Chapitre 20: À l'unisson


Alors que la dernière de ses phases de sommeil commençait à se terminer, laissant ainsi imminent son réveil, Hermione Granger se rendit compte qu'elle se sentait bien. Depuis maintenant longtemps, elle n'avait plus dormi aussi bien et aussi confortablement. La dernière fois qu'elle n'avait pas désiré quitter son lit était le matin du mariage de Bill Weasley et Fleur Delacour, la veille du début de la guerre. Une époque presque insouciante encore. Elle ouvrit lentement les yeux resserrant ce drap autour de son corps nu pour encore en profiter. Elle vit clairement qu'il faisait encore nuit et qu'elle n'était éclairée que par quelques bougies. Elle se souvint alors où elle était et pourquoi elle y était. Elle avait passé la nuit avec Desmond Lestange, alias Shakespearien, et avait laissé libre cours à ses désirs charnels.

" Merlin... J'ai osé... Je n'arrive pas à y croire, cela me ressemble tellement peu..."

Mais Hermione se dit alors qu'après tout, ses idéaux avaient bien dû évoluer à cause de la guerre et qu'importe si ce n'était qu'une nuit, elle avait tout de même son importance. Après tout, elle s'était offerte à lui et elle espérait qu'il se rende compte de l'importance de cet acte. Elle chercha alors son compagnon de félicité du bout des doigts dans le lit et ne découvrit qu'un drap froid. Elle se redressa immédiatement et le chercha en ramenant le drap sur elle et en écartant ses cheveux ébouriffés.

- Desmond? l'appela-t-elle.

" J'espère qu'il est toujours là... si il a dû partir voir Voldemort et qu'il n'a pas rétabli ses barrières..."

Elle chassa alors immédiatement cette pensée pessimiste de sa tête et, s'enroulant le drap autour de son corps nu, se dirigea lentement vers la porte de la chambre. Lentement, elle la poussa et observa la pièce plongée dans le noir. Elle le chercha et vit la lueur rougeâtre d'une cigarette dont on aspirait la fumée. Desmond était là, devant la fenêtre ouverte qui laissait pénétrer un air encore frais et observant le ciel étoilé.

- Desmond?

- Je t'ai réveillée ? fit il en se retournant.

- Non...

Elle s'approcha lentement et l'embrassa avant de l'enlacer, se disant clairement qu'il s'agissait sans doute de ses derniers moments d'intimité avant que la guerre ne batte son plein délivrant son flot de malheur, de tristesse et de morts.

- Tu ne dormais pas ? demanda-t-elle.

- Je n'ai jamais eu besoin de beaucoup de sommeil.

- Tu es toujours pensif n'est-ce pas ?

- Oui...

- Puis-je savoir ce qui occupe tes pensées?

- Le fait d'avoir effleuré quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant et la crainte de ne devoir le relâcher bientôt.

" Il est aussi poète que son alias... Relâcher ?"

- Qu'entends tu par relâcher ? fit elle inquiète.

- Ne te méprends pas, je ne compte pas te rejeter aussi vite.

- J'espère bien, ce qu'il s'est passé n'était pas qu'une lubie de condamnée.

- Je sais... mais même si la victoire se profile à l'horizon, ce bonheur s'échappera de nouveau.

- Mais... pourquoi ?

- Hermione... à la fin du conflit... le vainqueur fera obligatoirement un grand ménage... et j'ai tué plus que de raison tu le sais.

- Je ne laisserai pas cela arriver.

- Tu dois laisser les choses se faire. Je mérite une condamnation même l'exécution.

- Non! Je refuse de perdre encore quelqu'un... j'ai déjà suffisamment perdu. Je refuse que tu sois une nouvelle fois victime.

Desmond l'embrassa alors lentement et avec tendresse. C'était le baiser d'un homme clairement décidé. Il accepterait clairement la punition.

" Non, on ne devra pas le condamner... pas après tout ça... je refuse de le perdre maintenant."

Elle resserra inconsciemment son étreinte tandis qu'elle remarquait à nouveau son regard perdu dans le vide.

- Desmond... tu es résigné n'est-ce pas?

- Oui... depuis le début, mais la cause vaut tous ces sacrifices.

- Inutile d'en discuter n'est-ce pas ?

- Oui... je ferai tout pour qu'encore une fois ce soit des rires et des cris de bonheur qui habitent ce château... J'espère le voir d'ailleurs... au moins une fois.

- Quoi?

- Je n'ai connu Poudlard que comme un champ de bataille. J'aimerais la voir en école comme elle l'était.

- Tu la verras. Je te le promets.

- Ne fais pas de promesse que tu ne pourras tenir.

- Je tiendrai cette promesse, tu verras cette école telle que je l'ai connue et aimée.

Hermione le regarda avec toute la détermination dont elle pouvait faire preuve et eût en réponse un sourire.

- Combien de temps nous reste-t-il avant de lancer l'assaut ?

- Deux heures trente environ.

- Alors reviens dans le lit et profitons encore de l'accalmie avant les canons.

Et Hermione l'emmena dans la chambre.


Le moment s'approchait de plus en plus et elle le savait. Malgré l'envie de prolonger indéfiniment ces instants, fait pour lequel elle aurait souhaité encore avoir son retourneur de temps, elle n'ignorait pas que ce n'était guère plus possible. Quand il avait quitté le lit pour commencer à s'habiller, revêtant son pantalon de cuir, Hermione dirigea sa main vers sa tunique d'esclave.

- Tu n'as pas besoin de remettre ces guenilles.

- Je n'ai rien d'autre.

- Ce n'est pas l'esclave qui va se battre mais Régina, fit alors Desmond en se dirigeant vers le placard.

Elle l'observa, assez surprise, sortir un sac en toile de celui-ci et le poser sur le lit.

- Je me suis permis.

Elle ouvrit assez circonspecte le sac et ce pour mieux y découvrir des vêtements neufs. Elle était assez étonnée de ceux-ci, constitués d'un pantalon en cuir noir, de bottes également noires et d'une chemise blanche. Mais la pièce maîtresse était un long manteau de peaux rouge. Ce manteau, elle le tourna dans tous les sens. Elle découvrit en plus de la fourrure autour de la fermeture de celui-ci, plusieurs choses dans le dos: un immense éclair, symbole de la résistance et surtout ce qui surmontait cet éclair, une couronne, la couronne de Régina.

- Tu as le sens du spectacle, fit elle amusée.

- Il faut frapper fort pour l'Histoire.

- Ce manteau risque de faire de moi une cible.

- C'est un peu le risque mais c'est le symbole de la résistance.

Hermione enfila alors le pantalon et les bottes avant de mettre la chemise.

" Il aurait pû penser à des sous-vêtements... mais bon... Au moins c'est la bonne taille."

Elle revêtit pour la première fois ce que l'Histoire et ses manuels allaient appeler le "Manteau de la Reine" admirant la chaleur et la prestance qu'il lui apportait et choisit d'attacher ses cheveux en une queue de cheval. Elle vit alors à l'intérieur du sac un dernier objet, un fourreau à passer autour de la taille. Elle regarda alors Desmond qui avait revêtu sa chemise et s'adressa à lui:

- C'est pour quoi?

- Le dernier symbole.

Elle le vit ouvrir une trappe dans le sol en soulevant une pierre et en sortir un objet conservé dans un sorte de linceul. Il lui tendit et le prit pour le déballer écarquillant les yeux en découvrant son contenu.

- C'est l'épée de Godric Gryffondor !

- Elle revient à une courageuse Gryffondor.

- Tu l'as cachée tout ce temps ?

- Il le fallait.

Hermione n'arrivait pas à croire qu'il avait encore et encore des cartes dans la manche. Il était plus que plein de ressources.

" En même temps il la prépare depuis longtemps..."

Les dizaines de minutes qui suivirent furent les plus longues de l'existence d'Hermione. Patienter appuyée sur le bureau en se rongeant les ongles n'enlevait rien à son stress mais Desmond lui ne semblait pas aussi stressé, il attendait juste.

" C'est ça la différence entre un soldat et moi? Il est si calme, comme si il réfléchissait à nouveau à tout... "

Hermione avait envie de le dire au moins une fois avant que tout ne commence.

- Desmond... je ne sais pas si c'est à cause de nos stratégies respectives, mais je crois que je suis inconsciemment tombée amoureuse de toi... Tu n'es pas obligé de me répondre mais..., commença-t-elle avant d'être interrompue par un baiser de celui-ci, juste avant que des coups ne soient donnés à la porte.

Hermione reprit sa consistance et s'appuya sur le bureau tandis que Desmond ouvrait la porte aux Serpentards. Elle vit alors entrer Blaise Zabini, Pansy Parkinson et Théodore Nott, tous vêtus de long manteaux noirs, juste avant qu'il ne referme la porte.

- Salut Hermy, fit Théodore

- Théo, Blaise, Pansy, je voulais vous remercier avant tout.

- Tu nous remercieras si on survit, fit Parkinson.

- Félicitations Blaise.

- Euh... je... hum... merci.

- Ne sois pas gêné.

Desmond se plaça dans le cercle.

- Cléopâtre, sa baguette.

- On a des noms vous savez.

Hermione toucha alors sa baguette pour la première fois depuis des mois, redevenant une sorcière à part entière, heureuse de retrouver cette part d'elle-même qu'elle croyait perdue depuis si longtemps.

- Tu veillais sur ma baguette ?

- Oui, en totale sécurité avec moi, fit Pansy.

- Tit... Nott, vous avez contacté la résistance?

- J'ai fait au mieux... j'espère que le timing sera bon.

- Tu t'es reposée ? demanda Théodore.

- Euh... oui...

" Pas vraiment mais bon..."

Hermione vit le regard amusé de Parkinson qui semblait se faire une idée de ce qui avait eu lieu, après tout elle avait remarqué des choses, elle l'avait vu. Elle les écoutaient discuter planning et effectifs quand elle remarqua la porte s'ouvrir lentement et très discrètement, laissant entrer Gregory Goyle. Desmond ne lui avait pas indiqué qu'il était dans la confidence et elle se redressa, la baguette brandie prête à lancer un stupefix, le premier depuis longtemps. La main de Desmond se posa avec délicatesse sur sa main pour l'abaisser, signe qui n'échappa à personne.

- Ravi de te voir conserver tes vieux réflexes Granger, fit Goyle.

" Ce ton... cette façon de parler..."

Elle vit alors Goyle sortir une flasque et boire son contenu. Peu à peu, il changea, devenant plus grand, plus musclé, moins gros et surtout blond. Elle avait désormais devant ses yeux Drago Malefoy.

- Malef...

- Drago!!! fit Pansy en se jetant à son coup en l'embrassant.

Hermione vit la scène avec surprise mais visiblement les autres le savaient déjà.

- Pansy... doucement tu vas m'étouffer.

- Désolée... Tu étais Goyle?

- Et oui, un autre plan de Desmond. Encore un.

Hermione remarqua l'orifice vide de son œil et déglutit quelque peu. Il sortit alors de sa poche un bandeau avec un œil rouge en son centre.

" Ça doit être comme celui d'Alastor Maugrey."

- Bon maintenant que tous le monde est là...

- Depuis quand tu remplaces Goyle? demanda Hermione.

- Depuis qu'ils n'envoient plus personne dans la forêt, deux mois environ.

- Desmond... Tu conserves d'autres secrets? demanda-t-elle alors.

- Toujours avoir des surprises.

Hermione se rendit compte que tout le monde semblait avoir relevé l'appellation par son prénom mais aucun ne fit de commentaires.

- Bon expliquons rapidement le plan à Régina, fit Desmond. Tu devras suivre Ot... Zabini et Nott, ainsi que Parkinson. Tu commenceras par la Grande Salle avec Zabini et tu motives les esclaves, tu rejoins ensuite Parkinson pour entrer dans la Fontaine et libérer les filles.

- D'accord... Grande Salle puis fontaine...

- Ensuite, ils vont devoir combattre avec la résistance dehors et tu rejoins le stade avec Nott.

- Le stade... C'est pour pousser les esclaves à la rébellion ?

- Oui sois éloquente... Malefoy tu donneras les baguettes à qui de droit, McGonagall en première, ensuite les esclaves utiles et ta mère. Parkinson tu conserveras celles de Weasley et Lovegood.

- J'aimerais les accompagner pour la fontaine, fit Zabini...

- D'accord. Enlevez ces manteaux.

Hermione les vit enlever les long manteaux noirs dévoilant ce qui aurait pû s'apparenter aux tenues de combat des policiers moldus, grises et arborant l'éclair dans le dos. Ils étaient officiellement des résistants. Tandis qu'elle vit Desmond revêtir une veste en cuir de la même couleur que les Serpentards et arborant également l'éclair, elle se demandait ce que lui ferait.

- Et toi?

- Moi? Je prends le troisième étage. Seul. Tu me rejoindras pour le dernier acte.

- Le troisième ? Mais il y a quoi... Attends... le couloir du bureau ? Là où est le Dullahan? T'es dingue tu vas te faire tuer.

- J'ai des atouts encore.

- Mais tes hommes ils vont te...

- Granger, fit Malefoy, si il a dit qu'il s'en occupait c'est que ce sera le cas.

" Je ne veux pas le voir mourir... même si il est le seul à pouvoir les combattre."

Théodore s'avança dans le cercle qu'il formait et tandis sa main.

- Pour Poudlard, fit il alors.

- Pour la liberté, fit Zabini le rejoignant.

- Pour notre honneur, fit Malefoy.

- Pour la résistance, fit Parkinson.

Hermione tandis sa main et la posa sur celles des autres, pour être à l'unisson.

- Pour l'espoir d'un monde meilleur, affirme-t-elle.

Elle regarda Desmond comme les autres, s'attendant à le voir faire de même mais il n'esquissa aucun mouvement, juste de la surprise. Soudain la porte s'ouvrit.

- Mon cher fils, c'est le grand jour... Qu'est-ce qu'il se passe ?

Rabastan Lestrange était entré dans le bureau sans frapper, venant sans doute chercher la condamnée à mort, mettant un terme à ce moment de fraternité entre l'ancienne Gryffondor et les anciens Serpentards.

- Que sont ces tenues... qu'est-ce que vous tramez? Et par Merlin que fait Malefoy ici, il est censé être mort.

Desmond ne répondit pas, elle le vit juste bouger extrêmement vite le saisissant par la gorge.

- Bonjour père...

- Gnhh lach... lâche moi...

- Je n'aurai pas à te chercher...

- Que...

- Tu n'as jamais rien compris... ton fils est l'ennemi.

- Desmond... tu vas... demanda Hermine inquiète.

- Tu es... un traître... toi mon fils ?

- Non je suis dans le camp où est ma place... Navré... Bienvenue dans mon cauchemar...

Hermione le regarda étonné et vit sa concentration, la legilimencie sans aucun doute. Il ne fallut pas longtemps pour que Rabastan se mette à trembler et à baver. Desmond était en train de détruire l'esprit de son père et lâcha alors un être brisé.

- Desmond ça va? demanda-t-elle inquiète.

- Parfaitement bien... ça c'est fait. Il reste deux détails et on y va... Zabini?

- Deux minutes.

Elle vit alors Desmond ouvrir la fenêtre et lancer un sort dans le ciel, le même que Voldemort lors de la chute de Poudlard.

" La sécurité anti-transplanage... Pour la résistance."

- Et maintenant... longue vie à la résistance.

Elle vit un second sortilège, et apparût alors l'éclair dans le ciel.

- Vous êtes prêts ?

- OUI! firent ils tous à l'unisson.

- Allons y... Je mourrai avec fierté à vos côtés.

" Je préférerai éviter la mort..."

Tout démarra alors.

- Serpentard, soyez son bouclier, je serai sa lance. Faîtes la économiser au maximum ses forces, elle a la tête du serpent à couper.

Ils passèrent alors la porte du bureau du cinquième étage et avancèrent dans le couloir ensemble, marchant vers leurs destins. Hermione serrait sa baguette prête au combat, elle ne resterait pas en arrière même si les Serpentards l'encadraient suivant Desmond. Elle entendit des pas, symbole d'une course effrénée dans le couloir et pencha la tête découvrant la Dullahan répondant au prénom de Sonia.

- Des... la résistance, ils attaquent, ils sortent de la forêt... l'exécution est reportée... donne nous tes cons... Pourquoi elle porte cette tenue? C'est quoi ce...

- Avada Kedavra! fit Desmond Lestrange.

Le rayon vert percuta alors Sonia qui s'effondra de tout son long. Hermione quitta alors la formation et attrapa Desmond par le bras.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- J'élimine les ennemis.

- Tu comptes tuer tout le monde?

- Je te l'ai dit... c'est une guerre... et j'éliminerai les menaces sur ta vie.

- Mais... mais...

Théodore la saisit par le bras.

- Laisse le faire. Face à eux il n'y pas d'autres choix.

Hermione se rendit compte tandis qu'ils dévalaient l'escalier que l'homme qui avait réveillé ses sentiments restait malgré tout un tueur de sang froid qu'importe le camp dans lequel il était. Ils arrivèrent rapidement devant le troisième étage.

- On se sépare ici, fit Desmond en avançant vers les deux gardes.

Hermione vit qu'il s'agissait des deux raffleurs qui auraient dû la violer et vit l'ancien capitaine du Dullahan à l'oeuvre, frappant le premier au genou, tranchant la tête du second d'un coup d'épée avant d'achever le premier en écrasant sa tête de sa botte dans un contact sanglant contre le mur, ce même contact répendant le sang et les os ainsi que le cervelet. Il allait vers la porte et elle courut vers lui .

- Je t'en prie... fais attention, fit elle en l'embrassant rapidement.

- À dans peu de temps, fit il en ouvrant la porte.

Étrangement, elle avait comme le mauvais pressentiment de le voir pour la dernière fois. Son bras fut à nouveau tiré par Zabini.

- Viens... s'il-te-plaît.

- D'accord...

- Sept... six... cinq...

Hermione se rendit compte que Pansy Parkinson faisait un décompte tandis que Malefoy avait déjà disparu, s'occupant de sa mission.

- C'est quoi le décompte ?

- La résistance... j'espère...

Le décompte finit et il ne se passa rien pendant dix secondes.

- Ils ont pas eu le message, fit Nott.

Soudain une porte du quatrième étage explosa et un cri retentit.

- LONGUE VIE À L'ORDRE DE L'ÉCLAIR !!!

Elle vit alors se déverser dans le château les membres de la résistance, ils avaient empruntés le raccourci du quatrième étage vers Pré au Lard supposément bouché par un éboulement mais sans doute dégagé en prévision de la bataille. Les sortilèges volaient désormais dans le grand escaliers, raffleurs et mangemorts d'un côté, résistant de l'autre.

- Stupefix ! Expelliarmus ! lançait-elle à la cantonade.

- Hermione ! fit une voix qui s'approchait.

- Owen!

Hermione le prit dans ses bras, trop heureuse de le revoir pour agir autrement.

- Je dois t'escorter vers l'entrée, ordre de Shakespeare.

- Quoi? Desmond ?

- T'es au courant alors... parfait.

Elle descendit les escaliers au milieu de la marée des combattants de la liberté qui s'apprêtaient à mener le plus grand combat de l'Histoire.

- Il est où d'ailleurs ? demanda Owen.

- Il... il s'occupe du Dullahan.

- Ho...

- Il va se faire tuer? Tu le penses aussi?

- Il m'a envoyé trafiquer les potions de combats, le Dullahan n'a que des placebos depuis un mois. À part lui bien-sûr.

- Quoi?

- Il ne fait rien d'inconsidéré.

" Merlin! Il avait tout prévu..."

Les combattants tombaient des deux côtés, elle avait malgré tout la protection des Serpentards mais les sorts l'effleuraient.

- BOMBARDA! lança-t-elle sur un escalier pour vaincre deux mangemorts.

Elle devait non seulement combattre mais également avancer, guidée et poussée par la résistance jusqu'à poser son pied sur la dernière marche quand elle vit l'attroupement d'ennemis dans le hall.

" Ça va se compliquer !!! Il ne pouvait pas prévoir les mouvements de panique ennemis..."

C'est alors que la double porte gigantesque explosa dans des gerbes de bois et de métal.

- Vengeons Harry et tous les autres, fit une masse gigantesque qui envoya voler un mangemort d'un coup de poing.

- Hagrid!!! Vous allez bien.

- On vient te libérer Hermione.

- Merci.

- Allez la résistance ! fit Kingsley Shacklbolt qui pénétra dans le château.

- En avant ! hurlait Charlie Weasley qui l'accompagnait.

- Tout le monde est là ?

- Tous ceux en état de combattre, fit le rouquin.

- Lavande est l'abri?

- Tu sais?

- Oui, félicitations... on fera cela correctement après la victoire, fit Hermione. Vite la Grande Salle !

- Poussez vous! hurla Hagrid en fonçant l'épaule la première. HAAAAAAAAAAA !!!!

La porte céda dès le premier coup et et elle s'engouffra alors derrière le demi-géant si hirsute qu'elle avait toujours apprécié. Elle vit des mangemorts brandirent leurs baguettes avec véhémence sur Hagrid.

- Non! Stupefix ! Stupefix ! Stupefix !

Elle avait l'impression de n'avoir jamais quitté le champ de bataille et les tranchées tant elle était précise et efficace. Elle devait maintenant être éloquente.

- AUJOURD'HUI VOUS N'ÊTES PLUS DES ESCLAVES. CEUX QUI PEUVENT COMBATTRE FAÎTES LE!!!

Elle vit alors les esclaves se jeter sur les mangemorts et les raffleurs se battant avec hargne, les frappant de leurs chaînes et des bancs. Soudain, une lumière orange provint du parc. C'était assez effrayant.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle.

- On est venu en force, fit Hagrid. Ça c'était Norberta.

- Votre dragonne ?

- Je suis tellement fier...

- Hey, arrête de discuter, fit Parkinson. T'as pas fini !

- Oui...

Cette fois la résistance était en nombre, les opprimés étaient si nombreux depuis la chute que les alliés étaient nombreux, désireux de vaincre Voldemort et ses troupes. Cependant c'était son corps qui avait un peu de mal à suivre, son statut d'esclave avait quand même nuit à sa condition physique, elle n'était plus aussi en forme malgré tout. Elle repassa alors dans le hall accompagnée de Blaise et Pansy quand elle fut hélée par une voix familière.

- Hermione !

- Molly? Et Arthur? Que faites-vous ici? Vous auriez dû rester à l'écart.

- Je suis venue chercher mes filles, fit Molly.

Hermione apprécia cette appellation à son encontre comme juste après la chute, elle était un membre de la famille après tout.

- C'est dangereux... mettez vous à l'abri.

- Ne t'en fais pas Hermione, fit Arthur. Et puis j'ai un fils à venger, si je tombe sur le capitaine du Dullahan j'en fais mon affaire.

Hermione se figea alors un bref instant, saisie d'effroi et de honte.

" Je... je suis tombée amoureuse de celui qui a pris leur fils... Merlin... Il ne me comprendront jamais... Je les décevrai..."

Hermione sentit la main de Pansy sur son épaule.

- Viens .

- Je m'occuperai de Ginny, fit Hermione à Molly. Évacuez les esclaves s'il-vous-plait, ne prenez pas de risques... Vous avez des petits enfants que vous devez voir grandir.

- Nous ferons attention.

Hermione suivit alors Pansy et Zabini dans un couloir et s'arrêta en s'appuyant sur un mur versant quelques larmes de honte.

- Hey, fit Pansy. Qu'est-ce qu'il y a? Blaise fonce, elle a besoin d'une pause... On te rejoint.

- D'accord... dépêchez vous.

Hermione resta appuyée contre le mur, reprenant son souffle et repensant à Ron et à cette nuit.

- Arthur et Molly... Je...

- Ça suffit Granger !

- Quoi?

- Écoute moi bien, les remords tu dois les oublier, oui tu étais avec leur fils... Et Lestrange a dû le tuer... Je sais que dit comme ça c'est horrible mais...

- Les autres savent? demanda Hermione.

- Drago a dû le comprendre... Lestrange et lui discutaient dans la forêt et moi je l'ai remarqué...

- Comment je vais pouvoir leur dire?

- Tu comptais finir vieille fille?

- Pansy?

- Vous avez passé la nuit ensemble c'est ça ?

- Oui...

- Juste pour baiser?

- Non! Tu me prends pour qui?

- Alors pourquoi tu t'en veux ?

- Mais Ron...

- Il est mort. Cela ne change rien et les sentiments ne se contrôlent pas. Regarde Blaise. Weasley attend un enfant. C'est comme ça.

- Mais Desmond...

- Je sais... C'est différent, ce qu'il a fait était malheureusement nécessaire. Viens.

Elle reprirent leurs avancées tout en conversant toujours.

- Mais si on survit tous les deux... comment je pourrais regarder Molly en face?

- Si ils tiennent à toi, ils comprendront. Et puis tu as tes parents.

- Je ne sais même pas où ils sont.

- Centre-ville d'Oakland, en Australie. Un cabinet de dentisterie.

- Quoi? Comment tu...

- Je devais attendre... au cas où.

Hermione s'arrêta une nouvelle fois.

- Avance.

- Attendre quoi?

- Je devais attendre la fin de la bataille, Lestrange devait te le dire... il nous l'a dit au cas où...

- Au cas où il pourrait mourir ?

- Oui, il appelait cela son cadeau d'adieu... Mais il s'en sortira...

- Il est...

- Loin de son image? Je sais... allez en route...

Hermione arriva enfin vers Blaise qui, sans doute mû par le désir de sauver celle qu'il aimait, avait vaincu tous les gardes. Il serrait actuellement une Ginny au ventre proéminent.

- Mione! fit Luna en se jetant sur elle.

- On vient vous chercher...

- Les filles se sont toutes battues avec courage.

- Quoi?

- Tu sais qui est Shakespeare ?

- Oui...

- Il a essayé de m'aider tu sais mais ça n'a pas marché... il m'a même demandé pardon.

- C'est vrai?

- Oui... Ho merci Pansy, fit elle en récupérant sa baguette.

Hermione s'approcha de Ginny qui la prit dans ses bras.

- C'est enfin le grand jour, fit Ginny. On va le vaincre.

- Oui... la grossesse te va bien.

- Tu parles je suis énorme.

- Tes parents sont dans le château...

- Ho... Ça va leur faire un choc.

- Tu aimes Blaise non? Ils comprendront.

- Je pense...

" Tu es leur fille, toi ils comprendront..."


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La suite de la bataille prouva une chose à Hermione : un bon plan est plus efficace que l'improvisation et cela, elle l'avait bien compris lors de la petite bataille rangée du stade où les troupes guidées par Olivier Dubois, légèrement boiteux encore du coup de Desmond, ont pris possession aisément de toutes les positions stratégiques permettant à Hermione d'économiser ses forces. Hermione devait se poser en cheffe à nouveau et montrer qu'elle était Régina. C'était le seul but du plan de Desmond et elle l'avait bien compris. Ce n'était qu'une chose, de la propagande parfaitement menée hissant Régina en responsable et guide de la libération des esclaves. Il suffisait d'ailleurs de les observer l'acclamer tandis qu'elle retournait vers les portes. Il allait rester une seule étape et pas des moindres : Voldemort. Il était pour elle et elle espérait le vaincre tandis qu'elle estimait que les échauffourées étaient sur le point de se terminer, les mangemorts étaient vaincus et les raffleurs aussi mais si Voldemort n'était pas vaincu, cela n'aurait servi à rien. Tandis qu'elle approchait des portes, elle vit le professeur McGonagall qui saluait les élèves et aussi Ginny qui semblait annoncer sa grossesse à son frère et à ses parents qui fondirent en larmes. Hermione s'approcha alors.

- Trois petits enfants... tu te rends compte Molly? Même si avec un Serpentard est une surprise.

- Blaise est dans notre camp Papa.

- Je sais je sais...

- Hermione, fit Molly. Tu as réussi.

- Oui... le plan a fonctionné.

- Mais où était le Dullahan? demanda Arthur. Ils auraient renversé la bataille comme la dernière fois.

Hermione pointa son doigt sur le troisième étage du château.

- Le Dullahan se bat là-haut.

- Contre qui?

- Celui que je dois aller aider, fit Hermione. Il les affronte tout seul.

- Quoi? fit Molly. Comment est-ce possible ?

- Il nous aide depuis toujours Molly. Il a veillé sur la résistance.

- Ho le fameux Shakespeare dont nous a parlé Lavande.

- Oui... je vais maintenant finir cette guerre. Je vais m'occuper de Voldemort.

- Attends, fit Molly. Je vais au moins t'escorter au cas où.

Hermione fut surprise et accepta, montant vers le troisième étage.

- Tu savais qui était Shakespeare ?

- Je l'ai appris récemment.

- Tu as une confiance absolue en lui visiblement.

- Oui... j'ai appris tout ce qui a été mis en place par cet homme et il est courageux.

Hermione sentit sa main être saisie par Molly Weasley et la regarda surprise.

- Tu sais... je me trompe peut-être mais j'ai l'impression qu'il est plus qu'un allié pour toi.

- Ho... Molly...

- Hermione... Ron serait heureux que tu sois heureuse également. C'est normal, tu es jeune, tu as la vie devant toi. Et puis je sais que tu ne l'oublieras jamais.

- Merci Molly mais... j'espère surtout qu'il s'en est sorti vivant.

- Cet homme est impressionnant pour affronter le Dullahan.

- Il l'est... si vous saviez.

- Et puis, il doit avoir vengé Ron alors... Et les autres victimes. Alors rejoints le... Et abattez Voldemort ensemble.

- Oui, j'y vais...

" Elle reconnait les qualités de Desmond mais elle ignore que c'est lui, l'homme qui a pris la vie de son fils... Quel paradoxe..."

Hermione arriva devant la porte du troisième étage et écouta à celle-ci, pas un seul son ne lui parvenait.

" Merlin... pourvu qu'il aille bien..."

Elle ouvrit la porte lentement et fut saisie par une odeur âcre, comme si cela puait... le sang. C'était bien cela qu'elle ressentait : une odeur de sang. Il n'y avait plus de chandelles pour illuminer l'espace et elle brandit sa baguette.

- Lumos!

Et là, elle fut saisie d'effroi. Là où aurait dû se trouver le sol de marbre du couloir se trouvait une mare de sang. Le combat avait dû être plus qu'atroce et violent. Il y avait des membres coupés, bras, mains, jambes et même une tête. Des cadavres trempaient dans le sang, certains saisit d'effroi d'autres juste mort, sans doute par le sortilège au rayon verdâtre. Elle sentait la peur la tenailler. Elle regardait chaque visage, le cherchant. Il y avait même un corps tellement déchiqueté de toutes parts, dont seule la chemise semblait encore en état et qui faisait qu'elle ne pouvait le reconnaître si c'était lui.

" J'espère que ce n'est pas lui..."

Chacun de ses pas faisait se déplacer le sang au sol quand elle sentit quelque chose s'accrocher à sa botte. Elle regarda et remarqua qu'il ne s'agissait que d'un vêtement, elle l'observa et remarqua alors l'éclair au dos.

" Le cadavre déchiqueté n'a pas de veste... ho non!"

Elle se redressa et retourna vers le cadavre inquiète comme jamais quand un bruit la fit se figer. Un cliquetis plus que familier. Elle se retourna et vit la flamme du briquet qui illuminait l'homme appuyé contre le mur. Elle s'avança vers lui en l'illuminant de sa baguette.

- Desmond!... Ho Merlin...

Il était effrayant, ses cheveux gris étaient devenus rouges du sang de ses anciens frères d'armes, ses vêtements étaient en lambeaux et il était clairement loin d'être indemne. Il semblait avoir bandé sa jambe gauche au niveau de la cuisse et saignait également du front. Elle entendait aussi sa respiration sifflante, signe d'une côte brisée et peut être même pire.

- Tu vas bien? demanda-t-il. Tout s'est bien passé ? Pas trop de pertes?

- Pour les pertes, un peu tu t'en doutes surtout des esclaves, et oui je vais bien... Mais c'est à toi qu'il faut demander.

- Coriaces... il fallait leur reconnaître.

- Tu les as tous tués ?

- Oui... ne me juge pas Hermione... il fallait ouvrir la voie.

- Je ne te juge pas... Au fait, tout le monde est en train de hisser Shakespeare en héros en bas.

- Et de mettre Desmond Lestrange dans le lot des monstres qui doivent périr ?

- Desmond...

- Je te l'avais dit... Je suis prêt à accepter...

- Pars.

- Quoi? fit il surpris.

- Transplane dans un hôpital moldu, tes plaies semblent soignables par leurs techniques. Et vis libre.

- Tu me dis de fuir alors que le meilleur moment arrive ?

- Quoi?

- Qui cesserait de lire Roméo et Juliette avant la fin? C'est la meilleure scène.

- Desmond... ils meurent à la fin.

- Je le sais.

- Tu es prêt à mourir?

- À tes côtés oui. Bien que je t'avouerai que cela ne me tente pas trop.

- Tu t'esssayes à l'humour ?

- Oui... on ne me l'a pas enseigné.

- Évite alors...

- Je suis rassuré que tu n'aies pas été blessée, là ça va être autre chose.

- Ton plan est que je le tue avec l'épée ?

- Ho seulement lui couper la tête à la fin et la brandir dans un sac. Ce sera suffisant.

- Toujours théâtral hein?

- L'Histoire Hermione, l'Histoire.

Hermione regarda la porte de Voldemort prête à écrire l'Histoire comme disait Desmond. Elle l'entendit se redresser difficilement avant de jeter sa cigarette au sol, ou plutôt dans le sang.

- Tu as le mot de passe ? demanda Hermione.

- Non.

- Ensemble?

- Oui.

- Tu sais, je ne t'ai jamais vu combattre avec des sortilèges.

- Ha oui?

- Je suis impatiente... Desmond au cas où...

- Je t'aime aussi, fit il en l'embrassant. Prête?

- Oui...

Et ensemble, ils brandirent leurs baguettes en avant, détruisant la statue pour entrer dans l'ancien bureau du directeur, devenu l'antre du serpent, et ce, en prononçant ensemble le même sort:

- BOMBARDA MAXIMA !!!