Ce n'est pas la première fois que Yami lit cet article, mais il n'arrive toujours pas y croire, l'acte de charité des Roselei d'adopter une jeune fille pauvre pour l'élever au rang de noble, l'abandon de Charlotte de son héritage pour se consacrer à son travail. L'événement est bien caché sous les lignes, ce qui choque la plupart des gens qui ont lu l'article puisque tous connaissent déjà la vérité.
Yami lève finalement les yeux devant le portail blanc devant lui, il reconnaît la magie de Marx, l'assistant de Julius, d'une voix alarmée, il lui hurle les ordres.
-Urgence ! Passez dans le portail pour vous rendre au QG des Roses Bleues ! On a enflammé leur bâtiment !
Le sang du Yami ne fait qu'un tour quand il passe le portail, il a une vague idée de ce qu'il a pu se passer pour que Charlotte et ses membres se fassent attaquer et cela ne fait qu'augmenter sa rage. Il atterrit auprès de Julius, ce dernier le regarde dans les yeux. Mais il ne le voit pas, il fixe l'imposant bâtiment devant, la façade noire a remplacé le nacre merveilleux du lieu. Les rosiers bleus de Charlotte sont cramés dans un tas de cendres. Il jette un œil aux femmes en bleu, remarquant leur dignité dans cette affaire, elles restent toutes stoïques sans lâcher une larme.
-La situation, panique Yami.
-Charlotte a réussi à sortir la plupart des membres de son équipe, explique Julius. Owen les a pris en charge de suite. Fuegoleon s'active pour maîtriser les flammes et…
-Bordel Julius où est Charlotte ?
-Encore à l'intérieur, révèle Marx. Nous n'arrivons pas à la retrouver dans ce bazar complet.
-Très bien, j'y vais, déclare Yami.
-Tu ne peux pas, dit Fuegoleon. Ses flammes sont puissantes même pour toi.
-Quoi plus puissantes que celles de la famille Vermillon, impossible, ricane Yami. Oh Noelle asperge-moi au max.
Il reçoit un grand torrent d'eau de plein fouet de la part de sa recrue, c'est rafraîchissant par rapport à la chaleur des flammes. Il s'enveloppe aussi de Mana Skin pour s'aventurer à l'intérieur, il avance assez vite car le ki de Charlotte est celui qu'il connaît le mieux. Il le sent, elle est en vie et elle se bat comme toujours, seule pour résister.
-Charlotte ! hurle Yami. Si tu m'entends, j'arrive !
Il avance un peu plus, respirant difficilement, il a l'habitude de la fumée mais même son organisme de fumeur résiste peu à un si grand assaut de fumée. De plus, chaque mouvement le fatigue, la chaleur pèse sur son corps. Il va devoir diminuer la clope après ça, encore. Il entend le toit au-dessus d'eux se tordre dans les derniers étages. Il accélère encore plus, poussant toutes les portes qu'il voit, les unes après les autres.
La source de ki devient rapprochée, il clenche la dernière porte qu'il tient debout, il esquive une ronce en ouvrant. Elle s'est enfermée dans une prison de ronces pour échapper à la chaleur des flammes. Il coupe lentement les ronces pour l'atteindre. Elle est allongée, son grimoire produit la seule lumière de la pièce. Elle respire calmement malgré la situation. Ses bras devant elle, elle s'efforce de tenir sa protection en place.
-Yami, dit-elle difficilement.
-On en discutera plus tard, coupe Yami. On doit te sortir de là.
-Yami, je ne peux pas bouger, pleure Charlotte. Ma jambe est sous les débris.
-Tiens encore un peu, encourage Yami. Tu as tenu tout ce temps malgré la douleur. J'aime les femmes fortes, tu le sais !
-Et moi j'ose m'en remettre à toi, soupire Charlotte.
Elle maintient sa cage, il défait le poids qui bloquait sa cheville, quand c'est fait, il la tient par la taille pour la sortir, elle boite derrière lui, mais il ne peut pas la porter au risque de lui faire encore plus mal. D'un coup de pied dur, il enfonce la porte d'entrée pour sortir, un petit portail se déplace vers lui, il se laisse engloutir à l'intérieur pour glisser lentement devant Marx, Owen et Julius.
-Une fournaise là-dedans, grince Yami en arrachant son eau.
-Owen rafraichis Yami, dit Julius. Puis occupe-toi de Charlotte.
-Tout de suite, clame Owen.
-Capitaine, crie Asta. Vous avez fait vite !
-Merci, souffle Yami.
-Capitaine Sukehiro, crie Sol.
-Je sais, marmonne Yami. Cet incendie c'est sûrement à cause des dernières nouvelles. Vous avez le droit de m'en vouloir.
-Pourquoi on le ferait, grince Sol. Après tout, vous avez sauvé notre Capitaine. Et puis ce sont les nobles qui sont odieux de recourir à de telles méthodes, simplement par souci de réputation.
-A ce propos, coupe Fuegoleon. Yami, sache que je ferai en sorte de retrouver la personne qui a fait cela. Ce ne sera pas impuni.
-Je compte sur toi, chuchote Yami.
-Qu'en est-il de nous ? demande Puli.
-Vous allez venir avec nous, invite Yami. Charlotte me passerait un savon si je vous laisse sans rien.
-Nous devons emmener Charlotte avec nous, confie Owen. Je préfère la garder en examen.
-Dis-moi quand elle se réveille, demande Yami.
-Ca alors capitaine Yami vous êtes vraiment très attaché à la Capitaine, lance Asta.
-Garde tes commentaires pour toi, le nabot, grince Yami.
Tout le monde passe un énième portail, Yami en est malade de tous ces voyages, si bien qu'il se précipite aux toilettes pour poser une pêche. Meilleur endroit pour réfléchir, il se demande encore ce qu'il va leur tomber dessus.
Une fois, le...l'aventure terminée, il passe par le hall pour y trouver toutes les recrues qui discutent en douceur. Les filles en noir réconfortent celles habillées en bleu tandis que les garçons tentent les faire rire en faisant des bêtises. Aucun mur n'est encore brisé.
Le manieur de noirceur est rassuré de savoir que les deux compagnies, car il n'y a pas eu de vraies rencontres depuis qu'ils ont montré leur relations à tous.
Et comme prévu, toutes les recrues ont toutes accepté. Même Vanessa, que tous croyaient en compétition avec Charlotte, au final, elle est amoureuse d'un autre qui est…
-Finral, le gros dragueur, s'étonne Sol.
-J'aime passer du bon temps avec les jolies femmes, réplique Finral. Et à mes yeux, j'ai trouvé une personne vraiment très jolie.
-Tiens, il manque le bouquet de fleurs aujourd'hui, lance Secre.
-C'est gênant ça, rit Zora. C'est moi qui l'ai pris !
-Sérieusement, dit Vanessa. Mais mon bouquet, rend le moi !
Tous ont rigolé, même Yami, il jette un oeil dehors, oubliant sur le coup, que Charlotte n'arrivera sûrement que demain dans le midi.
