Bonjour à tous ! Désolée pour le jour de retard, mon mardi a été éprouvant.

Je vous remercie de me suivre et merci à ceux qui commentent, vous n'avez pas idée de la joie que vous me faites.

Petite-Licorne Arc-en-Ciel : Merci pour ta review, j'espère que la suite correspondra à tes attentes. Et oui, il va essayer de passer plus de temps avec eux, si il se débarrasse de ses propres démons !

Nourson : Merci, j'espère que la suite te plaira. Ps: Oui, ce jus...

Lefoudeslivres : Merci ! Franchement je suis tentée mais j'essaye de rester soft pour le moment en tout cas... Oui c'est bien du Drarry qui est prévu, sauf si ils ne ravalent pas leurs fiertés... AAAH la confiture et les sucettes ! MERCI, j'ai tellement adoré rajouter ces détails, esprit mal placé oblige ! A bientôt !

Quelques précisions d'usage :

L'univers Harry Potter et ses inspirants personnages appartiennent à JK Rowling bien entendu.

Le Rating M sera justifié pour langage, mention de thèmes difficiles et relations explicites de tous ordres donc homophobes goudebaille !

Autre précision : Chaque chapitre comporte un titre se rapportant à une ou plusieurs chansons ayant un lien avec le chapitre. J'ai beaucoup écouté Deezer durant l'écriture, de tout mais principalement du rock et du métal. Vous trouverez donc une playlist dédiée en suivant ce lien en ôtant les espaces : deezer . page . link / ZXLLLWSaGXfqHtjz7 (ou simplement en tapant le titre de cette histoire) qui sera alimentée au fur et à mesure de la publication.


Chapitre 9 : Back in Black

Playlist : Back in Black - AC/DC

Still Breathing - Green Day

Things my father said - Black Stone Cherry

Draco fut de retour en classe dès la semaine suivante.

Perdre son père, cet homme qui lui avait fait tant de mal et pourtant qui avait toujours constitué le seul véritable modèle du jeune homme, avait été sans nul doute une rude épreuve.

Pas un jour ne se passait sans qu'il ne pense à sa famille perdue.

Maintenant que son secret avait été percé à jour, il devait bien faire avec. Alors il donnait le change, se promenant avec les autres, discutant ou même riant, mais le cœur n'y était pas.

Il se sentait idiot d'être si affecté par la mort d'un père qui avait passé tout son temps à régenter son existence sans possibilité de discussion. Et maintenant qu'il n'était plus là, voilà que Draco devait se diriger seul. C'était peut-être cela le plus effrayant après tout, perdre ceux qui nous servaient de guides et se retrouver, seuls, dans l'obscurité.

Il n'aurait pas cru, mais c'est le travail qui lui permit d'oublier un peu sa peine.

Il passait tout son temps libre à la bibliothèque pour réussir à ajouter des éléments à son devoir de Potions ou à étudier. Il était même plus assidu qu'Hermione, qui appréciait de trainer avec Pansy depuis que leur rapprochement avait eu lieu. Jour après jour, la peine mordante des débuts se mua en une tristesse plus sourde, comme enveloppée dans du coton soigneusement rangée dans un coin de sa tête. Jour après jour, les étoiles se rallumèrent en son existence.

Slughorn accueillit ses élèves de 7e année ce jour-là avec son air satisfait coutumier :

« Bonjour à tous, comme vous le savez, aujourd'hui est un jour déterminant : vos antidotes révélateurs ont posé durant le temps parfait et sont à présent prêts à être testés. Bien jeunes gens, que tous les testeurs se placent sur la gauche de leur rang, et les sujets sains à droite. Les élèves obtempérèrent, Draco se plaçant à gauche et Harry à droite, en boudant.

Le professeur Slughorn avait décidé d'effectuer le test des révélateurs au moyen d'un léger Philtre de Paix. Cela altérerait suffisamment leur comportement pour être considéré comme un composant nuisible et être détecté par l'antidote.

« Messieurs dames les testeurs, allez-y pour votre Philtre de Paix ! »

Tous burent le Philtre, il était vrai que ce n'était pas bien méchant, il y aurait un effet calmant sur eux durant quelques heures . Ce qui pour de jeunes adultes en devenir était bon à prendre.

« Bien, à présent, je vous propose de tester vos antidotes. N'oubliez pas, si il a été correctement préparé, vous apercevrez un halo coloré caractéristique. »

Toute la classe but avec précaution un peu de leur antidote.

Hermione s'illumina immédiatement de bleu foncé, tout comme une partie de la classe. Draco s'illumina, et c'est avec beaucoup de satisfaction qu'il se tourna vers Potter... qui brillait également. D'une étrange lumière turquoise.

« Ben quoi Malefoy, félicitations, tu sais préparer une potion, quel exploit ! »

– Potter... tu brilles. Ledit Potter le regardait avec incrédulité. Puis il observa ses mains luminescentes. Effectivement, et il ne s'agissait certainement pas d'un événement attendu.

– Sérieux ? On est les seuls à avoir raté ? Tu es vraiment un incapable ma parole !

– Un Malefoy ne raterait pas un révélateur aussi élémentaire rétorqua immédiatement Draco avec dédain.

– On dirait bien que si.

– Et moi je te dis que non. Quelque chose ne tourne pas rond

– Ça c'est commode.

– Et m'accuser immédiatement lorsque quelque chose ne tourne pas comme prévu, c'est pas commode, peut-être ? »

La fin du cours avait sonné qu' Harry ne décolérait toujours pas.

Quant à Draco, il ne cessait de se repasser les étapes de confection du Révélateur en tête. Il lui était facile de se remémorer les événements de cette journée en particulier. Quant au Révélateur, il aurait pu le confectionner en dormant, même si ce jour-là... Mais à ce moment de la journée il ignorait encore tout de la mort de son père...

Tous les testeurs passèrent la journée de manière particulièrement apaisée. Tous, sauf Harry, qui ne ressentait pas particulièrement les effets du Philtre. Il mit cela sur le compte de la nervosité de la journée. Mais à mesure qu'elle avançait et qu'il s'en remémorait les détails, il ne put tout simplement cesser de penser à tout ce qui coinçait dans sa théorie de Draco Malefoy – je -suis -une -bête-en-potions-depuis-toujours ratant en beauté la seule potion de sa vie. Il finit par s'isoler, repoussant une Ginny particulièrement insistante, et se dirigea vers les cachots.

Les autres agirent pour le moins étrangement.

Neville expliqua avec force détails à une Professeur McGonagall passablement exaspérée que les plantes étaient absolument merveilleuses et passa sa journée à énumérer à qui voulait l'écouter leurs innombrables propriétés calmantes.

Hermione buvait ses paroles, et tout naturellement, lorsqu'il prépara un mélange d'herbes qu'il mit dans une cigarette qu'il fuma dans la cour, Hermione en tira de longues bouffées d'un air béat.

L'effet ne se fit pas attendre, et la jeune femme se sentit flotter comme sur un nuage, si légère et hors du temps, qu'elle tournoyait simplement sur place.

Elle tournoyait tant qu'elle ne vit pas l'obstacle arriver et heurta quelque chose de dur et de chaud qui sentait très bon. Lorsqu'elle rouvrit ses yeux qu'elle avait fermés sans s'en rendre compte et se rattrapa avec la paume de sa main, ce fut pour se rendre compte qu'elle touchait actuellement le torse de son professeur de Défense contre les Forces du Mal qui la fixait l'air parfaitement incrédule.

Ils lui expliquèrent brièvement le raison de leur état, à quoi leur professeur répondit aussitôt : « Je vous conseille de la ramener immédiatement dans sa chambre et de la surveiller attentivement. Les mauvaises réactions suite à des mélanges herbes/potions existent et elle ne doit pas rester seule, quelqu'un de mal intentionné pourrait... en profiter. ».

Il s'aperçut rapidement que personne n'était en état de l'écouter et qu'il prêchait dans le néant. Draco boudait dans son coin, Neville ne cessait de déblatérer et Harry était introuvable.

Génial, on dirait bien qu'il était le seul à se soucier de la sécurité de ses élèves.

Il ne vint pas même à penser à la raison qui le poussait à croire qu'un ou plusieurs adolescents pourraient éprouver ce type de desseins. Hormis le fait qu'il avait été, il y a longtemps, l'un d'entre eux. Bande de crétins écervelés.

« Monsieur Blaaaack, vous me raccompagnez ? Je ne sais plus très bien où est le dortoir...

– Je ne suis pas gardien pour mioches

– Et moi je n'en suis pas une, de mioche, ça tombe bien

– Certes. On pourrait légitimement se poser la question au vu de votre stupidité. Mélanger des herbes et des potions dont vous ignorez les effets combinés, quel éclair de génie ! Vous me décevez beaucoup, c'est comme si vous perdiez des neurones à mesure que vous raccourcissez vos vêtements et fardez votre minois. Venez. grimaça-t-il en voyant Neville et Luna tournoyer comme des derviches, de moins en moins vêtus.

– Ca y est. Je sais.

– De quoi parlez vous ?

– Je sais à qui vous me faites penser quand vous ouvrez la bouche. Vous sonnez comme le bâtard graisseux

– Je ne vous permets pas...

– L'expression est de vous. Enfin, de votre ancien vous. Quand vous aviez encore... un cœur. »

Sirius se renfrogna et accéléra le pas. Il ne se l'avouait pas, mais il était vrai que la fréquentation forcée mais néanmoins assidue du précédent propriétaire des cachots déteignait sur son langage, et peut-être encore d'autres aspects de sa personnalité. Mais cela, il ne l'aurait jamais reconnu devant la jeune femme. Miss-Je-Sais-Tout, en voilà un surnom mérité.

Ils marchaient dans les couloirs, ou plutôt titubaient dans le cas de la jeune Gryffondor.

« Hé vous pourriez m'attendre, je ne marche pas aussi vite que vous Monsieur Grandes Jambes, j'ai des talons en plus, qu'est-ce qu'ils peuvent me faire mal aux pieds, il faudrait ab-so-lu-ment que quelqu'un me masse les chevilles quand j'arriverai à ce foutu dortoir, il est encore loin ? Vous ne pourriez pas me porter je pense qu'on irait plus vite !

– Non mais ça ne va pas ?

– Bon tant pis

– Et si j'essayais un sort de lévitation sur moi-même ? Ouais, ça pourrait être tellement...

– NON MAIS VOUS ETES TAREE MA PAROLE

– Le jury délibère. Bon, tant pis. »

Après avoir dû l'attendre à deux reprises car elle marchait trop lentement, peinant à descendre les marches, il finit par la laisser se tenir à lui, tout en tentant de se maintenir à une distance raisonnable, et ce n'était pas une mince affaire.

« Hé, vous êtes trop près jeune fille, mon dos est plus haut

– Quoi ? Oups pardon.

– Vous êtes vraiment irresponsable tout de même !

– Vous radotez.

– Consommer on ne sait quoi et ensuite risquer...

– Gnagnagna reproches gnagnagna récriminations Risquer quoi ? Vous êtes là.

– J'ai autre chose à faire de mes journées, merci bien.

– Ah ouais, comme quoi ?

– La ferme et avancez »

Mais la jeune femme ne la fermait pas du tout, au contraire elle était de plus en plus loquace, le Philtre de Paix agissait comme une véritable cuite. Merveilleux, se dit Sirius, à mesure qu'elle se lançait dans des discours logorrhéiques sans queue ni tête :

« Il n'arrête pas de me regarder, et de se marrer avec ses dents, sérieux, est-ce qu'il est humainement possible d'avoir autant de dents ? Regardez-le avec son sourire à la con, celui-là, il me regarde et il croit que tout le monde est à ses pieds espèce de petit connard arrogant, et il se mord la lèvre, qu'est-ce qu'il croit, que c'est suffisant pour attirer les filles ? Peut-être dans le temps mais il se fourre le doigt dans l'oeil si il croit qu'il va attirer des nanas de cette façon aujourd'hui »

« Quel triste sire, il sonne vraiment comme le bâtard graisseux à marmonner dans sa barbe de trois jours, bon au moins pour ça il a un peu de goût, mais si il se fait un bouc je ne répondrai plus de rien ; gnagnagna stupide gnagnagna irresponsable gnagnagna déception. Mais je n'ai jamais rien fait d'un tant soit peu stupide ou irresponsable de toute ma vie alors laissez moi faire ce que je veux par Merlin ! Toujours à être derrière nous et jouer les rabat joie. Il se prend pour qui d'abord, c'est le parrain de Harry pas le mien... »

« Il passe encore la main dans ses cheveux, et là encore, est-ce que c'est une manie, un tic ? Peut-être qu'il devrait consulter et que c'est pathologique de se passer aussi souvent la main dans les cheveux quel drôle de gars il a les cheveux de plus en plus longs en plus, bientôt il les aura plus longs que moi, bon c'est vrai ils sont en assez bon état, les bouclettes sont sexy mais cette longueur, presque féminine, après tout il fait ce qu'il veut, tant qu'il ne les attache pas dans cette stupide petite queue de cheval qu'on voit partout dans les magazines ou pire encore le chignon de mecs sur le sommet de son crâne, sérieusement les types qui font ça devraient se faire enfermer directement à … c'est de là qu'il sort, si il les noue en chignon pour ma part il peut y retourner direct. »

« Mais vous allez vous TAIRE à la fin ! »

« Et voilà il remue encore ses stupides cheveux, et il se marre, il se moque de moi. Je parle un peu beaucoup je crois peut être qu'effectivement je dis bien peut être qu'il soit éventuellement possible que je réagisse mal à la combinaison des principes actifs de ce que j'ai ingéré... »

« La ferme par Merlin ! »

La jeune femme n'obéit pas et ne cessa de faire des commentaires plus ou moins pertinents sur les couleurs du ciel ou le caractère acariâtre de son professeur. Il finit par la laisser devant son dortoir dans la salle commune.

Elle ne parvenait pas à grimper les marches, ne cessait de trébucher.

« C'est loin le lit ?

– Soit, je vais vous aider à monter... » soupira-t-il

Il tenta de l'aider mais l'escalier se changea immédiatement en un toboggan géant, les entraînant tous deux l'un contre l'autre sur le tapis de la salle commune. Cette chute avait au moins eu le bénéfice incommensurable de l'avoir rendue muette. Même si en cet instant elle pesait de tout son poids de moineau dénutri sur lui et lui balançait sa crinière dans les yeux, à cheval sur son bassin.

Ce fut alors que Pansy et Draco apparurent à l'embrasure de la porte, et demeurèrent muets, intrigués par l'étrange spectacle que les deux Gryffondors offraient, Hermione étalée sur le professeur Black et se servant de son torse comme coussin, étendus sur le tapis comme si ils venaient de glisser.

« Ah ! Enfin quelqu'un ! Vous voudriez bien aider Miss Granger à monter se coucher Miss Parkinson ?

– Venez Monsieur, laissez-la nous, on va s'en occuper, merci »

Ils la saisirent à deux, l'ôtèrent des hanches de son professeur, la relevèrent non sans peine et montèrent les marches menant au dortoir des filles, la déposant sur le lit. Elle ne cessait de réciter des passages de l'Histoire de Poudlard et de critiquer son professeur

Il les regarda monter les marches pensivement.

Puis quitta la pièce. Subitement, il avait envie d'une cigarette.

En fumant, il se dit que, vraiment, cette petite n'avait pas la langue dans sa poche, surtout lorsqu'elle n'était pas dans son état normal. Que sa franchise frisant l'insolence était certes bienvenue à l'heure actuelle, mais qu'il se passerait bien des piques régulières. Il semblait clairement insupporter la jeune femme et il ignorait pourquoi. Ah oui, il s'était montré particulièrement imbuvable depuis le début de l'année scolaire. Il avait obtenu la paix, également. Et pouvait laisser libre cours à son humeur de chien.

Que la jeune femme accentuait, sans qu'il sache pourquoi.

Il ne s'expliquait pas non plus le flot de sentiments qui l'avaient envahi lorsqu'il avait senti la jeune femme au dessus de lui, simplement couchée contre lui. C'était son premier contact avec un autre être humain depuis très très longtemps, voilà tout. Et le fait que cet être humain soit une jeune femme brillante et jolie n'arrangeait rien. En plus, elle n'était même pas si jolie que ça, après tout. Trop maigre, plate, et trop de cheveux, petites mains, teint trop pâle. Non, c'était seulement parce qu'elle était une fille, voilà. Voila. Et le stupide escalier avait interprété cela comme une menace à l'intégrité physique de la jeune femme. Ce n'était qu'un concours de circonstances malheureux, voilà. Voilà.

Le reste de la journée se poursuivit sans autre incident notable pour les 7e année. Par prudence, le professeur MacGonagall interdit strictement à tous les testeurs le vol sur balai, ce qui annula de ce fait l'entrainement de Quidditch et le reporta au lendemain, les entrainements Gryffondor et Serpentard furent donc programmés en même temps.

Dès le petit déjeuner, Sassy Harry tenait la grande forme.

Il venait à peine d'avaler son porridge et son jus de citrouille qu'il apostrophait déjà Draco qui n'avait rien demandé à personne, évitant le contact visuel des uns et des autres et s'occupant de ses affaires, à savoir, se réveiller du mieux qu'il pouvait à l'aide de son grand café noir.

« Alors Malefoy, maintenant que papa n'est plus là, tu vas définitivement reconnaître ta défaite au Quidditch ou quoi ? »

Draco ne répondit pas. Belle attaque, vraiment, à croire qu'il lisait ses pensées.

Il était en effet justement en train de se demander si il allait tenter les sélections.

« J'en étais sûr. La moindre difficulté, et monsieur se laisse abattre

– La moindre...

– Quoi ?

– Non, rien. Laisse tomber

– Exactement. Comme toujours. »

Harry vida son verre et se leva, suivi par Ginny. En passant à côté du blond, il ajouta :

« Les sélections sont cette après-midi et je serais déçu de ne pas t'y voir. Je suis même prêt à parier que tu n'oseras pas tenter .

– Et qu'est-ce que tu paries ?

– Ah, on est joueur Malefoy ? Bon, voyons, je parie... Une cuite et une semaine à jouer à Barbie reine de la mode. Hermione, qui écoutait, levait les sourcils de plus en plus haut.

– Potter je n'ai rien capté, à jouer à quoi ? Un nouveau jeu fétichiste dont j'ignorerais l'existence ? Pourtant, je croyais tous les connaitre

– Simplement que celui qui gagne doit une cuite à l'autre et a l'autorisation d'habiller le perdant avec une ou plusieurs tenues qu'il choisira durant une semaine.

– Etrange comme objet de pari Potter, tu me surprends, vraiment

– J'ai tellement hâte de te faire porter des tutus roses et des mini jupes avec porte jarretelles

– Complètement dérangé. Et si je gagne ?

– Tu me feras porter ce que tu voudras. Tant que j'ai au moins un vêtement, on est en octobre quand même.

– Marché conclu. Mais juste tenter, pas être pris dans l'équipe ?

– Juste tenter. »

Et Merde, voici que Potter venait de le manipuler bien comme il fallait. Si il ne se présentait pas, il passerait pour un dégonflé et dans le même temps perdrait le pari et devrait porter des tutus toute une semaine. Et s'il se présentait, il risquerait de se ridiculiser devant toute l'école... Ce qui arrivera sans nul doute si tu ne te présentes pas, lui souffla sa petite voix intérieure. Il semblerait qu'il n'aie plus le choix.

Hermione avait un drôle d'air lorsqu'il finit par croiser son regard. Elle ne dit rien, tentant tant bien que mal de se souvenir de la veille et de tout ce qu'elle avait pu raconter aux uns et aux autres.

Elle avait furtivement l'impression d'avoir discuté longuement avec quelqu'un, et de l'avoir copieusement insulté, mais elle ne se souvenait pas vraiment de qui il s'agissait. Peu importe après tout, si elle avait dit quoi que ce soit à quelqu'un sous l'effet de la potion, c'est qu'elle avait dû le penser. Elle se souvenait aussi de pelotage, mais ça, c'était définitivement impossible, elle ne ferait jamais une chose pareille.

Draco retourna à ses propres pensées, il en avait suffisamment avec lui-même.

Après tout, il n'avait qu'à monter sur un balai devant toute l'école et il gagnerait une cuite et le droit d'habiller Harry Potter comme il le souhaitait durant une semaine. Cela semblait un bon échange.

Ce fut donc très naturellement qu'il dépoussiéra sa tenue de Quidditch et son balai. Il remarqua assez rapidement que les gens chuchotaient sur son passage. Hermione l'accompagnait et lorsqu'il le vit, Harry hocha la tête avec approbation. Il semblait se foutre royalement que le fait de voire apparaître le blond signifiait certainement pour lui de devoir passer une semaine entière habillé de manière ridicule.

Lorsqu'ils le virent monter sur son balai pour passer les sélections avec les autres, il fut manifeste que personne n'allait le soutenir, hormis Hermione et Pansy. Au bout de quelques instants, il fut évident également que personne ne lui faciliterait la tâche, les cognards fusaient anormalement souvent autour de sa tête et il réussit à tous les éviter, à rattraper chaque vif qu'on lui lança.

Son tour d'essai était terminé, le capitaine le lui signifiait avec un « Bon, Malefoy, c'est bien, merci », lorsque un cognard envoyé dans son dos le toucha sur le côté. Il perdit dangereusement de l'altitude, et ne réussit à se redresser que de justesse, et à atterrir en catastrophe avant de se diriger vers les vestiaires en tenant de conserver la face. Le Cognard laisserait certainement un large bleu.

Harry, en le voyant rentrer dans les vestiaires, lui lança un simple : « Tu me diras pour la date du défilé de mode Malefoy. Histoire que je me prépare physiquement. Non pas que j'en aie besoin. »

Il le fixa un instant se tenir les côtes et marcha vers le terrain.

Les listes furent affichées le lendemain. Toute l'école était au courant, car la clameur provenant du coin du hall où elles avaient été placardées n'était pas très discrète.

Draco fendit la foule qui le fixait d'un air mauvais et il comprit rapidement pourquoi, sans pour autant en croire ses yeux.

Le nom de Malefoy y figurait à la place d'Attrapeur de Serpentard.

Il allait rejouer au Quidditch. Pour lui, et non pour un public partial. Parce qu'il aimait réellement sentir le vent sur son visage, l'adrénaline le parcourir alors qu'il plongeait en piqué à la poursuite d'un Vif d'or minuscule. Et parce qu'il aimait tout particulièrement plonger à la poursuite de Potter, le voir plisser le nez d'un air concentré lorsqu'il approchait du but, et même entendre ses piques sur sa manière de voler.

Oui, Draco allait à nouveau voler. Et il avait réussi cela par lui-même. Pour lui-même.

Hermione, Pansy, Théo et Blaise le rejoignirent, et la bouffée de fierté qui l'envahit alors qu'ils le congratulaient était la première depuis fort longtemps. Et Merlin ce qu'elle lui faisait du bien.