Titre : The Importance of Turning Around Three Times Before Lying Down

Auteur : otter

Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne fais que la traduction!

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Note de la traductrice: Avant-dernier chapitre de cette traduction, les choses s'accélèrent…


"Alors, c'était gênant," déclara joyeusement Laura, alors qu'elle se glissait sur le tabouret à côté de Stiles au niveau de l'îlot de la cuisine.

C'était vraiment gênant, en fait, mais Stiles était sûr qu'il n'avait pas besoin de le souligner. C'était aussi un peu sympa. La cuisine était terminée, avec le reste de la maison, et tout avait l'air impeccable et neuf, mais il y avait des signes prometteurs que la maison finirait par avoir l'air agréablement habitée: une paire de bottes sales laissées juste à côté de la porte de derrière, un petit tas de vaisselle non lavée à côté de l'évier, un roman à l'eau de rose posé face contre terre sur l'une des consoles du salon. Stiles avait un peu peur de toucher le comptoir en granite de peur de laisser des empreintes sales, mais il ne pensait pas vraiment que cela dérangerait quelqu'un. Il fut heureux de se plonger dans les sandwichs au fromage grillé que Laura avait fait, de toute façon: il y en avait tout un tas, découpés en triangles et formant leur propre petite tour délicieuse et fondante sur une seule assiette.

"J'ai l'impression que je devrais te poser des questions sur tes intentions, mais je me demande surtout si tu sais ce que tu fais," dit Laura.

"Je peux honnêtement dire que je n'en ai pas la moindre idée," lui dit Stiles, autour d'un morceau de sandwich.

Laura laissa échapper un bruit pensif puis dit: "Cela semble approprié, compte tenu." Elle fourra presque un demi-sandwich directement dans sa bouche et fit tambouriner ses doigts sur le comptoir pendant qu'elle mâchait avec une expression pensive sur le visage. "Tu es le seul ami qu'il a, tu sais. Je veux dire, à part moi, et je ne compte pas vraiment parce qu'il est obligé de passer du temps avec moi, c'est comme si c'était mon droit d'aînesse de lui faire faire des choses qu'il n'aime pas."

Stiles haussa les épaules. "Je n'ai pas beaucoup d'amis non plus, mais j'aime penser que je compense le manque de quantité par un surplus de qualité."

"C'est ce que je dis," dit Laura, et elle claqua des doigts dans sa direction, comme si c'était censé signifier quelque chose. "Vous êtes proches, non? Il te raconte des trucs."

Elle le tourna comme une déclaration, mais cela aurait probablement dû être une question parce qu'elle avait complètement tort. "Rien d'important," dit Stiles. "Et nous envoyons surtout des SMS."

"Ugh, ne me parle pas de votre sexting."

"Je n'ai jamais envoyé de sexto de ma vie," dit Stiles, parce que quelqu'un devait défendre son honneur. "C'est tellement triste. Je parie qu'il serait bon dans ce domaine. Il est meilleur avec les mots quand il a le temps d'y réfléchir."

"Ouais, mais parfois tu ne peux pas lui laisser le temps de réfléchir," dit Laura. "Parfois, il se fige juste, sans quelqu'un pour le pousser."

"Et parfois, quand tu pousses apparemment, il s'enfuit dans la forêt, pour ne plus jamais être vu et il rate de délicieux sandwiches."

"Circonstances atténuantes," admit Laura et elle lécha des miettes beurrées sur le bout de ses doigts. "Donc il ne t'a rien dit sur ce qui se passe avec lui."

"Non," dit Stiles. Il fronça les sourcils vers son sandwich, soupçonnant que c'était peut-être un pot-de-vin délicieux et fromagé. "Et s'il le faisait, je ne le partagerais pas, de toute façon."

"Oh, je sais déjà tout à ce sujet, je n'ai pas besoin d'un informateur," dit Laura, agitant la main comme s'il était ridicule. "J'espérais juste qu'il se confiait à toi, tu sais ? S'ouvrait un peu. Dieu sait qu'il ne me dira rien de tout ça. Il avait la main dans ton pantalon, ça semblait être un bon signe. Je veux dire, pas en général parce que hello, mineur, mais c'est juste que normalement Derek garde les gens à plus grande distance. Comme s'il préférerait que ses connaissances les plus proches vivent je ne sais pas, dans le Michigan ou quelque chose comme ça, et s'ils viennent vivre plus proche, il commencerait à s'énerver d'à quel point ils faisaient pression sur lui."

Stiles cligna des yeux. C'était une hyperbole, bien sûr, mais ce n'était pas non plus vraiment le Derek qu'il connaissait, celui qui achetait la soupe de Stiles et lui disait de la manger avant qu'elle ne refroidisse, celui qui l'encourageait à rejoindre l'équipe d'athlétisme et qui lui léchait le cou tout en ayant sa main dans son pantalon.

"Donc ce que tu dis, c'est qu'il m'aime bien ?" Demanda Stiles, juste pour clarifier. "Parce que de là où je me tiens, j'ai plus l'impression qu'il est probablement en train de se transformer en Robinson Crusoé dans les bois en ce moment même pour éviter d'avoir à me reparler."

"Eh bien, je dirais que les moments sexys sont un bon signe," dit Laura. "Juste—est-ce toi qui a commencé ou est-ce lui ?"

Stiles plissa les yeux en la regardant, ne sachant pas s'il devait lui donner des détails, parce qu'elle semblait être du genre à les utiliser plus tard comme des munitions. "C'était moi," répondit-il finalement, curieux de savoir où elle voulait exactement en venir.

Elle laissa échapper un cri triomphant et attrapa la dernière moitié de sandwich comme si c'était le butin du vainqueur. "Hah !" dit-elle, puis elle s'arrêta assez longtemps pour récupérer un morceau de fromage qui pendait au coin de sa bouche avec sa langue. "Tu vois ? Un coup de pouce, comme je l'ai dit. Il veut se confier à toi, il a juste besoin d'un petit encouragement."

"Ou d'un peu de temps," répondit Stiles, essayant et échouant à paraître strict. Il était surtout juste incertain, car tout ce sujet semblait un peu lourd et il venait juste de perdre sa virginité, il n'était pas encore équipé pour gérer cette merde émotionnelle réelle. Il avait encore besoin de temps pour comprendre à quel point le sexe avait été époustouflant, puis il avait besoin d'un certain nombre d'occasions pour répéter tout le processus, avec des variations. Pour la science. "Je veux dire, tu donnes l'impression qu'il a de sérieux problèmes, Laura. Peut-être que tu devrais le laisser les gérer à sa manière, à son rythme."

Laura fit un 'pffffsh' et le suivit d'un geste dédaigneux avec lequel Stiles serait probablement familier, s'il avait des frères et sœurs à qui faire part de son mépris. "En ce moment, il a assez problèmes pour remplir un manuel de maths, Stiles," dit-elle et elle fixait Stiles d'une façon spéculative qui le rendait vraiment, vraiment nerveux. "Mais je parie que tu es vraiment bon en maths."


Derek n'était toujours pas de retour quand Laura fit sortir Stiles et l'accompagna jusqu'à sa Jeep. Stiles avait l'impression qu'il devrait peut-être être énervé à ce sujet, parce que c'était une chose pour un mec d'avoir des relations sexuelles avec quelqu'un puis de s'endormir, mais c'en était en quelque sorte une autre pour un gars de disparaître comme s'il avait profondément honte des actes sexys qu'il avait commis et de la personne avec qui il les avait commis. Il se sentait surtout un peu triste cependant, parce que si Derek devait avoir une sorte de crise émotionnelle, Stiles se sentirait mieux à propos de tout cela s'il était là pour ça. Il n'était peut-être pas un conseiller qualifié mais il pensait qu'il serait vraiment doué pour caresser les cheveux de Derek et lui frotter le dos de façon apaisante.

"Ne t'inquiète pas pour lui, il finira par se pointer," dit Laura. Sa main était enroulée autour du coude de Stiles comme s'il l'escortait alors qu'en réalité, il avait beaucoup plus l'impression qu'elle essayait de l'empêcher de s'enfuir avant qu'elle n'en ait fini avec lui.

"Je suis sûr qu'il va bien," dit Stiles, même s'il n'en était pas vraiment sûr du tout. Pour tout ce qu'il en savait, Derek faisait face à des relations sexuelles gênantes en s'enfuyant dans un monastère et en prononçant un vœu de célibat.

Il connaissait la syntaxe des textos de flemmard de Derek et son habitude d'abuser des smileys souriants comme s'il essayait de compenser le fait qu'il ne faisait pas autant dans la vraie vie. Il connaissait l'opinion extrêmement tranchée sur le sirop d'érable, et sa haine pour la chaîne d'histoire à la télé, et la sensation de sa main sur sa peau nue. Et maintenant il savait même que Derek luttait avec quelque chose pour lequel il avait besoin d'aide. Cela ne voulait pas dire que Stiles savait comment être l'aide dont il avait besoin.

Ça faisait un peu beaucoup à assimiler.

"Il va toujours bien," dit Laura, en ouvrant la portière conducteur de la Jeep à Stiles comme si elle croyait fermement que l'âge de la chevalerie n'était pas mort. "C'est tout son problème."

"Profond," complimenta Stiles en montant dans sa voiture. "Juste, quand tu le verras, tu pourras lui dire de m'appeler ?"

"Oh, pas de problème," dit Laura. Son sourire était trop grand, avec trop de dents. "Je vais lui donner une belle impulsion dans ta direction." Et puis elle ferma la porte de la Jeep dramatiquement derrière lui.

Il la regarda bouche bée par la fenêtre pendant une seconde, puis il tendit la main vers la manivelle et baissa la fenêtre. "Ça ne fonctionne pas comme un geste dramatique," souligna-t-il. "Genre je dois toujours démarrer la jeep et partir, ce que je ne vais pas faire parce que ne le pousse pas, Laura sérieusement. Je verrais s'il veut en parler. Quoique ce soit. Mais c'est tout. D'accord ?"

"Bien sûr, Stiles, pas de problème," acquiesça Laura, d'une manière qui signifiait en fait 'J'ignore en fait tout ce que tu dis parce que je suis l'aîné et que je sais mieux.' Stiles commença à comprendre pourquoi Derek se plaignait tout le temps de Laura. "Et si je laissais Derek seul, mais que je te donnais un petit quelque chose à penser ?"

"Oh mon dieu," dit Stiles, et se recroquevilla sur le volant pour qu'il puisse reposer son front dessus parce qu'elle lui donnait mal à la tête. "Pourquoi es-tu aussi horrible ?"

"Oh, allez Stiles, je ne suis pas si terrible que ça," mentit Laura. Elle se pencha directement par la fenêtre ouverte, regarda le levier de vitesse, puis déclara: "Démarre et enclenche l'embrayage, je vais avoir besoin que tu partes dans une seconde pour m'aider avec mon timing théâtral, d'accord ?"

Stiles le fit automatiquement, puis se demanda pourquoi il le faisait, parce que Laura était déjà dans son espace essayant d'atteindre le contact et la clé qu'il avait déjà insérée. Elle la tourna et le moteur de la Jeep s'enclencha avec son cliquetis habituel. Il la fixait, se demandant si elle avait une sorte de pouvoir d'aîné de fratrie qui lui permettait d'hypnotiser les gens pour qu'ils fassent ce qu'elle voulait.

"D'accord, je pense que nous sommes prêts," dit Laura, semblant satisfaite de son travail. "Alors, je vais te dire un secret, et ensuite tu vas partir et avoir une longue et dure réflexion sur le sujet, enfin quand tu ne seras pas trop occupé à penser à d'autres choses longues et dures." Elle agita ses sourcils et il gémit, enleva le frein à main afin d'être prêt à partir quand elle aurait enfin fini de le torturer.

"Mon dieu, dis-le moi, je vais sérieusement pleurer dans une minute," lui dit Stiles.

Laura lui sourit, apparemment ravie de son travail, puis elle se pencha de tout son long par la fenêtre, les lèvres contre son oreille et murmura : "le secret c'est que nous n'avons pas de chien."

Puis elle recula, et quand il la fixa et bégaya, "Attends, quoi ? Tu—je—quoi ?" Elle sourit simplement, lui fit un signe de la main et déclara bruyamment, "Bye, Stiles ! Conduis prudemment !" Puis elle repartit en flânant vers la maison.

Stiles resta assis dans la Jeep, à ne rien faire, pendant cinq bonnes minutes avant de réussir à se reprendre et à s'éloigner. Avoir ruiné le timing de sa grande révélation lui apporta au moins une petite satisfaction vicieuse, mais ça ne le fit pas vraiment se sentir mieux alors qu'il s'engageait vers l'autoroute vide menant à chez lui.


Stiles passa beaucoup de temps ce jour-là à penser au sexe. Plus précisément, au sexe avec Derek et comment il avait l'impression que techniquement peut-être qu'il n'avait pas encore vraiment eu de relations sexuelles, parce qu'il n'avait meme pas eu la chance de toucher Derek, pas vraiment, et est-ce que Stiles était toujours consideré comme un puceau si tout ce qu'il avait fait était de recevoir une branlette ? Ça serait probablement mieux s'il… couvrait juste toutes les bases. Juste pour être sûr.

Mais il allait avoir besoin que Derek sorte de sa cachette pour que cela se produise, alors il envoya à Derek un texto qui disait, tu es en fait mon autre meilleur ami. Juste après le chien. Appelle-moi ?

Puis il attendit juste que Derek appelle, se sentant seulement légèrement pathétique parce qu'au moins, il passa son temps de manière productive, avec sa main enroulée autour sa bite alors qu'il pensait à la bouche de Derek, aux mains de Derek, aux épaules de Derek dans ce t-shirt et aux orteils de Derek enfoncés dans le sol.

Quand Derek appela enfin, il est vingt-deux heures et Stiles était à moitié endormi dans son lit, et même s'il n'avait pas vraiment passé toute la journée à se branler—il avait sacrifié la majeure partie de son après-midi et sa soirée à préparer le dîner et à regarder Iron Man, puis Iron Man 2, puis Captain America—il n'avait terminé le second round que cinq minutes auparavant. Donc la pièce sentait le sperme et il était toujours en train de kiffer parce qu'il pensait à la langue de Derek qui léchait ses doigts quand son téléphone s'éclaira avec un appel entrant.

Le nom de Derek s'afficha sur l'écran donc il récupéra son téléphone, l'appuya contre son oreille et dit: "Salut."

"Salut," répondit Derek, puis il ajouta, suspicieux: "Tu sonnes comme si tu venais de—"

"Je pensais à ta langue," offrit joyeusement Stiles. "Et toi ?"

"Est-ce que tu me demandes si je me branlais en pensant à toi ?" Demanda Derek. Sa voix était un peu étranglée; il n'était apparemment pas doué pour les conversations sexy, alors peut-être que Stiles avec sa théorie sur Derek-le-secrètement-incroyable-sexter était complètement à côté de la plaque.

"Je te demande ce à quoi tu pensais et j'espère que la réponse est moi," corrigea Stiles. "Bien que si tu pensais à moi tout en te touchant, c'est comme poser un mot compte double."

Derek resta silencieux pendant un long moment avant de dire, "Je l'ai peut-être fait. Quelques fois."

"Vraiment," dit Stiles, et il se tortilla dans une position plus confortable. Il pense au sexe par téléphone et à quel point le sexe par téléphone serait génial et—

"Je ne vais pas avoir du sexe par téléphone avec toi maintenant," déclara Derek.

"D'accord," acquiesça facilement Stiles. "Maintenant, ce qui implique que plus tard, ça pourrait être…"

"Puis-je m'excuser avant que tu ne me rende complètement fou ?" L'interrompit Derek. Il avait l'air un peu opprimé et misérable, maintenant qu'il en parlait.

"Pas nécessaire, mec," dit Stiles. "Maintenant que je connais un peu mieux ta sœur, je pourrais aussi prendre l'habitude de m'enfuir d'horreur en courant à chaque fois que je la verrai."

Le rire que Derek aboya à travers le téléphone était, réalisa Stiles, le premier qu'il entendait venant du gars. Il se félicita silencieusement.

"Tu vas vraiment bien ?" Demanda Derek. "Je veux dire, je sais que… c'était ta première fois. Et j'aurais dû faire mieux, dans pratiquement tous les sens. Comme peut-être t'avoir emmené à l'intérieur dans un endroit avec un lit. Et une porte avec une putain de serrure dessus."

"Je vais bien," dit Stiles, puis il y réfléchit. "En fait, je vais au-delà de bien. Je vais vraiment bien. Les conditions n'étaient peut-être pas idéales. Je n'ai même pas pu faire quoi que ce soit, ce dont je suis profondément déçu. Mais tu avais ta main sur ma bite ce qui est assez génial en ce qui me concerne, et je pense à tout le reste que nous pourrons avoir avec de la pratique. Beaucoup de pratique. Si tu essayes de penser à des moyens de te rattraper."

Derek fit un bruit qui ressemblait à un assentiment, puis déclara: "Je devrais vraiment m'excuser en personne. À plusieurs reprises, pour que tu comprennes à quel point je suis sincère."

"Je suis prêt à t'écouter," dit Stiles, et il n'était pas encore prêt à repartir—il était juste jeune, pas surhumain—mais il pensait quand même à palper sa bite, juste parce que.

Derek s'éclaircit la gorge et dit: "Nous devons parler d'autre chose. Maintenant, s'il te plaît."

Alors Stiles rit et rétorqua: "Ok, tu as besoin d'un truc pour casser l'ambiance ? Parlons de ta sœur et à quel point elle est vraiment bizarre."

Derek grogna comme si Stiles était un abruti, ce qui sérieusement, ils avaient déjà parlé de sa sœur, et tout le monde savait qui est le plus gros crétin ici. "Elle ne voulait pas me dire de quoi vous avez parlé."

"Surtout de toi et à quel point je suis bon pour toi, ce que je savais déjà parce que je suis génial," répondit Stiles. "Et puis, quand je partais, elle a dit quelque chose de complètement bizarre. Savais-tu que ta sœur est comme… une experte des devinettes ou quelque chose comme ça ? Genre est-ce que c'est son passe-temps d'embrouiller les gens jusqu'à ce que leur cerveau explose ?"

"Euh, non?" Dit Derek, comme s'il pensait que c'était une question piège. "Qu'a-t-elle dit ?"

"Elle a dit que vous n'aviez pas de chien. Ce que je ne—qu'est-ce que cela signifie ?"

Il y avait surtout un silence du côté de Derek, à l'exception du faible son de sa respiration, qui semblait s'accélérer, même si c'était peut-être que l'imagination de Stiles.

"C'est comme un puzzle qu'elle veut que je découvre," ajouta Stiles. "Est-ce que c'est comme Gollum et Bilbo ? Si je ne peux pas trouver la bonne réponse, est-ce qu'elle va nous manger tout entier ?"

Derek s'éclaircit la gorge. "C'est possible, mais peu probable," dit-il. "Je suis même surpris qu'elle—euh. Alors, quelle est ta théorie ?"

"Ma théorie ?" Répéta Stiles. "A propos du chien ? La meilleure que j'ai jusqu'ici, c'est que ta sœur fait partie de ces personnes qui ne croient pas que tu peux vraiment posséder un animal et que si tu aimes quelque chose, tu devrais le laisser libre. J'ai des preuves solides pour appuyer cette théorie parce qu'elle semble laisser le chien aller se promener chaque jour comme bon lui semble, ce qui implique parfois de se faire heurter par des voitures."

"C'est arrivé une fois," dit Derek, semblant un peu mécontent au nom du chien.

"Ouais, mais ai-je raison ?" Demanda Stiles.

"Non," répondit Derek, et il avait l'air un peu satisfait.

Stiles fredonna dans sa barbe, retournant tout ça dans sa tête, puis il déclara, "D'accord, alors qu'est-ce que ça peut vouloir dire d'autre ? Vas-tu me donner un indice, quoi que ce soit ?"

"Ça semble être de la triche," dit Derek, comme s'il n'avait jamais triché sur quoi que ce soit de sa vie, ce qui est un mensonge flagrant.

"Tu ne devrais pas aider ta sœur, elle est déjà assez méchante," dit Stiles. "D'accord, vous ne possédez pas de chien. Donc ... il n'est pas vraiment à vous parce que vous l'avez volé à quelqu'un. Quelque part, il y a une petite fille qui pleure pour s'endormir la nuit parce que vous vous êtes enfui avec son seul compagnon."

Derek renifla. "Non."

"C'est en fait un animal errant qui n'appartient à personne, mais tu as prétendu qu'il était à vous parce que tu m'avais vu accrocher les pancartes 'chien trouvé', et tu as vu à quel point j'étais sexy et tu voulais me mettre dans ton lit."

"Si ça avait été le cas, j'aurais été ravi de voir à quel point cela avait bien fonctionné," déclara Derek. "Mais non."

Stiles tapota ses doigts contre son propre sternum en contrepoint de la pluie qui tambourinait sur le toit, pensant à toutes les façons dont une personne pouvait se retrouver avec un chien qu'il ne pensait pas techniquement posséder. Et puis, juste comme ça, il comprit.

"C'était le chien de ton oncle ?" dit-il, doucement et prudemment.

Derek laissa échapper un son qui se situait quelque part entre un grognement et un sanglot, et quand il rétorqua: "Je pense que je ne veux plus jouer à ce jeu," sa voix craqua sur les mots.

Stiles ne dit rien, il se contenta d'écouter Derek essayer de garder son sang-froid, et il souhaite que le gars soit là, dans sa chambre, où Stiles pourrait le toucher. Stiles émit des sons apaisants sans parler, de la même manière que sa mère le faisait quand il pleurait, et il souhaita savoir quoi faire pour le réconforter.

"Étiez-vous proche, toi et lui ?" Demanda Stiles, après un certain temps, et puis il eut envie de se donner un coup de pied parce que Derek venait juste de se reprendre, et un changement de sujet aurait probablement été mieux. "Je suis désolé, tu n'as pas à…"

Mais Derek se contenta de soupirer et dit: "C'était mon préféré. Nous avions une famille assez nombreuse, beaucoup de tantes, d'oncles et de cousins qui couraient partout, et nous avions aussi une grande maison, donc oncle Peter et sa femme vivaient là avec nous. C'était mon héros, quand j'étais petit."

Stiles attendit, mais Derek n'offrit rien de plus, alors il ajouta: "Il te manque."

"Chacun d'eux, tous les jours," dit Derek. "Mais Peter peut-être plus que les autres."

"Tu as toujours son chien pour te souvenir de lui," proposa faiblement Stiles.

Derek rit, mais c'était un son triste et cassé, et il dit: "Non, Peter n'a jamais eu de chien. Faux encore une fois."

C'était la façon de Derek de changer de sujet, donc Stiles saisit l'occasion et continua avec, poussant un soupir exaspéré et ignorant la douleur dans sa poitrine pour alléger un peu l'ambiance. "Je vais finir par devenir désespéré avec les théories ici, mec. Peut-être que vous êtes dans une sorte de culte étrange d'adoration des chiens et que vous pensez que vous appartenez au chien."

Le rire de Derek fut un peu plus léger cette fois. "Ça donne un peu cette impression parfois," révéla-t-il. "Essaye encore."

"Hmm," dit Stiles. "Eh bien, Scott pense que le chien est en fait un loup, alors peut-être que tu es le chien. Loup. Peut-être que tu es un loup-garou. Cela expliquerait beaucoup de choses sur tes sourcils, je pense."

Derek ne rit pas. Derek… ne dit rien du tout.

"Hé, tu es toujours là ?" Demanda Stiles, après un long moment de silence. "Derek ?"

Derek répondit, "J'arrive," et Stiles ne dit rien du tout, parce que Derek lui avait déjà raccroché au nez.