— Eh !

Magnus entra dans la chambre médicale d'Alec avec hésitation. Il était affreusement inquiet, mais faisait son possible pour ne pas le montrer. Heureusement, Madzie ne semblait pas impressionnée par la chambre d'hôpital et sauta dans les bras de son deuxième papa.

— Salut Têtard !
— Dis Baba, Tu es très beaucoup malade ?
— Non ma puce, je vais juste dormir ici cette nuit et si tout va bien, je ressors, expliqua le policier avec un grand sourire rassurant à l'adresse de la petite métisse et de son compagnon qui posa le sac qu'il avait préparé, sur le lit.
— Je suis passé à l'Institut te prendre quelques affaires pour demain.
— Merci.

Le plus jeune fit deux pas pour rompre la distance et posa ses lèvres délicatement sur celles de l'asiatique.

Madzie, dans les bras d'Alec, se mit à rigoler très fort.

— Baba il est amoureux de toi, Papa !
— Ehhhhh ! rouspéta faussement Alec en la dévisageant. Je t'avais dit de garder mon secret !

Il la déposa sur son lit et entreprit de la chatouiller jusqu'à ce que la petite fille demande grâce. Suite à quoi, elle commença à sauter sur le matelas en échappant des "boing boing" par intermittence de sa bouche.

— Eh… Arrête de t'inquiéter, je vais bien, tenta de rassurer le plus jeune en posant sa main sur le bras de son compagnon qui ne parvenait pas à cacher la tension qui habitait son corps.
— Je me sens tellement responsable, soupira ce dernier. S'il devait t'arriver quelque chose, je ne me le pardonnerais jamais !
— Tu n'es pas responsable et je fais un métier dangereux, tu ne peux pas passer ton temps à t'inquiéter pour moi. Je vais déjà beaucoup mieux et les résultats du scanner et de l'IRM sont bons. Passer la nuit ici n'est qu'une mesure de précaution. J'aurai préféré la passer avec toi… Tu le sais ?

Magnus força un sourire sur ses lèvres et hocha la tête positivement.

— Je vais devoir rentrer, Madzie a de l'école, demain. Elle ne doit pas se coucher trop tard.
— Bien sûr, sourit Alec. Je suis content que vous soyez passé.
— Tu sais bien que tu n'es pas prêt de te débarrasser de moi, Alexander ! plaisanta l'avocat avant d'embrasser tendrement son amant. Je t'écris.
— Bonne nuit, Baba !
— Bonne nuit, Grenouille.

La porte se referma et Alec s'installa sur le lit avec un soupir. S'il n'habitait pas officiellement avec Magnus, il passait la majorité de ses nuits chez l'avocat. Aussi, passer la nuit loin de ses bras et de leurs étreintes, qu'elles soient chastes ou plus passionnées, lui semblait insupportable.

— Ce n'est l'histoire que d'une nuit, s'encouragea-t-il avant de se rendre dans la salle de bain pour se préparer pour la nuit.

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— Comment va-t-elle ? demanda Jace à Clary en entrant dans la chambre de sa sœur d'adoption.
— Elle a fini par s'endormir, chuchota la rouquine en entraînant l'homme à l'extérieur. Catarina a pu t'aider à localiser Aldertree ?

Le blond soupira bruyamment et se mit à faire les cent pas.

— Elle est persuadée que Magnus est mort mais, moi, je sais qu'Alec est toujours en vie… Alec n'aurait pas disparu si…
— Elle peut se tromper. Magnus était persuadé que Dot' était morte car il ne sentait plus sa magie, coupa la rouquine pour rassurer son ex.
— Qu'est-ce que ça signifie, d'après toi ? Que Magnus et Alec ont été enlevés par des partisans de Valentin ?
— Il y a quelque chose qui ne colle pas, soupira la jeune femme, pas convaincue par cette théorie mais sans parvenir à trouver d'explications plausibles pour autant.
— Je sais… Il y a forcement quelque chose qui nous échappe. Du nouveau du côté de Luke ?
— Il attend la nuit, il y a trop de shadowhunters sur place pour le moment.

Jace hocha la tête en guise de réponse.

— Catarina doit se rendre au labyrinthe en spiral ce soir. Les sorciers vont élire un nouveau représentant… S'ils nous tiennent pour responsable de la mort de Magnus, ce sera la guerre entre les nephilims et les sorciers…
— Et les autres créatures obscures choisiront un camp… Vu les derniers événements, ce ne sera sûrement pas le nôtre ! continua Clary en comprenant où voulait en venir Jace.
— Il faut qu'on les retrouve, tous les deux, et vite !

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La pièce était étrangement lumineuse et une série de miroirs lui renvoyait son propre reflet à l'infini. Il n'y avait aucun moyen de se repérer dans l'espace, il n'y avait rien d'autre que du blanc, des miroirs et lui… beaucoup de lui !

Par réflexe, le policier sortit son P226 et se mit en position de défense, l'arme pointée en avant.

Un mouvement sur sa droite attira son attention, mais ce n'était rien d'autre que son reflet…

Il fronça les sourcils. Son reflet entièrement vêtu de noir, un arc à la main.

— Qu'est-ce que…

Il sursauta quand il se rendit compte qu'il tenait lui aussi un arc et non pas son semi-automatique.

— T'es en train de rêver, Alec. Réveille-toi !

Un bruit sur sa gauche le fit sursauter et il avança, une flèche encochée, prêt à tirer.

Il se sentait étrangement à l'aise avec l'arme rudimentaire. C'était un bel arc noir assorti de flèches légères en carbone noir dont les plumes rouges détonnaient sur l'ensemble sombre de son équipement.

— … Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera le mien.
Où tu mourras, je mourrai, et j'y serai enterré.
Que l'Ange me traite dans toute sa rigueur.
Si autre chose que la mort venait à me séparer de toi.

Alec avait suivi les voix et se retrouvait à présent face à deux jeunes garçons, un blond et un brun, ce dernier de dos.

Il reconnut sans mal Jace, adolescent. Ils avaient été tous les deux internes à l'Institut depuis l'âge de 11 ans. Il l'avait connu avec cette coupe de cheveux ringarde et son allure à mi-chemin entre le bad boy et l'enfant angélique à qui on donne le bon dieu sans confession.

— Frère ? demanda Jace au brun.
— Parabatai ! répliqua l'autre.

Ils s'attrapèrent la main à la façon de jeunes guerriers comme pour sceller leur pacte puis, enfin, le deuxième garçon se retourna et Alec eut l'impression d'une douche froide.

C'était lui. Il se revoyait adolescent, au même âge que Jace… Pourtant, ce n'était pas un souvenir… Il ne se souvenait pas d'avoir fait ce jeu avec Jace… Parabatai ? Qu'est-ce que ça signifiait de toute façon ?

— Qu'est-ce que tu fais ?

La version ado de lui-même le dévisageait avec désapprobation.

— Quoi ?
— On n'abandonne pas son parabatai, continua le plus jeune. Tu avais promis…

Une douleur au flanc gauche, telle une brûlure, le fit chanceler et il tomba au sol, la main sur la source de sa douleur.

— Le lien commence déjà à disparaître, observa l'adolescent. Après ça, ce sera trop tard…

Le souffle court sous la douleur, le jeune policier tenta de soulever son T-shirt, mais ses gestes étaient rendus difficile par la douleur. Enfin, il remonta suffisamment le tissu et s'aperçut qu'un motif rougeoyant était inscrit dans sa chair comme une braise sous sa peau.

Il connaissait ce motif sans pouvoir l'identifier. Bientôt, d'autre dessins gravés à l'encre noire sur son épiderme apparurent.

— Qu'est-ce que ça signifie ? demanda-t-il à sa version adolescente en relevant la tête.

Mais le garçon avait disparu. Ses yeux accrochèrent le miroir en face de lui.

Là, sur le côté gauche de son cou, un tatouage ressemblant un peu à un Z noir accrocha son regard. Son cœur rata un battement.

— Blocage ! chuchota-t-il.

Ce mot s'était imposé à son esprit juste avant qu'il ne se réveille en sursaut, faisant peur à l'infirmière qui était penchée au-dessus de son lit pour tenter de le réveiller.

***********************************

Le Loup de Jade était calme à cette heure matinale et le nephilim en fut rassuré.

Il avait activé l'épée mortelle malgré lui, mais les faits étaient là : des dizaines de loups étaient mort par sa faute.

Luke avait beau être l'Alpha, si la meute se rebellait, il finirait déchiqueté en un battement de cils.

— Dis-moi que tu as une piste ? supplia presque le blond en s'installant face au policier qui buvait un café afin de tenir le choc après une nuit sans dormir.
— Malheureusement, pas grand-chose, soupira ce dernier. Soit il y avait peu d'indices à récupérer, soit tes collègues ont déjà rassemblé des preuves, expliqua-t-il.

Il sortit son téléphone et chercha une photo.

— Je n'ai trouvé que ces deux tas de cendres. J'ai pris des échantillons pour les faire analyser.

Il balaya l'écran avec son doigt pour montrer une série de photographies de l'appartement de celui qui était encore jusqu'à cette nuit le plus grand sorcier de Brooklyn.

— Plusieurs traces de lutte, là, là et là… Du sang. J'ai également pris des échantillons. Et enfin, et c'est sûrement le plus intéressant, des éclats de miroir.
— En quoi un miroir cassé peut être intéressant ? interrogea Jace septique malgré le cliché que Luke lui montrait.
— J'ai pris un des plus gros fragments que j'ai pu trouver, regarde !

Le policier lui tendit un objet enveloppé dans du tissu que Jace attrapa délicatement avant de l'ouvrir.

C'était effectivement un morceau de miroir au reflet légèrement violet… Cette couleur lui était familière !

— Je ne sais pas ce que c'est, continua Luke avant que Jace n'ait le temps de poser la question. Mais je n'ai pas vu de cadre ayant pu accueillir un miroir, il faudrait demander confirmation aux sorciers, mais je me demande si ce n'est pas un résidu de portail instable.

Jace releva la tête tout à coup complètement attentif.

— Instable ? Magnus maîtrisait parfaitement sa magie, ça ne peut pas être ça.
— Comment savoir… D'après ce que tu me dis, ils étaient attaqués par des shadowhunters, il y a eu lutte. Peut être que l'un deux a été blessé : si c'est Magnus, il n'était pas au meilleur de sa forme pour ouvrir un portail, si c'était Alec peut-être l'a t'il ouvert dans l'urgence pour fuir rapidement et sauver leurs peaux… Comment savoir ce qui se passe dans l'urgence, Jace ?
— Si le portail était instable, ils se trouvent tous les deux perdus dans les limbes…

Jace hocha la tête négativement…

— Je suis sûr qu'Alec va bien… Il n'est pas dans les limbes… Je… Je ne sais pas comment l'expliquer, mais je le sens…
— Tu n'as pas à te justifier auprès de moi, Jace… J'ai aussi eu un parabatai ! Si tu le sens, alors fis-toi à ton instinct. On va les retrouver, je mets la meute sur le coup, on va essayer de retrouver Aldertree. S'il est en ville, mort ou vivant, nous le retrouveront.

***********************************

— Lightwood, dans mon bureau !

Alec soupira, c'était bien sa veine, il fallait que Herondale lui tombe dessus dès son arrivée au poste.

— Votre coéquipier m'a expliqué vos mésaventures. Apte à reprendre le service ?

Il fallait reconnaître que la commissaire du NYPD ne passait pas par quatre-chemins.

— Oui, tout est en ordre.
— Bien ! Il faudra quand même enquêter sur cette agression. S'il s'agit des hommes de Morgenstern, on ne peut pas se permettre de les laisser dans la nature. Leur place est derrière les barreaux. Vous faites équipe avec Wayland. Ne me décevez pas.

Et sans plus attendre elle lui indiqua la sortie. Il acquiesça et la salua avant de se rendre aux vestiaires.

La journée fut étrange. Il était encore hanté par son rêve et parfois des images ou des informations affluaient dans son cerveau comme des réminiscences d'une vie antérieure ou… plutôt comme d'un univers parallèle.

— Tu regardes trop de science-fiction avec Magnus, songea-t-il lorsque son service prit fin.

Il s'attarda un peu sur son ordinateur pour faire quelques recherches avant de rentrer au loft de l'avocat.

Plusieurs heures plus tard, il fallut reconnaître qu'il était bredouille. Il n'avait trouvé aucune correspondance entre son rêve et ses recherches sur les mots runes, blocage, parabatai…

Seules ses recherches sur l'archerie lui avaient semblé concluante. Il se rendait compte qu'il connaissait déjà toutes les informations qu'il lisait sans jamais s'être intéressé à cette discipline et ça… ce n'était pas normal.

— Tu rentres tard ! observa son compagnon depuis la cuisine.
— Beaucoup de travail, désolé, répondit le policier en posant ses lèvres dans un baiser chaste sur celles de l'homme au fourneau en guise de bonjour.
— Tu n'as pas eu de vertiges ou d'autres symptômes, aujourd'hui ?
— Je me sens encore un peu déboussolé, comme si je n'étais pas en phase avec moi-même mais à part ça tout va bien. Le médecin m'a dit que ça disparaîtrait en quelques jours.

Magnus ne put poser plus de questions car sa fille arriva et s'évertua à raconter sa journée d'école à Alec.

La soirée passa dans la bonne humeur, si ce n'est l'incident à cause des brocolis que la petite métisse refusait de goûter. Ce ne fut que grâce à la patience et à l'ingéniosité du policier qu'elle accepta d'avaler un morceau du légume vert qui la rebutait tant…

— C'est pas si mauvais, déclara-t-elle finalement ce qui eut le don de faire rire les deux adultes.

— Elle s'est bien fait à sa nouvelle école.

Après avoir raconté l'histoire du soir à la petite fille pour lui souhaiter la bonne nuit, Alec et Magnus étaient occupés à débarrasser la table.

— Oui, je suis rassuré. Elle s'est déjà fait plein de copine. Elle nous a adoptés tous les deux si rapidement… Je n'arrive pas à croire qu'elle a débarqué dans ma vie il y a si peu de temps. Je ne pourrai plus imaginer ma vie sans elle !
— Je suis dans le même cas que toi et moi, je ne suis pas son père biologique… fit remarquer Alec avant de se rapprocher de son homme pour enrouler ses bras autour de sa taille et le serrer contre lui.
— Hmmm… Tu m'as tellement manqué… j'ai l'impression qu'on n'a pas eu de moment à nous depuis des siècles.

Magnus pouffa légèrement contre le torse du policier et répondit à l'étreinte sans se faire prier.

Ils restèrent ainsi silencieusement pendant un temps, se délectant de la chaleur qu'il partageait l'un avec l'autre, de la sensation du corps de l'autre contre le leur, se délectant de l'odeur de bois de santal, du battement de cœur régulier, du souffle qui se perd sur la nuque….

Ils étaient sereins, enfin entiers au milieu du tumulte de leur vie.

Bientôt, Alec se recula légèrement afin de pencher son visage. Une fois dans le cou de Magnus, il se mit à l'embrasser délicatement, tendrement, amoureusement… Dans le même temps, ses mains remontèrent dans le dos de son compagnon, caressant sous ses doigts la peau douce recouvrant les muscles saillant.

— Alexander, soupira Magnus entre le plaisir et le désarroi. Je ne sais pas si c'est raisonnable dans ton état.
— Je vais bien, répliqua le policier dans un murmure entre deux baisers. J'ai besoin de te retrouver, Magnus… S'il te plaît… Laisse-moi t'aimer !

Les mots atteignirent l'avocat en plein cœur et une douce chaleur prit possession de chacune de ses cellules.

Il se sépara d'Alec à contrecœur et eut un pincement dans la poitrine face à la moue enfantine de son compagnon visiblement déçu que son amant ne partage pas son envie.

Mais ce n'était pas là le souhait de l'Asiatique.

Avec un sourire qu'il souhaitait rassurant, il attrapa sa main et l'entraîna vers la chambre, faisant revenir le sourire sur le doux visage du jeune homme.

La porte se referma doucement et, avec lenteur, l'Indonésien entreprit de débarrasser Alexander de ses vêtements encombrants, en profitant pour effleurer la peau à chaque mouvement.

Alec était impatient, il gigotait pour l'aider, tentait de faire subir le même sort aux vêtements de Magnus, mais, à chaque fois, celui-ci l'en empêchait avec délicatesse, emmenant son compagnon à la porte de la frustration.

— Laisse-moi m'occuper de toi, murmura Magnus lorsque Alec se retrouva en boxer.

Ses lèvres se posèrent sur celles tentatrices du plus jeune, et se caressèrent bientôt avec douceur et amour. Leurs langues s'invitèrent à la danse, approfondissant l'échange, telle une promesse d'un amour éternelle et de félicitée prochaine.

Ce baiser avait un goût différent des autres qu'ils avaient échangés. Il était plus profond, sensuel, mais aussi calme et intense. Il était loin d'être chaste sans être impatient.

Du bout des doigts, Magnus caressa le torse bien fait d'Alec, dessinant sans s'en rendre compte des motifs étranges et sans signification, s'attardant sur certains endroits plus sensible, en évitant délibérément d'autres pour faire languir le plus jeune d'impatience.

Alexander laissa échapper un gémissement entre leurs lèvres. Il avait envie de tellement plus. Pourtant la torture était douce et agréable.

Comme comprenant le message, l'Asiatique déposa un chemin de baisers de sa bouche à sa mâchoire avant de venir taquiner le cou sensible, laissant le guerrier se perdre un peu plus dans le plaisir. Ses douces suppliques de plaisir remplirent bientôt la pièce, faisant peu à peu perdre la tête à Magnus.

N'y tenant plus, il descendit, recouvrant le torse de ses lèvres, taquinant les petits bouts de chair fièrement dressés sur son torse, faisant se cambrer Alec malgré lui sous l'attaque.

Avec un sourire vainqueur, Magnus continua son voyage, caressant la peau fine du ventre bien musclé, perdant sa langue autour du nombril, caressant les flancs sensibles. Il était à la fois partout et nulle part, ne restant jamais plus de quelques secondes sur la même zone. Il ne perdit pas de temps avant de se débarrasser du dernier vêtement de son compagnon qui lui lança un regard rendu noir de plaisir et de désir, les joues rosies, la bouche légèrement entrouverte, le souffle court.

Aussi, sans perdre plus de temps, Magnus s'empara de la hampe de plaisir de son compagnon qui hoqueta de surprise et de plaisir quand les lèvres de son amant la recouvrirent.

Il sentit la langue le taquiner, mutine. Et il ne put que fermer les yeux en se cambrant en arrière entièrement consumé par la flamme du désir qui brûlait littéralement dans son ventre, se répandant peu à peu dans tout son être.

Il entendit plus qu'il ne vit Magnus se déshabiller, sans cesser ses mouvements sur son érection.

La chaleur lui montait au visage et le plaisir était sur le point d'atteindre son paroxysme, mais l'Asiatique ne semblait pas décidé à arrêter sa besogne.

— Magnus, lança Alec en haletant, le souffle court.

Leurs regards se croisèrent, tous deux assombris, et Alexander sentit son cœur rater un battement. Il peinait à trouver son souffle, mais son amant ne cessa pas pour autant, l'amenant bien vite jusqu'au point de non-retour avant de remonter l'embrasser avec plus de passion qu'un peu plus tôt.

Alec était rouge… de quoi ? De honte ? De plaisir ?

— Pourquoi tu n'as pas arrêté ? marmonna-t-il clairement déçu.

Magnus fronça les sourcils.

— Tu voulais que j'arrête ? répliqua-t-il doucement avec un sourire amusé.
— Non, enfin oui… je… je voulais plus… avoua Alec toujours aussi timide lorsqu'il s'agissait de parler de leurs ébats.
— Rassure-toi, mon amour… je n'en ai pas encore fini avec toi, gloussa l'autre avant de l'embrasser à nouveau, reprenant ses caresses comme s'il ne les avait jamais cessées et se délecta de voir son compagnon réagir à nouveau.

Sa peau se para de petit picot de plaisir qu'il embrassa. Il mordilla légèrement, lécha, embrassa, avant de souffler sur la peau humide et rendue sensible.

Très vite, Alexander se mit à gigoter.

Le plus jeune tentait de caresser lui aussi son amant du mieux qu'il pouvait, mais le corps de Magnus restait à la limite de sa portée, frustrant le policier purement et simplement.

Dans un geste doux mais ferme, l'Asiatique invita son compagnon à se retourner et il fit subir le même sort à son dos, avant de descendre très lentement vers ses fesses fermes et appétissantes ne résistant pas à l'envi d'en mordre une.

Alexander sursauta entre la douleur et la surprise, mais le plaisir était là.

Magnus remonta vers sa nuque qu'il taquina plus franchement avec ses dents faisant gémir son amant plus fortement. Il se releva, entraînant Alexander avec lui et l'invita cette fois à se cambrer en avant sur le lit, tout en restant debout.

Alexander frissonna d'impatience, sachant pertinemment ce qui allait suivre, il n'attendait plus que ça.

Il voulait communier avec le corps de Magnus, ne faire qu'un avec lui, se lier dans le plaisir et l'amour dans une étreinte passionnée.

Enfin, l'Indonésien réalisa son souhait, prenant lentement et aussi délicatement que possible possession du corps du plus jeune qui se força à se détendre malgré l'intrusion qu'il ne pouvait ignorer.

Il avait l'impression que, dans cette position, toutes ses sensations étaient décuplées, ce qui se confirma quand Magnus commença à bouger, doucement et lentement d'abord, puis plus rapidement.

Alexander eut du mal à encaisser l'assaut tant les sensations de plaisir qui l'assaillaient, étaient puissantes, bouleversant tout son être, faisant flageoler ses jambes et trembler ses bras.

Dans l'espoir de se raccrocher à quelque chose de réel, il referma ses poings sur les draps, mordant sa lèvre inférieure pour ne pas gémir trop fort. Hors de question de traumatiser Madzie.

Ses jointures devinrent blanches et le feu irradia bientôt à nouveau dans son corps.

Il pensait ne pas pouvoir monter plus haut sur l'échelle du plaisir, mais il se trompait.

L'incitant à se cambrer davantage, Magnus s'agrippa à ses épaules pour approfondir encore plus leur étreinte et soudain, il atteignit la zone si sensible dans le corps de son compagnon qui vit littéralement des étoiles danser devant ses yeux.

Il n'en fallut pas beaucoup plus pour qu'Alec atteigne le septième ciel une deuxième fois.

Magnus continua son assaut quelques minutes supplémentaire avant de rejoindre son amant dans la félicitée.

Le corps du policier ne le retint plus et Magnus tomba en même temps que lui, à moitié sur le matelas, recouvrant le corps recouvert de transpiration de son amant par le sien relativement dans le même état.

Alexander se mit à rire doucement, le nez dans le matelas.

— Pourquoi tu ne m'as pas fait ça avant aujourd'hui ? C'était…. Juste wow !
— Merci, ria Magnus en réponse. C'était "wow" pour moi aussi, rajouta-t-il avant d'aider son compagnon à se hisser sur le matelas et recouvrir leur corps de la couverture.

Ils se blottirent l'un contre l'autre silencieusement en attendant que leurs corps se remettent de leurs ébats, que leurs cœurs se calment et que leurs respirations reprennent un rythme normal.

Durant ce temps, chacun papouilla l'autre chastement du bout des doigts, ne lâchant pas leurs regards encrés l'un à l'autre, flottant doucement sur un nuage de bonheur !

Alexander avait bien envie de rendre à Magnus la faveur. Il n'avait pas eu l'occasion de s'occuper de lui, ne serait-ce qu'un peu.

L'avocat avait entièrement mené la danse pour une fois et, s'il ne risquait pas de le regrettait, il voulait à son tour donner du plaisir à son compagnon.

Il commença à embrasser l'Indonésien qui ne broncha pas bien que le sommeil semblait l'engourdir peu à peu.

Il laissa son compagnon l'embrasser un peu partout, continuant quant à lui ses caresses sur le corps d'Alexander.

D'un seul coup, ce dernier se figea. Il y avait une familiarité déconcertante dans ces gestes.

Les motifs revenaient toujours identiques, toujours aux mêmes endroits.

Il savait qu'il tenait quelque chose sans parvenir à identifier ce dont il s'agissait. Il était sur le point de trouver quand Magnus, rouvrit les yeux, posant ses orbes chocolats dans les siens.

Un sourire éclaira ses traits apaisés de bien-être avant qu'il ne fonde sur ses lèvres. Lui aussi était partant pour un deuxième round !

***********************************

— Morgenstern, dans mon bureau ! indiqua l'inquisitrice d'un ton sans appel.

Jace soupira, lasse, mais obéit malgré tout.

— Une piste concernant Victor Aldertree ?
— Non, reconnut-il dépité. Catarina Loss est persuadée que Magnus est mort et refuse de nous aider tant qu'ils n'ont pas élu…
— C'est chose faite, le nouveau représentant des sorciers de Brooklyn m'a contacté ce matin pour me demander audience. Un certain Lorenzo Rey ! Je lui en toucherai deux mots.

Jace releva la tête, surpris du ton plus doux de la dirigeante. Elle ne l'avait pas ménagé depuis son arrivée. Il y avait quelque chose de différent dans son expression.

— Valentin sera transféré demain à Idris pour être interrogé par les frères silencieux, j'aimerais que vous nous accompagniez.
— Pourquoi ? Je veux dire….

Jace se frotta la tête, ne sachant pas trop comment prendre la nouvelle.

— Vous pensiez que je n'étais pas fiable vis-à-vis de lui…
— Il y a du nouveau. Je voudrais attendre d'en avoir confirmation grâce à l'épée mais, Jace… Il se pourrait que vous ne soyez pas le fils de Valentin, annonça-t-elle avec un calme censé être apaisant pour ne pas brusquer le shadowhunter.

C'était donc ça, s'il n'était plus un Morgenstern, il était à nouveau digne de confiance ? C'était si simple que ça ? Il eut un sentiment d'injustice vis-à-vis de Clary… Elle n'avait rien de semblable avec son géniteur, elle ne l'avait même jamais côtoyé si ce n'est lors des affrontements… Et elle serait à jamais assimilée à lui et à sa folie destructrice…

— Vous ne semblez pas surpris, remarqua la femme avec un froncement de sourcil inquisiteur.
— Lorsque je l'ai neutralisé, il me l'a dit, en effet ! exposa-t-il, en réponse, sans émotion apparente.
— Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?
— M'auriez-vous cru ? répliqua le blond avec un sourire goguenard.

L'inquisitrice lui répondit par un sourire appréciateur lui prouvant qu'il avait eu raison.

Il demanda l'autorisation de sortir du bureau, n'ayant qu'une hâte, débriefer avec Clary — et Izzy si elle était en état — de ce que Luke avait découvert et leurs montrer l'éclat violet irisé qu'il sentait contre sa cuisse à travers sa poche.

— Jace ?

Il se retourna sur le seuil pour faire face à nouveau à la dirigeante provisoire de l'Institut de New-York.

— Je sais que vous êtes dans une situation difficile avec la disparition de votre parabatai mais faites-nous confiance, nous ne ferons qu'appliquer la justice. Dura lex, sed lex.

Jace hocha la tête en signe d'approbation et se dirigea vers la chambre d'Isabelle.