Bonjour, bonjour !
Me revoilà déjà ! J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue.
Bref, aujourd'hui, je vous offre le 11ème chapitre de cette histoire. J'espère que vous l'aimerai ! Si c'est le cas, un petit commentaire est toujours apprécié !
PS: Je vous rappel qu'il y a des scènes de plus en plus explicites coté érotisme. Pour un public averti...
Cela dit... Alors lançons-nous tout de suite !
Bonne Lecture
Lilas
Chapitre 11
Premier rencard
Étendue sur le dos, les yeux rivés au plafond, je repensai à ma soirée et surtout au baiser que j'avais échangé avec Jacob… Les battements de mon cœur s'accélérèrent considérablement en me remémorant la sensation que j'avais ressentie au creux de mon ventre lorsque notre baiser avait franchi la ligne de la chasteté pour devenir passionnel et complètement… fou. J'avais peine à croire que… j'avais été capable de me « dévergonder » de la sorte, dans l'excitation du moment. Lui mordre (délicatement, s'entendre) la lèvre inférieure… Ce petit geste, que j'avais déjà pu voir dans des films à la télévision, avait eu un véritable effet sur lui, mais aussi sur moi. Je m'étais sentie tellement en confiance de moi-même, tellement séductrice, tellement… désirée… Et ses lèvres chaudes, brulantes, sur les miennes…
Rapidement, mon cerveau bifurqua sur le chemin de l'excitation et je commençai à les imaginer partout sur moi, sur mon cou, mon épaule, sur ma poitrine, sur… mon sexe.
J'essayai d'imaginer la sensation et le plaisir que cela procurait de sentir sa bouche, sa langue, caresser mon intimité. Instantanément, ma respiration se hacha. Un sourire facétieux ourla mes lèvres et je déglutis en songeant à toute cette tension sexuelle accumulée dans mon corps…
Succombant à mes envies, je m'étirai et éteignis. Puis, je me débarrassai de mon jean en me tortillant dans mon lit, pour finir en petite culotte. Courbant le dos, je défis ensuite l'agrafe de mon soutien-gorge et le lançai au sol. Suite à cela, je me glissai sous les couvertures et je m'installai confortablement sur le dos.
Puis, cela fait, je laissai le silence s'installer dans la pièce et j'écoutai attentivement, tous bruits, afin d'être certaine de ma solitude. Je n'avais clairement pas envie de me faire surprendre par ma petite-cousine en pleine séance de masturbation.
Assurée d'être seule, car aucun bruit ne me venait à l'oreille, je fermai les yeux et glissai une main sous les draps. Me faufilant sous le tissu de mon sous-vêtement, je me dirigeai avec légèreté vers mon sexe brulant. Nul besoin de nier, j'étais déjà très excitée…
Puis, d'un geste délicat, je commençai à me caresser en prenant soin de m'attarder à un certain bouton de chair…
Le plaisir grimpa précipitamment en moi, lorsque je commençai à m'imaginer Jacob et moi, nous embrassant ardemment, lui, sur moi, son bassin collé au mien, lui glissant une main sur ma poitrine, jouant avec mes mamelons, les faisant durcir sous la pulpe de ses doigts.
Inévitablement, mes mains s'accordèrent à ma pensée et je me mis à me caresser un sein de ma main libre.
Ensuite, je commençai à m'imaginer de qui pouvait avoir l'air le corps de Jacob nu… Musclé, parfaitement dessiné…
Des images de lui retirant son short beige, celui que je l'avais vu porter lors de notre première rencontre, me vinrent ensuite à l'esprit…
Les joues brulantes, la respiration haletante, j'enfonçai également mes dents dans ma lèvre inférieure en songeant au nous faisant l'amour, avec passion. Mes doigts accélérèrent la cadence autour du point le plus sensible de mon anatomie et les caresses furent plus intenses.
L'amalgame de toutes ses simulations finit par avoir raison de moi et je fus foudroyé par un orgasme. Bloquant ma respiration pour éviter de râler, je me laissai aller à ma jouissance et profitai de chaque millième de seconde de pur plaisir.
Lorsque l'onde fut passée, je me remis à respirer normalement, laissant le temps à mon corps, de savourer cette sensation de flottement. Libéré de cette tension sexuelle, je me mis à penser.
Ouvrant grand les yeux que j'avais fermés plutôt, je me mis à sourire, me disant que ce jeune homme avait sur moi un énorme effet. Ça faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé, d'ailleurs… Jacob attisait en moi le feu de la passion ! J'étais irrémédiablement attirée par lui, par son sourire charmeur, sa voix suave et enveloppante, ses yeux d'une incroyable profondeur, par son corps parfait et par la chaleur ridiculement intense qui émanait de lui (détail qui m'avait intrigué dès que j'avais posé ma main sur la sienne un peu plus tôt dans la journée. Et puis, quand il m'avait embrassé, je l'avais aussi senti, mais il n'y avait pas que ça… lorsqu'il avait été à moins de quelques pouces de moi, lors du visionnement du film, par exemple, j'avais perçu une douce chaleur, m'envelopper, mais j'avais cru que c'était mon énervement qui créait, en moi des chaleurs. Pourtant, maintenant que j'y pensais, chaque fois, que j'avais été très près de lui ou que nous nous étions touchés, j'avais pu ressentir cette même chaleur… Un peu comme lorsqu'on approchait nos mains d'une tasse de café fumante. Détail un peu étrange, mais, sans plus… Jacob était « chaud bouillant » dans tous les sens du terme.
En m'asseyant dans mon lit, je passai une main dans mes cheveux et je soupirais. Ce garçon me rendait dingue ! Il hantait littéralement toutes mes pensées depuis notre rencontre quelques jours plus tôt.
J'avais encore peine à croire qu'il m'avait même invité à un rendez-vous ! Une première pour moi ! Oui, j'avais fréquenté des garçons au lycée, mais jamais ils ne m'avaient invité à un dîner officiel au restaurant. Et puis, ce n'était pas comme si j'avais fréquenté beaucoup de garçons, amoureusement parlant… Des soirées au coin d'un feu, quelques baisers (mais, jamais aussi passionnel que celui que j'avais échangé avec Jacob, plus tôt), des « sortis » en redonnées ou des après-midi surf, mais aucune invitation pour un dîner romantique.
-O-O-O-
En ouvrant les yeux deux minutes avant que mon réveille-matin ne sonne, je sentis un sourire étirer mes lèvres et je soupirai de bonheur, malgré le fait que j'avais très mal dormi. J'avais si hâte au lendemain ! Jeudi me semblait être si loin encore…
Lorsque mon réveil m'alarma, que je dusse me préparer pour cette journée, je sautai en bas de mon lit. Je commençai par une bonne douche chaude, ensuite le choix de ma tenue, le maquillage, la coiffure, etc.
-O-O-O-
Vers 8 heures, une fois arrivée au lycée de la réserve, je croisai l'une des enseignantes avec qui j'avais fait « ami-ami », Roanne Price, sur l'aire de stationnement. Roanne avait 26 ans, elle enseignait l'anglais et elle était originaire de la réserve Quileute. Sa classe et la mienne étaient voisines et lors des pauses nous sortions notre local pour discuter en attendant l'entrée du prochain groupe d'élèves. Je savais d'elle qu'elle était en couple avec son premier amour, un certain Caleb, qu'ils avaient acheté une maison ensemble il y a un an, qu'ils avaient un chien (un berger allemand) nommé Phoenix et qu'elle adorait lire, faire de la photographie et « potiner » avec les autres enseignantes de l'école.
En me voyant presque sautiller de bonheur dans sa direction, elle haussa un sourcil parfaitement épilé en me regardant des pieds à la tête. Rapidement, je baissai les yeux vers ma tenue, afin de vérifier que je n'avais pas oublié d'enfiler un morceau de vêtement, mais non. En relevant les yeux, je fus déjà planté devant elle.
– Bonjour, Erin… Tu es bien enthousiaste ce matin ? Dis-moi que ce n'est pas ton stage de formation qui t'excite à ce point ?
Gloussant doucement, en sentant mes pommettes se colorer de rose, je lui lâchai :
– Salut, Roanne. Bien que je sois très contente de faire mes stages ici, ce n'est pas la raison… Je… Et bien… J'ai un rencard, demain soir.
Immédiatement, ses mots prononcés, je sentis mon visage rougir davantage et je baissai les yeux mal à l'aise.
– Oh ! Wow ! Qui est l'heureux élu ? demanda-t-elle précipitamment.
– Un ami du mari de ma petite-cousine. Jacob Black… Tu le connais ?
Remontant vers son visage bien maquillé, aux traits harmonieux et aux grands yeux chocolat, je la vis me sourire de ses dents blanches :
– Oh ! Le petit frère de Rachel et Rebecca ! Oui, oui, je le connais. Il est plutôt pas mal. Il est devenu un très joli garçon en vieillissant. Il faisait beaucoup tourner la tête des filles de la réserve, mais aucune n'a jamais été capable de l'approcher… Un véritable loup solitaire, ce Jacob. Contente de voir qu'il a fini par sortir de sa tanière ce petit Lou-loup.
Étrangement, je sentis une drôle d'impression s'installer en moi suite au discours de Roanne. Je ne savais pas vraiment pourquoi… Mais, c'était quoi, cette double allusion aux loups ? Peut-être que c'était une blague que je n'avais pas, le référent. Haussant les épaules, je mis cet infime détail de côté et je poursuivis ma discussion avec Roanne tout en marchant vers le bâtiment.
- Qu'est-ce qu'il t'a proposé comme rencard ? me demanda Roanne.
– Un dîner à un restaurant de Forks, c'est la ville d'à côté, non ?
– Oui. Forks est à environs une vingtaine de minutes de la réserve. Tu sais le nom du restaurant ? continua-t-elle, visiblement avide de potins croustillants, tout en ouvrant la porte pour que pénétrâmes dans le bâtiment.
– La Trattoria Zi… Je ne me souviens pas du nom exact… Tu connais ? Dis-je un peu timide.
– La Trattoria Rizzoli ! C'est le restaurant le plus romantique des environs. Ils ont ouvert, il y a quelques mois, et ils ont une excellente réputation. Par contre, ça coute une petite fortune de manger là-bas. Caleb m'a promis de m'y emmener à la prochaine St-Valentin. S'exclama Roanne quelque peu rêveuse.
Instantanément, je sentis mon visage me bruler sous l'érubescence et mon cœur s'emballa dans ma poitrine.
– Bon, je te laisse. Bonne première période, petite veinarde. Me lança Roanne amusée.
– Oui, c'est ça. Bonne journée à toi aussi. Dis-je en la saluant pour entrer à mon tour dans le local vide.
Je n'avais aucun cours jusqu'à la deuxième période, alors j'allais pouvoir faire un peu de recherche sur l'endroit en question et planifier mes cours à venir, afin que mon jeudi soir ne soit que consacré à Jacob.
-O-O-O-
Lorsque ma journée se termina, vers 16 heures, je retournai à la maison pour trouver Emily à son endroit favori, soit derrière le fourneau. Elle était en pleine préparation d'un rôti de porc.
Quand elle me vit pénétrer dans la maison, elle me gratifia d'un sourire chaleureux et s'exclama :
– Erin ! Tu as passé une belle journée ?
– Oui, même si pour une étrange raison tous mes étudiants avaient l'air surexcités, aujourd'hui. Prévoit-on une tempête pour demain ?
– Oui, il me semble qu'ils ont annoncé beaucoup de pluies et des vents plutôt forts, pour demain.
Brusquement, mon sourire se fana en entendant Emily me confirmer que, demain, ça allait être le déluge pour mon rencard avec Jake…
– Quelque chose ne va pas, Erin ? demanda Emily en me scrutant.
– Euh… Oui. C'est… Euh…
Inévitablement, je sentis mon visage virer au cramoisi.
– J'ai un rendez-vous, demain soir… Dis-je rapidement, le cœur battant à un rythme effréné.
Je ne savais pas pourquoi, je me sentais plus mal à l'aise d'aborder mon rencard avec Jacob avec elle plutôt qu'avec Roanne… peut-être que c'était parce qu'Emily connaissait bien Jake…
– Avec Jacob. Oui, je sais. Il l'a dit à Sam, qui me l'a raconté.
– Oh. D'accord.
Sur ce, j'approchai de l'îlot pour aider ma petite-cousine à préparer le repas. J'avais toujours aimé faire de la cuisine. C'était une activité relaxante et l'on pouvait dire que j'avais besoin de me détendre un peu.
-O-O-O-
Lorsque mon petit réveille-matin posé sur la table de chevet sonna, jeudi matin, cela coupa court à l'un des rêves les plus… érotiques que j'avais faits depuis longtemps. Des bribes de ce songe resurgirent en mon esprit embrumé et je sentis mon visage se colorer d'une couleur cerise. Mon bas ventre se crispa en repensant à ce que j'avais fait avec Jacob dans mon fantasme… Nos corps nus entremêlés, brulants de passion, des baisers, des caresses intimes, des gémissements de bonheur, sa voix rauque et voilée par le désir susurrant mon nom, etc.
Sentant l'excitation monter encore en moi, je décidai de prendre un peu de bon temps pour moi… Ça allait me détendre. Donc, doucement, je glissai une main à mon entrejambe et commençai à me caresser. Immédiatement, la sensation fut intense et je me mordis les lèvres pour étouffer mon souffle rauque.
Les bribes de mon rêve tournèrent dans mon esprit et ajoutèrent à ma soif de plaisir.
Au bout de quelques minutes de stimulation seulement, j'atteignis l'orgasme. Une fois de plus, celui-ci fut libérateur et puissant. Courbant le dos, retenant mon souffle, je me laissai envahir par la sensation de bien-être incommensurable que provoquait la masturbation.
Suite à cet orgasme salvateur, je pris encore quelques secondes pour me relaxer et je finis par ouvrir les yeux et je me décidai à me lever.
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La journée passa avec lenteur extraordinaire et vers 14 heures, je quittai le lycée, car je n'avais aucun cours à donner en après-midi. Ce qui était une bonne chose, car j'étais excité comme une puce à l'idée de mon premier rencard avec Jacob. Même mon orgasme de ce matin n'avait pas su me distraire assez longtemps pour que je me calme durant toute l'avant-midi.
Dehors, il pleuvait des cordes et il ventait énormément, créant de petits tourbillons de pluie sur l'asphalte du stationnement. Tenant mon parapluie à deux mains, je fonçai vers ma voiture, et, à peine, j'eus le temps de déverrouiller ma portière que j'étais trempé jusqu'aux os.
En m'engageant sur la route, je tins le volant à deux mains, nerveuse. La dernière chose que je voulais, aujourd'hui c'était de faire un accident et de rater mon rencard. De fait, je me concentrai de mon mieux et chassai l'image du beau Jacob de mon esprit.
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Vers 17 heures 15, une fois maquillée, coiffée et vêtue d'une petite robe en coupe a pourpre, d'un manteau blazer noir, d'un collant noir semi-opaque et de ma paire de bottillons noirs, je me préparai à partir pour rejoindre Jacob au restaurant qu'il m'avait indiqué, soit la Trattoria Rizzoli. J'avais fait quelques recherches sur le web et j'avais trouvé l'adresse du restaurant en question et il était à 25 minutes de la maison. Comme il pleuvait énormément et que le vent empêchait de bien distinguer la route, je pris la décision de quitter la maison tôt afin de prendre tout mon temps pour m'y rendre.
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Garant ma voiture devant le restaurant, je laissai le moteur s'éteindre après avoir tourné la clé dans le contact. Le bruit du moteur laissa place à celui de la pluie ricochant contre le toit métallique de ma Jeep. Habituellement, ce bruit me calmait, mais visiblement il m'en fallait beaucoup plus pour arriver à me détendre ce soir. J'étais une véritable boule de nerfs et d'excitation. Depuis que Jake m'avait invité à ce rencard, je ne tenais plus en place. Parlant de Jake, il n'était toujours pas arrivé, quoiqu'il ne fût seulement que 17 heures 40. Il lui restait encore quelques minutes…
Attrapant mon parapluie sur le siège passager, je pris une grande inspiration avant d'ouvrir la portière pour m'extirper de la voiture et pratiquement courir jusqu'à l'intérieur du restaurant à la devanture blanche, aux grandes fenêtres et à l'enseigne peinte en blanc et noir sur un fond rouge. De l'extérieur, c'était un petit restaurant classique, mais une fois à l'intérieur, je remarquai à quel point c'était un endroit charmant et chaleureux. L'endroit était petit, on pouvait y voir environ une quinzaine de tables maximum et un bar près du mur à gauche. Les murs intérieurs étaient recouverts de briques rouges, il y avait de larges poutres apparentes peintes en noire au plafond et des lustres un peu partout qui diffusaient une lumière chaude.
Refermant mon parapluie, je le laissai dans un porte-parapluie près de l'entrée. Puis, je me fis accueillir par une femme d'une cinquantaine d'années, au visage souriant, aux cheveux bruns méchés de blanc coiffé en chignon et habillé d'un uniforme (jupe crayon noir, chemisier blanc et un petit nametag or avec écrit dessus : « Juliette Rizzoli : Propriétaire »).
– Bonsoir, bienvenue. Vous avez une réservation ? demanda poliment l'hôtesse et propriétaire des lieux.
Rapidement, je sentis mon visage se teinter de rougeurs. Je n'avais aucune idée si Jacob avait réservé.
– Euh… Je… Je ne sais pas s'il a réservé ? Si oui, ça devrait être Jacob Black.
La dame regarda son livre posé, sur le chevalet, derrière lequel elle se trouvait. Au bout d'une seconde, elle leva les yeux, en me souriant, pour dire :
– Oui. Jacob Black, pour deux personnes, à 18 heures. Suivez-moi, je vais vous montrer votre table, mademoiselle.
La dame me conduit vers l'une des cinq tables restantes et elle me proposa de m'assoir en tirant ma chaise, ce que je fis.
Une fois assise, à ma table, la propriétaire me dit qu'un serveur n'allait pas tarder à m'apporter la carte des vins et des consommations.
– D'accord. Répondis-je en contemplant davantage le lieu.
Ma table, comme toutes les autres, était recouverte d'une nappe blanche sur laquelle reposaient plusieurs couverts, des coupes de vin, ma serviette de table, une bougie et un petit bouquet de roses rouges déposées dans un vase blanc. L'observation de la table faite, je me mis à zieuter les clients du restaurant qui discutait à voix basse et dégustait des plats aux effluves très appétissants. Visiblement, les spécialités de la maison étaient les pâtes et le poisson, car c'était ce que les gens avaient le plus dans leur assiette.
Soudain, je vis arriver le serveur, près de moi. Lorsqu'il croisa mon regard, je le vis esquisser un sourire charmeur, mais cela n'eut pas grand réactions, sur moi, étonnamment. Bien qu'il ne soit pas laid, il ne m'attirait pas, mais il devait surement avoir un certain pouvoir sur la gent féminine, car il dégageait quelque chose… de viril et de sensuel. C'était un jeune homme dans la vingtaine, d'origine italienne, aux cheveux châtains, aux sourcils épais, les yeux d'un marron terne, un visage aux traits anguleux, de taille moyenne et bien bâtie, peut-être même un peu trop pour que ça soit bien proportionné à sa taille. Il portait une chemise noire et un pantalon de la même couleur. Un pichet d'eau à la main et la carte des vins sous le bras, il se présenta à moi.
– Buenasera, signorina. Je suis Desmond et c'est moi qui serais votre serveur pour la soirée. Roucoula-t-il de sa voix rauque et à l'accent italien.
– Enchanté. Dis-je en le regardant me servir un verre d'eau.
– Je vous laisse regarder la carte des vins et je vous reviens dans un instant. Lança-t-il avec un sourire étrange et un clin d'œil.
Surprise, je ne réagis pas et je le regardai quitter ma table pour se diriger en cuisine derrière la porte battante près du bar. Son petit clin d'œil m'avait semblé être inapproprié compte tenu de l'endroit, mais je me dis qu'il devait peut-être utiliser cette tactique de séduction sur les jeunes femmes pour voir plus de pourboires à la fin.
Chassant ça de mon esprit, je pris en main la carte des consommations que j'analysai. Je n'étais pas une grande amatrice de boissons alcoolisées. J'aimais le vin blanc, souvent plus doux en bouche que le rouge, sans dire que le vin rouge me donnait des migraines atroces si j'en abusais, contrairement au blanc. Malgré tout le choix de la carte, je décidai de rester à l'eau.
Puis, alors que je jetai un regard à l'extérieur, me demandant quand Jacob allait apparaître, je fus déçue de constater que je ne voyais pas son pick-up dans le stationnement.
Soudain, alors que je regardais la pluie ricocher violemment contre les voitures déjà stationnées, dont la mienne, une voix me fit sursauter.
– Vous avez fait votre choix, Bella signora ?
Me tournant dans la direction de la voix, je croisai le regard du serveur, et, lui répondit :
– De l'eau seulement. Merci.
– Perfetto, j'en prends note, mais, si jamais vous changez d'idée, c'est avec plaisir que je vous apporterai un verre de l'un de nos excellents vins, Bella.
– Merci. Dis-je un peu mal à l'aise.
Ce serveur travaillait vraiment fort pour avoir l'attention, mais avec moi, ça ne marchait pas qu'on m'appelle « belle demoiselle » en italien ou « Bella ». Toujours en me fixant d'un regard langoureux, il ajouta :
– Quelqu'un vous a-t-il déjà dit combien votre regard était… magnifico ?
Rougissant malgré moi, sous le compliment du jeune homme, je baissai les yeux.
– Euh… non. Mais… merci. Dis-je en relevant la tête pour finalement voir Jacob arriver.
Mon cœur manqua plusieurs battements en voyant combien il était séduisant, vêtu d'un blouson de cuir noir, d'une chemise olive et d'un pantalon noir. Alors qui captura mon regard. Je sentis un frisson me traverser et un sourire se dessiner sur mon visage.
Avant de s'assoir, Jacob retira son blouson et jeta un œil au serveur, dont j'avais presque oublié la présence.
– Je suis désolé du retard. On n'y voyait rien avec cette tempête. S'excusa Jacob.
– Oh. Pas de problème. Répondis-je sans le lâcher du regard.
Puis, je me tournai vers le serveur qui n'avait toujours pas bougé.
– Bonsoir, monsieur. Puis-je vous apporter quelque chose à boire ? demanda le serveur à Jacob sur un ton beaucoup moins racoleur et sans un mot italien.
Jacob jeta regard dur et remplit d'animosité à notre serveur, avant de se tourner vers moi et me demander :
– Tu as déjà commandé ? Tu veux quelque chose, Erin ?
– Non. Merci. Je vais rester à l'eau.
– D'accord. De l'eau pour moi aussi. Merci.
– Parfait. À bientôt, Bella. Lâcha le serveur avec un clin d'œil dans ma direction.
Brusquement, Jacob se tourna vers le serveur qui était déjà parti en cuisine et revint à moi rapidement, un air à la fois choqué et furieux.
– Bella ?
Haussant les épaules, je lui répondis :
– Aucune idée… Selon moi, il essaye d'avoir plus de pourboire à la fin.
Malgré tout, Jacob me parut étrange. Il semblait troublé, fâché et mal à l'aise, ce que je ne voulais absolument pas pour notre soirée.
