Disclaimer : Tout est à JK. Rowling.

NDA : Salut, désolé pour le retard, mais ce chapitre était compliqué à écrire. J'ai galéré, je ne voulais pas qu'il soit trop sombre, mais pas trop léger non plus, j'ai eu du mal à trouver un équilibre. J'espère que c'est réussi. (Bon j'avoue, j'ai aussi passé beaucoup de temps à hanter cette plateforme et AO3…) En tout cas, merci pour vos Reviews et encore désolé pour l'attente.
[Le chapitre est un peu plus long, du coup.]

Réponse aux Reviews :
Amaniel : merci, moi aussi =)
MissMPREG : Il est classe, hein ? Je préfère l'imaginer avec les cheveux noirs et détachés, en cascade. Un peu plus bas que les épaules.
Patience, pour la séance spéciale, c'est dans ce chapitre.
Moi, je l'aime bien, Peeves. Il va revenir dans mon histoire, sûrement.
Beuh… ce n'est pas gagné.
Guest : Katymyny… Je ne l'avais pas lu, tu m'as donné envie de le faire, alors je l'ai lu, et j'aime bien. (Cette fiction est une des raisons pour lesquelles je n'ai pas beaucoup avancé la mienne mdr) Ah et au fait, t'es complétement dingue dans les Reviews de cette histoire =') Pour info, sache que je n'utilise normalement pas Lirok en tant que visiteur fantôme, c'est normal si tu ne me vois pas. Mon alter égo est plus fréquent sur le site. =) Bonne lecture.


Chapitre 9

Severus, qui guettait mon arrivée, relève la tête d'un mouvement brusque et lance en me poignardant du regard : « T'es en retard ! ».
Merci Sherlock.
(Je n'avouerai jamais apprécier les lectures moldues que me passe Lily. Jamais.
…Pandora et moi sommes secrètement fans de l'Auror privé.)

« Je sais, désolé. Je me suis fait coincer en sortant du dortoir par la nouvelle Préfète-en-Chef, elle avait besoin de mon aide.

— Pas étonnant, les Sang-de-bourbe ne peuvent jamais rien faire tout seul ! Ils ont besoin qu'un Sang-Pur leur fasse tout le travail. »
Sur ces paroles bien senties, Sev ricane amèrement.

Il semblerait qu'il ait décidé de cracher son venin sur les Sang-de-… les Né-de-Moldu. Un moyen d'oublier Lily ? Je me mords l'intérieur des lèvres et me force à ne rien dire. Je ne tiens pas à me disputer avec un de mes rares amis. Je ne peux pas lui dire que je trouve Lori sympa pour une Préfète. Ni que son comportement est ridicule et immature. En clair, tout ce qu'il déteste chez Potter et mon frère.

Il enchaîne en me dévisageant d'un air suspicieux : « Tu ne les as pas oubliés, au moins ?

— Bien sûr que non. »
Je lève les yeux au ciel, exaspéré. Mon air outré l'amuse ostensiblement. En même temps, les avoir est le but de cette mascarade ! D'un mouvement d'épaule, je pose mon sac sur le sol, l'ouvre et commence à sortir son contenu.

Relevant la tête au milieu de l'opération, je lance à Sev d'un air narquois : « Allez Princesse, ton chevalier servant est arrivé. Déshabille-toi.

— Oh la ferme ! me répond-il d'un air las. »

Il s'exécute néanmoins. Je le regarde quelques instants enlever sa cravate verte et agripper les pans de sa robe de sorcier. Robe noire froissée, usée, délavée. Il a dû l'acheter au Magasin de Robes d'occasion. J'avais proposé de lui en acheter une, une fois. Il m'avait pratiquement insulté. Je lui en avais donc offert une par hibou à Noël une fois. Mais il a beaucoup grandi depuis trois ans. Faudra que je reprenne discrètement sa taille.

Je me remets à sortir précautionneusement les fioles du sac. Je ne tiens pas à en casser une, il n'y aurait pas le temps d'en refaire avant au moins deux mois. Le sac vidé, je relève la tête.

Et étouffe un cri d'horreur.

L'état de Severus est lamentable. Bien pire que les autres années. Son corps est strié d'hématomes et d'ecchymoses violets, bleus, jaunes ou verts. Sûrement causés par des coups : de pied, de poing, de ceinture, de canne. Je soupçonne un tesson de bouteille d'être l'auteur de la coupure irrégulière plutôt profonde et mal refermée qui zèbre sa cuisse droite. Elle doit le gêner pour se déplacer. Je grimace en constatant que d'anciennes cicatrices se sont aussi rouvertes.

Avec effroi, je découvre alors que son visage n'a pas été épargné. Sev l'a simplement caché avec du maquillage d'abord, un sortilège ensuite. Son dos et son ventre sont les plus marqués par l'hécatombe. Particulièrement meurtris. Ce seront donc les premières zones dont je m'occuperai.

Mon ami ricane sombrement alors que je m'approche, fioles en main : « Pas glorieux, hein ? »

J'acquiesce silencieusement et applique trois flacons de potion désinfectante. Mon aîné serre les dents tandis que le liquide violet fume et, je le sais, pique la peau désagréablement. D'autorité, je lui tends un philtre calmant qu'il avale avec une grimace sans discuter. Toujours eu un goût immonde, ces potions.

Vu son état, je lui filerai bien une potion de sommeil sans rêve pour pouvoir le traiter tranquillement pendant qu'il est inconscient, mais je ferai sans. En revanche, cette potion ne sera pas de refus pour lui permettre de récupérer plus vite et mieux. Il faudra que je demande à Pomfresh de m'en passer une demain. Elle le fera volontiers.

L'infirmière de l'école sait ce que subit Sev chez lui. Elle a fait part une fois de ses inquiétudes au Directeur pour la santé et le bien-être de son patient avant les vacances d'été, mais ce dernier a pensé qu'elle dramatisait. Il ne s'inquiète pas vraiment pour les serpents. Il s'inquiète plus de l'orage qui gronde et de la Guerre qui guette.

Je ne le blâme pas, c'est un homme important dans le monde magique. Mais bon. Son occupation première, c'est quand même directeur d'une école, nom d'un chaudron ! Madame Pomfresh a bien fait savoir son mécontentement à l'infirmerie ce jour-là, pestant des heures entières contre « l'attitude bon enfant voire naïve de ce vieux fou ».

Depuis, Sev refuse catégoriquement qu'elle le soigne, cette tête de mule. En même temps, cette femme est terrifiante. Dans son infirmerie, elle ressemble à un dragon dans son antre. On ne dirait pas à la voir comme ça, toute mignonne, l'air inoffensive derrière ses yeux bleu clair, presque transparents… et ses longs cheveux blanchissent un peu sous sa coiffe.

Lily, elle, n'a jamais connu l'étendue du désastre. Elle soupçonne seulement que quelque chose ne va pas dans la famille de Severus. Elle serait terrifiée si elle savait. Sev a trop honte d'en parler à qui que ce soit, de toute façon. Je ne l'ai su que par hasard, finalement.

Perdu dans mes réflexions, je continue mon traitement.
Je lui fais boire une potion de régénération de la chair et une de régénération sanguine pour les blessures les plus graves.

J'applique avec parcimonie une pommade de cicatrisation rapide de haut niveau pour sa cuisse et les pires parties lacérées de son dos.
Sev ne peut se retenir de gémir de douleur à ces moments-là.

J'utilise aussi le sortilège d'Episkey pour les blessures mineures sur ses mains et son visage. L'alternance chaud intense et froid glacial lui tord désagréablement la bouche.

Enfin, j'applique généreusement sur des parties entières de son corps une pâte de couleur orange pour guérir les blessures superficielles, et je me recule pour laisser la lotion agir.

Un silence un peu gêné s'est installé. Je sais que Sev n'aime pas que je fasse des commentaires lorsque je le soigne. Par contre, discuter après lui fait du bien, ne serait-ce que pour qu'il puisse exprimer un peu ses émotions refoulées. Il n'y a qu'avec moi qu'il se le permet. Parfois. Peut-être qu'aujourd'hui est un de ces jours.

J'essaie donc tant bien que mal de démarrer une conversation :
« Il ne t'a pas loupé cette année. Les vacances ont dû être dures si tu n'as pas pu aller te réfugier chez Lily de temps en temps.

— Si seulement c'était le pire… » crache-t-il, amer, la tête dans ses mains.

Il se retourne puis m'assène durement, plein d'une rage à peine contenue :
« Je suis sûr qu'il l'a tuée. »

Mes yeux s'écarquillent. La seule personne dont peut parler Severus, c'est…

« Je suis rentrée pour les vacances, et elle avait juste, disparue. Comme ça. Sûrement tuée dans un des accès de rage de cet alcoolique. Il aura fait disparaître son cadavre. »

Il éclate d'un rire hystérique, sans joie, puis déclame avec son ironie mordante habituelle : « Ci-gît quelque part, Eileen Prince, Sang-Pur d'une noble et puissante famille sorcière, déshéritée pour s'être mariée et avoir conçu un bâtard avec un infâme moldu alcoolique et violent. »

Il secoue la tête après cette tirade, soudain au bord des larmes. Il chuchote presque :
« D'habitude, ma mère me protège de quelques coups et me prépare quelques potions pour me soigner au cours des vacances. Là, j'ai à peine eu accès au laboratoire… »

Je le dévisage, muet. Rien de ce que je pourrai dire n'apaisera sa peine, sa souffrance. Je ne peux que lui faire comprendre que je suis là, s'il le veut. Il en a besoin.

Parce que je sais ce qui arrive ensuite dans ces discussions où Sev parle de sa famille. La haine de soi. Profonde. Celle qui te submerge après coup. Qui te coupe le souffle. Parce que tu n'as rien pu faire. Là, ça va être puissance 1000. Parce que sa mère est morte. Il ne pourra jamais la sauver.

Et en effet, la colère et le dégoût le prennent d'un coup : « Je ne peux même pas en parler à Rosier, Mulciber et Yaxley. Ils se fouteraient de ma gueule, ces connards. Un bâtard de Sang-mêlé même pas fichu de se protéger des coups de son Moldu de paternel ! Avec une Sang-Pur de mère qui se laisse frapper et même tuer par ce foutu salaud. Tu parles d'un Serpentard ! Tu parles d'un Sorcier ! Juste un putain de faible ! Un faible, inutile, lâche. Lâche, bordel ! Lâche ! »

Il crie à pleins poumons, ses larmes coulent. Je le laisse décharger sa haine, crier sa souffrance, hurler son impuissance. Longtemps. De son attitude, de sa voix, de son visage percent la rage de l'impuissance. Et la haine. Mais aussi sa honte. Sa gêne. Son humiliation.
Sang-mêlé.

Une proie parfaite pour les Mangemorts. Je sais que Lucius et Abraxas Malefoy s'intéressent à lui pour son talent en potion. Ils ont même prévu de lui payer sa maîtrise dans ce domaine.

Je grimace. Lily, seule personne capable de le canaliser, n'est plus là pour le retenir de courir sur la mauvaise pente. Il n'y a plus que moi pour essayer et je sens que c'est perdu d'avance.

Je n'ai jamais autant eu envie de tuer quelqu'un à cet instant, pas même ma Mère. Je prie pour ne pas croiser Tobias Rogue dans les prochains jours, ou je finirai à Azkaban pour torture et meurtre d'un Moldu. Si Sev ne s'en occupe pas avant…


Après avoir retiré la pâte orange et graisseuse, Severus se rhabille rapidement puis s'effondre dans un des fauteuils de velours vert, vidé de toute énergie, ses yeux rouges contrastant avec son visage plus pâle que d'habitude. Maigre et pâle comme il est, il ressemble à un fantôme délavé.

Je fronce les sourcils. Suite à une longue privation, le corps doit se réhabituer à manger. Sev se fait avoir à presque chaque rentrée. Je serai étonné s'il n'a pas vomi ce qu'il a pu avaler hier soir et ce matin.
Je m'en occuperai demain… Pour le moment, il faut qu'il se détende.

« Le traitement devra se prolonger pendant au moins un mois une fois par semaine, le temps que tout guérisse bien. Ça me fera l'occasion d'exercer mes compétences de futur Médicomage.

— Exercer tes compé… Pff… Tu peux juste aider Pomfresh à l'infirmerie pour ça, tu sais. Pas besoin de te fatiguer avec moi.

— C'est vrai, je pourrais, mais elle ne me laissera jamais expérimenter mes nouvelles potions de soin, elle.

— Mpf ! Je sais, je suis ton cobaye préféré, irremplaçable.

— Je reconnais que tu es un bon entrainement. »

Mon but après une séance spéciale est de détendre l'atmosphère. Peu importe le tragique de la situation. Parce que si on ne rigole pas, ça nous dévorera. Cachant mon air triomphant, je me retourne et farfouille mon sac. J'ai réussi à amener un sourire fatigué sur ses lèvres.

Plus qu'à délivrer le coup fatal.

Je lui tends une dernière fiole. Suspicieux, parce qu'elles ont pratiquement toutes mauvais goût, il m'interroge : « C'est pour quoi, cette potion ? »

Je n'attendais que cette question. Les yeux pétillants de malice, je m'empresse de répondre : « Du shampooing spécial que je t'ai fabriqué. Severus, il est vraiment temps qu'une bonne âme se dévoue et te dise la vérité : tes cheveux sont une véritable catastrophe esthétique. Ça pique les yeux. Horreur, souffrance et agonie ne pourront jamais décrire suffisamment ce que ressent mon petit cœur lorsqu'il te voit dans un état pareil.

— Tu sais bien que si j'ai les cheveux comme ça, c'est à cause des vapeurs de potions dans lesquelles je suis plongé presque à longueur de journée. Maugrée-t-il entre ses dents, exaspéré.

— Et tu ne veux pas avoir les cheveux soyeux pour une fois dans ta vie ? fis-je avec ma plus belle tête d'innocent.

— Je t'emmerde, Reg !

— Moi aussi je t'aime, Sev. »

On se toise faussement en colère pendant quelques millièmes de secondes, avant que Sev ne craque et ne soit pris d'un fou rire incontrôlable. Je souris. J'ai gagné.

Il déteste que je l'appelle Sev, et je déteste qu'il m'appelle Reg. On est quitte. Même si je l'appelle toujours Sev dans mes pensées.
Niark, niark.

(Seule Lily ne l'agace pas lorsqu'elle utilise ce surnom. C'est elle qui lui a donné, la première. Nous, avec Pandora, on l'a juste repris. Il nous menace souvent en cachette des pires représailles si on continue à l'utiliser devant Lily. Et on s'en fiche royalement.)

Un peu de légèreté. Pour oublier. Pour faire semblant. Que tout va bien.


Nous nous installons confortablement sur les coussins de la SD, près du feu. Severus reprend son livre de potions, tandis que je me laisse bercer par le rythme de la pluie sur le toit. Quitte à dépasser le couvre-feu, autant carrément rester là pour la nuit. C'est mort pour rentrer, avec Peeves en patrouille.

Je me réveille en sursaut quelques heures plus tard, en sueur, haletant et avec des courbatures. Le visage d'une Sang-Né-de-Moldu de ma Maison et de mon année flotte encore devant mes yeux, les traits déformés par le Doloris. Marina Kaye. « Rien que mon imagination, chuchotai-je, je ne l'ai pas vu se faire tuer. Rien qu'un cauchemar… Rien qu'un cauchemar… »

Je frissonne en essayant de penser à autre chose. Peine perdue. Les images du raid de Mangemorts auquel j'ai assisté cet été me reviennent en mémoire, et m'assaillissent, encore et encore.

J'oublie qu'une guerre gronde. Mon subconscient vient de me le rappeler brutalement. La peur m'envahit. L'ambiance de notre Salle commune était lourde hier soir. Marina n'est pas revenue à la rentrée. Un autre Né-de-Moldu aussi, en sixième année. Davidson, je crois.

Deux familles entières massacrées mystérieusement. Sûrement un raid. Personne n'évoque le sujet ici. Ni les Serpentards, ni ceux des autres Maisons. Tout le monde s'en moque, car c'était des Serpentards, justement. On ne parle que des disparus des autres Maisons. Comme si ceux de chez nous n'existaient pas. Les Né-de-Moldu de la Maison se font de plus en plus discrets. C'est inquiétant.

3h20. Sev s'est endormi sur son livre. Je n'ai parlé de cela à personne. Peut-être que Sev m'écoutera. Mais s'il est recruté dans leurs rangs ? Je sais qu'Il recrute de très jeunes sorciers. Il y a un risque que Sev en parle à quelqu'un. Et qu'ils découvrent que j'ai fichu le camp alors que Mère n'a rien dit.
Non. Je ne peux pas.


« Je ne t'ai pas demandé, hier soir. C'est quoi cette nouvelle broche ? Ce petit serpent argenté est joli. » La question de mon ami m'attrape totalement par surprise. Je reste sans voix, et ne peux que vaguement balbutier l'avoir acheté pendant les vacances.

Évidemment. Évidemment que son regard d'aigle s'est posé sur ma nouvelle broche dès mon entrée ! C'est bien ma veine. Il laisse couler ma réponse malgré mon trouble évident.

Il n'est pas dupe : avec son sens de l'observation, je suis sûr qu'il sait que d'autres Serpentards ont la même. Je maudis ma négligence et la mémoire de Sev. J'ai intérêt à trouver une explication valable pour plus tard, et vite !

L'heure tourne. Réveillés tous deux aux aurores, on attend l'heure du petit-déjeuner. Premier cours de la journée, DFCM avec le nouveau prof. Espérons qu'il sera sympa.

Sev, lui, tourne paresseusement les pages de son livre. De temps en temps, il écrit un commentaire. Il a l'air calme, même s'il a mal dormi, lui aussi.

Je tente alors le début de l'Opération Réconciliation : Si Sev se réconcilie avec Lily, elle arrivera peut-être à lui faire entendre raison sur ses ˮamisˮ, Lucius et le Seigneur des… sur Voldemort. Voldemort. Merci Lori.

Donc, lancement de l'opération Réconciliation :
« Tu ne cherches plus à te réconcilier avec Lily ? »
Ah. Par Salazar, mauvaise approche. Je suis nul ! Crash de l'opération dès le lancement ?

Sev relève brusquement la tête. Il me jette un regard noir avant de répondre, acerbe : « Non ! Je refuse de continuer à perdre mon temps pour récupérer l'amitié d'une vulgaire Sang-de-Bourbe qui ne se rend même pas compte de la chance qu'elle a et de ce qu'elle perd. Autant me concentrer sur mes études, au lieu de cultiver une amitié inutile ! Je n'ai pas besoin d'elle. »

Ouah. Je savais qu'il était blessé dans son orgueil, mais je n'imaginais juste pas que c'était aussi violent.

« Et puis, cette année, je battrai encore Potter et Black aux examens ! Lucius et les autres ne pourront que reconnaître ma valeur.

— Tu ne rêves vraiment que d'être reconnu pour ce que tu es et pour tes capacités, hein. Remarquai-je, sans condescendance aucune.

— Tu es un Sang-Pur, Regulus. Tu n'as rien à prouver, à personne. Si je réussis à prouver ma valeur, mon utilité, même si je ne suis qu'un Sang-Mêlé... Le Lord m'aidera à devenir puissant, à étudier encore plus les potions et la magie noire. Avec le pouvoir, vient le respect. Et si j'obtiens ce pouvoir, Lily verra à quel point je suis doué, digne de son amitié, et elle regrettera de m'avoir laissé… Oh oui, elle regrettera. »

Ouais. Je me disais, aussi… C'était bizarre qu'il abandonne Lily. Bon, amorçons l'opération en douceur. Elle se forgera sur du long terme :

« Tu te berces d'illusions et tu le sais, Sev. Sois honnête au moins avec toi-même, si ce n'est avec moi. Tu meurs d'envie de te réconcilier avec elle, je te connais assez pour le savoir. »

Bon, pour la douceur, on repassera.

Si les regards pouvaient tuer, je serais déjà mort. Mais comme 'Sevy' m'aime bien, je ne me suis pas encore pris un Avada dans le dos. Il baisse la tête et triture son livre nerveusement. J'hausse les sourcils. J'attends.

De toute façon, je l'ai déjà vu au plus bas, profondément humilié, triste, pitoyable ou en colère. Il peut tout me dire, il a conscience que je ne moquerai jamais de lui dans les moments importants. Il ne me cache rien au cours de nos séances, il ne va pas commencer maintenant.

Finalement, il soupire et cherche mon regard :
« Pff… Laisse-moi rêver. Qu'est-ce que j'y peux, si elle refuse mes excuses ? Je HAIS Potter et Black ! Tout est de leur faute...

— Et tu crois que te jeter corps et âme dans tes études, et se dire qu'elle regrettera de ne pas être resté à tes côtés lorsque tu sera puissant y changera quelque chose ? Lily est têtue ! Tu te rappelles quand elle a voulu apprendre le sortilège du Patronus en 3ème année et qu'elle s'est entraînée sans relâche pendant 3 mois malgré tous nos avertissements ? Et qu'elle a fini à l'infirmerie pour épuisement magique ?

— Et qu'est-ce que je peux faire, hein, si t'es si malin ! T'as jamais été amoureux, toi ! Et tu n'as jamais eu besoin de te faire pardonner ! »

Bon argument. Je lève les yeux au ciel.

Tu pourrais commencer par arrêter de fréquenter tous les gens qu'elle désapprouve. Ai-je envie de lui crier, en le secouant dans tous les sens pour lui inculquer un peu de bon sens.

Comportement typique, finalement. Rejeter la faute sur un autre plutôt que d'admettre qu'on est un idiot et qu'on peut changer pour le meilleur.

On ne dirait pas comme ça, mais Sev est trop impulsif. Le plus calme, froid et calculateur de nous deux, c'est moi. Donc je ne peux même pas essayer de le convaincre de ne pas suivre cette voie. Il arrêterait complétement de me parler.

Lily lui disait tout le temps que c'était une mauvaise idée de traîner avec ces gens-là. Il répliquait à chaque fois que ce sont ses camarades de dortoirs, que Lucius est un de ses vrais amis… je ne pourrai pas changer son avis comme ça. Seule Lily pouvait le contredire aussi souvent sans le vexer.

Lucius ne m'inspire aucune confiance. Un vrai politicien. Il voit en Sev un allié, plus vraisemblablement un outil, pour achever ses ambitions auprès du Seign… de Voldemort ! Il ne veut qu'utiliser Sev pour son talent. Mais Sev est trop aveuglé par son besoin de reconnaissance pour voir ce simple fait. Sinon, pourquoi Lucius traînerait avec lui ? Je ne dis rien. Je n'ai pas d'idée pour arranger la situation.

Devant mon absence de réponse, Severus reprend en changeant de sujet : « En plus, James lui tourne tout le temps autour depuis l'année dernière. Il m'énerve, on dirait un cerf qui brâme pendant la saison des amours ! Mais bon, c'est amusant de regarder Lily le rebâcher violemment. » Ricane-t-il.

Je rigole aussi, en partie parce que je suis d'accord avec sa description, et en partie parce que Sev ressemble à un amoureux transi et jaloux qui se sent menacé par un rival. Un deuxième cerf, en fait !

Il termine : « Et puis, cette année, je découvrirai le secret de Lupin ! Je SAIS qu'ils cachent quelque chose, tous les quatre. Et quand j'aurai trouvé quoi, je pourrai me venger et les dénoncer.
— Je t'aiderai pour le secret. Pandora également. Même si c'est sûrement qu'ils sont les Maraudeurs.
— Je suis persuadé qu'il y a autre chose ! Et on le découvrira, foi de Serpentard ! »

Sur ces paroles, nous sortons de la SD et nous nous dirigeons vers la Grande Salle pour le petit-déjeuner.