Bonjour à tous,

Désolé pour le petit retard de publication de cette semaine, j'ai eu beaucoup à faire ! De plus, c'était un chapitre un peu différent et donc plus compliqué pour moi à écrire. J'espère qu'il vous plaira.

Love


Chapitre X


Ils avaient eu une longue discussion suite à ce petit interlude. Harry avait donné des nouvelles de Snape à Draco et ensuite, il l'avait écouté lui faire mille reproches quant à son comportement.

A bien y repenser, il n'avait pas plus écouté que ça, troublé par les réactions du blond. Allongé sur son lit, bras croisés derrière la tête, il observait le plafond de sa chambre.

Draco. Depuis quand est-ce qu'ils étaient devenus aussi proches ? Il fronça les sourcils alors qu'il se repassait les six derniers mois dans sa tête… Son été en enfer jusqu'à la veille où il avait vu le sang pur s'énerver sur lui pour la première fois depuis longtemps.

Leur relation était spéciale. Ils étaient liés par quelque chose qu'il avait du mal à définir. Ce n'était pas comme avec Ron qu'il avait considéré comme un frère, c'était plus.

Plus parce que le blond connaissait une partie de lui qu'il n'avait jamais laissé entrevoir à personne. Il savait qu'il avait sondé son esprit. Il l'avait senti. Mais il avait laissé faire… Et depuis, il se sentait lié à lui.

C'était ridiculement dégoulinant mais vrai. Probablement qu'il se jetterait devait un Avada pour sauver Draco. Sans aucun doute même. Sauf qu'en même temps, il avait envie de plus. Mais plus quoi ? C'était stupide. Il voulait juste être plus proche. Le voir plus. Parler plus souvent.

Il passa une main exaspérée sur ses yeux alors qu'il était envahi par la honte. On aurait dit une fichue première année devant son coup de coeur du moment. Il le tuerait s'il savait où dérivaient ses pensées. Bref.

Mais en même temps, lui aussi avait un comportement bizarre. Il ne se cachait absolument plus d'ailleurs. Il rabrouait tous ceux qui approchaient le survivant, se vengeait dès qu'il le pouvait et narguait toutes ses victimes de son petit sourire mauvais.

Le serpentard était devenu possessif. A tel point que Harry s'était retrouvé petit à petit entouré du groupe habituel du blond. Zabini était bruyant. Il eut un sourire amusé. En réalité… La maison du serpent avait son propre trio d'or. Draco à sa tête. Zabini dans le rôle du gai luron comme Ron et Nott en rat de bibliothèque à l'image d'Hermione.

Il devrait le dire à Malefoy. Il imaginait d'ici la tête de Blaise d'être comparé à une "belette". Souriant toujours, il se dit que ces deux là étaient plutôt sympathiques. Il comprenait que Malefoy les apprécie.

Soupirant d'aise, il ferma les yeux une seconde alors que la porte de sa chambre s'ouvrait en grand.

- Potter. T'es encore en train de dormir…?

Il manqua de s'étrangler et s'assit brusquement. Le blond était là, dans l'encadrement de la porte, l'air goguenard.

- Malefoy…? Qu'est ce que tu fous là ?

- ….Quoi...ton petit cerveau de balafré a déjà oublié…?

- Oublié quoi la fouine…?

- … La sortie. Pré-au-lard…

Ah… Non il n'avait pas oublié. Seulement, il n'avait pas d'autorisation pour y aller. Comme chaque fois. Et il ne voyait pas l'intérêt de s'y rendre encore une fois sous sa cape. Surtout si c'était pour voir tout le monde chercher des cadeaux de Noël… Cette année il n'avait qu'une seule personne à qui en offrir… Et il avait déjà commandé.

Enfin… Une seule… Deux peut-être. Mais pour la seconde, pas sûr qu'il mérite vraiment un cadeau. Il se recoucha alors, haussant les épaules.

- J'ai pas d'autorisation.

- Monsieur Potter. Il me semble que vous devriez vous lever et vous habiller. Je ne tolérerai pas de retard de votre part. Y compris dans vos loisirs récréatifs. Et pensez à vous habiller de manière adéquate. Il ne manquerait plus que vous tombiez malade.

- Bonjour Parrain.

- Draco.

Harry s'était à nouveau assis sur son lit, surpris. Il fixait maintenant son tuteur qui se tenait derrière le blond et avait l'air glacial et suprêmement ennuyé.

- … Quoi ?

- ...Potter. Enfile ça et viens. On n'a pas toute la journée non plus !

Le serpentard venait de lui lancer manteau et écharpe à la figure et s'apprêtait à faire de même avec ses chaussures quand Harry l'arrêta, mains sur ses poignets, debout près de lui alors qu'il posait son regard vert sur Snape.

- Je suis autorisé à sortir ?

- Evidemment Monsieur Potter… Vous n'êtes pas à Azkaban ici…

Le survivant semblait tomber des nues. Il observait son tuteur avec un peu d'inquiétude. Est-ce que c'était une sorte de piège ou….?

Draco leva les yeux au ciel, fatigué d'attendre et après avoir mis dans les mains de Potter sa baguette, il le prit par le poignet et le traîna derrière lui.

- Ramène toi. Je t'ai déjà dit que j'avais pas toute la journée.

- Mais ! Attends !

- Harry.

La voix de Snape les avait arrêté tous les deux alors qu'il lui tendait une bourse pleine de pièces. Harry rougit et voulu protester mais l'homme en noir tua dans l'oeuf toute tentative d'argumentation.

- Je me suis permis de retirer ceci de votre compte afin que vous puissiez, si besoin, l'utiliser.

Draco ne laissa pas le temps au brun de réagir. Il prit la bourse, la mit de force dans la poche de sa cape et l'entraîna avec lui.

- Arrête de me tirer partout Malefoy !

- Alors marche Potter ! Tu te souviens comment on fait ? un pied devant l'autre ?

Ils se disputaient, pour changer. Le blond obligeant le brun à le suivre. Malefoy arborait son air de petit snobinard indifférent et Potter un visage renfrogné, boudant comme un gamin quand ils rejoignirent tous les deux la cohorte d'élèves supervisée par McGonagall et Flitwick.

- Bonjour Harry…

Le survivant se tourna pour tomber droit sur Hermione et Ron un peu en retrait.

- Bonjour…

- Qu'est ce que tu veux Miss-je-sais-tout …?

- Rien Malefoy. Juste saluer Harry.

- C'est fait. Maintenant retourne voir ta belette.

La brune eut une sorte de grimace mi-surprise, mi-amusée ou fataliste ? et partit rejoindre le roux qui observait la scène de plus loin à côté de sa soeur.

- Malefoy…

Harry s'était tourné vers le blond qui semblait se ficher éperdument d'avoir été légèrement malpoli et l'observa.

- Quoi ?

- Pourquoi tu fais ça…?

- Ca quoi Potty…? Je t'ai déjà dit de faire des phrases complètes pour t'adresser à moi.

Il commençait sérieusement à l'agacer. Le brun plissa lentement les yeux, se tendit.

- Et moi je t'ai déjà dit de pas me prendre de haut comme ça…

- Ouh j'ai peur.

- …. Parfait. Je t'emmerde.

Tournant les talons, il quitta les côtés du blond d'un pas rageur. Il lui faisait toujours ça. Il se moquait de lui en permanence. Il se fichait complètement de savoir ce qui lui convenait ou pas. Comme d'habitude, Monsieur le roi du monde considérait qu'il détenait la vérité pure et que sa parole était d'or.

Il allait lui en ficher lui des vérités. Il irait faire son tour au village de Pré-au-lard tout seul. Ca lui changerait les idées.


Le blond, les sourcils froncés, regarda le survivant s'éloigner pour rejoindre le cortège menant aux différents attelages préparés par Hagrid pour descendre au village et se crispa.

Qu'est ce qu'il lui prenait encore…? D'habitude il ne se vexait pas pour si peu. Il lança un regard peu amène à Zabini qui ouvrait déjà la bouche pour commenter leur petite "scène de ménage" comme il les appelait. Il la referma bien vite. Suivant le mouvement des élèves devant lui, il observait Potter de loin.

Comme à son habitude, il était seul en plein milieu d'une foule. Il ne parlait à personne et tout le monde respectait une certaine distance avec lui. Et peut-être que Draco était à l'origine d'une partie de cet isolement. Après tout, il était de notoriété publique maintenant que celui ou celle qui s'en prenait - ou pas d'ailleurs - à Potter, risquait ses foudres.

Il soupira et passa une main dans ses cheveux platine. Il était peut-être extrême. Mais il n'y pouvait rien. C'était plus fort que lui. Potter était à lui… Il n'avait pas le droit de le trahir comme ça.

Il retint ses joues de chauffer alors qu'il se rappelait avoir dit une chose aussi gênante et peu digne de son rang droit dans les yeux verts du Survivant.

Merlin. Il avait été tellement en colère. Tellement frustré, qu'il n'avait pas réfléchi. Par la suite, il avait longuement réfléchit à ce que ces paroles impliquaient et il n'avait pu nier plus longtemps l'évidence. Il le désirait.

Il avait manqué de s'étouffer d'embarras alors que les mots s'étaient formés dans sa tête et avait mis une bonne demi-journée à décolérer de sa propre bêtise. S'enticher de Saint Potter. Vraiment. Il n'y avait rien de plus ridicule comme idée. Lui. Fils de Mangemort. Héritier et Lord à la fortune indécente. Il s'était tout bonnement amouraché du Grand Sauveur du Monde, Pourfendeur de Mage Noir et Dresseur de Dragon.

Sauf que depuis qu'il se l'était avoué, c'était encore pire. Jalousie. Possessivité. Désir. Il avait du mal à faire le tri. Il avait, tour à tour, envie de plaquer le brun contre un mur, d'éviscérer ceux qui l'approchaient ou encore de lui faire porter une pancarte "A moi".

Pouvait-on devenir plus minable que ça…? Il en doutait. Sans parler qu'il était quasiment certains que nombreux étaient les élèves qui avaient compris les raisons de son comportement.

Il se fichait de leur opinion bien évidemment, après tout, la distinction des genres ne se faisait pas vraiment chez les sorciers, seulement, il avait un rang à tenir.

Pas que le Survivant soit de basse extraction, loin de là. Héritier de la famille Black et de la famille Potter, en plus d'être le Sauveur du Monde Sorcier, n'importe quelle famille serait très satisfaite de sa condition sociale, non. Il s'agissait plutôt de sa propre fierté.

Parce que normalement on lui courrait après et non le contraire. Agacé, il repoussa à nouveau une mèche de cheveux et monta, brusquement, dans un des attelages tirés par les sombrals. Le visage fermé.

Sauf que Potter ne pouvait pas lui échapper. Hors de question. Il jouerait de ses relations si besoin. Il ruserait. Manipulerait sans remord. Mais il l'aurait.

Enfin. Ca, c'était si cet imbécile arrêtait de se vexer pour un rien. Plongé dans ses pensées, il ignora complètement les conversations autour de lui, trop occupé à élaborer un nouveau plan.


Harry marchait dans les rues du village. Les mains dans ses poches pour ne pas avoir les doigts exposés au froid glacial, il déambulait parmi les différentes échoppes.

Il n'aimait pas trop cette situation. Avec Draco. Mais hors de question d'aller s'excuser. Il avait abusé. Il ne pouvait pas toujours faire comme il voulait.

Il s'arrêta devant une vitrine et observa sans vraiment les voir les articles en devanture. Il se sentait un peu coupable. Peut-être qu'il avait simplement réagit de manière un peu trop rapide. Après tout, si Malefoy se montrait aussi agressif envers Hermione c'était aussi parce que ça avait toujours été le cas… Leur relation avait évolué mais pas celle qu'il avait avec les autres Griffons.

Il passa une main dans ses cheveux et grimaça. Levant les bras, il refit vaguement le chignon sur sa tête avant de souffler sur ses mains. Il avait froid.

La neige recouvrait intégralement la rue. Demain, les élèves quitteraient l'école pour les fêtes de Noël. De son côté, il n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait. Et ça le stressait.

Cette année, il n'y aurait ni cadeaux ni réveil en fanfare de son ancien ami roux… Il repensa au livre soigneusement emballé pour son tuteur et le doute le reprit. Est-ce que c'était une bonne idée de lui offrir quelque chose…?

Il se trouvait stupide. Il avait longuement pensé à ce qui pourrait lui faire plaisir… Et avait finalement opté pour cet ouvrage qu'il avait obtenu avec l'aide du demi-géant garde-chasse.

Il allait faire demi-tour quand il manqua de buter sur quelqu'un.

- Potter…

Evidemment. Malefoy se tenait devant lui, bras croisés sur le torse. Il le toisait et semblait exaspéré.

- Pardon. Mais pourquoi est-ce que tu n'as même pas de gants…?

- ...Quoi ?

Qu'est-ce qu'il lui chantait encore ? Harry, perplexe, jeta un oeil à ses mains. Bon il n'avait pas de gant…? Et alors…? C'était pas sa mère non plus… Relevant les yeux, il regarda le serpentard qui n'avait pas bougé d'un centimètre.

- Je les ai oublié…

- Evidemment…

- Malefoy…?

- Quoi encore ?

- Désolé.

Merlin. Evidemment, il avait craqué. Quelques heures seul et la peur de se retrouver isolé à nouveau, sans aucun soutien et surtout sans les moqueries constantes du blond l'avaient fait basculer. Il le vit hausser lentement un sourcil alors qu'il prenait un air suffisant.

- Désolé de quoi Potter…?

Il se crispa. Ce type arrivait toujours à lui taper sur les nerfs. Toujours.

- Tu le sais très bien.

Il le vit avancer vers lui et s'approcher au point de légèrement envahir son espace vital.

- Draco, je suis désolé de m'être emporté comme un imbécile...Pardonne moi dans ton immense bonté…

Il se fichait de lui…. Très lentement, le survivant tendit la main sur le côté.

- Draco….je suis désolé… pour ça…

Une seconde plus tard, le blond se prenait un tas de neige sur la tête, le brun ayant agité sa baguette discrètement dans son dos, faisant tomber la neige de l'avant-toit au-dessus de leur tête.

Et maintenant, planté devant son rival de toujours, il lui offrait son plus beau sourire. Sauf que deux minutes plus tard, il se faisait jeter dans un tas de neige et que c'était au tour du blond de le toiser.

Un blond furieux.

- Potter ! As-tu une idée de combien m'a coûté ce manteau ?

Assis au sol, souriant, goguenard, il haussa les épaules lentement.

- Oh pardon Madame… Votre maquillage va bien…?

- ….Répète Potter…?

- Ton maquillage…? Pas trop abîmé…?

Draco fusillait le brun du regard. Il se...moquait de lui ? Très lentement il s'approcha.

- Tu veux vraiment jouer avec moi Potter…?

- Quoi…? Tu n'aimes plus jouer Malefoy…?

- Oh si… Mais tu vas perdre…

- Si tu le dis...en attendant qui pleure pour son manteau….?

Attrapant la main du brun pour le relever, il le plaqua contre le mur d'une boutique, souriant, le regard argent plein de défi.

- Je ne pleure pas Potter. Je réfléchis aux moyens de te le faire payer…

Il était trop près. Il sentait son souffle contre sa joue alors qu'il lui sifflait sa menace à l'oreille. Et malgré tout ce qu'il pouvait se dire pour gérer la situation, il sentit l'angoisse monter. Non. Pas maintenant.

Il se tassa légèrement sur lui-même. Réfléchissant aussi rapidement que possible à comment se défaire de toute cette situation.

- Malefoy recule !

- Quoi Potty…? Ca y est tu abandonnes…?

- A...arrête….

Draco fronça les sourcils. C'était quoi cette faille dans la voix du brun…? Il se redressa légèrement et fixa le brun. Il était plus pâle. Il avait les poings serrés et sa respiration était légèrement altérée.

- Potter…? Ca va ?

- Je...j'ai besoin d'une minute okay…?

- ...Okay…

Il recula encore d'un pas alors que le survivant semblait tenter de gérer sa respiration.

- Potter. Parle-moi.

- ...J'ai rien à dire.

- Si. Pourquoi tu réagis comme ça…. ?

- Pour rien.

- Ne te fiche pas de moi.

- Draco… laisse-moi une minute.

Il ne l'appelait jamais par son prénom. Alors, sans un mot, le blond s'appuya contre le mur à côté de lui et se tût. Et...Pour la première fois, il se sentit rassuré d'avoir quelqu'un à proximité pendant une de ses crises d'angoisses. Il sentait les ondes de noirceur envahir sa poitrine, le brûlant et retournant son estomac.

Les souvenirs remontaient par flash. Vernon. Sa respiration contre sa peau. Ses mains sur son corps. Sans réfléchir il chercha à s'accrocher à la réalité. Sa main trouva la manche du manteau hors de prix de l'héritier de serpentard.

Ils restèrent là un bon moment. La crise eu du mal à passer… Finalement, il réussit tant bien que mal à faire le tri dans tout ça et se détendit.

- Mon oncle… Depuis que je suis petit...Il ne se contentait pas de me frapper…

Il n'avait pas la moindre idée de ce qui le poussait à parler. A Malefoy. Derrière cette boutique, appuyé contre le mur d'une ruelle déserte alors qu'il neigeait et que le froid leur mordait la peau. C'était comme ça. Les mots passaient ses lèvres sans qu'il n'arrive les contenir.

- Qu'est-ce que tu veux dire Potter… ?

La silhouette à côté de lui s'était crispée. Il avait tourné ses yeux argents sur lui et les avait plissé. Sauf que maintenant… Il ne savait plus quels mots employer pour expliquer ce qu'il avait vécu.

- Il m'a violé. Plein de fois.

Il sentit son souffle se couper alors que les yeux du brun se vidaient de toute émotion. Qu'est ce qu'il venait de dire…? Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale alors que les mots le percutaient avec violence.

- Q..Qu'est-ce que tu dis Potter….?

Le Survivant ricana doucement alors que l'amertume déformait le coin de sa bouche.

- Mon oncle profitait de moi. Ca a commencé je devais avoir trois ou quatre ans...Je me rappelle pas bien. Mais ça a duré jusqu'à cet été… Quand j'ai péter un câble…

Draco avala lentement sa salive alors qu'il se repassait tous ses souvenirs de son rival. A quel moment avait-il manqué une telle information…? Et qu'est ce qu'il était censé dire maintenant ? Il se sentait vidé de toute force. Et pourtant il se sentait révulsé. Au bord de la nausée d'imaginer ce genre de chose sur un enfant… Sur Potter. Il se sentait vacillant et tremblotant alors qu'il prenait conscience des aveux de Harry.

- Tu n'en a jamais parlé…. ?

Comment ? Pourquoi ? Il avait du mal à comprendre. Le survivant était un héro ! Pourquoi est-ce que personne ne l'avait sauvé de ces moldus…? Comment ces moldus avaient-ils osés s'en prendre à lui ?

- Non… t'es le premier…

- Même...Severus…?

- ...Il est au courant… depuis que lui et Pomfresh m'ont soigné.. j'ai pas pu le leur cacher…

Le silence s'installa entre eux. Choqué pour l'un. Anxieux pour l'autre.

- Désolé… Je sais pas pourquoi je te l'ai dit…

- Arrête de toujours t'excuser pour des trucs qui ont rien à voir avec toi Potter...Je te l'ai déjà dit. Cesse de baisser la tête devant tout le monde.

Mais la voix du blond n'était pas aussi acide ou moqueuse que d'habitude. Et le brun se crispa.

- Je veux pas de pitié Malefoy… Et tu peux penser ce que tu veux de tout ça mais…

Il avait été brusquement interrompu. Draco se tenait face à lui. Il semblait furieux à nouveau alors qu'il l'obligeait à se plaquer contre le mur de pierre.

- Potter… Arrête de te la jouer grande victime je déteste ça. le Grand Sauveur du Monde, Pourfendeur du Destin qui en plus de ça a l'histoire la plus Tragique du Monde Sorcier. Bouh, je vais pleurer et ton visage va hanter toutes les sorcières d'Angleterre qui auront le coeur brisé en t'imaginant comme le Prince ténébreux de leurs rêves !

Bouche-bée, le survivant fixait son rival sans rien riposter. Soufflé. C'était bien la première fois qu'on le raillait là dessus.

- Si tu veux des gens pour avoir pitié retourne voir Weasmoche et la demi-sorcière… Moi je me fiche complètement de tes petits malheurs. Si c'est pour pleurer ne compte pas sur moi. Par contre, si tu veux qu'on élabore ensemble un stratégie pour faire payer à ce moldu ce qu'il t'as fait...Alors je suis ton sorcier.

Merde. Ça lui fichait un coup au coeur. Il le sentit bondir littéralement contre son torse alors que le serpent était penché sur lui et lui laissait clairement voir que toute la colère qu'il déversait dans ses paroles était probablement destinée à son oncle.

Il puait le dégoût et la haine. Il semblait à deux doigts de vomir mais en même temps il se tenait face à lui et ne détournait pas les yeux. Il n'agissait pas envers lui comme s'il ne s'était rien passé. Il ne cherchait pas à éviter le sujet. Il le laissait voir le fond de sa pensée sans accorder d'attention une seconde aux sentiments du brun. Il était égoïste comme toujours.

Et par Merlin. C'était de ça dont il avait besoin. De quelqu'un, qui, se fichant complètement de ce qu'il dirait, irait torturer son oncle pour le plaisir de la vengeance.

- Malefoy….calme toi…

- Je suis calme Potter. Un Malefoy ne perd jamais ses moyens.

Evidemment. Il le fixait. Ecumant de rage à quelques centimètres de son visage.

- T'es à moi Potter. Je t'ai déjà établis ce fait. Et je déteste qu'on touche ce qui m'appartient.

Il s'était rembrunit et reculé. Calme d'apparence, le survivant pouvait voir le mercure de ses yeux s'animer dangereusement.

- Hé ! Qu'est ce que vous faites là ?

Les deux têtes se tournèrent dans un même mouvement vers l'entré de la ruelle. Evidemment. Zabini et Nott étaient là, tenant chacun des sac à la main.

- On va aller boire une Bièraubeurre, vous venez ?

Harry prit les devant pour une fois. Attrapant le bras du blond, il le tira derrière lui pour rejoindre les autres.

- Ouais on vient.


Ron observait silencieusement la table d'élèves un peu plus loin. Assis dans un coin au Trois Balais, il tenait sa chope de bière tout en écoutant distraitement Hermione qui faisait la liste des cadeaux qu'il leur restait à acheter.

Les sourcils froncés, il avait peine à croire ce qu'il voyait. Son ancien meilleur ami était assis, trois tables plus loin, entouré de Serpentards. Et il était clairement à l'aise. Du moins avec le pire d'entre eux.

Malefoy et Harry s'étaient clairement rapprochés. Et c'était devenu carrément étrange aux yeux du roux. Ils avaient une sorte de relation fusionnelle bizarre.

Malefoy tournait autour du survivant en permanence. Il rodait autour de lui en éloignant soigneusement tout autre élève. Il tolérait à peine que sa propre cour ne s'approche de lui… Alors les autres… Pourtant, leurs discussions étaient les mêmes qu'avant. Insultes, moqueries. Mais le ton était différent. Moins vicieux, plus "bon enfant".

Et Harry, le sauveur du monde sorcier changeait de plus en plus. Si avec lui et Hermione il s'était toujours montré doux et discret avant de les rejeter en bloc, avec l'aristocrate, il se montrait provoquant… Railleur. Complice.

Comme s'ils partageaient un "quelque chose" que Ron était incapable d'identifier. Il soupira alors qu'il avalait une longue gorgée de sa bière. En Fait, par moment, ils avaient même l'air d'un couple.

Malefoy était tellement possessif qu'il, le roux en était sûr, était à deux doigt de faire porter un pull à Harry stipulant "Propriété Malefoy, qui passe trépasse". Il semblait dominer le brun qui, lui, apparemment, ne trouvait rien à redire à la situation. Du moins jusqu'à un certain point…

Comme tout à l'heure, quand Harry avait envoyé bouler le sang pur avant de partir pour Pré-au-Lard. Ron ricana alors qu'il se souvenait de l'air superbement contrarié de Malefoy. En réalité, peut-être que cette sale fouine donnait l'impression de dominer...Mais il était évident qu'il se soumettait aussi au brun quand celui-ci poussait un coup de gueule. Bien fait. Prétentieux.

Mais tout de même. Est-ce que ces deux là avaient ce genre de relation ?

- Ron… ?

Il releva les yeux du "couple" supposé pour tomber dans ceux de son premier amour.

- Quoi…? Pourquoi est-ce que tu fixes Harry comme ça depuis tout à l'heure ?

- Est-ce que tu crois qu'ils sont en couple…?

La jeune fille s'étrangla de surprise. Tout d'abord, elle n'aurait jamais pensé que Ron soit assez observateur pour remarquer ce genre de détail… Et ensuite, elle l'imaginait trop naïf pour leur attribuer ce genre de relation.

Elle se trompait apparemment. Au vu de l'air calme de son ami, elle supposa qu'il était peut-être plus ouvert d'esprit qu'imaginé.

- Je ne sais pas… mais… par moment ça y ressemble…

- Hn… Je sais pas. Je crois que la fouine est clairement attirée par Harry… Mais lui...On dirait qu'il capte rien.

Décidément. Il l'impressionnait. Posant à son tour le regard sur la table des Serpentards, elle observa les deux anciens rivaux avec les yeux plissés.

- Sincèrement, je ne pense pas que Harry puisse remarquer quoi que ce soit. C'est souvent le cas d'enfants qui ont subi des sévices. J'ai lu dans un livre de psychologie que ces enfants ont très souvent des troubles psychosomatiques profonds les empêchant de développer leur sphère émotionnelle. Par conséquent, ils sont en général incapables de reconnaître les émotions que ce soit chez eux ou chez les autres. Ainsi, ils sont souvent en train de "copier" leur entourage, comme des miroirs. Et le pire, c'est que leur perception de l'amour est difforme. Ils peuvent même en avoir peur suivant les sévices subis.

Ron fronça les sourcils alors qu'elle lui donnait une vraie leçon de psychologie.

- Herm… comment ça ils ressentent pas les émotions ?

- Je n'ai pas dit qu'ils ne les ressentent pas… Juste qu'ils ne savent pas les identifier. Comme ils ne font que les imiter, difficile pour eux de savoir ce que ça fait. Toi, par exemple, tu sais parfaitement ce que c'est quand ta mère te réconforte. Harry a jamais vécu ça alors du coup, comment tu veux qu'il l'identifie ensuite…? Les émotions, c'est comme un langage. Si je te parlais chinois, tu ne comprendrais rien… Et bien pour Harry c'est ça.

Le roux avait les sourcils encore plus froncés et observait son meilleur ami, reposant sa choppe de Bièraubeurre.

- Attends… s'il...arrive pas identifier tout ça… Les gens peuvent facilement le tromper non…?

Surprise, Hermione le regardait alors que l'inquiétude venait ternir son visage.

- Euh...oui je suppose...pourquoi ?

Ron s'était crispé, tapotant ses doigts sur le bois rugueux et abîmé de la table.

- Parce que si Malefoy l'approche alors j'irais lui expliquer mon point de vue.

- ...Ron...sincèrement, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée..

- Pas une bonne idée ? Mais enfin ! S'il comprend rien au chinois alors on ne peut pas le laisser avec le roi des fouines qui, lui, le maîtrise parfaitement !

- Je ne crois pas que Malefoy ferait du mal à Harry…

- Et comment tu peux en être sûre…?

La brune observait Ron et sourit doucement. Il s'inquiétait pour le survivant. Au fond, il avait toujours été protecteur, que ce soit avec elle ou Harry… Il ne le montrait pas souvent, mais il détestait qu'on s'en prenne à sa famille…

- Parce que si c'était le cas, ça ferait longtemps qu'il aurait saisi l'occasion… Et que je crois, vu son comportement, que lui, il tient trop à Harry.

Elle vit le roux grimacer avant de rougir violemment et plonger son nez dans son verre, grommelant quelque chose.

- Il a intérêt cette sale fouine. Mais quand même… si c'est vraiment le cas… de tous les mecs ici...fallait que ce soit celui-là…


Harry observait le blond en silence. Draco, comme à son habitude, s'amusait à fait tourner Zabini en bourrique. Se moquant de lui à tout va sous le regard blasé de Théodor Nott.

Assis avec une chope de bière sous le nez, il profitait juste du moment. Quand le blond était là, de manière générale, on lui fichait la paix. Et c'était un vrai luxe pour lui, le survivant.

Harry sentait petit à petit son corps se réchauffer. Après avoir passé la majeure partie de l'après-midi dehors, sous la neige, il appréciait de pouvoir enfin arrêter de grelotter. Plongé dans ses pensées, il repensa à leur conversation. Ils avaient été interrompus tout à l'heure.

Draco. Ce qu'il lui avait dit avait retourné son estomac sur le moment, mais maintenant, à froid, alors qu'il analysait chaque mot, il se demandait ce qu'il avait voulu dire… A lui…? Il soupira et conclu qu'il devrait lui poser la question. Ce qu'ils étaient l'un pour l'autre…?

Sortant de son mutisme, il se tourna vers les trois Serpentards.

- Vous rentrez pour Noël…?

Tout le monde se tût. D'habitude Harry ne s'intéressait pas vraiment aux autres. Il semblait traverser les jours comme si tout cela ne le concernait pas.

- ...Ouais...moi je rentre… Ma mère s'est trouvé un nouveau copain qu'elle veut me présenter…

Blaise avait tout sauf l'air ravi, grimaçant même sur les derniers mots. Nott secoua la tête de son côté.

- Non. Je ne tiens pas spécialement à aller voir mon père… Disons… que ses fréquentations ne sont pas les miennes…

- Ouais et imagine qu'il cherche encore à te coller une fiancée !

Harry fronça les sourcils doucement. Nott faisait de plus en plus souvent mention de ses dissensions avec son père. Notamment à propos du fait qu'il ne ralliait pas du tout ses "opinions politiques".

Quand le brun en avait parlé à Draco, le jeune homme lui avait répondu que Nott Père était un Mangemort assidu… Un fanatique complètement embrigadé par le Seigneur des Ténèbres et que Théodor en avait souffert toute sa vie.

Parfois, Harry se demandait même si Théo n'était pas au courant que Draco avait quitté le camp de Voldemort. Et que ses allusions permanentes étaient une demande d'aide...Un appel au secours. Il devrait en parler à Snape…

- Une fiancée..?

Le blond venait de ricaner à sa droite et Harry tourna la tête vers lui, interrogateur.

- Une sorte de coutume de Sang Pur… Il est pas rare qu'on nous fiance rapidement afin de réserver les meilleurs partis…

- Sérieusement Malefoy…? Des mariages arrangés..?

Harry avait un peu de mal à croire à cette coutume qui lui paraissait ancestrale avant qu'une idée particulièrement dérangeante ne fasse irruption dans sa tête.

- Potter. Je vois d'ici ce que tu penses. Alors non. Il se trouve que mes parents n'ont trouvé personne qui soit à ma hauteur.

Il était soulagé. Et agacé. Levant un sourcil moqueur, il préféra ignorer Draco. Il allait demander à Blaise si c'était son cas aussi quand le signal du départ retentit dans l'auberge.

18h. Déjà. Harry se leva en souriant, suivant les autres quand il se rendit compte que Malefoy n'avait pas répondu. Mais sûrement qu'il rentrerait pour Noël.

- Potter.

Le brun sursauta un peu quand il sentit le souffle du blond contre son oreille, écarquillant les yeux.

- Ce soir, 21h à la salle sur demande. Sois pas en retard compris ?

Et déjà il s'était écarté. Agacé, il se tourna vers Draco, un sourcil levé en signe de défi. Encore une fois il lui donnait des ordres…? Le Serpentard, sourit, vicieux, et articula silencieusement "21 heures".

Le survivant roula les yeux au ciel avant de reprendre sa route, enfonçant ses mains dans ses poches alors qu'il écoutait distraitement Zabini leur expliquer par le menu ce qu'il prévoyait de faire de ses deux semaines de liberté. Il se réjouissait d'être ce soir.


Snape soupira lentement. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était censé faire cette année pour Noël. En général il se retirait dans son manoir et Lucius le forçait à assister à leur repas de Noël.

Sauf que cette fois, la situation serait plus compliquée. Le Lord prévoyait apparemment de s'installer chez les Malefoy. Narcissa en était d'ailleurs au bord de la crise de nerf. Le Mangemort frémit. Imaginer son neveu être immergé pendant deux semaines au milieu des partisans du Maître ne lui plaisait pas du tout… Surtout qu'il était à peu près certain que le Lord Noir allait vouloir voir le jeune homme, l'interroger sur Harry Potter…

Passant une main sur son visage, il observa sans vraiment la voir la potion qu'il était en train de remuer. Il s'inquiétait trop. Lucius lui avait rappelé pas plus tard qu'il y a une heure que d'un, Draco n'avait pas été élevé par n'importe qui, et que donc, il ne s'effondrerait pas à la moindre petite pression sur ses épaules, et que de deux, il avait son propre enfant à protéger cette année…

Merlin. Il le savait parfaitement. Un bon mois déjà que cela lui tournait dans la tête sans arrêt. Potter allait vivre son premier Noël avec lui. D'ailleurs, il était quasiment certain que ce serait son premier vrai Noël tout court… Il se crispa quand il se rappela que Dumbledore avait suggéré de le fêter avec l'ordre au Square Grimmaurd. Sans façon. Il était hors de question que le gamin soit immergé au milieu d'aurores et de partisans de la lumière et qu'on lui rappelle sans cesse son statut de Sauveur du Monde.

Se pinçant l'arête du nez, il grimaça. Il devenait trop sentimental. C'était ridicule. Il repensa aussi à la pile de cadeaux soigneusement emballés et se dit qu'il avait peut-être un petit peu exagéré… Certes, il s'agissait pour la plupart, de cadeaux utiles au quotidien… Mais tout de même.. Enfin. De toute manière, il n'allait pas les jeter maintenant.

Il grogna. Salazar… Il avait même ordonné à ses elfes de décorer la maison et de mettre un sapin dans le salon. Et s'il en ressentait une gêne indicible, il ne cessait de se répéter que c'est ainsi que Lily aurait voulu que son fils fête Noël… Comme elle quand elle était petite avec ses propres parents…

Il se souvenait de l'année où elle l'avait invité chez eux. Du sapin, des cadeaux, des biscuits ou encore du fabuleux repas. Les chants, la crèche, les décorations. Les odeurs, les rires et des jeux.

Il devait se ressaisir. Il devait donner une éducation décente à cet enfant et cela passait par lui inculquer des valeurs familiales correctes. Hors de question qu'il continue de prendre pour exemple ces Moldus…

Heureusement que son Manoir était isolé et protégé par de nombreux sorts… Et que ses Elfes étaient muets comme des tombes. Parce qu'il ne se relèverait sûrement pas si jamais on racontait partout qu'il s'était transformé en tuteur gâteux pour son pupille. Merlin. Il espérait que Lucius n'aurait pas le temps de venir fureter partout, trop occupé avec le Seigneur des Ténèbres chez lui.

Il regarda par la fenêtre. La neige tombait de plus en plus fort. L'enfant avait intérêt à s'être bien habillé.. Il était encore un peu trop mince et pouvait facilement tomber malade. Il repensa à ce moment là au comportement de son neveux qui lui avait envoyé manteau et écharpe à la figure et plongea dans ses pensées.

Ces deux-là… Ils avaient une relation plutôt étrange. Inqualifiable.


Quand Harry était rentré, il s'était d'abord jeté sous la douche pour se réchauffer avant de rejoindre Snape. Il avait rapidement travaillé sur quelques devoirs avec lui avant de lui raconter un peu sa journée.

L'homme l'avait écouté tranquillement avant qu'ils ne s'attablent devant leur repas. Harry avait donc appris que le lendemain matin, ils quitteraient Poudlard pour rejoindre le Manoir de Snape.

Il avait été surpris. Il pensait que le professeur habitait ici. Il n'imaginait pas qu'il avait une maison. Sauf qu'il s'était sentit ridicule de penser ainsi. Bien évidemment que son tuteur avait une maison. Une famille même probablement. Et alors il s'était inquiété. Cachant ce qu'il pensait, il avait posé quelques questions sans importances et avait terminé de manger.

Le professeur l'avait informé ensuite qu'il allait travailler dans son bureau jusqu'à tard. Il devait encore brasser plusieurs potions pour l'infirmerie de l'école pour parer à toute éventualité durant leur absence et s'était levé de table, quittant la pièce en lui demandant de ne pas se coucher trop tard.

Le jeune homme observait maintenant l'heure tourner. Sa cape sur les épaules, assis sur son lit, il tenait entre ses mains un petit paquet. Le cadeau de Draco. Il s'était finalement décidé à l'emporter avec lui plutôt que de demander à Hedwige de le livrer au matin du 25 décembre.

Il se sentait nerveux. C'était un peu étrange de faire un cadeau à son meilleur ennemi… Il observa la petite boite carrée entre ses doigts et grimaça. Il s'agissait d'un bracelet. Un lien de cuir noir ébène tressé finement agrémenté d'une petite plaque argentée discrète. Le vendeur lui avait expliqué qu'il avait été enchanté, qu'il permettait à son porteur de sentir un danger imminent. Il avait trouvé non seulement l'artefact plutôt gracieux mais… vraiment utile. Alors sur un coup de tête il l'avait acheté. Se fichant complètement du prix.

Sauf que maintenant il se rendait compte que d'offrir un bijou était vraiment...intime. Il ne lui serait jamais, absolument jamais, venu à l'idée d'en faire de même pour Ron.

Mais il imaginait bien Malefoy avec le lien au poignet. Il le porterait certainement avec élégance. Enfin. Comme tout ce qu'il mettait sur le dos d'ailleurs.

Quand l'aiguille de l'horloge atteignit enfin l'heure de quitter sa chambre il enfila la boîte dans sa poche et quitta silencieusement les lieux. Cette fois ils se verraient à la salle sur demande et non à la tour d'Astronomie… Mais après tout, avec la neige, c'était probablement plus sage.

Parcourant les couloirs prudemment, il avançait vite. Quand il fit face à l'endroit supposé de la salle sur demande, il ferma les yeux une seconde et pensa au Serpentard. Immédiatement, une porte apparut. Vert forêt, ouvragée de fer forgé argenté. Prétentieux. Même la porte devait être à ses couleurs. Jusqu'où allait l'égo de Draco exactement…? Et comment pouvait-il encore ne pas être écrasé par le poids de son amour de lui-même….? Un sourire amusé aux lèvres, il poussa le battant de la porte et se glissa dans la pièce.

- T'es en retard !

Draco était assis sur un canapé à l'air confortable. Toute la pièce était décorée aux couleurs de la maison du blond. Un feu crépitait dans une cheminée absolument immense. Harry était certain qu'ils auraient pu y faire griller un bœuf. Par contre, il fût un peu surpris de voir un sapin décoré dans un coin.

- Même pas une minute Malefoy !

Le blond le toisa de haut en bas, tasse de thé à la main, alors qu'il se défaisait de sa cape d'invisibilité et le rejoignait, s'asseyant à son tour face à l'âtre ronronnant.

- L'heure c'est l'heure Potter.

Le brun leva les yeux au ciel et lui lança un regard agacé.

- Alors quoi, tu veux que je m'en aille ?

Draco lui lança un regard et un sourire vicieux avant de secouer la tête.

- Pas la peine de te vexer Potter… J'adore vraiment te faire monter les tours.

- T'es chiant

- Merci. Tu pars avec Severus demain…?

- Oui. Il me l'a dit tout à l'heure… Je savais pas qu'il habitait ailleurs qu'ici…

- Severus est l'héritier d'une famille de sang Pur très ancienne… Évidemment qu'il a un manoir… Mais bref.

Harry fronça les sourcils et tourna lentement son regard sur son ancien rival… Il avait une expression étrange sur le visage. Il fixait le feu sans bouger. Et brusquement le survivant prit conscience que quelque chose n'allait pas.

- Qu'est-ce qu'il se passe…?

- Qu'est-ce que tu veux dire Potter…?

- Qu'est-ce que tu as…? t'es pas comme d'habitude… ?

Le blond venait de reposer ses yeux argentés sur Harry et cette fois, il en était certain, il y avait définitivement quelque chose.

- Essaie pas de me mentir Malefoy… Tu veux pas que je le fasse avec toi, alors moi c'est pareil.

Il le vit se rembrunir. Perdre son petit rictus arrogant pour reprendre cette expression que seul le survivant avait déjà vu. Sombre. Trop calme. Par moment, quand il le regardait, il avait l'impression de voir son tuteur. Renfermé et affrontant seuls certaines réalités.

- Mes parents m'ont appris hier que le Maître a pris ses quartiers chez nous…

Harry manqua de s'étrangler, ses yeux s'écarquillant alors qu'il balbutiait un misérable "quoi".

- Il a décidé de faire du Manoir Malefoy sa base… Ma maison est envahie de Mangemorts.

- Dis-moi que tu ne vas pas y aller pour les vacances…

- Pas le choix… Le lord a expressément demandé ma présence… Je pense qu'il va vouloir me parler de toi…

La culpabilité envahit brusquement le brun au point de lui donner la nausée, le faisant brusquement reposer sa tasse de thé sur la table basse alors que ses mains tremblaient légèrement. S'il ne s'était pas rapproché autant du blond, jamais tout cela ne serait arrivé.

- Potter calme toi…

- Que je me calme ? Tu plaisantes ?

Il s'était levé, trop agité, il faisait les cents pas, blême.

- Si jamais il s'en prend à toi, ce sera entièrement de ma faute… Il voudra m'atteindre à travers toi…

Il imaginait déjà les scènes en se basant sur tout ce que Voldemort lui avait déjà partagé jusque-là et il frissonna.

- Potter. Mon père et Severus ne le permettrons pas… Je ne vais certes pas passer les meilleures vacances de ma vie… Mais j'y survivrait…

Draco vit le brun baisser la tête alors qu'il crispait ses poings. Il pouvait à nouveau sentir sa magie pulser dans la pièce. Il tentait apparemment de calmer ses émotions… Il se leva en soupirant et s'approcha du Survivant.

- Potter. Calme-toi. Maintenant. C'est moi qui devrais être dans cet état...pas toi.

Le brun redressa brusquement la tête. Bien. Il l'avait facilement atteint cette fois. Mais il recula d'un pas. Incrédule. Le survivant le fixait avec tellement de colère au fond des yeux qu'ils étaient incandescents. En fait...il tremblait de rage.

- Si jamais...il te touche.. si jamais il s'en prend à toi… Je lui ferai payer au centuple… Il ne m'arrachera personne de plus… Alors Malefoy...t'as intérêt à faire attention à ce que tu fais…

S'il n'avait pas été éduqué depuis sa naissance à cacher ses émotions et les contrôler strictement, il aurait probablement plaqué sa bouche contre celle du brun. Lui dire des choses comme cela en imaginant que ce serait sans conséquence. Le fou.

Non seulement il était beau mais en plus il lui balançait au visage qu'il tenait à lui… Qu'il irait le venger. Encore un peu et il se montrait possessif et là, le blond en était certain, il perdrait tous ses moyens.

- Je fais toujours attention à moi. Reviens t'asseoir.

Rester neutre. En pleine possession de ses moyens. Digne. Ne pas se laisser aller à son envie de posséder le survivant. Traînant doucement Harry par le poignet, il rejoignit le canapé.

- C'est la première fois que tu quittes Poudlard pour Noël non…?

Harry s'était figé et la colère avait fondu de ses yeux pour être remplacé par une sorte d'incrédulité.

- Ouais… Je sais pas trop à quoi m'attendre…

- Connaissant Severus, il aura certainement prévu quelque chose…

- Mn… De toute manière, ça sera certainement mieux que ce que j'ai vécu jusque-là…

- Tiens Potter…

Harry baissa les yeux et fut surprit de voir le blond lui tendre un paquet soigneusement emballé. Alors il n'était pas le seul à y avoir pensé. Lentement, il se saisit du cadeau et observa le papier rouge une seconde avant de précautionneusement défaire le ruban qui le maintenait et retira le couvercle de la boîte à l'intérieur.

Draco lui avait offert un pull. Vert. Incroyablement doux. Dessus se trouvait aussi une paire de gant de Quidditch en écaille de Dragon. Il resta silencieux une seconde avant de sourire. Il se leva.

Le blond, pas sûr de la signification du silence de son rival allait demander ce qu'il y avait quand il le vit se lever et c'est là, que son cerveau grilla quelques neurones.

Il retirait son pull. Juste sous ses yeux. Soulevant le tissu de la chemise qu'il portait en dessous, exposant son ventre puis son torse aux yeux avides du Serpentard qui expulsa l'air de ses poumons dans un frisson de désir violent. Cela ne dura qu'une seconde. Le temps qu'il jette le pull noir sur le canapé pour enfiler celui qu'il venait de recevoir.

Merlin. Il aurait vraiment dû y ajouter dans le dos "A Malefoy". Mais après tout, le vert émeraude et le tout petit serpent argenté qui ornait le pull en bas à droite pouvait tout à fait être évident à qui regardait bien.

- Il me va parfaitement !

- Évidemment. Tu crois que je t'aurais offert quelque chose de mal coupé….? Tu m'insultes Potter…?

- ...Nan… Merci Draco

Draco. Il l'appelait par son prénom, tout en caressant son ventre, enfin, le pull, pour en tester le tissu. Le Sang Pur ferma les yeux et inspira pour maintenir les apparences.

- Tiens.

Quand il les ouvrit à nouveau, le brun lui tendait une petite boîte carrée. Il avait l'air gêné, regardant ailleurs. Il s'empara du cadeau et retira le papier craft qui l'entourait. Il n'eut pas besoin de longtemps pour reconnaître l'écrin d'un bijou, ni même l'enseigne de la boutique de Pré-au-lard. Lentement, il bascula le couvercle pour poser ses yeux sur le bracelet.

Délicatement, il le retira de la boite et le passa à son poignet. Il se figea. Des étincelles venaient de sortir de la petite plaque argentée.

- Ce...c'est normal… Le vendeur m'a dit que ça ferait ça la première fois que tu le porterais… C'est un enchantement de protection… Il te préviendra lors d'un danger… Je..j'ai pensé… que ça serait utile… J'avais pas idée à quel point en réalité…

Draco observait le bracelet magiquement se sceller à son poignet et il sentit comme une seconde peau le recouvrir. C'était chaud, doux, agréable. Il releva les yeux sur Harry et haussa doucement un sourcil.

- Tu veux me protéger Potter…?

Ah. Il venait de l'embarrasser un peu plus apparemment. Du moins c'est ce que révélaient ses joues cramoisies.

- Et alors… ?

- Et alors rien…

Il se leva, s'approcha du brun. Incapable de résister à la tentation.

- Je me demande juste pourquoi…

Harry le fixait, immobile, les joues rouges.

- Parce que t'es important…

- Important comment Potter…?

- Assez…

- C'est pas une réponse ça…

- Je sais pas Malefoy… Juste...t'es assez important

- Mn… après tout, t'es à moi…

- Arrête de dire ça…

- De dire quoi ? Fais des phrases...Combien de fois je devrais te le dire…?

- De dire que je suis à toi. Je suis à personne.

Ils s'affrontaient du regard, Debout l'un en face de l'autre, la distance entre eux minime. Le Serpentard avec un sourire narquois sur les lèvres défiait le Gryffondor qui le fusillait de son regard vert brillant de défi.

- Si Potter… t'es à moi… Fin de la discussion.

Il leva son poignet pour exhiber le bracelet.

- Et je pense qu'au fond de toi, t'es d'accord avec ça… Peut-être même que tu penses la même chose pour moi. La preuve.

Harry rougit un peu plus avant de se taire, observant le bracelet en silence de longues minutes.

- Peut-être bien Malefoy. Qui sait.

- Mn. Je pense, Potter, qu'on devrait laisser ce sujet pour l'instant.

- Je crois aussi.

Tous deux avaient l'impression d'avoir fait un pas en direction d'une ligne invisible et qui, une fois franchie, signerait le tournant de quelque chose. Irrémédiable. Rejoignant le canapé, la discussion porta sur les vacances. Sauf qu'au fond, ils savaient que ce qu'il s'était dit ce soir ne serait jamais oublié.