Chapitre 10: Malaise et Marlene

Je me réveillai en me sentant légèrement suffoquée par la chaleur. C'était bizarre, parce qu'il ne faisait jamais aussi chaud dans ma chambre à coucher... Ma tête se souleva, comme si elle suivait le mouvement de la respiration de quelqu'un, et je sentis de la chaleur contre ma joue... Alors que j'ouvrais les yeux, je réalisai que ma tête reposait confortablement sur la poitrine de Sirius, sous la couverture. MERLIN. Sirius avait dormi dans mon lit. Tout la nuit. Oh non non non. Je bougeai pour me déprendre d'avec lui et m'asseyai. Je le vis bouger légèrement, mais il ne semblait pas du tout sur le point de se réveiller bientôt. Je décidai de forcer les choses un peu.

- Sirius! Dis-je.

- Hmmmm, fut tout ce qu'il trouva à dire.

- Réveille-toi.

- Mmquoooiii? Marmonna-t-il.

- Sirius, réveille-toi, par la barbe de Merlin! Dis-je plus fort, le poussant sur l'épaule.

Il ouvrit les yeux et me regarda.

- Oh. Hey. Bon matin, Meadowes.

- Sirius, tu ne peux pas être dans mon lit!

- Ah? Et pourquoi?

- Parce que, tu sais, on n'est pas ensemble...

Il prit appui sur son coude et soutint son visage avec sa main, me regardant avec un sourire moqueur.

- Tu n'es pas très moderne, Meadowes.

- Pourquoi t'as dormi ici? Demandais-je, changeant de sujet.

- Tu fais ton enfant gâtée, là. Puis-je te rappeler que je suis celui qui t'as réconforté la nuit passée quand tu n'allais vraiment pas bien?

Ouais, il avait raison à propos de ça. J'étais une épave, cette nuit. Je me sentis rougir en pensant à comment je m'agrippais désespérément à lui hier soir, tout en sanglotant comme un bébé.

- Comment ça se fait que tu es toujours celui qui me voit à mon pire ces jours-ci? Dis-je honteusement.

- Ça va, dit-il en haussant les épaules, tu avais eu une nuit horrible. Et pour répondre à ta question de pourquoi je suis encore ici, tu t'es collée à moi et tu t'es endormie, alors, bien sûr que je me suis endormi aussi. J'étais complètement épuisé. Maintenant, si ça ne te dérange pas, j'ai bien l'intention de dormir encore... Dit-il, laissant sa tête retomber sur l'oreiller.

- Non, non! Pas ici, Sirius! Va dans ta chambre! Silencieusement, s'il-te-plaît, ressentis-je le besoin d'ajouter, ne souhaitant pas que quelqu'un le voit sortir de ma chambre tôt le matin.

- Arf, Furie, t'es vraiment ennuyeuse, j'étais si confortable... Dit-il en se levant du lit.

Je le suivi à la porte, le poussant vers elle, en fait, pendant qu'il se moquait de moi.

- C'est une première, une fille qui ne me veut pas dans sa chambre. Je suis un peu insulté, en fait, dit-il en riant.

- C'est parfait, ça devrait être bon pour ton gigantesque égo, allez, sors!

Il ouvrit la porte, riant toujours, juste à temps pour voir James passer devant ma chambre, visiblement en route vers les escaliers.

- Bon matin, vieux, ne fais pas attention à moi, je me fais juste jeter comme une vieille ordure, je retourne me coucher, dit Sirius comme si de rien n'était avant d'entrer dans sa chambre de l'autre côté du corridor et de refermer la porte.

James, semblant pour une fois avoir perdu momentanément l'usage de la parole, se retourna vers moi, la mâchoire décrochée, avec un air interrogateur.

- Ne pars pas des rumeurs, Potter. Ce n'est tellement pas ce que tu penses, lui dis-je.

- C'est drôle, ce n'est pas la première fois que je l'entends celle-là, concernant Sirius, dit-il en riant, continuant son chemin vers l'escalier.

- Merlin, c'est stupide, dis-je, le suivant. Je suis revenue vraiment très tard et très... J'ai comme eu un... Je me suis effondrée... Confessais-je, honteuse.

Il arrêta net et se tourna vers moi.

- Ah oui? Pourquoi? Tu vas bien? Me demanda-t-il, semblant inquiet.

- Je vais bien, vraiment. C'est juste que, tu sais, j'ai tenté de garder ce que je ressentais pour moi, à propos de ce cauchemar... Pour être là pour Mary, elle avait besoin de moi... Et ça m'a juste rattrapé quand je suis revenue... Ils étaient complètement innocents, James. Et les enfants... Ils étaient adorables, et si plein de vie...

Je me sentais encore sur le bord des larmes juste à penser à ces enfants qui avaient fait les frais d'une guerre dont ils ignoraient même l'existence... Je fixai le plafond, essayant de garder les larmes dans mes yeux... Voyant à quel point j'étais troublée, il revint vers moi et me pris dans ses bras.

- Je sais, j'ai eu de la difficulté à dormir aussi, je n'arrêtais pas d'y penser, et je ne les connais même pas... Il soupira. Tout de même, tu n'as toujours pas expliqué pourquoi je viens de voir Sirius quitter ta chambre de si bon matin, me taquina-t-il, posant son bras sur mon épaule et m'entraînant vers l'escalier.

- Il m'a entendu, quand... Je me suis effondré, dis-je, honteuse. Il est venu me réconforter et nous sommes tout simplement tombés endormis, c'est tout.

- T'es certaine? Une séance de bécotage est, après-tout, très réconfortante aussi!

- La ferme. Il ne s'est rien passé.

- D'accord, je te crois, Meadowes. T'as faim? Allons manger et tu pourras me raconter ta soirée...?

Alors qu'on approchait de la cuisine, j'entendis une voix féminine chanter, provenant de là.

- J'imagine que mes parents sont de retour...! Dit James, me relâchant pour entrer la cuisine. Salut, maman! Dit-il.

Je le suivis et le vis se diriger vers sa mère, que je reconnût grâce aux nombreux portraits familiaux décorant les murs du manoir.

- Bon matin, mon chéri, comment vas-tu? Lui demanda-t-elle chaleureusement.

- Je vais bien, mais quelque chose d'horrible est arrivé hier soir, on te racontera ça en mangeant, voici Dorcas Meadowes, dit-il en me pointant du menton.

- Et bien, bonjour charmante jeune fille, je suis Euphemia. J'espère que mon fils s'est montré un hôte décent? Me demanda-t-elle, me prenant les mains affectueusement.

- Il était très décent, en effet, lui répondis-je en souriant. J'espère que ma présence n'est pas un poids pour personne, ajoutais-je poliment.

- Pas le moins du monde, très chère, c'est moi qui ai demandé à James de te ramener ici. Au contraire, tu ne peux pas savoir comment une présence féminine est appréciée! Je suis sans cesse entourée de masculinité, pas que ça ne me dérange, je les aime tous vraiment beaucoup, mais je suis tellement heureuse d'avoir une fille ici pour faire changement! Me dit-elle gentiment.

- Et bien, ça pourrait changer un peu... Lui dis-je, faisant un clin d'œil à James.

- James, ne me dis pas que tu as finalement eu de la chance avec ta Lily? Lui demanda-t-elle.

- N'appelons pas de la ''chance'' ce que l'on pourrait appeler du charme, de la séduction, n'est-ce-pas? James dit. Et je refuse de parler de quoi que ce soit avant de manger, je suis complètement affamé.

- Le petit-déjeuner est servi, justement, chéri, allons-y, dit-elle.

Nous nous dirigeâmes vers la salle à dîner et prîmes place autour de la table. Ça sentait divinement bon, je commençai à me servir avec appétit. Les elfes de maison avaient préparé un petit festin d'omelette au bacon, accompagné de pain frais, de confitures maison et de fruits.

- Alors, avant que nous n'abordions le sujet de tes amours, dit-elle à James, parlons d'hier soir. Nous sommes au courant, à propos de l'attaque sur des moldus, si c'est ce à quoi tu faisais allusion, Jamie.

- C'est bien ça, confirma-t-il.

- Nous l'avons lu dans la Gazette du sorcier ce matin, et nous sommes revenus immédiatement, pour être avec vous et nous assurer que tout le monde allait bien.

- Vous êtes arrivés quand? Demanda James.

- Plus tôt ce matin, répondit-elle. Remus a quitté peu après, il m'a dit de vous offrir ses salutations, en passant.

- Et où est papa? Demanda James.

- Ton pauvre père est resté debout très tard hier soir avec les archéologues, il oublie toujours qu'il est vieux et qu'il a besoin de bonnes nuits de sommeil réparateur, dit-elle, roulant des yeux, mais avec un sourire tendre pour son mari.

- Ah oui, c'est vrai, vous étiez en Égypte? Lui demandais-je.

- Au Caire, oui, nous y avons un pied-à-terre. Mon mari est un vrai passionné de l'histoire magique de l'Égypte antique, donc nous nous y rendons souvent, pour visiter des sites de fouilles archéologiques que nous finançons.

- Comme c'est intéressant! M'extasiais-je.

J'avais toujours trouvé l'Égypte antique passionnante.

- Oui, ça l'est. Pour mon mari, surtout. Moi, je suis davantage passionnée par les marchés de rues et par la botanique! Ajouta-t-elle avec un clin d'œil. Alors, j'aimerais votre version des événements d'hier soir...? Nous demanda-t-elle.

Nous lui fîmes le récit des événements de la veille, puis abordâmes le sujet James & Lily. Elle était très gentille, la mère de James, et agréable à côtoyer. Alors que nous terminions tranquillement nos thés, en parlant de tout et de rien, nous entendîmes un coup à la fenêtre. Je vis la chouette de ma grand-mère, Verona, l'autre côté de la vitre, attendant visiblement qu'on lui ouvre, une lettre attachée à sa patte. Je me levai et allai lui ouvrir. Je pris la lettre et elle reprit immédiatement son envol par la fenêtre. Je refermai la fenêtre, puis regardai la lettre. C'était de la main de ma grand-mère, comme je m'y attendais.

- C'est de grand-mère, dis-je à James et à sa mère.

Je l'ouvris et commençai à lire.

Bonjour Dorcas,

Asilda va beaucoup mieux, je fais mes valises et je serai de retour à la maison bientôt, je devrais être arrivée lorsque tu auras cette lettre. Dis à Euphemia que je suis très reconnaissante de son hospitalité à ton égard et que je m'attends à une visite pour prendre le thé avec elle très bientôt! Asilda te salue.

Bien sûr, elle me salue, pensais-je mesquinement, la vieille chauve-souris, j'étais très heureuse de ne pas être allée chez elle.

- Elle est de retour. Elle vous remercie de m'avoir accueilli chez vous et elle souhaite prendre le thé avec vous bientôt, dis-je à Euphemia.

- Oh, très bien. Alors, tu nous quittes déjà? Mme Potter me demanda.

- Oui. Merci encore, pour l'accueil. Merci, James, c'était étonnamment plaisant.

- Tu en doutais sérieusement? Me demanda-t-il avec un sourire.

- Non, pas vraiment, en fait, répondis-je, lui rendant son sourire.

Je m'excusai à James et sa mère et montai dans ma chambre pour faire ma valise. J'avais adoré passer du temps ici, mais je ne m'y sentais pas autant chez moi que chez ma grand-mère. Lorsque je redescendis un peu après, je trouvai James et sa mère dans la cuisine. Je déposai ma valise et allai leur dire aurevoir.

- Alors, j'y vais, merci encore. J'imagine qu'on va se revoir bientôt, James... Dis-je, me forçant à utiliser son prénom plutôt que son nom de famille.

Aussi, je devais admettre que ma plus grande proximité avec eux (lui et Black) faisait en sorte que j'utilisais de plus en plus leurs prénoms...

- À bientôt, je l'espère, ma chère! Euphemia me dit, me serrant affectueusement dans ses bras.

- … Et... Passe mes aurevoirs à Sirius aussi? Demandais-je à James.

- S'il émerge de son lit un jour, je le ferai, me dit-il avec un clin d'œil.

J'acquiesçai, pris mes choses et transplanai chez ma grand-mère.

...

Sirius

Je me réveillai, me sentant engourdi et un peu confus, comprenant que j'avais très probablement un peu trop dormi. Après une douche rapide, j'allai au rez-de-chaussée et eus la surprise de constater que les parents de James étaient de retour. J'allai à la cuisine pour avoir une collation d'après-midi, tout en discutant avec la mère de James. Elle m'apprit que Lunard et Meadowes étaient partis. Ensuite, j'allai à l'étage ou je trouvai James dans sa chambre. Il était assis à son bureau, occupé apparemment à écrire, ce qui devait sans aucun doute être une lettre d'amour à Evans. Je me laissai tomber dans le fauteuil d'à côté.

- Je commençais à penser que je ne te verrais pas aujourd'hui, me taquina-t-il, ne prenant pas la peine de détacher le regard de sa lettre.

- J'ai eu une courte nuit, dis-je simplement.

Il arrêta d'écrire et me regarda en fronçant les sourcils.

- J'ai cru remarquer...

- Ne me regarde pas comme ça, il ne s'est rien passé, je l'ai juste réconforté, c'est tout, me défendis-je.

- Patmol...

- Ne t'a-t-elle pas dit la même chose? Lui demandais-je, curieux.

- Oui. Mais, tu sais vieux... Tu joues avec le feu, là, me dit-il.

- Pas du tout. Il n'y a rien entre Meadowes et moi, tu le sais, Cornedrue.

- Il n'y a rien ENCORE. Comme tu as dit, je te connais, Sirius, tu aimes les choses interdites. Tu aimes repousser les limites. Tu sais où ça t'a mené la dernière fois...

- Si tu fais allusion à cet idiot graisseux...

- Bien sûr que je parle de l'incident avec Rogue. Ça a presque détruit notre amitié, tu te souviens?

- Oui. Mais c'est différent, là. Et, au risque de me répéter, il n'y a rien entre Meadowes et moi, répétais-je avec entêtement.

- Je voulais seulement m'en assurer, c'est tout, James dit.

- Alors, maintenant que c'est fait, on peut passer à un sujet plus plaisant? Demandais-je.

- Bien sûr... Me dit-il, me regardant encore d'un air suspicieux.

...

Dorcas

Lorsque que je me réveillai le matin suivant, après une stupide insomnie qui semblait avoir durée pendant des heures avant de parvenir à m'endormir, je me sentis plutôt bien, parce que Lily venait aujourd'hui. Je regardai l'heure et constatai qu'il était un peu passé 10 heures, donc je devais avoir dormi plusieurs heures après tout, sachant que la dernière fois que j'avais regardée l'heure durant mon insomnie, il était environ deux heures du matin. J'avais pensé beaucoup à Sirius, à propos du fait que je ne savais pas trop comment je me sentais réellement par rapport à lui. Également, au fait que j'avais aucune idée de comment lui se sentait par rapport à moi... J'avais également eu du temps pour penser à lui et Lene. Je pense que je devrais aller lui parler, avant d'aller chercher Lily. Je ne savais pas encore vraiment comment m'expliquer à Marlene, parce que j'avais l'impression de ne pas bien comprendre la situation moi-même, ce qui était vraiment ridicule. Mais, Marlene était mon amie. Une amie vraiment proche et loyale qui plus est, et même si tout n'était pas vraiment parfaitement clair dans ma tête, je lui devais la vérité, c'est-à-dire que je me sentais bizarre face à cette ''situation''. Mais, si elle devait me dire qu'elle ressentait quelque chose pour lui, je reculerais, je le devais. Mais ça n'arrivera pas, n'est-ce pas? J'espérais de tout mon cœur que non. J'espérais aussi que Sirius ne ressentait rien de plus pour elle. Je repoussai ces pensées déprimantes dans le fond de mon cerveau et allai prendre une douche. Après avoir fini de me préparer, je vis par la fenêtre que grand-mère se trouvait, comme à son habitude, dans le jardin. J'ouvris la fenêtre et lui dit que j'allais chez Lily et que je reviendrais pour le déjeuner. Mais, plutôt que d'aller chez Lily tout de suite, je transplanai d'abord chez Marlene. Sa mère m'ouvrit et m'accueilli chaleureusement, avant d'appeler Marlene. Mon amie arriva peu après.

- Oh! Hey, Dorcas! Qu'est-ce que tu fais ici? Peu importe, viens!

Elle me serra dans ses bras et me traîna vers sa chambre.

- T'as des nouvelles de Mary? Lui demandais-je tout d'abord.

- Et bien, elle est retournée chez elle hier soir. Le ministère a mis des sorts de protection autour de sa maison et tout... Et aujourd'hui, c'est les funérailles. Je lui ai offert de l'accompagner, mais elle m'a dit qu'elle irait plutôt avec sa famille.

- On vit dans un monde de fou... Ça me rend parfois honteuse d'être une sorcière...

- Je sais...! Alors, JE T'EN PRIE change-moi les idées de ce climat lugubre. À quoi dois-je le plaisir de ta visite? Me demanda-t-elle, espérant clairement que j'apportais de bonnes nouvelles.

- Je voulais te parler de quelque chose? Dis-je, redoutant la conversation.

- Oh! À propos de quoi? Me demanda-t-elle, clairement intriguée.

C'était teeeeeellement gênant, je n'avais pas du tout envie d'avoir cette conversation.

- Je ne sais même pas pourquoi je voulais te parler de ça. Ce sont des idioties, surtout comparé à des meurtres et la guerre... Dis-je, me sentant complètement stupide.

- Dorcas, si nous devions commencer à comparer nos petits problèmes avec la guerre dans le monde magique, je pense qu'on déciderait de les oublier. Ce qui serait vraiment stupide. Parce que, pourquoi on se battrait, si ce n'est pas pour être heureux et avoir seulement nos stupides petits problèmes à régler? Et je suis heureuse que tu viennes me confier tes petites idioties comme tu les appelle, je suis là pour toi, c'est une distraction qui est la bienvenue, à travers toute cette merde...

- Bien, alors... Je suis venue te parler de Sirius? Dis-je avec une petite voix timide.

- Je vois. Qu'est-ce qu'il a fait cette fois? Me sourit-elle.

- Tu sais, quand tu nous as dit que tu... Que vous deux, commençais-je.

- Ouais?

- Merlin, je déteste ça! Dis-je, frustrée.

- Dor. C'est moi. Allez, crache le morceau à la fin, me pressa-t-elle.

- Je... Je ne sais pas. Je ne sais pas comment je me sens, tu sais, par rapport à ça? Ça m'a comme... Dérangé...

- Que j'aie couchée avec lui? Demanda-t-elle.

- … Oui? En quelque sorte?

- Il te plaît? Me demanda-t-elle, visiblement intéressée.

- Je... Ne sais pas? Je sais que ça m'a fait quelque chose, je n'ai pas aimé, quand tu nous as raconté. Mais, tu sais, Lene, si tu ressens quelque chose pour lui, je...

- Non, rien du tout, promis... Alooooors... Dorcas Meadowes, qui aurait pu croire que tu tomberais finalement en amour! Exclama-t-elle rêveusement.

- Marlene! Je te l'ai dit, je ne suis pas...

- Bien sûr, Dorcas. Je te connais, tu ne m'as jamais parlé de rien de sentimental. Jamais. Alors, ne me prends pas pour une idiote, maintenant, s'il-te-plaît. Tu n'as pas piqué une crise de jalousie sans raison!

- …

- Alors. Sirius, hein? Je suis vraiment désolée, chérie, si j'avais su plus tôt, je n'aurais pas... S'excusa-t-elle.

- Oh. Ce n'est pas de ta faute. C'est stupide, ça a comme, cliqué quand tu nous l'as raconté en fait... Je me suis sentie...

- Blessée? C'est ça l'amour, ma chère amie. L'amour est bon et l'amour fait mal. Très mal.

- Pffff. Pas pour toi, tu as toujours qui tu veux et tu es toujours celle qui décide de mettre fin à la relation!

- C'est faux. Je sais que c'est ce qu'on pense de moi. Mais mon cœur a été brisé. Plus d'une fois, en fait.

- Vraiment? Dis-je, n'en croyant pas mes oreilles.

- Ouaip. Je ne m'en vante pas, tu sais, parce que vous, les filles, me voyez comme une version idéalisée de moi-même. Mais tu sais quoi? J'ai été rejetée plus d'une fois.

- Comment est-ce possible?

- Remus. Remus m'a rejeté. À plusieurs reprises.

- IL A FAIT ÇA?

- Oui. Je ne sais pas, il ne me veut pas du tout, et fais-moi confiance, j'ai essayé. Et plus il me rejetait, plus j'essayais. Je devenais de plus en plus pathétique. Et tu veux savoir le pire dans cette histoire? Ce qui s'est passé avec Sirius, c'était un peu ma dernière tentative pour essayer de le rendre jaloux. C'est pathétique, n'est-ce pas?

Je ne pouvais pas croire ce que j'entendais. Tout d'abord, que ça soit possible pour Marlene de ne pas obtenir l'attention qu'elle voulait d'un garçon. Deuxièmement, que Remus ne serait pas intéressé par elle. J'espérais vraiment fort que ça n'avait rien à voir avec moi. Ça m'attristerait d'être la raison du cœur brisé de Marlene... Aussi, j'avais des sentiments mitigés, parce que j'étais très soulagée qu'elle n'aime pas Sirius de cette façon, mais j'étais toujours inconfortable vis-à-vis le fait qu'elle avait couché avec lui de toute façon. J'essayais également de faire taire la petite voix dans ma tête qui me disait qu'il pouvait toujours lui de son côté avoir des sentiments pour elle...

- Pourquoi ne nous as-tu jamais raconté ça? Lui dis-je.

- J'imagine que je voulais rester la ''femme fatale'' du groupe. J'aime ce rôle.

- Tu l'es toujours.

- Tu crois?

- Définitivement, je veux dire, tu as plus d'expériences que nous toutes combinées.

- Oui bon, c'est vrai. Mais tu sais, c'est pathétique. Celui que je voudrais vraiment... Il ne veut rien savoir de moi.

- Je ne comprends toujours pas, pourquoi Remus?

- Je sais pas. Il est gentil. Très gentleman. Et il me respecte. Il me donne des papillons dans l'estomac... J'imagine que je veux être traitée de cette façon, avec amour et respect. Mais, ça ne fonctionne pas. Il m'a refusé toutes les fois.

- Je ne sais pas, peut-être pourrais-tu essayer de concentrer réellement tes efforts sur lui et arrêter de...

- De me jeter sur tout ce qui bouge? Dit-elle en riant.

- Oui? Tu sais, peut-être que c'est ce qui l'arrête? Peut-être qu'il est plus... Vieux jeu?

- J'avais jamais pensé à ça, en fait. J'ai toujours pensé que le fait que j'étais facile d'approche était une bonne chose pour moi.

- Peut-être pour la majorité? Mais je ne crois pas que c'est le cas pour Remus.

- D'accord, je vais y penser. Je vais vraiment avoir tout essayé pour l'avoir, n'est-ce pas? Et pendant ce temps, je te laisse la voie libre pour Sirius, finit-elle avec un clin d'œil.

- Je ne sais toujours pas vraiment ce que je veux. Et c'est encore bizarre, que tu ais couché avec lui. Je veux dire, c'est bizarre, non?

- Pas tant que ça. Tu verras, Dor, plus tu vas vieillir, plus tu risques de ne pas être la première à aller au lit avec un mec. Je veux dire, beaucoup de gars à l'école sont déjà sexuellement actifs, tu sais...

- Ok, ok, j'ai compris, pas besoin de continuer!

- T'es tellement une prude! Tu vas voir, tu vas aimer ça, toi aussi, quand tu vas t'y mettre! Et en attendant, je peux te donner des détails de l'anatomie de Sirius, si tu veux, dit-elle en se moquant.

- Ok, je me sauve de cette conversation! Je suis en retard pour aller chercher Lily! Je te vois à l'école dans deux semaines! Dis-je, me levant du lit et me dirigeant vers la porte en riant.

- À bientôt, Dorcas la vierge!

- La ferme! Je t'aime.

- Je t'aime aussi!

J'étais très heureuse d'avoir eu une discussion en tête-à-tête avec Marlene. Je n'avais jamais pensé qu'elle s'ouvrirait à moi autant que ça. C'était fou de savoir que la fille la plus confiante et forte que je connaissais avait aussi subi des revers qu'elle ne m'avait jamais raconté. Mais, je comprenais, je n'étais pas moi-même prête à admettre éprouver des sentiments pour Sirius. C'était comme si le fait de le dire à haute voix le rendrait trop réel et en même temps, ça me rendrait encore plus vulnérable. Je ne voulais pas courir le risque de souffrir, ou d'être rejetée. Je ne voulais même pas savoir à quel point une personne peut avoir du pouvoir sur moi de cette façon. Un jour, j'aurai sans doute à y faire face, peut-être. Pas aujourd'hui. Pour l'instant, j'étais devant la porte de Lily sans même me rappeler avoir transplané pour m'y rendre. C'était stupide et dangereux de ne pas être complètement concentré en transplanant. J'aurais pu avoir un accident ou me désartibuler comme une idiote. Je devais vraiment foutre Sirius hors de mes pensées. J'espérais que passer du temps avec ma meilleure amie allait m'y aider. Je levai ma main pour cogner à sa porte lorsque la porte s'ouvrit sur Lily. Elle avait sa grosse valise de Poudlart à ses pieds.

- Finalement! Je t'attendais une heure plus tôt!

Elle me serra affectueusement dans ses bras, utilisant sa baguette pour refermer la porte derrière moi après que j'entrai.

- Désolé, je suis passée voir Marlene d'abord.

- Oh, ok. Allons-y et ensuite tu pourras me raconter comment ça a été.

- Et il y a beaucoup à dire. Allons-y, prends mon bras.

Je transplanai avec elle dans le jardin de grand-mère, pour lui montrer la maison avant que nous n'entrions. Ma grand-mère vint l'accueillir avant que je ne lui fasses faire le tour de la maison. Lorsque nous arrivâmes à ma chambre, je l'aidai à défaire sa valise en discutant de ma conversation avec Marlene. C'était tellement bien d'avoir Lily avec moi ici, les journées passèrent rapidement, entre le temps passé à aider grand-mère dans le jardin, nos séances de lecture dans la vieille balançoire sur le porche, nos longues discussions...