note : Raaah, je vous jure, l'enfer à écrire ce genre de chapitre passerelle entre 2 trucs plus intéressants ( comment ça je vends très mal mon travail ? xD)
Encore énervé par ses échanges avec Angeal, C'est légèrement sur les nerfs que Genesis retourna à la tour Shinra, où dès son arrivée, Lazard avait fondu sur lui comme un rapace sur une proie.
— Et alors, Mr Rhapsodos ? Je suppose que vous avez une bonne explication à me fournir ?
Genesis grimaça. Le vouvoiement ? L'emploi de son nom de famille ? Il avait forcément merdé quelque part… mais où ?
— Une explication ? répéta-t-il, l'air innocent et la surprise imprimée sur le visage.
— Au sujet de la réunion d'il y a deux heures, concernant ton rapport de mission ! précisa Lazard, réajustant ses lunettes. Tu avoueras que sans toi, c'est quand même nettement plus compliqué d'arriver à quelque chose ! Je peux savoir ce que tu avais de si important à faire, pour me laisser poireauter comme ça, sans penser à prévenir, ni même donner le moindre signe de vie ? Tu es au courant qu'un téléphone portable de fonction n'est pas une décoration ? Je ne compte plus le nombre de messages que j'ai laissé sur ton fichu répondeur !
Le roux se gratta l'arrière du crâne. Avec toute cette histoire, la réunion lui était totalement sortie de l'esprit. Il porta la main à la poche intérieure de sa veste, afin d'en sortir son téléphone, et remarqua qu'il ne l'avait plus.
— Merde… J'ai dû l'oublier chez seph… marmonna-t-il pour lui-même. Pas étonnant qu'il n'ait pas pu me joindre.
— Si tu as quelque chose à dire, fais-en profiter les autres ! s'impatienta le directeur du SOLDAT.
— Je…euh… C'est à dire que j'ai eu une grave urgence personnelle, et la batterie de mon téléphone a lâché, mentit Genesis, tentant de minimiser sa faute.
Loin d'être dupe, Lazard lui jeta un regard en coin.
— Je vais te dire ce qu'il va se passer, maintenant. Tu vas gentiment bouger tes fesses jusqu'à la salle d'entraînement numéro 2, et une fois là-bas, tu t'occuperas de l'unité 1 des 3eme classes.
Il fit une pause et fixa Genesis avec un air semblant signifier « Eh bien ? Qu'est-ce que tu fiches encore ici ? » Et au moment où le roux tournait les talons pour aller s'acquitter de ses tâches, Lazard ajouta :
— Et bien sûr, après ça tu t'occuperas de l'entraînement de l'unité 2 !
Le jeune homme retint une plainte entre ses dents. Il hocha faiblement la tête et attendit quelques secondes, pour s'assurer que le directeur n'ajoute rien avant de reculer en direction des ascenseurs. Mais à peine avait-il fait trois mètres que… :
— Et après ça, recommença Lazard.
« Bon sang… il faut que je m'en aille d'ici au plus vite ou il va continuer à me donner des tâches à faire jusqu'à demain. » pensa Genesis, roulant des yeux.
— Tu viendras à mon bureau, et là tu me feras enfin ce fichu rapport.
Le banoran ne répondit pas. Il resta quelques secondes sur place, certain que le directeur allait encore l'interrompre s'il tentait une nouvelle sortie. Mais celui-ci en avait réellement fini cette fois, et lorsqu'il ouvrit de nouveau la bouche, ce fut uniquement pour lui demander de bien vouloir déguerpir au pas de course, au lieu de rester planté devant lui comme un piquet.
Outré, avec le désagréable certitude que Lazard venait tout simplement de se moquer de lui, c'est d'une humeur massacrante qu'il débarqua dans la salle d'entraînement, bien décidé à décharger tout le stress et la frustration de sa journée.
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Après avoir épuisé jusqu'au dernier des membres du premier groupe de 3eme classe, c'est plus crevé que des vieux pneus qu'ils ressortirent tous de la salle – certains allant même jusqu'à conseiller à leurs camarades qui attendaient leur tour dans le couloir, de fuir tant qu'ils le pouvaient encore. –
Quittant la pièce à son tour, Genesis invita ceux du second groupe n'ayant pas pris la tangente à entrer dans la salle et à s'échauffer, en attendant qu'il revienne de sa pause-café.
— Vraiment, quelle corvée ! se plaignit-il. J'ai pas signé pour ça, moi.
Arrivé devant les distributeurs, il poussa le bouton qui l'intéressait, et s'adossa au mur en attendant que sa commande soit prête.
— Genesis ? fit alors une voix.
L'intéressé tourna la tête dans la direction du son et haussa un sourcil, surpris de découvrir la DRH qu'il « n'était pas du tout en train de draguer » plus tôt dans la journée, à cet étage réservé à l'entraînement du SOLDATs
— Vous vous êtes perdue ? s'enquit-il.
Elle lui adressa un sourire.
— Pas vraiment. Je cherchais simplement quelqu'un... Et je crois bien que je viens de le trouver !
Genesis se redressa, arrangea un peu ses cheveux, puis lui rendit son sourire, satisfait de constater que son instinct fonctionnait toujours : cette femme avait bel et bien des vues sur lui.
Plus âgée que le jeune homme d'une petite dizaine d'année et plutôt sûre d'elle, l'employée n'était pas du genre à y aller par quatre chemins lorsqu'elle désirait quelque chose : Genesis, dans le cas présent. Quitte à venir le débusquer elle-même sur son lieu de travail pour lui proposer un dîner en tête à tête.
Surpris par l'invitation, le banoran mit un petit moment à répondre. N'ayant pas l'habitude de se faire draguer aussi frontalement, il ne savait pas trop comment se comporter. Finalement, après une rapide concertation avec lui-même, il en vint à la conclusion que cette expérience, bien que nouvelle, tombait à point nommé. Il accepta donc la proposition, attrapa son café, pris poliment congé auprès de la DRH et retourna au pas de course dans la salle d'entraînement, bien décidé à en finir le plus vite possible, pour enfin fêter comme il se devait son retour.
« Ça sera ma meilleure soirée de fin de mission » tenta de se convaincre Genesis. « Comme si j'avais besoin de ces deux rabat-joies pour prendre du bon temps… Au moins, je n'aurais pas à subir les remarques d'Angeal sur mes dépenses… ni celles de Sephiroth, nous rappelant de ne pas rentrer trop tard tous les quarts d'heures. »
L'entraînement du deuxième groupe de troisièmes classes fut si intense qu'il dura moitié moins longtemps que le précédent. Ce qui n'empêcha cependant pas les jeunes SOLDATS d'en ressortir encore plus cassés que leurs prédécesseurs, lâchant çà et là de charmants commentaires au sujet de leur instructeur, tels que « sadique », « tortionnaire » et autres « bourreau » …
Le bourreau en question, heureux d'en avoir fini plus vite que prévu avec ce qu'il considérait plus comme une corvée qu'autre chose, décida de mettre à profit le temps gagné pour prendre une bonne douche avant de filer voir Lazard.
« Tout se goupille très bien, finalement » pensa-t-il, une fois arrivé devant le bureau de son supérieur. « J'expédie ce rapport, et à moi la liberté ! »
Confiant, le jeune homme toqua plusieurs fois à la porte pour s'annoncer, puis ouvrit dans la foulé sans attendre de réponse. Surpris de tomber dans une pièce plongée dans la pénombre, il fronça un sourcil.
— Directeur ? appela-t-il, cherchant à tâtons l'interrupteur.
Une fois celui-ci pressé, son deuxième sourcil se fronça devant l'évidence : l'endroit était vide.
— Sérieusement ?
Il soupira, ressortit du bureau et jeta un œil à la feuille de papier pliée, épinglée sur la porte, dont il avait ignoré la présence en arrivant. Après tout, peut-être lui était-elle destinée ?
Avec un claquement de langue agacé, il la décrocha et lut :
Je reviens dans un instant ! Ps : Genesis, tu peux attendre à l'intérieur !
Encore plus agacé, il froissa la note avant de pénétrer de nouveau dans le bureau où il commença à faire les cents pas.
Cinq minutes passèrent, puis dix… et Genesis s'immobilisa, bras croisés sur la poitrine.
— C'est quand même étrange cette histoire. « Je reviens dans un instant » répéta-t-il, mais dans ce cas, pourquoi avoir éteint la lumière ?
Dix nouvelles minutes passèrent, durant lesquelles le roux avait trouvé un nouveau passe-temps : donner de petits coups de chaussure dans un des pieds du bureau de Lazard.
— Bon sang, mais qu'est-ce qu'il fiche ?
Il tira le fauteuil de son patron, puis s'y laissa tomber sans aucun scrupule. Posant ses coudes sur le bureau, il croisa ses doigts et vint poser le menton contre le dos de ses mains. C'est alors que son attention se porta sur l'ordinateur éteint de son supérieur.
— C'est à se demander s'il a vraiment l'intention de revenir... Même sa veste n'est plus là ! nota-t-il, après un coup d'œil au porte-manteau, dans un coin de la pièce.
D'interminables minutes plus tard, après avoir dû par deux fois se raisonner afin de s'empêcher de partir, Genesis n'y tenait plus.
— Bon… ça commence à bien faire, maintenant !
Il rangea son exemplaire de Loveless, ouvert pour passer le temps, avant de quitter le fauteuil de Lazard, le replaçant correctement d'un petit coup de genou. Cette fois-ci, fini d'attendre, il ne resterait pas une seconde de plus, peu importe que le directeur lui fasse payer de lui avoir posé un deuxième lapin dans la même journée.
— J'ai perdu mon temps, et me voilà en retard pour mon rendez-vous, maintenant… grommela-t-il. Pour quoi je vais passer…
Arrivé devant la porte du bureau il avança le bras vers la poignée et eut à peine le temps de la voir pivoter, avant de prendre la porte dans le nez.
— Oh mon dieu, je suis vraiment désolée !
Mortifiée, la DRH, responsable malgré elle de cette attaque à porte armée se plaqua les mains contre le visage.
–- Je vais finir par croire que cette journée est maudite ! pesta Genesis, massant doucement son nez douloureux.
Il leva ensuite le regard vers son agresseur, et ses yeux s'écarquillèrent sous la surprise.
— Vous ? s'étonna-t-il. Mais que faites-vous ici ?
— Eh bien, je suis venue vous chercher. répondit-elle, comme-ci la chose allait d'elle-même.
— Me chercher ?
— Oui ! À vrai dire, avant de vous retrouver près des salles d'entraînement, j'étais déjà venue à cet étage dans l'espoir de vous trouver… C'est là que j'ai croisé le directeur Lazard. Il m'a demandé la raison pour laquelle je vous cherchais, et lorsque j'ai répondu que je compter vous inviter, il m'a répondu que si je voulais faire ça, je devais vous retrouver ici, mais 15 minutes après l'heure convenue de notre rendez-vous.
— Quoi ?! s'exclama le roux, incrédule.
— … Et il a ajouté « ça lui fera les pieds à ce petit arrogant, on ne me pose pas de lapin sans en subir les conséquences ! »
— Non mais je rêve ! Il m'a délibérément fait poireauter tout seul pour se venger ?! Et vous étiez dans le coup ! ajouta-t-il, amer, à l'adresse de l'employée.
— À vrai dire, je ne savais pas qu'il allait vous laisser seul à attendre, se défendit-elle, sinon je serais venue plus tôt… Je pensais plutôt qu'il allait vous donner du travail jusqu'à ce que vous ratiez l'heure du rendez-vous…
Sceptique, Genesis haussa un sourcil, plus vraiment certain d'être d'humeur à sortir.
