Bonsoir !

Je poste ce chapitre avec quelques semaine de retard et je m'en excuse ! La rentrée à eut son lot de complications personnelles et pro, je n'ai donc pas réussi à trouver le temps de poster, mais je vais pouvoir reprendre un bon rythme !

J'espère comme d'habitude que ce chapitre vous plaira. N'hésitez pas à laisser vos impressions, je me ferai une joie de vous répondre :)

Bonne lecture et bonne soirée :)

Edith.


Chapitre 8

Le dernier souhait

Les deux préfets se faisaient face. Drago avait gagné le droit de pouvoir enfin parler à Hermione qui n'avait plus vraiment d'autre choix que celui de l'écouter. Bien entendu, il aurait pu faire cela autrement, mais il était plus divertissant et la voir enfin perdre. A présent, le serpentard dominait la gryffondor de toute sa stature. Il fixait le joli minois d'Hermione tout en se demandant comment il allait parvenir à parler sans céder à son envie de l'approcher d'encore plus près. Cette fille était impossible. Elle avait le don de rendre son comportement incompréhensible et imprévisible. Elle était là, ses lèvres fines légèrement entrouvertes par la surprise, ses joues rosies par la course, son regard ambré qui semblait se questionner. Elle avait quelque chose que les autres ne possédaient pas, elle avait le caractère, elle avait l'intelligence, le désir de l'affronter, elle avait aussi la beauté, mais ça, c'était plus difficile à avouer. Le cœur de Drago se mit à tambouriner contre sa poitrine à mesure qu'il observait la jeune femme.

Il lui était toujours aussi difficile de s'avouer qu'il ressentait quelque chose pour elle et les récents événements lui en avaient apporté la preuve. Il n'aurait pas joué à un jeu si dangereux s'il n'en avait pas été persuadé. Pourtant, avant de mettre un mot sur tout ça, avant d'oser rendre réel ce que son cœur et son corps s'évertuaient à lui faire comprendre depuis déjà quelques années, il voulait en apprendre plus sur la demoiselle aux joues roses qui lui donnait une furieuse envie de l'emprisonner entre ses bras. Il ne voulait à cet instant qu'une chose, s'excuser, pour la première fois de sa vie. Il ne s'était jamais excusé envers personne -en dehors de ses parents-, il s'était toujours cru l'être le plus irréprochable et puis elle avait tout écrasé. Il s'apprêtait à s'excuser, simplement pour pouvoir rester près de la seule personne auprès de laquelle il sentait à peu près bien.

Elle attendait qu'il parle. Cette fille qu'il avait passé les dernières années a humilier pour tenter de l'oublier, pour tenter de rester dans le droit chemin. Il avait toujours suivi les règles dictées par son père, il avait toujours cru savoir qui aimer, détester, qui éviter, qui admirer et pourtant. Au contact de la gryffondor, il sentait ses préjugés et ses idées préconçues s'effondrer. Comment une si petite personne pouvait-elle provoquer un si grand tremblement ? Il sentit son estomac se nouer à l'idée de se jeter à l'eau et il recula, pour respirer et la laisser s'adosser contre l'autre paroi de la cabine.

-Je… il ne savait pas par où commencer et sentait les mots se perdre dans sa gorge. Je suis désolé pour…. Pour hier.

Son visage fut brutalement assombri par les remords.

-Je sais que je n'ai pas de réelle excuse et que peu importe les raisons que je pourrais donner, elles seront un bien maigre réconfort. J'ai été le premier à dire que nous devions peut-être penser à grandir et j'ai été le premier à reculer. Je voulais t'aider, mais actuellement et dans la position qui est la mienne, je ne peux pas me permettre d'aider tout le monde et surtout pas l'amie de Potter. Je sais que ma réponse est égoïste, mais c'est la vérité. Si quelqu'un est témoin du fait que je sympathise avec toi, mon père sera au courant et tu le connais, ça peut aller très loin. Je sais que les principes et les préjugés peuvent être brisés, mais chez moi, dans ma famille, dans ma maison, c'est bien plus compliqué. De plus, nous venons de deux milieux différents, toi née moldue, moi sang pur, toi gryffondor, moi serpentard et nous sommes censés nous détester.

Il marqua un léger arrêt dans son discours et chercha à retrouver sa respiration tant il se sentait mal. Il avait l'impression de ne pas dire ce qu'il fallait. Sa gorge était sèche, son cœur était douloureux et il sentait qu'il était en train de se noyer. Il devait avoir l'air stupide, néanmoins, il continua.

-Si je t'aide, ça pourrait mal tourner. Les Serpentards ne sont pas connus pour être délicats avec les autres, encore moins moi. Tu en es témoin depuis des années, tu sais que la situation ne peut pas changer en claquant des doigts. Pansy t'égorgerait, Blaise me tuerait et ne parlons pas de Weasley et Potter qui pourraient faire sauter le château. Je ne voulais pas avoir l'air de m'en moquer, je n'en avais pas rien à faire, bien au contraire et le choix n'était pas facile à faire contrairement à ce qu'on pourrait croire. Je ne voulais pas te blesser... Je hais les relations humaines par moment…

Il sentait qu'il commençait à se mélanger les pinceaux. Il se mit à machinalement tripoter ses boutons de manchettes en attendant la sentence.

-Tu essaies donc de me dire que nous devrions en rester là ? La voix de son homologue tremblait un peu.

-Pourquoi dis-tu cela ?

- Et bien, quand on dit qu'on déteste les relations sociales et à ta façon de parler… c'est à croire que tu vas fuir et m'éviter le plus possible à partir d'aujourd'hui.

-Ce n'était pas comme ça que je voyais la chose, mais si c'était le cas… je sens que je pourrais presque te manquer. Il eut un fin sourire.

Hermione rougit jusqu'aux oreilles et chercha à le cacher en plaquant ses mains fines sur ses joues.

-Absolument pas ! C'est juste que… ce serait bête de gâcher nos efforts pour arriver à nous entendre, c'est tout ! Débita la préfète aux joues en feu. C'est tout.

Il se sentit sourire, son cœur s'apaisa un peu. Visiblement, elle ne semblait pas lui en vouloir au point de chercher à fuir ou à le frapper, c'était certainement bon signe.

- On t'a déjà dit que tu étais une personne surprenante ?

-Hum, pas assez souvent à mon goût. Elle lui rendit un sourire timide.

-Suis-je excusé ?

-Pas complètement, mais tu es sur le bon chemin.

-Bien ! Alors, je pense m'être suffisamment étalé devant toi… Ai-je droit à mon tour d'exiger deux ou trois petites choses ? Rien de bien grandiose.

Il avait délibérément décidé de changer de sujet afin de mettre un terme au désir qu'il avait d'embrasser Hermione jusqu'à l'étouffer. De son côté, Hermione fut prise de cours. Qu'allait-il exiger d'elle ? Pouvait-elle refuser ? En avait-elle le temps ? Pouvait-elle dire non à un sourire si charmeur. Elle avait toujours trouvé le serpentard plutôt quelquonque, elle ne l'avait jamais regardé et c'était toujours demandé ce que les filles lui trouvaient. Elle commençait maintenant à comprendre et tout en cherchant à faire taire toutes les pensées qui se jetaient sur elle, elle reprit contenance.

- Bien et que veux-tu ?

- A combien d'exigences ai-je droit ?

- Trois et compte en « vœux », j'aimerais pouvoir éventuellement dire « non » ou « peut-être ».

-Justement, le but était que tu ne puisses pas refuser.

-Je te connais serpent. Répliqua Hermione en croisant les bras. Alors ?

-Très bien. Il leva les yeux et fit mine de réfléchir. Bien, histoire de repartir sur de bonnes bases, j'aimerais être entièrement pardonné. C'est très noeud noeud, mais au moins, je suis certain que tu ne reviendras pas dessus.

-Je l'aurai sans doute fait. Il ne te reste que deux vœux. Dommage.

-J'assure toujours mes arrières Granger, tu devrais le savoir. Ah oui ! Par pitié, arrête de me hurler dessus comme si j'avais encore dix ans. Tu sais qu'emmerder le monde de 8 heure à 22 heure est mon passe-temps favori. Je ne porte pas les couleurs de ma maison et mon nom de famille pour rien. Mes tympans s'en porteraient à merveille si tu baissais le volume sonore.

Il regarda Hermione piquer un fard, un peu comme une enfant.

- Je ne suis pas comme ça… marmonna la gryffondor d'une mine boudeuse.

-Si, tu autoritaire et tu hurles sur tout le monde. Si Potter et Weasley étaient ici, ils diraient la même chose.

-Mais… c'est tout bonnement injuste… Elle bougonna quelques secondes et se ressaisit. Et ton dernier ?

Il avait des idées, un tas d'idées, des plus douces aux moins sages et délicates. Lui parler sans barrière, pouvoir la scruter sans qu'on ne puisse jamais rien lui dire, pouvoir la toucher et cela allait bien plus loin que de glisser une main timide sur la joue de la rouge et or. Il se ressaisit en sentant que ses mains cherchaient à aller se poser sur la taille d'Hermione.

-Je peux le garder pour plus tard ?

-Il n'y a pas de durée limite donc je suppose que oui.

Le silence, devenu coutumier entre eux retrouva sa place et ils se regardèrent un moment. Que dire à présent ? Hermione sentait malgré elle qu'il était sincère, qu'il essayait de changer. Elle savait qu'il n'était pas celui que Harry et Ron connaissaient et ce Drago là, celui qu'elle apprenait à connaître, elle l'appréciait de plus en plus sans savoir si c'était bien ou non. Elle aimait de plus en plus cette timide chaleur naissant en elle quand il était là, cette petite boule qu'elle avait au ventre quand il lui parlait, cette manière d'être qu'il lui montrait à elle seule, cette partie de lui inconnue aux autres. C'était un secret que seule, elle connaissait.

Il était là, une étincelle d'espoir dans ses yeux d'un azur profond, une couleur si différente de l'habituel gris froid et dur auquel il avait habitué la jeune femme. Il se pinçait les lèvres, comme dans l'attente d'une nouvelle gifle. C'est alors qu'elle sentit un contact tout nouveau pour elle. Hermione baissa les yeux et s'aperçut qu'il avait timidement glissé ses mains dans les siennes, comme s'il allait lui faire une promesse, comme s'il cherchait à savoir jusqu'où il avait le droit d'aller. Elle ne dit rien, elle ne retira pas ses mains et laissa les mains glaciales du serpentard presser délicatement les siennes.

Le temps passa et bientôt, ils s'aperçurent que presque une heure était passée et qu'ils allaient devoir sortir pour retourner en cours. Hermione en runes anciennes et Drago en sortilèges, le couloir maudit d'Hermione par lequel elle était obligée de passer pour accéder à sa salle. La préfète qui commençait à ne plus contrôler la moindre de ses pensées retira ses mains de celles de son homologue puis elle tenta d'articuler :

- On devrait sortir séparément.

-Oui. Répondit-il dans un souffle en ouvrant la porte de la cabine.

Hermione sortit et la porte des toilettes s'ouvrit à la volée. Drago fit revenir Hermione avec lui et referma la porte. Personne ne devait les voir sortir de la même cabine, dans les toilettes presque constamment vides de Mimi. Avec de la chance, c'était des premières années qui n'allaient pas rester longtemps.

-Mais qu'elle idiote ! Tempêta Pansy. Et quel est le débile qui a encore bloqué le verrou de la porte d'entrée !

-Encore Mimi qui voulait pleurer toute seule. Répondit Délia, une élève de sixième année.

-Vraiment, mais quelle empotée cette Abbot, ma robe est pleine de terre.

La jeune femme s'approcha des lavabos et fit couler un filet d'eau pour en mettre sur sa robe et la nettoyer.

-Encore heureux, je n'aurai pas à me coltiner Granger au prochain cours. Je n'en peux plus de voir des têtes de pioche toute la journée.

-Elle ne t'a rien fais pourtant. Osa répondre Délia.

-Tu défends cette… sang de bourbe ?!

-Non, je dis simplement qu'elle ne t'a rien fait.

-Pas directement.

Pansy se figea, ses joues étaient rouges de colère, elle posa ses mains sur les rebords du lavabo et fit de son mieux pour ne pas briser le miroir.

-Jamais, au grand JAMAIS, Drago ne m'aurait arrêté comme il l'a fait hier. Il a toujours été le premier à dénigrer Potter et sa compagnie, mais depuis qu'il partage cette nouvelle salle commune et qu'il passe du temps avec Granger, il…. Il n'est plus lui-même. A croire qu'il commence à s'y attacher.

Alors qu'elle commençait à faire le détail de ce qu'elle pourrait faire à Hermione si celle-ci continuait de trop s'attarder près de Drago, dans la cabine, le serpentard se retenait de souffler bruyamment son agacement et passa une main épuisée sur son visage. Pansy était horriblement épuisante et par moment Drago avait envie de la faire passer par une fenêtre. C'est alors qu'il entendit Pansy marcher dans leur direction qu'il monta sur la cuvette et entraîna Hermione avec lui, en n'oubliant pas de poser son index sur ses lèvres. Il fallait rester silencieux, mais garder son calme était difficile tellement la situation prêtait à rire en dehors du fait d'être gênante. Tenir à deux sur une cuvette était en soi ridicule, mais la raison du grand sourire d'Hermione, c'était l'air agacé et désespéré de Drago en écoutant Pansy. De son côté le serpentad venait d'être éclaboussée par Mimi qui avait plongé tête la première dans la tuyauterie de la cuvette de la cabine dans laquelle venait d'entrer avant d'en ressortir en hurlant. Ce sentiment de satisfaction était tel pour Hermione qu'elle manqua de tomber en arrière en voulant s'empêcher d'éclater de rire. Drago la rattrapa d'une main agile et c'est ainsi que la gryffondor se retrouva plus ou moins malgré elle, tout contre le serpentard qui tendait l'oreille en priant pour que Pansy sorte.

-Je déteste cette école ! Hurla Pansy alors que Délia accourait vers d'elle pour l'aider à faire sécher sa robe.

Sans le savoir, les deux sorcières se trouvaient juste devant la cabine dans laquelle étaient enfermés Drago et Hermione. La pression de l'instant était terrible et Hermione avait peur de respirer. Drago se tenait du mieux qu'il pouvait, une main sur la taille d'Hermione et l'autre sur la paroi de la cabine. Il cherchait aussi à se concentrer sur ses pieds qui tenaient mal sur la petite cuvette, et ce, même si les pieds de son homologue étaient ridiculement petits. S'ils bougeaient, c'était fini. Hermione imaginait déjà la scène à laquelle elle aurait droit de la part des autres si on la découvrait ainsi et avec un serpentard. Plus personne ne lui parlerait. Elle serait seule… C'est alors qu'elle comprit. Elle prenait enfin conscience de ce que lui avait dit Ginny et de ce que Drago lui avait dit à propos de la veille. Si on les surprenait, s'ils cherchaient à s'aider, s'en était fini d'eux.

Là, debout tout contre le serpentard, elle ferma les yeux et profita timidement de ce contact physique qui lui procurait une chaleur réconfortante. Elle referma ses mains sur le col de la robe du préfet qu'elle sentit sursauter, puis elle cessa de bouger et apprécia l'instant le plus étrange qu'elle ait vécu jusque-là.

Au bout de quelques minutes, Pansy sortit aussi vite qu'elle était entrée. Une fois la porte d'entrée des toilettes fermée, Drago relâcha la pression et souffla.

-Un jour, je la tuerai.

-Oh non, elle est divertissante par moment. Répondit Hermione en mettant un pied au sol.

-En effet.

Drago descendit à son tour de la cuvette et tous deux sortirent enfin de la cabine. L'air libre était agréable et Hermione sentit qu'elle retrouvait l'usage de son corps. Elle se tourna vers Drago.

-Je devrais y aller, on va… finir par être en retard.

Elle adressa un timide sourire au serpentard et prit la fuite avant que celui-ci n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit. Il resta immobile un moment face à la porte qui s'était refermée, puis Mimi se montra.

-Merci Mimi. Fit Drago.

-De rien. De toute façon, je n'aime pas cette fille, je me demande vraiment comme tu as pu…

-On pourrait éviter d'en parler ? S'agaça-t-il.

-Je voulais la faire tomber dans une cuvette, mais l'arroser, c'était bien plus marrant.

-Evite de dire ce que tu as vu, veux-tu ?

-Mais je n'ai rien vu. A plus tard. Je vais aller ruminer dans un lavabo.

Mimi commença à se plaindre de son statut d'être fantomatique, puis elle fondit en larmes et se précipita dans un lavabo pour pleurer et alimenter la plomberie. Drago préféra la laisser. Mimi avait un bon fond, encore fallait-il supporter ses crises de larmes et ses désirs d'avoir un ami. Elle lui en avait longuement parlé en espérant qu'il délaisse sa scolarité pour ses toilettes, mais le serpentard avait préféré refuser son offre.

Une fois dehors, Drago prit le chemin de sa classe de sortilèges.

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Dans les couloirs de l'école, les élèves sortaient de leur salle de cours et se dirigeaient vers leur cours suivant, se bousculant les uns les autres, parlant, révisant, rêvant ou encore s'attardant sur les bancs. Hermione marchait d'un pas rapide dans les couloirs pour ne pas arriver en retard, mais se rendit compte que perdue dans ses pensées, elle avait pris le mauvais chemin et se dirigeait vers les cachots. Maudissant intérieurement Drago, elle fit demi-tour rapidement remonta en courant les marches des cachots et s'engagea dans les couloirs qui se vidaient lentement. Elle fit aussi vite que possible, mais Hermione fut pas assez rapide. Les Serpentards étaient déjà devant leur salle. Le professeur Flitwick était souvent en retard en ce moment à cause de la chorale qu'il préparait avec harnachement en vue des fêtes.

Les Serpentards étaient éparpillés de part et d'autre du couloir et se fichaient bien de gêner les élèves qui voulaient passer. Blaise parlait à Drago qui était adossé contre un mur et tenté de se défaire de Pansy joyeusement accroché à son bras. Hermione observa la scène un instant avant de se lancer. Elle prit une profonde inspiration et se mit à marcher vers eux dans le but de pouvoir enfin aller en cours, mais bien sûr, les insultes et autres railleries se mirent à pleuvoir, et comme elle s'en doutait, Hermione vit Pansy s'approcher d'elle, une expression de jalousie incontrôlable sur le visage.

- Tu es bien stupide de revenir ici, Sang de Bourbe, t'en as pas eu assez la dernière fois ?

- Ici ma chère ce n'est pas ton territoire. Je suis obligée de passer par là pour aller à mon cours, alors laisse moi passer. Demanda calmement Hermione en regardant Pansy droit dans les yeux.

Elle ne cilla pas.

- T'as du courage, mais tu es ridicule.

Pansy avança son bras pour attraper Hermione qui, voyant s'approcher les autres tenta de ne pas céder à la panique et chercha Drago du regard, mais que pourrait-il y faire ? Rien.

-La dernière fois, je n'ai pas pu en finir avec toi, et en ce moment, j'ai vraiment des envies meurtrières à ton égard, tu en connais les raisons. D'ailleurs, nous en avons tous, tu es une Gryffondor, une Sang de Bourbe, une impuretée qui n'a pas sa place ici, une amie de Potter et du traître à son sang, Miss-je-sais-tout et surtout, tu passes trop de temps avec Drago. Pansy appuya chacun de ses derniers mots avec autant de colère et de menace qu'elle pu. On va t'aider à rentrer chez toi.

La serpentard leva sa baguette vers Hermione qui était à présent prise de panique et tétanisée. Elle n'avait pas peur de grand chose, mais à chque fois les garçons étaient là. Ici, elle était seule.

- Je vais me faire un plaisir te faire ''oublier''. Sourit Pansy.

- Vous êtes tous pires que des gosses.

La voix traînante de Drago s'éleva de derrière les autres qui se tournèrent vers lui. Il avançait vers le centre du cercle au milieu duquel Hermione qui était à deux doigts de tomber à genoux, complètement en proie à la peur.

-Il va falloir grandir et arrêter d'emmerder le monde de la sorte, c'est votre faute si on perd des points bêtement. D'un simple geste de la main, il fit baisser leurs baguettes aux autres.

- Mais Drago ? Interrogea Pansy, tu, nous as toujours dit que...

- Je dois probablement mal m'exprimer. Arrêtez ça. C'est pas sa faute si elle est comme ''ça'' la pauvre. Il se baissa vers Hermione et esquissa un très léger sourire à peine visible à la jeune femme. Alors, laissez là et gardez vos conneries pour Potter ou Weasley.

- Attends Drago, Commença Blaise. T'as toujours été le premier à vouloir là pourrir et...

- Elle est à moi. Dit-il d'une voix froide et tranchante.

- Pardon ? S'étrangla Pansy.

Un silence lourd tomba dans le couloir. Les élèves observèrent Drago d'un air perplexe, surpris, choqués, tant de sentiments violents s'entrechoquant sur leurs visages les rendaient ridicules. Pansy palissait à vue d'oeil, les yeux ronds et la bouche grande ouverte, elle se raccrocha à Blaise qui restait de marbre. Drago les ignora et vint aider Hermione à se relever.

- A toi ? Demanda Blaise pour briser le silence.

-Oh, disons que c'est un petit arrangement entre mon homologue et moi. Je me réserve donc à présent de le droit de profiter de ses petites crises et de ses colères. Vous, je vous laisse Potter et Weasley, ils sont devenus ennuyeux. Il adressa un sourire suffisant à son assistance silencieuse. Donc, je considère qu'elle est à moi. Je suppose que votre capacité à suivre ce que je dis vous permet aussi de le comprendre ?

Le ton impérieux qu'il avait pris en fit frissonner plus d'un et tous semblèrent se ranger de son côté en hochant timidement la tête. Hermione, peu rassurée, restait silencieuse et n'osait pas bouger de peur de se faire casser quelque chose. Personne n'osa prendre la parole, le cercle qui s'était formé autour de la gryffondor se désagrégea et le professeur Flitwick arriva de son habituel pas sautillant. Il s'arrêta néanmoins en voyant Hermione en si mauvais état accéléra le pas vers elle.

- Miss, tout va bien ? Vous êtes terriblement pâle !

- Elle va bien, Répondit Drago, elle est tombée, mais elle va bien, je vais l'emmener à l'infirmerie.

- Je vais bien. Je veux aller à mon cours, je me sens bien. Continua Hermione qui reprenait ses esprits et refusait de rater encore le moindre cours.

- Votre homologue a raison. Je vous la laisse Monsieur Malfoy, revenez quand vous serez sûr qu'elle ne perdre pas connaissance au milieu d'un couloir. Fit le professeur de sa petite voix flutée avant d'ouvrir la porte de la salle de classe.

Les élèves entrèrent lentement dans la salle tout en jetant des regards perplexe à Drago qui tenait Hermione par les épaules pour l'aider à se relever. Blaise s'approcha tout de même de son ami.

- On va avoir une conversation plus tard. Dit froidement celui-ci en jetant un regard dégoûté à Hermione, il soutint le regard de Drago un moment entra dans la salle.

Une fois la porte de la salle de classe fermée et le couloir vidé de ses occupants peu délicats, Drago posa une main sur la taille de la jeune femme pour l'aider à avancer. Il la sentait encore trembler entre ses doigts. Ils restèrent silencieux un long moment puis Hermione se rendit compte qu'ils ne prenaient pas la direction de l'infirmerie. Elle leva la tête vers le blond qui fixait le bout du couloir. Il gardait la mâchoire serrée, la colère se lisait dans ses iris grises. Elle osa demander :

- On va où ?

- Tu as plus envie d'aller en cours qu'à l'infirmerie, je commence à te connaître. Je trouverai un bobard à raconter à Flitwick.

Quand ils furent au détour du couloir menant à la salle Drago s'arrêta.

- Si on me voit avec toi ça risque de jaser.

- C'est vrai. Elle hésita un instant. En tout cas… merci.

La préfète se détacha de son homologue et lui laissa entrevoir un délicat sourire. Ils restèrent un moment l'un face à l'autre, puis Hermione préféra mettre un terme à cet énième échange trop doux pour elle et se retourna pour marcher vers l'angle du couloir qui la fit disparaitre. Quand Drago se retrouva seul, il fut frappé par un étrange sentiment de frustration mêlé à cette étrange sensation d'apaisement qu'il ressentait à chaque fois qu'elle s'approchait de lui. Il aurait voulu lui prendre la main une fois de plus, la prendre dans ses bras, mais il se résigna.

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Étrangement, Drago ne croisa plus Hermione jusqu'à la fin de la journée. Lui qui pensait courir encore se retrouver à trainer les pieds dans les couloirs en priant pour que Blaise oubli cette histoire de conversation masculine qu'il n'avait aucune envie d'avoir. Il restait près de Drago et ne parlait pas ou très peu, laissant la place à Pansy qui faisait tout pour que Drago ne revienne vers elle, sans résultat, elle restait insupportable.

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Lors du repas du soir, lorsqu'il entra dans la grande salle, Drago fut suivis par les regards méfiants des vert et argent, mais il les ignora et alla s'asseoir près de Blaise et face à Pansy, Crabbe et Goyle. Une fois son sac à ses pieds, il profita du fait de se lever pour prendre une carafe d'eau afin de jeter un œil à la table des Gryffondor. Il lui suffisait de trouver la tignasse rousse de Ginny Weasley pour tomber sur Hermione, ce qui ne fut pas le cas. Ginny était là, assise avec Potter qui arborait une mine grise, Weasley, quant à elle, était rouge de colère et était occupée à massacrer la nourriture qui se trouvait dans son plat qui n'avait plus rien d'un plat qu'on aurait voulu manger. Elle envoya alors un regard noir vers le bout de la table de sa maison. Drago suivit son regard et trouva, Ron roucoulant aux bras de Lavande Brown, une véritable vision d'horreur pour tout être vivant. Passé le dégoût le plus total et une terrible envie de vomir, Drago chercha une fois de plus la présence de son homologue sans en trouver trace. Peut-être était-elle à la bibliothèque et ne tarderait pas.

-Il faut qu'on en parle. Déclara enfin Blaise qui semblait se libérer de ses paroles retenues toute la journée.

-Et tu attendais le repas pour ça ? Demanda Drago. En quoi, c'est le bon moment ?

-Quand je mange, je ne crie pas.

-… En effet, mais on en parlera pas.

-Drago tu…

-Je ? J'ai changé ? Sérieusement, tu me parles de changer après… après tout ça ? J'ai pas suffisamment changé ? Elle est mon homologue, je ne peux passer mon temps à me montrer idiot et ignorant ! Je vous l'ai dit, c'est ce genre de comportement qui nous fait perdre des points et nous fera perdre bien plus si on continue. Elle me tape suffisamment sur le système quand nous sommes seuls, sans que vous lui donniez du grain à moudre. Alors fichez-lui la paix, je vais m'en occuper. Nous ne sommes pas dans un contexte où on peut se permettre de faire les idiots et d'emmerder la bande à Potter. Vous le savez. Siffla Drago, les dents serrées. Je parle aussi pour toi. Il foudroya Pansy du regard. Alors laissez-moi.

D'un bref geste de la main le jeune homme coupa court à la conversation et changea de place pour aller s'asseoir seul et terminer son repas tranquillement, toujours en guettant la jolie brune qui brillait par son absence. Hermione ne se montra pas du repas et à sa table la tension semblait être à son comble entre Ginny Weasley et son frère qui se tenait à bonne distance d'elle, entre des tentacules de Brown. Par curiosité Drago observa les réactions des élèves face à cet affreux spectacle et visiblement le nouveau couple de Poudlard était loin de faire l'hunanimité. En témoignait les regards suspicieux et les murmures concernant la stupidité de Weasley, mais aussi concernant la « pauvre Hermione ». A cet instant, quelque chose remua dans l'estomac du serpentard et une flèche transperça son cœur avec une violence inouïe. Il y avait de la colère, oui, mais pas que. Il y avait cet autre chose qu'il n'avait pas ressentit depuis longtemps, depuis le bal de quatrième année, le soir où il avait enfermé Hermione Granger dans une boite pour ne plus y penser. Cette fois, il n'y avait pas de boite où enfermer la gryffondor et Drago se rendit à l'évidence. Il était à cet instant dévoré par une jalousie innommable. Il attendit un moment que la grande salle ne commence à se vider, tout en trafiquant sa fourchette dont les dents creusaient le bois de la table pour éviter qu'il ne la jette entre les yeux de Weasley.

Cependant, il finit par attraper son sac sans un mot pour ses amis et se rua en dehors de la salle pour grimper les marches quatre à quatre et marcher à grandes enjambées jusqu'au tableau menant à sa salle commune. La jeune femme était assise par terre et pleurait, le jeune homme quant à lui, faisait les cent pas près d'elle. La boule au ventre Drago prononça le mot de passe et entra.

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La salle était baignée dans une douce lueur, mais surtout dans un silence inquiétant. A peine entré, il s'arrêta et balaya la salle sans la trouver. La colère laissa place à un étrange et nouveau sentiment qui venait s'ajouter à ceux qui composaient celui qu'il était avec elle, l'angoisse.

- Granger ?

Il retira son sac et sa cape qu'il accrocha au porte-manteaux avant de s'avancer dans le salon. C'est là qu'il la vit. Son cœur lâcha prise.

Elle avait tenté de se faire toute petite sans y parvenir. Hermione était assise par terre en tailleur, dos au canapé rouge, elle tenait un énorme coussin entre ses bras comme si celui-ci allait la cacher aux yeux du monde. Elle pleurait et en voyant son homologue la regarder elle chercha à s'arrêter, mais elle n'y parvint pas et ses sanglots redoublèrent d'intensité, provoquant la panique du petit boursouflet qui roulait de désespoir sur la table.

Drago souffla, retira son pull, sa cravate, prit le temps de nourrir Pattenrond qui regardait Maly avec envie, puis il vint à la rencontre de son homologue. Il attendit qu'elle se calme, puis avec des gestes lents, il retira le coussin qu'elle tenait entre eux pour le jeter sur le canapé et mieux la voir. Elle avait le visage déformé par les larmes et la douleur. Il fit de son mieux pour rester impassible et ne pas céder. Il savait, il l'avait toujours su et n'avait aucun droit de lui en vouloir, néanmoins une partie de lui se permis de se mettre en colère.

Elle aimait Weasley et cela l'avait mené à en avoir le cœur brisé, ce qui brisa celui du serpentard. Il regarda les larmes couler le long du visage de son homologue, des larmes qui n'étaient pas pour lui et il la détesta, l'espace d'un instant. Juste l'espace de quelques secondes, il pensa la laisser se morfondre, puis il recula. C'était son droit d'aimer un abruti, mais ni elle, ni lui n'auraient jamais pu prévoir de se retrouver à se sourire mutuellement en aimant cela. Il ne pouvait lui en vouloir et se le répéta jusqu'à ce que sa colère ne se dirige vers Weasley, ce qui était plus logique.

-Tu comprends pourquoi je déteste les roux ? Demanda-t-il en pensant qu'un peu d'humour pouvait l'apaiser.

-Non, je ne comprends pas et d'ailleurs… tu ne l'aimes pas, tu ne peux pas comprendre… Elle émit quelques sanglots.

A ces mots Drago comprit qu'il était inutile de s'étendre encore et se leva. Il sentait que la colère qui montait n'était pas bonne et il ne pouvait la laisser exploser sur elle, même s'il l'aurait bien fait juste pour lui faire comprendre.

-Tu as raison. Répondit-il sur un ton si glacial qu'Hermione releva la tête. Je ne peux pas comprendre ce que c'est que d'avoir un tant soit peu de sentiment. Tu as raison, après tout, je ne suis que… moi. Tu es une… Il secoua la tête et se tourna. Bonne nuit.

Sur ces mots, il monta dans sa chambre et claqua la porte.

Il était épuisé. Avoir des sentiments, c'était peut-être beaucoup trop pour lui, ou peut-être était-ce avoir des sentiments pour cette fille de flammes qui menaçait de le consumer à chaque regard, à chaque geste et à chaque mot. Il se demanda alors ce que les événements de la journée signifiaient pour elle, si elle était à présent dans cet état pour un abruti fini. Avait-elle compris où il cherchait à en venir ? Comment voyait-elle leurs gestes ? Leurs mains s'entrelaçant ? Cherchait-elle juste à se distraire en attendant Weasley ? Ces questions faisaient mal et la raison qui le poussait à se les poser était encore plus douloureuse. Pouvait-il à présent dire que les sentiments qu'il éprouvait pour elle pouvaient s'apparenter à de l'amour ? A cette pensée le cœur de Drago Malfoy sauta de sa poitrine et se mit à battre violemment. Il ne pouvait pas, du moins, il était persuadé que c'était une mauvaise idée et pourtant, il se sentait tenter le diable de plus en plus souvent.

Allongé sur son lit, les yeux rivés sur la tenture au-dessus de son lit, il ferma les yeux et cessa de réfléchir. Mais à la place du silence coutumier de la salle commune, il entendit la plainte déchirante et les larmes de la gryffondor qui détruisait consciencieusement chaque brique de la salle. Sa plainte, ses cris de douleur, son cœur brisé qui prenait à présent tant de place qu'il empêchait Drago de respirer. Le jeune homme resta là et écouta les pleurs d'Hermione. Il savait qu'il était inutile d'intervenir, il ne pourrait rien faire. Bientôt, quelque chose traversa le salon, sans doute un vase qui se brisa en morceaux sur le sol.

-Ne jamais la faire pleurer. Pensa Drago.

La crise dura un long moment et plus il restait là sans bouger, plus il mourrait d'envie d'y aller pour l'aider, tenter de faire quelque chose, la prendre dans ses bras, mais malgré la douleur provoquée par les larmes d'Hermione et les griffes qui lacéraient le cœur du jeune homme, il ne savait pas quoi faire. Il se sentait si mal, il sentait son corps s'effriter tant il n'y avait plus rien à faire avec son cœur déjà bien amoché. Soudain, ses souvenirs se rappelèrent à lui. La première fois qu'il avait honteusement lâché quelques larmes devant elle, elle était restée même si elle n'avait pas su quoi faire, elle avait foncé sans réfléchir pour trouver une solution et de cela était né ce quelque chose qu'il refusait toujours de nommer. Il se leva et passa ses mains sur son visage.

Drago se redressa finalement et se mit à faire les cent pas entre son lit et sa cheminée dans laquelle un timide feu ronflait. Cette fille était infernale. Elle allait le tuer, mais en attendant elle s'était tut. Drago cessa de bouger et fixa la porte de sa chambre, le cœur battant. Il n'y avait plus de bruit. Elle ne pleurait plus, mais elle ne semblait pas forcément bouger non plus. Le silence. Il tendit l'oreille dans l'espoir de l'entendre monter dans sa chambre ou marcher, mais rien, ce qui l'alerta. Le serpentard ne se posa pas plus de question et sortit de sa chambre et descendit en silence jusque dans le salon. Il était inquiet, mais cela, il ne l'avouerait jamais devant elle ni devant qui que ce soit d'ailleurs. Son sang battait à ses tempes, ses mains étaient moites et tremblaient. Il ne savait pas ce qui l'attendait en bas, mais ce silence n'augurait rien de bon.

Si elle n'avait pas bougé d'un pouce, Hermione avait pris la couverture qui se trouvait sur le canapé vert et s'était enroulée dedans, un peu comme une enfant, seul son visage était visible. Elle avait arrêté de pleurer et reniflait en cherchant à reprendre sa respiration. Quand elle vit le serpentard, elle comprit qu'elle était enroulée dans un objet lui appartenant. Elle rougit et cacha une partie de son visage dans la couverture tout en baissant les yeux.

-J'avais froid.

C'était une petite voix étouffée par les larmes, qui tentait de mentir pour ne pas l'inquiéter. Il ne pouvait pas la laisser par terre, dans un tel état. Il refusait de la laisser pleurer encore et vint s'asseoir en face d'elle. Il retira la partie de la couverture qui cachait le visage de la jeune femme, puis il la fixa un instant. Il ne la détestait pas comme elle aurait pu le croire avoir qu'il soit monté dans sa chambre.

-Vraiment… pour un roux ? Demanda-t-il enfin comme s'il s'était contenu de poser la question sans y être parvenu. Tu pleures pour un crétin comme Weasley ?

-C'est… c'est un tout en fait. En fait ça fait un moment que Lavande lui court après et il aimait bien ça, ça le faisait se sentir important aux yeux de quelqu'un, même s'il n'a pas vu que ce n'était pas que le cas de Lavande… Enfin bref. Aujourd'hui, il avait prévu d'aller la voir pour lui parler de tout ça et je savais qu'il allait céder. Je lui ai dit que c'était une mauvaise idée et on s'est disputé assez violemment… Elle renifla pour éviter de fondre encore en larmes. Il m'a traité d'idiote mal embouchée et j'en passe… je ne pensais pas que ça ferait si mal… J'ai tenu tant que j'ai pu et … il m'a hurlé au visage que j'étais une traitresse… j'ai craqué… j'ai pas réussi à me retenir, j'ai préféré revenir ici….

Elle attendit quelques secondes et Hermione ne put se retenir de pleurer encore une fois, ce qui eut pour effet de donner à Drago des envies de meurtres dirigées contre Weasley. Il avait enfin une raison de se faire un collier avec ses dents et ses intestins. Mais en dehors de toute réflexion concernant le sort de Weasley, Drago se demanda comment il allait faire. Comment consolait-on quelqu'un ? Cela ne lui été jamais arrivé. De plus, il n'était pas si proche d'elle qu'il l'aurait aimé à cet instant ce qui réduisait les solutions qu'il avait. Lui qui s'était toujours montré froid et distant, il ne savait pas comment réchauffer le cœur de quelqu'un, ni comment sécher des larmes. Hermione était le pont vers l'inconnu qu'il franchissait à pas hésitants, mais avec le désir d'arriver au bout. Il fallait essayer quitte à se rater.

Drago vint alors s'asseoir à côté d'Hermione, puis avec un geste lent et timide, il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme pour la ramener légèrement vers lui. Elle se laissa faire, puis sans crier gare, elle vint se blottir contre son homologue et ennemi de toujours. Ses mains fines agrippèrent la chemise du serpentard, puis elle laissa sa tête sur son torse. Drago fit de son mieux pour contrôler les battements de son cœur, pour ne pas lui faire peur, puis il ferma les yeux et profita de ce contact entre deux corps. C'était un triste contact, mais aussi réconfortant autant pour l'un que pour l'autre. Ils restèrent là, silencieux, car Drago ne connaissait pas de mots réconfortants. Il se contenta simplement de presser l'épaule de la jeune femme et cela sembla lui suffire.

Les minutes défilèrent les unes derrière les autres et rien ne semblait vouloir changer. Elle était bien dans les bras de son ennemi, la personne la plus apaisante du monde et la plus réconfortante tant il ne cherchait pas à en faire trop. Hermione, qui l'espace d'un instant eut peur qu'il ne parte, laissa ses mains glisser autour du jeune homme pour s'accrocher au dos de sa chemise, comme à une bouée de sauvetage.

- Tu sais cette histoire de vœux, demandes, appelle ça comme tu veux ? Finit-il par demander.

-Heu oui, pourquoi tu poses la question ? Demanda Hermione en lui faisant à présent face, l'air surprit.

-Je pense que j'ai une idée.

-Ha bon ?

Drago releva alors le menton d'Hermione pour la regarder droit dans les yeux. Elle était décoiffée, la timidité, la peur, la gêne, la honte se lisaient sur son visage si tristement déformé par la douleur. Ils se regardèrent un moment assis l'un en face de l'autre, n'osant pas bouger d'un centimètre. Il aurait été si simple de combler les quelques centimètres qui les séparaient, mais Drago se concentra et sourit.

-M'autoriserais-tu à briser le nez de Weasley ? Ca me ferait le plus grand bien et à toi aussi d'ailleurs.

Hermione s'était attendue à tout sauf à ça et ne parvint pas à cacher sa surprise. Comme si Drago Malfoy avait besoin de son autorisation. Elle ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma avant de vraiment se mettre à parler.

-Heu oui, oui si tu veux.

-Merci. Au moins, je pourrais dire que j'ai eu l'autorisation, ça ne passera pas vraiment pour un acte purement gratuit.

-C'était vraiment ce que tu voulais me demander ?

Il hésita à répondre.

-Non, mais je crois que ce n'était pas le bon moment pour ma demande initiale. Je vais la garder pour plus tard.

il répondit sur un ton si calme qu'Hermione se sentit en sécurité et apaisée. Elle ne pensa même pas à se demander ce qu'il aurait vraiment voulu, elle était trop fatiguée, ce que remarqua son homologue qui la fit se lever pour aller prendre place sur le canapé rouge. À la surprise du serpentard, Hermione vint d'elle-même se blottir contre lui, car après tout, personne ne pouvait les voir et personne ne pourrait savoir. Une fois confortablement installé près du feu qui offrait une chaleur réconfortante, Hermione sentit le sommeil commençer à l'emporter, mais elle lutta un moment. Elle se concentra sur la chaleur du corps de son homologue, sur ses bras réconfortants, sur sa présence apaisante et agréable. Elle osa un regard vers le visage de ce dernier. Il fixait le feu sans vraiment le regarder, il était plongé dans de profondes pensées. Après une minute à l'observer, Hermione posa sa tête sur l'épaule de Drago et s'endormit enfin.

Lorsqu'il comprit que son homologue s'était enfin endormi, Drago souffla de soulagement. C'était bien plus agréable quand elle ne pleurait pas. Il hésita puis, doucement, il osa laisser glisser le bout de ses doigts sur la joue de la jeune femme. Il frissonna et commença à se dire que peut-être certaines choses n'étaient peut-être pas du domaine de l'impossible. C'est en fixant le feu qu'il commença à penser au prochain match de Quidditch et au nez de Weasley.

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Au milieu de la nuit, la position sur le canapé devenant trop inconfortable, Drago passa ses bras sous la nuque et les jambes d'Hermione pour l'emmener dans sa chambre. Non pas qu'il ait eut des idées mal placées, mais après la soirée qu'ils venaient de passer, il voulait garder un œil sur elle. Il ouvrit la porte en la poussant avec son pied et avança vers son lit. D'une main maladroite, il tira les draps et y déposa Hermione qui ne bougea pas et une fois allongée, elle serra entre ses doigts le coussin du Serpentard qui alla s'asseoir sur un fauteuil en velours près de la cheminée. Une fois installé sur son fauteuil avec une couverture, il posa les yeux sur la préfète qui dormait à poings fermés. Il n'osait pas se dire qu'elle était jolie, c'était étrange, gênant mais, terriblement vrai. Ses cheveux bruns qui s'étalaient en auréole sur les draps, son visage détendu malgré les traces de la soirée passée. Drago l'observa un moment, puis il ne parvint plus à contrôler son corps et s'endormit malgré lui.

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Le lendemain matin, Hermione ne parvint pas à ouvrir immédiatement les yeux. Le sommeil cherchait encore à l'attirer vers lui. Elle se retourna dans les draps, mais quelque chose l'alerta très vite. Ses draps à elle n'étaient pas en soie et ses oreillers n'étaient pas aussi gonflés, elle avait le don de les ratatiner tellement elle les tordait dans tous les sens. Pourtant, le fait que cet oreiller ne soit pas comme le sien ne la surprit pas autant que l'agréable parfum d'eau de Cologne qu'il dégageait. C'était le réveil le plus doux de ces derniers jours, mais très vite la réalité reprit le dessus et la jeune femme ouvrit les yeux pour se redresser et se rendre compte qu'il ne s'agissait pas de son lit et encore moins de sa chambre. Des murs en pierre sombres, des tentures vertes et argents, un lustre vert bouteille qui faisait presque penser aux fonds marins, des draps sombres. L'emblème de la maison Serpentard était visible sur une tenture en face d'elle, au-dessus de la cheminée dans laquelle le feu était toujours allumé et réchauffé la pièce qui revêtait des allures plutôt glaciales.

C'est en tournant la tête, que la jeune femme vit son homologue endormit dans son fauteuil, les pieds sur un coffre de bois qu'il avait mis devant lui pour être plus à l'aise. Un coude sur le bras du fauteuil, il avait laissé sa joue reposer dans le creux de sa main. Quelques mèches rebelles étaient quant à elle libres et pendaient nonchalamment sur son front, cela lui donnait un air calme, il avait l'air paisible ce qui était rare chez lui. C'est en remarquant que son homologue était incapable d'assortir correctement ses chaussettes, car il en portait une grise et une blanche, que ses souvenirs la ramenèrent à la veille. Sa dispute violente avec Ron, les insultes, le regard mesquin de Lavande, leur baiser dégoulinant de romantisme et une douleur insoutenable. Une immense vague de tristesse. Elle avait aimé Ron, mais là, elle était persuadée que de cette journée plus rien de ce qu'elle avait ressentit pour lui n'avait survécu. Il resterait son ami, mais elle se jura de ne plus jamais l'aimer, de près ou de loin. Mais trouverait-elle quelqu'un capable de la supporter ? C'est en se posant la question qu'elle croisa une fois de plus le serpentard qui dormait toujours à poings fermés. Ses pensées se figèrent et son cœur se remit enfin à battre, mais elle lui ordonna de cesser cela. Non, pas lui, ce n'était pas possible pour un tas de raisons, et pourtant… Elle avait tenté d'ériger un mur d'arguments pour entraver leur rapprochement qui avait tout de même eut lieu. Elle se souvint alors de la douleur ressentit la veille face aux mots durs du jeune homme face à ces larmes « Tu as raison. Je ne peux pas comprendre ce que c'est que d'avoir un tant soit peu de sentiment. Tu as raison, après tout, je ne suis que… moi. », elle n'avait pas voulu dire cela, mais c'était ce qui en était ressortit et lui avait provoqué une douleur aussi immense que les mots de Ron. Comment ce garçon qu'elle connaissait si peu pouvait il lui faire si mal et en même tant la faire se sentir si bien ? C'est lorsque son esprit chercha à établir un futur dont le serpentard faisait partit qu'Hermione décida qu'elle était restée là trop longtemps. Elle s'apprêtait à sortir du lit quand Pattenrond se mit à gratter à la porte du serpentard qui se réveilla sans attendre. Hermione quand ne bougea pas, curieuse.

-Boucle là ! Chuchotta Drago en ouvrant la porte. Allez, tiens et cette fois ne me fais regretter de te laisser entrer, en vomissant par terre.

Le jeune homme sortit d'un tiroir une boite de pâté pour en verser dans une petite gamelle présente à l'attention du gros chat roux qui vint tranquillement se délecter de sa nourriture matinale. Drago s'autorisa quelques caresses sur la tête du chat qui le gratifia d'un coup de tête, avant de continuer son petit repas.

-Si elle savait que je te nourris dans son dos le matin, elle me…

Puis Drago se tourna et vit Hermione assise sur son lit, et visiblement abasourdie par ce qu'elle voyait. Le blond resta sans bouger un instant, un peu comme un enfant prit sur le fait d'une bêtise. Il haussa les épaules et souffla légèrement.

-C'est donc pour ça que j'ai l'impression qu'il grossit à vue d'œil ? Comprit la jeune femme, les bras croisés sur la poitrine.

-Oh, tu sais, je pense que c'est l'effet poils longs. Il est juste un peu enrobé.

Hermione secoua la tête et tout en souriant elle se tourna vers son chat qui avait compris qu'on parlait de lui de son repas.

-En tout cas, toi, tu peux t'asseoir sur ta ration double du soir.

Pattenrond, qui venait d'engloutir le contenu de sa gamelle, émit un miaulement de désaccord et décida de quitter la pièce pour aller dormir devant la cheminée du salon. Même avec son chat elle parvenait à être autoritaire, le pauvre, pensa Drago.

Une fois les préfets seuls, Hermione se leva, mais Drago ferma la porte de sa chambre et se tourna vers elle. Il avait beau ne pas être totalement réveillé, il était conscient de ce qu'il se passait.

-Reste ici, ça ne me dérange pas.

-Non, vraiment, je vais retourner dans ma chambre, je te dérange. Elle marcha vers la porte.

-Retourne dormir immédiatement. Après la soirée d'hier, je préfère garder un œil sur toi et ce que tu pourrais encore vouloir casser. Il pointa du doigt son lit.

-Mais…

-Immédiatement Granger. Il reste encore une heure et demie.

Drago retourna s'asseoir sur son fauteuil après avoir poussé Hermione sur son lit sans ménagement.

-J'ai hâte de dire à Weasley que j'ai réussi à te mettre dans mon lit, sans y mettre ni forme, ni détails, juste pour avoir le plaisir de le regarder se décomposer.

-Tu ne le feras pas. Siffla la préfète.

-Mais non. J'attendrais le moment le plus humiliant de sa vie pour l'enfoncer.

-Idiot. Souffla Hermione en s'allongeant.

-Exactement. Il ferma les yeux. Maintenant dort.

Hermione chercha à protester, mais ne trouva aucun argument. Elle vint reposer sa tête sur l'oreiller de son homologue et son enivrante odeur de parfum. Quelque chose titillait tout de même la gryffondor qui tourna le dos au serpentard avant de parler.

-Merci pour hier soir. C'était… Réconfortant…

Elle l'entendit se tortiller sur son fauteuil, visiblement, il ne s'y était pas attendu.

-Je suppose que pour une personne lambda, c'est… normal…

-Pas pour tout le monde. Tu aurais pu choisir de ne pas bouger et tu ne l'as pas fait. Je t'en remercie. On a beau être entourés, parfois dans certaines situations, le fossé entre nous et les autres se creuse de sorte à ce qu'on se croit seul. C'est agréable de constater qu'il y a des gens prêts à traverser ce fossé.

Sur ces mots, elle se tourna vers lui.

-Alors merci.

L'espace d'un instant seul le crépitement du feu de cheminée se fit entendre. Hermione, la mine fatiguée, continuait de regarder son homologue comme si à ce moment précis il était la seule personne sur laquelle elle pouvait compter tant les événements récents avaient été durs pour elle. Elle était peut-être l'amie de Harry Potter, peut-être avait-elle affronté la mort plus d'une fois, mais elle restait une jeune femme encore à la recherche de son identité, une jeune femme découvrant les sentiments, l'autre sexe qu'elle ne voyait plus forcément comme purement amical. Elle savait qu'elle allait grandir, regarder les autres d'une manière différente, avoir des sentiments, tomber amoureuse. Elle savait qu'elle entrait dans un moment complexe de sa vie et sa sensibilité était mise à rude épreuve. Hermione avait besoin d'une épaule et étrangement, la plus confortable se révélait être celle de son homologue. Alors que son cœur se mit à battre la chamade, elle rougit et préféra remonter la couverture sur ses joues, ce qui fit sourire le serpentard qui tentait de chasser de sa tête les pensées qui se bousculaient dans sa tête en complimentant la jeune femme.

-De rien, parvint-il enfin à murmurer en regardant son homologue s'endormir.