*Point de vue : Charlie
Mia attendait patiemment que je prenne la parole. De mon côté, je ne savais absolument pas par où commencer et je décidais de rester à distance d'elle pour qu'elle puisse être plus attentive à mes paroles, malgré mon envie brûlante de me rapprocher et de la toucher. Je décidais de ne pas m'attarder sur cette histoire de Ricardo. Je n'étais même pas sûr que Mia me questionne vraiment sur ce point.
"Je comprends que tu sois déçue, de moi et de nous. Je comprends que tu n'aies plus envie de me voir. Ça me tue de l'admettre mais je sais que c'est allé trop loin et en trop peu de temps entre nous. Crois-moi si j'avais pu recommencer, j'aurais tout fait différemment avec toi, Mia.
Je n'aurai jamais laissé Catherine te parler de cette façon il y a deux semaines. J'ai fait passer ses états d'âmes avant les tiens parce que je me sentais trop coupable de lui avoir menti. Je n'ai pas pensé que tu pourrais donner le moindre crédit à ses paroles.
Ensuite, je n'aurai jamais laissé cette pourriture avoir une seconde de plus avec toi sur cette plage. Tu ne sais pas comme je me déteste encore aujourd'hui de n'avoir rien fait. Je n'arrive pas à être en paix avec cette erreur monumentale et je continue de me ressasser quotidiennement cette nuit que j'ai vécu comme la pire de ma vie.
Je ne t'aurai jamais repoussé non plus au feu de camp. J'ai été incapable de te laisser approcher. J'étais trop amer d'avoir été le seul à avoir passé 6 mois à ne penser qu'à toi, à ne rêver que de toi. Ça m'a tué de savoir que tu avais pu tourner la page de ton côté et m'oublier avec cet homme".
Je gardais la tête baissée, je soupirais et me frottais le visage et la tête. J'étais épuisé et vidé de tous ces obstacles entre nous. La décision de Mia était pleine de bon sens, je le comprenais au fur et à mesure de mon discours, je n'avais fait que des erreurs depuis le début avec elle et elle méritait mieux. Je n'allais pas la torturer davantage.
C'est le moment que je choisissais pour me rapprocher d'elle et glisser mes mains sur ses épaules, pour profiter d'un dernier contact avant une période que j'imaginais longue et insupportable. J'essuyais péniblement les larmes qui s'étaient mises à couler en silence sur son visage. Je l'obligeais à me regarder dans les yeux.
"Je pourrais t'en dire tellement plus encore, mais mon plus grand regret Mia, c'est de n'avoir pas écouté mon coeur et tous les signes du destin, il y a un an. Si je l'avais fait, j'aurais quitté Catherine le lendemain de cette soirée en admettant que cette rencontre avait été un coup de foudre. J'aurai tout plaqué et j'aurai mis toute mon énergie pour te séduire et avoir une place de choix dans ta vie, aux côtés de Harry ou devant Harry, dans mes rêves les plus fous. Je sais que rien de tout ça ne serait arrivé si j'avais pris la bonne décision. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même et vivre avec ces regrets.
Je ne suis pas venue pour te forcer la main. S'il y a bien une chose dont je suis convaincue dans ma vie depuis ce naufrage c'est que je ne veux que toi et que je suis fou amoureux de toi. J'aurai dû te le dire bien plus tôt mais j'avais peur que tu prennes la fuite.
Je suis persuadée qu'on peut vivre quelque chose de bien toi et moi. Je suis juste venue te dire que j'attendrai. J'attendrai que tu me pardonnes et que tu sois prête à m'offrir une dernière chance", je ne voulais pas qu'elle réponde, qu'elle me contredise ou me brise le coeur, alors je suis parti, après un dernier baiser sur son front et une dernière caresse sur ses cheveux, sans attendre mon reste.
Point de vue : Mia
J'étais sur le pas de porte de l'appartement de Théo, prête à frapper. J'avais pris mon courage à deux mains pour venir voir Charlie, que je n'avais pas revu depuis ses dernières déclarations qui m'avaient laissé un goût étrange en bouche.
Charlie m'avait avoué qu'il m'aimait et j'avais ressenti une vague de bonheur et de douceur infinie en l'apprenant. J'avais trouvé cela incroyablement réparateur et irrésistible.
Je me suis sentie ensuite si désemparée. Charlie avait raison, quelque chose s'était brisé, j'étais brisée, peut-être pas par sa faute ou pas totalement, mais brisé par les épreuves que j'avais accumulées toute ma vie et particulièrement celles des derniers mois. J'avais trouvé le courage d'arrêter de fuir mais je n'avais pas la force de mener le combat sur tous les fronts à la fois et cette relation avec Charlie était intense et épuisante.
J'avais eu envie de le retenir, de l'embrasser et de me laisser aller à toutes mes émotions sur le moment mais je n'avais pas pu prendre le risque de me perdre à nouveau dans ses bras. J'avais passé ma vie à fuir dans les bras des hommes et je ne voulais pas refaire la même erreur. Pas avec lui et pas maintenant. J'étais donc convaincue aujourd'hui de ma décision et j'étais plus légère de savoir qu'il l'acceptait et qu'il me laisserait le temps dont j'avais besoin pour me retrouver.
Charlie était parti de façon brutale et précipitée sans attendre ma réponse. J'avais passé les jours suivants à l'éviter mais cette posture était de plus en plus difficile à tenir. Je savais que je ne pouvais pas continuer de faire comme s'il n'existait pas. Je ne pouvais pas vivre en l'ignorant, c'était au-dessus de mes forces et c'était également injuste vis-à-vis de Harry ou de Théo qui avaient besoin de nous deux également dans leurs vies.
Je m'étais donc décidé ce matin à aller le voir à l'appartement pour lui faire part de ma réponse à sa proposition.
"Mia ? Ça fait un bail que tu n'as pas frappé à ma porte !", Théo venait de m'ouvrir avec un sourire et me faisait la bise. Harry m'avait aperçu et me regardait avec curiosité face à ce revirement de situation. J'avais en effet vu Harry suite à la visite de Charlie, je lui avais tout raconté et je lui avais dit que le plus simple pour moi serait d'éviter Charlie à l'avenir. Il avait tenté de m'en dissuader mais je n'avais pas été réceptive à ses arguments, du moins jusqu'à ce matin. Harry ne s'était pas donné la peine de me saluer et s'était contenté de pointer la cuisine du regard pour me faire comprendre que c'était là que je trouverais Charlie.
J'étais pétrifiée et je prenais une profonde inspiration pour me redonner contenance avant d'entrer. Charlie avait constaté mon arrivée avec surprise et un œil attentif.
"Bonjour ?"
"Salut", j'avais répondu avec un sourire timide, en restant péniblement à distance de lui. Nous étions entrés dans une zone froide de notre relation et j'avais besoin d'en sortir au plus vite. Nous avions réussi à vivre dans un entre-deux d'ambiguïté pendant les 6 premiers mois qui avaient suivi notre rencontre, cela ne devait pas être si difficile d'y retourner.
"Tu te souviens encore de l'adresse de Théo ?", Charlie essayait de rester concentré sur la préparation de son café mais m'avait tendu un regard taquin à ce pic. Je baissais la tête malgré tout face à sa provocation gentille et je prenais place sur la chaise de bar située en face de lui, de l'autre comptoir du comptoir. Je l'ai vu s'étonner de cette initiative, il s'était sûrement attendu à une nouvelle fuite de ma part.
"J'ai fait un rêve étrange la nuit dernière", je continuais en voyant que j'avais toute son attention désormais. Je le trouvais magnifique, droit derrière ce comptoir avec ses yeux hypnotisants plantés sur moi mais je devais me concentrer sur l'objectif de ma visite.
"Tu venais chez moi en pleine nuit pour me déclarer ta flamme mais tu me donnais aussi ta bénédiction pour Ricardo", je n'avais rien trouvé de mieux que l'humour pour hisser le drapeau blanc. Je regardais Charlie reposer sa tasse et choisir ses mots.
"C'est un sacré rêve, c'est sûr. J'ai fait sensiblement le même. Il commençait de la même façon mais dans le mien, étaient exclus tous les Ricardo, Roberto ou Diego et c'était non négociable", je souriais encore plus face à sa réponse. C'était tout ce que je voulais entendre de sa part aujourd'hui et il n'avait pas hésité un seul instant pour me répondre.
"C'est très clair...Et c'est d'accord", Charlie s'était mis à me fixer intensément avec ses yeux bleus pétillants de joie. Je savais qu'il comprenait par ses simples mots que j'acceptais sa proposition, que j'allais rester sage et que je me réserverai pour lui pendant cette pause.
"J'invite quelques amis le samedi 20 pour pendre ma crémaillère. Soyez là pour 20h...Oh et bien sûr Charlie, ce sera aussi sans tes Catherine, Justine ou Clémentine", j'avais vu son sourire s'élargir en me voyant partir sur cette réplique.
La messe était dite, c'était court mais concis et je trouvais que c'était déjà bien assez d'effort pour aujourd'hui. Bien sûr, la gêne était restée palpable les jours suivants mais nous avions réappris doucement à respirer de nouveau le même air. J'avais ordonné à Harry de ne jamais me laisser seule avec Charlie et il s'était bien sûr amusé à le faire à chaque occasion mais bizarrement nous avions réussi, avec un certain talent d'équilibriste, à nous y retrouver avec Charlie. Nous avions tenu plusieurs jours sans aucun contact physique puis c'était devenu insupportable pour tous les deux. Les caresses et baisers furtifs ont été les premiers à revenir, puis j'ai fini par céder franchement à la tentation de ses bras. Charlie jouait le jeu et tenait parole, il ne lançait jamais d'initiative mais ne repoussait jamais les miennes. J'ai senti progressivement les frissons, le manque et le désir revenir à grands coups de pompe. Charlie n'avait pas raté une miette de ce revirement et prenait beaucoup de plaisir à me regarder craquer, lentement mais assurément.
J'avais senti mes résolutions flancher à un tel point que j'avais fini par mettre en pause le rythme soutenu de mes visites chez les garçons. J'avais décidé de mettre un peu de distance, de passer beaucoup plus de temps seule, avec Julia et mes plus vieilles amies. J'y avais pris étonnamment beaucoup de plaisir et j'avais réalisé que je n'avais vécu qu'à travers Harry et Charlie ces derniers mois. Je retrouvais d'autres bonheurs simples et égoïstes. J'avais trouvé de nouveaux repères, je retrouvais plus d'assurance et j'avais encore plus le sourire.
Je ne pouvais pas m'empêcher de rougir en repensant au moment où Charlie me l'avait fait remarquer, le soir de ma crémaillère.
**Début du flashback**
La soirée était particulièrement douce pour un 20 avril. Il y avait bien sûr Harry, Théo et Julia, mais j'avais également élargi le cercle à quelques anciens amis de l'école de danse et à d'anciens collègues.
Charlie avait passé les premières heures à distance, ravi de pouvoir faire la connaissance de tout le monde. Je l'avais accueilli quelques heures plus tôt. Je l'avais trouvé plus irrésistible que jamais avec ses cheveux légèrement décoiffés, sa veste de motard, ses rangers, ce jean brut qui lui allait à la perfection et ce tee-shirt noir qui promettait de révéler bientôt ces bras musclés que j'aimais tant. Douce coincidence car j'avais également opté pour un jean bleu particulièrement flatteur et un body noir au dos décolleté comme il les aime, caché subtilement par mes boucles brunes qui retombaient négligemment sur mes épaules. Charlie m'avait déshabillé du regard et rendu un sourire énigmatique et profond auquel j'avais répondu silencieusement par un baiser à la commissure de ses lèvres, en récupérant la bouteille de champagne qu'il avait apportée pour l'occasion et en frôlant sa main au passage.
Toutes les personnes chères à mon cœur étaient donc présentes ce soir. L'émotion des retrouvailles avait eu lieu il y a quelques semaines maintenant et cette soirée était un vrai soir de fête et de célébration entre invités triés sur le volet.
Harry était diablement beau comme toujours et je m'étais amusée d'entendre les filles s'en émoustiller à maintes reprises et lui faire du rentre-dedans comme à la belle époque. J'avais noté ses yeux pétillants et ses sourires nostalgiques et j'étais satisfaite d'avoir visé juste. J'avais pris ce pari de renouer avec nos anciens amis de l'école de danse pour rappeler à Harry son ancienne vie avant Victoria, afin de lui rappeler subtilement qu'il avait été heureux un jour sans elle et qu'il pourrait le redevenir avec encore un peu de courage.
Les filles et Julia étaient fidèles à elles-même ce soir, radieuses et encore euphoriques de tous les moments féminins d'exception des dernières semaines.
Théo, lui, n'avait pas raté une occasion de créer la polémique autour de lui et de susciter les rires et les indignations de mes invités comme à son habitude.
Il était déjà deux heures du matin et le voisinage ne se formalisait pas du tapage que nous faisions sur le toit-terrasse. La musique et les rires s'élevaient sans retenue, au fur et à mesure où les bouteilles se vidaient.
"Claire ? C'est ça ?", Théo interpellait Claire.
"C'est bien ça Théo !"
"Tu vas me donner tes plus gros dossiers sur Mia et Harry. Je te donnerai TOUT ce que tu veux en échange, absolument TOUT.", Théo lançait les hostilités, en se frottant les mains et je voyais Claire rire franchement de l'initiative surprenante pour qui ne connaissait pas Théo.
"Tu es mon amie depuis des années, Claire, alors que tu connais cette fouine depuis à peine cinq heures, tu n'es pas obligée de répondre à sa question!", j'avais tenté l'intimidation pour dissuader Claire de parler. Nous étions tous autour du jaccuzi et Théo s'était donné pour mission de travailler au corps chacun de nos vieux amis, trop curieux de pouvoir creuser davantage dans les vestiges de notre amitié avec Harry. Je devais dire qu'il avait ciblé la bonne personne avec son flair éternel car Dieu seul sait la quantité de dossiers que Claire détenait sur Harry et moi, dont certains qui ne devaient pas être mis à jour devant Charlie.
"Théo, c'est ton jour de chance, je suis de bonne humeur. Demande-moi tout ce que tu veux sur la jeune Mia !", j'avais regardé Harry avec un air révolté et paniqué et j'avais commencé à asséner des coups sur l'épaule de ce traître qui avait osé répondre avant Claire. Il m'avait maîtrisé en deux mouvements de poignet et je m'étais retrouvée assise sur ses genoux et emprisonnée dans ses bras en une fraction de seconde. J'avais finis par céder face à son rire franc et l'enthousiasme qu'il ressentait à l'idée de se remémorer ces souvenirs glorieux. J'étais beaucoup trop émerveillée de le voir de nouveau si enjoué.
Harry et Claire s'en étaient donc donné à coeur joie pendant au moins une heure. Théo était comme un enfant le soir de Noël, je le voyais noter précieusement dans son esprit chacune des anecdotes et je savais que j'allais pouvoir compter sur lui pour me les rappeler encore un long moment. Harry m'avait gardé dans ses bras tout le long des conversations et j'avais eu droit à plusieurs enlaçades et bisous en guise d'excuses à chaque révélation toujours plus embarrassantes et accablantes de sa part. Il s'était permis ces familiarités et gestes de tendresses malgré la présence de Charlie.
Et Charlie m'avait surprise. J'avais craint ses réactions et ses crises de jalousie mais il était plus détendu que jamais. Il n'avait pas manqué une seule occasion de réclamer plus de détails, en rejoignant le clan des tortionnaires. J'avais frissonné en sentant son regard approbateur lors des anecdotes les plus coquines, en voyant son rire diablement sexy aux anecdotes les plus loufoques et en constatant son regard envieux à chacun des gestes affectueux de Harry.
"Ok Théo je crois que tu en as assez pour toute une vie là ! Harry, je te fais la promesse que je te ferai payer ta trahison au bon moment, mais en attendant tu vas te faire pardonner et me faire danser correctement en souvenir de cette belle époque que tu as eu tant de plaisir à étaler à tous ce soir !", j'avais saisi les mains de Harry pour le forcer à se lever, sous les encouragements et les sifflements approbateurs du groupe. Je l'ai vu d'abord sur la retenue puis je l'ai vu capituler, après un échange de regards entendus avec Charlie qui n'avait pas échappé à ma vigilance. J'entendais Théo crier quelques "Magic Mike Harry !" et nos amis siffler et encourager son vice.
Nous venions d'atteindre la piste de danse, personne ne nous entendait d'ici à cause de la musique, Harry avait ses bras autour de ma taille, et j'avais les miens autour de son cou. Il s'était autorisé le nom affectueux qu'il me réservait dans l'intimité.
"Ok princesse, dis moi ce que tu as en tête, danser comment ?", je comprenais désormais avec certitude et hilarité l'origine de son trouble et de sa grimace.
"J'ai cru une seconde que tu appréhendais de danser après toutes ces années mais c'est impossible puisque tu danses mieux que tu respires. Donc mon dieu Harry, tu as vraiment peur de Charlie !", j'avais fini cette phrase du ton le plus moqueur que je connaissais.
"Je t'en supplie ne me demande pas de mettre ma vie en danger pour te faire plaisir parce que tu sais que je ne peux rien te refuser", Harry m'avait rendu un sourire suppliant. Effectivement j'aurais pu choisir la voie dangereuse, sous l'euphorie généralisée et les encouragements de nos amis, mais ce n'était pas adapté à la suite de mes projets.
"Ça ne m'intéresse pas du tout de gâcher cette soirée. Je veux juste danser, correctement ce soir, pour me rappeler le plaisir d'être dans les bras de mon meilleur ami, de mon ancien partenaire et du plus merveilleux des hommes", je rendais un sourire enfantin et innocent à Harry entre deux flatteries.
"Et si au passage, tu arrives à susciter un peu d'envie chez ton ami Charlie, je serais comblée ! Mais ta sécurité est ma priorité absolue, je serai toujours là pour protéger ma petite chose fragile et je n'hésiterai pas à m'interposer entre toi et Charlie s'il le faut", Harry avait ri à ma dernière référence qui nous ramenait sur cette plage du Mexique et je l'ai vu abdiquer avec un sourire sincère.
"Très bien. Dans ce cas", je l'ai vu se diriger vers l'enceinte et je reconnaissais immédiatement les premières notes de cette musique qui était effectivement parfaite pour l'occasion. Je voyais Harry revenir vers moi avec cette allure irréprochable et ce sourire complice qui présageait un moment d'exception. Il n'avait pas oublié qu'il s'agissait de ma préférée. Il était impossible que j'en ai oublié les pas même après six années, c'était la musique idéale et je m'étais laissé complètement emportée par le bonheur du moment dans les bras talentueux et aimants de Harry. Nous n'avions jamais cessé de danser en soirée mais toujours avec retenue, distance et improvisation. C'était autre chose de danser à nouveau sur ces sons familiers en se remémorant nos anciens pas et notre ancienne vie. Les autres nous avaient rejoint sur la piste de danse au bout d'un moment, j'avais senti le regard de Charlie me suivre pendant toutes ces danses et j'ai dû attendre une énième danse avec Harry pour le voir enfin s'approcher.
"Est-ce qu'il te reste assez d'énergie pour m'accorder une danse ?", Charlie m'avait prise par la taille et ramenée à lui sans attendre de réponse, en ignorant Harry qui s'était éloigné sans protester. Mon cœur s'était mis à tambouriner au contact de son corps et à l'idée de cette toute première danse avec lui.
"Je désespérais que tu viennes la réclamer un jour", Charlie comprenait que je ne parlais pas que de ce soir. J'avais répondu sans hésiter à son invitation en déposant mes bras sur ses épaules et en accueillant avec bonheur le baiser qu'il venait de déposer sur ma tempe.
"Il y a quelque chose de différent chez toi depuis quelques jours. Quelque chose de plus léger et de plus heureux. Tu es resplendissante. J'aurai aimé que ce soit grâce à moi mais je sais que je dois remercier tes amies et Harry pour ça. Mais ça me va", Charlie se montrait encore une fois sous un nouveau jour ce soir. Sans jalousie, sans insistance. L'idée qu'il m'ait si bien observé me réchauffait le cœur et je profitais de ses mots pour lui rendre mon plus beau sourire, bien décidée à profiter de cette danse avec lui pour finir cette soirée de la meilleure des façons.
Les premières musiques étaient enjouées. Je m'étonnais de ses talents de danseur, que j'ajoutais à la liste déjà longue de ses qualités. Je me régalais de son regard adorateur, de son sourire séducteur et de la tendresse de ses gestes. La musique s'était faite ensuite plus lente, le contact plus proche et je maudissais ce monde autour de nous. Charlie avait son visage contre le miens, je pouvais sentir son souffle contre mes lèvres, je sentais ses caresses insupportables de sensualité dans mon dos. J'arrivais à la limite de mes efforts et convictions pour ce soir.
Il m'avait donné du temps et il était sûrement encore trop tôt, mais ce soir, dans ses bras, je ressentais le besoin pressant de faire une pause dans la pause. C'est sur cette pensée que je décidais d'interrompre brutalement la danse en prenant la main de Charlie pour l'amener à ma suite. Il me suivait sans opposer de résistance et nous avions regagné le calme de l'appartement en quelques rapides foulées.
"Tu t'es déjà lassé de moi ? Je sais que je ne suis pas aussi bon danseur que ...", je n'avais pas laissé l'opportunité à Charlie de terminer sa phrase. Je m'étais retournée sans préavis et bondissais sur ses lèvres pour assouvir ce besoin féroce de l'embrasser. Charlie s'était laissé faire, surpris et me repoussait ensuite doucement. Il me regardait avec un air partagé, je pouvais lire toute son envie mais aussi son hésitation. Il voulait une explication bien sûr, comprendre ce qu'il devait déduire de cette initiative, être sûr que j'avais les idées claires.
"Embrasse-moi, Charlie. Juste ce soir", je craignais qu'il refuse cette trêve mais pour mon plus grand plaisir, il me rendait un signe de tête approbateur et je me retrouvais la seconde d'après plaquée contre le mur du salon, collé contre son corps et noyé sous ses baisers langoureux et fiévreux. Je ne retenais pas les gémissements de plaisir et de ravissement en ressentant enfin ces contacts qui m'avaient tant manqué depuis des semaines. Mon corps s'était réchauffé à une vitesse surréaliste. Chacune de ses caresses et chacun de ses baisers était à l'origine d'un brasier supplémentaire. C'était tout ce dont j'avais besoin pour terminer cette soirée parfaite mais j'avais aussi envie de tellement plus et je pouvais ressentir à travers son pantalon qu'il en était de même pour lui. Ses mains devenaient plus aventureuses au fil des baisers. J'avais également perdu le contrôle des miennes en m'autorisant une escale électrisante sous son haut, sur ses abdominaux puis dans son dos. Je n'avais pas pu retenir mon geste du bassin qui l'obligeait à approfondir le contact. Ma voix s'était éteinte dans sa bouche en sentant ses mains pressantes me soulever du sol pour approfondir le contact entre nos deux intimités. La tête me tournait. Le contact était beaucoup trop intense et me ramenait sept mois plus tôt, dans ce bassin. Charlie me maintenait fermement et sans difficulté contre ce mur, mes jambes enroulées autour de sa taille. Je ressentais ses mains viriles contre moi, je brûlais sous ses baisers, je ressentais ses lèvres sur ma nuque puis successivement sur ma bouche. Nous étions complètement enivrés et je ne sais pas jusqu'où cet échange nous aurait mené si nous n'avions pas été interrompus par la sonnerie de la porte d'entrée. Charlie s'était arrêté difficilement dans son élan fougueux. Nous avions partagé ce même regard de désir et de frustration en réalisant que c'en était fini pour aujourd'hui et pour cette pause de douceur. Il était cinq heures du matin et les voisins venaient de sonner le clap de fin de cette nuit riche en émotion.
**Fin du flashback**
