Chapitre 18 : Janvier & février
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Dix jours plus tard,
Janvier 1943,
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Pourquoi avait-il fui le regard d'Esméralda lorsqu'il lui avait fait l'amour ? Pourquoi avait-il fermé les yeux lorsqu'elle avait commencé à lui défaire ses vêtements en s'imaginant un autre visage entre ses doigts ? Pourquoi l'avait-il trouvé trop petite, trop brunie par le soleil, trop entreprenante ? Pourquoi avait-il passé une horrible nuit ?
Il avait encore accouru à ses pieds comme un petit chien lorsqu'elle lui avait envoyé un hibou. La lettre n'était même pas bien longue. Elle lui avait simplement demandé de venir. Elle avait parlé dix minutes, pour s'excuser sans dire le mot pardon, et elle l'avait poussé dans ce lit qui avait dû voir défiler des dizaines de sorciers différents depuis qu'elle l'avait installé. Il n'avait rien dit de plus. Il avait baissé la tête pour l'embrasser en cherchant un autre parfum que son odeur de miel, en voulant oublier sa vie bancale et la honte qui le gagnait doucement.
Il avait tout fait d'une façon presque machinale, sans y prendre vraiment du plaisir. Il avait juste fait ce qu'elle s'attendait à ce qu'il fasse, sans se poser plus de questions. Il avait cru qu'une fois la routine reprise, il se sentirait mieux. C'était tout à fait faux, bien sûr.
Il trouva un paquet de cigarettes moldues sur la table de chevet et s'en alluma une. Assis au bord du lit, les yeux perdu dans la lumière de l'aurore, il se demandait à quel moment il avait fait un pas de travers, à quel moment cette sirène d'Esméralda avait réussi à le coincer et à le garder dans ses filets. Il était revenu afin d'obtenir enfin cette fidélité réciproque. Elle avait fait oui, oui, oui de la tête, mais il avait bien remarqué les morsures d'amour toutes fraîches qu'un autre lui avait faites durant son absence de dix jours.
Elle le dégoûtait. Mais il se dégoûtait encore plus de céder à la facilité en fermant les yeux. Elle avait beau ne pas être fidèle et ne rien vouloir vraiment partager avec lui, elle était toujours là, depuis quatre ans.
Il tira une large bouffée de tabac en grimaçant. Le tabac moldu était vraiment dégueulasse. Celui d'Esméralda en tout cas. Et dire qu'il aurait pu passer outre l'opinion pro-sang-pure de son Grand-père pour l'épouser, à l'époque. Petite Sang-Mêlée latino-américano-gitane. Heureusement qu'il avait été encore une fois trop lâche. C'était peut-être la seule chose pour laquelle il remercierait Grand-père Priscus à l'heure actuelle.
Il jeta un coup d'œil à la sorcière étalée dans les draps. Ses cheveux noirs n'avaient aucune boucle. Elle était lisse et sans surprise, elle aussi. Uniforme. Pour toujours.
Dans la boutique d'en face, Mrs Guipure commençait à s'agiter. Charlus soupira en se levant à son tour. Il devait arrêter les frais. Ce n'était plus possible. Il se mettait dans des états pas possibles pour elle. Il avait passé la journée précédente à boire parce qu'il n'avait toujours pas reçu son hibou. Il avait même fait faux bond à Ignatius trois jours plus tôt, trop étourdi. Demain il reprendrait les entrainements de Quidditch, et même ça ne lui remontait pas vraiment le moral.
Il se rhabilla prestement, décidé à fuir cette boutique de malheur. Esméralda s'en fichait, de toute façon. Parfois, il se disait qu'elle ne le voulait que dans son lit. Parfois, il se disait aussi qu'elle le gardait parce qu'elle avait encore besoin d'un garant pour louer son cabinet de Voyance. Parfois, il se disait qu'elle attendait juste qu'il lui propose de porter son nom et de partager sa fortune.
Elle se retourna dans les draps du lit. Charlus la regarda et son cœur se serra à peine lorsqu'elle prononça le nom d'un autre. Ce n'était pas comme si c'était la première fois.
Il secoua la tête pour se réveiller et descendit l'étroit escalier jusqu'au rez-de-chaussée. Il récupéra son balai, et passa par la porte de derrière sans un regard en arrière. Il se glissa entre deux maisons pour retrouver le Chemin de Traverse.
C'était à cette heure de la journée qu'il préférait l'avenue sorcière. L'éveil de la ville, le bourdonnement des sortilèges encore endormis, les pas maladroits des sorciers, des sorcières et des moldus buttant sur les pavés. Le brouillard anglais troublait la vue autant qu'une jolie fleur. Le froid réveillait doucement mais vigoureusement. Ce n'était pas la même sensation qu'en campagne. En ville, les vitrines s'allumaient en même temps, et tout s'installait pour la journée. Cette petite odeur de cendre piquait le nez et aiguisait les sens dès le matin, là où dans les champs l'odeur de la rosée gardait dans un cocon de douceur.
Il avait tenté de l'expliquer à Esméralda un jour. Elle n'avait pas vraiment écouté, bien sûr.
La clochette d'une boutique retentit, le faisant sursauter. Qui venait faire ses courses à une heure aussi matinale ? Il se retourna pour chercher d'où venait le son, et repéra un bout de cape noire s'enfoncer chez Fleury et Bott à la suite d'un talon carré. Il poursuivit un instant son chemin avant de revenir prestement sur ses pas. Ce talon carré…
C'était elle, encore elle ? Ce chignon à moitié effondré perché sur un visage pâle et impassible aux yeux gris dont il avait rêvé la nuit dernière ?
Il entra dans la boutique à son tour, sursautant lorsque le carillon retentit.
« Bonjour… marmonna la voix endormie de Mr Bott, affalé sur le comptoir. »
Charlus se contenta d'un signe de tête pour ne pas trahir sa présence et s'avança précautionneusement dans la boutique. Il ne la retrouva pas entre les deux premières étagères alors il s'y cacha pour l'observer entre les deux suivantes.
C'était bien elle. Cette silhouette fine à la taille étroite et marquée. Sa robe traînait au sol comme celles d'antan, mais elle la portait avec une élégance toute à elle, moderne et aérienne. Elle avait enlevé sa cape pour la déposer sur un fauteuil plus loin, comme si elle comptait passer un certain temps ici. Et cette fois-ci, elle ne portait pas de gants. Ses doigts fébriles dansaient sur la tranche des grimoires. Elle avait des mains fines et longues, bien entretenues et délicates. Il aurait juré qu'elle avait nacré ses ongles par un quelconque sortilège tant ils brillaient.
Elle tira un livre, puis un autre, et enfin un troisième. Elle se tourna d'un quart vers la droite pour se diriger vers le fauteuil où elle avait posé sa cape, et il put aisément détailler le profil de son visage. Son nez un peu long, ses pommettes hautes, ses yeux d'onyx, et ce grain de beauté sur sa joue, à quelques centimètres de son œil. Elle avait des cils longs, peut-être maquillés, peut-être pas. Et ses cheveux noirs d'encre tiraient sur le bleuté grâce à la lumière matinale.
Elle s'assit sur le fauteuil avec une délicatesse que Charlus avait rarement contemplé ces dernières années. Elle installa les pans de sa robe coupée droite pour cacher au maximum son corps, ne laissant voir que ses pieds. Elle prit le premier livre de la pile, et le feuilleta un temps qui parut infini à Charlus.
Tant de concentration, c'était impensable ! Il se retenait déjà de trépigner depuis dix bonnes minutes lorsqu'elle revint au début du livre. Elle attrapa distraitement une mèche de ses cheveux bouclés qui s'était échappée de son chignon et l'enroula négligemment autour de son doigt. Son froncement de sourcil attentif assécha sa gorge lorsqu'il le remarqua et il se demanda ce qu'il foutait ici.
Il avait revu Dorea Black dix jours plus tôt au Grand Bal du Ministère pour la Nouvelle Année, il n'y avait plus vraiment repensé depuis mis à part pour raconter à Ignatius comment il l'avait fait tourner en bourrique, et voilà qu'il se mettait à l'espionner dans une librairie. Franchement, plus psychopathe, tu meurs.
Elle reposa le livre à côté d'elle, et prit le suivant. La moue réprobatrice qu'elle fit dès la première page le fit sourire. Avait-elle trouvé une faute de frappe ? Un auteur qu'elle aimait peu ? De quoi parlaient ses livres, d'ailleurs ? L'étiquette sur l'étagère était trop petite pour que Charlus pût la lire de là où il était, mais pour rien au monde il ne voulait troubler le tableau qui s'offrait devant lui.
Le troisième livre sembla lui plaire plus puisqu'elle sourit librement à la lecture de plusieurs pages, pour la plus grande surprise de Charlus. Elle se mordit même les lèvres, sans doute pour se retenir de rire. Il se pencha un peu plus pour la voir, mais le parquet grinça sous ses pieds. Elle redressa aussitôt la tête, toute trace d'amusement disparu. Bon Dieu, elle avait peur de montrer ses émotions ou était-ce spontané chez elle de se cacher ? Enfin, pour le coup, il était mal placé pour le lui reprocher, vu la position dans laquelle il se trouvait.
Il eut juste le temps de se redresser pour se cacher derrière la bibliothèque avant qu'elle ne le voie. C'était sans doute le truc le plus stupide qu'il avait fait jusque là. Et il en avait fait des choses stupides dans sa vie.
Il entendit des tissus bruisser et un livre se refermer. Elle passa dans l'allée pendant qu'il faisait mine de chercher un livre. Du coin de l'œil, il remarqua son air concentré et perdu à la foi, étrange mélange paradoxal. Il s'avança vers l'endroit où elle avait pris ses livres. Magie Antique. Il retrouva les deux premiers livres qu'elle avait feuilletés. La Magie des Sarcophages Egyptiens et Les Serpents de l'Egypte sorcière. Il tira le deuxième livre, l'ouvrit, et découvrit une multitude de représentations graphiques de serpents. Bien sûr, que ce livre l'avait intéressée en tant qu'ancienne membre de la Maison Serpentard. Ah, des Serpents sur les temples pour protéger du mauvais œil ? Et sur des médaillons pour protéger les pèlerins ? Et même sur les tombes pour que le voyage vers l'au-delà se fasse sans accroc ? D'accord, les peuplades égyptiennes de l'Antiquité aimaient les serpents, aucun doute là-dessus, aha… La Magie Antique… Il était pourtant sûr qu'elle lui avait parlé de Défense Contre les Forces du Mal dix jours plus tôt. Il avait mal dû comprendre.
Le carillon tinta à nouveau. Il rangea le livre et se précipita le plus silencieusement possible à la porte.
Il eut juste le temps de la voir transplaner au milieu du Chemin de Traverse. Les boucles de ses cheveux restèrent dans sa mémoire plusieurs secondes avant qu'il ne se décide à sortir par la porte vitrée.
Bon sang, il avait fait du voyeurisme sur Dorea Black. Il n'était plus sain d'esprit, nom de nom.
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Février 1943,
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« Charlus, je suis vraiment inquiète, répéta sa mère. »
Il l'avait invitée chez lui, ce soir-là. Ils faisaient cela, de temps en temps, manger en tête à tête, entre mère et fils. Charlus n'était pas aveugle ni stupide, il savait très bien que sa mère faisait des préférences entre ses deux fils, et que c'était avec lui qu'elle était bien plus patiente et conciliante, depuis toujours. Petit, il en avait abusé, persuadé qu'elle lui passait tout parce qu'elle était toujours fourrée à Ste-Mangouste et qu'elle voulait se faire pardonner. Puis il avait grandi, et il avait compris que ce n'était pas la raison. Sa mère était simplement plus attentionnée avec lui. Ils étaient plus fusionnels peut-être aussi. Ils se comprenaient mieux.
Mais là… A part se servir Whiskey sur Whiskey, il n'arrivait pas à décrocher un mot. Il voulait lui parler d'Esméralda, qu'il n'arrivait même plus à regarder sans se dégoûter lui-même. Mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge.
« Je suis fatigué, Maman, soupira-t-il enfin en se frottant les yeux du bout des doigts de sa main droite.
-Tu veux aller te coucher et que je revienne demain ? proposa-t-elle gentiment en attrapant sa main gauche par-dessus la table.
-Non, je… Je ne suis pas fatigué de ma journée, juste… Juste de ma manière de vivre, dit-il difficilement sans la regarder dans les yeux. »
Il sentit seulement la main de sa mère se resserrer en une petite pression sur sa main à lui.
« Tu en as assez du Quidditch ? lui demanda-t-elle doucement.
-Non, non, bien sûr que non, la détrompa-t-il en secouant la tête. J'ai en assez de… de ma vie… amoureuse, avoua-t-il dans un chuchotement presque honteux. »
Il n'entendit même plus la respiration de sa mère les trois secondes qui suivirent son aveu.
« Tu en as assez de quoi, exactement ? insista-t-elle. »
Lorsqu'il avait quinze ans et qu'elle faisait cela, insister et le pousser à s'expliquer, il s'énervait. Il lui disait qu'elle ne comprenait rien, et que c'était de la curiosité mal placée. A présent, il comprenait qu'il n'en était rien. Elle voulait simplement l'aider à mettre des mots sur les choses pour l'aider à avancer.
« Les filles, à droite à gauche, dit-il en grimaçant. »
Il y avait bien longtemps qu'aborder ce sujet avec sa mère ne le gênait plus vraiment. Depuis que les journaux étalaient tout cela au vu et au su de tous peut-être.
« Et Esméralda ? demanda calmement sa mère. »
Il savait que sa mère n'appréciait pas Esméralda plus que cela. Elle la trouvait fausse, moqueuse, cupide entre autre. Mais surtout, cette relation sans engagement qu'elle lui avait plus ou moins imposée, plus ou moins car Charlus l'avait plutôt vite acceptée, agaçait profondément sa mère car elle avait vite compris qu'elle n'épanouissait pas vraiment son fils. Mais pour Charlus et parce qu'elle lui faisait confiance, elle faisait des efforts pour être aimable avec elle lorsqu'elle accompagnait Charlus à certaines fêtes de famille, et même pour ne jamais la critiquer devant lui.
« Je sais que tu vas me dire que tu m'avais prévenu mais…
-Non, j'essaierai juste de te consoler, Charlus, le coupa sa mère. »
Il prit une longue inspiration.
« Ce n'est plus possible, dit-il d'un coup. J'ai tout essayé pour que ça marche, mais rien à faire, je ne supporte pas cet espèce de… partage permanent. J'ai presque l'impression… que c'est une fille comme les autres ou pire que… que je vais la voir comme si j'allais au bordel et… »
Le claquement de langue de sa mère le coupa dans sa lancée. Ses yeux pleins de reproches lui firent changer son vocabulaire.
« Je n'ai aucun effort à faire pour la séduire, et on ne partage vraiment plus rien. Auparavant, on aimait se balader en forêt, elle me citait le nom des plantes et des champignons qu'elle ramassait. On aimait aussi jouer aux cartes avec des amis, mais… Mais depuis des mois, les seules fois où je l'ai vue, c'était chez elle, dans sa chambre. Alors je me dis… Ce n'est pas comme ça que je veux ma vie. J'en suis sûr à présent. J'aimerais… J'aimerais rencontrer une femme qui m'attendra impatiemment le soir, ou quand je rentrerai de mes matchs à l'autre bout du monde. Je veux…
-Tu ne veux plus Esméralda en soi, résuma sa mère. »
Ses grands yeux bruns, les mêmes que les siens, portaient une trace indélébile de volonté. Charlus se redressa sur son siège et siffla le dernier verre de Whiskey-Pur-Feu qu'il s'était servi.
« Je crois que c'est ça, approuva-t-il.
-Tu n'as plus qu'à la quitter alors, non ? »
Il repoussa son assiette pas même entamée.
« C'est plus facile à dire qu'à faire, soupira-t-il.
-Je croyais qu'elle ne te rendait pas heureux et que vous ne passiez presque plus de temps ensemble.
-Je sais mais… Si elle ne veut pas me laisser tranquille ? Et puis, je suis son garant pour la location de son cabinet de Voyance et…
-Ne commence pas à te trouver des excuses, le coupa sa mère avec fermeté. Si tu veux pouvoir rencontrer la gentille fille que tu m'as décrite, fait déjà le ménage dans ta vie et prépare-toi à l'accueillir, d'accord ? Tu crois qu'une gentille fille sera attirée par quelqu'un qui se morfond ? Eh bien non. Envoie un courrier au propriétaire d'Esméralda, elle se trouvera un autre garant facilement si elle a autant d'hommes dans sa vie que tu me le dis. Et va voir Esméralda, tu mets les choses au clair avec elle, et c'est tout. Fais un peu les choses dans l'ordre, d'accord ?
-Les choses dans l'ordre ? ne trouva-t-il qu'à répéter, peu habitué à ce ton autoritaire.
-Tu as commencé à papillonner lorsque tu as eu une fréquentation régulière, excuse-moi, mais ce n'est pas très logique. »
Un bref sourire étira les lèvres de Charlus. Sa mère avait beau se montrer très ouverte d'esprit parfois, elle n'en restait pas moins traditionnelle.
« Et fais ça ce soir, veux-tu ? Tu la rencontreras peut-être la semaine prochaine au mariage du cousin d'Ignatius, cette gentille fille, non ? reprit sa mère.
-Ce soir ? s'exclama-t-il.
-Pourquoi procrastiner ? Allez, va chercher un parchemin pour cette histoire de garantie, et puis tu transplaneras chez elle. Ce ne devrait pas être bien compliqué de t'en débarrasser si tu fais tout ça dans cet ordre, non ?
-Tu ne l'aimes pas beaucoup, hein ? ne put-il s'empêcher de lui demander, les lèvres pincés.
-Ecoute, reprit plus calmement sa mère. J'ai fait une montagne d'efforts avec elle parce que je pensais qu'elle pouvait te rendre heureux. Mais ça fait un an que tu me dis que ça ne va vraiment plus. Alors à présent que tu me dis que tu veux la quitter, je ne vais plus me retenir de te dire tout ce que je pense la concernant, le prévint sa mère. Non, je ne l'aime pas beaucoup. Mais ça n'a rien à voir avec sa vie… intime très… libre. Elle fait ce qu'elle veut, et si ça te convient, tout va bien, dit très vite sa mère. Je ne l'aime pas beaucoup, parce qu'elle est obnubilée par l'argent et le pouvoir. Beaucoup de gens affirment qu'elle sait à peine lire dans une tasse de thé, et qu'elle se contente de prédire ce que ses clients lui demandent pour être bien payée. Et puis… hésita sa mère.
-Et puis ? insista-t-il.
-Ce sont des rumeurs, et tu sais ce que je pense des rumeurs, le prévint sa mère. Mais il paraît qu'elle est mêlée à des affaires louches.
-Des affaires louches ? s'étonna Charlus.
-Enfin, pas seulement des rumeurs puisque c'est ton père qui a lu son nom dans un dossier hier soir. Elle serait mêlée à un trafic de potions illicites avec un certain Alfred Barjow. Je comptais t'en parler ce soir. Franchement, Charlus, si elle ne veut pas te laisser tranquille, dit lui que tu es au courant de son trafic de potions avec Barjow et que tu la dénonceras.
-Mais… Si Papa a déjà eu un dossier la concernant dans les mains, elle a forcément déjà été appréhendée par les Aurors, s'horrifia Charlus. »
Ce qui l'horrifiait le plus, soit-dit-en-passant, c'était la facilité avec laquelle il avait accepté ce que sa mère sous-entendait sur Esméralda.
« Je sais, c'est pour cela que je voulais t'en parler ce soir, reprit posément sa mère. Heureusement que tu n'as jamais vraiment officialisé quoi que ce soit avec elle, parce que cette histoire ne passera pas inaperçue au Ministère. Peut-être même qu'à l'heure actuelle elle compte sur ton nom pour la protéger. Charlus, s'il te plaît, ne fait rien d'irréfléchi. Je sais que tu l'as aimée mais…
-C'est bon Maman, c'était le dernier truc qu'il me manquait pour la détester tout à fait, fit-il nerveusement. »
Il alla chercher un morceau de parchemin dans son salon et laissa sa mère écrire la lettre pour cette histoire de garantie, la signa, la donna à son hibou, se rassit à sa place, se releva et tira sur ses cheveux pour maîtriser sa colère.
« Tu crois qu'elle est restée avec moi pour que je la protège si on découvrait ses manigances ? demanda-t-il enfin, à bout de force.
-Je n'en sais rien, Charlus, avoua sa mère dans un souffle. Mais méfie-toi, s'il te plaît. »
Oh, là, il ne pouvait plus rien faire pour elle. Il n'en avait même plus envie. Elle pouvait bien lui dire qu'il voulait la quitter parce qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant, elle pouvait bien essayer de la faire culpabiliser, c'était fini. Terminé.
« Tu peux m'attendre ? Et venir me chercher dans une demi-heure si je ne suis pas revenu, s'il te plaît ? demanda-t-il avec toute l'assurance qu'il trouva en lui.
-Je t'attends, je ne bouge pas, lui promit-elle. »
La dernière chose qu'il vit avant de transplaner fut ses propres yeux décidés dans le visage de sa mère.
Effectivement, c'était nettoyage de printemps chez Esméralda lorsqu'il toqua à sa porte. Il attendit à peine une seconde avant d'ouvrir la porte. Tous les tapis boliviens et les tentures colorés avaient été décrochés des murs et du sol et reposaient en rouleau dans un coin du cabinet. Esméralda était au centre de la pièce, en larmes, en train de fouiller dans une grande malle.
« Tu comptais fuir sans même me prévenir ? demanda-t-il avec acidité.
-C'est toi qui m'a dénoncée ? demanda-t-elle en sanglotant.
-Figure-toi que j'aurais bien aimé, continua-t-il sur le même ton. Je dînais avec ma mère ce soir, je voulais lui demander comment faire pour te quitter. Tu comprends, je m'accroche à notre couple depuis quatre ans, c'était un peu difficile, fit-il d'un ton calme qui l'effraya lui-même. C'est elle qui vient de me dire qu'un dossier a été monté contre toi pour une histoire de trafic de potions illicites. Alors dis-moi, tu étais plus ou moins avec moi pour quoi jusqu'à présent ?
-Je t'aime Charlus, vraiment, sanglota-t-elle un peu plus. »
Douce musique qui lui tordait douloureusement le ventre. Quand est-ce qu'elle le lui avait dit la dernière fois, hein ?
« Ne me fais pas rire, commenta-t-il avec amertume.
-Je te le jure, mais… Mais notre amour n'est pas pour maintenant. J'ai… Je n'ai pas voulu écouter ma boule de cristal, j'ai voulu aller trop vite mais… Nous deux, c'est pour plus tard, dans vingt ou trente ans. Là, nous nous comprendrons et…
-Il suffit ! s'agaça-t-il complètement dépassé. »
C'était toujours dans les plus dramatiques des situations qu'elle lui lançait ses prédictions au visage. Mais là, il ne pouvait plus la croire.
« Tu trafiques avec Barjow depuis quand ? demanda-t-il en croisant les bras devant lui pour masquer ses tremblements.
-Deux ans, mais il n'est pas discret et il est bête comme ses pieds même si c'est une tombe. Il s'est déjà fait attraper deux fois et il a fait un séjour à Azkaban, avoua-t-elle en rangeant ses tapis dans sa malle.
-Deux ans… répéta-t-il sans y croire. »
C'était à peu près à cette période qu'elle avait ouvert son cabinet de Voyance… et que les choses s'étaient dégradées entre eux. Etait-ce à cause de ce trafic qu'ils se séparaient aujourd'hui ? Non. Dès le départ ils n'avaient pas été sur la même longueur d'onde.
« Je n'en reviens pas que tu m'aies caché ça pendant deux ans…
-Je sais que ce n'est pas ton truc mais…
-Bordel Esmé, on ne parle pas de feuilles de Mandragore pour planer un peu, mais de philtre de paix ! Ces trucs tuent des gens ! hurla-t-il. »
Elle ricana cyniquement à travers ses larmes en fermant sa malle.
« Je t'en prie, je ne les force pas à en prendre, cracha-t-elle. Tu crois que la Voyance ça paie ? Eh bien non. Il faut donner du sien. Les promotions, quand on est une femme, on les paie de son corps. Et la prostitution, c'est plus rentable que la voyance. Mais le trafic de philtre de paix, c'est encore mieux, d'accord ? »
D'accord, là, il était dans un univers parallèle. En un battement de paupière, il se rappela des joues fraîches d'Esméralda la première fois qu'ils étaient allés se promener dans la forêt de Flagley-le-Haut, de cet arbre contre lequel il l'avait embrassée pour la première fois, de leur première nuit, de leur premier restaurant en tête à tête. Lorsqu'il reposa ses yeux sur la femme de chiffon qui lui faisait face, valise à la main, cheveux filasse et teint cireux, il ne reconnut plus rien.
Peut-être que les deux premières semaines avaient été un rêve éveillé, peut-être que même la première année avait été bien, mais après, tout s'était vite gâté. Dès la promotion d'Esméralda au Ministère en fin de compte. Et apparemment, elle l'avait eue en… fréquentant les canapés.
Tout était fini depuis longtemps entre eux, finalement.
« Tu n'aurais pas eu besoin de faire tout cela si tu m'avais accordé tout ton amour, Esméralda. Je… Je voulais t'épouser à l'époque où tu étais encore secrétaire à Flaquemare. On aurait pu être heureux ensemble. Mais…
-Je veux réussir par moi-même ! s'écria-t-elle.
-Mais bon sang, tu aurais pu ! Tischa Jolizyeux vit de la Voyance !
-Je t'en prie Charlus, c'est une souillon ! Je vaux mieux que ça ! »
Charlus secoua la tête. L'argent et le pouvoir. Sa mère avait raison.
« Je crois que nous nous sommes tout dit, non ? fit-il avec l'envie de vomir.
-Ne m'oublie pas trop, le supplia-t-elle.
-Non, je vais t'oublier tout à fait, ça vaudra mieux pour moi, rétorqua-t-il en quittant précipitamment la pièce. »
La seconde d'après, il renvoyait les cinq Whiskey-Pur-Feu qu'il avait bus l'heure précédente.
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Une semaine plus tard,
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La couleur ambrée de ce Whiskey-Pur-Feu était vraiment belle, plus belle que cette dinde de Guenièvre Bulstrode qui venait d'épouser le cousin d'Ignatius, Adalbert Yaxley. Il l'entendait glousser depuis tout à l'heure, et franchement, c'était la mariée la plus gallinacée qu'il avait jamais vue. Il ne lui manquait plus que des plumes au cul, et il ne s'étonnerait même plus de la voir caqueter en couvant un œuf. Franchement, sa robe la faisait ressembler à une meringue. C'était vraiment un truc qu'il avait du mal à comprendre. Comment pouvait-on vouloir être confondu avec de la bouffe, hein ? Une jolie robe longue, droite mais légère, était bien plus seyante que ces espèces de crinolines du siècle dernier. Déjà, elle bousculait tout le monde lorsqu'elle passait. Ensuite, elle devait parler bien fort puisqu'on ne pouvait pas l'approcher de moins d'un mètre avec toute cette armature ensorcelée. Il se demandait encore comment elle faisait pour danser, cette pintade. Et franchement, Adalbert aurait-il vraiment envie d'enlever un truc comme ça à sa femme ce soir ? Pfff. A tous les coups, il serait même privé de ce plaisir puisqu'elle aurait besoin de l'aide d'un elfe pour enlever tout ces froufrous sans les foutre en l'air, et il ne la trouverait qu'en petite chemise de nuit. Quel était le plaisir, franchement, de se marier si on ne pouvait même pas ouvrir le paquet cadeau, hein ? Vraiment belle, cette couleur ambrée du Whiskey. Y avait pas de meilleur alcool. L'espèce de gnôle à la pomme qu'avait voulu lui faire goûter Ignatius n'avait rien à voir. Il avait bien eu raison d'emporter sa bouteille de pomme avec lui. Ivrogne… Ivrogne toi-même, Ig ! Toutes des pintades et des poules qui paradaient pour avoir le plus gros coq. Il en avait rembarré combien ce soir ? Deux ? Trois ? Ah quatre avec la gamine de seize ans fraîchement sortie de Poudlard. Qu'elle aille passer ses ASPICs au lieu d'agiter sa poitrine sous le nez d'hommes trop vieux pour elle. Elles étaient toutes pareilles. Enfin non. Soit elles voulaient la luxure et rien que ça. Soit elles voulaient un mariage bien arrangé, avec un mari bien riche et bien haut placé pour aller à des fêtes où elles pourraient fricoter avec les petits jeunes de leur âge. Pfff. Vraiment belle, cette couleur ambrée. Il ne se rappelait pas qu'elle fût si profonde les fois précédentes. Pour un peu, et…
« Mais c'est pas vrai, qu'est-ce que je vous ai fait Merlin pour que vous me le colliez tout le temps dans les pattes ! chuchota furieusement une voix pleine de désespoir. »
Charlus se tourna légèrement vers la voix à sa droite. Il n'avait pas bougé de sa place et il avait jalousement gardé la bouteille de Whiskey qu'il s'était amenée. Et là, qui il voyait accroupie à côté de lui dans la très nette idée de se cacher ? Miss Dorea Black. Elle devait encore fuir Beurk. Il avait vu ce Veracrasse parader l'heure d'avant avec elle à son bras. Elle semblait tant répugnée que Charlus avait un instant cru qu'elle allait vomir. Il avait eu tout juste le temps de sourire avec sarcasme, qu'elle avait disparu de son champ de vision, laissant Beurk seul au milieu de la salle.
Il releva le nez pour rencontrer le visage taillé à la serpe de Beurk. Ses dents dans tous les sens étaient découvertes par ses lèvres violaçonnes et son nez aux longues narines de varan pointait dans toutes les directions. Si une longue langue était sortie de sa bouche, Charlus n'aurait même pas été surpris. Son œil jaunâtre de lézard se posa sur lui. Charlus grimaça en le voyant s'approcher, son haleine putride l'annonçant olfactivement.
« Potter, cracha-t-il en posant ses mains sur la table. »
Il entendit Dorea Black sursauter à côté de lui et tira discrètement sur la nappe pour lui faire signe de se planquer plus convenablement derrière.
« Recule d'un mètre ou deux, Beurk, ça empeste, marmonna-t-il en se servant un autre verre de Whiskey.
-Ne joue pas à ça avec moi, Potter ! siffla-t-il. Qu'est-ce que tu as encore fait à ma cousine ? Elle est partie par ici et là, paf, elle n'y est plus !
-Paf, comme tu dis, marmonna-t-il en dégustant son Whiskey-Pur-Feu dont la couleur ambrée était vraiment jolie.
-Ne te moque pas de moi ! Elle est à moi, d'accord ? Depuis toujours ! Ne t'avise pas de…
-De quoi ? s'étonna sincèrement Charlus parce qu'il n'était pas au courant de cette histoire. Elle n'a pas de bague au doigt à ce que je sache ! répliqua-t-il sans savoir d'où lui venaient ces mots.
-Pas besoin, je suis son cousin et son père est mon parrain, j'ai la priorité, fit-il avec une arrogance répugnante.
-Ben voyons, ricana Charlus en comprenant que tout était dans la tête de cet imbécile. Et qu'en dit-elle, elle ?
-Elle n'a pas son mot à dire, c'est comme ça que ça doit être ! répliqua l'autre en plissant son grand nez de serpent. »
Mais quel !... Oh il lui mettrait bien son poing dans le nez, à la moldue, histoire de bien se défouler. Il sentit quelqu'un retenir sa robe lorsqu'il voulut se lever et retomba sur la chaise. De toute façon, le Whiskey l'empêchait d'y voir vraiment droit. Mais quand même ! Comment pouvait-il parler de Dorea comme ça, hein ? Et de sa tête si bien faite ?
« Va-t-en ou je te règle ton compte, cracha-t-il en cherchant sa baguette.
-Potter le Sauveur est de retour ? cracha Beurk. Touche à un seul cheveu de Dorea, et tu le regretteras ! le menaça Beurk en tournant les talons.
-Tu crois que tu me fais peur ! hurla-t-il avant de se laisser tomber dans le dossier du fauteuil. »
Il remarqua deux ou trois paires d'yeux sur lui, et se massa tranquillement les tempes. Qu'est-ce qu'il avait encore foutu, par Merlin ? Qu'est-ce qui lui avait pris de prendre la défense de Dorea Black comme ça, hein ? Il avait vraiment un problème en ce qui concernait cette nana.
« C'est… c'est bon ? Il est parti ? souffla une petite voix à côté de lui. »
Il tourna la tête vers la droite pour voir à nouveau Dorea Black accroupie à côté de lui. Elle était sortie de sous la table et le regardait de son petit visage froid sur lequel perlait une lueur de soulagement.
« Ouai, c'est bon, grommela-t-il en vidant son Whiskey. »
Fallait pas qu'elle le regarde avec ces yeux gris tout mouillés de larmes comme ça. Il allait encore la faire s'offusquer pour un rien.
« Je vous remercie, Monsieur, je ne savais vraiment plus comment m'en dépêtrer. »
Monsieur ? Ne lui dites pas qu'elle ne le reconnaissait encore pas ! Merlin, elle se foutait de lui !
« Reste pas assise par terre comme ça, Black, et assieds-toi, on va noyer tes problèmes dans le Whiskey, c'est plus commode, tu verras, marmonna-t-il en prenant le verre de son voisin pour le remplir avant de le lui tendre.
-Vous… Vous connaissez mon nom ? Vous me connaissez ? demanda-t-elle avec surprise en prenant spontanément le verre d'alcool fort. »
Bordel, elle se foutait de lui, hein ?
« Ne me dis pas que tu ne me reconnais pas, nom de nom, grogna-t-il en tournant la tête vers elle. »
Ses grands yeux gris criant d'incompréhension étaient à peine rehaussés par ses sourcils arqués. Son visage demeura froid lorsqu'elle accepta de s'asseoir à côté de lui.
« Je suis navrée, mais votre visage ne me dit rien, dit-elle en pinçant les lèvres. Mon cousin vous a appelé Chotter mais…
-C'est ça, Charlus Potter, ça te parle maintenant, dit-il en soupirant lourdement.
-Pas vraiment, mais je vais essayer de m'en souvenir pour la prochaine fois, accepta-t-elle. »
Ben voyons, s'il fallait qu'il recommence tout à zéro à chaque fois qu'il la voyait, il n'était pas sorti des Trois-Balais… Mais d'où lui venait cette idée ? Ah oui, il l'avait collée toute la soirée du nouvel an pour la mettre dans son lit, en vain bien sûr. Elle n'avait même pas fait mine d'être intéressée. Et c'était pas aujourd'hui, alors qu'il s'était enfilé la moitié de sa bouteille de Whiskey qu'il allait pouvoir faire grand-chose.
« Le Bal du Nouvel An au Ministère, ça ne te dit rien ? marmonna-t-il sans comprendre ce besoin qu'il avait qu'elle se souvienne de lui.
-Oh… souffla-t-elle au bout de plusieurs secondes. C'était vous alors. D'accord, je crois me souvenir à présent, fit-elle en portant le verre à son nez. C'est du Whiskey-Pur-Feu ? demanda-t-elle. Ouch ! C'est drôlement fort votre truc, commenta-t-elle en plissant le nez.
-Ne me dis pas que tu n'as jamais bu du Whiskey-Pur-Feu ? hallucina-t-il.
-Je suis une demoiselle, Mr Potter, répliqua-t-elle comme si ceci répondait à sa question. »
Bah merde alors. Une demoiselle ? Pas de Whiskey, pas de luxure, pas de…
« C'est fort ! s'étrangla-t-elle en se mettant à tousser. »
Elle n'avait rien que trempé ses lèvres dans le verre et déjà elle n'en pouvait plus. Ceci lui arracha un sourire malgré lui.
« C'est pas une boisson pour les enfants, ma jolie, répondit-il en se redressant sur sa chaise pour la regarder d'un peu plus haut. »
Mais elle était bien assez grande pour qu'il puisse à peine la dépasser de quelques centimètres. Elle le regarda par-dessus ses cils noircis de maquillage avec un scepticisme qui le fit sourire un peu plus.
« Ma jolie ? Sérieusement ? Vous leur servez ce surnom à chaque fois pour les ramener dans votre lit ? demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté. »
Il s'étouffa purement et simplement avec sa salive. Bon Dieu, comment pouvait-elle dire quelque chose d'aussi… primaire avec un visage si impassible ? Et puis, pour qui se prenait-elle ? Pour qui le prenait-elle aussi ?
« Je vous demande pardon ? demanda-t-il en essayant de maîtriser les battements désordonnément emballés de son cœur.
-Vous m'avez très bien comprise, dit-elle en faisant la moue. On ne m'a jamais appelée ma jolie comme si j'étais une fille de petite vertu. Je me demande d'où cela vous vient. »
D'accord. Elle était surprenante. Un peu trop curieuse aussi. Oh mais il n'était pas en reste non plus.
« Excuse-moi, ma jolie, répéta-t-il pour la faire lever les yeux au ciel et animer son visage impassible. Mais je ne ramène personne dans mon lit. Ce serait donner mon adresse à bien trop de monde, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
-Vous êtes si grossier, hallucina-t-elle en rougissant furieusement. »
Eh oui Black, on ne joue pas avec moi.
« Je préfère voyager, si tu vois ce que je veux dire. »
Ses yeux gris exorbités et sa bouche entrouverte le firent exploser de rire.
« Mr Potter, je ne vous permets pas !
-Allez, je n'ai pas encore voyagé du côté de ta chambre, ma jolie, peut-être que… »
Il n'eut pas le temps d'éviter le contenu du verre de son propre Whiskey-Pur-Feu à la très jolie couleur ambrée, qu'elle lui lança au visage. Entre ses mèches dégoulinantes, il put juste voir son postérieur s'éloigner furieusement de lui.
Il éclata de rire.
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(... Hum... début d'année difficile pour Charlus... il est clairement loin d'être gentleman ici... mais promis, ça va aller!;) )
