Bonjouuur tout le monde ! J'espère que vous allez bien et que cette période de confinement ne vous pèse pas trop ^^

Voici donc le chapitre 9 ! ... qui met définitivement fin au calme. De ce fait, je vous mets en garde contre plusieurs scènes assez graphiques et du gros, gros drama (et, euuh... y'a aussi une grosse alerte spoiler sur le début de Destination Finale 2 xD). J'espère qu'il vous plaira, j'avais tellement hâte de parvenir à cette scène de la fic' x3

Un grand merci à Blue Aaren pour la bêta, encore navrée pour la PLS finale xD Et puisque j'y suis, encore un très bon anniversaire à Barukku Iris ! J'espère que le chapitre te plaira x3

Je vous souhaite bonne lecture ^^

Réponse au guest : Hey Nino ! Merci beaucoup pour tes petites reviews, elles m'ont fait super plaisir x3 j'espère que ce chapitre te plaira autant que les autres !

Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.


Chapitre 9 – L'horreur


4 août, chambre 776 de la station balnéaire d'Ishigaki, dans l'après-midi :

Lorsque Touya baissa de nouveau la tête pour se concentrer sur son téléphone, Fuyumi n'eut d'autre choix que de tirer – délicatement – sur ses cheveux pour le faire rester droit.

Environ une fois par mois, Fuyumi s'occupait de teindre les cheveux de son frère ; une routine qu'ils avaient imposé dès que Touya était sorti de l'hôpital et qu'il était rentré chez lui. Une fois sorti du coma, après avoir assimilé l'information que tous ses amis avaient péris dans l'accident et que soixante pourcents de son corps avait été brûlé au troisième degré, il fût frappé de ce que les médecins avaient défini comme « Le syndrome de Marie-Antoinette ». Un blanchissement très rapide de la chevelure à la suite d'un violent choc émotionnel, dû à une réaction qui attaquait le système pigmentaire de ses cheveux… Touya avait oublié tout ce charabia médical. Tout ce qu'il savait, c'est que qu'il était passé d'un roux atroce à un blanc aussi cadavérique que celui de son frère. Une énième marque de son accident, la seule sur laquelle il avait un tant soit peu de pouvoir quant à sa dissimulation ; et puis, ça lui avait donné une raison d'enfin se teindre les cheveux en noir.

« - Touya, je te le répète, arrête de bouger ! » Le pinceau de teinture à la main, l'étudiante en droit désespérait pour que son frère cesse de gesticuler. « Tu vas te retrouver avec des cheveux poivre et sel…

- Ouais, et j'suis pas sûr que Hawks veuille sortir avec un vieux ! »

Touya se redressa pour envoyer à Natsuo un oreiller en pleine figure ; au lieu de le faire taire, cette action déclencha son hilarité. L'aîné s'apprêtait à insulter son cadet lorsque Fuyumi le força à ne plus bouger.

Lors du repas de la veille, ses frères et sœurs l'avaient cuisiné à toutes les sauces ; Shoto l'avait aperçu à la plage avec le maître-nageur, et n'ayant pas jugé cette information comme confidentielle, il l'avait partagé à Natsuo. Touya n'en voulait pas à son petit frère, connaissant parfaitement son caractère et sa façon d'agir. En revanche, il ne supportait plus le futur infirmier qui n'arrêtait pas de relancer le sujet « Touya va pecho le maître-nageur » dès qu'il en avait l'occasion. Ses questionnements donnaient un caractère réel à tout ce que Touya avait vécu ces derniers jours, et ce dernier refusait de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Non seulement, il était encore trop tôt, mais il ne voulait pas qu'on lui inflige une pression supplémentaire.

« - Natsuo, arrête de l'embêter… » sermonna Fuyumi en s'appliquant sur les cheveux de son frère. « Tu sais à quel point c'est dur pour lui, laisse-le gérer ça comme il l'entend. Il nous en parlera quand il en aura envie. »

Au-delà de définitivement faire taire Natsuo – qui adressa à sa grande sœur une moue boudeuse digne d'un enfant de maternelle – les mots de Fuyumi apaisèrent les nerfs de Touya. Sa sœur avait toujours été celle qui remotivait les troupes, qui voyait le positif dans toutes les situations. Elle savait détendre l'atmosphère comme personne, et c'était exactement ce dont le brun avait besoin ; dans sa tête et dans son cœur, c'était la panique. Il avait peur, tellement peur de s'investir pour rien, de foncer la tête dans le mur. Paradoxalement, il ne s'était jamais senti aussi bien depuis son accident. Et puis, malgré tout, Touya parvenait à relativiser un minimum ; il se disait que son amitié avec Hawks était déjà largement suffisante à son bonheur, et que s'ils devaient en rester là, cela lui conviendrait également. Il voulait juste… être en présence du blond le plus souvent possible. Il réfléchirait à ce que ça signifierait plus tard.

Dans sa main, son téléphone vibra. Il s'apprêta à se pencher vers ce dernier mais Fuyumi l'en empêcha en maintenant sa tête en arrière. Touya approcha donc le smartphone de ses yeux ; ses lèvres s'élargirent dans un faible sourire, néanmoins assez intense pour que sa grande sœur le remarque. À l'écart, Natsuo avait porté son attention sur sa console portable.

« - Je pensais que tu avais oublié comment sourire. » dit-elle en souriant à son tour. « Tu as bonne mine, ces derniers temps. Je suis heureuse de voir que tu te sens mieux, Touya. »

Et elle n'insista pas. Fuyumi était aussi maternelle que leur mère, ce qui expliquait pourquoi Touya s'entendait si bien avec elle. Sa douceur lui mit du baume au cœur, sa discrétion légendaire aussi ; il savait qu'il n'avait pas besoin d'en rajouter, que le simple fait de voir son grand frère heureux lui suffisait. Fuyumi était le parfait milieu entre Shoto et Natsuo, là où le premier ne pipait jamais mot et où l'autre parlait jusqu'à tomber de fatigue. Touya sourit à nouveau, mais pour une toute autre raison ; il avait tellement de chance de les avoir.

« - Ouais. C'est cool. » avoua-t-il simplement, et une fois encore, la jeune femme ne rajouta rien. Elle termina d'appliquer la teinture et abandonna finalement son frère.

Lorsqu'il put enfin s'asseoir correctement sur sa chaise, Touya se concentra sur son téléphone qui n'arrêtait pas de vibrer ; Hawks avait trouvé un jeu mobile stupide auquel ils pouvaient tous les deux jouer par texto, et il n'arrêtait pas d'écrire à Touya toutes les cinq minutes. Ce dernier maronna pour la forme, mais s'empressa néanmoins de lui répondre. Au cours d'une de leur partie – Touya écrasait Hawks à chaque d'entre elles – le maître-nageur lui apprit que le soir-même, il organisait une soirée film d'horreur avec « les gamins de la colo ». Le brun souffla du nez en remarquant qu'il utilisait son expression pour désigner Shoto et ses camarades, mais il fût intéressé par la proposition du blond. Pourquoi pas, se dit-il. Cela faisait une éternité qu'il n'était pas allé au cinéma, et bien qu'il préférait les thrillers policiers et les films dramatiques, Touya n'était jamais contre le fait de regarder un bon film d'horreur. Il confirma sa présence à Hawks et demanda à Fuyumi et Natsuo s'ils souhaitaient l'accompagner ; Natsuo déclina, il détestait avoir peur pour rien. Quant à Fuyumi, elle savait que son frère avait besoin d'espace, alors elle prétexta avoir déjà quelque chose de prévu avec des amies qu'elle s'était faite pendant le séjour. Touya appela Shoto et ne lui laissa pas le choix ; il était hors de question qu'il se retrouve dans la même pièce que ces gosses hyperactifs sans le calme de la troupe pour les détendre.

Touya sentit son cou l'étirer à force d'être resté dans une mauvaise position, mais il ignora cette sensation, bien trop concentré sur la future soirée qui s'annonçait. Hawks lui exprima son enthousiasme quant à sa confirmation, puis Touya lui mit une nouvelle raclée sur une autre partie de leur jeu.

Heureusement pour le brun, la journée passa à vitesse grand V. Il ne fît pas grand-chose à part se reposer et prendre soin de ses cheveux tout propres. Très vite, les neuf heures du soir sonnèrent et Touya et Shoto se rendirent dans la salle de projection de la station. Sur leur chemin, ils récupérèrent Kaminari, Kirishima et Bakugo, qui foutaient déjà un bordel monstre. Touya en regretta presque d'avoir accepté de venir ; lorsqu'ils arrivèrent et qu'il vît Hawks agiter ses bras en l'air pour le saluer, il sut qu'il avait fait le bon choix.

La pièce était chaleureusement aménagée. Comme un réel home cinema, un écran plat recouvrait la majeure partie du mur sur lequel il était accroché. Plusieurs canapés ouverts étaient collés les uns aux autres pour donner une impression d'immense lit et des tas de coussins et de couvertures étaient disposés de ça de là, rendant le tout à la fois confortable et agréable. À côté de la salle, des toilettes étaient à leur disposition.

La pièce était tellement idéale pour leur soirée que Touya se demanda même si ce n'était pas à la base un local que Hawks avait retapé pour l'occasion ; et le connaissant, il en était capable. Ashido et Yaoyorozu étaient déjà confortablement installées au milieu des coussins, Uraraka s'installa timidement contre Midoriya et Bakugo hurla sur Kirishima et Kaminari qui avaient eu le temps de lancer une bataille d'oreillers. Touya s'allongea le plus loin possible de cette troupe de morveux, contre le rebord du dernier fauteuil – soit pas très loin, finalement. Le canapé-lit improvisé avait beaucoup être grand, quand Hawks parlait de colonie de vacances, il n'exagérait qu'à peine ; ils s'étaient rapidement retrouvés serrés comme des sardines. Entendre ces gosses brailler filait à Touya un début de migraine, et il allait rapidement perdre patience. Pourquoi il avait accepté de venir, déjà ?

« - Bon, j'ai réussi à emprunter deux DVD à un collègue. » commença Hawks. Le simple fait qu'il prenne la parole réussit à faire cesser les conversations, ce qui satisfit Touya autant que cela l'étonna ; le blond était vraiment fait pour ce job. « On a le choix entre L'Exorciste, et Destination finale 2. »

Et de nouveau, des piaillements de tous les côtés pour choisir le film. Touya perdait patience – au-delà de ne pas apprécier les enfants, ceux-là, il ne pouvait pas les supporter plus de dix minutes. Hawks mit cependant rapidement fin au boucan qu'ils foutaient, leur expliquant que la salle lui avait été prêtée pour la nuit et que par conséquent, ils pourraient très bien visionner le film suivant un peu plus tard dans la soirée. Après un nouveau moment de débat, la majorité choisit de regarder L'Exorciste en premier, argumentant qu'ils relâcheraient la pression en regardant l'autre film, bien moins sérieux, juste après.

Hawks inséra le CD dans le lecteur et resta devant l'écran pour lancer le film. Cet idiot avait revêtu ce qui semblait être son pyjama, un short de sport gris près du corps, et un t-shirt décoré d'un gros poulet qui lui ressemblait étrangement. Le fait qu'il puisse être beau dans les moindres circonstances était un mystère que Touya peinait à résoudre, mais ne pas y trouver réponse permettait à ses yeux de l'observer autant qu'il le souhaitait. La pièce fût plongée dans le noir lorsque le film débuta et, alors que les plus jeunes étaient déjà tous concentrés sur l'écran, Hawks s'installa dans la plus grande discrétion contre Touya.

Littéralement.

« - Ça te dérange si je me mets ici ? Si je m'allonge contre vous tous, on risque d'être super serrés. »

Même dans le noir, le brun pouvait apercevoir la lueur malicieuse qui brillait dans les yeux du blond. Et il aurait bien été tenté de les observer pendant de longues minutes, si son cœur ne s'était soudainement emballé comme s'il venait de terminer un marathon. Par « ici », Hawks entendait entre les jambes de Touya, et de ce fait : appuyé contre son torse.

Le cerveau du brun tourna à mille à l'heure, enchaînant tous les scénarios catastrophiques possibles et embrouillant son esprit plus que de raison. Il devait avoir l'air d'un sacré con, la bouche entrouverte à fixer Hawks comme s'il était une créature inconnue qui venait d'apparaître devant ses yeux. Bien évidemment que Touya ne voulait pas refuser que Hawks brise les quelques barrières qui restaient encore entre eux – puis comme il l'avait souligné, il pouvait difficilement s'installer ailleurs – mais… son torse, c'était la partie de son corps qu'il haïssait le plus depuis l'accident. C'était là, qu'il avait morflé le plus. Et Hawks avait beau en avoir été plus ou moins proche la veille, lorsqu'ils s'étaient retrouvés à l'eau, cela restait tout de même difficile pour Touya. Est-ce que le blond sentirait ses cicatrices par-dessus son t-shirt ? Est-ce que cela le dégoûterait, est-ce qu'il ferait une remarque à ce sujet ? Est-ce qu'il-

« - Tu comptes rester planté devant moi jusqu'à l'an prochain ? » réussit-il enfin à articuler. « Chassez le naturel, il revient au galop », pas vrai ? Chez Touya, le naturel consistait à se réfugier derrière son agressivité pour cacher ses réels sentiments. « Bouge-toi de t'installer, tu vas me faire rater le début du film. »

Il détourna immédiatement son regard, espérant qu'en pleine obscurité, Hawks ne remarque aucun changement sur son visage. Il vît cependant le sourire qu'il lui adressa, et après qu'il lui ait demandé d'un peu se redresser pour qu'il puisse mieux s'installer, Hawks s'allongea entre ses jambes et appuya sa tête contre son plexus solaire.

Touya tacha de se concentrer sur le film ; c'était un de ses préférés, d'ailleurs. Il adorait comment la tension et l'angoisse montaient rapidement ; et puisqu'il connaissait les scènes et certains dialogues par cœur, il était bien plus concentré sur les détails techniques de sa réalisation. Autour de lui, les gamins frissonnaient de peur et se réfugiaient les uns contre les autres. Même Hawks ne faisait pas le malin. Il tremblait comme une feuille contre le torse de Touya, qui devint rapidement agacé qu'il gigotte autant – façon de parler, évidemment. En réalité, le brun riait de voir le maître-nageur aussi investi dans son visionnage. Et comme pour se venger de l'état dans lequel il l'avait foutu en s'installant contre lui – comme si c'était sa faute – Touya rapprocha discrètement sa main du bras de Hawks. Il attendit une scène qu'il savait calme, et lorsque ce fut le grand silence, le brun saisit violemment le bras du blond.

Hawks poussa un cri si strident que les adolescents se mirent également à hurler. Touya, lui, éclata de rire ; il s'esclaffa d'autant plus lorsque le blond se retourna vers lui et qu'il lui jeta son coussin à la figure en l'engueulant. Haletant et encore sous le choc, il était difficile pour Touya de le prendre au sérieux. Le brun n'arrivait tellement pas à calmer son fou rire que Hawks finit par le rejoindre dans son hilarité. Il lui promit de se venger, et pour être certain que le brun ne s'amuserait plus à le surprendre, Hawks glissa ses doigts entre les siens et emprisonna ses mains contre lui. « Voilà, t'es puni », lui dit-il en rigolant encore. De son côté, Touya cessa immédiatement de rire.

La peau de Hawks était encore plus douce qu'il ne l'avait imaginé. Elle touchait la sienne comme du velours, ne connaissait aucune imperfection. Ses doigts étaient si fins comparés aux siens, de vrais doigts de fée. Touya pria pour que la moiteur de ses mains ne le trahisse pas, tout comme il espérait bêtement que les puissants battements de son cœur ne puissent être entendus que de lui seul. À chaque sursaut de Hawks, sa poigne contre ses mains se resserrait, comme un enfant qui serre une peluche pour se rassurer. Touya commença à paniquer ; est-ce qu'il avait la moindre idée de l'effet qu'il pouvait bien lui faire ?

Les scènes se succédèrent et arrachèrent de nouveaux cris apeurés aux spectateurs. Pour Touya, la vraie tension se trouvait juste contre lui, happé par ce film qui devait défiler pendant encore un bon moment. Hawks relâcha finalement sa poigne, ce qui donna à Touya l'espoir – et aussi, malgré lui, la peur – que le blond se soit désintéressé de son cas. La réalité fut tout autre ; du bout de ses ongles courts, le maître-nageur traça des cercles imaginaires sur le dos d'une des mains du brun, laissant l'autre reposer simplement sur son torse. Touya ne savait plus où donner de la tête. Il avait l'impression d'être de retour à l'époque du lycée où, dès qu'il se retrouvait en soirée avec son coup de cœur du moment, il paniquait comme un dingue. Merde, il allait avoir vingt-cinq piges et il agissait comme un putain de puceau. Il en avait marre de se cacher derrière son éternelle excuse de l'accident, des années gâchées et de ses peurs insurmontables.

Le temps d'une soirée, pendant juste quelques heures, il voulait se sentir normal. Comme n'importe quel mec de son âge.

Touya dût faire un effort monstre pour calmer son souffle sans que sa poitrine ne se gonfle trop. Dans un instant très peu sûr de lui, il fit glisser sa main libre jusqu'à la nuque immaculée du blond. Ce dernier frissonna dès qu'il sentit les doigts froids du brun contre sa peau, mais il ne repoussa absolument pas le contact. Du bout des ongles, Touya retraça la courbe des clavicules de Hawks, s'autorisant même à remonter jusqu'à son cou. Le blond frissonna à nouveau mais se tordit dans tous les sens, prétextant que le brun lui faisait des chatouilles. Hawks récupéra sa main et la plaça dans la jungle qui lui servait de cheveux, en ajoutant simplement « Ici, tu me chatouilleras pas ». Comme s'ils avaient tous les deux intégré le fait qu'ils se cajolaient timidement près d'une troupe d'adolescents effrayés, comme s'ils avaient compris que leur relation venait de prendre un nouveau tournant. Touya eut l'impression de rêver.

Malgré les milliards de nœuds dans lesquels ils étaient emmêlés, les cheveux de Hawks étaient d'une douceur démesurée. Touya se doutait que il devait accorder un soin tout particulier à son apparence, mais il ne s'imaginait pas que puisse également inclure sa tignasse. En attendant, la caresse était aussi agréable pour lui que pour Hawks, qui avait fini par s'avachir encore plus contre lui ; Touya aurait pu le serrer dans ses bras s'il l'avait voulu. Mais il ne réalisait tellement pas ce qu'il se passait qu'il était incapable de faire autre chose que répéter inlassablement son geste dans les cheveux de Hawks. Lui, un canon de beauté pareil, était… . Quasiment dans ses bras, à caresser tendrement une de ses mains et à se blottir contre l'autre. Le pire, c'est que c'était arrivé si naturellement. Alors Touya tenta d'ignorer les battements incertains et effrayés de son cœur, et envoya chier les dernières pensées sombres qui subsistaient dans son esprit. Pour l'instant, tout se passait bien ; il fallait qu'il en profite. Touya était bien placé pour savoir que le calme est toujours de très courte durée.

Le film se termina finalement et Hawks se détacha du brun pour lancer le second. Pendant ce temps, les lycéens purent se remettre de leurs émotions et débattre sur la conclusion du film. De son côté, Touya se replaça correctement dans le fauteuil et en profita pour reprendre son souffle. Il n'aurait jamais pensé qu'il se rapprocherait autant du maître-nageur en si peu de temps, surtout lors d'une soirée film d'horreur avec la colonie. Une aubaine que Natsuo et Fuyumi ne furent pas là, finalement, sinon Touya n'aurait jamais osé. D'ailleurs, il se demanda par quel miracle il avait réussi à se dérider et à clairement prouver ses intentions au maître-nageur ; parce que c'était ce qu'il venait de faire, pas vrai ? Touya ne se serait jamais permis d'être aussi proche de qui que ce soit d'autre que Hawks, et ce dernier en avait parfaitement conscience. Mais pour lui, comment cela se passait, dans sa tête ? Était-il aussi chamboulé que le brun pouvait l'être, se demandait-il comment est-ce qu'ils étaient désormais censés se comporter l'un envers l'autre ? Tant de questions sans réponses.

Hawks appuya sur le lecteur DVD et lança le nouveau film. Son regard croisa celui encore décontenancé de Touya, qui même dans le noir, trahissait tout ce qu'il prenait tant de mal à dissimuler. Quant au brun, il devinait sans mal le sourire malicieux de Hawks. Ce dernier lui chuchota d'ailleurs avant de s'installer :

« - Chaque fois que tu me regardes avec ces yeux-là, j'ai l'impression que tu vas me bouffer. »

L'estomac de Touya se tordit de stress, d'angoisse et de passion à la fois. Toujours ce ton plein de défi, mais le brun capta sans mal le sous-entendu et crut qu'il allait s'enfoncer dans le sol. Bien décidé à rendre son coup à Hawks, il attendit que ce dernier soit à nouveau installé contre lui pour se pencher vers son visage. Derrière lui, tout contre son oreille et bien trop doucement pour que les autres ne l'entendent, il lui répondit :

« - Fais gaffe à ton cul, c'est peut-être ce que j'ai prévu. »

Pour la subtilité, il repasserait. Hawks lui accorda un nouveau rire car il savait que le brun en était capable. Cependant, leurs rires étaient désormais teintés d'une nouvelle essence ; en l'espace d'une soirée, leur amitié avait pris un caractère ambiguë qu'ils ne pourraient désormais plus nier. Et bizarrement, cela convint à Touya. Il était grand temps qu'il passe à autre chose.

Mais comment passer à autre chose, quand le moindre petit événement pouvait le replonger dans les souvenirs les plus atroces de son existence. Comment essayer d'aller de l'avant, quand une simple séquence d'un film d'horreur mal vieilli pouvait lui déclencher la pire crise d'angoisse de toute son existence.

Le film démarra trop lentement pour que le brun le juge digne de son attention. L'histoire était bidon et ne l'intéressait pas ; du moins, elle ne l'intéressait pas plus que ce qu'il se passait contre lui. Les amis de Shoto, eux, semblaient bien plus investis dans le film. Lorsque Ashido, Kirishima et Kaminari s'exclamèrent d'une même voix et que le film produit un pur boucan sonore, Touya releva les yeux vers l'écran plat.

Tout se passa trop vite pour qu'il comprenne quoi que ce soit. Figé comme un lapin devant les phares d'une voiture, ses yeux suivaient la scène sans pouvoir s'en détacher.

La scène présentait un accident de voiture.

Une cargaison de rondin de bois s'était détachée de son convoi de transport, provoquant en réaction une chaîne d'accidents plus sanglants les uns que les autres. Un motard fût coupé en deux par sa moto. Une voiture percuta un rondin et fit des rebonds à n'en plus finir ; un camion lui fonça dedans et les deux véhicules explosèrent ensemble.

Les adolescents hurlèrent de rire face au ridicule de la scène et à l'exagération des explosions. Le cœur de Touya cessa de battre.

« - Hé, tu as prévu de me rendre chauve ? » lança Hawks en se retournant vers le brun qui lui arrachait quasiment les cheveux. « Tu sais que j'en ai besoin pour… »

Mais la voix de Hawks mourut dans sa gorge dès qu'il réalisa l'état de léthargie dans lequel Touya se trouvait. À sa gauche, Shoto remarqua l'agitation du maître-nageur et se tourna vers son grand-frère ; en un seul regard, il comprit.

L'accident du film ressemblait trait pour trait à celui de Touya.

« - Touya ! » Shoto poussa Hawks et se posta devant son frère pour le secouer. Il haussa le ton. « Touya, regarde-moi ! »

Mais le brun ne l'entendait pas. Tout ce qu'il entendait, c'étaient les cris de ce pauvre personnage secondaire, coincé sous sa ceinture de sécurité. Brûlant dans les flammes de l'accident.

Exactement comme Tenko.

« - Touya, t'es en train de brûler vif, casse-toi !

- J'me barrerai pas avant d'avoir détaché ta putain de ceinture !

- DÉGAGE DE CETTE BAGNOLE ! »

La voiture du personnage secondaire explosa après avoir été elle aussi frappée de plein fouet par un camion qui circulait encore. Touya porta par réflexe une main à sa poitrine, sentant son cœur sur le point de s'arrêter. Il ne le vit pas, mais Yaoyorozu s'était levée en catastrophe pour arrêter le film.

Ce camion qui leur fonça dessus, Jin qui creva sur le coup et Himiko qui passa au travers du pare-brise. L'explosion dans laquelle Touya et Tenko se retrouvèrent coincés, l'incendie qui brûla soixante pourcents de son corps tandis qu'il essayait de sortir son meilleur ami de la voiture. Les cris d'agonie de Tenko lorsque les flammes atteignirent son corps, ceux de Touya lorsque les pompiers le libérèrent mais ne purent rien faire pour son meilleur ami.

Le 7 août.

« - TOUYA ! »

Le déclic, le silence. La salle se ralluma et Touya revint à la réalité, cinq ans plus tard. Face à lui, Hawks, qui venait de crier son prénom, le regardait avec un regard totalement paniqué ; le brun ne sentait même pas sa main douce qui essuyait son front. Ses yeux étaient grand ouverts, mais Touya y voyait trouble. Il ne distinguait que vaguement la silhouette de son petit-frère, qui avait indiqué que son aîné avait besoin d'espace pour respirer. Il n'entendait pas Kaminari qui demandait à Kirishima s'il allait mourir, ni Bakugo qui leur ordonnèrent de la fermer. Dans sa tête, les mots de Tenko tournaient en boucle comme un disque rayé qui ne voudrait jamais s'arrêter. Il aurait presque pu à nouveau sentir les flammes lui brûler la peau.

Il respirait fort et fixait ses pieds, le regard dans le vide. Soudain, son estomac se contracta ; lorsqu'il leva ses yeux et qu'il croisa le regard de Hawks, la seule chose qu'il arriva à articuler fût :

« - … J'vais gerber. »

Et il sortit de sa paralysie comme si elle ne l'avait jamais frappé. Les autres s'écartèrent et Touya se précipita vers les toilettes à la vitesse de l'éclair. À la hâte, il ouvrit une cabine et la porte claqua si fort que l'immeuble aurait pu en trembler. Touya s'abaissa vers la cuvette et y vomit ses tripes.

Pourquoi avait-il fallu qu'ils boivent ce soir-là. Pourquoi avait-il fallu qu'il rate ce panneau Stop, pourquoi avait-il fallu que tout ceci arrive. Pourquoi avait-il fallu qu'il soit le seul survivant.

Il se souvenait des mots des médecins. Six mois de coma, et un simple « Vous êtes le seul survivant ». La mort de ses meilleurs amis.

Touya serrait si fort son haut qu'il aurait pu le déchirer. Il chercha un moyen de reprendre le contrôle de son corps ; il remonta une de ses manches jusqu'à l'épaule et s'apprêta à y planter ses dents. Deux bras plus puissants que les siens le saisirent et le sortirent de la cabine. Touya commença à se débattre comme si sa vie en dépendait.

« - ME TOUCHEZ PAS ! »

Il cria comme il l'avait fait ce soir-là, lorsque les pompiers l'avaient secouru de l'incendie. Lorsqu'ils avaient choisi sa vie, plutôt que celle de Tenko. Pourquoi est-ce qu'il l'avait sauvé lui, et pas son meilleur ami ?

Touya n'en pouvait plus ; il ne s'en sortirait jamais. Il serait à jamais hanté par le souvenir de cette soirée, et il serait à jamais coupable d'avoir pris la vie de son ami ce soir-là.

Quelqu'un jeta de l'eau à la figure de Touya.

Prit de panique, Midoriya n'avait pas trouvé de meilleure solution pour que Touya reprenne conscience. Malgré le fait que ce soit parfaitement déconseillé en cas de crise aussi intense, cela eut au moins l'effet de réveiller le brun. Il regarda autour de lui comme une brebis égarée ; les toilettes, la salle de projection, la station. Hawks.

« - C'est fini Touya, c'est fini. »

Touya entendait sa voix, mais ne le voyait pas très bien. Les bras fermes du blond le forcèrent à se mettre en position latérale de sécurité ; assis en tailleur, Hawks positionna la tête du brun sur ses genoux. Uraraka s'empressa de recouvrir Touya de plusieurs couvertures chaudes, le maître-nageur leur ordonna de retourner à leurs chambres respectives. Shoto courut prévenir leur mère, Touya fut pris d'une série de tremblements incontrôlables et il prit son visage entre ses mains. S'il en avait encore été capable, il aurait éclaté en sanglots.

« - C'est fini Touya, tu es en sécurité. Je suis là, et tu es en sécurité. »

La voix de Hawks enveloppa son corps et le força à s'apaiser. Des mots qu'on lui avait répétés des centaines et des centaines de fois, mais cela sonnait si vrai dans sa bouche à lui…

Hawks caressait ses cheveux noirs pour le détendre ; un geste que Rei faisait à quasiment chacune de ses crises, le meilleur moyen de le calmer. Touya sentit le sommeil le gagner. La dernière chose qu'il entendit, presque comme un mirage ou une voix issue de ses rêves, ce fut la voix de Hawks qui lui chuchota encore :

« - Je suis là, Touya. Je suis là. »


*s'enfuit avant qu'on lui jette des tomates dessus*

J'avais prévenu, c'est le retour du drama xD J'espère néanmoins que ça vous a plu et que je ne vous ai pas trop brisé le cœur x) On se retrouve bientôt pour le chapitre 10, qui devrait répondre à pas mal de vos questions concernant Touya owo A très vite !

Des bisous,
Zodiaaque.