Petit clin d'oeil à ma fanfic HP qui sera publiée aujourd'hui ! Ce sera Le Pouvoir d'un Nom, un Drarry/Pansmione/Blairon.


Harry/Drago

Cela faisait huit mois qu'ils sortaient ensemble. Couple inattendu et étonnamment apprécié de Rita Skeeter, ils n'en avaient pas moins reçu plusieurs lettres de menace. Harry s'en moquait, mais il voyait bien que cette médiatisation pesait sur Drago. Que la guerre lui pesait.

C'était encore pire ce soir-là. Harry avait décliné l'invitation de ses amis, comme chaque année, bien trop peu à l'aise à l'idée de célébrer la mort de ses parents, et Drago avait décidé de rester dans leur appartement, craignant que le principal concurrent de Skeeter, un homophobe assumé, ne lui invente une relation avec Théodore Nott ou Blaise Zabini. Pire encore, ne l'accuse de fomenter un complot de Néo-Mangemorts contre Kingsley.

Harry avait conscience de tout cela. Mais il savait très bien que tous ces non-dits, que tous ces tabous entre eux finiraient sans doute par avoir raison de leur couple. Harry était heureux avec Drago, il ne voulait pas que leurs choix passés sabordent ce qu'ils étaient en train de construire, lentement mais sûrement. Tout plutôt que ça. Tout plutôt que la guerre ne lui retire à nouveau quelque chose qui lui tient à cœur.

C'est pour cette raison que, alors que Drago venait de finir de préparer le repas, Harry creva l'abcès.

— Je suis désolé pour le Sectumsempra.

Pas de contexte, pas d'avertissement. Juste cette excuse nue, et le regard blessé et fuyant de Drago. Mais Harry savait qu'il le fallait. Que c'était nécessaire.

— Pourquoi tu fais ça ? murmura le blond en s'asseyant contre Harry, le repas oublié sur le plan de travail de la cuisine.

— On peut pas toujours tourner autour de ce qui nous gêne, Drago ; ça ne marche pas comme ça.

La tête contre l'épaule de Harry, Drago soupira. Il savait que son petit-ami avait raison, qu'il fallait qu'ils parlent pour que cela dure le plus longtemps possible. Même si c'était douloureux sur le moment, c'était ce qu'il y avait à faire sur le long terme. Alors il s'excusa, et parla de l'horreur que ça avait été d'avoir Tu-sais-qui vivre sous son toit, et des tortures qu'il avait dû infliger, et de comment il n'avait plus réussi à remettre les pieds au Manoir sans faire de crises d'angoisse ou de cauchemars dans la semaine qui suivait.

Puis Harry raconta les nuits blanches qu'il avait passées à pleurer ses morts, et sa culpabilité croissante jusqu'à ce que Hannah ne lui conseille une excellente Psychomage, et la fuite de Ron, et cette nuit du deux mai, dans la Forêt Interdite, cette nuit où Harry Potter est mort, et revenu.

— Tu sais, il m'a tué, cette nuit-là. Volde...

— Ne dis pas Son nom.

Et, bien que Harry n'ait jamais fait de concession sur ce point-là, il la fit. Il y aurait d'autres soirs pour débattre de l'importance de ne pas craindre un nom, d'autres soirs pour s'arracher les cheveux et rester campé sur ses positions. Ce soir d'Halloween n'était pas de ceux-là. Alors il continua, sans prononcer le nom fatidique, il continua jusqu'à ce que Drago le coupe en l'embrassant, marquant la fin de cette soirée de confidences.

Oui, il y aurait d'autres soirs, merveilleux comme infernaux, d'autres soirs où débattre sur ce point serait plus important, d'autres soirs pour apprendre à dire l'indicible, à nommer l'innommable. D'autres soirs pour apprendre à prononcer Son nom.