Et chaque seconde, chaque battement de cœur n'amenaient que la joie la plus pure. La douleur oubliée un instant dans une autre vie.
Merci à : ceux qui ont continué à reviewer et lire cette histoire pendant cette longue période de hiatus. Pour vos ajouts en alerts et en favoris aussi. Merci de l'avoir fait vivre pendant mon absence. Je publie depuis très longtemps ici et j'ai toujours été très irrégulière ce qui n'est probablement pas facile pour vous chers lecteurs alors merci pour votre soutient et de continuer à me lire malgré tout. De faire vivre mes histoires et mon univers à travers vos yeux.
Life sometimes beat you down but never stop fighting : Je ferais quelques annonces et donnerais quelques explications sur mon absence en fin de chapitre. En attendant je vous laisse avec un chapitre qui m'est venu comme une révélation et qui j'espère comblera vos attentes après une si longue pause. Ah et joyeux Noël, considérez que ceci est mon cadeau pour vous.
Bonne lecture !
C'est ton nom que je crains
Dix-neuvième chapitre
Rituel
Je ne sais plus quoi te dire, quoi faire. J'ai essayé toute ma vie d'être la personne qu'on attendait de moi, de préserver les apparence et de faire ce qu'il fallait qu'importe mes désirs. Une part de moi aimerait te pousser à m'assumer, à me choisir mais je ne le ferais pas.
Ce n'est pas ce que je veux au fond. Je ne veux pas avoir à te le demander, je veux que tu le fasses parce que toi tu le veux. Je veux quelqu'un prêt à se battre pour nous et au fond je sais très bien que ce n'est pas toi. Alors je me tais. Je ne peux rien faire d'autre.
Tu m'as envoyé un nouvel hibou. Il y a eu quelques avancées dans l'enquête. Connor a été aperçu dans le nord du pays et une équipe d'Aurors dont tu fais partie a été envoyé sur place pour suivre sa piste. Je suis inquiet pour toi mais je ne laisse rien transparaître.
Julia est non loin en train de plancher sur des manuels de magie théorique et je ne voudrais pas qu'elle s'inquiète à son tour. On a pris l'habitude de s'installer dans la bibliothèque le jour de fermeture de la boutique, tout les dimanches après-midi.
C'est un rituel agréable, elle travaille sur la théorie et je peux la conseiller en cas de besoin. On a même commencé un peu de pratique avec quelques sorts simples comme l'accio. La bibliothèque du Manoir est une pièce particulièrement appropriée.
Elle est grande, bien éclairée et s'il y a une chose que je ne peux reprocher à Père c'est qu'elle est particulièrement complète et presque capable de rivaliser avec celle de Poudlard. Julia ne manquera pas de connaissances ici.
En général, de mon côté je m'installe près de ma fenêtre préférée et m'occupe de ma correspondance ou parfait mes propres connaissances. L'ambiance studieuse et calme est particulièrement apaisante. Nous avons rapidement trouvé nos marques et je dois admettre que je suis fier de ses progrès.
Elle est intelligente, très curieuse et indépendante ce qui en fait une élève à la fois très autonome mais n'hésitant pas à me demander de l'aide. Pour l'instant, je peux m'en occuper seul et en semaine, je lui enseigne les potions à la boutique en lui permettant d'étudier à sa guise les livres du labo ou en la laissant m'assister dans mes préparations.
Mais j'ai conscience de ne pas pouvoir lui apporter autant de connaissance qu'elle en a besoin pour devenir une sorcière accomplie. J'envisage de lui proposer de prendre des précepteurs qui pourront mieux la guider dans son apprentissage et lui permettre d'atteindre son plein potentiel.
Je n'ai pas encore évoqué le sujet avec elle, notre cohabitation se passe plus que bien mais je la sens encore très méfiante vis à vis des étrangers. Je ne voudrais pas la brusquer trop. Je me suis aussi un peu renseigné sur les jeunes sorciers des environs, j'aimerais bien qu'elle puisse en rencontrer quelques uns afin qu'elle puisse avoir une vie sociale adaptée à son âge.
Pour le moment, elle a l'air de se plaire dans notre vie assez solitaire bien qu'elle ai commencé à prendre l'initiative de renseigner certains clients dans la boutique et de bavarder un peu avec eux quand elle n'étudie pas. Ça me fait plaisir de le voir oser petit à petit s'ouvrir à l'extérieur.
Elle commence à s'aventurer de plus en plus souvent dans le parc du Manoir et je la soupçonne d'essayer d'en découvrir tout les secrets. Il m'arrive de semer quelques indices discrets afin d'attirer son attention vers certains.
J'aime assez l'idée de lui créer un jeu de piste sans pour autant qu'elle se sente trop guidée dans son exploration. J'ai aussi placé quelques sorts de protections dans les zones pouvant être trop dangereuse afin qu'elle puisse explorer en toute sécurité.
Je ne veux pas lui imposer trop de limite concrète, elle a suffisamment vécu en captivité comme ça. J'essaye simplement de trouver l'équilibre entre la protéger et lui laisser la liberté suffisante pour qu'elle s'épanouisse.
Je reprends une gorgée de mon whisky-pur-feu avant d'entamer la lecture du parchemin que tu as joint à ta lettre. Je lis rapidement la note explicative que tu as ajouté. Il s'agit d'autres morceaux des journaux de la mère de Julia. Il sont bien plus anciens que le premier que tu m'as montré.
J'ai rencontré récemment le propriétaire du Manoir non loin du village. Il a entendu parler de mes travaux sur la magie du Destin et s'est montré particulièrement intéressée par celle-ci. Il a proposé de financer en partie mes recherches si j'acceptais de m'associer à lui. Il a aussi évoqué son fils.
Je ne suis pas certaine que ce soit une très bonne idée, il a visiblement une idée précise de ce qu'il attends de notre partenariat et je soupçonne qu'il veuille expérimenter sur son propre enfant. Je ne sais pas trop quoi en penser. Son aide financière me serait vraiment utile.
Je prends un instant pour diriger ces révélations. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu'elle parle de mon père et de moi. Je commence à me faire une idée de ce que je risque de découvrir dans les prochains documents.
Je reprends une autre gorgée de whisky, la main légèrement tremblante. Je jette un œil à Julia qui étudie tranquillement, plongée dans un manuel d'Histoire de la magie. C'est l'une de ses matières favorites et elle est visiblement captivée par sa lecture. Je prends le parchemin suivant.
Mon accouchement est prévu dans quelques semaines, juste à temps pour que son fils soit de retour de Poudlard. Je ne suis toujours pas certaine que ce soit une bonne idée de jouer ainsi avec le Destin de nos propres enfants. Mais il a des arguments de poids.
Je ne peux pas continuer à uniquement travailler sur la théorie, il faut que je teste certaines de mes idées. Le rituel est presque prêt et c'est à peu près assez inoffensif. Certes leur Destin seront liés mais il n'y a aucune raison que ce lien impacte leur vie négativement.
Au contraire, si je ne me trompe pas, ce lien leur permettra de se retrouver et de pouvoir se protéger mutuellement en cas de besoin. C'est ce qui m'a convaincu d'essayer, l'idée que ma fille puisse avoir un protecteur avec les moyens et l'influence de sa famille me réconforte.
Je ne peux pas bien sûr prévoir les conséquences exactes mais j'ai espoir que ça devienne un véritable atout pour tout les deux. Encore faut-il que nous puissions mettre en place le rituel et que celui-ci fonctionne. Merlin me pardonne de faire ça à ma propre fille mais je le fais pour elle.
Pour l'instant peu de gens sont au courant de mes recherches et de leur contenu mais je sais que je ne pourrais le cacher éternellement. Si jamais il m'arrivait quelque chose à Porter et moi, j'ai besoin de savoir qu'elle ne sera pas seule.
Il reste un dernier parchemin mais cette fois c'est le verre entier que je m'envoie, la main plus tremblante que jamais. Un souvenir précis remonte doucement à la surface alors que l'alcool me brûle la gorge. Une scène de mon enfance, je devais avoir peut être onze ou douze ans.
Le souvenir n'est pas très long, une simple scène. Père était venu me chercher en pleine nuit et m'avait amené dans le jardin du Manoir. Un cercle de bougie avait été installé et au centre attendait une femme d'environ une trentaine d'année tenant un enfant dans les bras.
Père ne m'avait donné aucune explication et la femme m'avait tendu le bébé en s'assurant que je le prenne bien. Elle avait fait preuve d'une grande douceur et j'avais aperçu de l'inquiétude dans ses yeux. Père m'avait demandé de rester bien au centre du cercle et d'attendre.
Il faisait chaud et la nuit était particulièrement sombre. J'avais entendu le murmure de voix prononçant des paroles inaudibles, vraisemblablement des sorts, mais dans la pénombre je ne voyais ni Père, ni la femme. Le bébé dans mes bras s'agitait et j'essayais de le bercer doucement pour le calmer.
Les voix s'étaient lentement intensifiées et j'avais ressenti un vertige de plus en plus important. Tombant à genoux, une lumière dorée avait émergé du cercle et s'était concentrée autour de l'enfant et moi. Au bout de quelques secondes, celle-ci s'était transformé en un long filament.
Le filament dorée avait fondu sur nos poignets gauches, traçant des arabesques complexes sur nos peaux nues et nous liant. J'avais plongé mes yeux dans ceux de l'enfant, de grands yeux marines qui me fixaient en retour.
Je relève soudainement la tête et plonge dans le même regard marine qui me fixe de l'autre côté de la bibliothèque. Je ressens une brûlure sur mon poignet gauche et baisse le regard en même temps qu'elle. Sur mon poignet des filaments d'or tracent les mêmes motifs que dans mon souvenir.
Comme un tatouage profondément inscrit dans ma chair. Les filaments finissent par se rejoindre et ne devenir qu'un qui s'éloigne de ma peau, je le suis du regard et ne suit pas surpris de découvrir qu'il me lie à Julia. Nous secouons nos poignets dans un même réflexe, le lien suit nos mouvements sans les entraver.
Un léger vertige me prends alors que la sensation de brûlure décroît et que le lien pâlit jusqu'à disparaître totalement. Je me renverse dans mon fauteuil encore sous le choc. Un calme surnaturel a envahi la pièce, comme si le temps lui-même s'était suspendu. C'est finalement Julia qui brise le silence en premier.
« C'était quoi ça, bordel ?! »
Son exclamation vive me sort de ma torpeur, elle examine son poignet avec attention. Si le lien a disparu les motifs sur nos poignets eux sont restés. Je touche doucement ma peau et je sens une légère démarcation sur ma peau, ils forment un léger creux sur celle-ci.
Je prends la liasse de courrier avec moi avant de la rejoindre à sa table d'étude. Je rassemble mes pensées tentant de former une explication un minimum cohérente pour pouvoir l'apaiser, même si je n'en mène pas beaucoup plus large.
« Je n'en suis pas certains mais je crois que nos parents ont pratiqué un rituel unifiant nos Destins quand tu n'étais encore qu'une enfant. Et ce qu'on vient de voir c'est ce lien justement, les fils de nos Destins entrelacés.
- Pourquoi sont-ils apparu maintenant ? »
Je pousse la liasse de documents vers elle, réfléchissant à sa question. Elle consulte les parchemins tandis qu'une théorie me vient en tête.
« En lisant les parchemins, un souvenir s'est débloqué chez moi. Je pense qu'il s'agit du moment où le rituel a été mis en place. Visiblement la magie du Destin affecte la mémoire. Il est possible qu'avoir pris connaissance des circonstances et de l'existence de ce lien, avoir débloqué ce souvenir, soit ce qui a déclenché ce qui vient de se produire. »
Elle m'écoute, attentive, hochant doucement la tête. Je prends une légère pause, entoure étourdi par les récents événements. Je touche doucement mon poignet, suivant les marques fraîches du bout des doigts, comme pour m'assurer de leur réalité et me donner du courage.
« Je pense que le lien aurait continué à être invisible tant que nous n'aurions pas eu connaissance de son existence. Pour nous protéger probablement et éviter qu'on s'interroge dessus. Maintenant que j'en ai pris connaissance, cette partie du sort n'a plus lieu d'être et c'est pourquoi les marques sont devenues visibles.
- C'est une théorie intéressante. »
Elle semble encore sous le choc et je dois admettre que je n'en mène pas plus large. Soudain, elle attrape mon poignet et place le sien à côté. Les marques dorées brillent un peu plus fort pendant une seconde et en les examinant je peux constater qu'elles sont identiques.
« Quand tu as choisi ta baguette, le vendeur m'a confié qu'en général les baguettes jumelles choisissaient des sorciers de la même famille ou deux personnes liés par le Destin. Je suppose que ça fait sens désormais. »
Un élan de tendresse me traverse alors que nos mains s'entrelacent. Je vois dans son regard qu'elle est aussi émue que moi. Je ne saurai l'expliquer mais le fait que ce lien entre nous soit devenu concret, d'avoir un début d'explication à la situation me réconforte.
Je ressens aussi un sentiment de trahison mais il est pour le moment supplanté par la force de notre lien. Père et sa mère n'auraient pas dû expérimenter ainsi sur nous et je suppute que nous aurons de longues discussions à ce sujet plus tard mais pour l'instant ça ne me paraît pas important.
Nous prenons tout deux lentement conscience de tout ce qu'implique cette découverte. Et c'est un soulagement d'avoir une explication concrète à ce lien que je ressentais entre nous. Je lis dans ces yeux qu'elle le partage et nous nous enlaçons longuement.
C'est une étreinte puissante, faisant passer un tas de pensées que nous n'osons formuler. Julia ne sera jamais ma fille mais je ne me sens plus coupable de me sentir lié à elle d'une façon particulière. Nous ne sommes plus seuls et quoi qu'il arrive nous l'affronterons ensemble.
Et si personne ne peut le comprendre de l'extérieur, je sais qu'elle partage l'apaisement que je ressens à cette idée. Nous ne sommes plus deux orphelins, deux humains dérivant seuls dans l'existence. Nous sommes liés, ensemble, une véritable famille légitimées par ces marques sur nos poignets.
Et qu'importe que ce fut une manigance de Père après tout. Elle est la meilleure chose qui aurait pu m'arriver et je me sens simplement reconnaissant. J'ai erré seul pendant tellement d'années, j'ai certes des amis et Harry, je les aime mais ils ne sont pas ma famille. Julia, si. Et je la protégerais jusqu'à mon dernier souffle.
A suivre ...
Posté le 24 Décembre 2020 à environ 6h25.
ANNONCES
1. J'ai ouvert un compte twitter sous le même pseudo depuis quelques mois. J'y annonce l'arrivée des chapitres, des OS et y publie des bêtises. Le lien est trouvable sur mon profil sinon il suffit de chercher Mary J. Anna sur twitter.
2. J'ai aussi ouvert un compte fictionpress où je publie mes fictions originales dont mon gros projet actuel : mes "mémoires". J'ai mis trois à les écrire, elles se nomment "Qu'importe ..." et j'en publie un chapitre chaque dimanche. Si vous aimez mes notes tordues et mon humour foireux je vous les conseille. Lien sur mon profil, sinon encore une fois chercher Mary J. Anna. Je préviens de la publication sur twitter aussi.
T'AS FOUTU QUOI, MARY ?!
En résumé, je me suis beaucoup bourrée la gueule. Voilà c'est tout.
Non je déconne. Je vais développer un peu (beaucoup) plus.
Bon déjà, j'ai dû relire tout "Qu'importe ..." et le corriger en vue de sa publication. Et me tenir à une publication hebdomadaire est un défi quotidien, ça m'a pris du temps et continuera mais je suis fière d'enfin oser montrer ce livre au monde et j'espère qu'il apportera aux autres autant qu'il m'a apporté à moi.
Ensuite, j'ai commencé l'écriture d'un nouveau roman entièrement original et son écriture me prends là aussi beaucoup de temps, je n'en suis qu'au début mais je suis très attachée à ce projet qui est mon premier projet d'écriture original depuis "Qu'importe ..." que j'avais achevé en 2016. (Oui j'ai mis 4 ans a osé publier ce truc, on ne juge pas.)
Et pour finir, beaucoup d'introspection et de travail sur moi-même.
Début 2020 j'avais atteints tout mes objectifs de vie, je recommençais à écrire, ma vie était telle que je l'avais toujours rêvé et puis vers fin juin, je suis tombée en dépression.
Long story short, je vais BEAUCOUP mieux. Honnêtement ça a été l'une des pires périodes de ma vie mais j'ai repris pied. J'ai appris énormément sur moi-même au cours de cette période et surtout depuis que j'en suis sortie, je continue à en assimiler les leçons.
Toute ma vie, j'ai été poursuivi par ce sentiment d'échec et d'imposture. Je ne me suis jamais trouvée à la hauteur, quoi que je fasse, je ne me trouvais jamais assez bien et j'ai découvert qu'aux yeux des autres c'était tout l'inverse.
J'ai enfin pris conscience de toute la pression que je me mettais pendant tout ce temps pour être parfaite. Au travail, dans ma vie privée et même ici je culpabilisais de ne pas en faire assez. J'essaye d'apprendre à être plus indulgente avec moi-même et m'autoriser de véritables moments de pause. C'est un long chemin mais j'accepte enfin que j'ai des limites et que ce n'est pas grave si je n'arrive pas à tout gérer parfaitement.
Surtout j'accepte enfin celle que je suis. J'accepte que j'ai une valeur et que je mérite d'être aimée et même admirée pour certaines choses.
Pour conclure : je ne serais probablement jamais régulière ici mais je tiens à mes fanfictions et je continuerais à poster régulièrement en espérant que vous me pardonnerez et continuerez à me suivre malgré tout. J'ai commencé à publié ici vers 14/15 ans, je viens de fêter mes 27 ans et pendant ces douze années, les retours que j'ai eu, la "communauté" que j'ai construite m'ont été d'un grand soutien et j'espère sincèrement que mes histoires vous ont apporté autant que cet espace l'a fait pour moi.
Alors simplement merci.
Prenez soin de vous et on se revoit en 2021.
Promis !
Mary J. Anna
"Certaines choses sont vouées à se répéter et c'est pourquoi il faut parfois se les remémorer pour y trouver les réponses du présent." Confessions.
