La moustache
Tu ne pus t'empêcher de rire à la vue de la moustache factice collée sur ta paume. La personne à qui elle appartient doit être un rigolo. Tu ne pouvais pas davantage avoir tort.
"Oh, merda."[1] entendis-tu marmonner dans une voix clairement bouleversée. En te retournant vers la source du bruit, tu vis Lovino qui te regarda avec un air d'indifférence et qui arrangeait sa cravate. Ses pupilles se rétractèrent. " Ce n'est que sept minutes, sí?" Demanda-t-il à personne en particulier, regardant paresseusement autour de lui.
"Oh, arrête ton numéro, hermanito."[2] Vint de répondre Antonio de manière ludique. Pendant une fraction de seconde, un regard de gêne traversa les yeux de Lovino, mais il se reprit rapidement.
" Je ne t'ai rien demandé, bâtard aux tomates." Siffla Lovino de façon cinglante. En tapant des pieds, Lovino se dirigea vers toi et t'arracha la moustache de la main, la mettant dans ta poche à la hâte. "Tu ferais mieux de faire en sorte que ça en vaille la peine." Te murmura-t-il en tirant douloureusement sur ton poignet alors qu'il te traîna dans le placard derrière lui.
"N'oublie pas ce que je t'ai appris, Lovi!" Cria Antonio à travers la pièce, son commentaire suscitant des sifflements et des cris d'encouragement venant de la foule. L'Italien souffla fortement, son visage rougit dix fois plus, avant de se précipiter dans la petite pièce devant lui.
" Juste sept minutes, kay lover-boy." Lança Alfred, envoyant un clin d'œil exagéré en direction de Lovino. Lovino maudit bruyamment l'Américain, qui à son tour ferma la porte avant qu'il ne puisse le frapper. Le verrou se mit en place et tu pus entendre Lovino marmonner avec colère dans sa barbe.
"Lovi- Je veux dire, Lovino! Es-tu, um... Tu vas bien?" Demandas-tu, trébuchant sur tes mots comme tu l'as fait. Tu espérais qu'il ne s'énerverait pas parce que tu as utilisé son nom d'animal. Tu attendis patiemment une réponse, mais elle ne vint pas. En écoutant attentivement, tu entendis des doux bruits de battement en provenance de la porte. " Si tu ne me réponds pas, je vais commencer à te chercher et je ne pense pas que tu veux ça." Essayas-tu, en espérant que peut-être il te répondra cette fois. Pas de chance. " Okaaaaay alors, ça va être ton enterrement." Dis-tu de manière menaçante.
Dans l'obscurité, tu te faufilas entre quelques manteaux et tu te dirigeas vers la porte, la lumière qui l'entourait te permit de voir. En te rapprochant, tu pus entendre la respiration du garçon et des légers bruits de frottement que firent ses vêtements lorsqu'il se déplaçait.
" Je te tiens maintenant!" Cris-tu, en tendant la main pour attraper ce que tu croyais être Lovino, qui n'était en fait qu'un manteau accroché au porte-manteau. Tu te jetas en avant, saisissant le manteau qui pendait au pied du mur. Le manteau se décrocha de son support et t'entraîna dans sa chute. En hurlant de stupeur, tu jetas tes mains devant toi pour amortir ta chute. Il y eut un bruit assourdissant lorsque tes mains ont heurté le mur, assez fort pour briser les os fragiles de ta main. En gémissant, tu te laissas tomber sur tes genoux, tenant ton poignet blessé.
" C'était quoi, ce bruit?" Demanda Lovino, l'inquiétude se glissant dans sa voix. Il avança nerveusement sa main et la posa sur ton dos. Tu détournas ton visage du sien dans une tentative futile de cacher ton visage maintenant en larmes alors que tu savais qu'il n'aurait de toute façon pas pu te voir dans l'obscurité. "Je- Je crois que je me suis cassé le poignet." Hoquetas-tu. Tu ne voulais vraiment pas qu'il sache que tu pleurais, mais c'était évident vu ta façon de parler.
"_, nous devons demander de l'aide!" S'exclama nerveusement Lovino. Tu l'en entendis se lever brusquement et courir vers la porte. "Hey! Alfred, laisse-nous sortir! C'est une urgence!" Cria-t-il désespérément, martelant la porte de ses poings en vue de la situation.
" N'essaie pas de jouer à ça avec moi, Lovino. Tu es juste nerveux, n'est-ce pas?" Hurla l'américain de l'autre côté de la porte.
"Toi stronzo! Je suis sérieux, laisse-moi sortir!"[3] Cria-t-il presque. Des rires étouffés se firent entendre des autres nations à l'extérieur.
" Quatre minutes, mon pote. Tu peux tenir jusque-là." Renvoya Alfred Quelques coups en plus sur la porte et Lovino fut de retour à tes côtés.
"_, Je suis vraiment désolé. Quand cette porte s'ouvrira, je ferai s'abattre l'enfer sur ces figli di puttana ignares, je leur donnerai une bonne leçon!" [4] Fulmina Lovino. Tu reniflas, la sensation de brûlure dans ton poignet devint insupportablement douloureuse et tu laissas échapper une série de gémissements. "_."
Sa main s'est tendit à l'aveugle et toucha ton dos puis remonta lentement jusqu'à ce qu'il réussît à trouver ton menton qu'il tourna doucement vers lui. Son autre main se leva, la manche de sa chemise se trouvant sur le talon de sa paume et il essuya les traces de tes larmes sur ton visage. Ton souffle s'arrêta dans ta gorge.
" Tu agis si différemment maintenant." Chuchotas-tu doucement, d'une voix rauque. " Avant, tu semblais si... méprisant, mais maintenant... tu es si -" Tu te stoppas au milieu de ta phrase, laissant ton corps trembler accompagné de grands sanglots à cause de ta main qui criait de douleur.
" C'est parce que j'avais peur de te montrer mes vrais sentiments." Prononça-t-il lentement, comme s'il essayait de préparer ses phrases avec soin. " Mais après que tu te sois blessé, je n'ai plus pu maintenir ma façade, car je t'entendais pleurer... Je ne pouvais plus le supporter. Tu m'as brisé." Chuchota-t-il, en glissant maladroitement une mèche de cheveux [c/c] derrière ton oreille. "Ti ho amato per tanto tempo, Je pensais que tu le savais déjà..." [5] Il s'interrompit quand il se pencha en avant, son souffle teinté de vin flottait dans l'air puis ses lèvres touchèrent les tiennes. Au début, il s'agissait à peine d'un baiser, ses lèvres frôlèrent à peine les tiennes, puis il se détendit et s'y adonna, séparant légèrement ses lèvres pour satisfaire celles déjà ouvertes. Tu laissas échapper un doux gémissement, cette fois-ci par satisfaction, et tu te penchas pour approfondir le baiser.
La porte s'ouvrit dans un grincement aigu et vous vous êtes tous deux tournés en direction du bruit.
" Okay vous deux, votre temps est écoulé vous pouvez partir maintenant." Dit l'Américain en se moquant, ne croyant toujours pas que quelque chose n'allait pas. Étonnamment calme, Lovino se leva puis se pencha, pour te prendre dans ses bras. Tu pouvais désormais voire clairement ton poignet grâce à la lumière qui affluait de l'entrée de la porte. Elle était gonflée et teintée d'un bleu-violet profond. Tu grimaças en voyant à quel point ta blessure était grotesque. Marchant rapidement vers la porte, Lovino se stoppa un instant à côté d'Alfred, lui laissant voir ton poignet.
" Beau travail, cagna." [6] Cracha-t-il sur l'Américain, un regard de dégoût pur qui déformait ses beaux traits. Tout ce qu'Alfred a pu faire, c'est regarder avec perplexité et bafouiller les mots "Le garçon qui criait au loup".
En dépassant Alfred mais en faisant attention à ne pas te blesser, Lovino te porta hors de la maison jusqu'à sa voiture qui était garée deux mètres plus loin.
Haletant fortement, il te glissa doucement sur le siège passager de sa Rolls-Royce. Quand il s'installa du côté conducteur, tu te tournas vers lui.
" Tout à l'heure, tu as dit que tu m'aimais depuis longtemps." Dis-tu. Il garda les yeux sur la route pendant que tu parlais. " Je t'aime aussi depuis longtemps, mais je ne l'avais jamais vraiment réalisé jusqu'à présent." Ta voix était rauque et enrouée, tes yeux se fermaient involontairement.
"Hey, reste tranquille, tu as besoin de te reposer." Roucoula-t-il dédaigneusement. Tu souris, sachant qu'il pensait encore à ce que tu avais dit.
"T-ti amo, Lovi." Chuchotas-tu avant de renoncer à rester éveillé plus longtemps, tes yeux se fermant de plus en plus.
"E il mio amore per te è inimmaginabile." [8] L'entendis-tu dire avant de t'endormir.
[1] - "Oh, merda," = "Oh, merde."
[2] - "... hermanito." = "...petit frère."
[3] - "Stronzo!" = "Connard/Enfoiré!"
[4] - "... figli di puttana..." = "... fils de pute...
[5] - "Ti ho amato per tanto tempo..." = " Je t'aime depuis si longtemps..."
[6] - "... cagna." = "... salope."
[7] - "E il mio amore per te è inimmaginabile." = " Et mon amour pour toi est inimaginable."
