Merci pour vos messages enthousiastes, j'espère que vous aimerez vous replonger encore un peu dans cet univers...
"Donc Pansy te fait chanter à propos de tes rêves et toi comme le plus grand débile de l'univers, tu lui pardonnes en un claquement de doigts et tu mets tout ça de côté pour en plus lui faire une énorme faveur ? Bordel Harry je savais que tu étais altruiste mais à ce point là…" Ginny finit sa tirade en prenant une gorgée de son pumpkin spice latte. Ils sont attablés dans le nouveau café à la mode, une copie sorcière du Starbucks moldu. Sur la tasse en papier de Ginny, des petits fantômes d'Halloween dansent au rythme de la musique pop diffusée par les hauts parleurs ensorcelés. Entre Harry et elle, Teddy dessine des vampires en caramel sur sa crêpe, et quand il sourit, ses dents sont étrangement pointues.
"Pas de gros mots, Ginny !" chuchote Harry furieusement en inclinant la tête d'une manière tout sauf discrète vers son filleul.
"Je suis un grand garçon tonton Harry maintenant, plus que quatre ans avant d'aller à Poudlard !"
Harry le regarde d'un air attendri et passe une main affectueuse dans ses cheveux en bataille si semblables aux siens. Si seulement il pouvait arrêter le temps pour qu'il cesse de grandir…
Ginny intervient à ce moment là, prenant un air faussement sérieux : "Ah, bon je suppose qu'on peut arrêter les soirées pyjama, les weekend à la mer avec tonton Harry… Et puis on va arrêter de retirer la croûte de tes sandwichs puisque tu es un grand garçon. Et rajouter une tonne de choux de bruxelles dans ton assiette ce soir !" finit-elle en lançant une attaque de guilis sur le petit garçon qui éclate de rire.
Quelques instants plus tard, une fois l'hilarité passée, Teddy demande : "Je peux aller jouer dans la zone de jeu pour enfants ?"
"Sois prudent !" lui lance Harry, mais il est déjà loin. Ah, les enfants !
Ginny tapote des doigts sur la table : "Alors, ton histoire avec Pansy donc ?"
"Oui, bon...C'est plus compliqué que ça. Je ne voulais pas t'en parler tout de suite parce que je ne voulais rien dire à Hermione et Ron afin de ne pas les mettre dans une position compromettante face au boulot de Ron mais clairement ils ont décelé l'entourloupe à mille lieux." soupire Harry, en réchauffant ses mains autour de son thé.
Puis il ajoute, l'air suspicieux : "D'ailleurs ça me surprend que tu n'aies pas cherché à comprendre plus tôt pourquoi je ne suis que très rarement à la maison sur mon temps libre. Tu ne me cacherais pas quelque chose toi dis-donc ?"
Son amie rougit légèrement, ses pommettes prenant une couleur proche de celle de ses cheveux. "Tu te souviens de mon dérapage le jour de l'anniversaire de Hermione ? Tu sais, avec Blaise… Et bien j'ai dérapé à nouveau."
Harry la regarde avec des yeux ronds de surprise : "Zabini, encore ? Tu es sûre de vouloir te lancer dans une histoire sérieuse si tôt après Dean ?"
Ginny hausse les épaules, mais son ton est posé et elle semble sûre d'elle quand elle lui répond : "Écoutes, on verra mais pour l'instant ça se passe à merveille. Je me sens bien avec lui tu sais. Demain soir, il a réservé une table dans un petit resto italien, loin des paillettes et des strass de son quotidien. C'est très terre à terre, ça me plaît."
Harry sourit. "Je suis content pour toi Ginny, vraiment. Et pour en revenir à notre discussion orginale, hé bien… Je dois dire que j'ai été très ému par l'histoire de Pansy. Tu sais que la famille ça représente tout pour moi, et que si je suis en capacité de l'aider, ne serait-ce qu'un peu, bien sûr que je vais le faire."
Il trempe son cookie dans son thé, et observe un instant le chocolat au lait fondre légèrement sous la chaleur, avant de l'enfourner entier dans sa bouche.
"Par contre, c'est clair que j'ai été chamboulé par la révélation de Pansy. Déjà, quelle audace d'infiltrer le cabinet de psychologie de la sorte !"
Ginny lui répond d'un air blasé qu'au moins Pansy n'a pas cambriolé Gringotts.
"Certes,"dit Harry, l'air penaud, "mais dans tous les cas, c'est dingue comme histoire. Et le plus fou dans tout ça, c'est qu'elle veut m'aider à séduire Draco."
"Donc tu admets enfin que tu as des sentiments pour le blondinet ? C'est pas trop tôt !" s'exclame Ginny, l'air ravie.
"Des sentiments je ne sais pas," avoue Harry, "mais j'ai l'impression qu'il y a quelque chose entre nous qui mériterait d'être approfondi, comme une sorte d'alchimie."
Ce que Harry ne révèle pas en revanche, c'est la peur qui le tient aux tripes et qui lui souffle une myriade de pensées cauchemardesques. Et si c'étaient les rêves qui le forçaient à tomber amoureux de Draco ? Et si tout cela avait été manufacturé par une personne malsaine ?
Et pire que tout, et si c'était sa destinée de tomber amoureux de Draco, les rêves comme un signe du destin face à son vœu d'anniversaire… mais que Draco lui continuait à le détester pour toujours ?
"Entre Granger, installe-toi." lui fait signe Pansy depuis son bureau. Un feu est allumé dans la cheminée, conférant une ambiance chaleureuse à la pièce malgré le grand mur vitré qui offre un panorama incomparable sur les toits de Londres sous la pluie.
Hermione s'assied sur le fauteuil en cuir noir au coin du feu, rapidement rejointe par Pansy qui fait apparaître un service à thé en un claquement de doigts. Des biscuits sont disposés artistiquement sur le plateau, décorés d'un glaçage en dentelle délicate.
"Habituellement les futures mariées viennent accompagnées de leur mère ou de leur belle-mère, ou bien d'une amie proche" déclare Pansy en servant le thé, une pointe d'interrogation dans sa voix.
"J'adore Molly, mais j'aimerais autant ne pas me retrouver avec une robe format meringue et un buffet de poulet rôti. Quant à ma mère, elle réside désormais en Australie et n'a aucun souvenir de moi. J'aurais peut-être dû inviter Harry à m'accompagner, mais je crains que son intérêt pour la papeterie de mariage soit limité !" rigole Hermione en déroulant l'écharpe nouée autour de son cou.
"Je vois, Granger. Je pense comprendre ce qui t'amène à solliciter mes services. Vous voulez un mariage à la campagne l'été prochain et vu comment le marché est tendu, il vous faut quelqu'un avec des contacts et de l'expérience."
Pansy recule dans son siège, porte la tasse à sa bouche, une main tenant délicatement la coupelle de ses doigts manucurés. Elle semble sûre d'elle, en tous points la parfaite femme d'affaire.
Hermione sourit, amusée. "Exactement, Pansy. Un mariage à la campagne oui, c'est ça, sauf que j'aimerais le faire en France. En hommage à l'origine de mon père, tu comprends ?"
La bouche de la jeune brunette se plisse comme si elle avait avalé un bonbon amer.
"Ok… En France, ça va être compliqué, il ne nous reste que huit mois pour tout préparer et tu n'as même pas de rob…"
Hermione la coupe gentiment : "En fait Pansy, plutôt deux mois. On aimerait se marier fin décembre. Pour le réveillon du 31, tu vois ?"
"Tu réalises qu'on est déjà mi-octobre là, Granger ? Passons sur la robe, je peux tirer quelques fils par-ci par-là pour l'avoir dans les temps mais le lieu ? Et puis prévenir les invités, le fleuriste, le maître de cérémonie, les demoiselles d'honneur… Mais on y arrivera ! C'est un challenge, mais on y arrivera !"
Un grand sourire naît sur le visage de Hermione. Elle s'empare alors d'une feuille de brouillon dans son sac, d'un stylo bic, puis commence à faire ce qu'elle fait de mieux : un planning.
"Alors voici ce que j'avais en tête pour le lieu, tu vois Harry a hérité de Sirius d'un petit manoir au milieu des montagnes… Quand aux invités on avait de toute manière prévu de passer le réveillon tous ensemble donc ça ne changera rien à leurs plans, il faudra juste organiser un Portoloin international…"
Et c'est ainsi que les deux sorcières commencent à tisser le début d'une grande amitié.
Deux figures blondes déambulent dans Hyde Park, élégamment vêtues dans leurs capes en laine anthracite épaisse. Un gant blanc délicat repose sur le bras du jeune homme, relié à une jeune femme tout aussi délicate. Sur ses joues de neige ses cils dessinent des ombres noires, encadrant un regard profondément bleu. Ses pommettes rougies par le froid lui confèrent un air innocent mais la précision de ses mots et de sa démarche le démentent instantanément, pour tout observateur suffisamment attentif.
"Tu es sûre de ta décision, Astoria ?" lui demande une nouvelle fois Draco, avec quelque chose de tranchant dans la voix. Comme une guillotine sur son futur, un couperet sur toutes les autres voies possibles.
"Tu connais mon père Draco, ce n'est pas comme si j'avais le choix. Perdre mon héritage, ce n'est pas ça qui me fait peur, mais si je tombe amoureuse d'une femme et qu'il l'apprend, que lui fera t-il ? Qu'adviendra t-il de ma mère, de sa réputation ?" lui répond fermement Astoria. "Et puis… Nous pourrons apprendre à nous aimer, non ? A notre façon. Je t'ai adoré pendant toutes ces années de loin, mon prince charmant."
Elle pose un regard tendre sur son visage dur, tente de déchiffrer les émotions du prince à la beauté glaciale et impénétrable. Au travers de Daphné, sa grande soeur, Draco et elle ont formé une amitié forte ces dernières années, soudés par les épreuves traversées par les grandes familles de Sang Purs suite au déclin de Voldemort. Cependant, les traditions coulent profondément dans leurs veines, leurs racines ancrées si solidement que rien, même l'amour ne puisse les y déloger. Ou en tout cas, c'est ce que tentait de se répéter vaillamment la jolie blonde.
"Et toi Draco, tu es sûr ? Entre nous deux, c'est toi qui a le moins besoin de moi. Après tout, tu es un homme, ton père ne te défiera pas quelque soit le choix que tu fais. Je te suis reconnaissante de vouloir m'aider et de rentrer dans le jeu de ta mère mais pourquoi ?"
Draco soupire, son masque se craquèle un infime instant avant d'être instantanément recomposé. "J'ai eu une révélation cette année, Tori. Le bonheur auquel j'aspire, la voie qui m'a été montrée, je n'y aurai pas accès. Car la personne que mon coeur convoite ne pourra jamais retourner ces sentiments. Je suis un homme cruel, Tori, et certaines blessures ne peuvent être guéries, malgré les apparences. Tu le sais mieux que quiconque."
"Mais Draco, si tu parles bien de qui je pense, Pansy m'a dit que vous avez pourtant réussi à devenir amis, en quelque sorte, pourquoi ne pas tenter ta ch…"
"Parce que pour être amants, pour partager la vie de quelqu'un aussi intensément que je le souhaite, il faut se mettre à nu, il faut accepter chacun des défauts de l'autre personne. Il faut tout pardonner, tout mettre à plat. Il y a trop d'histoires entre nous, Astoria, trop de choses qui nous entravent. Et puis, Pansy n'est pas au courant de tout. Alors pour moi, la seule solution, c'est de mettre fin définitivement à tout espoir."
Draco finit sa tirade l'air décidé et fait un pas de côté. Il se saisit de quelque chose dans sa poche, puis soudainement, pose un genou à terre.
"Astoria, ma chère amie. Accepterais-tu de m'épouser ?"
Hyde Park, 7 ans plus tard.
"Paaaapaaaa !"
Le petit garçon court vers son père qui l'attend au bord de l'aire de jeu, un livre entre les mains.
"Regarde, regarde, j'ai des marguerites dans les cheveux !"
"Oh mon petit chat" s'exclame Harry, "et de belles traces d'herbes sur ton pantalon crème aussi… C'est papou qui ne va pas aimer ça !"
C'est une belle journée d'été, l'air sent bon les fleurs et l'odeur de terre chaude. Des enfants joyeux courent dans tous les sens, grimpent, sautent, crient. Il fait bon vivre.
Draco regarde avec attendrissement sa petite famille déballer le goûter sur leur banc attitré, tandis que dans ses bras, endormie dans son porte bébé, dort la deuxième merveille de son univers. Sa fille, sa joie, sa fierté. Il porte un t-shirt aux manches courtes et dévoile au monde entier sa marque de Mangemort, sans gêne, sans pudeur.
Tout va bien.
Allongé dans son lit, les yeux de Draco s'ouvrent subitement. Au coin de ses paupières, les larmes coulent sans qu'il ne puisse les arrêter.
Encore un satané rêve.
Et oui, suspens encore ! A bientôt pour la suite !
