Yo !

Alors cet OS … Je sais pas s'il a beaucoup d'intérêt.

J'essaie d'éviter de passer moi-même la soirée qu'Eren y passe en écrivant, mais j'ai pas l'impression que les mots suffisent à dire la détresse plate et la frustration qui fait mal aux épaules.

Donc … C'est pour la Nuit du FoF.

Sur le thème Judicieux.

Léger TW dépression.

Apparemment, c'est ma faute

Il est trop tôt pour dormir et trop tard pour sortir.

Les bars ont fermé.

Il est vingt-deux heures dix et les voisins ont tapé contre le mur parce que la musique était trop forte. T'as mis tes écouteurs et t'as envie de taper des pieds, de danser jusqu'à en crever, de crier et de chanter.

Y a tellement de trucs en toi qui demandent tellement fort à sortir.

Mikasa et Armin et ta mère parlaient de crise d'adolescence, mais t'as vingt-et-un ans depuis un mois et ça s'arrête pas. Ce truc qui vibre, qui te brûle de l'intérieur.

Et t'es face à un choix, un choix facile.

Laisser passer, regarder un film et te faire des pâtes. Attendre demain, parce qu'apparemment ça ira mieux demain.

Tu veux juste sortir, appeler Jean et lui dire « viens on se met une mine », tu veux juste sentir tout tellement fort que tu sens plus rien.

Laisser passer, attendre, c'est le choix judicieux. L'autre, c'est de boire du whisky à la bouteille assis sur le carrelage du coin cuisine en te défonçant les oreilles avec le volume à fond dans tes écouteurs.

Il pue, ce choix. T'es pas assez con pour te dire que c'est une bonne idée. T'imagines, et tu te dis que t'as toujours imaginé, enfin, tu vois.

La femme qui pleure adossée à son lave-vaisselle en vidant une bouteille de vin.

Le tableau du désespoir, quoi, tu le vois, et quand tu te le représentes t'as l'impression que y avait pas de choix. Pas d'autre option. Que la personne qu'en est arrivée là, elle est tellement plus malheureuse que toi, parce que toi tu vas bien, tu vas assez bien pour y voir clair.

Tu te demandes comment c'est possible.

D'être à ce point lucide, et d'avoir quand même envie.

Tu supportes pas bien l'alcool. Tu sais, tu vas être bourré en deux minutes, ce sera bien une demi-heure et puis tu vas avoir la nausée, et peut-être que tu vas pleurer, ce sera un moment affreux où tu continueras à boire en espérant que ça passera mais ça passera pas, et après t'auras juste la nausée et l'esprit trop sobre pour ne pas être triste, t'arriveras pas à dormir et ta tête tournera quand tu fermeras les yeux, mais tu seras trop fatigué pour bouger alors tu resteras juste allongé au sol, à te dire que le carrelage te glace le dos sans réussir à avoir vraiment envie d'aller jusqu'à ton lit, sans réussir à avoir envie d'aller mieux, parce que tu penseras plus qu'à cette migraine qui te bouffe le crâne et empêche le reste.

Quelle. Idée. De merde.

En fait, tu pourrais aussi appeler Armin. Ou Mikasa. Ou n'importe qui. SOS Amitiés. Quelque chose.

Tu pourrais, si tu voulais, tu crois que tu pourrais essayer de trouver une troisième option, une qui pue un peu moins l'angoisse que le reste.

Merde.

Merde, tu penses quand tu prends la bouteille dans ton placard et t'assieds à même le sol, merde, je vais vraiment faire ça ? Tu te demandes si tu choisis, si tu réussirais à ne pas faire ça si tu te forçais.

Tu penses à la fatalité. T'y a jamais cru.

Tu sais. C'est pas le choix le plus judicieux. C'est le pire que tu pourrais faire.

Tu dévisse le bouchon. Tu soupires. Et tu souris.

Ouais. Je fais vraiment ça.

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