et avait parlé d'une voix froide à l'Irlandais : « Tu vas la boucler. Potter n'a rien à voir avec ce que fait Weasley. »
« Allez, Portgas, tu ne peux pas croire que ce fou dit la vérité au sujet de Tu-Sais-Qui ?! »
Dean soupira : « Seamus, ce n'était pas le sujet de discussion… »
« Si ! Il n'arrête pas de crier que Tu-Sais-Qui est de retour afin de faire le buzz médiatique ! Après tout, il est célèbre et il ne veut pas que ça change ! »
Neville s'assit sur son lit, inquiet en voyant Seamus s'énerver. Ce dernier avait toujours un tempérament explosif, qui pouvait s'observer à travers ses tentatives de faire voler une plume en première année, et ne réfléchissait jamais avant de parler. S'il continuait comme ça, les choses allaient dégénérer. Déjà qu'Harry avait serré les poings, et que Portgas foudroyait du regard le jeune Gryffondor… il ne manquait plus que quelques gouttes pour faire déborder le vase.
« Si ça se trouve, il se sentait menacé par Diggory et les choses ont mal tournés ! C'est facile de porter la faute sur Tu-Sais-Qui ! »
Un silence pesant s'abattit sur les cinq garçons. Harry avait pâli brusquement à la mention de Diggory, Dean s'était assis, un regard surpris sur son visage, et Neville était bouche-bée. Seamus venait indirectement de…
« Tu penses que j'ai tué Cédric ? murmura Harry, le regard fixé sur Seamus. Tu penses que j'ai tué l'un de mes camarades ? »
Seamus donna l'impression qu'il allait reculer, mais son regard se durcit et il releva la tête : « A toi de nous le dire. Personne ne sait ce qu'il s'est passé entre vous dans ce labyrinthe. »
Ace siffla de rage entre ses dents alors qu'Harry s'avançait, le regard glacial, et lâchait : « Tu veux vraiment savoir, Finnigan ? Tu veux savoir ce qu'il s'est passé ce jour-là ? Le jour où Cédric Diggory est mort ? »
Seamus ne put s'empêcher de reculer alors que le brun plus petit le fixait, d'un air si froid et si furieux que la pièce sembla se rafraîchir de quelques degrés.
Harry lâchait d'une voix basse : « Nous sommes arrivés ensemble jusqu'au Trophée. J'étais blessé à la jambe et je ne pouvais plus courir. J'ai dit à Cédric de prendre la Coupe. Il le méritait plus que moi, vu qu'il m'avait aidé et sauvé la vie. Il a choisi de m'aider à marcher. Nous avons pris le Trophée ensemble pour Poudlard. »
Harry marqua une pause, ses yeux fixant de Seamus sans ciller. Personne ne prit la parole, pas même Ace qui semblait vouloir intervenir.
Il continua : « Le trophée était un Portoloin, mais au lieu de nous ramener à Poudlard, il nous a emmené dans un cimetière. Nous ne savions pas où on était. On ne savait même pas ce qu'il venait de se passer. Ma cicatrice a alors commencé à me faire mal. Les seules fois où elle me fait mal, c'est quand Voldemort est proche de moi. J'ai dit à Cédric de partir. Je l'ai supplié de s'en aller. Il a refusé. Il a refusé de me laisser. Ça, cette décision de rester avec moi l'a tué. Voldemort l'a tué sans qu'il ne puisse même riposter. Et je n'ai rien pu faire pour le sauver. Rien du tout, Finnigan. Et je m'en voudrais toute ma vie. »
Seamus était pâle, extrêmement pâle alors qu'Harry s'approchait de lui, ses yeux vert brillant de larmes de rage : « Voldemort n'était rien d'autre qu'un corps recroquevillé à moitié mort quand je l'ai vu tuer Cédric. Et j'ai été incapable de faire quoi que ce soit pour l'empêcher de reprendre forme humaine. Il a pris mon sang. Il m'a défié en duel. Et j'ai été faible. Faible. Tu entends, Finnigan ? Il est plus fort que moi. Il m'a mis à terre. C'est un pur hasard si j'ai survécu. Je ne suis pas votre héros. Je ne suis pas un sorcier extraordinaire. J'ai juste eu de la chance. Une chance que beaucoup n'ont pas eu. Dis-moi, Finnigan… »
Sa voix devint sifflante et rocailleuse après avoir tant parlé : « Tu crois que je suis heureux d'être riche et célèbre ? Alors que j'ai perdu mon père et ma mère ? Je ne les ai jamais connus et tout le monde était content que je sois le Survivant alors que j'avais perdu la seule famille que j'avais ? Tu crois que la gloire, la célébrité, la fortune, valent un tel sacrifice ? DIS-MOI ! »
Le cri d'Harry résonna quelques millièmes de secondes et Seamus tomba en arrière, sur le matelas de Ron, les yeux écarquillés.
Une petite voix lâcha derrière les garçons silencieux : « C'est vrai ? »
Surpris, ils se retournèrent et virent quelques étudiants de Gryffondor, toutes années confondues qui regardaient Harry. Ce dernier se tendit en demandant : « Qu'est-ce qui est vrai ? »
« Ce que tu dis sur… Tu-Sais-Qui ? demanda une seconde année, C'est la vérité ? »
Harry le fixa en silence avant de soupirer : « Je sais ce que j'ai vu. Je sais ce que le ministère pense de ça. Maintenant, à vous de vous faire votre opinion. Mais je n'ai pas menti. Je ne suis pas fou. J'ai vu un ami mourir assassiné devant moi sans que je ne puisse le sauver, tout ça parce qu'un fou mégalomane a décidé de me tuer depuis que je suis né. »
Il leur tourna le dos en lâchant : « Le spectacle est terminé. »
Les autres élèves s'en allèrent à contrecœur, semblant étrangement silencieux et pensifs, laissant derrière eux un silence lourd de sens.
Neville observa Harry se recoucher, imité par Ace, puis fixa Seamus qui n'avait pas bougé. Le jeune Londubat secoua la tête : « Tu sais Seamus, tu es vraiment un idiot. »
Le concerné le regarda, stupéfait. Neville pinça les lèvres : « Tu n'as aucune idée de ce que ça fait de ne pas avoir connu ses parents. Tu ne connais pas la douleur de les savoir partis pour toujours. Tu ne sais rien de la pression qui repose sur les épaules de Harry, ou sur celle de tous les Héritiers. Tu n'as jamais compris qu'on donnerait tous nos biens pour revoir nos parents et les garder à nos côtés. C'est en cela, que tu es un imbécile. »
Et le Gryffondor se recoucha, intérieurement secoué par ce qu'avait dit Harry à propos de Voldemort, et ce qu'il n'avait pu s'empêcher de dire à Seamus. Ses parents lui manquaient. Il aurait tellement aimé se souvenir d'eux tels qu'ils étaient avant que Lestrange ne vienne ruiner sa famille.
Ses yeux le piquaient alors que la lumière s'éteignait et que seule la lune éclairait leur dortoir. Son cœur se serra. Et il ferma les yeux en pleurant silencieusement, bougeant à peine.
Le lendemain matin, quand Ace se réveilla, seul Harry dormait encore. Neville lisait un livre de botanique, assis sur son lit, sa valise déjà prête. Seamus et Dean n'étaient plus là.
Le pirate se leva, et enfila un pantalon de survêtement avant de s'approcher du Gryffondor éveillé : « Londubat… »
« Neville. Tu peux m'appeler Neville, je te l'ai dit. »
Ace sourit : « Neville… ce que tu as dit hier… »
« Oui ? »
Le brun fixa l'adolescent qui avait récemment perdu ses joues rondes et lâcha : « C'était très courageux. Et vrai. »
Neville rougit, peu habitué à être félicité, avant de lâcher : « C'était normal. Seamus n'aurait pas dû insinuer que Harry mentait. »
Ace ne répondit rien, préférant fixer le jeune homme de quinze avec sérieux. Ce dernier déclara : « Je le crois. Je crois Harry quand il dit que Tu-sais… que V-Voldemort est de retour. »
Ace esquissa un faible sourire au même moment que la voix à peine réveillée d'Harry résonnait dans le dortoir : « Merci, Neville. »
Ce dernier sursauta : « T'es réveillé ? »
« Ouais, je viens de me réveiller. Merci pour m'avoir défendu hier, Neville, c'était vraiment… vraiment sympa. »
« Tu aurais fait la même chose pour moi. »
Harry sortit de son lit, souriant : « Ouais. Mais j'aurais été moins sympa je pense… »
Ace éclata de rire : « Sans blague ! Je n'en doute pas une seconde… » et Harry lui lança son oreiller en grognant : « T'es mal placé pour parler, espèce de… de… »
« De ? »
« De tête brulée ! »
Ace fit la moue : « T'as rien trouvé de plus original ? »
« Nan ! Je ne veux pas me casser la tête si tôt le matin. »
Neville referma son livre et demanda : « Vous restez à Poudlard pour Noël ? »
Harry soupira : « Normalement, je devais passer Noël avec les Weasley, mais comme Ron n'est pas rentré de la nuit, je ne sais pas. Et Ace devait venir, non ? »
« Oui, c'est ce qui était prévu… »
Quelqu'un toqua à la porte, les interrompant. Neville alla ouvrir et sembla surpris en voyant qui se tenait derrière la porte : « Professeur Newgate ? »
« Salut, gamin ! Et appelle moi Thatch, par pitié ! »
« Euh… »
Ace s'approcha : « Y a un problème, Thatch ? »
« Potter est là ? »
« Je suis là, pourquoi ? »
Le pirate au pompadour entra dans le dortoir et soupira : « Il y a un changement de programme. Vous n'allez plus chez les Weasley. »
Ace fronça les sourcils : « C'est en rapport avec McGonagall venant chercher Ron en pleine nuit ? »
« Oui. Arthur Weasley a été admis la nuit dernière à Sainte-Mangouste. Son état est très grave. Au vu de la situation, les Weasley ne peuvent pas vous accueillir. »
Thatch allait continuer quand il fixa Neville qui dit d'une voix hésitante : « Je peux sortir, si vous voulez discuter en privé ? »
« Ce serait mieux, merci. »
Neville fit un signe de tête à ses camarades en prenant sa valise et déclara en sortant du dortoir : « Si vous voulez passer chez moi pendant les vacances, vous êtes les bienvenus ! Joyeux Noël Harry, Ace. »
« Joyeux Noël, Neville. »
Une fois que la porte fut à nouveau fermée, Thatch lâcha : « Le Square Grimmauld n'est pas non plus une option. »
« Pourquoi ? Sirius pourrait rester avec nous et… »
« Potter, Black n'est pas en état de s'occuper de vous. Il… n'est pas en excellente forme. »
Harry fronça les sourcils alors que l'inquiétude pour son parrain le frappait de plein fouet il demanda : « Il va bien ? »
« D'après ce que j'ai entendu de Rogue et de Lupin, il a été en contact avec un artefact maudit. Il ne risque rien, mais il a besoin de rester alité quelques jours. »
Ace demanda : « Quel genre d'artéfact ? »
« Du genre que Lovegood a immédiatement détruit sans le dire au vieux bouc. »
Harry et le plus jeune des deux pirates échangèrent un regard : ils pensaient à la même chose. Horcruxes.
Thatch se passa une main sur le visage : « Vous n'avez donc que le choix de rester ici, à Poudlard, en sachant qu'Ombrage aussi y reste. »
« C'est une blague ? »
« Malheureusement, non. Si je n'étais pas dépendant de Lovegood pour le logement en dehors de Poudlard, je vous aurais invité, mais… »
« Ce n'est pas grave, professeur. Merci de nous avoir prévenu… Lâcha Harry en rouvrant sa valise et en déballant ses affaires. »
Thatch et Ace échangèrent un regard avant que le jeune sorcier ne soupire d'agacement : « Jamais une seule année normale. »
« Hé Potter, ça te tente de faire des vacances d'Ombrage un enfer ? »
La suggestion sembla fortement intéresser le Gryffondor qui regarda Thatch avec surprise. Ace ricana : « Oh ouais, j'adore quand Thatch a un plan. Sauf si c'est en rapport avec Marco. Là, ça finit toujours mal. »
« Hé ! Je suis un as des farces contre Marco ! »
« Tu te fais prendre et humilier à chaque fois ! »
Ils continuèrent à se chamailler sous le regard amusé d'Harry qui souhaita brusquement avoir une famille comme celle que semblaient avoir ces deux-là. Enfin, au moins il avait ses amis.
Thatch donna une grande tape dans le dos d'Harry en souriant : « Mon idée va marcher du feu de Dieu ! »
