Belle se réveilla au son de Prism, de Lindsey Stirling.

Il était 7 heures.

La jeune femme arrêta sa sonnerie et regarda son portable.

Elle avait un message.

Elle l'ouvrit et se leva d'un bond.

C'était la réponse d'Adam à son message d'hier soir.

Elle le lut et sourit.

Elle sentait que ça allait devenir un petit jeu entre eux.

Elle répondit :

"Bonjour ma Bête, j'espère que tu as passé une bonne nuit, puisque "Les belles nuits font les beaux jours". Enfin, c'est seulement l'avis d'Eugène Scribe"

Elle se leva et se prépara.

Elle ouvrit son armoire et en sortit une robe composé d'un chemisier à manche courte en col Claudine blanc et d'une robe bretelle bleu ciel qui lui arrivait au-dessus du genou.

Elle se rendit dans sa salle de bain et se fit un brin de toilettes.

Elle attacha ses cheveux en un chignon lâche et mit des (fausses) perles blanches en boucle d'oreilles.

Elle prit un verre de jus d'orange et un croissant, et après s'être brossé les dents, mis des ballerines bleus foncés et partit ouvrir sa boutique.

Le samedi était toujours un jour chargé, et encore une fois, elle vit certains habitués attendre à la porte de la librairie.

Elle leva les rideaux et introduisit la clé dans la serrure.

- Bonjour Raiponce.

- Bonjour Belle, tu as reçu le dernier Amélie Nothomb ?

- Je te l'apporte tout de suite.

- Merci ! Je dois me dépêcher ! Je prends à 9h30.

La libraire pris le roman demandé et le donna à sa cliente.

- Ce sera tout ?

- Oui, je passe en caisse tout de suite.

- Très bien.

Belle passa le code barre du livre et demanda 17€ à la jeune femme.

Celle-ci paya en carte bancaire et s'empressa de partir, tandis qu'un nouveau client arrivait.


Adam était au bureau et lisait pour la trentième fois le message de sa copine.

Il avait 27 ans mais se comportait comme s'il en avait 15...

Il était ridicule !

Il posa son téléphone et se concentra sur son travail.

S'il voulait la revoir, il devait finir ce qu'il avait à faire, et même prendre de l'avance sur son programme.

La journée allait être longue.


- Pause déj' !

Belle se retourna et vit une blonde en costume d'affaire.

- Charlotte ! Ça fait des semaines que je ne t'ai pas vu !

La libraire se dirigea vers son amie et lui fit la bise.

- Ma chérie, si tu savais comme je me suis ennuyée à Paris ! J'aurais adoré t'emmener avec moi pour que tu me racontes des trucs sur l'histoire de la capitale française !

- Je dois faire tourner la boutique.

- Je sais trésor, je sais. On va mangé ?

- Je ferme et j'arrive.

- Très bien.

La châtain s'exécuta et les deux amies se rendirent à La Pomme Rouge.

Elles s'installèrent à une table et attendirent pour commander.

- Belle chérie, je dois absolument te parler.

- Tu as un souci ?

- Non, enfin, pas exactement.

La libraire lança un regard perplexe à son amie.

- Tu sais, le gars que tu as rencontré la semaine dernière...

- Je sais qui il est.

- Excuse-moi trésor, tu peux répéter ?

- Tu m'as bien entendu. Je sais qui il est. Il est venu à la librairie quand j'allais la fermer, on s'est présenté officiellement et... Et on s'est mis ensemble.

Quand Charlotte entendu cela, son amie aurait juré que sa bouche allait toucher la table tellement elle était grande ouverte.

- Attends... Est-ce que tu viens de me dire que mon collaborateur et toi vous êtes en couple ?

- On dirait.

- Belle !

- Je peux prendre votre commande ?

- Oui. Je vais prendre du hachis parmentier s'il te plaît. Et toi Charlotte ?

- Oh, je vais prendre des lasagnes. Merci.

- Je vous apporte ça tout de suite.

Quand Blanche-Neige partit, l'héritière Leboeuf reporta son attention sur son amie :

- Trésor, j'espère que tu vas me donner des explications.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dises ?

- Pourquoi tu sors avec lui par exemple ?

- Réfléchis.

Charlotte fronça les sourcils, quand un éclair la traversa.

Non.

Elle n'arrivait pas à le croire.

- J'ai l'impression de faire un remake de ma conversation avec lui...

- Comment ça ?

- Lundi, après la réunion, il est venu me voir pour me demander des infos sur "Rose Leboeuf". Je l'ai tout de suite cramé.

- Je vois.

- Alors, si je résume, il est venu au Roman de la Rose hier en début de soirée et vous vous êtes mis en couple direct.

- Tu exagères ! On a fait des présentations officielles, et ensuite on est allé dans mon appartement pour poursuivre la conversation.

- Es-tu vraiment la Belle que je connais ?! Tu as laissé un quasi-inconnu entrer chez toi !

- Un quasi-inconnu dont tu m'as parlé.

- Tout de même ! Qui sait ce qui aurait pu arrivé !

- J'aurais appelé Phébus.

- Tu as toujours réponse à tout.

- Pas toujours.

- Donc, vous êtes allé dans ton appartement, ensuite vous avez discuté, et après vous vous êtes mis en couple ?

- En gros oui.

Charlotte remarqua une étrange lueur dans le regard de Belle. A ce moment-là, elle sut qu'elle devait changer de sujet de conversation.

- Au fait trésor, j'ai vu le film de Bertrand Tavernier que tu m'as conseillé !

- Ah, celui inspiré de La Princesse de Montpensier de madame de La Fayette ? Tu en as pensé quoi ?

- Il était gé-ni-ale !

- Je t'avais dit que tu allais aimer.

- Oui, oui, je sais, tu avais raison ! Mais le livre était tellement stéréotypé !

- C'est vrai, mais c'est justement ça qui est bien. Pouvoir comparer la pensée des précieuses du XVIIème de madame de La Fayette et celle de Bertrand Tavernier du XXIème, qui prend en compte les préoccupations de notre époque, c'est très intéressant.

- Voilà vos plats !

- Merci Blanche-Neige.

- De rien.

- Je dois te dire, trésor, que le duc d'Anjou est vraiment le personnage que j'aime le plus dans le film. Je le trouve très drôle.

- Je préfère Chabannes.

- Belle chérie, j'apprécie le personnage d'Anjou, mais Chabannes reste le number one dans mon cœur. Encore plus avec le film !

- Je lu quelques part que Bertrand Tavernier avait décidé d'en faire la "colonne vertébrale" de son film. On le commence avec lui et on finit avec lui.

Les deux amies continuèrent de parler de ce film pendant tout le repas, le compara au livre originale.

Au moment de payer, Charlotte insista pour inviter la libraire, qui accepta à condition de payer à leur prochaine sortie.

Elles sortirent du café, se dirent au revoir, et Belle allait rouvrir sa boutique, quand elle vit un visage détestable.

- Monsieur Lefou. Je peux savoir ce que vous faites ici ?

- Vous le savez déjà, mademoiselle Porter.

La châtain le fusilla du regard.

- Je croyais que ma réponse était claire. Je ne vendrais pas mon magasin à Gaston Hunt !

Elle s'avança pour rentrer dans sa boutique, mais l'assistant de Hunt la bloqua.

- Voyons mademoiselle, soyez raisonnable. Vous avez emprunté beaucoup d'argent pour ouvrir cette boutique, mais pensez vous vraiment pouvoir le rembourser ? Monsieur Hunt vous fait une offre plus que généreuse en vous proposant de l'acheter au double de son prix. Et en plus, il accepte de vous laisser en tant que gérante ! N'est-ce pas merveilleux ?

- Vous savez ce qui serait merveilleux ? Que je puisse retourné travailler pour rembourser mon prêt. Comme ça, je n'aurais pas à vendre.

- Mademoiselle Porter, vous ne saisissez pas la chance que vous avez d'avoir attiré l'attention de monsieur Hunt...

- Oh mais elle l'a saisit très bien ! Pas vrai trésor ?

- Mademoiselle Leboeuf ?

Lefou faillit s'étrangler avec sa salive. Pourquoi l'héritière Leboeuf était ici ?

- Je vais être très clair Lefou. Si Hunt refait une proposition d'achat pour la librairie de mon amie, je vous jure que je fais jouer mes relations pour que sa boîte coule !

- Vous... Vous ne pouvez pas faire ça !

- On parie ?

- Charlotte, laisse tomber. Je n'ai pas envie de gaspiller mon temps.

- Tu es sûre ma chérie ?

- Certaine. Je dois aller travailler. A plus tard. Oh, et s'il te plaît ne dis rien à tu-sais-qui.

- Il finira par l'apprendre.

- Je sais, mais de ma part.

- Très bien trésor, à une prochaine fois.

Et les deux amies se séparèrent définitivement.

Lefou rentra dans sa voiture et appela son patron.

- Boss ! On a un problème. Votre proie est protégée par la fille Leboeuf !

- Qu'est-ce que tu viens de dire Lefou ?! Comment une simple libraire pourrait connaître une personne aussi riche !

- J'en ai aucune idée boss...

- Alors mène une enquête !

- Très bien boss, dès que j'aurais finis les prochains rendez-vous...

- Tu commence maintenant !

- Ou... Oui boss ! Je commence tout de suite.

Gaston raccrocha.

Il enrageait !

Cette boutique devrait être à lui à l'heure qu'il est !

Mais cette fille, elle continuait de résister.

Au début, cela l'amusait. Il adorait qu'on essaie de s'échapper de ses griffes, il trouvait cela... Excitant.

Quand il avait découvert cette petite librairie minable en plein milieu d'une rue passante, il avait compris tout le potentiel de son emplacement.

Il avait d'abord envoyé un mail au propriétaire, qui lui avait répondu par un simple "Je ne suis pas intéressée par votre offre". Après deux semaines, il avait décidé de mener son enquête, et avait appris que la gérante et propriétaire du lieu était une très charmante jeune femme de 24 ans. Quand il avait vu sa photo, il avait eu envie d'elle.

Il avait alors décidé de l'inviter à dîner, et avait envoyé son assistant pour faire part de sa décision à sa proie. Elle avait refusé.

Cela faisait deux mois qu'il tentait d'avoir et la librairie et la libraire.

Il en avait assez d'attendre !

Encore plus depuis cette soirée chez les Maldonia.

Cette fille, Rose... Comment avait-elle osé le rejeter ! Quand il la retrouverait, il lui ferait comprendre son erreur.

Encore un peu de patience, il finirait par savoir qui elle était.


- Ce sera tout pour aujourd'hui. Mesdames, messieurs. Je suis sûr que ce projet sera bénéfique pour nous tous.

Adam salua ses collaborateurs et sortit de la salle.

- Monsieur Beast !

- Un problème mademoiselle Stevens ?

- J'aimerais savoir, êtes-vous disponible demain ?

- Pourquoi ?

- Eh bien, je me suis dis que nous pourrions fêter l'avancée du projet, ensemble...

L'homme d'affaire regarda la jeune femme en face de lui. Il savait très bien où elle voulait en venir.

- Navré mademoiselle Stevens, mais j'ai prévu quelque chose avec ma petite-amie.

- Pe... Petite-amie ? Mais depuis quand avez-vous une petite amie ?

- Cela ne vous regarde pas. Si c'est tout ce que vous me vouliez, je vous dis au revoir.

Et Adam partit.

Il prit son téléphone et envoya un message à sa copine :

"Salut ma Rose. Désolé de ne pas t'avoir répondu de la journée, j'étais occupé. Ça te dis de venir chez moi demain ? Je te présenterais au deux adolescent qui me pourrissent la vie, enfin, si tu veux bien les rencontrer."

Quand il fut à sa voiture, il vit qu'elle lui avait répondu.

"Salut ma Bête. Tu vas pas un peu vite, me faire venir chez toi alors que cela fais même pas deux jours qu'on est ensemble, et me présenter à ta famille ? Je préfèrerais qu'on fasse les choses dans l'ordre."

- Appel ma Rose.

- Appel en cour.

- Hey.

- Tu trouves que je vais trop vite alors que l'on se donne déjà des surnoms ?

- Un surnom. On ne s'est donné qu'un surnom, Adam.

Quand il l'entendit prononcer son nom, le jeune homme sentit son cœur bondir dans sa poitrine.

- On a déjà couché ensemble.

- La faute à ta réaction mécanique.

- Tu vas me le rappeler encore longtemps ?

- Pas si tu es sage.

- Oh, et ça veut dire quoi ça ?

- Ça veut dire au moins six vrais rencards espacés dans le temps avant que je rencontres ta famille et que tu rencontres la mienne.

- Tu es trop futée.

- Je sais.

- Et combien avant de rencontrer tes amis ?

- Trois.

- Pourquoi la moitié ?

- Il faut déjà qu'ils t'approuvent.

- Pas de pression.

- Tu as trois rencards pour me convaincre de te les présenter.

Adam était arrivé chez lui. Il coupa le haut-parleur.

- Je dois encore te convaincre que je suis quelqu'un de bien alors que je suis un amoureux de la littérature ?

- Tu viens de perdre des points.

- Comment ça ?

- Tu parles à qui ?

- Attends deux minutes. Mes relations t'intéressent ?

- Si c'est Megara Peira ou Aristia Mermaid, alors oui.

- Je ne les connais pas personnellement.

- C'est ton portable perso ?!

Le jeune homme ne prit même pas la peine de répondre et monta dans sa chambre pour se changer.

- J'attends encore ma réponse.

- Tu crois vraiment que ma vie tourne uniquement autour des livres ?

- C'est grâce à ça qu'on s'est parlé.

- C'est vrai, mais j'ai d'autres passions dans la vie.

- Lesquels ?

- Je ne te le dirais que pendant un rendez-vous.

- Tu es vraiment têtue.

- Tu vas devoir t'y faire.

Le blond vénitien était maintenant en jean et t-shirt, beaucoup plus confortable pour la maison.

- Et puis, je ne sais pas grand chose de toi. A part que tu es riche, que tu connais Charlotte, et que tu aimes la littérature et les animaux.

- C'est déjà plus que ce que savent mes employés.

- Adam.

Il soupira.

- Voilà ce que je te propose. Je viens demain chez toi et je t'amène à un endroit que j'apprécie.

- Quelle heure ?

- 14h, c'est bon pour toi ?

- Parfait !

- Comment c'est passé ta journée ?

- Tu le sauras demain.

- Quoi ?

- Au revoir.

Et elle raccrocha.

Adam regarda l'écran.

Il n'en revenait pas.

Il posa son téléphone, agacé.

Pourquoi avait-elle fait ça ?

Après six minutes à ruminer, il reçu un message.

" "Le temps vole et m'emporte malgré moi, j'ai beau vouloir le retenir, c'est lui qui m'entraîne", Madame de Sévigné. Je suis désolée de t'avoir raccroché comme ça, mais je dois aller voir ma cousine. A demain ma Bête (smiley bisous cœur)"

L'homme d'affaire soupira.

La citation était tout à fait approprié.

Il répondit :

"Ne t'en fais pas ma Rose. Profite de ta soirée avec ta cousine. A demain."

Il n'avait qu'une envie, c'était d'avancer le temps pour être à son rencard.