Le samedi matin, alors que le vent sifflait à travers les carreaux et se faufilait dans chaque dortoirs. Tandis que la plupart des élèves étaient toujours emmitouflés bien au chaud dans leurs lits, tandis que Ron frissonnait dans le sien la tête dans le sens inverse, et tandis que Harry lui aussi, frissonnait suite à un nouveau cauchemars, Hermione, elle se trouvait déjà depuis une bonne heure dans la bibliothèque.
Elle eut rapidement finit ses devoirs pour la semaine, repensant à la soirée qu'elle avait passée, elle se demanda ce qui lui avait prit, mais pour autant elle ne le regrettait pas vraiment. Grâce à ce marché, cela lui permettait qu'un incident comme celui de la semaine d'avant avec Ron ne se répète plus jamais. Elle était déterminé à finir cette guerre avec Ron, à retrouver sa vie d'avant, et elle était résolue à ce que ce soit Ron, qui s'excuse platement.
Elle ne se laisserait plus marcher sur les pieds, par qui que ce soit.
En tout cas, Hermione venait de terminer un devoir de Défense Contre les Forces du Mal totalement ridicule, Ombrage ne leur apprenait rien, ses cours étaient complètements idiot. Et pourtant Hermione n'avait pas tendance à remettre en cause le travail d'un professeur mais là, elle devait bien l'admettre. Les cours du professeur Ombrage étaient presque aussi inutiles que ceux du professeur Trelawney – c'est dire à quel point – Et il n'était plus envisageable pour elle de continuer à ne rien apprendre ainsi, Voldemort était de retour, ils étaient en grand danger, et ils ne savaient pas se défendre.
Et si le professeur de Défense ne voulait pas leurs apprendre, alors ils apprendraient tout seuls.
Hermione passa alors encore une demie heure à réfléchir au meilleur moyen d'apprendre à se défendre par eux même, elle finit par en conclure qu'ils auraient besoin d'un professeur. Mais quel professeur ? Étant donné que Lupin n'avait plus la possibilité de se trouver dans le château et que l'aide de Rogue n'était même pas envisageable, Hermione finit par trouver que, la personne qui fut le plus en contact avec les Forces du Mal et qui avait dut se battre à maintes reprises contre elles, était en fait la meilleure personne à qui demander ça : Harry Potter.
Le problème était que demander quelque chose comme ça à Harry impliquait forcément Ron. Et la question était de savoir si elle était prête à pardonner à Ron. Et même simplement si Ron allait jamais s'excuser.
La réponse à une de ses question arriva plus tôt que prévu, quand Hermione se retrouva dans la Grande Salle à l'heure du petit déjeuner, elle y trouva Harry, assit seul. Entrain de tranquillement beurrer une tartine. C'était sa chance, Hermione se hâta de s'asseoir face à son meilleur ami, la mine du brun semblait épuisée, mais il se réjouit en voyant Hermione.
Ron n'est pas avec toi ? Demanda Hermione. Ça doit être une première !
Je crois que il se prend tellement la tête en ce moment qu'il a besoin de sommeil, dit-il.
Comment ça Harry ? Demanda Hermione.
Et bien j'essaie de lui faire comprendre qu'il doit s'excuser et je crois qu'il commence à sérieusement l'envisager mais d'un autre côté dès qu'il croise Malefoy –qui prend son pied pour se moquer avec ses stupides clins-d'oeil– il finit par bouder au moins trois heures non-stop. Et là, c'est retour à la case départ, tu connais Ron... Enfin bon, moi j'aimerais bien que tout redevienne comme avant, j'en peux plus de ses sautes d'humeur! Dit Harry avant de prendre un gigantesque croc dans sa tartine.
Je veux bien te croire Harry ! Tu as l'air épuisé, est-ce que ça va ?
Il y eut un court silence et Hermione crut voir le teint de Harry perdre en couleurs.
Je... J'ai du mal à dormir, c'est tout, dit-il.
Oh Harry est-ce que tes cauchemars reprennent de plus belle ? Demanda Hermione.
Je crois bien oui. M'enfin... C'est pas si grave. C'est sûrement les retenues avec Ombrage qui m'épuisent.
Oh Harry... Je suis là pour toi tu sais... dit Hermione en posant sa main sur la sienne, dont la cicatrice presque à sang reposait douloureusement sur le revers de la main du brun. Cette vieille chouette ! Je te jure Harry, elle n'a pas le droit de faire ça !
Harry ne prit même pas la peine de répondre, à l'évocation de ce sujet il se renfermait toujours. Visiblement, il n'avait vraiment pas envie d'en parler. Hermione décida d'amener le sujet de son idée pour remédier au manque de cours de Défense à plus tard.
Il se passa encore une dizaine de minutes avant que les portes de la Grande Salle s'ouvrent sur un roux, qui arborait un air décidé malgré qu'on pouvait remarquer de suite qu'il prenait énormément sur lui.
Hermione, je peux te parler ? Dit-il lorsqu'il fut arrivé à hauteur de ses deux amis. S'il te plais...
Hermione hésita tout d'abord, puis elle décida qu'elle se devait de lui laisser une chance, cette situation ne lui plaisait pas du tout et elle ne pouvait la faire durer plus longtemps.
Bien sûr Ron. Répondit Hermione avant de se lever et de suivre Ronald en dehors de la Grande Salle.
Une fois proche des grands escaliers, le roux se tourna rapidement, un air solennel sur le visage.
Je... J'ai bien réfléchit, commença Ron. J'aurais jamais dû dire ce que je t'ai dis l'autre jour. Je regrette, et on m'a bien fait comprendre que j'ai agis... comme un idiot.
Hermione ne put s'empêcher de laisser s'échapper un soufflement de nez, mais pas un mauvais, elle souriait. Ron sembla alors directement se gonfler de plus d'assurance, il était en bonne voie, malgré qu'il ait toujours l'air très mal à l'aise.
J'aurais jamais dû croire cette crapule de Malefoy plutôt que toi, Hermione... Je suis-
Mais le roux se stoppa net, regardant les escaliers d'un air soudainement renfrogné, il sembla s'être armé d'une carapace tout à coup, comme s'il était prêt à se battre à la moindre alerte. Hermione retourna pour voir la raison de ce changement de comportement soudain. Drago Malefoy descendait les grands escaliers, un visage imperturbable, il regardait droit devant lui, comme s'il ne les voyait pas. Pourtant ils étaient clairement dans son champ de vision.
Le regard des deux Gryffondor suivirent le mouvement du serpent, qui passait tranquillement devant eux, droit comme un piquet, les mains derrière le dos, sans faire aucune remarque, aucun geste déplacé, même aucun rictus révélateur. Rien. Il ne fit rien, même pas le fameux clin-d'oeil qui semblait être sa botte secrète depuis une semaine, il ne sourcilla pas.
Lorsque Drago Malefoy eut atteint la grande porte, faisant dos aux deux Gryffondor, Hermione remarqua un geste, un simple geste dans l'attitude de Malefoy, presque imperceptible : une main tenant le poignet de l'autre dans son dos, il venait de relever son petit doigt.
Le marché passé la veille avait prit place, elle sentit une chaleur envelopper tout son corps, Hermione Granger aurait été prête à courir un marathon tant elle sentait un regain de bonne humeur soudain, Drago Malefoy venait de faire le plus beau geste envers elle qu'il aurait jamais pu faire : il n'avait rien fait, il n'avait rien dit. C'était pourtant évident que c'était une chance inouïe qu'il aurait eut là, pouvoir se moquer de Ron qui s'excusait, pouvoir en rajouter une couche, piquer Ron à vif. Mais il n'avait rien fait, il l'avait juré et il s'y tenait. Hermione n'en croyait pas ses yeux.
Et visiblement Ronald Weasley non plus : lorsqu'il se retourna vers Hermione après que le blond soit entré dans la Grande Salle, il semblait abasourdit, autant que s'il venait de voir le père Noël passer tranquillement devant lui.
Hermione, réprimant un grand sourire, s'efforça de continuer sa conversation si bien entamée avec Ron.
Je t'écoute Ron, reprit-elle comme si de rien était.
Je... Euh, je disais, bafouilla-t-il, chamboulé. Oui ! Oui, je disais que je suis désolé Hermione. Je retire ce que j'ai dis, c'était vraiment mauvais, et je ne veux pas être comme ça... Euh... Je ne veux pas te faire de mal, Hermione.
Ron, à mesure qu'il prononçait durement sa phrase avait sa tête qui s'abaissait de plus en plus vers le sol, comme si les grandes dalles de pierre étaient ce qu'il y avait de plus intéressant dans le monde entier à cet instant. Lorsqu'il eut finit de prononcer sa phrase il releva les yeux, à la manière d'un chien battu, vers son interlocutrice, son visage était devenu étrangement rouge, et il semblait redouter grandement la réaction de la brune.
Après un court instant, Hermione ne put se retenir plus longtemps.
C'est tout pardonné Ron ! Dit-elle d'un ton énergique. Franchement, c'était idiot de laisser Malefoy s'insinuer entre nous... Mais il faut que tu saches que tes paroles m'ont fait énormément de mal...
Je sais Hermione ! Ça n'arrivera plus tu peux en être sûre ! Dit le roux de manière enthousiaste, il semblait avoir retrouvé un regain d'espoir.
Lorsque les deux amis rentrèrent à nouveau dans la Grande Salle, Hermione ne put s'empêcher de lancer un regard plein de gratitude vers la table des Serpentards. Drago Malefoy avait rejoint ses amis et s'était assit à côté de Blaise Zabini qui semblait presque s'endormir sur son assiette, ce qui faisait apparement énormément rire le blond et Pansy Parkinson. Drago ne lui lança aucun regard.
Tout semblait avoir reprit son court, le trio de Gryffondor était à nouveau intact. Et ça faisait du bien. Tous leurs amis furent surpris lorsqu'ils les avaient rejoint.
Aaah, commença Fred en s'asseyant à la table. Nôtre cher frère à enfin réussit à surpasser son énorme...
Son gigantesque ! continua George.
Son pharamineux égo ! Finit Fred sous les regards rieurs de tout le monde. Et est venu demander pardon à la pauvre Hermione !
C'est un jour à marquer d'une pierre blanche ! Se moqua George.
Hermione réprima un rire tandis que Ron se renfrogna sur sa part de tarte à la mélasse, mais la jeune femme reprit contenance, sans laisser tomber un petit sourire tout de même.
Laissez le les garçons ! Au moins, il l'a fait... dit-elle à l'encontre de Fred et George.
Mais tu es trop bonne Hermione ! s'exclama Fred
Ron releva brusquement la tête vers son grand frère, la mine déconfite ce qui fit s'esclaffer toute la table, même Hermione. Elle était heureuse que tout ait reprit son court.
Le soir même, Harry revenait de sa toute dernière retenue avec Ombrage, sa main était si blessée que le chiffon qu'il y avait mit autour était emplit de sang. Lorsqu'il fut entré dans la Salle Commune, il pensait être seul, mais Hermione et Ron l'avaient attendu. Il avait sentit une chaleur embaumer son cœur à la vision de ses deux meilleurs amis.
Harry ! Comment va ta main ? Demanda Hermione. Oh mon Dieu Harry ! Mets vite ta main là dedans, ça ira mieux.
Hermione désignait un petit bol remplit d'un liquide jaune posé sur la table près de la cheminée.
C'est une solution filtrée de tentacules de Murlap marinés, ça devrait te soulager.
En effet Hermione avait préparé cette potion toute la journée espérant que ça mettrait Harry dans un meilleur état d'esprit après sa douloureuse retenue. Et qu'elle pourrait peut-être réussir à lui parler de son idée du matin.
Après quelques instants, elle décida de se lancer, ou d'en tout cas lancer le sujet.
Cette femme est abominable, vraiment abominable. Tu sais Harry, j'étais justement entrain de dire à Ron au moment ou tu es arrivé... commença Hermione en lançant un regard inquiet vers Harry. Qu'il faudrait faire quelque chose à son sujet.
Je suggère de l'emmener voir Touffu, proposa Ron.
Moi je suggère un poison lent et douloureux, renchérit Harry avec une mine sombre.
Non les garçons... Je ne parlais pas de ça. Je pensais, quelque chose en rapport à ses cours. Elle ne nous apprend rien.
Oui mais ça on y peut rien, répondit Ron en bâillant. C'est trop tard maintenant qu'elle est là... À moins que tu veuilles vraiment tester le poison ?!
Non Ron ! En fait... Je me disais ce matin...
Hermione jeta un coup d'oeil en direction de Harry, un peu inquiète puis se lança :
Je me disais que, on pourrait prendre ça en mains nous-même... Je veux dire puisque personne ne le fera pour nous.
Nous-même ? Répéta Harry d'un tout suspicieux, sa main reposant toujours dans le liquide jaunâtre.
Oui, apprendre à se défendre contre les forces du Mal par nous-même, reprit Hermione.
Si tu veux parler d'aller apprendre à se défendre à la bibliothèque Hermione alors laisse moi te dire que...
Non, Ron, coupa Hermione. Pour une fois je suis d'accord que nous avons dépassé le stade où l'on apprend les choses seulement dans les livres. En fait... Il nous faut un professeur, un vrai, quelqu'un qui sait ce que c'est, de se battre contre les forces du Mal...
Ron et Harry s'étaient regardé comme si le professeur Guilderoy Lockhart venait de leurs dire qu'il était inutile de signer des autographes.
Mais quel professeur, demanda Harry. Si tu penses à Lupin...
Non Harry, je ne pense pas à Lupin. En fait... Je pensais à toi.
Harry la contempla avec des yeux ronds. Puis il se tourna vers Ron, pour trouver un peu de réconfort, espérant pouvoir lancer en duo à Hermione un de ses regard exaspéré qui disait « Mais qu'est ce que tu racontes ? », comme lorsqu'elle parlait de la S.A.L.E. Mais, malheureusement pour Harry, Ron n'avait en aucun cas un regard exaspéré. Ron réfléchissait.
Elle n'a pas tord, dit-il.
Mais enfin, vous vous entendez parler... ? Demanda Harry qui souriait, pensant que ses amis lui faisaient une mauvaise blague.
Et pour le reste de la soirée Hermione et Ron tentaient de convaincre Harry, ce dernier ayant finit par capituler, et trancher la poire en deux en disant qu'il y réfléchirait. Hermione ne voulut alors plus ramener le sujet sur la table et décida de laisser Harry y penser seul, car elle ne voulait pas le brusquer et risquer qu'il refuse par principe de contradiction.
Mais le mardi qui suivit, après un cours particulièrement horrible de Défense Contre les Forces du Mal, qui valut à Harry une nouvelle retenue le soir même, Harry avait chuchoté dans l'oreille d'Hermione à la sortie du cours « C'est d'accord, je le ferais. »
Hermione avait alors décuplé ses forces pour trouver des participants, ainsi qu'un endroit qui pourrait accueillir leur première réunion. Leur première sortie à Pré-Au-Lard de l'année était le premier week end d'octobre, donc le week end qui arrivait. Le vendredi soir, Hermione eut tout prévu, tout sauf sa retenue avec Malefoy.
