Disclaimer : Il s'agit d'une traduction de « Just One of Those Things » de « PenguinBuddy »
Les personnages appartiennent à J. K. Rowling et l'histoire à « Penguin Buddy ». Je me contente de traduire cette histoire avec l'accord de l'auteur.
Bonne lecture.
Chapitre dix : Juste une de ces choses
L… J
Hestia était assez certaine que rien dans sa vie ne l'avait autant prise par surprise que ce qui venait de se passer au cours des dix dernières secondes de sa vie.
– Quoi ? s'entendit-elle répondre, ayant du mal à croire à ce qu'elle venait d'entendre et se demandant sérieusement si elle n'avait pas mal entendu. Comment était-il possible que Lily soit amoureuse de James ? Elle l'avait détesté jusqu'au milieu de la sixième année et n'était amie avec lui que depuis le début de la septième. Ils avaient travaillé ensemble en tant que préfet et préfète-en-chef, mais quand même… un an… était-ce possible ?
Lily était silencieuse, la fixant en retour avec un mélange de culpabilité et de tristesse :
– Tu… est amoureuse de James ? demanda à nouveau Hestia, essayant d'obtenir une réponse de Lily. Réponds-moi ! ajouta-t-elle en voyant que Lily gardait le silence. Dans sa confusion, Hestia ne réalisa pas que sa voix était plus tranchante qu'elle ne l'avait voulu.
– Je suis tellement désolée, murmura Lily dans un sanglot.
Hestia eut l'impression que Lily venait de la gifler :
– « Désolée », c'est tout ce que tu as à dire ?
Alice s'éclaircit la gorge, faisant sursauter Hestia qui avait oublié qu'elle était toujours présente :
– Peut-être que l'on pourrait entrer… au moins, suggéra Alice, essayant clairement d'éviter uns scène de ménage sur son palier.
– Il n'y a rien à dire, répondit Lily en secouant tristement la tête.
– Rien à dire ? répéta Hestia incrédule.
Selon elle, il y avait pas mal de choses à dire. Elle voulait des explications, pour l'amour de Merlin.
– Je n'ai pas voulu que ça arrive. C'est… c'est juste une de ces choses.
– Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? interrogea Hestia, sentant des larmes perler au coin de ses yeux. Tu es amoureuse de mon petit-ami. Comment je suis censée réagir à quelque chose comme ça, Lily ?
– Honnêtement, je ne sais pas, lui répondit Lily. Mais je ne peux pas rester ici.
Et sur ces mots, elle tourna les talons et transplana.
Hestia fixa l'endroit d'où Lily avait disparu, son esprit essayant de comprendre et d'analyser ce qui venait de se passer.
– Alice… que dois-je faire ?
– Lily est ton amie, répondit gentiment Alice, tu ne crois pas qu'elle aurait fait taire ses sentiments si elle avait pu ? Elle a… Je suis sûre qu'elle a essayé de lutter contre ses sentiments pour lui. Pourquoi crois-tu qu'elle était là ? De toute évidence, elle est bouleversée par la situation.
Hestia resta silencieuse un moment, réfléchissant aux paroles d'Alice.
– Attends…
Alice ne venait-elle pas de dire que Lily avait « essayé » ?
– Tu étais au courant qu'il lui plaisait ! accusa Hestia, son esprit s'emballant en cherchant quels autres secrets ses amies avaient pu lui cacher. Tu le savais, et tu ne m'as rien dit ?
Toute couleur déserta le visage d'Alice quand elle se retrouva sur le devant de la scène :
– Ce n'était pas à moi d'en parler à quiconque ! Je l'ai découvert toute seule Lily ne m'en a pas parlé. Hestia… ce n'est pas facile pour elle. Elle ne veut blesser personne.
Hestia mordit sa lèvre inférieure tout en prenant ces éléments en considération :
– Je suppose… je suppose que je devrai retourner à notre appartement et parler discuter de tout ça avec Lily. J'ai été un peu rude avec elle. Mais j'ai juste été totalement dépassée.
Tant de choses prenaient sens maintenant… à commencer par la réaction de Lily quand elle lui avait avoué ses sentiments pour James. Il y avait aussi sa réticence à l'idée d'un double rendez-vous, et son enthousiasme limité à l'idée d'elle et James en couple.
Pauvre Lily, pensa-t-elle tristement en se disant qu'il devait être difficile d'être amoureuse de quelqu'un qui ne vous aime pas en retour et avec qui l'on ne pourra jamais être.
L… J
Le cerveau de Lily palpitait tandis qu'elle attrapait une tasse dans le placard au-dessus de l'évier. Elle alluma le poêle d'un coup de baguette et plaça une bouilloire sur la flamme. S'asseyant lentement sur une chaise, elle posa sa tête lasse entre ses bras croisés sur la petite table circulaire qui se trouvait dans l'angle de la petite cuisine.
Un coup sec à la porte fit brutalement émerger Lily de son moment de paix. Hestia serait tout simplement entrée en utilisant sa propre clef, ce n'était donc pas elle. Elle devait encore être en train de parler à Alice. Dieu savait qu'elles avaient beaucoup de choses dont elles devaient discuter.
Une pensée frappa alors Lily. Hestia n'était-elle pas censée être sortie avec James ? Pourquoi se trouvait-elle chez Alice ?
Se sentant trop fatiguée émotionnellement pour discuter avec qui que ce soit pour le moment, Lily choisit d'ignorer la personne à la porte et entreprit de finir de se préparer sa tasse de thé. Après ça, elle irait se recroqueviller sur le canapé et lire l'un de ses livres qu'elle venait d'acheter dans un magasin moldu en bas de la rue.
Un coup retentit à nouveau, plus insistant cette fois, suivi par une voix masculine.
– Lily ! Je sais que tu es là !
James.
Il n'aurait pas pu se montrer à un plus mauvais moment. Et ce qui était pire encore, elle ne pouvait prétendre ne pas être chez elle. En tant que fils d'auror, James connaissait des sorts capables de détecter la présence des sorcières et sorciers et de leur magie. Elle l'avait vu utiliser de tels sorts durant leurs missions pour l'ordre.
– Ouvre seulement la porte, Lily !
Lily se leva de sa chaise en soupirant et se dirigea vers la porte d'entrée. Quand elle ouvrit, il était debout face à elle, baguette levée et marmonnait quelque chose d'incompréhensible.
– Que veux-tu, James ? demanda-t-elle avec lassitude. Cela lui faisait mal au cœur chaque fois qu'elle le voyait, sachant qu'elle avait rompu les liens romantiques qui les unissaient, et qu'après ce qui venait de se passer avec Hestia, elle n'était pas sûre de pouvoir supporter davantage de drama.
– J'ai besoin de te parler, affirma-t-il d'un ton extrêmement sérieux avant d'entrer dans l'appartement sans attendre d'y être invité.
« Ça ne peut pas attendre, ajouta-t-il en voyant le regard qu'elle lui lança.
– Je viens de mettre la bouilloire à chauffer, concéda-t-elle en ouvrant le chemin vers la cuisine.
Posant une tasse face à James, elle la remplit d'eau chaude et y ajouta un sachet de thé.
Elle joua un moment sa cuillère et son propre sachet de thé, avant que James prenne la parole :
– Pourquoi ne m'as-tu pas dit plus tôt quels étaient les sentiments de Hestia pour moi ?
Lily faillit lâcher sa cuillère sous la surprise :
– Elle t'en a parlé, alors ? demanda-t-elle prudemment en sortant sa cuillère de son thé après l'avoir délicatement tapoté sur le bord de la tasse.
– Oui, répondit simplement James en fixant sa propre cuillère plutôt que son interlocutrice.
« Juste après que je lui ai dit que je voulais mettre fin a nos fiançailles.
Cette fois, Lily laissa tomber sa cuillère. Celle-ci tinta sur la table en bois où Lily la laissa rester là ou elle venait de tomber :
– Tu as fait quoi ?
– Je suis sorti avec Hestia aujourd'hui avec l'intention de lui expliquer que je voulais être libéré de notre engagement. Je comptais être aussi gentil que possible, mais… Hé bien, la conversation n'a pas vraiment démarré comme je l'avais prévu, et j'ai fini par le lui dire en pleine dispute.
– Je… commença Lily, des milliers et des milliers de pensées se bousculant dans sa tête plus rapidement qu'elle ne pouvait les suivre.
James leva le visage, son regard venant croiser le sien, ses yeux noisette brûlant d'une flamme intense :
– Je sais que tu as menti quand tu as prétendu que tu ne voulais plus de moi.
Le cœur battant à toute allure, Lily tenta de protester, mais il l'en empêcha :
« Tu essayais juste d'être une bonne amie parce que tu savais que Hestia avait des sentiments pour moi. Mais Lily… elle et moi ne pourrions jamais être heureux ensembles. Il faut deux personnes pour qu'une relation fonctionne.
– Comment peux-tu savoir que tu ne pourrais jamais être heureux avec Hestia ? le défia Lily. Tu es ami avec elle n'est-ce pas ?
– Je ne peux pas me forcer à être amoureux d'elle ! Crois-le ou non, Lily, j'ai essayé. Je ne veux pas la voir malheureuse. Je veux qu'elle épouse quelqu'un qu'elle aime et avec qui elle puisse avoir une belle vie.
– Alors épouse-la ! cria Lily, des larmes commençant à perler au coin des yeux. Elle t'aime, et se marier avec toi est ce qui la rendra heureuse !
James se pencha légèrement vers l'avant, un air déterminé plaqué sur le visage ;
– Tu ne comprends pas ! Le simple fait qu'elle soit amoureuse de moi ne veut pas dire qu'elle sera heureuse ! Épouser quelqu'un qui ne vous aime pas en retour n'est pas vraiment le meilleur moyen d'atteindre le bonheur.
– Tu pourrais tomber amoureux d'elle au fil du temps. Cela arrive tout le temps, ailleurs dans le monde.
– Je ne peux pas épouser Hestia alors que je suis amoureux de toi ! cria James.
Il y eut un silence tendu. James réalisa ce qu'il venait de dire et Lily se rassit sous le choc. Il était amoureux d'elle ? Vraiment amoureux d'elle ? Ou bien cet amour pour elle était seulement une façon de sortir de son mariage imminent ?
Lily ne savait quoi répondre à sa confession. Son cœur avait rêvé d'entendre ces mots de la part de James s'adressant à elle, mais en même temps, son esprit lui disait que c'était mal. Il était supposé se rapprocher de Hestia, pas d'elle. Après tout, c'était Hestia celle avec qui il passerait le reste de sa vie. Avoir des sentiments pour elle ne ferait que rendre son mariage malheureux pour lui comme pour Hestia.
– James, es-tu… se décida-t-elle finalement à demander, mais il refusa de la laisser finir.
– Oui, je voulais bien dire ce que j'ai dit.
Il prit sa main et la pressa doucement pour la rassurer.
« Je veux annuler mon engagement vis-à-vis de Hestia parce que je suis amoureux de toi. La simple idée de passer ma vie avec une autre personne me donne l'impression que je vais être emprisonné pour le restant de mes jours.
– Merci James. Je suis vraiment heureuse de savoir que tu places à égalité le fait de m'épouser et celui d'aller à Azkaban.
Depuis toutes les années que Lily connaissait Hestia, elle ne l'avait jamais vue ainsi, et bien qu'elle ne soit pas facilement intimidée, durant un instant, elle eut peur de son amie.
– Écoute, Hestia… commença James d'une voix calme. Je crois que nous devrions tous les trois nous asseoir et parler de tout ça.
– Qu'y a-t-il à dire ? Il semblerait que vous en parliez tous les deux déjà très bien sans moi, répondit Hestia en essayant d'être cinglante malgré les tremblements dans sa voix.
Lily pouvait voir que Hestia tentait de paraître brave, mais aussi qu'elle était au bord des larmes.
James serra la mâchoire et tenta de la raisonner à nouveau, mais Hestia le coupa simplement :
– On sort ensemble tu te souviens! cracha Hestia, clignant furieusement des yeux. Même si tu n'as pas été physiquement infidèle, tu l'as été émotionnellement. Et je crois que c'est tout aussi grave !
Elle fit demi-tour et quitta la pièce comme une tempête. Quelques secondes plus tard, Lily entendit la porte claquer et grimaça :
– Ça ne s'est pas bien passé, soupira-t-elle avec dans un profond soupir tout en se frottant les tempes.
– Je crois que c'est un euphémisme, commenta James d'une voix impassible.
Ils restèrent tous deux assis en silence un moment avant que James se lève :
– Je devrais y aller. Je… On en reparlera plus tard. Quand elle se sera un peu calmée.
Lily acquiesça et se leva également.
« Je connais le chemin de la sortie, lui dit-il. Merci pour le thé.
Se penchant vers elle, il déposa un léger baiser sur son front. Aussitôt après, il partit.
Et malgré le qu'elle ait encore le sang qui battait à ses tempes et qu'elle soit plus remplie d'appréhension à l'idée de faire face à Hestia le lendemain matin, son cœur brûlait au souvenir du baiser et elle souriait malgré elle.
L… J
Lily se réveilla fatiguée après une nuit de sommeil agitée. Elle n'avait pas réussi à fermer l'œil avant que l'aube ne pointe, et avant même qu'elle en ait eu conscience, le moment était venu de se lever.
Déambulant dans la cuisine, elle eut la surprise de voir que Hestia s'y trouvait déjà, assise à la table ronde avec une tasse de thé en main. Lily s'attendait pourtant à ce que Hestia tente de l'éviter après ce qui c'était passé la nuit précédente.
Les deux filles se dévisagèrent mutuellement jusqu'à ce que Hestia brise le silence :
– Comment as-tu pu ? accusa-t-elle. Notre amitié ne signifie-t-elle donc rien pour toi ?
Lily ignora à dessein la question de Hestia et se prépara une tasse de thé.
« Pourquoi lui ? interrogea à nouveau Hestia, sa voix montant d'un ton. Parmi toutes les personnes au monde, il a fallu que tu le choisisses lui.
Lily frissonna sous la violence des mots de Hestia. Comment osait-elle l'accuser d'être tombée amoureuse ? Ce n'est pas comme si elle avait délibérément choisi de séparer James de sa meilleure amie. Elle n'aurait jamais fait ça !
– Tu ne crois pas que si j'avais pu en choisir un autre, je l'aurais fait ? hurla Lily en retour, la colère la submergeant devant les accusations de vol de petit ami proférées par celle qui était sa meilleure amie depuis sept ans.
– Mais bien sûr, ça crève les yeux, ricana Hestia. J'aurais dû le voir plus tôt, la façon dont tu agissais quand il était là, la manière que tu avais de le regarder…
– Tu vois des choses qui n'existent pas Hestia ! Je n'agis pas différemment avec James ou avec Remus, Sirius ou Peter. C'est seulement mon ami !
– Mais tu aimerais qu'il soit plus que ça n'est-ce pas ?
Lily ouvrit la bouche pour la contredire, avant de se rendre compte qu'elle ne pouvait pas. Elle avait passé toute la septième année à Poudlard à nier ses sentiments pour James aussi bien face aux autres qu'envers elle-même, et elle ne pouvait plus continuer ainsi. Nier des sentiments aussi profonds lui était devenu trop douloureux.
Hestia hocha laconiquement la tête, comme si elle s'était attendu à cette réponse :
– Tu n'as eu qu'à le choisir.
– Tu agis comme si j'avais décidé ça contre toi ! cria Lily, en colère contre son amie. Je n'ai pas tenté de tomber amoureuse de James, c'est seulement arrivé. C'est juste une de ces choses dans la vie, Hestia ! Crois-tu vraiment que nous en serions là si j'avais eu le choix ? Je n'ai jamais voulu te blesser !
– Hé bien pourtant tu l'as fait.
Lily essuya une larme sur sa joue :
– Tu ne comprends pas ? Il est à toi ! Tu crois que je ne le sais pas depuis le temps ? Devine quoi ? Je suis au courant ! J'ai dû vous regarder sortir ensemble tous les deux, et j'ai été forcée à faire un double rendez-vous avec vous. Comment crois-tu que j'ai pu me sentir avec ça ? Tu crois que j'ai apprécié ça ?
Hestia hocha lentement la tête, avant de pousser un grand soupir :
– Mais pourquoi lui ? Pourquoi James ?
Lily laissa échapper un éclat d'un rire sans joie ;
– Tu ne choisis de qui il s'agit pas quand tu tombes amoureuse ! Ça s'est fait, c'est tout. Il est génial… il me fait rire et me sentir utile. Il est là quand j'ai besoin de quelqu'un. Parler avec lui est incroyablement facile. Le simple fait d'être près de lui… Il me donne l'impression d'être en sécurité.
Hestia garda le silence un moment avant de reprendre la parole :
– Je… Je suis désolé Lily. Je crois… Ma mère m'a toujours assurée qu'un jour viendrait ou je viendrais à être amoureuse de James même si nous ne nous mariions pas par amour… Je n'y ai jamais cru, et pendant un temps, je me suis opposé à ce contrat de mariage. Mais ensuite c'est devenu trop dur de me disputer constamment avec mes parents à propos de quelque chose que je savais ne jamais pouvoir changer. Alors j'ai cédé et décidé d'accepter le choses telles qu'elles étaient.
« Plus tard, quand j'ai commencé à avoir des sentiments pour lui, j'ai pensé que peut-être, mes parents avaient eu raison. Si je tombais amoureuse de James, peut être que lui aussi tomberait amoureux de moi. Peut-être que tout irait bien… Mais rien de bon n'est sorti de ce contrat. Seulement des peines de cœur.
– Je suis désolée, s'excusa Lily en s'avançant vers son amie pour la prendre dans ses bras.
– Ne le sois pas, lui répondit Hestia en entourant Lily de ses bras en retour. J'ai surréagi. Je comprends que tu n'essaies pas de me voler James. Le fait qu'il soit amoureux de toi… Je sais que tu ne l'as pas cherché.
Lily se recula et tout en observant son amie, elle se demanda à quel point ce qu'elle venait de dire était juste :
– Merci.
L… J
James était assis dans le salon en train de lire un livre sur la théorie défensive quand il entendit la voix de sa mère en provenance du hall d'entrée :
– Charles, il faut que l'on parle.
– J'ai beaucoup de travail à terminer Dorea, répondit son père d'une voix dédaigneuse. Un autre moment serait sans doute plus approprié.
– C'est important, insista sa mère, dont James sentait la confiance commencer à vaciller.
– Mon travail l'est également.
Des pas se firent entendre dans l'escalier et James serra sa mâchoire sous le coup de la colère. Son père avait toujours fait passer le travail avant le reste et voilà ou ça l'avait mené. Il avait une grande maison et plus d'argent qu'il n'en voudrait jamais, mais il lui manquait l'amour de sa famille. Il avait choisi le ministère plutôt que James et sa mère, et voilà le résultat.
– C'est à propos de James !
Les pas s'arrêtèrent.
– Qu'y a-t-il à son sujet ?
– Ce n'est pas l'endroit. Pourrions-nous aller nous asseoir dans la véranda pour en parler ?
– Tu peux m'en parler ici comme n'importe ou.
James attendit avec impatience
– C'est au sujet du contrat de fiançailles de James avec Hestia… Ne crois-tu pas… Ne penses-tu pas qu'ils devraient avoir tous les deux le droit de…
– Non, laissa échapper son père d'une voix froide et forte. Et c'est mon dernier mot.
– Mais…
– J'ai dit non.
Les pas reprirent.
Jetant son livre sur le sofa, James jaillit hors du salon, envahi par une colère noire envers l'homme qui causait tant de malheurs.
Sa mère se retourna pour le dévisager, des larmes luisant au coin des yeux.
– Je suis désolée James, lui dit-elle doucement en essayant de garder une contenance.
Autoriser ses larmes à couler serait admettre sa tristesse. James aurait voulu que ces larmes coulent à la vue de tous. Afin que tous puissent savoir ce qu'un mariage de convenance avait fait à une femme aussi douce et généreuse.
– Ne le sois pas, lui dit-il, entourant sa mère de ses bras pour la serrer contre lui. Je suis désolé de t'avoir mise dans cette situation. C'était à moi de lui parler.
Dorea secoua la tête ;
– Non c'était à moi de le faire. Tu es mon fils, et ton bonheur est ma priorité. Je n'aurais jamais dû lui permettre d'arranger ce mariage en premier lieu. J'aurais pu l'en empêcher, et il m'écouterait davantage aujourd'hui. Je suis tellement désolé de t'avoir mis dans cette situation, James.
– Je vais parler avec lui, annonça James, se sentant pris d'un nouvel élan. N'essaie pas de m'en empêcher, je vais l'obliger à m'écouter.
Relâchant sa mère, il grimpa les escaliers. Une fois arrivé à l'étage, il prit à droite et suivit le large couloir. Devant le bureau de son père, il frappa un coup sec à la lourde porte de bois.
– Entrez, ordonna aussitôt la voix de son père.
Quand James pénétra dans la pièce, son père se tenait près de la fenêtre, observant la Glace à l'Ennemi accrochée au mur.
– Je n'aurais jamais pensé voir un jour le visage de mon fils en regardant la-dedans, fit Charles en désignant la Glace. Pourtant t'y voilà.
James ignora les paroles de son père, sachant que celui-ci souhaitait juste le culpabiliser. Cela ne marcherait pas :
– Il faut que je parle avec toi de mes fiançailles avec Hestia.
– Je vais te répondre la même chose qu'à ta mère. La réponse est non. La voix de Charles était dure. J'en ai assez de ces absurdités. Je croyais avoir mis les choses au clair quand tu étais encore à l'école, mais il semblerait que j'ai eu tort.
– Ce ne sont pas des absurdités ! protesta James en essayant de garder son calme. Je veux seulement faire mes propres choix dans la vie. Je veux épouser quelqu'un que j'aime.
« Toi, aimes-tu mère ? demanda-t-il brutalement en verrouillant son regard dans celui de son père.
Charles se raidit et se dressa de toute sa hauteur :
– Cette conversation est totalement inappropriée, et je ne resterais pas assis à me faire interroger de cette manière par mon propre fils.
– Ce n'est pas le cas, accusa James. Tu ne l'aimes pas ! Et moi, je ne suis pas amoureux de Hestia, et ne veux pas passer le reste de ma vie enchaîné à elle !
– Je ne suis pas enchaîné à ta mère, James. Je ne regrette pas d'avoir suivi la volonté de mes parents quand je l'ai épousée. Elle m'a donné un fils — toi, et je t'aime, James. Je ne veux que ce qui est le mieux pour toi.
– Ce qui est le mieux pour moi ? explosa James, écrasant son poing sur le bureau sous le coup de la rage. Qu'y a-t-il de mieux pour moi que d'épouser quelqu'un dont je puisse être amoureux !
– Tu apprendras à aimer Hestia. Oublie Lily, James.
– Non ! Je ne veux pas apprendre à aimer Hestia, et je ne veux sûrement pas oublier Lily.
Les yeux acier de Charles ne souffraient d'aucune contestation possible ;
– Tu n'as pas le choix James. La discussion est terminée.
Voyant son père esquisser un mouvement vers la sortie, James se déplaça en travers de la porte, barrant le chemin. Sortant sa baguette de la poche de sa robe, il la pointa vers son père.
– Maintenant tu vas m'écouter James… commença Charles mais James lui coupa la parole.
– Non, toi tu m'écoutes ! hurla James en se sentant gagner par le désespoir. Je suis amoureux de Lily !
Un silence brutal tomba dans la pièce après ces derniers mots. Charles sonda le regard de son fils à la recherche de la vérité, attendant de voir si James retirait ses dernières paroles.
Prenant une grande inspiration, James pointa sa baguette vers sa propre poitrine :
– Si tu me forces à épouser Hestia, je te jure que je me tue.
L… J
Un rai de lumière blafarde pénétra la pièce, se glissant à travers les paupières de James et le sortant de son sommeil.
Se redressant lentement, James réalisa qu'il était couché dans son lit à baldaquins, toujours vêtu de ses robes. Ses lunettes proprement pliées sur sa table de nuit.
– Maître James est-il réveillé maintenant ? demanda une voix haut-perchée depuis la porte de sa chambre.
Dingle se tenait dans l'embrasure, tenant en équilibre un plateau contenant un petit déjeuner constitué de bacon croustillant, de pain légèrement grillé et d'un grand verre de jus d'orange.
– Comment suis-je arrivé là ? demanda James en quittant son lit et en traversant son immense chambre.
– Maître Charles ne voulait pas le faire, monsieur. Mais vous l'avez forcé. Vous avez menacé de vous tuer, alors maître Charles a dû le faire, monsieur.
Bien sûr. James réalisa qu'il avait été stupide de penser que son père ne pouvait l'empêcher de faire quoi que ce soit d'imprudent. Charles Potter n'était pas l'un des meilleurs aurors du ministère pour rien.
James tendit la main pour attraper sa baguette, mais il trouva sa poche vide à l'exception d'un vieil emballage de chocogrenouille et de quelques noix.
– Où est ma baguette ?
– Maître Charles l'a emportée quand il vous a ramené ici, monsieur. Il a dit qu'il n'était pas sûr pour vous de l'avoir, il l'a gardée.
James poussa un juron et donna un coup de pied dans la commode.
« Maîtresse Dorea vous envoie le petit déjeuner, monsieur, ajouta Dingle d'un ton serviable.
– Je n'ai pas faim, répondit James d'une voix atone.
– Mais maître James doit manger ! couina l'elfe de maison. Il le faut, monsieur !
– Je n'ai pas à faire quoi que ce soit, répondit sobrement James en traversant la pièce à grands pas pour venir s'asseoir à son bureau. Il croisa les bras dans un geste défensif.
Dingle secoua la tête, ses grandes oreilles de chauve-souris battant tristement :
– Maître Charles ne va pas aimer ça. Non, non. Vraiment pas du tout.
– Bien, rétorqua amèrement James.
À l'instant ou Dingle quitta la pièce, James se précipita vers la porte et tenta de l'ouvrir. Il retint un hoquet de surprise quand un choc électrique le traversa, il relâcha la poignée aussitôt.
Courant vers la fenêtre ouverte, il ouvrit les volets, attrapa un livre dans sa bibliothèque et le lança par l'ouverture de toutes ses forces. Le livre rebondit contre une barrière invisible et revint dans la pièce ou il tomba au sol.
L… J
Lily ouvrit la porte de son appartement pour trouver Mrs. Potter debout dans le hall de l'immeuble. Elle était dans un état lamentable. Ses yeux étaient humides et bouffis, et ses cheveux habituellement impeccables étaient décoiffés et sortaient de son chignon serré.
– Mrs Potter ! Entrez ! l'invita Lily, se demandant ce que l'autre femme pouvait bien faire dans un état pareil.
Dorea secoua la tête avec impatience :
– J'ai besoin que vous veniez avec moi, annonça-t-elle d'un ton qui ne laissait aucune place à la discussion.
– Qu'y a-t-il ? Tout le monde va bien ?
– C'est James.
– Il est blessé ? demanda frénétiquement Lily dont le cœur commençait à s'emballer à cette simple idée.
– Pas physiquement, mais il faut que vous lui parliez. Faites lui entendre raison !
La voix de Mrs. Potter était désespérée :
« Il menace de se tuer.
L… J
James était assis au milieu de son lit, feuilletant un album photo rempli de souvenirs de Poudlard quand la voix de Lily le fit sortir de ses pensées nostalgiques.
– James Potter ! Par le nom de Merlin ! Qu'est-ce qui se passe ici ? s'exclama-t-elle, les mains posées sur les hanches en observant sa chambre.
La chambre de James ressemblait à une zone sinistrée. Il y avait des morceaux d'objets brisés et des plumes provenant d'un oreiller éventré partout dans la pièce. De l'encre s'écoulait d'un encrier brisé.
Ignorant sa réaction à la vue des objets brisés qui jonchaient le sol, il jeta son album a coté de lui et se précipita hors de son lit. Se dirigeant rapidement vers elle, il la prit dans ses bras, enfouissant son visage dans ses cheveux.
S'écartant finalement d'elle, il la contempla, apaisé par sa simple présence.
– Que fais-tu là ? demanda-t-il en regardant derrière elle pour ne seulement voir que la porte fermée.
– Ta mère est venue à l'appartement et m'a demandé de venir te faire entendre raison, expliqua Lily. Elle m'a dit que tu avais menacé de te tuer.
James baissa le regard vers ses pieds et acquiesça. Avec le recul, il admettait que les mots avaient été un peu durs, mais il n'était pas sûr qu'il agirait autrement s'il en avait l'opportunité. En revanche, il regrettait réellement d'avoir causé tant d'inquiétude à sa mère.
« Pourquoi, James ? implora Lily, ses yeux verts remplis d'une émotion qu'il ne parvenait pas à identifier.
Il releva la tête, croisant son regard.
– J'ai dit à mon père que je me tuerais s'il me forçait à épouser Hestia.
Lily le serra dans son étreinte et pressa son visage contre sa poitrine. James constata encore une fois, a quel point elle avait sa place dans ses bras.
– James, ça ne mérite pas de gâcher ta vie.
– Je t'aime, Lily. Je refuse de vivre une vie sans toi.
Lily déglutit difficilement, essayant visiblement de retenir ses larmes :
– James, tu ne devrais pas dire des choses pareilles.
– Non, je devrais pouvoir dire les choses que je veux dire à la femme que j'aime. De plus, tu veux m'entendre te les dire, murmura James à son oreille.
Il savait que Lily avait raison, qu'il ne devrait pas dire de telles choses à une femme qui n'était décidément pas sa fiancée. Mais James savait aussi qu'à cet instant, il s'en fichait. Il aimait Lily, et rien d'autre ne comptait.
Lily s'écarta tout en le tenant toujours de ses bras tendus.
– James… si tu dois épouser Hestia…
– Non ! la coupa James, peu désireux d'entendre ce qu'il savait qu'elle s'apprêtait à dire.
– Arrête ça ! cria Lily en s'écartant de lui et en le lâchant complètement. Chaque fois que tu dis ça, je me prends à espérer que peut-être nous pourrons être ensemble. Mais tu sais quoi ? La vie n'est pas un conte de fées, et tout le monde ne vit pas heureux pour le reste de ses jours ! Il y a de fortes probabilités que nous ne puissions jamais être ensemble, et tu dois l'accepter !
– Je ne veux pas l'accepter ! cria James en retour, ses sourcils frémissant de colère.
– Et tu crois que moi j'en ai envie ?
– Tu n'as pas l'air de trop mal t'en tirer, persifla-t-il en croisant les bras. Je croyais que tu étais une battante, pas quelqu'un qui se laisse bousculer par les autres et les laisse choisir à sa place. Tu es prête à accepter mon mariage avec Hestia. On pourrait se demander si tu veux réellement être avec moi, ou si tu aimes juste jouer avec moi et ruiner la vie des autres.
Lily garda le silence un moment tout en le fixant, ses yeux émeraude qui flamboyaient de fureur. Quand elle parla, sa voix était calme, mais la colère bouillonnait sous la surface.
– Tu es le pire imbécile que j'ai jamais rencontré James Potter. Si c'est ce que tu penses de moi, alors tu ne me connais absolument pas.
James regarda Lily tourner rapidement les talons et se diriger vers la sortie. Elle ouvrit la porte, s'arrêta pour lui jeter un dernier regard, et quitta la pièce en claquant violemment la porte derrière elle.
L… J
Et voilà le dixième chapitre!
Encore deux ainsi que l'épilogue et cette histoire sera terminée.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
Siloe
