Tout d'abord et avant tout, je tiens à vous souhaiter à tous et à toutes de bonnes et heureuses fêtes de fin d'année.
Merci pour votre fidélité malgré ma présence épisodique ces dernières années. Ça me touche énormément.
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Merci à tous pour vos retours sur mon dernier OS sur le recueil " Free to be you and me"
Merci aux nouveaux lecteurs d'avoir donner sa chance à mes histoires.
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Merci à Cha ma loyale beta
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Enjoy.
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Chapitre XIX : " Trop vivant "
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Un bâtiment moderne tout en briques et de larges fenêtres avec un perron double qui mène à l'accès principal tout ce qu'il y a de plus banal. Il n'y aurait le panneau d'entrée et quelques voitures de patrouille alignées sur le parking, rien n'indiquerait que l'immeuble devant lequel vient de se garer Dean abrite le département de la police de Sioux Falls.
Quand la double porte s'ouvre automatiquement sur lui, il est immédiatement happé par le bruit des téléphones et des voix qui s'entremêlent. Dans la salle d'accueil, deux hommes et une femme attendent, silencieux, Dieu seul sait quoi sur l'un des bancs qui longent les murs. Derrière le comptoir et sa fenêtre de sécurité se tient un officier au visage rond et crâne chauve écoutant patiemment les doléances d'une femme au bord de la crise de nerf.
Dean ne cherche pas à savoir de quoi il retourne, il en est encore à essayer de réaliser la raison de sa présence entre ces murs.
Une porte sur la gauche s'ouvre sur deux policiers. Ils rient en se dirigeant vers la salle arrière et sa dizaine de bureaux en plateau ouvert à moitié désertée.
Il jette un regard furtif sur l'horloge murale : 20 heures 12.
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" Dean ", l'interpelle une voix féminine.
Il se retourne et voit venir vers lui un officier, casquette sous le bras.
" Donna ", entre soulagement et appréhension.
Donna devenue par la force des choses et des chasses bien plus qu'une simple agent de liaison, sans pour autant être une amie.
Elle lui tend la main qu'il serre après une seconde d'hésitation.
" Suivez-moi ", en l'y incitant d'un mouvement de la tête.
Trois paires d'yeux les regardent s'éloigner alors que la femme à l'accueil continue de hurler sur l'officier qui vient de décrocher son téléphone en ignorant royalement ses vociférations.
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Donna pousse une porte qui donne sur un couloir que Dean connaît bien pour l'avoir déjà emprunté plusieurs fois. Histoire de ramener en cellule quelques fugitifs trop récalcitrants ou dangereux.
Deux salles d'interrogatoires et une salle de réunion qui sert aussi de réfectoire bis. Au fond, la porte de l'ascenseur qui mène aux cellules situées à l'étage inférieur.
" Entrez ", l'invite-t-elle en lui indiquant une chaise.
Quelques gobelets en plastique vides traînent sur la table ainsi qu'une boîte de Donuts aux trois quarts pleine.
Dean ne peut empêcher de sourire. Une image tellement clichée de la police et pourtant si vraie.
" Café ? " lui propose-t-elle en se servant.
" Donna... ", comme une invitation à en dire plus, tout en croisant les bras et se calant contre la table.
" Bien ", en se retournant face à lui, fesses en appui contre le bord du petit meuble. " C'est une patrouille de la route qui nous l'a amené au poste en début de soirée. Un chauffeur nous a contacté après avoir volontairement barré la voie avec son tracteur pour le protéger. Il le disait désorienté et agressif. Quand la patrouille est arrivée sur place, le routier a indiqué qu'il s'était calmé et, depuis, s'était muré dans le silence… Le sergent Martin a heureusement vite fait le lien. Ils sont plus de 300 vétérans sans abri dans la région, alors à force…", mots en suspens avant de boire une gorgée.
" Il n'est… Il n'est plus sans-abri ", la corrige Dean, les yeux figés sur le bout de ses chaussures.
" C'est ce que j'ai pu comprendre ", en glissant son index sur le bord de son gobelet. " J'étais en charge des admissions à son arrivée ", mimant des guillemets de sa main gauche. " À ma grande surprise et plus encore à celle de mes collègues qui n'ont rien pu en tirer, il a décliné son identité assez facilement… J'ai jeté un coup d'œil sur ses effets personnels et quand j'ai vu le téléphone, je lui ai demandé si je pouvais contacter quelqu'un… Je ne vous dis pas ma surprise quand il a cité votre nom ", avec un doux sourire.
" Comment… comment va-t-il ? ", en croisant son regard.
" Il a l'air… d'aller…", peu convaincue. " Il est en salle d'interrogatoire avec un de mes collègues… Je me suis dit que les barreaux n'étaient probablement pas la meilleure idée ", en se redressant avant de vider son gobelet.
" Merci, Donna ", en la regardant le jeter dans la poubelle d'un geste lâche.
" Il s'en sortira avec une simple amende pour cette fois ", rajoute-t-elle en ouvrant la porte. " Il en a déjà assez bavé comme ça, on n'allait pas en plus lui salir son casier ", en sortant. " Pour cette fois... ", précise-t-elle, lui faisant comprendre par là que ça ne devait pas se réitérer.
Dean se contente de la suivre en fixant la queue de cheval blonde qui se balance dans le dos du sergent.
" Amenez-vous, Winchester ", lui intime-t-elle.
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Le jeune policier s'approche de lui avec maladresse et lui tend un gobelet d'eau. Dubitatif, Castiel lève lentement la tête pour croiser son regard.
L'homme l'incite à accepter.
" Merci. "
" Pas de quoi ", en reprenant son poste près de la porte, à deux pas du distributeur d'eau.
Castiel vide la moitié du gobelet pour ensuite faire rouler distraitement l'autre moitié du liquide contre les parois de plastique.
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Un long, très long silence s'ensuit jusqu'à ce que deux coups sur la porte les fassent sursauter.
Le policier s'écarte pour ouvrir et laisser entrer Donna, suivie d'un homme qui lui est inconnu.
" Merci, Hachton, je vais m'en occuper ", le renvoie-t-elle gentiment.
" Sergent ", en se redressant pour la saluer. " Monsieur ", deux doigts sur le bord de sa visière en fixant Castiel.
Il hoche la tête pour remercier Dean quand il s'éloigne de l'embrasure pour le laisser passer.
" Je vais vous laisser… On se retrouve à l'accueil ", les abandonne-t-elle en refermant la porte derrière elle.
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Castiel n'a pas quitté son gobelet des yeux. La tension est tellement palpable qu'on pourrait la trancher au couteau.
" Je peux savoir ce qui t'a pris ? ", balance Dean, glacial, adossé à la porte.
Pour toute réponse, Castiel vide son gobelet avant de l'écraser.
" Je te parle, PUTAIN ! ", explose Dean en se ruant vers lui et l'obligeant à lui faire face. " Qu'est-ce que tu foutais sur cette putain de route ? ", hurle-t-il de plus belle.
" Fous-moi la paix ", sur le même ton. " Foutez-moi TOUS la paix ", vomissant sa rage.
" Continue à faire l'abruti et c'est ce qui va arriver… C'est ce que tu veux, c'est ça ? ", fulmine Dean.
" CE QUE JE VEUX, C'EST CREVER ! CREVER, TU COMPRENDS ?!", crachant son désespoir à la figure du chasseur.
Dean en reste sans voix, le visage pâle.
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" Je suis plus rien… Je ne sers à plus rien… J'ai essayé de les sauver, je suis retourné là-bas parce que je voulais les sauver, les ramener à la maison ", les larmes aux yeux. " J'ai échoué… je les ai abandonnés… Je vous ai tous abandonnés… et je n'y arrive plus… Je n'y arrive plus ", en s'attrapant les cheveux et serrant son visage entre ses bras.
" C'est des conneries tout ça, Cass ", rétorque Dean en se laissant tomber à genoux. " Des conneries, tu m'entends ? ", en le secouant. " Tu ne les as pas abandonnés… Ils sont des centaines, des milliers à être rentrés au pays en vie grâce à toi."
" QUELLE VIE ?! ", en le repoussant, les joues noyées d'un chagrin trop longtemps retenu. " La même que la mienne ? ", avec dégoût. " Regarde-moi ", en se frappant la poitrine. " Mort ou vivant, quelle différence quand on est crevé dedans ? ", en essuyant rageusement ses joues d'un revers de manche.
" T'es pas crevé dedans, mec ", en posant sa main sur sa joue, essuyant ses larmes du revers du pouce. " T'es juste trop vivant. "
Il entend Castiel étouffer un rire dépité avant de laisser retomber son front sur son épaule, abattu.
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" Tu as déjà vu le grand Canyon, Cass ? ", relance Dean après quelques secondes.
Il sent le non dans la caresse de ses cheveux sur sa joue.
" On devait y aller quand j'étais môme, c'est tombé à l'eau comme la plupart de nos projets à l'époque… Depuis, j'espère toujours qu'un fugitif aille se perdre de ce côté-là, mais faut croire que le destin est un sacré connard… Du coup…", en prenant son visage en coupe et l'écartant.
Face à face. " Ça te dit ? ", en relevant un sourcil interrogateur. " Toi et moi, en roadtrip ? Le grand canyon ? "
Castiel le regarde, incrédule, encore écrasé par le poids de sa colère vomie et secoué par ce brusque changement de sujet.
" Timing de merde, c'est ça ? ", rajoute Dean avec maladresse. " Désolé… Oublie ça ", en laissant glisser ses mains sur ses joues en même temps que ses yeux vers le sol.
" Dean ? ", d'une voix hésitante.
" Oui ? ", en prenant appui sur ses genoux, prêt à se relever.
" Sur cette route… ", commence-t-il.
Dean ne dit rien et attend.
" Je voulais redevenir invisible…et puis j'ai vu ces voitures et ces camions… Cela aurait été si…si facile… ", regard lointain, perdu dans l'instant mémoire.
" Que s'est-il passé ? " relance Dean, les tripes nouées devant son soudain silence.
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" Tu rentreras, mon ami… Tu brûleras cet uniforme et retrouvera ce Dean dont tu ne cesses de me parler depuis ton retour… Tu mérites cette paix. "
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" J'ai eu peur ", en croisant pour la première fois ses yeux.
" Okay ", finit par répondre Dean.
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Si ça, ce n'était pas un putain d'espoir…
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Ils ont récupéré ses effets personnels et signé un tas de papier. Donna n'a pas cessé de mettre Castiel en garde avant de lui tendre une liste de numéros de téléphone d'urgence. Castiel n'a cessé de murmurer des oui, Madame…merci, Madame… Dean a dû prendre sur lui pour ne pas éclater de rire devant sa mine d'enfant grondé.
Elle les a regardés partir en souriant. Le chasseur, mains dans les poches de sa veste pour ne pas se ruer sur les poignées du fauteuil. L'ex-soldat poussant sur ses bras pour avancer malgré sa fatigue évidente.
" Dumbass ", marmonne-t-elle en regardant la porte se refermer sur eux.
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Dean contacte Baker's house et tombe sur une Mildred morte d'inquiétude. Il la rassure. Elle le prévient qu'elle va téléphoner au docteur Visyak. Il ne peut qu'appuyer sa décision.
Pour noyer le silence du retour, Dean enclenche son lecteur-cassette. Un best off de Led Zeppelin les ramène jusqu'à la résidence. Castiel ne quitte pas la route des yeux, évitant ceux de son compagnon d'infortune.
" Tu veux que je reste ici ce soir ? " lui propose Dean au moment de sortir. " Je dormirai sur le fauteuil… J'ai l'habitude, ça ne me gêne pas ", renchérit-il.
" Ça ira ", refuse-t-il en ouvrant la portière-passager.
" Comme tu veux, mec ", soupire-t-il en sortant.
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La porte de la résidence s'ouvre sur Jimmy et Cesar.
" Ton comité d'accueil ", se moque-t-il gentiment.
" Dean ? ", avant de basculer dans son fauteuil.
" Quoi encore ? ", en roulant des yeux, mais de la tendresse plein la voix.
" Merci ", en plongeant ses orbes dans les siens.
" Y a pas de quoi ", après une respiration suspendue. " Mais je te préviens ", le menaçant du doigt. " Tu me fais encore un coup pareil et je te le laisse croupir au trou, capiche ? ", cachant mal son angoisse derrière ses airs débonnaires.
" Capiche ", avec un sourire un peu fané.
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Quand ils franchissent l'arcade du salon, entourés de Jimmy et Cesar, ils y retrouvent Mildred et le docteur Visyak en grande discussion.
" Monsieur Novak ", le salue le médecin.
Une pression sur son épaule et Castiel lève la tête vers Dean. Il y a dans ce bleu cet infime éclat de vie que Dean ne pensait plus revoir un jour.
Un trop plein de vivant qui déborde après avoir été confiné pendant des mois à l'ombre des trottoirs.
À trop vouloir vivre, on finit par vouloir mourir avant de se maudire de vouloir survivre.
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Mildred relit pour la quatrième fois le même début de chapitre. En désespoir de cause, elle ferme son livre en expirant. Jimmy lève les yeux de son journal avant d'y replonger aussitôt.
Elle se lève et rejoint Cesar et Abner dans le salon. Ils parlent base-ball tout en regardant un match de basket. Elle préfère ça au silence, même si elle ne comprend pas la moitié de ce que les deux hommes racontent.
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Moins d'un quart heure plus tard, Visyak sort de la chambre du fond. Mildred se lève aussitôt pour aller à sa rencontre.
" Eleanor ? ", inquiète.
" Ça va aller ", la rassure-t-elle en posant une main sur son avant-bras.
Mildred l'interroge du regard. Elle a bien conscience que ce qui se passe entre Visyak et ses patients doit rester confidentiel, mais elle a besoin d'en savoir plus.
Il en va de la sécurité de ses résidents et tout particulièrement de Novak. Il en va de sa responsabilité surtout.
Elle refuse de revivre le même drame. Les mêmes non-dits qui ont fini par coûter la vie d'un de ses résidents, retrouvé pendu dans sa chambre trois ans plus tôt.
Visyak lit cette accusation silencieuse dans chacun des traits de ce visage familier.
" Soyez patiente ", en resserrant sa prise. " La transition abrupte qu'il vit en ce moment est difficile à gérer pour lui, mais gardez la foi ", alors que Mildred triture du bout des doigts la petite croix en argent qui pend à son cou.
Mildred soupire : Eleanor ne sait si c'est de soulagement ou de dépit.
" Il veut vivre, Mildred ", lui glisse-t-elle à l'oreille.
La main de celle-ci vient se poser sur celle du médecin.
" Merci ", soulagée par ces simples mots.
" On se voit demain ", en s'écartant.
" À demain, Eleanor… Merci pour tout. "
Visyak chasse les mots d'un revers de main.
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Mildred ne ferme pas l'œil de la nuit, attentive au moindre bruit, sursautant à chaque cri qui s'élève, chaque pas dans le couloir.
Il n'y a pas que Novak dont les nuits sont hantées.
Le lendemain matin, elle le retrouve assis avec deux autres des résidents dans la salle à manger. Il a le visage aussi chiffonné que le sien, mais le doux sourire qu'il lui offre à son entrée suffit à la rassurer.
Jimmy l'incite à les rejoindre. Pour la première fois depuis son arrivée, à l'exception d'un seul résident, tout le monde est présent.
Bien que restant silencieux, Castiel participe à la conversation il les écoute.
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Étendu sur la table de kiné, les mains serrées sur les rebords, Castiel attend, en short et T-shirt, les yeux ancrés sur le plafond de la salle de rééducation.
Il est surpris dans ses introspections par le retour de Corbett.
" Monsieur Novak, permettez-moi de vous présenter mon collègue et ami ", en jetant un regard en coin au visage barbu et rieur à sa droite. " Le docteur Caïn Hudson, votre orthopédiste… Il est ici pour prendre quelques mesures… après quoi nous pourrons reprendre où nous en étions restés ", mains calées sur ses hanches.
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" Enchanté ", le salue Hudson en lui tendant la main.
Les yeux bleu et malicieux du médecin percent les siens.
" Docteur ", en la serrant.
" Voyons voir ça ", en glissant la paire de lunettes de son crâne à son nez.
Il sort ensuite un mètre ruban, un crayon khôl et un petit carnet de la poche de sa blouse ainsi qu'un stylo.
" Je suis de la vieille école ", précise-t-il devant l'air suspicieux de son patient. " Je vais prendre les mesures et circonférences de vos moignons, de vos genoux ainsi que de vos cuisses. J'en aurai besoin pour constituer le manchon et l'emboîture de vos prothèses provisoires ", déroulant son mètre. " Vous devez savoir que vos moignons vont changer de volume, votre musculature et votre poids aussi, ce qui va nécessiter pas mal d'ajustements durant les premières semaines… mais nous reparlerons de tout cela le moment venu ", en prenant les premières mesures. " En attendant, mon collègue ici présent… ", prenant à témoin Corbett qui se tient un peu à l'écart " va se concentrer sur la partie rééducation pré-prothétique… Histoire de remuscler cette belle machine qu'est la vôtre ", en traçant quelques traits de khôl sur la peau laminée.
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Castiel se laisse manipuler sans rechigner, suivant chaque geste du médecin, ressentant chaque trait sur son corps comme autant de résurrections. Il grimace quand ce dernier lui plie légèrement les genoux. C'est la seule fois où Corbett intervient. Qu'il n'y ait aucun signe de rétraction en flexion grave est déjà en soin un miracle, il ne veut pas risquer de forcer sur des articulations bien trop peu sollicitées ces derniers mois. Mais ça, le professionnel en Hudson l'a déjà compris.
Aidé du kiné, ce dernier poursuit ses prises de mesure tout en les notant dans son petit carnet dont il fait claquer l'élastique une fois son travail terminé.
" Parfait… N'oubliez pas de continuer à porter vos réducteurs et surtout suivez bien ses conseils ", en pointant du pouce Corbett à sa gauche. " Vous êtes entre de bonnes mains ", en relevant ses lunettes sur son crâne. " On va faire de vous un homme neuf, monsieur Novak ", affirme-t-il, affable. " On se retrouve demain à mon cabinet après votre séance de kiné… Je dois réaliser un moulage de vos moignons avant de me pencher sur la confection de vos prothèses ", sourcils froncés, plongé dans ses réflexions.
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Il lui tend la main, salue d'un hochement de tête son collègue avant de quitter la salle d'un pas rapide.
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" À nous deux ", relance Corbett. " On va démarrer par un échauffement musculaire. Ensuite, on poursuivra par quelques étirements au niveau des genoux et, finalement, on terminera la séance par quelques push-up, histoire de renforcer la ceinture abdominale ", alors qu'il enfile ses gants. " N'oubliez pas ce que je vous ai dit… À la moindre douleur ou gêne, vous me faites signe ", en étalant de la crème sur ses mains. " Il ne faut en aucun cas forcer sur les muscles ou les articulations, c'est bien compris ? "
Castiel se contente d'opiner.
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Comme la veille, il obéit à toutes les consignes, reprenant peu à peu conscience de son corps, de cette part de lui devenue étrangère, portrait de ses échecs et de sa haine.
De la colère, il est passé à l'indifférence pour basculer imperceptiblement vers l'acceptation de cette enveloppe mutilée. De cette image tronquée.
Il aimerait qu'il en soit autant de l'enfer qu'est devenu sa mémoire. Il aimerait accepter le soldat sans ailes qu'il est devenu. En finir avec cette longue et douloureuse chute qui semble ne jamais vouloir cesser.
Il se recouvre le visage de son avant-bras.
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" Novak ? ", s'enquiert Corbett, en arrêtant de masser ses genoux.
" Ça va ", le rassure-t-il
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Et Corbett le croît…
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Fin de chapitre XIX
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En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain si le cœur vous en dit.
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Prenez bien soin de vous.
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A l'année prochaine.
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LOVE YOU
