Bonjour tout le monde, merci encore pour vos retours si plaisants !
Voici le chapitre suivant. Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d'année et on se retrouve en janvier avec le chapitre 10 !
Chapitre 9
Nara [17:59] :
Hey, Uchiwa, je dois faire l'appel, tu viens à la conférence sur la dette ?
Sasuke [17:59] :
Je peux pas, j'ai mon cours de danse.
Sasuke [18:01] :
de karaté*
Nara [18:03] :
… Foutue correction automatique ?
Sasuke [18:04] :
Oui, exactement. C'est évident que je fais de la danse.
Sasuke [18:04] :
Que je fais du karaté.
Nara [18:05] :
Tu sais, au pire, t'as le droit de prendre ton pied en dansant, je m'en fous, moi.
Sasuke [18:05] :
De toute façon, danse ou karaté, je ne peux pas. Pourquoi cette conversation s'éternise-t-elle ?
9 avril
Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'il était réveillé, mais le confort de son lit, la chaleur apaisante de ses couvertures et les songes qu'il avait faits durant la nuit l'empêchaient de se lever, incapable de se séparer immédiatement de cette sensation de bien-être qui l'envahissait, forçant un sourire sur ses lèvres.
Il était encore tôt. Le jour n'avait pas commencé à baigner sa chambre de cette lueur propre au printemps et il était parfaitement reposé. C'était seulement la paresse, l'envie d'un moment doux qui le fit rester au fond de son lit, réinstallant son oreiller pour continuer à rêver éveillé, dans une torpeur tellement agréable qu'il sentait ses paupières se refermer pour le guider de nouveau dans le sommeil.
Il papillonna des cils et se retourna pour attraper son téléphone, le débranchant pour le ramener avec lui sous les couvertures, illuminant l'écran et pénétrant dans le menu des messages. Le soir précédent, il avait veillé extrêmement tard, refusant d'admettre sa fatigue, tirant toujours plus pour prolonger au maximum leur échange. Il eut un doux sourire en revenant au début de la conversation, la faisant de nouveau défiler avec la même fébrilité, son cœur tressautant sur les mêmes répliques et son sourire s'accentua encore.
Il ne savait pas vraiment si c'était un jeu de drague, une tentative de séduction réciproque. À vrai dire, il pensait qu'il était fort probable qu'Itachi n'ait aucune envie de s'élancer dans un tel échange et qu'il était sûrement le seul à le ressentir ainsi. Mais ça lui faisait du bien d'imaginer des choses, de se projeter dans un monde où cette histoire était possible.
Il pouvait bien se moquer d'Itachi qui relisait aussi leurs messages au réveil, quand ils avaient des désaccords, des débats houleux – évitant au maximum la politique mais confrontant tout de même leurs points de vue souvent divergents. Lui le faisait pour toutes leurs discussions. Il avait longuement hésité entre mignon et pathétique, mais il avait préféré se dire que c'était mignon, il se blâmait suffisamment par ailleurs pour ne pas se reprocher de sentir son cœur battre plus fort l'espace de quelques minutes le matin.
Nagato tourna dans son lit, remontant à son moment favori de la conversation pour le relire, un soupir franchissant ses lèvres.
Il avait fallu si peu de temps pour que son correspondant devienne plus qu'un simple divertissement, plus qu'un moyen de prouver à ses meilleurs amis qu'il allait bien. Lui-même était étonné de la vitesse à laquelle il s'était attaché à cet homme qui vivait dans son téléphone. Il attendait les SMS, les discussions avec une impatience impérieuse, et plus encore, il espérait de tout cœur pouvoir un jour le contempler dans ses mouvements et ses impulsivités. Il souhaitait le rencontrer et devenir aux yeux d'Itachi un peu plus qu'un emoji rond et jaune. Il voulait devenir tellement plus…
Son regard se voila légèrement et il secoua la tête, quittant le menu des messages, n'osant pas envoyer le premier si tôt et revenant sur l'écran d'accueil de son téléphone, il aperçut la date.
Une horreur sans nom se saisit de lui quand il réalisa qu'il avait oublié quel jour commençait en se réveillant, qu'il avait réussi à passer outre et un grondement sourd, mêlant douleur, colère et culpabilité envahit la pièce.
Il se leva précipitamment et se fit mal, un flot de jurons franchit la barrière de sa bouche, noyant la chambre dans un bourdonnement vulgaire qui ne s'acheva que lorsqu'il se redressa totalement, frottant sur son visage des mains tremblantes.
Le confort qu'il avait ressenti au réveil s'était évanoui, ne laissant plus qu'en lui un tourbillon de sentiments aigres, dirigés principalement contre lui-même. Et, terrassé par l'horreur d'avoir oublié que quatre ans auparavant, jour pour jour, il avait tué son père, il fondit en larmes, glissant contre le mur pour s'effondrer.
La seule pensée qui le convainquit de reprendre le cours de sa journée fut l'idée que s'il n'allait pas tôt au cimetière, il risquait d'y croiser Naruto et qu'il ne voulait pas ça. Alors, forçant comme il le pouvait, il se releva, commença sa routine.
Trente minutes plus tard, il était prêt à partir et il claqua la porte sans hésitation, levant un regard accusateur sur le ciel qui avait l'audace d'être plus dégagé que jamais.
Il resta perdu dans ses pensées longtemps, marchant automatiquement vers le cimetière, ne voyant rien du trajet, retraçant les événements mille fois pour savoir lesquels il ferait autrement, arrivant à chaque fois à la conclusion que tout et rien aurait pu être différent. Quand il parvint finalement devant la tombe de Jiraiya, son esprit était empli des hurlements de terreur qui n'étaient pas sortis de sa gorge, ce jour-là, de la paralysie qui l'avait saisie, plus psychologique que physique, qui l'avait empêché de se redresser, de se précipiter. La douleur dans sa jambe se réveilla, le forçant à s'appuyer davantage encore sur sa béquille et il massa son épaule, son visage déformé par la haine qu'il éprouvait pour lui-même.
Quand la souffrance se calma finalement, il trouva la force de tendre les doigts pour caresser le nom, la date de mort.
En temps normal, Yahiko et Konan venaient avec lui. Ils étaient présents pour le soutenir, pour partager sa peine et pour apaiser ce qu'il ressentait. C'étaient eux qui, comme toujours, prenaient sur eux pour faire taire le tumulte grondant dans son esprit, pour l'empêcher de faire des conneries.
— T'aurais dû me laisser crever, Papa, chuchota-t-il.
C'était tellement tentant de se laisser envahir par le défaitisme, de se convaincre que le monde, que sa famille auraient été mieux sans lui.
« Papa ». Ce mot, encore aujourd'hui, avait du mal à franchir ses lèvres quand il parlait de Jiraiya. Ce dernier ne l'avait jamais exigé, il n'avait même jamais demandé à être aimé comme un père, et pourtant… Fils unique, orphelin, il avait découvert en Yahiko et Konan une fratrie bienveillante, en Jiraiya un parent dévoué et attentif. En Naruto un cadet agité, agaçant, attachant. Il les avait tous adorés avec tendresse, avec force. Et il avait tout gâché.
Les souvenirs de leurs jours heureux étaient bien plus douloureux aujourd'hui que l'année passée. Probablement parce qu'il avait, pour une fois depuis quatre ans, voulu espérer en construire de nouveaux, sans lui. Sans eux.
Pour la première fois depuis quatre ans, il s'était pris à penser qu'il méritait un peu de bonheur, une accalmie.
Qu'il méritait le beau temps qui vient après la pluie.
Sushi [21:06] :
Je ne le reconnais plus. Vraiment. « Nagato a fait ci, Nagato a dit ça »... c'est inquiétant non ?
Obito [21:06] :
Oui, bon, il est en train de tomber amoureux. Rien de très effrayant.
Sushi [21:07] :
On parle d'Itachi, là. Il m'inquiète. Une telle fascination c'est pas lui.
Obito [21:17] :
Roh mais laisse-le tranquille, pour une fois qu'il peut être lui-même sans réserve avec quelqu'un ! C'était ce que tu voulais pour lui, non ?
Sushi [21:34] :
Oui mais. Et si, finalement, Nagato lui brise le cœur ? 😱😱😱
Obito [21:35] :
Mais t'as fini de faire la mère poule, deux minutes ? Cookie est un grand biscuit, tu sais. Ils ne sont même pas encore ensemble, ils échangent seulement beaucoup de messages, respire !
Sushi [21:56] :
Ouais t'as raison. Je dois me calmer.
Jetant un regard à son téléphone qui était resté silencieux toute la journée, Itachi glissa sa clé dans la serrure de son appartement, fronçant les sourcils, perplexe quant au manque de nouvelles qu'il avait de son correspondant.
Il s'engouffra à l'intérieur de chez lui, pensif, hésitant à lancer la conversation pour savoir s'il allait bien, s'il y avait eu un problème avec Konan. Finalement, refermant la porte derrière lui, il choisit de garder le silence. Si son ami n'avait rien écrit, c'était probablement qu'il n'avait rien à dire, voilà tout.
Kurama miaula doucement, passant entre ses jambes de manière à former un huit et Itachi jura en essayant d'avancer dans le couloir sans marcher sur le chat. Il cessa tout mouvement et braqua sur la boule de poils un regard dur, lui chuchotant sévèrement :
— Vas-tu me laisser rentrer, avant de me disputer ?
Kurama miaula plus fort encore et Itachi roula des yeux.
— De toute façon, je repars, c'est mon soir de jogging, c'est pour ça que je suis rentré tôt. Je te donne des croquettes et je sors.
Le beau temps, qu'il avait aperçu par les fenêtres toute la journée, l'avait nargué, l'enjoignant presque à enfiler ses baskets et à aller courir à travers les Quartiers Hauts. Depuis quelques mois qu'il avait repris la course à pied, il sentait son souffle revenir à la normale, ses foulées s'allonger et, rapidement après avoir commencé à courir, un désir roulait dans ses jambes, aller plus loin, plus fort, plus vite. C'était une sensation qui lui avait manqué.
Il avait arrêté de faire du sport quand il était entré en thèse, trop investi dans ses recherches, par ses problèmes avec son frère qui occupaient tout de même une partie de ses pensées en permanence. Il n'avait plus eu le temps de prendre soin de lui comme il en avait l'habitude et, très vite, il avait laissé Shisui partir sans lui pour leurs dix kilomètres en commun lors des fêtes de fin d'année.
Ses premières sorties de course avaient été difficiles. La respiration ne suivait plus, les muscles avaient perdu le pli et son esprit n'était plus capable d'encaisser tant de champ libre pour vagabonder, pour ressasser le passé et pour réfléchir. Il était rentré essoufflé, lessivé, à deux doigts de jeter l'éponge et de se dire qu'il avait passé l'âge.
Finalement, il avait fini par télécharger une application de running conseillée par Shisui, qui lui avait concocté un programme de remise en forme dès qu'il avait su que son cousin préféré souhaitait se remettre sérieusement à l'exercice.
La course à pied avait ceci d'avantageux qu'elle permettait de combler tout ce qu'il pouvait rechercher dans un sport. Elle lui servait à calmer ses frustrations et ses colères, laisser du temps à ses questionnements, vainquait les insomnies et endormait les inquiétudes.
À présent, il constituait lui-même ses propres playlists pour aller s'exercer. Il avait été tenté de demander à Nagato de l'aider à trouver l'équilibre idéal dans la musique qui accompagnait les dix kilomètres qu'il courait tous les deux jours, mais il avait préféré se débrouiller seul, son ami lui ayant avoué, quelques semaines avant, souffrir d'une blessure qui lui avait retiré une partie de sa mobilité. Si marcher était compliqué pour Nagato, était-il nécessaire de remuer le couteau dans la plaie en lui rappelant qu'il ne pouvait plus courir ?
Bien qu'ils n'aient jamais réellement parlé de ce genre de choses, Itachi craignait de le heurter par inadvertance, alors il avait choisi ne pas évoquer le sujet et il avait pioché dans la formidable masse de morceaux qu'il avait accumulés depuis qu'il avait fait la connaissance de Nagato.
Colorer ses sorties sportives de musiques rythmées l'avait aidé à se dépasser. Il était à présent de nouveau capable de courir ses dix kilomètres sans s'arrêter, sans fractionner la course, alternant avec des temps de marche pour reprendre son souffle.
Il lui faudrait bientôt changer ses baskets, constata-t-il en les enfilant. La prochaine étape était l'amélioration de ses performances, travailler ses foulées, aller chercher dans le muscle le meilleur qu'il pouvait donner.
C'était encore quelque chose qu'il aimait dans la course à pied, dans l'athlétisme de façon générale : la lutte était principalement menée contre un adversaire intérieur, l'opposition résidait dans celle qu'offrait le corps et c'était contre lui-même qu'il se battait. Il n'avait pas vraiment l'âme d'un compétiteur, il n'en avait pas besoin et il l'avait prouvé à maintes reprises dans le passé. Si on lui désignait un objectif, il l'atteignait. Et, bien trop souvent, sans réellement avoir à fournir d'efforts. C'était parce qu'il savait très bien que de telles facilités ouvraient la porte à beaucoup d'orgueil qu'il avait continué à travailler aussi dur que possible. C'était pour lui-même qu'il avait fourni ces efforts, pas pour des autres éthérés qui n'avaient que peu d'importance dans son quotidien.
Lorsqu'il parvint en bas de l'immeuble, par réflexe, il tendit le visage à la pluie, surpris de ne pas la sentir glisser sur sa peau. Il ajusta le son de son téléphone, lança la playlist en même temps que l'application qui guiderait ses pas sur son circuit habituel à travers les Quartiers Hauts, frissonna un peu quand un vent frais s'emmêla dans ses cheveux noués.
Sa course commença et il laissa ses pensées le saisir et l'engloutir tout entier. Cela faisait plusieurs semaines, déjà, qu'il se prenait à vouloir inviter Nagato à sortir. Simplement sortir. Il n'avait aucune destination, aucun programme, pas le moindre plan, à part cette envie de le voir.
Mais la formulation d'une telle proposition – « Voudrais-tu sortir avec moi ? » – l'empêchait de franchir le pas, par crainte de lire une réponse qui dirait « Mais pour aller où ? ». Parce qu'il ne savait pas. Nulle part. Ailleurs. Partout. Y être ensemble.
Parfois, il réalisait le second sens de cette expression et elle le forçait à sourire avec une pointe d'amusement.
Quand il regardait en arrière, qu'il se rendait compte que ça ne faisait que quatre mois qu'il discutait avec Nagato, qu'ils connaissaient l'un de l'autre que ce qu'ils avaient bien voulu se montrer, il n'en revenait pas. Il avait l'impression de l'avoir côtoyé toute sa vie et cette relation lui faisait un bien fou.
Il ignorait encore quel sentiment mettre derrière ce qu'il ressentait pour son ami, il ignorait comment qualifier l'empressement avec lequel il consultait les messages qu'il recevait, l'étrange sensation qui l'envahissait quand ils prolongeaient toujours plus la conversation, se sachant très fatigués, mais continuant tout de même, pour le plaisir de l'échange. Il ne voulait pas s'interroger sur quel nom donner à tout ceci. Pas avant d'avoir résolu le problème des convictions politiques de Nagato. Pas avant de savoir s'il était effectivement indépendantiste, ce que désiraient ces gens.
Le cours magistral qu'il avait reçu d'Obito avait soulevé beaucoup de questions et, bien qu'il ait cherché des réponses, il n'avait rien pu découvrir qui corroborait les dires de son cousin. Même s'il savait que le sociologue n'était pas un fabulateur – Obito avait plein de défauts, mais certainement pas celui de mentir –, il était difficile de concevoir que sa nation ait commis de tels crimes.
Les conclusions qui se dessinaient dans son esprit étaient cependant bien loin du « tort partagé » qu'il espérait et c'était dur à avaler. Dur à croire.
Les indépendantistes avaient tué ses parents. C'était un événement qui avait marqué un tournant dans son existence, qui l'avait meurtri à tout jamais, le poussant à endosser des responsabilités qu'il n'était pas prêt à assumer, comme il l'avait démontré par la suite. Et rien ne pourrait jamais l'obliger à pardonner à Katsu, ou aux indépendantistes, de prendre la vie de personnes innocentes pour faire entendre leurs voix. Il serait incapable de supporter le moindre discours visant à justifier de tels actes, ou à les expliquer.
Il força l'allure, bien malgré lui de nouveau énervé.
Quand il eut fini de parcourir ses dix kilomètres, il rentra à la maison, en sueur, haletant, mais satisfait. Il franchit la porte de chez lui, retira ses écouteurs et s'accroupit devant le chat qui commit l'erreur de se frotter à son maître, les poils s'humidifiant sur la transpiration qui trempaient les mollets et, boudeur, l'animal s'éloigna pour retourner vers le salon et sa place sur le canapé alors qu'Itachi riait un peu.
— Tu le sais, murmura-t-il, que je colle quand je rentre de ma course à pied. Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à demander des câlins à ce moment et à ne plus les vouloir quand je suis propre et sec.
Dans la pièce à côté, le chat lui tourna ostensiblement le dos et Itachi s'avança vers la salle de bains dans laquelle il s'enferma par réflexe et entreprit de terminer ses étirements afin de s'éviter des courbatures.
Sa douche fut brûlante, longue et savoureuse.
Quand il sortit de la salle de bains, vêtu d'une tenue décontractée, il se rendit directement dans le salon, saisissant son portable, un peu intrigué de la notification qui s'affichait sur l'écran d'accueil :
« Œil de lune : vous avez un nouveau message ».
Surpris, il remarqua immédiatement le pseudo de Nagato, se demandant pourquoi ce dernier transitait par ce site qu'ils avaient – il lui semblait – tous deux déserté dès l'instant où ils avaient échangé leur numéro de téléphone.
Avisant son ordinateur, il reverrouilla son mobile et s'approcha du canapé, poussant Kurama qui dormait en travers, attrapant son pc pour l'installer sur ses genoux et l'allumer.
Il ouvrit le message et le survola, s'étonnant de sa longueur et décida de se positionner plus confortablement quand il revint vers le début, Kurama se déplaçant pour s'allonger le plus près possible de son maître, tendant la tête à des gratouilles.
« Il y a trente ans, Ame, sa campagne, ça ne ressemblait pas du tout à ce que tu en connais. Je n'ai pas grandi en ville, je vivais avec mes parents dans un petit village pas très loin de la frontière avec Konoha.
Je suis né en plein milieu du conflit, avant les Accords.
Mes parents travaillaient pour l'hôpital. Mon père était médecin et ma mère infirmière. Même si l'hôpital a été en partie rasé par une frappe chirurgicale, ils continuaient à s'y rendre pour soigner les malades, donner du réconfort et essayer d'améliorer les choses.
Quand ils étaient à l'extérieur, j'avais pour consigne de me cacher dans une de nos nombreuses alcôves à vivres qu'il y avait partout dans la maison, mon père et ma mère avaient dissimulé plein de ces cachettes pour contrer les pillards qui sévissaient dans la région. La nourriture était rare, alors, nous faisions tout pour l'économiser autant que possible.
J'avais sept ans et demi quand, alors que mes parents devaient rentrer des champs, j'ai vu deux hommes pénétrer dans la maison.
Ils avaient l'uniforme des forces armées de Konoha. Alors je suis resté caché, me retenant de respirer, observant par une fente. Je les ai vus retourner toutes les caches, je les ai vus fouiller, je les ai vus piétiner nos photos de famille. Et j'attendais, paralysé par la peur, j'attendais qu'ils me trouvent.
Et j'ai vu la porte d'entrée s'ouvrir sur mes parents. Les deux hommes de Konoha ont réagi immédiatement, alors que mon père brandissait un râteau récupéré dans le jardin, tremblant de tout son être.
Ces hommes ont froidement abattu mon père, puis ma mère. Je suis resté caché le temps qu'ils s'en aillent, puis j'ai prolongé quelques jours pour être sûr qu'ils ne reviendraient pas.
Tu viens de Konoha, qui n'a jamais vu de conflit dans ses frontières, vu que le pays du Feu préfère mener ses guerres sur des territoires qui ne sont pas les siens, donc tu ne peux pas imaginer quelle odeur a la mort.
Je ne te souhaite pas de le vivre un jour, c'est une odeur qui colle à la peau, qui reste dans le nez pendant longtemps. Je suis resté là sans bouger, n'osant même pas pleurer.
Malgré le temps qui est passé, j'ai toujours du mal à raconter ces souvenirs.
Au bout de ces quelques jours, j'ai vu deux enfants d'à peu près mon âge entrer dans ma maison. Le petit garçon a de suite vérifié si mes parents vivaient encore et la petite fille a préféré fouiller les caches, finissant par me trouver.
Je venais de rencontrer Yahiko et Konan. Je ne me souviens plus comment j'y suis parvenu, mais je me suis réveillé dans un lit d'infirmerie, dans un orphelinat. Konan était à mon chevet, me scrutant d'un air inquiet et Yahiko montait la garde devant la porte.
Le couvre-feu était depuis longtemps dépassé. Ils venaient tous les jours pour voir comment j'allais, alternant leur présence à mon chevet, parce qu'ils ne voulaient pas que je me réveille seul : eux avaient été terrifiés de reprendre conscience dans un endroit inconnu après avoir tout perdu.
Eux-mêmes ont perdu leurs parents dans cette guerre. Ceux de Yahiko sont morts abattus par des membres du clan Uchiwa de Konoha, ceux de Konan ont été pris dans un bombardement de Kumo, une de ces frappes chirurgicales qui ne fait pas de victime civile et ne tue que des militaires hyper entraînés, quelle foutaise.
Nous avons très vite sympathisé. Je leur devais la vie et même après, ils ont continué de me protéger. La vie à l'orphelinat était austère. Nous avions école de façon aléatoire, en fonction de la disponibilité des professeurs et le reste du temps, nous passions nos journées à travailler dans les champs, à tenter de maintenir un certain niveau de vivres. À sept ans, je déchiffrais à peine mon nom et je n'en étais pas malheureux. Yahiko, Konan et moi avions trouvé un bon rythme de vie, où nous trouvions le bonheur malgré tout.
Puis mon père est arrivé. Mon père adoptif. Jiraya était un membre issu de l'aristocratie de Konoha. Il militait pour la fin de la guerre et, à sa petite échelle, il essayait de réparer les dégâts causés par les siens. C'est à mes huit ans qu'il est devenu mon précepteur.
Il m'a adopté peu de temps après. Au début, il voulait nous adopter tous les trois, mais il n'a pas pu, en raison des Accords.
Le savais-tu ? Ces maudits Accords empêchent les orphelins de guerre d'être adoptés par des originaires du pays du Feu, dans la crainte que ces enfants n'aient été conditionnés pour exécuter des représailles... J'imagine que tu l'ignorais. Les gens du pays du Feu ont tendance à penser que les Accords n'ont eu que des bénéfices pour nous et qu'on devrait les remercier de nous avoir sauvés de la menace qu'ils ont eux-mêmes importée sur nos terres.
Par chance, je suis un Uzumaki. Malgré la disparition de mon clan et la survie d'à peine quelques membres disséminés à travers le monde, ce nom a encore un poids dans les grands pays. Jiraya a donc pu m'adopter.
Il a décidé de nous installer dans une maison, j'y ai vécu de mes huit ans à mes vingt-et-un ans. Il m'a appris à lire, à écrire, à compter, m'a débusqué des livres quand j'ai commencé à m'intéresser à la physique, il s'occupait aussi de Yahiko et Konan qui s'échappaient régulièrement de l'orphelinat.
Mes souvenirs avec eux trois sont tous plus merveilleux les uns que les autres. Imagine donc le nombre de soirées en kigurumi grenouille que nous avons faites...
Tout n'était pas rose, bien sûr. Loin de la ville, la vie restait compliquée et difficile, même si les Accords prétendent le contraire. Mais Yahiko et Konan étant ce qu'ils sont, les difficultés étaient toujours perçues comme des défis à relever et non plus comme des freins à notre avancée.
Vers mes quatorze ans, je me suis engagé avec eux au sein d'un groupe indépendantiste pacifique. Le seul tort que nous faisions était des manifestations et des sittings, nous réclamions le retrait des troupes et la démilitarisation des frontières, nous réclamions un cessez-le-feu durable et garanti, que les grandes nations fassent la paix et surtout qu'elles arrêtent de venir faire la guerre chez nous.
Rapidement, Yahiko est arrivé à la tête de notre bande. De nous trois, c'est lui qui est charismatique, et charmant, et sympa, et drôle. Moi je suis plutôt le type invisible qui fait le maximum pour ne pas se faire remarquer.
Notre petit groupe a été repéré par un autre groupe, plus large, de militants pacifistes, La Salamandre, qui était à l'époque présidée par Hanzô et dont tu as probablement déjà entendu parler.
Yahiko a été choisi pour être le représentant de la Salamandre dans notre région. Et bien sûr, il a décidé que Konan et moi serions ses bras droits.
Mon père nous encourageait dans cette voie, avec un sourire fier, ce n'est pas tout le monde qui peut se vanter d'avoir attiré l'attention d'Hanzô. Il nous arrivait souvent de discuter pendant des nuits entières des mesures qu'il fallait prendre, en écoutant de la musique sur un vieux gramophone.
C'est de lui que je tiens mon amour pour la musique. Il m'a appris tout ce que je sais, il m'a appris à écouter, à entendre, à voir les couleurs musicales. Il m'a donné le goût de la lecture, de la littérature.
C'est lui qui m'a offert mes premiers outils. Il me ramenait plein d'objets cassés, des radios, des machines, qu'il me laissait démonter et remonter, il m'a vu créer mes premières machines à l'âge de neuf ans. Et il m'a encouragé à aller à l'école, à poursuivre dans cette voie. Il a fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui.
Il m'aimait tellement.
Je n'ai jamais été aussi heureux qu'à cette époque, avec eux trois.
On a déménagé à Ame l'année de mes 21 ans. Mon père avait passé des années à rechercher son filleul et venait finalement de le retrouver dans un orphelinat d'Ame.
C'était un petit garçon extraordinaire et lumineux. Toujours plein d'énergie, toujours motivé, avec un sourire incroyable, il ressemblait à Yahiko, ils avaient le même caractère battant. La vie lui avait mis des coups durs sur sa route, mais malgré ça, il restait incroyablement optimiste, comme son père.
Son père, le général Namikaze, enfant chéri du pays du Feu.
Vois-tu, le général Namikaze croyait dur comme fer qu'une paix durable pouvait s'installer. Il était marié à une fille de chez nous et il voulait montrer que le métissage de nos pays nous pouvait être qu'un bénéfice incroyable pour tout le monde. Mais il est mort avant d'avoir pu aller au bout de ses convictions. Je me demande bien ce qu'il penserait de ce qu'est devenu le monde…
Quand mon père m'a demandé si je voulais le suivre ici, ce qui impliquait de quitter mes groupements politiques, je n'ai pas hésité une seconde, j'ai quitté la Salamandre. Je voulais donner une famille à cet enfant, qu'il sache ce que c'est d'avoir des frères et sœurs, comme Yahiko et Konan l'ont été pour moi.
À cette époque, nos casiers judiciaires étaient déjà relativement chargés. Rien de bien grave, mais ça restait handicapant. À nous trois, nous avions cumulé presque une année complète de garde à vue pour des délits mineurs, entrave aux forces de l'ordre, participation à des manifestations non autorisées…
Konan et Yahiko nous ont suivis, ils étaient en couple, déjà, à l'époque, et ils pensaient qu'à la capitale, ils auraient plus d'opportunités. Malgré nous, on s'était laissé prendre dans les discours proprets et propagandistes qui étaient colportés partout, nous promettant une vie meilleure en ville.
Même si on était une famille unie, ils ont enchaîné les difficultés. Ame était devenue une sorte d'annexe du pays du Feu et la méfiance à l'égard des campagnards était grande. Ils n'ont pas la chance, comme moi, de pouvoir mettre en avant un père adoptif comme le mien, ou de jouer de leur nom de famille.
Alors ils ont galéré. Pour trouver un boulot, déjà. Encore quelque chose que tu ignores sans doute, mais pour travailler dans les Quartiers Hauts, les Natifs doivent obtenir une autorisation auprès de la bureaucratie du Feu et montrer patte blanche.
Comme nous sommes tous les trois fichés comme activistes, pour eux, c'est foutu.
Moi, je suis relativement épargné, une fois de plus, par le sang qui coule dans mes veines et par mon affiliation.
Et même dans les Quartiers Bas, c'était compliqué.
Konan a passé des années à travailler comme serveuse dans un fast-food ou comme masseuse – je te laisse imaginer ce à quoi ressemble un salon de massage des Quartiers Bas.
Yahiko, lui, s'est retroussé les manches et a postulé pour tous les emplois les plus ingrats.
C'est lui le meilleur de nous trois et c'est lui qui se retrouvait à occuper les postes dont personne ne voulait : il a travaillé dans des pompes funèbres, par exemple, il creusait les fosses communes où les corps d'anonymes natifs étaient jetés.
Pas la peine de se mentir sur la raison de cette injustice : les Accords ont fait peser un énorme poids sur les natifs d'Ame. Venir d'ici, c'est comme être frappé d'un sceau d'infamie. Les portes se ferment, les employeurs deviennent frileux et refusent leur confiance et c'est un calvaire de trouver un appartement.
Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de te rendre dans les quartiers bas d'Ame. J'imagine que non, et c'est tant mieux, tu aurais des problèmes là-bas, ce sont de véritables coupe-gorges. Les pauvres, la racaille et les natifs y sont parqués dans des immeubles et des appartements insalubres, loin des jolis immeubles proprets et bien décorés à la disposition des envahisseurs. C'est dans un de ces quartiers que Yahiko et Konan ont trouvé leur premier appartement.
Je n'irai pas plus loin sur cette partie de l'histoire, elle leur appartient, mais leurs épreuves n'ont jamais cessé de raviver en moi le feu indépendantiste. Je voulais que les envahisseurs qui avaient tué ma famille et ruiné la vie de mes amis les plus précieux rentrent chez eux, je voulais qu'ils s'en aillent et qu'ils arrêtent de piller notre nation.
Je suis retourné vers la Salamandre, me plaçant sous les ordres d'Hanzô, ô combien célèbre « chef de file des indépendantistes ». Évidemment, Yahiko et Konan m'ont rejoint rapidement, on a essayé de tenir mon frère cadet à l'écart de ces conflits politiques, cependant, il était encore si jeune, si plein d'espoir.
Mais ses espoirs n'ont pas duré.
Il y a quatre ans, mon frère s'est retrouvé exsangue, entre la vie et la mort. Il a été trahi et agressé par-derrière par un de ces biens nés du pays du Feu, à qui il avait offert son amitié sans limites, sans concessions.
J'allais le voir aussi souvent que possible à l'hôpital, mais il était éteint, brisé, on ne savait même pas s'il pourrait reprendre ses études et réaliser le rêve qui était le sien, il avait les larmes aux yeux tout le temps et ne souriait plus du tout.
Ça m'a brisé le cœur, mais je ne pense pas devoir m'étendre plus en avant à ce sujet, tu sais aussi bien que moi ce que ça fait de voir son cadet pour qui on ferait tout et n'importe quoi dans un tel état.
À peu près au même moment, l'entreprise pour laquelle je travaillais a enchaîné les coups pendables : d'abord ils ont pris un de mes projets, sur lequel j'avais travaillé seul faute de personnel et l'ont attribué à un autre ingénieur, relativement incapable. C'est lui qui est allé le défendre devant les investisseurs et c'est lui qu'on a récompensé en lui attribuant la paternité de l'innovation.
Puis ils m'ont rétrogradé au seul motif que mon nom n'était pas assez solide pour porter le projet. En réalité, ils ont appris que mon père n'était que mon père adoptif, que je n'étais donc pas originaire d'un des grands pays. C'est autorisé par les Accords, donc parfaitement légal. N'importe quelle entreprise peut se séparer ou rétrograder un employé natif si elle pressent que celui-ci peut être un danger pour son développement économique.
Deux mois plus tard, Konan a perdu son premier enfant à sept mois de grossesse et a failli y laisser la vie. Elle n'était pas prioritaire dans les soins. Je te laisse deviner pourquoi. Elle n'a même pas pu voir le corps de son fils. « Il y a eu une erreur », lui a-t-on dit, « on l'a déjà incinéré. Désolés, hein. ». Ils n'ont pas pu choisir le prénom à donner à leur enfant mort.
Dans la foulée, l'employeur de Yahiko lui a laissé le choix entre Konan et son emploi.
Yahiko lui a craché au visage. Il est parti en garde à vue et il faut voir dans quel état il en est sorti, son visage était tuméfié et il a craché du sang pendant un bon moment. Il paraît que c'est le modèle policier hérité de Konoha et de son clan allégué à la protection des populations. Va savoir ce qu'il s'est passé dans la salle d'interrogatoire. La caméra est mystérieusement tombée en panne, on n'a jamais pu voir les bandes.
Je ne suis pas comme Yahiko, moi. Je ne suis pas capable d'être positif tout le temps, j'ai besoin que quelqu'un me force à l'être. Et là, je n'avais plus personne. Mon père travaillait beaucoup, en plus. Il donnait des informations aux partisans pacifistes du pays du Feu afin de pouvoir contrer les abus réguliers des forces de l'ordre. Et des habitants de Konoha de façon générale.
Je me suis retrouvé avec mon frère hospitalisé, ma meilleure amie hospitalisée, mon meilleur ami en sale état. Et tout ça était dû à ceux qui prétendaient nous protéger.
La suite est aisément devinable, non ? Je me suis radicalisé. J'étais tellement en colère et ma colère a pris le pas sur tout.
Un ancien contact de la Salamandre, qui avait été expulsé du groupe en raison de ses positions guerrières m'a rappelé pour me proposer d'agir véritablement et de nous libérer. Je n'ai pas réfléchi une seule seconde. J'ai dit oui.
J'ai intégré à ce moment-là un groupe indépendantiste belliciste que tu connais bien, malheureusement. Katsu.
J'ai glissé tellement rapidement… Toute la colère que j'avais accumulée depuis le meurtre de mes parents est ressortie d'un coup.
Mon groupe politique avait réussi à me convaincre que les méthodes de la Salamandre étaient inefficaces. Que la seule et unique libération passerait par la force. Qu'il n'y a que comme ça qu'on pourrait, nous les Natifs, espérer une vie meilleure.
J'étais bien parti pour m'impliquer dans un attentat, je devais rejoindre les autres insurgés, mais mon père a eu vent de mon projet.
Il est monté avec moi dans la voiture et il m'a sermonné tout le trajet. Il m'a expliqué qu'il ne m'avait pas élevé pour ça, qu'il voulait que je devienne, comme mon frère, un symbole de ce que l'union de nos pays pourrait apporter, il m'a redit à quel point il croyait en cet avenir.
Et je lui ai ri au nez. Je l'ai traité de vieux fou. J'ai rejeté en bloc toute son éducation, ses idéaux, je lui ai fait savoir tout le mal que je pensais de sa béatitude écœurante face au monde, combien je vomissais sa philosophie niaise à souhait. Et j'ai refusé de me détourner de la voie que j'avais choisie.
Il a donc empoigné le volant et a délibérément jeté la voiture dans un fossé pour m'empêcher de rejoindre mes camarades.
Il n'a pas survécu à l'accident. Moi j'ai été propulsé à l'extérieur du véhicule par le choc. J'ai vu la voiture prendre feu, j'ai vu le feu venir jusqu'à moi. Et j'étais incapable de bouger, sonné. Mon père était toujours à l'intérieur de la voiture. Il était inconscient. Il est mort sous mes yeux.
Quand j'ai repris conscience, j'étais à l'hôpital. Il y avait Yahiko et Konan à mon chevet. Mon frère était assis plus loin. C'est lui qui m'a rappelé ce que j'avais fait.
Je suis chanceux. Je m'en suis sorti avec 45% de mon corps brûlé, une perte de mobilité et une stérilité définitive.
Mais j'ai tué mon père. Et mon frère ne me l'a jamais pardonné.
Aujourd'hui, ça fait quatre ans que j'ai commis la pire erreur de ma vie.
Et je ne parviens pas à me regarder en face. Et j'ai honte de moi quand je me rappelle que j'ai pu oublier même rien qu'un instant de quoi je suis responsable.
Et j'ai honte de t'en vouloir pour ça. Parce que c'est toi qui me fais oublier qui je suis, un parricide.
Parce que tu es incroyable. Et que tu me donnes l'impression d'être incroyable aussi. Tu es vraiment un bon menteur, bien malgré toi.
Je suis vraiment désolé, Itachi. »
Le clapet de l'ordinateur se ferma brutalement dans le silence de l'appartement et une exhalation douloureuse échappa à Itachi.
Sasuke [18:20] :
C'est abuser de te demander de me ramener des ramens de ton boulot, ce soir ?
Sasuke [18:25] :
J'ai cours jusqu'à tard et je vais être crevé. Et Shizune est en vacances, elle a pas rempli mon frigo.
Naruto [18:27] :
Un cours de danse ? Sérieusement ?
Sasuke [18:27] :
Je vais tuer Nara. 😑
Naruto [18:30] :
Mais pourquoi de la danse ?
Sasuke [18:32] :
C'est ce qu'il y a de plus proche des sports de combat.
Sasuke [18:33] :
C'est ma psy qui m'a conseillé ça.
Naruto [18:33] :
Ok, ok, mais ça te plaît ? Genre tu portes un justaucorps et un tutu ?
Sasuke [18:34] :
Bien sûr que non, c'est pas de la danse classique que je fais, imbécile.
Naruto [18:41] :
Dommage… ️
Sasuke [18:42] :
Dommage ?
Naruto [18:43] :
Oui. Je suis sûr que tu aurais été super sexy en justaucorps. 😁
Sasuke [19:05] :
Bon, quand tu auras fini de te foutre de ma gueule, tu pourras répondre à ma question, tocard ?
À bientôt !
