Bonjour à tous,
J'espère que l'histoire vous plaît toujours.
Aujourd'hui, on rencontre Victoire. J'avoue que pour les "personnages aléatoires", je choisis en fonction de ce dont j'ai besoin^^. Avec Ted et Victoire, nous avons le point de vue de la génération en-dessous.
S'il y a des personnages que vous voulez voir apparaître, n'hésitez pas à m'en faire part. J'en ai déjà choisi certains mais d'autres sont encore en ballotage.
A la semaine prochaine pour la suite,
Nictocris
Victoire avait l'impression de relire pour la centième fois la même lettre. L'année précédente, elle avait envoyé une candidature dans une ONG sorcière pour partir en Afrique soigner des réfugiés moldus. Au moment où elle avait décidé de postuler, elle en avait beaucoup discuté avec ses parents mais aussi avec Ted, son amoureux. Malgré leurs réticences, chacun avec leurs arguments, ils l'avaient tous soutenue. Malheureusement, elle n'avait reçu aucune réponse et avait fait d'autres projets. Elle avait fait quelques économies en travaillant plusieurs semaines dans le laboratoire d'Hermione où elle avait aussi développé ses connaissances théoriques. En septembre, elle entamerait son stage de fin d'étude de médicomage à Poudlard auprès de Madame Figuechode. Elle devait valider ses études en juin et créer son cabinet médicomage généraliste dans le centre de la France, où le manque de médecins se faisait cruellement sentir.
Ses projets actuels étaient réfléchis et judicieux. Pour accentuer son assentiment à ce programme, elle devait se fiancer avec Ted, son compagnon depuis trois ans, qu'elle connaissait depuis toujours, avec lequel elle était profondément amie et dont elle était petit à petit tombée amoureuse.
Ted était son complice, son amant, son rocher et, elle en était sûre, son avenir.
Cette lettre remettait en cause tout ce qu'elle avait envisagé.
Non, cette lettre remettait en cause l'ordre du programme. Mais elle était sûre de ses sentiments pour Ted, elle était sûre qu'il était son avenir et qu'elle vivrait avec lui les plus belles années de sa vie. Mais Victoire voulait partir en Afrique et se confronter à la dureté du monde. Ses parents et ses oncles et tantes qui avaient connu la Guerre, ou ses grands-parents qui en avaient connu deux, auraient été horrifiés de savoir qu'elle voulait éprouver les combats de près. Ce n'était pas de la curiosité malsaine mais un besoin viscéral d'endurer la cruauté des hommes.
Victoire relut la lettre une cent et unième fois avant de descendre déjeuner.
Ce matin-là, malgré la lettre, la journée s'annonçait réjouissante. Elle s'était réveillée grâce à la douce odeur du thé que sa mère avait préparé. Elle était descendue avec l'envie de manger un petit déjeuner continental. Sa mère, française et fière de l'être, avait cédé à son mari en préparant depuis vingt ans le petit déjeuner anglais tous les matins sauf les jours de fêtes où la table débordait de viennoiseries (françaises), de brioches grillées, de confitures (maison), de fruits, de yaourts et jus de fruits.
Victoire s'était assise devant un grand bol de thé et avait garni son assiette de brioches au beurre encore chaudes, ainsi que d'une tranche de pain d'épices grillé avec un peu de miel.
- Passe-moi le beurre, lui dit sa sœur en s'effondrant sur le banc à côté d'elle.
- Bonjour ma fille, dit Fleur en embrassant le front de Sophia.
Victoire rangea la lettre sous son assiette et entama son petit-déjeuner.
Fleur et Sophia se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Parfois Victoire se disait qu'elle pourrait presque confondre sa mère et sa sœur. Mais Sophia avait dans le regard une étincelle espiègle qu'elle avait héritée de son père. Même Bill, pourtant toujours sérieux et responsable, riait et encourageait souvent les facéties de ses frères.
La cuisine bruissait des bruits du matin. Bill entra et se versa un café avant d'aller embrasser ses deux filles. Fleur les avertit de l'heure de départ et partit se préparer. Sophia but son thé et engloutit deux tartines avant de sortir avec une tasse de café pleine dans la main.
- Tu la ramènes quand tu l'auras terminée, dit Bill. Sveta se plaint de tes tasses qui traînent dans tous les recoins de la maison.
- Mmmh, répondit Sophia, déjà dans le couloir.
- Parfois, je me demande si elle fait exprès de se répandre ainsi, pour qu'on ne l'oublie pas quand elle n'est pas là.
Victoire resta silencieuse à table, sirotant son thé.
- La journée va être belle, on va pouvoir en profiter. Ta grand-mère s'inquiétait qu'il fasse trop chaud et que les enfants ne puissent pas jouer dans le jardin, mais connaissant Diane, elle a déjà prévu le coup et mis une tente pour manger un peu au frais. Nous profiterons aussi de l'ombre des arbres.
Victoire leva la tête vers son père qui bavardait presque seul. Elle comprit qu'il avait vu son inquiétude, qu'il était prêt à l'écouter mais qu'il ne voulait pas qu'elle se sentît obligée de parler.
- Je pars en Afrique en septembre, coupa Victoire. J'ai reçu une lettre ce matin de l'OSARM.
Devant le regard interrogateur de Bill, elle précisa :
- L'Organisation Sorcière d'Aide aux Réfugiés Moldus, ou Aux armes, citoyens, comme oncle Ron aime bien l'appeler.
Bill sourit à la blague de son frère et demanda :
- Tu sais où tu seras ?
- Euh... non pas encore, j'ai un entretien la semaine prochaine, répondit Victoire un peu surprise par la sérénité de son père face à son annonce. Tu n'es pas fâché que je laisse tout tomber l'année prochaine ?
Bill éclata de rire :
- Ma fille, ce n'est plus à moi de te dire ce que tu dois faire ou pas. Tu as l'air de vouloir partir et c'est important pour toi, alors fais-le.
- Ted va m'en vouloir à mort ! Il n'a pas encore annoncé nos fiançailles et notre emménagement à Harry et je viens changer tout le programme !
- Crois-en ton vieux père, un programme, ça se change. Parfois, il faut faire les choses quand elles se présentent.
Victoire se leva pour enlacer son "vieux père" et monta se préparer.
