Le jour où on a chié dans le salon :
Chapitre 19 : Lait :
« Hawks, va acheter du lait s'il te plaît… Hawks ? Hawks !
-Désolé mon cœur, je file, mission ! »
Avec un grand sourire, le blond enfila son casque et embrassa son homme tout en gratifiant sa petite chérie d'une douce caresse sur la tête, puis s'envola au loin. Dabi haussa un sourcil, soupira et prit l'enfant de quelques semaines dans les bras alors qu'il dormait comme un loir. Avec flegme, le papa enfila un lourd manteau et plaça masque et capuche afin d'au mieux se cacher. Il mit l'enfant dans un porte-bébé et se dirigea vers l'épicerie du coin.
Hawks n'avait pas beaucoup de temps, mais c'était ce que son boulot de héros exigeait, alors pour le moment, Dabi ne disait rien et acceptait. Il allait bien finir par se poser et l'aider.
« On a plus de lait en poudre Hawks.
-Je dois filer, je suis désolé, j'en achète au retour !
-Ce serait bien que tu y ailles maintenant, la petite a faim… »
Grogna légèrement le brun alors que l'oiseau venait de s'enfuir par la fenêtre à vive allure, laissant Dabi avec une fillette d'un mois tout rond dans les bras. Il observa sa fille qui dormait toujours à cette heure-ci et se demanda un instant si son oiseau pourrait s'en occuper seul. Depuis le début, c'était lui qui faisait tout, alors il doutait franchement du deuxième père. Cela dit, le blond pouvait être responsable. Donc, il n'y avait plus qu'à attendre que les missions de celui-ci se calment un peu. Ensuite, il lui prouverait bien qu'il était le père parfait. Enfin, ça c'est ce qu'espèrait le brun dans le rayon bébé de l'épicerie, un bocal en fer de lait en poudre Guigoz et Nestlé sous le bras.
« Hawks. Lait.
-Pas le temps !
-Moi non plus.
-Pardon ?
-Ah… Tant pis, vas-y. »
Dabi commençait à s'impatienter. Il avait cette impression désagréable d'être une femme au foyer devant s'occuper de la maison et du bébé. Déjà que le lieu commençait à lui devenir étroit et un peu petit pour trois, voir Hawks sans cesse débouler hors de leur habitation commençait sérieusement à lui peser. Il avait besoin d'une aide, pas de quelqu'un qui faisait sans cesse la girouette. C'était triste à dire, mais autant aurait-il valu que cette enfant ne naisse pas sous les caprices d'Hawks si c'était pour qu'il ne soit jamais là et qu'il ne la voit que comme une peluche, une petite poupée toute douce dont l'éducation et la gérance ainsi que tout ce qui était chiant, incombait à Dabi. Ça non, c'était bien trop chiant. C'était trop en fait, tout simplement trop. Aussi prit il le partit de préparer une petite surprise à son cher et tendre au lieu de s'énerver seul sous le regard de son petit bébé d'un mois et demi.
Il voulait vérifier si Hawks pouvait s'occuper d'un enfant seul et lui apprendre une bonne leçon par le même moment ? Alors il allait lui foutre une leçon en plein milieu de sa petite tronche d'amour.
« Tu vas voir ma belle. Sourit-il à Rei. Papa va morfler, et je compte sur toi ma choupette. »
La petite inclina la tête sur le côté avant de bailler et de cligner des yeux. Le brun eut un sourire tendre et un rire amusé pour finalement la prendre dans ses bras et lui embrasser son petit front chaud qui sentait bon le lait maternel.
Doux, il déposa sa fille dans son lit, caressa son front et tout en activant le baby phone, il partit de la chambre en la refermant tout doucement. Il rejoignit ensuite le salon, activa l'autre baby phone et s'allongea sur le canapé, le dos de la main contre son front. Enfin une sieste bien méritée.
Lorsque le blondinet rentra, il se fit le plus discret possible, imaginant très bien sous le silence que son homme et sa fille devaient dormir. Avec un peu de remord, il se mordit la lèvre inférieure et posa un bocal de fer Guigoz sur le comptoir de la cuisine avant de le ranger, puis rejoignit tout doucement Dabi afin de l'observer.
Le pauvre, il était exténué et il ne pouvait pas l'aider. Pourtant, il aimerait vraiment mais il était sans cesse demandé à droite, à gauche et ne savait comment joindre les deux bouts. En sois, il voyait sa fatigue, son épuisement grandir de jour en jour, mais il ne pouvait rien y faire, il n'avait pas de solution dans la poche et ne savait comment amener les choses. Mis à part le soutenir lorsqu'il était là, il n'avait pas de recette miracle.
Tendre, il s'abaissa et embrassa avec une douceur extrême le front de son homme qui ouvrit faiblement les yeux. Il lui sourit d'un air désolé et au lieu d'habituellement bouder, Dabi rapprocha sa tête et s'empara de ses lèvres avec une douceur infinie.
« Tu prépares le biberon, la petite va bientôt se réveiller.
-J'y vais. Sourit Hawks tout en se levant alors que son portable se mit à vibrer dans sa poche. Il se statufia et fixa son homme comme un lapin ou bien un hérisson le ferait devant une voiture plein fard.
-C'est bon, j'ai compris, vas-y, je ne t'attendrais pas. »
Sans rien ajouter de plus, le brun laissa son oiseau s'envoler avec aigreur. C'était décidé, le lendemain, il allait mettre son plan à exécution.
Finalement, les bonnes étoiles de son plan ne se réunirent pour s'aligner qu'aux deux mois de leur petite fille chérie. Deux mois que Dabi galérait tout seul et trop, c'était vraiment trop. Il fallait qu'Hawks trouve un moyen pour racoler avec sa famille ou sinon il allait hurler et faire cramer tout le monde, la commission et l'oiseau compris.
Le matin même, il s'empara de son téléphone, se préparant à ce qu'il allait dire.
« Allô ? Demanda une voix fatiguée mais tout de même rigide.
-Allô. Grogna-t-il, faisant couiner l'autre derrière le téléphone. Hawks est malade. Je ne veux pas qu'il travail sinon il va y avoir un accident.
-Qu'a t-il ? Demanda tout de même l'autre.
-Des hémorroïdes. Répondit Dabi avec un sourire de grand sadique en coin. Des trucs énormes qui l'empêchent de bouger. Il hurle de douleur, son cul est dans un état épouvantable, c'est pas beau à voir. Franchement, je sais même pas s'il pourrait s'asseoir.
-Je crois que j'ai compris, merci. Répliqua l'autre avec une pointe de dégout, mais ça n'empêcha pas Dabi de continuer sur sa lancée.
-Le truc vous voyez, c'est que l'œuf qu'il a chié a du le déchirer. Vous savez, l'œuf, son enfant, sa fille, celle pour qui il a jamais le temps à cause de vos missions à la con.
-Écoutez-moi Dabi…- Tenta l'interlocuteur avec un raclement de gorge et une voix soudainement professorale.
-Non, vous écoutez-moi petite merde. Hawks est papa maintenant et ça vous fait peut-être chier, mais je me dois de vous rappeler qu'il a des obligations et que je ne suis pas une putain de ménagère qui attends bien sagement son mari. Sachez que je sais pertinemment ce que vous faites et que même si je vous engueule vous en aurez rien à foutre et que vous allez recommencer, mais je vous le dis quand même. Je sais que vous voulez nous séparer par l'usure, par la force des choses car ma présence à ses côtés vous plait pas du tout. Je sais très bien quelles sont vos intentions et que voir votre héros préféré, que vous avez élevé, gay, vous fait atrocement chier et que vous le préféreriez de loin avec Mirko. Mais c'est pas comme ça que ça s'est fait, loin de là et ne vous en déplaise cher monsieur, je vous emmerde vous et toute votre clique et j'exige de vous qu'Hawks ait des horaire réglementaires pour le fonctionnaire qu'il est et que vous ne le fassiez plus chier. Me suis-je bien fait entendre ? Gronda sourdement Dabi, la voix emplit de menace alors que personne ne répondait à l'autre bout du fil.
-Hawks est malade, c'est noté. »
Le brun eut un étirement de lèvre sadique et raccrocha. Tout était parfait, son plan allait enfin se mettre en place. Il observa sa fille et s'excusa d'avance, puis fila en laissant un mot, prétextant être chez son père pour un truc urgent à régler. Évidemment, il profita de cette journée pour renouer avec sa mère et se placer dans son giron afin de récupérer le temps perdu.
Ainsi, lorsqu'il se réveilla, le blond fut seul à l'appartement, avec comme seule trace de Dabi, des indications sur comment s'occuper du bébé, notés sur un petit bout de papier. Le blond leva les yeux au ciel et se fit la réflexion que s'étant déjà occupé de leur fille, il savait très bien comment faire, mais à la machine à café, il pensa tout autrement.
C'était totalement faux, il s'en occupait presque jamais. Deux mois qu'elle était là et tout ce qu'il faisait était de parfois compléter ce qu'avait commencé Dabi. Il soupira et compris que l'excuse du brun devait surement être bidon. Mais dans un sens, il ne pouvait lui en vouloir. Il n'était jamais présent pour sa famille. Il jeta un coup d'œil déterminé à sa fille. Il allait faire plus attention et profiter de sa petite famille et de l'instant présent. Mais tout d'abord, il se devait d'apprendre comment faire un biberon. Ça ne devait pas être si dur.
C'était un véritable cauchemar ! Il était à peine midi et rien n'allait plus ! La petite hurlait, se débattait dans son couffin et gigotait ses petits poings en tout sens dans la demande d'attention. Hawks avait fait réchauffer le biberon de Dabi le matin, mais pour ce qui était de midi, il avait dû le préparer seul. En observant l'état lamentable de la cuisine et de l'appartement en général, il sut qu'il avait merdé. Comment avait-il réussit à en mettre sur le lustre ? Il soupira, mit de l'eau dans le récipient et recommença tout depuis le début.
Une cuillère, deux cuillères, trois cuillères… Cinq cuillè…- Euh… Il en était où déjà ? Merde ! Il en avait mit combien ? Neuf ? Sept ? Dix ? Moins ? Il n'arrivait plus à compter ou quoi ?! Bon… Ça ne faisait rien, il allait se reprendre. Donc, on verse tout dans l'évier et on reprend. De l'eau. Fait. Un, deux, trois, quatre, cinq, six et sept ! Le compte était bon. Ensuite ? Un peu de blé pour la croissance… OK ! Bon, ça s'annonçait bien. Tétine, chauffer pendant trente secondes au microonde… Oui, ça il avait bien compris, restait plus qu'à savoir comment ça avait merdé la première fois alors qu'il avait fait exactement la même chose. Secouer le biberon…
L'oiseau poussa un long couinement qui fit stopper sa fille alors que le lait en poudre et sous forme liquide, gicla de partout, repeignant une nouvelle fois toute la cuisine. Ne comprenant pas où il avait faux, il se rua sur la liste et glissa, comme l'idiot du village qu'il était, sur une flaque de lait froid et tomba sur le sol, le biberon à semi ouvert sur la tête. Il sourit de façon gênée à sa fille qui se mit à hoqueter avant d'hurler avec force. C'était qu'elle était téméraire et qu'elle avait de la force la petite. Bien. Il allait recommencer et cette fois, oui, cette fois, il allait y arriver !
Liste : Étape 5 : Capuchon.
Le capuchon… Avec tristesse, l'oiseau observa le bout de plastique qui trônait tel le Saint Graal sur le comptoir. Le capuchon… Il allait mourir avant la fin de cette journée.
Lorsque Dabi rentra ce jour là, l'appartement était étrangement calme. Il marcha lentement, alluma la lumière et tomba sur un Hawks épuisé et endormit dans le canapé, la petite sur son ventre et une serviette emplis de lait caillé et autre vomit séché, sur l'épaule. Intrigué, il passa le salon et vit que la cuisine venait d'être nettoyé, l'amusant quelque peu. Pareil pour leur chambre et celui de la petite. Bien. Hawks avait enfin dû comprendre qu'avoir un enfant pouvait salir.
Calmement, le brun rejoignit le salon et prit sa fille dans ses bras afin de l'amener plus loin, dans son petit lit de bois. Il remonta le montant de sécurité et rejoignit son homme sur le canapé. Il enleva la serviette, la mit au sale puis se plaça aux côtés de son homme pour venir lui ronronner une salutation à l'oreille.
Le héros s'éveilla immédiatement et se jeta dans les bras de son homme, surprenant celui-ci.
« Je suis tellement désolé de t'avoir fait endurer tout ça pendant deux longs mois !
-Ah… Alors ça a marché ? Ricana Dabi alors que le blond hochait la tête avec culpabilité. Je vais avoir ta présence de manière plus régulière ?
-Sauf s'il y a une réelle urgence, oui. J'ai appelé la commission. Mais il paraît que tu l'avais déjà fait ce matin. »
S'amusa Hawks alors que le brun niait non sans un certain sourire fier en coin. Amusé, l'oiseau eut un doux rire et embrassa amoureusement les lèvres de son homme. Dabi y répondit bien volontiers et les deux s'amusèrent ainsi à s'embrasser et se taquiner dans le canapé tandis que la petite dormait bien paisiblement.
Et alors qu'ils voulurent aller plus loin, et qu'Hawks s'allongeait en entrainant son homme à sa suite, celui-ci se stoppa et tourna la tête sur le côté.
« Tu as vidé le paquet de couche et de talc ? Mais ils étaient neufs !
-Il y a eu quelques ratés… S'excusa platement Hawks avant de rougir tout en bougonnant, le regard détourné. J'ai mit un peu de temps à m'y faire, je suis désolé. Mais le talc a plus finit sur ma tête que sur les fesses de la petite… Hé ! C'est pas drôle ! Cela dit. Sourit le blond avec fierté. Maintenant je suis sûr de moi, la prochaine fois, je ferais un sans faute !
-T'apprends vite, ça m'étonne pas. Sourit le brun tout en happant les douces lèvres de son cœur.
-Au fait Dab's ? Frissonna Hawks tout en fermant les yeux et en tendant son cou alors qu'il était parsemé de tendres baisers.
-Hm ? Ronronna le brun tout en caressant ses hanches.
-Il va falloir racheter du lait… J'ai tout vidé… »
Dabi se redressa, fixa son homme dans les yeux puis les deux bocaux de fer qui trônaient à côté de la poubelle. Il eut un rictus moqueur puis se mit à rire avant d'à nouveau embrasser son héros du jour.
« Ça ne fait rien, j'irais en acheter demain matin. »
