RAR :

Yz3ut3 : Merci pour ton commentaire :) j'espère que la suite te plaira !


Chapitre 11 : Amycus et Alecto Carrow

Une ombre glissait le long du mur de pierre grises, éclairées par la lueur jaune d'une lanterne que l'on avait oublié d'éteindre. La silhouette de l'intrus était rachitique, semblant sortir de plusieurs mois à Azkaban, se faufilant dans les ruelles, agile comme un chat sauvage qui traque une souris. Un flash de lumière blanche éclata dans la nuit et un petit cri se fit entendre dans le village, suivi du bruit sourd d'un corps qui s'écroule au sol.

- C'est bon ! chuchota la silhouette.

Une seconde ombre se mouva alors le long du mur et s'abattit sur le corps inanimé, tel un aigle sur sa proie. La forme se redressa et s'avança dans la lumière qui illumina son visage blanc. C'était un homme massif, le regard oblique, les yeux étrangement de travers. Il se retourna d'un geste vif en entendant une voix nasillarde derrière lui.

- Amycus ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Qui c'est ça ?

Une petite femme trapue sortie alors d'une maison proche et s'avança en montrant le corps au sol.

- Ce n'est rien, répondit l'homme.

Un nouvel éclair de lumière blanche fendit l'air pour atteindre la femme en pleine poitrine. Elle s'écroula au sol avec un air de dément figé sur le visage. L'homme s'avança vers elle et tâta sa joue avec sa baguette. Il saisit cette que la femme tenait entre ses mains potelées et la tendit à l'ombre qui attendait toujours tapie près du mur de pierre.

- Tiens, prends ça et aide-moi ! lança l'homme.

Une jeune femme s'avança alors vers lui. On voyait la peur sur son visage et l'angoisse dans sa voix lorsqu'elle parla.

- Charles, tu es sûr que ça va marcher ?

- On en a déjà parlé Sydney, répondit Charles. C'est notre seul espoir. Calme-toi et bois ça.

Il saisit une touffe de cheveux de la femme étendue au sol et la déposa dans une petite fiole qu'il remua délicatement.

- Je ne veux pas prendre son apparence ! lança Sydney avec un regard de dégout envers la femme.

- Ah non ne recommence pas s'il te plait !

- Elle est moche !

- Sydney, je ne pense pas que notre liberté ait grand-chose à voir avec l'apparence, si désagréable soit-elle, de cette mangemort.

- On aurait pu en choisir d'autres !

- Non, ce sont les parfaits candidats. Arrête de te plaindre et bois ce polynectar !

Sydney s'avança vers la fiole que Charles lui tendait et la saisi d'un geste vif. Elle déglutit avec un air de dégout et avala le contenu de la fiole en jetant la tête en arrière comme si cela lui permettrait de moins sentir le goût acre de la potion.

Charles était quant à lui occupé à faire léviter les corps inanimés dans la maison mitoyenne à celle d'où était sortie la femme. Il ouvrit la porte du pied et disparu à l'intérieur.

- Charles ! lança Sydney d'une voix claire. Regarde !

Charles sorti la tête de la maison et lui indiqua de se taire en posant un index sur ses lèvres. D'un geste de la main, il lui ordonna de rentrer dans la maison, puis referma la porte derrière eux en jetant un coup d'œil inquiet dans la ruelle désormais déserte.

L'intérieur de la maison était, à l'image de la façade, complètement délabré. Les meubles en bois moisi étaient renversés sur le sol rongé par les insectes amateurs de bois. Des grandes toiles d'araignées depuis longtemps désertées pendaient du plafond sale et humide. Les fenêtres crasseuses ne laissaient quasiment pas passer le peu de lumière venant de la rue, si bien qu'on n'y voyait presque rien. Charles agita sa baguette et une bougie qu'il tenait à la main s'enflamma. Il la déposa sur ce qui ressemblait à une table et fit à nouveau léviter les deux corps des mangemorts toujours évanouis lamentablement sur le sol.

- Ouvre la trappe s'il te plait, ordonna-t-il gentiment à Sydney qui se trouvait à côté de lui.

Elle se précipita vers le centre de la pièce, agita sa baguette et observa un trou béant se former dans le sol moisi. Elle s'assit sur le bord et sans un mot de plus se jeta à l'intérieur.

- Tu les mets à l'endroit prévu et tu remontes, lança Charles en faisant descendre les corps par le trou.

Charles se réveilla en sursaut en entendant les coups sourd frappés à la porte. Il se redressa sur le matelas rongé aux mites qui lui servait de lit et tendit l'oreille. Sydney ouvrit de grands yeux effrayés quand les coups retentirent à nouveau. Il posa son index en travers de ses lèvres pour lui indiquer de se taire, saisit sa baguette et se leva sans le moindre bruit.

- Carrow ! grogna une voix dans la ruelle. Ouvre !

Charles se retourna vers Sydney qui s'était levée à son tour et lui fit signe de descendre dans le trou formé dans le parquet. Elle acquiesça d'un signe de tête et répéta le geste qu'elle avait fait quelques heures auparavant. Elle s'assit au bord des lattes de bois, laissant pendre ses jambes dans le vide, puis se jeta à l'intérieur. Charles la suivit quelques secondes plus tard en prenant bien soin de vérifier que rien ne traînait dans la pièce pouvant trahir leur présence.

Ses pieds touchèrent le sol en terre battue, l'entourant d'un petit nuage de poussière. Sydney était debout devant lui, comme attendant des instructions qui ne viendraient pas. Il observa la pièce des yeux le temps de s'habituer à l'obscurité et en profita pour refermer le trou au-dessus de leur tête d'un coup de baguette. La cave était petite, aux murs en pierre brute recouverts comme le reste de la maison d'une couche de moisi humide. Tout un tas d'objets était posé dans un coin, réduisant considérablement l'espace disponible pour se déplacer dans la cave. Charles s'avança vers le tas d'objet et fit un geste circulaire avec sa baguette.

- Bien, dit-il à voix basse. Le sort fonctionne toujours.

- On va rester là combien de temps ? demanda alors Sydney d'une petite voix inquiète.

- Le temps que notre visiteur s'en aille. Ensuite on prend possession des lieux.

- Mais … commença Sydney.

Charles la fit taire d'un geste de la main et tendit l'oreille. Des bruits de pas se firent entendre, semblant s'éloigner.

- Je crois qu'il est parti, finit par chuchoter Charles. On va attendre jusqu'à midi et on sortira.

- Mais ça pue ici ! je veux remonter.

Charles se précipita sur Sydney et lui plaqua la main sur la bouche.

- ça suffit les caprices maintenant ! lança-t-il toujours à voix basse. On va sortir ! Il est juste plus prudent d'attendre !

Sydney fit la moue, visiblement déçue de se voir parler comme à une enfant de cinq ans. Elle s'adossa contre le mur à l'endroit qui semblait le moins humide de la cave, croisa les bras devant elle et baissa les yeux d'un air bougon. Charles faisait les cent pas dans la cave, remuant un peu de poussière à chaque demi-tour. Après de longues minutes, Sydney oublia son énervement passager et observa son cousin d'un air inquiet.

- Tu penses qu'on va réussir à quitter l'Angleterre ? demanda-t-elle d'une petite voix.

Charles s'arrêta de marcher pour la regarder d'un œil rempli de tendresse, s'approcha d'elle et l'entoura de ses bras.

- Oui, on y arrivera.

Les heures passèrent sans qu'ils n'entendent plus le moindre son venant du dehors. Au bout d'un moment, Charles céda aux supplications de Sydney et accepta qu'ils remontent à l'étage. Une fois le trou du parquet rebouché, Charles jeta un coup d'œil furtif à travers la porte et constata que le visiteur de ce matin avait laissé une lettre devant la porte de la maison voisine. Il fourra sa main sa dans sa poche pour en ressortir une petite fiole contenant un liquide grisâtre et épais. Il la déboucha, la porta à ses lèvres et grogna avec un air de dégout alors que la potion coulait dans sa gorge.

Sydney leva les yeux vers l'homme qui se trouvait devant elle et fronça les sourcils.

- Je crois que je n'arriverai pas à m'y faire, dit-elle avec un sourire mauvais. Tu es vraiment trop moche !

- Chut ! la gronda Charles. Je vais sortir, cache-toi !

Il prit un air détendu et ouvrit la porte. Sydney resta coincée derrière une vielle malle moisie en attendant le retour de son cousin. Lorsqu'elle entendit la porte grincer à nouveau, elle se détendit et se releva. Charles transformé en Amycus Carrow tenait une lettre à la main, qu'il décacheta d'un geste vif et commença à lire.

- Qu'est-ce que ça dit ? demanda Sydney d'un air intéressé.

- Que dirais-tu d'aller t'amuser un peu ? répondit Charles avec un petit sourire en coin.

Il lui tendit la lettre qu'elle parcouru des yeux.

« Chère Alecto, Très cher Amycus,

J'ai l'immense honneur de vous convier demain soir au Manoir Malefoy au bal que je donne en l'honneur de ma future épouse Miss Mathilda Fawley.

Avec toute mon amitié,

Draco Malefoy »

- Un bal ? s'excita Sydney en sautant sur place. Vraiment ?

- Oui ! Mais il faudra être extrêmement prudente ! Nous allons risquer nos vies là-bas.

Sydney se mit au garde à vous et leva la main au niveau de son front en imitant le salut militaire.

- Oui chef !

- Ce n'est pas une plaisanterie Sydney, lança Charles les sourcils froncés. Si je pense que tu n'es pas capable de venir avec moi, j'irais seul !

- Oh non ! Promis je serai sage !

Il la regarda de travers, comme s'il jaugeait sa capacité à tenir une soirée au milieu des pires mangemorts d'Angleterre.

- Mais, ajouta Sydney d'un ton interrogateur, pourquoi tu veux aller à ce bal ?

- ça me regarde ! répondit Charles. Bon, il va falloir acheter des vêtements pour ce soir. On va aller faire quelques courses.

Sydney se mit à sautiller sur place, puis s'arrêta en voyant Charles la regarder d'un air sévère.

- Je te rappelle que Alecto Carrow n'est pas du genre dansante et gracieuse. Il va falloir que tu te rappelles de tout ce dont on a discuté quand on a préparé tout ça !

- On n'aurait pas pu choisir d'autres mangemorts ? se plaignit Sydney en faisant la moue.

- On ne va pas revenir là-dessus, répondit Charles comme pour clore la conversation. Prépare-toi ! On sort.

Le chemin de traverse était désert. La plupart des boutiques étaient fermées, leurs vitrines recouvertes de planches en bois sombre, elles même recouvertes d'affiches exposant les personnes les plus recherchées du pays. Charles et Sydney avançaient d'un pas le plus assuré possible dans la rue, laissant les sorciers qu'ils croisaient les saluer l'air apeuré. Ils passèrent devant une boutique aux murs anciennement recouverts de peintures orange et violettes. Charles leva les yeux sur un gigantesque pantin désarticulé, la tête pendant sur les vitrines éventrées et vidées de tous les produits que vendaient les jumeaux Weasley. Il se souvint alors de sa première visite dans cet antre des farces et attrapes, avec Sydney et sa mère, plus d'un an auparavant. Sa jeune cousine avait parcouru les rayons en sautant sur chaque article et suppliant sa mère de lui acheter. Si elle l'avait écoutée, elle aurait pu acheter la moitié de la boutique. Mais aujourd'hui, la boutique délabrée avait perdu de ses couleurs et le pantin à moitié décapité renvoyait l'horreur ambiante aux passants un peu trop joyeux.

Sydney fit la moue en voyant la boutique mais Charles lui posa la main sur l'épaule pour la rassurer mais également pour lui rappeler de ne pas perdre la face. Elle devait rester dans son rôle de mangemort jusqu'au bout.

A l'entrée de la boutique de vêtements, Mme Guipure sursauta en les voyant.

- Monsieur et Madame Carrow, entrez ! dit-elle d'un air faussement aimable, cachant difficilement sa peur.

- Nous voulons des vêtements de… commença Charles.

- De soirée, bien sûr ! le coupa Mme Guipure. La réception de Mr Malefoy a attiré beaucoup de monde depuis ce matin. Je n'ai pas arrêté une seconde !

En temps normal, Charles n'aurait pas fait fit de cette interruption dans son discours. Mais il était Amycus Carrow, il devait donc montrer son mécontentement et fronça les sourcils d'un air énervé. Mme Guipure afficha une mine apeurée en croisant le regard de Charles et fonça dans son arrière-boutique en prétextant avoir besoin de tissus. Elle revint quelques instants plus tard, semblant s'être calmée et commença à travailler.

Sydney avait de grandes difficultés à cacher son dégout face à son reflet. La sœur Carrow n'était pas ce qu'on pouvait appeler un canon de beauté et Sydney semblait dégoutée de devoir se présenter dans une tenue qui la mettait si peu en valeur. Alecto n'était pas du genre coquette au grand malheur de Sydney. Les essayages finis, Charles paya avec des gallions trouvés chez les Carrow, pris les paquets et quitta la boutique. Il pinça le bras de Sydney qui allait saluer la vendeuse par reflexe et la tira dans la rue.

- Combien de fois je vais devoir te le dire ? lui chuchota-t-il alors qu'ils remontaient vers le chaudron baveur.

- Oui et bien je n'ai pas l'habitude d'être malpolie ! répondit-elle en haussant la voix.

- Chut ! reprends-toi ! Sinon ce soir j'y vais tout seul.

- Je m'en fiche de ton stupide bal ! je n'ai pas envie d'y aller !

Charles regarda sa cousine d'un air mauvais. Le visage d'Alecto semblait se décomposer sous le regard menaçant de son frère. On y lisait une grande détresse et la peur semblait s'y être incrustée à jamais. Charles se repris et la tira dans une rue perpendiculaire à l'allée principale.

- Ecoute moi, commença-t-il à voix basse tout en regardant autour de lui pour être sur qu'on ne les observait pas. J'ai besoin de pouvoir te faire confiance ce soir. Je vais te laisser seule avec les pires sorciers du monde et je ne vais pas pouvoir te surveiller toute la soirée. Donc je dois pouvoir m'assurer que tu ne vas pas mettre ta vie, et la mienne, en danger.

- Pourquoi tu ne veux pas me dire ce que tu as de si important à faire ? supplia Sydney les yeux à présent pleins de larmes.

- Car je ne veux pas que tu cherches à m'aider, au risque de compromettre la mission. Ecoute, dit-il en posant ses mains sur les épaules de sa cousine, on va rentrer se préparer. Tu vas pouvoir te calmer et reprendre tes esprits ok ?

Sydney hocha la tête en reniflant et suivi Charles qui retournait déjà dans l'allée principale. Ils remontèrent sans un mot de plus la rue, jusqu'au chaudron baveur où ils transplanèrent. De retour dans la ruelle qui donnait sur les deux maisons mitoyennes, Charles tira Sydney vers le bras alors qu'elle se dirigeait vers la porte moisie.

- On habite ici je te rappelle, dit-il en indiquant la porte voisine.

Sydney ouvrit de grands yeux et se précipita vers la porte de la maison des Carrow qu'elle poussa d'un air enjoué.

Quelques heures plus tard, le soleil avait disparu derrière les collines environnantes quand la porte s'ouvrit de nouveau, laissant apparaître Amycus et Alecto Carrow, habillés de leurs plus belles tenues de soirée. Ils s'avancèrent dans la rue assombrie en ce début de soirée, échangèrent un regard complice, pivotèrent sur eux même et disparurent.

A suivre...