Coucou les matelots ! Une liste de courses ? Non, c'est vraiment le thème du jour : une queue de lotte, trois tomates, une échalote. Cela ne m'inspirait guère, surtout vu mon non-amour pour les tomates (Et tu le sais, Ejes). Donc bon, j'ai décidé de le prendre comme une recette de cuisine et qui dit cuisine dit... Vous allez bien voir mais je suis certaine que vous savez de qui je vais parler. Je vais même parler d'un duo qui m'inspire toujours, à l'occasion. Allez, je vous laisse lire tranquillement ce petit OS, profitez bien ! Risque de spoil sur l'arc Whole cake mais je pense que ça va maintenant.


« J'ai faim. »

Ce n'était pas une constatation, c'était un ordre. Cela voulait dire qu'il devait cesser toutes ses activités pour lui préparer à manger, que cela lui plaise ou non. Il avait bien compris à présent qu'il n'était plus maître de ses journées, s'il l'avait déjà été un jour. Être cuisinier, c'est un métier où on doit servir les gens, pas l'inverse. Cela lui faisait plaisir de rendre les autres heureux et donc, cela ne l'avait jamais dérangé. Il avait suivi cette voix, en étant heureux.

« Bon, tu te lèves ? Le diner ne va pas se préparer tout seul ! »

Elle était pressée et de mauvaise humeur aujourd'hui, elle ne lui avait pas laissé plus de quelques secondes pour se mettre en mouvement. Il hocha timidement de la tête puis se dirigea vers la cuisine, presque comme un robot. Il connaissait le chemin par cœur maintenant. Derrière lui, elle referma la porte métallique de sa cellule puis le suivit avec énergie. Peut-être qu'en d'autres temps, il aurait été heureux de marcher aux côtés de la femme qu'il avait épousé et aimait d'un amour étrange mais sincère. Dans cette réalité, tout était compliqué et le bonheur n'existait pas.

« Aujourd'hui, je veux quelque chose de différent. Je suis lassée de la viande. »

Comme d'habitude, il fit oui de la tête. Il n'y avait pas d'autre bonne réponse quand elle parlait. De toute façon, il savait tout cuisiner. Tout ce qu'il manquait, c'était de savoir ce que la demoiselle voulait manger, puis le faire. Alors qu'elle commençait à lui détailler ce qu'elle souhaitait et qu'il continuait de répondre par l'affirmative, ses pensées dérivèrent vers les événements qui l'avaient conduit jusqu'à ce mariage désastreux, purement politique. C'était une histoire qui possédait deux versions : la glorieuse et la réaliste, l'une d'entre elles étant bien plus triste que l'autre.

« Je ne veux plus de curry, cela me pique par trop la gorge. »

Dans la version glorieuse, il était un prince, venant d'une puissance famille. Il aimait son père, sa défunte mère ainsi que sa sœur et ses trois frères. Son paternel avait souhaité le voir épouser la fille d'une grande impératrice et il avait accepté de bon cœur, afin de soutenir son royaume. Les deux jeunes époux s'étaient donc unis par une magnifique journée, réalisant qu'ils avaient beaucoup en commun et qu'ils s'aimaient tendrement l'un l'autre. C'était une belle histoire comme il y en a dans les contes de fée, le genre que les enfants raffolent avant de dormir.

« Je ne veux pas non plus de ce vieil artichaut tout pourri. Il a moisi, jette-le ! »

Dans la version réaliste, il était un prince aussi, mais tout changeait.

Adieu la famille aimante, bonjour les tortionnaires. Bien sûr, on gardait la défunte mère, la pauvre, mais on rajoutait un père tyrannique et cruel ainsi qu'une fratrie horrible. La sœur restait neutre mais les trois frères lui faisaient payer sa différence. Contrairement à eux, il n'avait aucun pouvoir et il possédait des émotions, ce qui aurait dû être interdit dans sa famille. Son enfance de prince fut un cauchemar sans fin, une torture de tous les instants.

« Ah et pas trop de sel dans le plat. C'est mauvais pour moi. »

Le pauvre enfant avait failli mourir mais heureusement, il avait pu s'échapper et rencontrer des gens incroyables. D'abord, un père adoptif, puis un grand équipage qui l'avait pris en tant que cuisinier. Désormais, il pouvait vivre sa passion, vivre libre sur les mers. Seulement, sa famille biologique avait fini par le rattraper et il n'avait eu d'autres choix que celui de se soumettre. Il ne pouvait pas risquer qu'on fasse du mal aux gens qu'il aimait. C'était pour cela qu'il avait accepté de retourner parmi ceux qui avaient fait de son passé un véritable enfer, le cœur lourd.

« Je ne veux pas non plus de sucré salé. Trop lassant. »

Son père voulait une alliance mais pas sacrifier un de ses précieux enfants. Le tyran avait un peu d'affection pour eux, alors, il avait donné l'avorton de la portée en pâture à une grande impératrice pirate. Ainsi, le prince avait dû épouser une de ses filles dans un mariage purement politique. Elle avait pourtant l'air douce et gentille, voir un peu timide, cela pouvait augurer une belle relation. Hélas, il n'avait pas tarder à découvrir son véritable visage.

« Pas non plus de riz, tu en fais trop souvent. J'espère que tu m'écoutes. »

Elle cachait une excentricité physique : un troisième œil. Le prince n'était supposé le savoir, mais c'était il l'avait découvert par hasard et cela ne l'avait pas choqué. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant du caractère de la jeune femme. Elle avait hérité de sa mère son côté autoritaire et elle le traitait comme un esclave. Il était son cuisinier personnel et devait réaliser les plats qu'elle voulait. Sa journée se résumait à cela, sinon, il était tout seul, perdu dans un coin sombre. Ces moments dans la cuisine, c'étaient les plus beaux instants de ses sombres journées.

« Bon, tu as compris ce que tu dois faire ? »

Elle le regardait, furieuse, persuadée qu'il n'avait rien écouté. Pourtant, il savait très bien ce qui lui ferait plaisir. Il avait étudier ses goûts et appris rapidement à comprendre ses envies ainsi que ses plats préférés. Pour survivre, c'était une des meilleures solutions. En tant que cuisinier, il avait vite réussi à comprendre ce qui lui plaisait. Le salut résidait souvent dans la simplicité et cette fois, il avait envie de lui préparer un plat venant de son professeur. Avec soin, il avança dans la cuisine et commença à sélectionner les ingrédients. Les produits achetés par les hommes de l'impératrice étaient tous d'une très bonne qualité, elle ne lésinait pas sur la nourriture. Ce jour-là, il n'avait pas besoin de grand-chose de toute façon.

« Je me demande ce que tu vas réussir à me préparer. »

Une queue de lotte.

« Du poisson ? Bon pourquoi pas, mais ce n'est pas le meilleur morceau. »

Trois tomates.

« Hum, je ne sais pas trop si je vais apprécier ton mélange… »

Une échalote.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Quelques condiments.

« Je te le répète, qu'est-ce que tu fais ? »

Il n'y avait besoin de rien d'autre. Sans prendre le temps de lui répondre, il commença à cuisiner. Elle ne prit même pas la peine de lui râler dessus et alla s'asseoir dans un coin, le regardant faire. La jeune femme aimait bien se trouver derrière les fourneaux aussi, quand l'envie lui prenait et il était meilleur qu'elle. Est-ce qu'elle essayait d'apprendre en le regardant ? Il voulait y croire. En tout cas, c'était des moments de sérénité quand ils étaient ainsi ensemble et il les appréciait. Une bonne odeur commençait à envahir les lieux au fur et à mesure de la préparation.

« Et voilà, c'est prêt. »

Il parlait tellement peu que même prononcer ces simples mots lui écorchait la gorge. Elle s'approcha curieuse, puis goûta au plat qu'il lui présentait. Le poisson était tendre et parfaitement cuit, les tomates fraiches arrosaient la chaire de leur jus agréable, tandis que l'échalote et les autres condiments donnaient un goût unique au plat. Cela n'avait rien de compliqué mais le mélange des ingrédients était parfait. La jeune femme ne put réprimer un sourire en mangeant et lui aussi. Que sa nourriture rende heureux, c'était le plus beau des compliments pour un chef.

« Il y a quelque chose que je ne comprends pas, Sanji. »

Elle le dévisageait, le regardant droit dans les yeux. Pudding ne l'avait pas fait depuis bien longtemps et il n'avait plus l'habitude et il la fixa à son tour, attendant qu'elle parle. La jeune femme semblait chercher ses mots, comme si une mauvaise parole pouvait gâcher sa pensée.

« - Je ne comprends pas ! s'emporta-t-elle soudain. Je suis odieuse avec toi, tout le temps, et toit pourtant, tu es toujours gentil ! Toujours ! Dis- moi pourquoi. Je ne mérite pas tout cela et pourtant, tu me le donnes sans résister. Pourquoi ?

- C'est parce que… Parce que… »

Il fut incapable de finir mais un sourire s'afficha sur son visage, le genre qui vous réchauffe le cœur jusqu'au plus profond de votre âme. Alors Pudding comprit quelque chose qu'elle n'avait jamais osé envisager jusqu'à lors : malgré tous les mauvais traitements, il avait vraiment des sentiments pour elle. Sanji l'aimait sincèrement.

Ce jour marqua le début d'un nouveau départ dans leur relation.


Est-ce qu'il y a d'autres personnes qui n'aiment pas la tomate ? Manifestez-vous, s'il vous plait, ça me ferait plaisir !

Prochain thème : la chanson des oreilles. Mais c'est quoi encore ce thème improbable ? On verra demain !