Disclaimer : les personnages de MFB ne m'appartient pas.


Chapitre 8 : La décision


Kyouya aperçut Ginga. Sa présence éclipsait celle des autres. Le rouquin était adossé au mur qui prolongeait le portail de l'école. Son regard balayait lentement la foule des élèves qui s'engouffrait dans l'école, semblant chercher quelque chose. Comme aimanté, Kyouya dériva de sa course pour se diriger vers lui. Les yeux miel tombèrent sur lui et ne le lâchèrent plus. Un sourire se dessina sur la visage de Ginga. Ça lui allait bien mieux que la tristesse et la douleur à vif qu'il avait arboré la veille.

Ginga se redressa. Kyouya s'arrêta à quelques pas de lui.

- Bonjour.

La voix de Ginga résonnait comme un accueil.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'espérais tomber sur toi.

Kyouya haussa un sourcil surpris. Généralement, Ginga venait le voir aux récréations ou à la pause déjeuner pour passer du temps avec lui. C'était la première fois qu'il l'attendait en amont des cours.

- Tu as quelque chose à me dire ?

- Rien de particulier.

Sa réponse déstabilisa Kyouya. Il n'arrivait pas à s'habituer à la simple envie de Ginga de rechercher sa compagnie, sans raison particulière, bien qu'il éprouvait la même chose à son égard.

Il chassa sa gêne d'un mouvement d'épaules et se dirigea vers le portail. Ginga lui emboîta le pas. Kyouya ne put s'empêcher de lui glisser un regard. Ginga semblait si heureux, si à l'aise, en marchant à ses côtés. Dire que tout avait commencé par un défi – et un violent combat.

Surprenant son attention, Ginga lui sourit. Le cœur de Kyouya tressauta. Une ombre avait disparu chez lui. Il y avait encore quelque chose de sombre, Kyouya le percevait, mais ça s'était considérablement amoindri.

- Tu as l'air... d'aller bien.

Les yeux de Ginga s'arrondirent.

- Tu trouves ?

Kyouya esquissa un bref hochement de tête. Ginga riva son regard sur le sol, songeur. Le brouhaha des conversations et le martèlement des pas emplirent leur silence tandis qu'ils marchaient vers l'établissement. Ils n'étaient ni en avance ni en retard. Les cours ne tarderaient pas à commencer.

Ginga ralentit. Kyouya l'imita. Les cours lui importaient peu de manière générale, et Ginga énormément. Il commençait à l'accepter – même s'il ne s'en vantait pas non plus : il ne fallait pas exagérer.

- Eh bien...

Ginga porta sa main à sa poitrine. Il se tourna vers lui et lui adressa un léger sourire, quelque peu teinté de tristesse.

- Ça m'a fait du bien de vous parler, hier. J'ai... le cœur léger, je dirais. Je ne m'étais pas rendu compte que ça me pesait autant.

- Ça pèserait à n'importe qui.

L'expression de Ginga s'empreignit de reconnaissance. Il luttait seul depuis longtemps. À sa place, beaucoup aurait cédé au découragement ou au désespoir. Mais pas lui. Ginga n'était pas comme les autres. Kyouya l'avait remarqué au premier regard, et ça ne cessait de se confirmer depuis. Il était fort, déterminé, courageux. Il ne se laissait pas décourager par les obstacles, même les plus infranchissables. Il avançait sans se soucier de ses blessures, ni de sa douleur.

- Et maintenant que vous savez tout... c'est plus équitable. Je ne pouvais pas prétendre créer de vrais liens en cachant la vérité. En vous mettant en danger.

- Les gens le font tout le temps, remarqua Kyouya en haussant les épaules.

- C'est cynique.

- Réaliste.

Ils franchirent les portes de l'école et bifurquèrent dans un couloir. Ginga baissa d'un ton.

- Ce n'est pas ce que je souhaite, dit-il, son murmure se noyant presque sous les conversations des autres.

- Et tu l'as réalisé.

- C'est vrai.

Ils montèrent les escaliers.

- Malgré ce que j'ai dit hier, même si je leur laisse le choix, j'espère vraiment qu'ils continueront d'être mes amis. C'est sacrément égoïste.

- Non.

Ginga l'interrogea du regard.

- Tu veux passer du temps avec eux, résuma Kyouya. Est-ce que tu veux qu'ils t'aident à affronter ce... Daidouji ?

- Non !

L'exclamation de Ginga venait du cœur. Son expression horrifiée se fixait sur lui. Il ne remarquait pas les dizaines de regards qui se fixèrent sur eux. Cette idée le révoltait tant qu'il en oubliait toute retenue. Il avait pourtant bien fait attention à passer inaperçu depuis le début de leur échange, en murmurant au milieu des cris. Il tenait vraiment à ses amis pour réagir ainsi.

S'ils choisissaient de lui tourner le dos, cela signifiait simplement qu'ils ne le méritaient pas.

- En quoi c'est égoïste alors ?

Kyouya reprit son ascension sans attendre de réponse, laissant Ginga planté au milieu des escaliers, le flot des élèves se séparant en deux à son niveau. Des murmures et des regards insistants le suivirent. Kyouya s'en moquait. Il avait l'habitude et il lui fallait bien plus pour être impressionné.

Les pas de Ginga claquèrent derrière lui. Le rouquin réapparut à ses côtés.

- Désolé d'avoir crié.

Kyouya haussa les épaules.

- Ce n'était pas contre moi.

Il glissa son regard vers Ginga et lui sourit, provocateur.

- Tu ne t'en serais pas sorti aussi facilement sinon.

Ginga laissa échapper un rire.

- C'est un peu tôt pour retourner chez le directeur, non ?

- Ce serait de ta faute. Encore.

- Je suis sûr que les torts étaient partagés la dernière fois.

Kyouya fronça le nez. La première fois, Ginga était venu le chercher à la pause déjeuner – alors qu'il venait de s'inscrire à l'école et qu'ils ne se connaissaient pas – pour lui faire la morale et avait fini par lui proposer un pari fou : s'il parvenait à le battre, Kyouya devait renoncer aux Chasseurs de Têtes.

- Non, conclut-il.

C'était entièrement de la faute de Ginga.

Le rouquin éclata d'un rire franc qui relâcha ses épaules. Kyouya le regardait, fasciné. Il l'avait accusé et, pourtant, il ne lui en portait pas rigueur.

Kyouya ralentit, s'arrêta. Ginga monta encore quelques marches avant de s'en apercevoir. Il se retourna. Il devait baisser la tête pour croiser son regard, à présent.

- Je me tiendrai à tes côtés.

- Kyouya...

- J'ai pris ma décision. Je ne compte pas rester un simple spectateur, alors...

Repose-toi sur moi.

-... préviens-moi quand tu agiras.

Sa déclaration laissa Ginga sans voix. Le rouquin ne le quittait pas des yeux, comme s'il peinait à y croire. Kyouya se contenta de soutenir son regard. Pour l'instant, il n'y avait aucun mot qu'il souhaitait ajouter.

Sa décision était prise. Il ne laisserait rien ni personne l'en détourner.


XXX


Kyouya était retourné sur le toit du lycée. C'était l'un des espaces où il passait le plus clair de son temps dernièrement – dès qu'il avait un moment de libre au lycée. Il l'aimait pour son isolement et pour sa situation en hauteur. Personne ne venait l'y déranger. Les bruits créés par les autres élèves lui parvenaient amoindris. Mais il se rendait compte qu'il le privilégiait pour une autre raison récemment : il lui permettait de passer du temps seul avec Ginga. Le rouquin pourrait le rejoindre quel que soit le lieu qu'il choisissait, mais le toit était l'unique où ils pouvaient être véritablement seuls.

Ce midi, Ginga ne l'avait pas rejoint.

Ce n'était pas inhabituel, et Kyouya ne voulait pas qu'ils soient collés l'un à l'autre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce qui le dérangeait, c'était que Ginga ne lui avait pas répondu quand il lui avait fait part de sa décision. Il n'avait cessé de le regarder et, quand la sonnerie avait retenti, en avait profité pour s'éclipser. Que ce soit clair, Kyouya n'attendait pas son autorisation. Il n'en avait pas besoin. Il trouvait juste le manque de réaction de Ginga... agaçant.

Agaçant et insultant.

Kyouya grogna. Il aimerait avoir un abruti sous la main pour se défouler. Il se sentait toujours mieux après un combat, surtout quand il sortait victorieux après avoir fait face à quelques difficultés. Un duel contre Ginga ne l'aiderait pas. Il lui ferait ressentir trop de choses et il risquait d'oublier qu'il lui en voulait. Ce qui était hors de question.

Kyouya laissa son regard dériver derrière la grille. Ses yeux balayèrent la cour et se fixèrent sur une silhouette qu'il reconnut immédiatement malgré la distance. Ginga. Il avait du temps pour errer dans la cour mais pas pour lui répondre.

Ses épaules se tendirent. Ses poings se serrèrent tant que ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes.

Trois personnes rejoignirent Ginga. Benkei, Kenta et Madoka. Ils avaient pris leur décision, eux aussi, visiblement.

Ils se pressèrent autour de Ginga et lui parlèrent. Le rouquin les regardait alternativement, leur parlait, leur souriait – Kyouya était trop loin pour le voir, et il assistait à la scène en plongée, mais il le sentait. Il leur offrait le temps qu'il n'avait pas daigné lui accorder. Et il répondait à leur décision. Kyouya était persuadé qu'elle n'était pas aussi extrême que la sienne. Les amis de Ginga avaient sans doute choisi de continuer à le fréquenter. Lui était prêt à affronter les dangers qu'il courait et à prendre les mêmes risques que lui.

- Quel crétin, marmonna-t-il.

Dire qu'il préférait passer du temps avec eux.

Kyouya arracha son regard de la scène et, leur tournant résolument le dos, s'adossa contre la grille. Il n'avait qu'une hâte : que les cours finissent pour pouvoir partir. Il voulait rentrer directement chez lui et s'enfermer dans sa chambre, même si ça lui donnait l'air d'un gamin boudeur. S'il n'y avait pas eu d'évaluation cet après-midi, il aurait séché. Il n'était toujours pas tenté de saborder son avenir – quand bien même Ginga l'énervait.

Il en revenait à sa première idée mais qu'est-ce que ça lui ferait du bien de cogner sur quelqu'un.

Il serra et desserra les poings. Il n'arrivait pas à se détendre. Ses pensées s'accrochaient à Ginga et à son manque de respect comme un lion affamé à une proie durement attrapée.

Kyouya leva la tête en entendant un bruit soudain. Son corps se tendit un peu plus. Il se redressa et se campa fermement sur ses pieds, comme s'il s'apprêtait à faire face à un ennemi. Ginga était apparu à l'autre bout du toit. Il se tenait dans l'encadrement de la porte. Ses épaules s'abaissaient et se soulevaient rapidement, suivant le rythme de sa respiration. Il était venu en courant. Il souriait. Une autre ombre l'avait quitté. Grâce au choix de ses amis.

Parce qu'ils avaient tant d'importance à ses yeux.

- Tu veux quoi ?

Ginga s'avança de deux pas, sans prendre en compte l'agressivité de son ton. Son sourire rayonnait. Il suffisait à chasser l'obscurité.

Mais pas la colère de Kyouya.

- Merci.

Kyouya releva la tête avec défi.

- Kenta, Madoka et Benkei...

- T'ont choisi. J'ai vu.

Moi aussi, je t'avais choisi. Pourquoi tu souris tant à cause d'eux ?

- C'est grâce à toi. Si tu...

- Je n'ai rien fait ! Tu as décidé de leur parler. Je ne t'y ai pas forcé. Je ne te l'ai même pas conseillé !

Le sourire de Ginga disparut. Il semblait se rendre compte qu'il ne partageait pas sa joie. Il en avait mis du temps.

- Ce sont tes mots qui m'ont fait prendre conscience de la situation.

- Arrête de me mettre ça sur le dos !

Kyouya se décolla du grillage. Il traversa le toit à grandes enjambées et passa à côté de Ginga. Le rouquin agrippa son poignet, coupant son élan. Kyouya tenta de se dégager d'un geste brusque. Ginga se contenta de resserrer sa prise. Kyouya se retourna, les crocs à découvert, prêt à cracher son venin sur lui. Le regard serein de Ginga fit mourir ses paroles sur ses lèvres.

- Il y a un problème ?

- Je veux partir.

- Et moi je voulais te parler.

- Tu l'as déjà fait, il me semble, commenta Kyouya avec rancœur. Tu as partagé ta grande nouvelle.

Ginga haussa les épaules.

- C'était un bonus, pas le sujet principal.

Kyouya cessa de se débattre, intrigué.

- Tu veux l'entendre ? continua Ginga avec un sourire qui indiquait qu'il connaissait déjà sa réponse.

- Si tu y tiens.

Le sourire de Ginga s'accentua. La prise sur le poignet de Kyouya s'allégea mais ne disparut pas. Kyouya était partagé. Il devrait se dégager. C'était réalisable maintenant. Reculer et ne plus laisser Ginga empiéter sur son espace. Il avait toujours fait attention à maintenir une distance physique entre les autres et lui. C'était la preuve de respect la plus basique. C'était la manière la plus simple de montrer qu'il n'était pas leur égal.

Et, plus simplement, il n'appréciait pas que des personnes dont il n'avait rien à faire se permettent de le toucher.

Mais il ne se moquait pas de Ginga. La moindre de ses paroles et de ses actions l'impactait plus sûrement que celles de n'importe qui d'autre.

Il n'était pas n'importe qui.

Et Kyouya n'avait pas envie de se dégager. Il devrait – pour son image, parce que Ginga l'avait énervé – mais il ne le voulait pas. Il préférait continuer de sentir la peau de Ginga contre la sienne, de sentir sa chaleur sur sa peau.

Il était foutu. Il n'était toujours pas prêt à l'admettre, mais il n'était pas stupide. Il voyait où tout cela le menait.

Kyouya se composa une expression hautaine. Il le savait peut-être mais Ginga, lui, n'avait besoin ni de preuves ni d'indices.

- Tu te dépêches ? J'ai pas que ça à faire.

Les yeux de Ginga pétillèrent.

- Je ne cesse de te faire perdre du temps.

- Pourquoi tu continues si tu as remarqué ? lança Kyouya, acerbe.

La main de Ginga lâcha son poignet. Ses doigts frôlèrent sa peau puis la quittèrent. Kyouya retint un frisson. Il sentait encore son contact sur sa peau, comme une marque indélébile.

- Parce que j'aime passer du temps avec toi.

Kyouya se tendit. C'était sincère, mais il n'y avait aucun sous-entendu. Ginga aimait passer du temps avec beaucoup de personnes. Ça ne signifiait pas qu'elles avaient une place spéciale pour lui.

Même s'il ne le considérait pas comme un ami.

- Je voulais... répondre à ta proposition de tout à l'heure. Que tu te tiendras à mes côtés pour combattre. Je n'ai pas eu le temps.

Kyouya renifla avec mépris.

- Tu l'aurais eu, le temps, si tu ne t'étais pas arrêté pour me regarder stupidement.

- Peut-être...

Ginga tourna la tête vers lui. Leurs yeux s'accrochèrent. Kyouya soupira longuement. Le reste du monde ne semblait plus exister.

Le corps de Ginga était tendu. Un air grave s'était inscrit sur son visage. Plus aucune étincelle ne dansait dans ses yeux. Plus aucun sourire ne jouait sur ses lèvres. Kyouya avait en face de lui celui qui se battait depuis tant de temps.

- Tu sais à quel point Daidouji est dangereux. Tu sais ce dont il est capable.

- Je le sais.

- Tu veux tout de même... te battre à mes côtés ?

Ginga n'essayait pas de le convaincre de changer d'avis. Il cherchait simplement à s'assurer du sérieux de sa décision. Il voulait que Kyouya réponde par l'affirmative. Il n'arrivait pas à cacher la note d'espoir présente dans sa voix.

- Il me semble t'avoir déjà dit que je ne suis pas du genre à revenir sur mes décisions.

- C'est vrai...

Ginga parut presque... fragile. Kyouya fronça les sourcils. Ça ne lui plaisait pas. Ce qui l'avait attiré vers Ginga, c'était sa force. Sa détermination. Kyouya ne voulait pas en voir un autre. Même lorsqu'il leur avait dévoilé son passé, il n'avait pas semblé aussi vulnérable.

Heureusement, ce fut passager. Ginga lui faisait face, de nouveau droit, prêt à mettre à terre quiconque se mettrait en travers de son chemin.

- Dans ce cas, j'accepte.

Kyouya plissa le nez.

- Ce n'était pas une proposition.

Ginga eut un demi-sourire. Kyouya faillit sourire en retour. Cette expression lui allait drôlement bien.

- Ce sera plus facile pour toi que si je refuse. Sinon, tu devrais te battre contre moi pour m'aider et...

Ginga ne termina pas sa phrase. Il n'en avait pas besoin. Kyouya savait où il voulait en venir avec cet éclat joueur dans les yeux.

On sait tous les deux comment ça finirait.

Ginga avait gagné leur premier combat, si peu de temps auparavant. Kyouya ne s'était pas entraîné. Dans ces conditions, Ginga avait de grandes chances de l'emporter de nouveau.

- Je te vaincrai, assura Kyouya.

Il avait juste besoin de trouver un créneau pour s'entraîner.

Le sourire de Ginga s'élargit.

- Parce que tu n'abandonneras pas tant que tu n'auras pas réussi.

Dans sa bouche, ça sonnait comme une promesse. Kyouya n'en avait pas eu conscience avant. Quelque part, c'était comme s'il disait à Ginga qu'il ne l'abandonnerait pas.

Il n'avait pas envie de clarifier les choses. Au fond, c'était la vérité. Il resterait aux côtés de Ginga. Il ne le laisserait pas disparaître de sa vie si facilement. Il avait rendu les choses trop intéressantes.

- Tu voulais juste me donner ta permission ?

Kyouya laissa transparaître dans son ton à quel point il trouvait l'idée ridicule. Il n'avait besoin de la permission de personne.

Ginga eut l'air étrangement intimidé. Kyouya fronça le nez. Ça ne pouvait être causé ni par son ton, ni par ses paroles. Il lui avait lancé des mots bien plus blessants, fait preuve de son agressivité maximale envers lui. Ginga ne pouvait pas se laisser impressionné pour si peu.

Même s'il était étrangement vulnérable aujourd'hui. Ce devait être à cause de ses aveux de la veille. Il fallait bien que son malaise s'exprime d'une façon ou d'une autre. Kyouya espérait que ça ne durerait pas longtemps – pas plus que la journée. Il trouvait cette attitude déstabilisante de la part de Ginga.

Au pire, si ça continuait jusqu'au lendemain, Kyouya pourrait toujours le défier. Ginga redevenait lui-même quand ils évoquaient leur combat. En vivre un autre lui permettrait peut-être de retrouver son équilibre.

- Ça... me touche. Ta proposition.

Le cœur de Kyouya eut un raté.

- Ce n'était pas une proposition.

Ginga opina timidement. Kyouya ne savait si c'était un assentiment ou juste pour montrer qu'il l'avait entendu.

- Je... je ne pensais pas qu'une personne se tiendrait à mes côtés. Je croyais de devoir régler ces problèmes seul. C'est...

La voix de Ginga s'étira. S'interrompit. Il le regardait comme s'il avait la réponse à toutes ses questions.

- Ça change tout, finit-il par dire. Surtout quand cette personne, c'est toi.

« - Tu me vois... comme un ami ?

- Tu es... une personne exceptionnelle. Je suis heureux de t'avoir rencontré. »

Ginga persistait et signait. Il ne le considérait pas comme ses amis. Il le considérait comme une personne à part dans sa vie.

Ginga s'efforçait de se composer un air plus calme. Il avait beaucoup de mal à redevenir lui-même. D'habitude, il n'avait aucun mal à faire part de ce qu'il pensait. Voilà ce que ça donnait d'exposer ses fragilités – Ginga n'était pas faible – aux autres.

N'ayant pas de faiblesses, ni de secrets, Kyouya ne risquait pas de rencontrer ce genre de problème.

- Est-ce... tu comptes m'accompagner uniquement pour le combat final ou toute la route qui y mène ?

Kyouya leva fièrement la tête.

- Je ferai chaque pas avec toi.

Ginga esquissa un sourire timide.

- Dans ce cas... si ça ne t'ennuie pas...

- Quoi ? le pressa Kyouya, agacé par ses détours.

- M'accompagneras-tu ce soir ?


XXX


Un coup résonna à la fenêtre. Kyouya était prêt. Il traversa sa chambre et ouvrit la fenêtre. Il enjamba la balustrade et descendit le long de la façade. Faire le mur lui semblait étrange. Il n'avait pas l'habitude de sortir en cachette.

En fait, il n'agissait jamais en cachette.

Il se réceptionna sur le sol. Se redressa. En face de lui, Ginga. Ses yeux miel brûlaient de vie et de défi. Il était redevenu lui-même.

Ils se fondirent dans la nuit.


Fin du chapitre 8


On arrive à la deuxième partie de l'histoire.