Guest:Merci d'être toujours présent(e?) et ce à chaque chapitre !
Pour tout avouer nous le faisons exprès d'y aller au compte goûte, c'est pour avoir le plaisir de retrouver nos lecteur !
Voici un nouveau chapitre ! Bonne lecture !
Chapitre 10
Deux jours s'étaient passés relativement tranquillement. Pourtant bien qu'il ne se soit rien passé d'inhabituel pendant ces derniers jours, Shion se sentait toujours aussi tendu. Shura avait commencé ses séances avec Mu, mais pour l'instant, rien de précis n'en ressortait même si le médecin semblait confiant. Il comptait aussi parler à Lorcan assez rapidement mais ce fut ce dernier qui le retint un jour alors qu'il s'apprêtait à partir.
Cet après-midi-là, le scientifique regardait les photos de classe de son cadet et remit enfin la main sur celle du collège où se trouvait le garçon qui lui avait semblé familier après que le policier Sorrento lui ait montré un portrait actuel. Il ne pouvait rien affirmer mais cette couleur de cheveux était bien la même. Il appela Kanon et tomba sur sa messagerie, laissa quelques mots expliquant l'objet de son appel et raccrocha. Kilian n'allait pas tarder à rentrer avec Shiryu, il était temps de préparer le goûter.
Il s'apprêtait à sortir de son bureau quand Lorcan y entra avec Shura après avoir frappé rapidement.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Shion tout de suite alarmé par l'air plus que sérieux de Lorcan.
- Il faut que je vous parle, à tous les deux. J'ai entendu ta conversation avec Sorrento l'autre jour et j'ai regardé la photo qu'il t'a donnée.
- Et ?
- Tu as retrouvé les photos de classes de Mu ?
- Oui, mais dis-moi ce qui se passe à la fin ! s'énerva un peu Shion.
- Donnez-lui s'il vous plait, intervint Shura. Je pense qu'il a peut-être une partie des réponses qu'on cherche.
Le scientifique jeta un œil inquiet à Lorcan qui semblait méconnaissable tellement il était pâle et sérieux. A ce moment seulement, il commença à comprendre que l'amour de sa vie avait dû prendre sur lui pour venir lui parler de ce qui le perturbait. Bien sûr, il avait bien vu qu'à des moments Lorcan semblait comme absent mais avait mis cela sur le compte des événements qui s'étaient enchainés dans leur vie dernièrement. Mais quel imbécile il faisait des fois ! Mais il serait bien temps de se fustiger après. Il devait au mieux soutenir la démarche du suédois.
- Elle est là, dit-il en prenant la photo en question qu'il avait posée sur le bureau et en la tendant à Lorcan. Et voici celle que Sorrento m'a montrée en me demandant si je connaissais ce garçon.
Les mains de Lorcan tremblaient quand il prit la photo mais il ferma les yeux un bref instant et se reprit.
- C'est bien lui, c'est Sylphide. Il est là sur la photo de groupe.
- Mu connaît aussi ce jeune homme ? demanda Shura en comparant les deux photos.
- Oui, ils étaient dans la même classe depuis tout petit si j'ai bien compris. Et Mu aimait beaucoup Sylphide. Mais quand je suis arrivé de Suède au lycée, Mu et moi avons tout de suite sympathisé. Et du coup il s'est éloigné de Sylphide. En y réfléchissant depuis deux jours, je crois que ce dernier me jetait des regards noirs des fois mais j'étais jeune, je n'y ai jamais vraiment prêté attention…
Shion prit la main de Lorcan dans la sienne alors que sa voix se cassait un peu. Il était aux bords des larmes, Shion le sentait et s'en voulait d'autant plus.
- Et Mu ? demanda Shura. Il s'est rendu compte de tout cela ?
- je ne sais pas vraiment… Mais je suis certain qu'il lui a toujours porté la même affection. Parce que Mu, il est comme ça… Il ne rejette personne, enfin il ne rejetait personne avant son accident.
La main de Shion serra plus fort la main de Lorcan alors qu'il prenait la parole.
- C'est vrai, mon petit frère était comme ça et je suis certain que c'est encore là, quelque part au fond de lui. Tu lui en as parlé ?
- Non… Je voulais mais…
- C'est bon, tu as fait ce qu'il fallait, le consola Shion en l'attirant contre lui. Docteur ?
- Vous croyez vraiment que ça peut être lui ? demanda Lorcan un peu rassuré.
- Je ne sais pas, mais il faut parler de tout cela à la police. Quant à moi, ça me donne des nouvelles pistes que je vais explorer en douceur. Pour l'instant, vous n'en parlez pas à Mu si ce dernier ne le fait pas. S'il le fait, répondez le plus naturellement du monde que la police et moi-même explorons toutes les pistes possibles. Ce ne sera pas facile mais il faut que vous teniez le coup tous les deux. Pour le bien de Mu et le tien aussi Lorcan.
- Oui, murmura ce dernier d'une petite voix en enfouissant sa tête dans le cou de son amour.
Shura partit les laissant tous les deux, sachant qu'ils avaient besoin d'être un peu seul tous les deux.
Il croisa Dohko qui tenait compagnie à Mu en attendant Kilian et Shiryu. Camus devait arriver plus tard, après ses cours.
Ooo000ooO
Loin de se douter de ce qui se passait à la villa de ses clients, Kanon se préparait pour une nouvelle soirée avec Hyoga. La dernière fois qu'ils avaient mangé ensemble dans un restaurant italien, le grec s'était rendu compte que le jeune homme, même s'il était loin des critères de ses amants ou amantes habituels, était bien plus intéressant qu'il n'y paraissait au premier abord. Ou peut-être était-ce justement cette maturité qui l'avait attiré chez lui, il ne savait pas vraiment mais avait envie d'en savoir plus.
Ce soir il avait prévu un repas romantique sur les bateaux-mouches de la seine. Rien de tel pour voir ce que cherchait réellement Hyoga. Était-ce juste une aventure ou était-ce quel chose de plus sérieux ?
- Tu me rends nerveux, avoua Hyoga à Kanon alors qu'ils dînaient sur le bateau-mouche un peu plus tard.
- Pourquoi cela ? voulut savoir le détective.
- Parce que tu me fais miroiter des choses auxquelles je veux croire mais qui ne... Rien, laisse, oublie, je n'ai rien dit. Ta journée était comment ?
Hyoga était euphorique au début de la soirée, mais plus elle s'écoulait plus il devenait morose et cela se ressentait. Mais heureusement pour le détective, il savait lire entre les lignes et il savait que Hyoga ne disait pas tout et sa supercherie pour changer de conversation ne fonctionna pas avec lui.
- C'est plutôt toi qui me fais miroiter des choses Hyoga, reprit le plus vieux en attrapant la main du blond.
- Moi ? Mais c'est complètement absurde ! Tu as tout pour toi ! Tu as du cœur, tu as une âme superbe, tu es toujours là pour aider les autres et pour ne rien gâché tu es taillé comme un Dieu Grec ! Moi je suis quoi ? Un simple étudiant, qui ne connait rien de la vie et qui attends avec fébrilité le moindre de tes coups de fils, tout en imaginant ce que pourrait être notre vie dans cinquante ans ! Un gosse en somme…
Mais Hyoga ne put aller plus loin dans sa tirade, Kanon posa son doigt sur la bouche du jeune homme.
- J'attends aussi tes coups de fil avec impatience et je serais plus qu'heureux de voir ce que sera notre vie sera dans cinquante ans.
Hyoga attrapa la main de Kanon, le plus vieux se pencha et déposa un tendre baiser sur les lèvres de son, désormais, compagnon.
- On s'en va ? proposa Hyoga, voulant se retrouver seul avec Kanon.
- J'aimerai beaucoup, mais l'eau est assez froide...
Ooo000ooO
Grèce
Shaka était chez lui en sari, il mangeait tranquillement tout en regardant des photos qu'il avait prises la veille quand il entendit la sonnette, il laissa son repas et alla ouvrir la porte.
- Saga, bonsoir ! Quelle surprise vous amène ? demanda le photographe se poussant pour laisser l'homme entrer.
- Heu en fait, je... je voulais revoir les dossiers avec toi, enfin, les premiers dossiers. Et tu portes toujours des saris ? Tes cheveux sont vraiment très longs !
Shaka éclata de rire.
- Assieds-toi, tu veux boire quelque chose ? C'est vrai que ça doit te choquer de me voir ainsi. Au bureau j'ai toujours les cheveux attachés et je suis en chemise et en jeans, mais je me sens plus en accord avec moi-même dans cette tenue.
Ooo000ooO
France
Hyoga et Kanon rentrèrent main dans la main jusqu'au domicile du plus jeune. Ils discutèrent de tout et de rien, firent de nombreux arrêts pour des baisers plus que torrides mais parvenu à destination, Hyoga sentit la panique l'envahir, il voulait plus que quelques baisers :
- Tu pourrais monter, proposa-t-il.
- Non, c'est encore trop tôt Hyoga. Tu es jeune, il te faut bien réfléchir à cet avenir que je te propose, fit-il en caressant son visage. Tu vois, je suis du genre très possessif quand quelque chose est à moi, et toi… toi je veux que tu sois entièrement à moi. Et puis, je ne suis pas facile à vivre, j'ai un métier que j'adore mais très prenant, alors mieux vaut attendre un peu, ok ?
Mais Hyoga faisait la moue sans répondre :
- Ne fais pas l'enfant…
- Je… Je t'aime et j'ai envie de toi, c'est un crime ?
- Non, c'est même tout le contraire mais je veux que tu sois bien sûr de ce que tu fais.
Bon gré, mal gré, Hyoga finit par rentrer dans son immeuble non sans quelques baisers de plus. C'est seulement après l'avoir vu disparaître que Kanon écouta ses messages et prit connaissance de celui de Shion, il n'était pas encore trop tard, il décida d'y aller de suite, ce n'était pas loin à pied et cela le calmerait car il avait dû faire preuve de beaucoup de contrôle pour ne pas répondre à l'invitation de son compagnon.
C'est en arrivant dans la rue de ses clients qu'il remarqua l'homme. Bonnet sur la tête et vêtu de noir, il marchait dans la rue devant la maison, s'arrêtant souvent pour la regarder. Dès qu'une lumière s'allumait, il se reculait derrière un arbre. Le détective se cacha dans l'ombre d'un arbre et observa son manège pendant plus de dix minutes avant de se décider à appeler Sorrento en lui expliquant ce qui se passait. Ce dernier lui recommanda d'être prudent s'il tentait de l'appréhender et qu'il arrivait le plus vite possible.
C'est quand Kanon le vit se rapprocher trop de la maison qu'il décida de faire semblant d'arriver. Mais Snow, dehors à ce moment-là, se mit à aboyer comme un fou. L'homme se sauva en courant poursuivi par le grec qui le perdit dans une ruelle adjacente juste avant que Sorrento arrive.
Shion et Dohko les attendaient devant la maison quand ils y revinrent, alertés par les aboiements du chien.
Snow revint après un long moment.
- Tu nous rapporte quoi là ? demanda Dohko au chien voyant un truc dépasser de sa gueule.
Mais le canidé n'écouta pas et se rendit directement au fauteuil de son maître. Il déposa alors son trophée sur les genoux de Mu.
- C'est bien Snow ! Brave chien ! le félicita Mu avec d'innombrables caresses.
Kanon s'approcha armé de gants et d'un sac plastique, dans lequel il emballa la prise de Snow. Il était content, c'était la première preuve physique qu'ils avaient.
Ooo000ooO
Dans Paris
- Saleté de clebs ! râla l'espion en donnant un coup de pied à une table qui se retourna.
L'homme se rendit dans sa salle de bain, et enleva son pantalon et regarda les dégâts.
Il y avait un énorme trou au niveau du mollet gauche et quelques petites éraflures.
- Le bâtard !
Ooo000ooO
Le lendemain
- Vous m'avez l'air heureux, dit le docteur pour engager la conversation avec Mu qui sifflotait joyeusement.
- Oui ! Parce que j'ai fini ! répondit le musicien.
- Fini quoi ?
- Mon projet !
- Et de quoi s'agit-il ?
- C'est un secret ! fit Mu avant de pouffer de rire.
- Mu, j'aimerais qu'on discute d'avant votre accident, commença Shura.
- De quoi exactement ? demanda son patient sur la défensive.
- De vos années d'école, de vos amis d'alors, de votre vie de tous les jours...
- Pourquoi ? On sait tous que mon traumatisme vient de mon accident, quel est l'intérêt de parler des années heureuses ?
Mu était devenu presque agressif, constata Shura, comme s'il savait inconsciemment que parler de son passé risquait de faire ressurgir ses terreurs passées. Par prudence et pour ne pas le braquer inutilement, l'espagnol n'insista pas de suite.
- Bien, nous en parlerons une autre fois alors. J'étais juste curieux, et savoir ce que mes patients ont vécu de bon ou mauvais m'aide à les comprendre, c'est tout. Alors dites m'en plus sur ce fameux projet.
- Ça c'est un secret, fit Mu en souriant ayant retrouvé sa bonne humeur.
Shura nota rapidement quelques notes et la conversation continua sur des sujets moins sensibles mais qui n'apportaient rien de bien neuf au médecin. Pourtant Mu lui demanda au moment où ils allaient se quitter :
- Vous pensez vraiment que mon passé peut jouer sur ce qui m'est arrivé à l'hôpital ? Sur le fait de retrouver éventuellement la vue ?
- J'explore toutes les pistes mais le choc que vous avez eu vous a fait très temporairement retrouver la vue, ce qui conforte le premier diagnostic qu'on vous a fait, votre blocage est psychologique et non physique. Et à mon avis il faut remonter à l'origine du premier choc.
Origine dont vous n'êtes peut-être même pas conscient, du moins pas vraiment. C'est là quelque part dans votre tête, c'est tout.
Mu réfléchit quelques instants avant de dire :
- Ok, j'essaierais de vous aider la prochaine fois alors. Merci pour votre franchise, je crois que c'est bien la première fois qu'un médecin accepte de me parler ainsi.
Ils se saluèrent sur ces mots et Mu se réinstalla dans le canapé en caressant Snow, réfléchissant encore à cet entretien.
Ooo000ooO
- Plusieurs colis pour Monsieur Camus, dit le visiteur à Camus qui venait d'ouvrir la porte.
- C'est moi ! répondit ce dernier au livreur.
Après avoir signé Camus prit les colis. Il ouvrit le plus fin et le plus long d'abord et fut surpris d'y découvrir des roses fanées. Dessus était posé une enveloppe noire qu'il ouvrit, dedans sur un carton tout aussi noir avec en imprimé dessus, avec une encre rouge métallique : "Il est à moi !" Camus retourna le carton, "Ceci est ton premier avertissement".
Le français fronça les sourcils, ainsi donc, lui aussi était surveillé. Il prévint Kanon qui lui promit d'arriver le plus vite possible.
En attendant Camus ouvrit le deuxième paquet ou il découvrit tous les CD de Mu.
"Joyeux anniversaire Camus !" Celui-ci venait de sa tante, la mère de Hyoga, elle avait tellement entendu le nom de Mu, qu'elle avait sans doute dû le prendre pour un fan et acheter tous les CD. Ça tombait bien, il n'en avait jamais entendu aucun, il avait seulement entendu quand ils avaient fait le mini concert en Sibérie pour distraire Kilian.
Et puis après, il s'était mis au piano. Il mit un des disques dans le lecteur avant d'ouvrir le troisième qui contenait juste un carton :
"En l'honneur de votre anniversaire, nous souhaitons votre présence à la salle "Le Sanctuaire" à 13h00 précise, muni de cette invitation. Tenue exigée ! La famille Ariès"
-Allons bon, qu'ont-ils encore inventé ? sourit le jeune homme.
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Le sanctuaire, un peu avant 13h
- Comment on ne peut pas entrer ? s'insurgea une fille devant la porte.
- La salle a été réservée pour une fête privée ! répondit l'hôtesse d'accueil.
- Et avec ça ? demanda la fille en sortant un billet de cent euros.
- Vous avez une invitation ? lui demanda l'employée.
- Oui ce billet !
L'hôtesse en eut marre et appela les renforts qui escortèrent l'importune un peu plus loin.
Seules les personnes munies du carton d'invitation pouvaient entrer. Ces derniers étaient minutieusement fouillés. Tous les portables et autres appareils s'étaient vus confisqués, même les trousses de maquillage des femmes.
Camus lui, fut installé dans une alcôve privée avec son cousin, Shion, Kilian et Lorcan.
- Bon anniversaire ! l'accueillit Lorcan. Tes cadeaux t'attendent à la maison !
- Euuuh... merci ! Où est Mu ?
- Aucune idée, répondit Shion, il est arrivé avec nous mais il a disparu.
A cet instant la salle s'éteignit et un présentateur monta sur la scène.
- Bonjour tout le monde ! Bienvenue à tous pour cette journée incroyable ! J'ai l'immense honneur de vous présenter le dernier concert à guichet fermé de Mu Ariès.
Si la famille et les amis de Mu eurent le souffle coupé, la salle elle était en délire. Pas que ça soit une grande salle, c'était plutôt un café-concert avec une capacité maximum de soixante-dix personnes plus le personnel et cette dernière était comble.
- Comment diable…
- Chut, on verra après Shion ! Profitons du concert ! intervint Lorcan.
- Mesdames, Messieurs, je vous présente Mu Ariès avec sa dernière création "Sonate pour un verseau"
Mu entra en scène, salua son public avant de s'installer à son piano où il commença à jouer.
Camus lui, fut littéralement transporté, il posa une main sur son cœur et se laissa porté par les notes.
Quand la dernière note mourut, la foule se leva d'un seul homme et se mit à applaudir. Des "Bravos" et "Magnifiques" se faisaient entendre dans toute la salle.
- Merci, merci beaucoup ! murmurait Mu tout en saluant le public.
Il y eut plusieurs rappels, avant que Mu puisse définitivement quitter la salle.
La tribu se retrouva ensuite dans une salle privée d'un restaurant, après quoi ils rentrèrent chez Mu où ils dégustèrent le gâteau d'anniversaire.
- Bon anniversaire Camus, ton cadeau t'a plu ? demanda Mu en embrassant son petit ami.
- C'était le plus beau des cadeaux, merci infiniment ! C'est juste dommage que je...
- Que tu quoi ?
- Que je ne puisse plus l'écouter...
- Je la jouerai pour toi autant que tu veux !
- Même à une heure du matin quand je révise ?
Toute la tablée pouffa.
- Bon ça ruine un peu ma surprise mais tant pis, le concert a été enregistrer. Il n'y aura que cinquante exemplaires dont la moitié m'est réservée.
- Tu rigoles ? fit toute la tablée d'une même voix.
- Non et en plus l'autre moitié sera distribuée à un concours.
- Comment tu t'y es pris ? voulut savoir Shion.
- Très simple, j'ai appelé Maitre Rhadamanthys, voir si ça pouvait se faire. Après quelques jours de recherches, il a monté un contrat en béton. Ensuite, j'ai appelé mon impresario, qui comme tu t'en doutes a essayé en vain de faire tout un foin, mais il a dû se plier à mes exigences. Et puis nous y voilà.
- Je sais que c'est le cadeau de Camus, mais tu nous as tous bien eu ! fit Lorcan.
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Sylphide était heureux ce matin, il avait réussi à trouver l'adresse de ce petit étudiant et il lui avait envoyer un colis. Il avait décidé de se tenir un peu à l'écart du manoir Ariès pour quelques temps. Après avoir fait quelques courses il se rendit dans un bistrot pour prendre un goûter, il était seize heures passées, et il n'avait encore rien avalé.
Il paya sa consommation avant de prendre place à une table libre.
- Alors c'était comment ? demanda un jeune homme à une place voisine.
- Juste magnifique ! J'en aie encore des frissons !
- Il a joué quoi ? Du Guzheng ou du Yan qin ? Ou les deux ?
A ces deux mots, Sylphide tendit l'oreille, il ne connaissait qu'une seule personne capable de jouer de ces deux instruments.
- Rien de tout ça, Mu Ariès a joué du piano !
- Quoi ? Pas possible ! C'était comment ? C'est quand la prochaine ?
- J'n'ai pas de mots pour te le décrire…Y a même pas mal de personnes qui ont pleurées tellement c'était superbe ! fit le jeune homme les yeux plein de paillettes.
- Et la prochaine ? s'impatienta l'autre.
- Il n'y en aura pas d'autre ! Et je ne sais même pas s'il y aura un album.
- Tu as pu enregistrer un bout avec ton portable ?
- Non, la sécurité a tout confisqué, y a rien qui a pu filtrer ! Y a juste le patron qui a pu faire une photo pour la mettre sur son mur !
- On va y boire un verre ce soir ! Je veux voir cette photo !
Sylphide lui sortit précipitamment, se rendit chez lui et alluma son PC afin de chercher des informations sur ce qu'il venait qu'il venait d'apprendre.
Sur les réseaux sociaux, il y avait déjà une montagne de commentaires sur le concert qu'il y avait eu lieu au "Sanctuaire". Les élus ne tarissaient pas d'éloges et les envieux l'étaient tellement qu'ils en devenaient méchants. Il alla ensuite à la page officielle de Mu où il lut
"Merci d'être venu cet après-midi"
- Non, non ! Non !
Comment, n'avait-il pas été au courant de cela ? se demanda-t-il.
Le soir il se rendit au café-concert, qui était comble, et il vit la fameuse photo de Mu assis derrière un piano et une deuxième avec le patron des lieux.
- Et comment s'est passé la vente des tickets ? demanda une jeune femme au barman.
- Il avait réservé la salle pour un concert privé pour juste sa famille et quelques amis. Mais son impresario l'a un peu poussé à ouvrir au public. Il a cédé, en y mettant une condition…
- Laquelle ? demanda la jeune femme.
- Pas de publicité.
- Non ! C'n'est pas vrai, alors ces places vendues ?
Le barman tira un programme et montra une ligne à la femme.
- Pas possible ! J'y crois pas ! Et si bon marché ?
Sylphide, n'écouta pas plus, il se procura un programme du café-concert et chercha l'information.
« Le 03/02 13h00 concert surprise, places limitées, prix 5€ »
Sylphide était vert de rage !
Ooo000ooO
Dans la chambre de Mu les amoureux étaient allongés, Camus, n'arrêtant pas de remercier Mu pour son cadeau.
- C'était ça ton fameux projet fini ? réalisa enfin le français.
- A peu près, normalement il n'y aurait dû avoir que nous... mais...
- Ne t'en fais pas, c'était magnifique !
- J'ai un autre cadeau pour toi !
- Encore ? Mais je suis trop gâté !
- C'est ton anniversaire, lui rappela Mu en lui donnant un autre petit paquet.
Camus le déballa et trouva un stylo à plume. Du même bleu que la couleur de ses cheveux.
- Merci, il est superbe !
- C'est un petit détail.
Camus prit les mains de son petit ami et déposa un baiser sur chacune avant de les mettre derrière son cou.
- Pas pour moi, répondit le français avant d'embrasser fougueusement son petit ami sur les lèvres.
Mu passa une main dans la chevelure de son petit ami et se laissa transporter. Son autre main, elle, se glissa sous la chemise du français et lui caressa le dos.
Camus en frissonna de plaisir.
- Mon cœur, arrête, de m'embrasser comme ça, je vais plus pouvoir me retenir, murmura Mu entre deux baisers.
- Qui te le demande ? répondit Camus, se débarrassant lui-même de sa chemise. Aime-moi tout entier, lui susurra-t-il ensuite à l'oreille.
Mu se mordit la lèvre, mais il n'arrivait plus à résister à Camus, aussi du bout de ses doigts, il commença à les faire courir ses mains sur le torse du français.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils se retrouvèrent quasiment nus à se caresser mutuellement. Depuis le temps qu'ils se limitaient à des attouchements, c'était comme si on venait de leur ouvrir la porte d'un interdit. Et il n'y a rien de mieux que de franchir les interdits. Bien entendu personne ne leur avait mis de limite. Mais ça ne changeait rien.
Camus avait frémi en sentant les mains de son compagnon s'aventurer presque timidement sur sa peau mais maintenant, il vibrait d'impatience. De timides caresses Mu avait finies par le retourner sur le lit. Il le dominait maintenant. Ses mains parcouraient son corps, comme s'il voulait s'en imprégner, comme s'il voulait ne jamais l'oublier. C'était aussi sa façon de le voir, le français le savait pertinemment mais il le sentait au fond de lui, c'était bien plus que cela. Mu l'aimait et le voulait lui alors il le lui faisait sentir. Ses doigts glissaient sur son ventre pour venir se poser sur la ceinture du caleçon qui n'avait pas encore disparu dans leurs ébats. Avec un aplomb qui lui fit remonter un long frisson tout au long de son échine, Camus le vit sourire et sentit le dit caleçon lui être ôté.
Mu était sûr de lui, bien plus qu'il ne l'avait sans doute jamais été. Camus avait été le seul à tenter de briser le mur qu'il avait dressé entre lui et le reste du monde après l'accident, hormis son frère et Lorcan bien entendu. Plus les jours passaient et plus il le réalisait. Ses discussions quotidiennes avec Shura lui faisaient prendre conscience à quel point il avait été blessé par ce coup du sort. Et bien plus que physiquement. Mais son compagnon ne s'était jamais découragé. Il avait toujours été là pour lui depuis le jour où ils avaient fait connaissance en Sibérie. Et c'est lui qui lui avait redonné goût à la vie malgré son handicap. Alors ce soir, il voulait l'aimer, le remercier et lui donner encore plus envie de rester auprès de lui.
Ses mains le guidaient, il avait parcouru son corps et maintenant il voulait lui faire encore plus plaisir aussi sans hésiter, il posa sa bouche sur le sexe qu'il sentait tendu au possible et l'engloutit. Camus poussa un son plus proche du cri animal que celui humain et ses mains plongèrent dans la chevelure de Mu. Son corps s'arqua et il se mit à murmurer son nom comme une douce litanie. Ce qui encouragea son amant à poursuivre encore un peu plus.
Mais Camus ne voulait pas être en reste et avait lui aussi envie de faire plaisir, de gouter le corps de Mu. Aussi le stoppa-t-il pour lui faire subir à son tour de douces tortures.
Mu parcourait le corps de son amant de ses mains et de sa bouche, il voulait le regarder et graver tout dans sa mémoire, il enregistrait aussi chaque vibration, chaque frisson, notant au passage, les caresses auxquelles son verseau était plus sensible.
Camus de son côté n'arrêtait pas de vibrer, son corps était devenu un instrument dont son petit ami en était le musicien.
Mais le français commençait à perdre patience, il voulait plus, il voulait lui appartenir.
- Que ? demanda Camus surpris.
- Je veux t'appartenir... lui murmura Mu à l'oreille tout en se laissant glisser sur le membre raide de Camus.
Le jeune homme étouffa un juron. Avant de maintenir Mu contre lui.
Tendrement, ils se retournèrent sur le lit, Camus surplombant maintenant le Tibétain.
-Tu n'as pas trop mal ? demanda le français tout en parsemant le visage de Mu de baisers, ralentissant un peu la cadence effrénée qu'ils avaient adoptée, le temps qu'ils reprennent un peu leurs souffles.
- Non, c'est bon de t'avoir en moi... Et toi ça va ?
- C'est bon, d'être en toi... répondit le français en souriant.
Et le jeune homme entama alors lentement un mouvement de va-et-vient qu'il accéléra bientôt. Mu gémit tout d'abord et puis, au fur et à mesure que son aimé augmentait le rythme de leur échange, les gémissements se transformèrent en petits cris que Mu n'osait pas trop libérer de peur de réveiller toute la maison.
Bientôt Camus l'accompagna en poussant des sons de plus en plus rauques alors que tous deux sentaient arriver une énorme vague de jouissance qui remontait peu à peu de leurs bas-ventres à leurs cerveaux. Et puis tout leur échappa brutalement alors qu'ils atteignaient l'extase en même temps, car son amant avait pris en main son sexe pour le faire jouir avec lui. Mu se sentit soulevé du lit quand le français le bloqua contre lui en poussant un cri, lui aussi étouffé, par la bouche de son amant qu'il embrassait furieusement.
Ils retombèrent bientôt sur le lit, enlacés et reprenant peu à peu leurs soufflent, profitant encore des retombées de leur extase.
- La prochaine fois, c'est moi qui te prendrais, murmura Mu à son amant.
- Avec le plus grand plaisir… et je compte bien t'offrir cela dans quelques instants…
- Laisse-moi juste un peu récupérer…
Le jour se levait à peine quand les deux amants se laissèrent enfin aller dans les brumes du sommeil. A peine encore rassasier du corps de l'autre. Pourtant, ils savaient que ce n'était que leur première nuit, et quelle première nuit songea Mu en s'endormant. Il faudrait qu'il demande à son aîné de faire insonoriser les chambres, fut sa dernière pensée, sans savoir que Shion avait déjà entamé des démarches dans ce sens.
A suivre…
