Bonjour à tous ! Entre le couvre-feu, puis le confinement, j'avoue que j'ai un peu plus de temps ; plus de sortie, plus rien du tout... Je suis assez chanceuse, mon travail m'oblige à être au bureau tous les jours ! Mais ils sont désespérément vides, les grands open-space sont plongés dans le silence, c'est déprimant. J'espère que tout se passe bien chez vous et que cette situation qui s'éternise ne vous font pas trop souffrir, et que vos proches vont bien.
Je vous souhaite un bon courage à tous, surtout et garder la pêche, ce n'ai que partie remise ! Courage ! :)
Je descends doucement les marches de la tour et arrive en bas sans m'en rendre vraiment compte. La mort est autour de moi, mais nous avons tout de même gagnée cette guerre. Oui, nous avons vaincu le mal aujourd'hui. Pourtant, rien n'arrête mes larmes, qui coulent sans mon ordre. Je marche en évitant les cadavres. Il y a un silence de mort, juste le bruit du vent.
«Maliha, si toutes les vies encore debout son là, c'est aussi grâce à vous. La vengeance de Thorin, le destin de cette lignée n'est en aucun cas votre fait. Votre tâche est de sauver le plus grand nombre de vie possible et non de les choisir… »
Les mots du magicien me rev ont en boucle dans ma tête, essayant de me faire une raison. Mais en voyant le carnage autour de moi, y avait-il encore assez de vie sauve? Je ne vois que la mort, sous toutes ses formes. Les corps en charpies, les flaques de sang, les visages défigurés, les membres arrachés, tous s'étale à perte de vue sous mes yeux brouillés par les larmes.
La perte de mes amis me fend le cœur, le souvenir de Thoriel tenant Kili dans ses bras, Fili tombant dans la neige sans vie, Thorin en sang aux côtés de Bilbon. Les images tournent dans ma tête et aspirent les derniers goûtes de lumière en moi.
Je sens une présence derrière moi, mais ne me retourne pas, je n'ai vraiment pas envie de faire la discussion, je n'ai pas la force de sortir un mot, et pour dire quoi au juste; ma dernière envie est celle d'être seule dans mon désespoir. La personne s'arrête à mes côtés sans rien dire. Je continue de perdre mon regard sur les cadavres, des elfes, des nains, des orcs… Aurais-je la force de voir ça encore? Dans mon monde, la mort est invisible, ce n'est qu'une idée, comme celle de la guerre, une idée lointaine que je n'avais vu que dans les films ou aux infos. Maintenant la réalité est là devant moi.
Au cours de mon ancienne vie, mon devoir était de concevoir des armes toujours plus efficaces, toujours plus mortelles… Je me rends comte aujourd'hui ce que ça fait d'en avoir une entre les mains et ce que cela peut engendrer… Un véritable carnage. Je m'en veux tellement à cet instant, d'avoir été un maillon dans la chaîne de la mort. Je m'étais toujours dit que c'était pour protéger mon pays, protéger le bien. La réalité et tout autre, et elle me glace le sang comme jamais.
Mes yeux ne coulent plus et j'ose alors tourner la tête vers la personne qui reste silencieuse. Je croise alors les yeux bleus de Legolas. Je le scrute de haut en bas, il est dans un état aussi pitoyable que moi, des gouttes de sang noir un peu partout et le visage sale.s Son regard ne laisse rien transparaître, toujours froid; nous nous regardons, ne sachant que dire. Je baisse alors les yeux sur les morts à mes pieds, incapable de tenir face à ce regard trop dur. Comme s'il lisait mes fautes, d'avoir formé mon mur devant la réalité de la guerre, d'avoir ignoré ma responsabilité dans les chacunes d'entres elles, et de ne pas avoir fait plus.
- Je… Commence, mais ma gorge s'étrangle.
Je sens les larmes et la tristesse m'envahir, mais aussi celle de la culpabilité. Pourquoi je n'ai pas pu en sauver plus? J'aurai pu être plus forte, j'aurai pu être plus féroce encore. Je prends mon visage pour cacher mes larmes de l'elfe qui doit me dévisager avec mépris. Mon cœur ne sait plus où il en est, la tristesse de la guerre, la perte de mes amis, mon attachement grandissant pour cet elfe. Ce mélange est tellement contradictoire et horrible que j'en perds pied.
Je le regarde encore, il est tellement beau se bleu, malgré le froideur de son expression, on se sent entouré par une chaleur de bien-être en le rencontrant. On oublie tout dans cet abîme couleur mer, son mal-être, ses erreurs, son anxiété et sa tristesse. Mais je n'y aurai jamais droit… Cette pensée me fend le cœur; non, je n'y aurai jamais droit. La douleur de ça lame me reviens, pourquoi est-il là? Pourquoi me regarde-t-il comme ça? N'en at-il pas assez vu? Non, il faut en plus qu'il me rappel combien de mort je n'ai pas pu sauver, la mort de Thorin, Fili et Kili, comme son père? Me faire regretter ce que je suis devenu… De toute façon, je n'ai pas besoin de son aide pour ça, c'est déjà le cas.
Je le détaille une dernière fois, ces yeux, son visage, l'aura qu'il dégage, qui fait frissonner et fondre mon cœur. Mais je dois enfouir tout cela, l'enfouir pour arrêter d'en souffrir, je n'ai pas le choix. C'est ma seule option. Je garderai un souvenir de lui pour l'éternité; je me souviendrai du dernier regard que j'ai posé sur lui tout au long de ma vie.
Je fais un signe de tête respectueux, qu'il me rend, puis commence à marcher droit devant pour rejoindre la cité des nains sans me retourner.
Le roi est mort, l'ensemble de sa descendance aussi, une lignée entière éteinte. Pieds d'acier à été proclamé roi sous la montagne. J'étais là, parmi les nains à pleurer Thorin, Fili et Kili en passant entre les tables de pierre ou était posé leur corps sans vie. Mais je crois que mon âme, c'est enfuit. Elle est partie loin, se refugier derrière un mutisme impénétrable. Plus les secondes, les minutes et les heures défilaient, plus je sentais mon âme s'enfuir dans l'obscurité pour ne plus souffrir.
J'ai enlacé Bard lui priant de prendre soin des hommes. Devenue seigneur de Dalle et de LacVille, titre qu'il mérite bien plus que l'autre homme que j'ai pu connaître, Bard reste et restera un homme droit et juste, j'en suis persuadée.
- Que vas-tu faire Maliha? Me demande-t-il.
- Je vais rentrer à Fondcombe et retrouver mon maître.
- Tu peux rester parmi les hommes ici, tu sais.
La tentation était grande oui, mais la simple idée de moi dire que je le verrai vieillir puis mourir met insupportable. Je ne le supporterai pas, pas après cette guerre. Je suis incapable de vire parmi les hommes…
- Je ne peux pas faire ça Bard. Je suis un titan, ma place doit rester auprès des elfes. Mais je reviendrais, tu as ma parole.
- Tu seras toujours la bienvenue ici, mon amie.
- Prends soin de toi et de tes enfants Bard, profite de cette nouvelle vie.
- Je n'y manquerais pas.
Bard est typiquement le genre d'hommes que j'aurai pu aimer, mais ça aussi ça met refusé. Tout est tellement sinistre, ma vie est sinistre. Et de toute façon, mon cœur à quelqu'un d'autre en tête… Je ne peux pas nier l'évidence.
Je suis resté avec Gandalf sur une partie du chemin de retour jusqu'au départ de Biblon. Je n'ai pas beaucoup parlé pendant le voyage, mais personne ne l'a vraiment fait… Nous étions tous trois peiné des ravage de la bataille, Bilbon tout comme moi avons laissé une partie de notre innocence lors des six derniers mois. Il ne sera plus jamais le même, je le lis dans ses yeux, quelque chose à changer et le ronge. La guerre à laisser des marques indélébiles au fond de nous.
Nous sommes arrivés dans la Comté au milieu de l'après-midi, le ciel était sans nuage et le soleil magnifique. Une journée parfaite…
- Je ne vous oublierez jamais. Me dis Biblon, me sortant de mon mutisme. Venez me voir si vous en avez l'occasion, vous serez toujours la bienvenue à Cul-de-sac.
- Je reviendrai avec grand plaisir Bilbon, j'espère vous revoir également. Je ne vous oublierez pas non plus, jamais mon ami.
- Prenez soin de vous Maliha.
- Vous également Bilbon, vous le méritez.
Je lui souris faiblement en le regardant partir vers chez lui. «Chez lui», vais-je rentrer chez moi? Fondcombe, est-elle ma maison? Gandalf me posa une main sur l'épaule.
- Je vous quitte aussi Maliha. Faite bonne route et ne désespérer pas, la mort est partout par les temps qui court et quelque chose me dit que le plus dur est à venir. Reposez-vous, récupérez vos forces et ne vous laissez pas gagner par trop de peine.
- Je vais essayer Gandalf. Lui faisant un triste sourire.
- À bientôt madame.
- Bientôt mon ami.
Je finis par prendre la route pour Imladris seule.
J'ai galopé aussi vite que j'ai pu, déversant des larmes dans la pluie et la nuit encore et encore. Mon cœur ne sera plus jamais le même, la tristesse, l'attachement naissant, la perte, tant de choses l'on traversé qu'il est épuisé. Trop d'émotion est passée dans mon cœur, plus qu'il ne peut supporter.
Après plusieurs jours de traverser en solitaire, accepter mon âme se dissoudre dans la noirceur de la tristesse, j'arrive finalement à Fondcombe, Glorfindel est là à m'attendre après le pont. Son regard est dur et plein de question avant même que je n'arrive à sa hauteur. Je crois voir passer de l'inquiétude quand nos regards se croisent. Je suis incapable d'être heureuse à cet instant, mon âme est trop loin pour que je ressente une émotion positive. Je saute à terre et marche doucement vers lui sans rien paraître. Nous nous fixons pendant de longues secondes sans rédiger de nous deux ne parle. Je sens la tristesse remonter et je détourne mes yeux, ne pouvant plus supporter les siens qui ont, de toute évidence percé à jour mon état. Glorfindel lie en moi; comme tous les elfes, je ne peux rien cacher.
Dans un élan sans retenue, je me jette dans ses bras. Je voulais juste sentir son aura réconfortante autour de moi; le soleil émane de Glorfindel, une chaleur de bien-être, comme les rayons d'un soleil de printemps. J'enfouis mon visage dans son cou et recommence à pleurer quand je le sens passer ses bras autour de moi. Je ressens le réconfort qu'il m'envoie, sa bienveillance et sa chaleur.
- Maliha. Il murmure à mon oreille en serrant son étreinte. Ton âme est lourde et débordante de peine…
- Il faudra que tu m'expliques comment vous les elfes pouvez lire l'âme humaine comme dans un livre… Je murmure.
- Dit-moi juste pourquoi tu es dans cet état?
Je soupire cherchant des mots, mais rien ne me vient. Les images remontent en moi, le sang, les cris, les morts à mes pieds, la perte, la haine, l'attachement,… Glorfindel ressert son étreinte, il lit en moi comme dans un livre ouvert… Il soupire.
- J'espère juste, ne pas revivre ça avant des années, par pitié donnez-moi du temps ...
- Nous ne pouvons pas savoir… J'en suis désolé.
Je soupire dans son cou en le serrant un peu plus.
- J'ai besoin de me reposer Glorfindel. Je suis si fatiguée… Trop de morts, trop de sang…
- Repose-toi autant de temps qu'il te faudra Maliha, tu as fait du bon travail, tu as honoré ton devoir, sache le.
- J'aurais pu faire plus…
- Ne te blâme pas avec des «j'aurais». Tu as fait ce que tu devais faire.
Je m'écarte de ses bras et croise son regard plein de tendresse et d'inquiétude.
Ce n'était pas une aventure, c'était une épreuve. Une épreuve qu'il me faut encaisser, tirer des leçons, tirer de l'expérience. Je dois forger mon cœur, mettre une barrière contre la souffrance, la perte, et même à l'attachement visiblement.
Thorin, Fili, Kili… Voir ses amis mourir… Combien de fois vais-je devoir voir cela… Comment réchapper à la perte des êtres chers?
Faite que mon cœur se taise, fait qu'il oublie, fait qu'il oublie tout, je vous en conjure Valars.
Une fois arrivée dans ma chambre, écoutant le silence autour de moi, la réalité me frappe. Le contraste est trop saisissant. Et voilà ? C'est fini je suis «juste» rentrée?! Je pose mon sac sur la chaise d'un mouvement lasse. Mon esprit n'arrive pas à passer du sang, à ma chambre… La en cet instant mon cœur ne comprends pas le changement radical, comme s'il ne, c'était rien passé, tout simplement revenu à la case départ, et hop sur passe à autre chose?! Sur oublie?
Je me laisse tomber lourdement sur le lit et recommence à déverser des larmes de douleur. Mon âme coule encore vers la noirceur et s'enfonce.
Vous êtes déjà dit que vous aimeriez changer de réalité? Ça a rencontré déjà arrivé avant d'être ici, souvent même. Je trouvais mon monde fade et bourré d'intolérance. Notre technologie nous a déshumanisés petit à petit, projetant la réalité à travers un écran. Ce qui avait été créé pour nous rapprocher finalement par nous désunir les uns aux autres.
Quand je suis partie, les nations engagées les «guerres de la soif», les pays sous-développés se battaient pour pouvoir boire. Mon quotidien tournait autour des 5 litres de consommation obligatoires par jours et de ce qui me restait d'argent par mois. En voyant sur mon écran, les dernières unes des journaux sur les grandes guerres. Mais cela restait derrière un écran. Aucune responsabilité ne nous atteint vraiment derrière un écran, nous sommes rattrapés par notre quotidien et notre routine. Mais le manque de «vivre» était là, jour après jour, la volonté de sortir de cette réalité virtuelle quotidienne.
Alors j'avais rêvé, rêvé d'être dans un autre monde, de changer de vie, de sortir de mon bocal.
Aujourd'hui, là devant tout se sang, cette mort qui s'était étalée à mes. Je ne savais plus, je ne savais plus si j'avais fait le bon choix, si mon corps, mon esprit serait toujours capable d'assumer d'être vivants, et de survivre aux autres. De vivre la réalité sans filtre, la guerre et la violence directement devant mes yeux et d'en être un acteur. Mon bocal me manquait, là en cet instant, mon quotidien, ma routine me manquait. J'ai appris ce que c'était de vivre, j'ai appris ce qu'était la mort, la vraie. C'est comme libérer un oiseau de la cage d'où il est né, il n'a jamais volé, n'a jamais vu l'espace sans frontière, n'a jamais vu le ciel. À force de nous masquer la réalité, on perdu le sens même de la vie et de la mort. Les retrouver est un choc dans mon âme,
Comment je pourrais m'en remettre? Comment pourrais-je recommencer et assumer?
Glorfindel était impuissant et Arwen tout autant… Le processus avait mis du temps à s'installer, petit à petit Maliha un sombrer. Glorfindel avait du mal à voir son âme d'habitude si pleine de vie, si extravertie et si vivante. Jour après jour, il la perdait de vue un peu plus, jusqu'à ne voir que le noir, un trou béant dans ses yeux.
Ils ne voyaient que l'ombre de leur amie, après plusieurs mois, elle ne sortait plus que pour manger un peu dans la nuit… Ne parlant plus ou très peu… Ils avaient peur de la voir dépérir de la voir sombrer définitivement, qu ' un jour elle ne sortirait plus du tout. Ils savaient qu'elle encaissait le choc, elle n'avait jamais vécu la guerre.
Glorfindel s'en voulait énormément de ne pas l'avoir confronté plus tôt aux batailles, mais Elrond lui avait ouvert les yeux en lui disant que ce n'était pas une choisi à laquelle on pouvait se préparer, on ne pouvait que l'affronter .
Arwen essayait pendant des heures de la convaincre de sortir, ne voulant pas l'abandonner à l'abîme, essayer de lui donner un nouvel élan. Même Aragorn et son sourire n'y fit rien, rien ne pouvait tirer Maliha de la tristesse et de l'horreur quelle avait vécu.
Je n'avais plus goût à rien, je m'étais enfermé dans un monde de ténèbres, qui tournait encore et encore. M'enfonçant jour après jour un peu plus dans une dépression noirâtre. Je voyais mes amis essayer de m'en sortir, mais rien ne pouvais m'en défaire, j'étais trop loin sans doute. Les images devant mes yeux étaient devenues grises et sans lumière. Passant le plus clair de mon temps couché sur mon lit à dormir, à pleurer, à me plonger dans les souvenirs douloureux. Mes nuits étaient que cauchemars, remplies de sang et de douleur.
Les images sanglantes tournaient dans ma tête, les questions montaient une par une. Pourquoi n'as-tu pas pu les sauver? Comment peut-on supporter la guerre? Pourquoi n'as-tu pas pu en faire plus? Comment vais-je faire pour supporter ça une éternité? Suis-je maudite? Je n'arriverai pas, je ne pourrais pas faire face à tout ça…
- Maliha?
J'ai reconnu la voix de Gandalf et le sens s'asseoir sur le coin de mon lit. Je n'ai pas la force de répondre. Je ne l'ai même pas entendu rentrer…
- Glorfindel s'inquiète de votre état et m'a demandé de passer vous voir.
Encore un silence.
- Vos amis s'inquiètent, et Aragorn se demande pourquoi vous ne jouez plus avec lui depuis votre retour.
Je le sens se lever doucement après un nouveau silence; entendant quelques pas vers la porte et prend mon courage à deux mains.
- Comment faite-vous pour supporter toute cette mort Gandalf?
Je soupirer l'entendant.
- Parce que je sais que cela apporte la paix.
- La paix…
- La paix Maliha, et il y a toujours un prix à payer. Il faut juste avoir foi en elle et y croire. Vous en êtes l'élan et le principal messager… Lourd est votre fardeau, car en étant plus fort que n'importe qui sur cette terre, vous ressentez le besoin de tous les protéger, mais c'est impossible. Et chacun d'entre nous, offrira sa vie pour cette paix. Vous ne pouvez qu'accepter les pertes qu'il s'en suive et admirer leur courage.
- Et si je n'ai pas la force?
- Alors nous sommes perdus. Mais j'ai foi en vous, je sais que vous êtes forte, vous n'avez pas été choisie par hasard, alors gardez espoir.
Soupire Gandalf.
- Si j'ai appris une choisi durant notre entraînement et toutes ses années passées à tes côtés, c'est que tu es bien plus forte mentalement que n'importe lequel d'entre nous. Tu as un passé que l'on n'aura jamais et que l'on ne peut imaginer, qui te l'a apporté. Cette puissance mentale te rend unique et je lui fais entièrement confiance.
Je me lève péniblement et regarde mon maître. Glorfindel se tient droit aux côtés de Gandalf. Ses traits sont tirés et ses yeux bleus sont presque gris. Je lis l'inquiétude dans son regard avant de voir passer un sourire plein de tendresse.
- J'ai foi en toi Maliha, tout autant que Gandalf. Personne ne pourra t'aider à trouver la solution pour faire face à la douleur de la guerre. Personne ne peu t'apprendre comment l'appréhender. Mais comme le dit Gandalf ce combat, et ces pertes, son le chemin vers une paix que nous attendons tous. Et chaque mort le savait, chaque être à donner sa vie pour que l'on brandisse nos signes de victoire. Nous devons aussi tenir pour eux.
Je regarde Glorfindel encore quelques secondes avant de me lever et de me jeter sur lui en pleurant. Ses bras m'entourent et me serrent tendrement. Je le sens poser sa tête sur la mienne et une main sur mes cheveux. J'agrippe la tunique dans son dos et enfouis mon visage contre sa poitrine pour y verser mes dernières larmes.
J'ai compris, j'ai compris que la paix à un prix et, si je suis là pour en rajouter l'espoir, alors j'accompagnerai toutes ces vies qui se donne pour elle, pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls au combat, pour les protéger de mon mieux, eux qui se donnent corps et âme. Je leur apporterai toute l'aide qu'il faudra et je ne faiblirai pas.
- Alors je tiendrai. Tu as ma parole.
Trois années plus tard
Il y avait un ciel sans lune cette nuit-là. Arwen rentre dans la bibliothèque où se trouve le seigneur Glorfindel. Elle est affolée par la nouvelle que lui à apporté son frère de retour du Nord.
- J'ai appris que Maliha avait croisé le roi Thranduil lors de la quête des nains… Glorfindel est ce qu'elle sait? Demande Arwen entrant en trombe.
- Non elle ne sait rien, sinon elle m'en aurait parlé. Répond celui-ci le regard sombre.
Il soupire en se détournant de l'étoile du soir. Il était inquiet tout autant qu'elle sur ce sujet. Maliha était encore fragile et n'avait pas vraiment besoin de connaître le passé des titans. Pas maintenant et pas comme ça. Elrohir rentra à ce moment juste dernière sa sœur suivit de Gandalf et Elrond.
- J'ai croisé le prince de Mirkwood au nord, il le sait, lui. Il m'a posé beaucoup de questions au sujet d'Eriador. Termina Elrohir en s'appuyant contre le mur les bras croisés.
Glorfindel s'approcha vivement de lui, le regard sombre. Il savait pertinemment qu'Elrohir détestait les titans pour ce qu'ils avaient fait subir aux elfes de Mirkwood. Il évitait Maliha le plus souvent possible et ne lui adressait la parole qu'en cas d'extrême nécessité. Elle n'avait jamais posé de question cependant.
- Que lui as-tu dit Elrohir?
- La vérité, je lui ai dit qu'Eriador avait choisi de combattre aux côtés des hommes et de Gil-Galad. Qu'il était aveuglé par la recherche continue de pouvoir et de force. Que c'était une force de la nature sans autre ambition que de défier plus fort que lui, cherchant la gloire. Et que oui, s'il avait combattu au côté des elfes sylvestres comme prévu, sa mère serait probablement vivante.
- Comment as-tu osé dire cela Elrohir… Déplora Arwen en fixant un regard suppliant son frère.
- Parce que c'est ce qu'ils sont, des brutes assoiffés de force et que c'est la vérité.
- Maliha n'est pas comme cela. S'énerve sa sœur.
Arwen se retourna vers Glorfindel dont le visage était fermé. Il fallait l'avouer que lui aussi avait été du même avis qu'Elrohir après l'incident de la dernière grande guerre, qui signifiait pour lui un échec en tant que maître. Il avait été retissant à accueillir et former le nouveau titan après ça.
- Glorfindel, Maliha n'a rien à voir avec ces hommes-là! Affirme Arwen.
Et il avait remarqué que «non» elle n'était pas du tout comme ses prédécesseurs. Rien ne prédisait les mêmes penchants pour la gloire et le pouvoir.
- Arwen, à raison Elrohir, je n'ai discerné aucune avidité, aucune envi de puissance chez Maliha. Elle reste humble et simple.
Elrohir soupira en se tenant l'arête du nez.
- C'est parce qu'elle est une femme. Intervient Gandalf. «Les mages bleus mon confié une fois, que chacune des personnes désignées en premier par les Valars était des femmes, mais devant une fois accepté le contrat avant« Lucy », car tel est son vrai nom… Aucune. »
Tous regardent Gandalf étonné. Elrond acquiesça avant de s'avancer.
- Nous pensons que l'avidité des titans n'est présente que chez les hommes, mais nous ne pouvons rien conclure, car Lucy est la première. Explique Elrond.
- Je n'y crois pas un seul instant. Crache Elrohir.
- J'ai entraîné Eriador et il a toujours été comme ça, dès le premier jour son âme à noircie de cupidité ... Maliha est très différente. As-tu déjà vu Eriador pleurer les morts? L'as-tu déjà vu regretter des actes, même ceux dont il n'était pas responsable? Je ne crois pas. Maliha à une belle âme et mon avis est qu'elle restera pure.
- Espérons… Car la guerre arrive à grand pas, et un titan incontrôlable de plus serait une catastrophe. Fini Elrond. «Au moindre comportement suspect, au moindre changement de son âme, vous devez nous prévenir Glorfindel. »
Glorfindel soupire en faisant un signe entendu de la tête. Il avait juste peur qu'elle ne sombre dans la peine de ne pas être assez forte justement, contrairement aux autres et que cela engendre des conséquences atroces.
- Et si elle sombre? Que ferons-nous? Demande Elrohir.
- Comme le premier titan, Hartlias fils d'Illuvine, elle sera exécutée. Termine le seigneur d'Imladris.
Arwen se figea à la nouvelle, mais elle connaissait cette histoire. Ils n'auraient pas le choix.
- Espérons ne pas en arriver là, pour l'instant, l'âme de Maliha est là et elle bouillonne de bienveillance et de courage.
Glorfindel regarda Elrohir, le mage et Elrond sortir de la pièce une fois la discussion close. Il savait que les émotions des titans étaient proches de celle des elfes, de par le cadeau des Valars de leur ouvrir l'âme aux émotions vraies et sans limites.
Ce qui conduit aussi à leur perte et à leur folie… Les hommes ne devraient pas ressentir autant d'émotions, ils ne savent pas vivre avec. Il devait à tout prix empêcher l'âme de Maliha de sombrer.
Il devait renforcer son entraînement de méditation, Maliha devait apprendre à comprendre son âme, mais aussi à comprendre celle des autres. Lui apprendre à maîtriser ses émotions et à les calmer, pour la protéger d'elle-même.
Autre a choisi de se préoccuper de soi, une choisi qu'il n'aurait jamais prévu. Le souvenir du premier contact avec Maliha lors de son retour lui revient en mémoire. L'attachement qu'il avait vu pour la personne qui aujourd'hui doit la détester, l'inquiétait. Mais Maliha est humaine, et contrairement aux elfes les hommes aiment de façon brève. Chez les titans, il n'en avait cependant aucune idée.
Si Maliha entretenait cet attachement pour l'elfe qu'il avait reconnu, la situation deviendrait compliquée. Espérons qu'elle ne croise jamais sa route de nouveau.
Arwen regardait le seigneur de la fleure d'or tortionnaire ses pensées en regardant le sol. Elle ne pouvait pas deviner ce qu'il ne disait pas.
- Seigneur Glorfindel, savez-vous quelque chose que je ne sais pas?
- Il y a une chose choisie en effet. Mais c'est trop tôt. En revanche, si cette situation s'aggrave, je vous en ferez par Arwen et uniquement à vous, car ce terrain ne m'est pas familier. Mais pour l'instant, je doute que se soit un véritable problème.
Elle ne comprit pas le discours, ni le sujet abordé, mais en voyant le visage de l'elfe en face d'elle, elle comprit qu'il disait la vérité, s'il y avait vraiment un problème, Glorfindel le lui dirait en premier car il la savait très proche d'elle.
La bise ! :)
