Bonjour tout le monde !

Encore une fois, j'ai oublié un chapitre la semaine dernière mais je me rattrape avec deux aujourd'hui !

Je vous embrasse !


Rra Jock : Je suis ravie de savoir que ma fanfiction te plait. Oui, je n'avais pas envie de me concentrer sur les trucs habituels, je voulais changer un peu ma façon d'utiliser les personnages. J'espère que la suite te plaira et je te dis à très vite ! Bizzz.


Chapitre 11


Après quelques minutes de repos, Harry se replongea dans la Pensine et reprit là où il s'était arrêté. Il se retrouvait donc dans la salle à manger des Malefoy en compagnie des deux parents de Drago. Lucius était assis à la table et se tenait la tête entre les mains tandis que Narcissa faisait les cent pas, fulminante de rage.

- Non mais tu es devenu complètement fou Lucius ?! s'écria-t-elle.

- Moins fort Narcissa, se plaignit le père de famille.

Harry comprit au son de sa voix qu'il était ivre ou du moins, qu'il se remettait d'une cuite.

- Je te laisse seul une soirée, pour que tu la passes avec ton fils et tu ne trouves rien de mieux que de renfiler ta tenue de Mangemort pour aller terroriser les gens ?! demanda-t-elle sans baisser la voix. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! En plus, tu as pensé que Drago aurait pu être blessé ?

- J'ai bien pris soin de lui demander de se tenir à l'écart et… Je suis désolé Narcissa, nous étions plusieurs et on avait bu. Certains ont lancé l'idée et je ne voyais pas comment me défiler sans passer pour un traître…

- Ce n'est pas le plus gros problème Lucius, ton fils a besoin d'un meilleur exemple que ça. Il croit en ce que tu dis puisque contrairement à moi, tu ne lui as jamais vraiment parlé de ce que tu pensais. Tu ne te rends pas compte de ce qu'il pourrait arriver…

- Je protégerai toujours mon fils pour qu'il ne suive pas le même chemin que moi. Toutefois, je préfère qu'il pense que je suis un fidèle Mangemort, ça sera plus simple de le gérer en cas de retour du Lord…

Nouveau changement de décor, il se retrouvait dans la chambre des parents de Drago avec ces deux-là. Lucius était assis dans son lit, la main crispée sur son bras, l'air terrifié.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Narcissa.

- C'est… la Marque, elle est douloureuse, elle chauffe… Je… Je crois qu'il est de retour, répondit Lucius.

- Par Salazar, fut tout ce que put répondre Narcissa avant de se lever.

- Oui, c'est ça, confirma Lucius quelques secondes après. Il m'appelle.

- Alors vas-y, tu n'as pas le choix, dit-elle à regret.

Harry regarda Lucius embrasser brièvement sa femme avant que le décor ne se brouille de nouveau et qu'il ne se retrouve dans le jardin de la propriété Malefoy, une fois de plus, en compagnie de Lucius et Narcissa.

- Il dit avoir un moyen infaillible pour faire venir Potter au Ministère. Apparemment, il va se servir d'une sorte de connexion entre eux pour lui faire croire qu'il torture Sirius Black, le parrain du gamin, dit Lucius.

Harry tressaillit en comprenant qu'il était à l'époque de la bataille du Ministère, juste quelques heures ou quelques minutes avant apparemment.

- Ce garçon ne serait pas assez stupide pour foncer tête baissée…, commença Narcissa.

- Si on en croit Drago, il n'est pas très futé et de plus, grâce à ta chère sœur, l'Elfe de Black appuiera l'illusion si jamais Potter venait à chercher à entrer en contact avec ton cousin.

- Qu'est-ce qu'il attend de toi au juste ? questionna Narcissa.

- Il veut que l'on attende l'arrivée du morveux et de sa bande, parce qu'il est persuadé qu'il ne viendra pas seul, et on devra récupérer la prophétie une fois qu'il s'en sera emparée. Il nous a dit qu'on avait le droit de tous les éliminer, sauf Potter, qu'il se réserve.

- Tu vas vraiment tuer des enfants de l'âge de ton fils, Lucius ? demanda Narcissa. D'accord, certains sont des traîtres à leur sang et il y aura probablement cette fille au Sang-de-Bourbe, mais ça reste des enfants, Lucius.

- Je vais tout faire pour qu'aucun d'eux ne soit tué, mais ça ne sera pas facile étant donné que Bellatrix sera de la partie…

- Qu'est-ce qui nous est arrivé pour qu'on en soit là ? demanda Narcissa en se blottissant contre son mari.

Lucius ne répondit pas et se contenta de serrer son épouse contre lui avant de déposer un baiser sur son front.

Encore une fois, le décor se brouilla et il se retrouva de nouveau dans la chambre conjugale, en compagnie des deux mêmes personnes. Le Lucius de ce souvenir semblait avoir pris dix ans, il avait le visage maigre, les traits fatigués, les yeux cernés, une barbe mal entretenue et pourtant, il souriait en regardant son épouse endormie.

Celle-ci finit par se réveiller en sursaut et laissa échapper un petit cri en se rendant compte de la présence de son époux. Elle se leva et se précipita sur lui pour l'étreindre.

- Tu es là, dit-elle en pleurant et en prenant son visage entre ses mains. Dans quel état tu es, mon amour ?

Puis elle le reprit dans ses bras.

- Tu es là, c'est tout ce qui compte, reprit-elle.

Harry fut touché de voir l'amour qui se dégageait d'eux, une fois de plus.

- Si tu savais à quel point tu m'as manquée…, chuchota Lucius. Je suis tellement, tellement désolé des épreuves que tu as dû affronter seule et j'ai manqué à ma parole, je n'ai pas pu protéger Drago de ce monstre.

- Nous sommes piégés Lucius, je ne vois pas comment on pourra s'en sortir cette fois-ci.

- Je n'en ai aucune idée et pour l'instant, tout ce qui compte pour moi, c'est d'être de nouveau auprès de toi, auprès de vous, conclut Lucius.

Narcissa acquiesça en croisant le regard de son époux et l'embrassa tendrement.

La chambre se brouilla et Harry se retrouva dans le couloir, juste devant la porte entrouverte de la chambre de Drago. Lucius se tenait près de la porte et semblait écouter avec attention. Harry comprit très vite qu'il espionnait Narcissa et Drago, à l'intérieur de la pièce.

- Comment tu te sens mon chéri ? demanda Narcissa à son fils.

- Ça va aller, répondit celui-ci d'une voix faible.

Curieux, Harry regarda par l'entrebâillement et fut choqué de voir son petit-ami sur sa couette, avec pour seul vêtement, un boxer. Sa mère était occupée à soigner les innombrables entailles sur le corps meurtri de son fils.

- Pourquoi ne pas avoir dit tout de suite qu'il s'agissait de Potter et de ses deux amis ? interrogea-t-elle.

- C'est ce que tu aurais voulu que je fasse ? demanda-t-il en retour.

- Je t'ai questionné la première, il me semble.

Drago soupira et détourna le regard.

- Parce que ça n'aurait rien changé pour nous…

- Non, tu sais très bien que tu te trompes. Si tu l'avais dénoncé, il n'aurait pas passé ses nerfs sur toi. Tu sais que tu as de la chance qu'il ne t'ait pas simplement tué ?

- Je sais maman, mais je ne pouvais pas… Je ne pouvais pas les dénoncer…, avoua-t-il sans oser la regarder.

- C'est cette fille c'est ça, la Sang-de-Bourbe, tu as des sentiments pour elle ? J'ai remarqué que tu semblais particulièrement touché lorsque ta tante la torturait.

- J'étais touché parce qu'il s'agit d'une fille de mon âge avec qui je vais à l'école depuis que j'ai onze ans. Certes, elle est agaçante et j'ai souhaité sa mort un bon nombre de fois, mais… En fait, je ne le pensais pas. Ça ne veut pas dire que je l'aime pour autant.

- D'accord, je peux comprendre…

- Ce n'est pas elle, c'est lui, finit par reprendre Drago.

Harry écarquilla les yeux, il regarda Lucius et il se fit la réflexion qu'il devait avoir l'air tout aussi choqué que lui.

- Lui… Potter ? demanda Narcissa sans cesser de le soigner.

- Oui. Je ne sais pas depuis quand j'ai des sentiments pour lui, mais quand je l'ai vu arriver… L'idée qu'il puisse mourir…

Il ne put terminer sa phrase mais Harry pouvait entendre sa voix trembler et il eut l'envie de le serrer très fort contre lui, de lui dire que tout allait bien se passer.

- Alors tu es gay ? s'enquit Narcissa au bout d'un long silence.

- Non ! Enfin, je ne sais pas. Je n'ai jamais ressenti d'intérêt pour personne avant lui… Je commençais même à croire que j'étais anormal. J'entendais tous les garçons parler de sexe et moi… Enfin, être attiré par une personne que je déteste ne m'aide pas à penser que je suis normal, expliqua Drago.

Narcissa soigna la dernière plaie avant de prendre le visage de son fils dans ses mains.

- Tu n'es pas anormal mon fils. Que tu aimes les hommes ou les femmes ou rien du tout, ça ne te rendra pas anormal. Quant à tes sentiments pour Potter… Eh bien, disons que j'espère fortement que ça va te passer.

- Parce qu'il est de Sang-Mêlé ? demanda Drago, contrarié.

- Non, parce qu'il est lui et que dans l'hypothèse folle que tout se finisse bien, l'éventualité qu'il puisse ressentir la même chose pour toi reste très faible.

Narcissa embrassa le front de son fils et se leva. Lucius s'éloigna alors de la porte et le décor s'estompa de nouveau.

Harry se retrouva une fois encore dans la chambre parentale, en compagnie de Lucius et Narcissa. Les deux sorciers étant vêtus exactement pareil que dans le souvenir d'avant, Harry en déduisit que c'était le même jour.

- Je vous ai entendus, Drago et toi, déclara Lucius en s'installant sur le sofa, aux côtés de Narcissa.

- Que t'ai-je déjà dit au sujet d'écouter aux portes ?

Lucius ne répondit pas et Narcissa finit par soupirer. Elle vint se blottir contre Lucius et lui embrassa la main.

- Que penses-tu de tout ça ? finit-elle par demander.

- Sois plus précise.

- Du fait que ton fils soit attiré par Potter, un garçon.

- Honnêtement, le fait qu'il s'agisse d'un garçon ne me choque pas. Après tout ce qu'on a traversé, mes rêves de lignée ne sont plus ce qu'ils étaient. Je ne forcerai pas Drago à prendre une épouse au Sang-Pur s'il préfère vivre avec un homme. Je lui ai assez fait de mal comme ça pour en plus exiger ça de lui, répondit Lucius sans hésiter.

Narcissa se redressa légèrement pour pouvoir déposer un baiser sur les lèvres de son époux.

- Merci Lucius, tu devrais le lui dire. Je pense que ça compterait pour lui de savoir que tu ne le juges pas pour ça.

- Je le ferai, en imaginant qu'on survive à tout ça et qu'on soit débarrassé de ce monstre, je te jure que je lui parlerai. Je lui dirai aussi tout ce que je regrette, tout ce que j'aurais dû lui dire ces dernières années, promit Lucius.

Les yeux de Harry se remplirent de larmes car il savait que Lucius n'aurait jamais l'occasion de dire tout ça à son fils et que des années plus tard, Drago serait toujours convaincu que son père le méprisait.

- Et en ce qui concerne Potter ?

- Ah ça, j'espère vraiment que ça lui passera ! s'exclama Lucius. Je déteste ce gosse.

Narcissa pouffa et Lucius lui-même laissa échapper un petit rire.

- Tout était si simple quand notre plus gros problème était que Potter avait réussi à te faire libérer Dobby, finit par dire Narcissa, toute envie de rire lui étant passée.

- En effet, approuva Lucius.

De nouveau, la pièce se brouilla, mais cette fois, aucun souvenir ne vint. Harry avait fait le tour. Il devinait que Lucius ne s'était plus servi de sa Pensine après ça. Il y avait eu la bataille peu après son évasion du Manoir puis Lucius Malefoy avait été emprisonné, jugé et il avait fini par se donner la mort en apprenant celle de son épouse tant aimée.

Harry resta un moment à penser à tout ce qu'il avait découvert sur Lucius Malefoy. Il comprenait mieux l'homme. Il ne cautionnait pas tout ce qu'il avait fait, mais il comprenait et ça changeait énormément l'image qu'il avait de lui. Bien sûr, son image de Narcissa Malefoy était déjà positive depuis qu'elle avait menti au Lord.

Quant à Drago, il était maintenant persuadé qu'il fallait lui parler du contenu de la Pensine. Il devait savoir que son père n'était pas l'homme que les apparences laissaient croire.

Cependant, il y avait bien autre chose qui avait attiré l'attention d'Harry. A présent, il savait ce qu'avait voulu taire Drago quand il lui avait raconté sa version de leur évasion du Manoir. Ainsi, celui qui était son petit-ami aujourd'hui avait des sentiments pour lui depuis très longtemps.

Savoir ça ne lui faisait pas peur, bien au contraire. Certes, ça ne faisait pas longtemps qu'ils étaient ensemble mais malgré tout, il était convaincu d'aimer Drago. La seule raison pour laquelle il n'avait rien dit était qu'il avait eu peur de l'effrayer. Maintenant, il n'avait plus à hésiter, il attendrait juste le bon moment.

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Drago avait l'impression que ça faisait des heures qu'Harry était dans son bureau. Enfin, techniquement, comme ça faisait plus de deux heures, ça n'était pas qu'une impression, mais il lui semblait que ça faisait bien plus longtemps.

Il se tendit lorsqu'il entendit les pas de son petit-ami dans le couloir. Même s'il avait demandé à Harry de ne pas lui raconter si ça ne contenait que des choses négatives sur son père, forcément, il saurait que ça n'était pas bon si l'ancien Gryffondor gardait le silence.

La première chose que fit Harry après s'être assis à ses côtés fut de l'embrasser tendrement. Drago en ferma les yeux de plaisir. Il ne se lassait pas de ses baisers et encore moins quand ils étaient aussi doux.

- Alors ? finit-il par demander avec hésitation.

Harry s'écarta de lui et prit ses mains dans les siennes avant de le regarder dans les yeux. Drago crut d'abord que cela était très mauvais signe puis il remarqua le sourire timide du jeune homme et ne sut plus quoi penser.

- Alors, je pense que tu devrais plonger dans la Pensine pour voir par toi-même, suggéra Harry.

Drago retira ses mains de celles de son vis-à-vis et s'écarta en secouant la tête.

- Tu n'as pas idée de ce que tu me demandes, dit Drago. Mon père… C'est à cause de lui que j'ai été Marqué, c'est à cause de son choix de courber l'échine devant le Lord que j'ai dû en faire autant… J'ai grandi en croyant que…

- Drago, je ne te dirais pas ça si je pensais que ça te fera du mal. Ce que j'ai vu m'a touché, ça a adouci l'opinion que j'avais de ton père et je pense vraiment qu'il faut que tu le voies à ton tour. Si vraiment tu ne veux pas, je peux toujours te résumer tout ça, mais ça ne sera pas pareil, insista Harry.

Drago soupira tout en réfléchissant. Voilà trois ans qu'il se refusait à lire une simple lettre et là, il devrait carrément se plonger dans les souvenirs de son défunt père ? Mais en même temps, il avait confiance en Harry, si celui-ci lui assurait que ça n'allait pas le blesser, alors il le croyait.

- Je… Est-ce que…, bafouilla Drago sans oser croiser le regard d'Harry. Est-ce que tu accepterais de venir avec moi ?

Bon sang, il se sentait tellement pathétique à chaque fois qu'il demandait quelque chose de ce genre à Harry. D'autant que ça arrivait souvent… Bien sûr, il n'avait plus à le lui demander, mais ça n'empêchait pas que seule la présence d'Harry lui donnait assez de courage pour s'aventurer au-delà des grilles de son manoir.

- Bien sûr, accepta Harry.

Drago fut soulagé de voir que ça ne semblait pas l'irriter et qu'il ne le regardait pas avec condescendance.

- D'accord… Alors je suppose qu'il ne sert à rien de repousser… Non ?

- On peut très bien attendre demain ou même un autre jour, proposa Harry en reprenant une de ses miens dans la sienne.

- Je ne pense pas que je me sentirais plus à l'aise un autre jour. Allons-y, déclara Drago en se levant.

Harry acquiesça et ensemble, ils se rendirent dans le bureau. Drago prit place dans son fauteuil et Harry s'installa dans un autre, juste en face. Après un dernier regard, les deux jeunes hommes se penchèrent jusqu'à effleurer la surface de la Pensine.

Drago se retrouva dans un endroit qu'il reconnaissait vaguement pour y être allé quelques fois lorsqu'il était enfant. C'était le Manoir où sa mère avait grandi et il reconnut son grand-père qu'il n'avait côtoyé que les six premières années de sa vie. Ceci dit, il ne le regrettait pas une seule seconde. Cygnus Black n'avait rien eu d'un papi gâteau, tout comme son grand-père paternel.

Il fut ému de voir son père exprimer son amour pour sa mère et surpris de découvrir l'origine de son allégeance envers le Lord. Cependant, ça n'enlevait rien au fait qu'il l'avait fait de son plein gré, même si ce n'était pas par conviction.

- Ça ne change rien au fait qu'il est allé se faire marquer…, dit-il en se tournant vers Harry.

- Tu trouves ? s'étonna Harry. Bien sûr, tu as raison, sur le fond, ça ne change rien mais… Je ne sais pas. Je trouve ça romantique qu'il ait fait ça par amour pour ta mère.

Drago eut un petit rire nerveux en imaginant la réaction de son père s'il avait entendu quelqu'un dire qu'il agissait de façon romantique… En même temps, Harry n'avait pas tort, il n'aurait jamais pu imaginer son père parler de cette façon et si ça ne changeait pas les faits, ça lui donnait au moins une image plus positive de son paternel.

Il se retrouvèrent une fois encore dans ce même jardin mais cette fois, en pleine nuit et sa mère avait remplacé son grand-père. Là, il fut émerveillé par l'amour se dégageant de ses deux parents bien qu'assez gêné d'assister à une telle démonstration d'affection.

Il n'avait aucune souvenance de ses parents en train de s'embrasser. Il n'avait jamais douté de leur amour réciproque car aux regards qu'ils échangeaient ou aux petites attentions qu'ils avaient eu l'un pour l'autre, ça n'avait pas été difficile à voir, mais les démonstrations de ce genre, jamais.

La suite des souvenirs fut une réelle surprise pour lui. Ainsi, il découvrit que son père avait tenté de prévenir l'autre camp de l'existence des Horcruxes et, contrairement à ce qu'il avait toujours affirmé devant lui, le retour du Lord ne l'avait pas rempli de joie.

Ça par contre, ça changeait beaucoup de choses. Son père n'avait jamais aimé le servir et au final, le fait qu'il se soit engagé pour pouvoir épouser sa mère faisait une différence aux yeux de Drago. Il avait subi tout ça pour pouvoir vivre son amour avec elle et il n'avait jamais pris plaisir à le faire. Il avait enduré toutes ces années, toutes ces horreurs, juste par amour.

De plus, il lui avait fait croire en son allégeance pour le protéger, ça n'était pas rien, même s'il avait échoué. Certes, Drago aurait préféré savoir, il aurait aimé que son père lui dise la vérité, il aurait voulu le connaître réellement, mais on ne changeait pas le passé. Toutefois, il venait tout juste de se faire une nouvelle image de lui et surtout, il était prêt à lui pardonner ses erreurs.

Lorsque le décor changea une nouvelle fois et qu'il se retrouva dans le couloir, devant la porte de sa propre chambre et qu'il n'y vit que son père, il se demanda un instant ce que souvenir allait contenir avant de comprendre en entendant sa voix et celle de sa mère au travers de la porte entrouverte. Il se rappelait cette discussion comme s'il l'avait eu la veille.

- Tu as entendu ? demanda-t-il inutilement à Harry, mortifié.

- Oui, répondit celui-ci en lui prenant les mains. Et tu n'as pas à te sentir aussi gêné Drago…

- Ah bon ? Pourtant, c'est extrêmement gênant je trouve ! On ne sort ensemble que depuis un peu plus de trois semaines et tu viens d'apprendre que j'ai des sentiments pour toi depuis des années… Il y a de quoi flipper.

- Et pourtant, je ne flippe pas Drago, au contraire, entendre tout ça m'a rassuré.

- Rassuré ? s'étonna Drago.

- Oui, il y avait quelques jours que je voulais te dire certaines choses, mais j'avais peur de t'effrayer. Maintenant, je sais que tu es prêt à l'entendre, expliqua Harry avec un sourire qui fit chavirer le cœur de Drago.

- Et qu'est-ce que tu voulais me dire ? demanda Drago avec impatience.

Harry s'approcha de lui en souriant avant de l'embrasser tendrement, mais leur environnement se brouilla avant qu'ils ne réapparaissent dans la chambre de ses parents, en compagnie des deux, manifestement, peu de temps après le souvenir du couloir.

- Je suis désolé de te faire un coup pareil mais ça va devoir attendre. Ce souvenir est particulièrement important, annonça Harry.

Même s'il mourrait d'envie d'entendre les mots de son petit-ami, Drago ne protesta pas et il ne le regretta pas. Savoir que son père l'avait accepté sans condition comptait plus que tout ce qu'il avait pu apprendre sur lui au cours des dernières minutes. Savoir aussi qu'il aurait aimé lui parler en toute franchise remua quelque chose en lui et il se dit que cette lettre, il était peut-être temps de l'ouvrir.

Lorsqu'il se retrouva de nouveau dans le monde réel, assis derrière son bureau, il eut l'impression d'être plus léger que lorsqu'il avait plongé dans la Pensine. Son père n'était pas l'homme mauvais qu'il avait cru, il était juste un homme qui avait tout tenté par amour pour sa mère. Ça ne le rendait pas moins coupable des actes qu'il avait commis, mais ça le rendait plus humain et Drago avait besoin de ça.

Son père avait été un homme froid, dur souvent, mais ça n'était qu'en raison de ce qu'il avait vécu et aussi pour sauver les apparences. Toutes ces choses sur l'honneur de servir le Seigneur des Ténèbres n'avaient été dites que pour le protéger, en cas de retour du Lord.

Lucius Malefoy avait juste passé sa vie à tenter d'avancer sur la corde raide sur laquelle il était monté pour pouvoir épouser sa mère et malheureusement, il avait commis beaucoup d'erreurs et il n'avait pas su protéger sa famille comme il l'aurait voulu. Cependant, Drago pouvait lui pardonner maintenant qu'il savait tout ça. Et pardonner à son père, c'était se permettre à lui-même de se délester d'un poids.

- Merci, dit-il à Harry. Merci de m'avoir incité à regarder tout ça. Tu ne peux pas imaginer le bien que ça me fait.

- J'en suis sincèrement heureux, dit le jeune homme avec un sourire. Je dois avouer que l'histoire de ton père m'a touché. J'en ferais bien un roman…

- Chaque chose à la fois, tu veux ? s'amusa Drago en se levant, faisant rire son petit-ami.

Il fit le tour du bureau et tendit sa main à Harry pour qu'il se lève à son tour avant de l'embrasser tendrement.

- Lorsque tu m'as envoyé ce hibou il y a de ça plusieurs mois maintenant, j'étais curieux mais je n'aurais jamais pu me douter de tout ce qui allait changer en acceptant de te revoir, avoua Drago avant de l'étreindre.

Il devait profiter du bien-être qu'il ressentait en ce moment dû à ses dernières découvertes. Parler de ce qu'il ressentait était bien plus facile qu'à l'accoutumé.

- J'étais loin de m'en douter aussi mais je suis heureux. Ce que je voulais te dire tout à l'heure, quand on était dans la Pensine, c'est que je t'aime. Tu l'as dit, ça ne fait pas longtemps qu'on est ensemble et je suis d'accord avec toi puis je ne comprends pas pourquoi ça me semble si évident en si peu de temps, surtout comparé à mes anciennes relations mais voilà, c'est comme ça. Je t'aime, répéta-t-il.

Le cœur de Drago se serra de bonheur et il regarda Harry dans les yeux. Il pouvait y voir toute sa sincérité et tout son amour et c'est sans hésiter qu'il lui répondit.

- Je t'aime aussi.

Il embrassa alors Harry tout en pensant à ses parents. Narcissa n'avait pas cru une seule seconde qu'Harry pourrait lui retourner ses sentiments et Lucius avait souhaité que son fils tombe amoureux d'une autre personne. Il espérait tout de même que, s'ils avaient été en vie, ils auraient accepté sa relation avec Harry.

Quelque part, au vu de ce qu'il avait découvert aujourd'hui sur son père et sur ce qu'il avait pu faire par amour, il était persuadé que oui, il aurait accepté.


Et voilà pour le chapitre 11 !

Je vous dit à tout de suite pour le 12 !

Bizzz.