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Je suis assise dans ma voiture au milieu d'une longue file d'autres voitures garées devant l'école, j'attends anxieusement que Jacob franchisse les portes, espérant désespérément qu'il sourira. Aujourd'hui a été si difficile que je ne sais pas si je pourrais supporter que Jacob ait eu une mauvaise journée aussi.

Depuis que j'ai quitté Edward c'est une lutte pour ne pas m'enliser dans les souvenirs. Sa révélation sur ce qui est arrivé pendant le mariage de Tanya a ramené des sentiments que je gardais enfouis depuis très longtemps. Il dit que nous devons parler du passé mais tout ce qui est là c'est la douleur et la misère et je ne peux voir à quoi cela servira de ramener tout cela à la lumière.

Dans ma tête je repasse ses mots d'au revoir encore et encore - il y a tellement de choses que j'aurais dû faire différemment et chaque fois je peux les comprendre autrement. Où ses regrets résident-ils ? Regrette-t-il la façon dont il a géré les choses ou regrette-t-il simplement d'avoir été avec moi?

Malgré tout ce qui s'en est suivi, le bref temps que j'ai passé avec Edward demeure la meilleure partie de ma vie - en dehors de ce que je partage avec Jacob. Un fait que je n'ai jamais voulu admettre jusqu'à présent. Revoir Edward m'a rappelé combien ça avait été difficile pour moi de dépasser tout ça mais à présent je ne suis pas sûre de l'avoir fait.

Cela fait très longtemps, très longtemps que je ne me suis pas attardée sur ces souvenirs. Et je ne peux même pas m'y attarder aujourd'hui mais ils continuent à faire leur chemin, des images de cette nuit-là défilent encore glorieusement en technicolor. J'ai revécu le souvenir de notre premier baiser plus d'une fois aujourd'hui, l'extase et le soulagement que j'ai brièvement ressentis cette nuit-là sont aussi vifs aujourd'hui qu'ils l'étaient au moment où cela s'est produit.

Jacob est ma priorité numéro un cependant et je ne peux pas prendre le risque d'être absorbée par mes propres sentiments et d'oublier comment ils pourraient avoir un impact sur lui. Je dois rester forte et maîtriser mes émotions.

"Mais plus maintenant." Heureusement avec ces trois mots il m'a rappelé que l'homme que j'aimais n'existe tout simplement plus.

Une portière qui claque me tire de ma rêverie et je tourne instinctivement la tête pour voir une femme aux cheveux rouges traverser la rue pour rejoindre un groupe qui attend devant les grilles.

La plupart des autres mères et quelques pères sont déjà sortis de leurs voitures pour converger vers les grilles, ils accueillent la rousse avec des sourires quand elle arrive à eux. Sur les bancs qui grouillent de gens il y a quelques têtes qui me semblent familières mais même lorsque j'habitais ici je n'ai jamais pris le temps de connaître suffisamment quelqu'un pour simplement aller vers eux et commencer à bavarder.

Renée m'accusait toujours d'être bizarre parce que je préférais rester seule devant la sortie de l'école plutôt que me mêler aux autres mères qui caquetaient comme des poules.

Et cela est aussi une autre cause d'anxiété bien que je n'ai jamais participé aux commérages, je suis bien consciente de leur fonctionnement. La plupart des moqueries que répètent les enfants à l'école proviennent directement de ce qu'ils ont entendu dire par leurs parents.

Puisque le nom de famille de Jacob est Swan, il ne leur faudra pas longtemps pour comprendre qu'il est le petit-fils de Charlie et ensuite les potins les mèneront directement à Edward et moi. Si j'avais pu le scolariser à la maison pendant ces quelques mois je l'aurais fait, mais dans l'état actuel des choses tout ce que je peux faire est espérer que nous pourrons d'une manière ou d'une autre passer sous le radar des potins.

L'apparition de quelques enfants passant les grilles interrompt mes pensées et je descends de la voiture pour que Jacob me repère plus facilement.

En sortant je m'appuie accidentellement sur le klaxon et je grimace au son retentissant alors que quelques têtes pivotent pour regarder. Je reconnais la rousse maintenant, Victoria, je suis sûre que son prénom est Victoria bien que son nom de famille m'échappe encore. Elle avait un an de moins que moi à l'école. Je la regarde tandis que ses yeux se plissent légèrement comme si elle essayait de se souvenir de moi.

Paradoxalement ça m'amuse de voir ses yeux s'écarquiller et je peux dire qu'elle a compris. Elle se tourne et je vois ses lèvres bouger avant que trois de ses compagnes ne se retournent pour me regarder d'un air légèrement curieux. Il semble que Victoria se souvienne de moi, contrairement aux autres. Et ainsi commence l'histoire.

Quelques instants plus tard, Jacob passe à son tour et repoussant mes inquiétudes je me précipite pour le saluer. Il ne vient pas en courant mais il accélère une fois qu'il m'a repérée.

"Eh bien comment c'était ?" Je demande avec empressement quand il me rejoint.

Il hausse les épaules nonchalamment mais il a un petit sourire sur le visage. "C'était pas mal."

"Comment sont les profs ? Tu t'es fait de nouveaux amis ?"

Son petit sourire m'en dit plus que tous ses mots mais je le bombarde de questions quoi qu'il en soit, soulagée que ce premier jour semble s'être bien passé.

J'ouvre la portière arrière, il lance son sac et sa boîte à déjeuner sur le siège, avant d'aller devant. Pendant que je fais le tour de la voiture, je lance un regard vers la sortie de l'école et je suis sûre que Victoria et son petit groupe sont en train de nous observer.

Je monte et me tourne vers Jacob. "Alors je pourrais quand même avoir quelques détails ?"

"Ils m'ont choisi un copain qui m'a fait visiter. Il s'appelle Andy et il est cool," dit-il avec un petit sourire.

"C'est génial," je m'enthousiasme.

Cela l'encourage et il me raconte tout le long du trajet combien le travail était facile, combien la cour est cool ainsi que son nouveau copain Andy. Pour la première fois aujourd'hui, je commence à me détendre.

Quand j'étais rentrée à la maison plus tôt, Charlie m'attendait en bas et nous avons parlé. Bien qu'il soit toujours inquiet de la situation, il accepté mes propos rassurants bien que je ne prenne rien pour acquis. Je suis plus que consciente qu'il ne s'agit que le début d'un voyage très difficile. Nous avons discuté de ma décision d'amener Jacob à Aventureland pour rencontrer Edward samedi. Charlie pense que je devrais m'arranger pour qu'il vienne ici mais je sais que les choses deviendront trop moches si je laisse ça arriver. En fin de compte nous avons dû accepter de n'être pas d'accord mais il a clairement fait savoir qu'il n'était pas content de cet état de choses.

Charlie est toujours sur le canapé quand Jacob et moi rentrons à la maison. Jacob se précipite vers lui pour lui raconter qu'il a passé une bonne journée tandis que Charlie lui sourit fièrement. Jacob se plaint qu'il a des devoirs mais il se réjouit instantanément quand Charlie lui propose de l'aider. Décidant de les laisser faire je vais à la cuisine pour commencer le dîner. Plus tôt j'ai appelé Sue pour l'inviter avec Leah et Seth alors je me mets à cuisine pour beaucoup plus de monde que je ne l'ai jamais fait.

Nous utilisons rarement la grande table qui se trouve dans un coin du salon, elle est trop grande pour deux - bon sang même pour trois. Dieu seul sait pourquoi mes parents l'ont achetée. Charlie l'utilise principalement pour nettoyer ses armes.

Quand nos invités arrivent Jacob est excité comme une puce. Il aide avec plaisir Seth à dresser la table, une tâche qu'il ne fait habituellement pas sans grommeler pendant que Leah m'aide en cuisine. Sue et Charlie parlent sur la terrasse couverte et je suis contente d'être libérée de ses regards désapprobateurs. Je suis à peu près sûre qu'il ne se rend pas compte qu'il le fait mais ça me tape sur les nerfs.

Après le stress de ces deux derniers jours, on dirait presque que c'est la fête ici. Le bruit des bavardages et les rires emplissent l'air et c'est de la musique à mes oreilles.

Une fois le repas servi, je m'assieds à table et j'observe ce qu'il se passe. Charlie et Sue discutent tranquillement à l'autre bout de la table pendant que Jacob retient l'attention de Leah et Seth, sa voix monte à cause de l'enthousiasme de ce premier jour d'école et il leur raconte aussi toute notre virée de pêche. Il gesticule sauvagement en parlant et plus d'une fois je dois lui rappeler de faire attention de ne pas renverser son verre de lait.

Je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de partager un repas du genre de celui-ci. Je l'avais déjà quelquefois apprécié chez les Cullen mais jamais depuis mon départ de Forks. C'était surtout Jacob et moi, seuls. Même pour Noël et Thanksgiving la plus grande compagnie que nous ayons jamais eue a été celle de Renée et de Phil même s'il arrivait qu'ils n'étaient pas là pendant ces vacances.

En regardant autour de la table je me rends compte à quel point je suis restée isolée depuis dix ans. Prise au dépourvue par mes émotions, une douleur sourde pèse sur mon cœur quand je me demande à quoi aurait pu ressembler notre vie à Jacob et moi si les choses s'étaient passées différemment… si j'avais laissé quelqu'un entrer dans nos vies.

J'écarte ces pensées et je vois la façon dont les yeux de Jacob brillent de plaisir pur et sans mélange. De toute évidence il apprécie l'attention. Mes yeux se tournent vers Charlie et je suis heureuse de le voir aussi détendu et heureux alors qu'il sourit doucement à Sue qui lui parle. Je décide qu'il vaut mieux profiter de ces moments plutôt que de s'inquiéter de ce que nous avons pu avoir manqué.

Au milieu du repas, quelqu'un frappe fort à la porte. Charlie va voir et quelques instants plus tard, je me lève pour aller saluer le grand homme aux cheveux noirs qu'il ramène avec lui.

"Oh vous êtes en train de manger," dit-il en s'excusant, l'air embarrassé en regardant autour de la table. Il se tourne vers Charlie. "Je suis désolé, j'aurais dû appeler en premier. Je suis juste passé pour voir comment tu vas."

Charlie lui donne une tape dans le dos. "Ne t'en fais pas. Joins-toi à nous !" Il me regarde. "Il en reste, non, Bells ?"

Je fais le tour de la table. "Oui je vais vous chercher une assiette." Je m'arrête devant lui et lui tend ma main qu'il serre fermement. "Je suis Bella au fait." Et je lui souris.

"Désolé !" bafouille Charlie. "Sam c'est ma fille Bella et ce chenapan là-bas c'est mon petit-fils, Jacob." Sam regarde autour de lui pendant que Charlie continue les présentations et je remarque tout de suite qu'il connaît les Clearwaters. "Bella c'est Sam Uley. C'est le nouveau Chef."

Sam se retourne vers nous. "Tu es toujours le chef Charlie et je te remplace," dit-il solennellement.

En préparant son assiette je le regarde s'asseoir et sourire timidement à Leah. Il est étonnamment beau avec une peau lisse et foncée, des cheveux noirs soyeux et un sourire éblouissant.

Quand je reviens à table, tout le monde discute à nouveau et deux choses me frappent instantanément : Leah et Sam se font définitivement les yeux doux et Jacob est carrément irrité.

Quand nous terminons le repas je vois que Charlie est en train de se déliter. Bien qu'il soit très content de cette soirée, ses paupières lourdes le trahissent. Sam et lui s'assoient dans le canapé et parlent travail pendant que nous débarrassons.

"C'était vraiment sympa de vous avoir tous ici," dis-je à Leah et Sue, tout en finissant la vaisselle. "Nous avons apprécié."

Les cris de joie de Jacob s'infiltrent de l'extérieur, me faisant sourire. En regardant par la fenêtre, je vois Seth le faire tourner sur la balançoire et je suis soulagé que Jacob semble être de meilleure humeur.

Il est devenu un peu silencieux pendant le dîner, quand il regardait Sam et Leah discuter. En fait, ses yeux avaient presque viré au vert vif pendant un moment.

À cette pensée, l'image des yeux verts d'Edward me vient à l'esprit. Je ferme les yeux et je réalise que c'est futile, parce que l'image est dans mon esprit. Heureusement, Sue réagit et je me concentre sur elle.

"Merci de nous recevoir," dit-elle en souriant. "Mais je pense que Charlie est un peu fatigué alors je vais juste prendre un café et suggérer à Sam que peut-être il en a assez entendu sur le travail pour une journée."

Elle quitte la pièce et je saisis l'occasion de cuisiner Leah.

"Alors, toi et Sam, hein ?" Je souris, en remuant mes sourcils vers elle.

Le profond rougissement qui s'épanouit sur ses joues me surprend et me ravit. Je n'aurais jamais pensé qu'elle était même capable de rougir. Elle est généralement si coriace et efficace à tous les niveaux.

"Chut !" Elle siffle, en me lançant le torchon avec un sourire bon enfant. "Nous avons seulement eu un rendez-vous. Je ne veux pas encore en faire tout un plat." Malgré sa légère gêne, ses yeux pétillent de plaisir quand elle parle.

"Mais est-ce une grosse affaire ?"

Elle rit comme une écolière mais s'arrête ensuite en jurant. "Putain, j'ai vingt-cinq ans et il me fait me sentir à nouveau comme une adolescente." Elle est rayonnante.

"Savait-il que tu serais ici ce soir ?" Je pose la question la plus évidente.

"Non, je ne lui ai pas parlé aujourd'hui. C'était une coïncidence."

"Une heureuse coïncidence, à en juger par votre comportement à tous les deux," lui fais-je remarquer en lui souriant.

Son sourire s'efface. "Vraiment ? C'était évident ?"

En gloussant, je lui dis que même Jacob l'a remarqué. Elle a l'air inquiet, ce qui me trouble mais avant que je puisse demander, elle baisse encore la voix et explique.

"Je connais Sam depuis des années. Il sortait avec ma cousine Emily. Je ne veux juste pas que la famille ait vent de cela jusqu'à ce que je sache où cela va nous mener."

"Mais si Emily et lui ne sont plus ensemble, quel est le problème ?"

Elle fronce un peu les sourcils. "Ce n'est pas grave. Il l'a larguée il y a six mois et elle est toujours un peu amère à ce sujet. Si cela mène quelque part, je préfère le lui dire moi-même plutôt qu'elle l'apprenne par quelqu'un d'autre."

"Penses-tu que ça ira quelque part ? "

Un lent sourire béat se répand sur son visage. "Il est merveilleux... nous avons parlé pendant des heures au téléphone l'autre soir. Et il est si mignon !"

"Mignon ?" Je dis, un peu trop fort apparemment, parce que ça me vaut un autre coup de torchon. "Il est... sublime..." j'élabore, en baissant la voix de façon conspiratrice.

Elle semble dériver au pays des rêves pendant un moment ou deux avant d'en sortir et de se focaliser sur moi. "Oh mon Dieu, me voilà en train de parler de ça alors que je ne t'ai même pas demandé comment c'était aujourd'hui." Elle jette un coup d'œil à Jacob par la fenêtre. "Avec Edward."

"Ouah !" Je souffle. "Voilà un retour à la réalité avec un bang. Je préfère parler de Sam et toi."

Je lui dis les grandes lignes avant que Sue n'arrive et annonce que Charlie va se coucher. Jacob grogne quand ils partent tous mais il bâille aussi, même s'il essaie de discuter en disant qu'il est encore tôt.

Après que Charlie soit allé se coucher, je m'occupe de la lessive. Je suis en train de charger la machine quand le téléphone sonne alors je crie pour que Jacob réponde. Il m'apporte le téléphone quelques secondes plus tard.

"C'est Mike", dit-il d'une voix narquoise tout en faisant une grimace moqueuse lorsqu'il dit le nom de Mike.

Irrité par sa facétie, je le regarde fixement alors que je prends le récepteur et le couvre de ma main. "Allez, va te mettre en pyjama," ordonne-je. "Et change d'attitude. Je viens pour te souhaiter bonne nuit."

J'attends qu'il soit parti avant de m'adresser à Mike. "Salut, Mike."

"Salut, je voulais juste t'appeler pour savoir comment ça s'est passé aujourd'hui," dit-il, avec un air hésitant. "Ça ne t'ennuie pas que je t'appelle, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que non ! J'allais t'appeler plus tard de toute façon," je l'assure. "Ce n'était pas aussi mauvais que je pensais que ce serait. Il était civilisé, donc c'était... bien."

"Et Jacob ? Comment s'est-il débrouillé à l'école aujourd'hui ? Est-ce qu'il a apprécié ?"

Comme nous devons tous les deux mettre nos enfants au lit, nous n'avons pas beaucoup de temps pour parler, du coup notre conversation est brève et il la termine en me souhaitant bonne chance pour samedi.

Après avoir raccroché, je vais m'assurer que Jacob est prêt pour se coucher et je le trouve allongé sur le lit, avec des écouteurs sur ses oreilles. Il m'ignore. Je peux dire à la façon dont ses paupières vacillent qu'il sait que je suis entrée dans la pièce et qu'il n'est pas prêt à parler. Le fait que le fil des écouteurs n'est pas connecté à la chaîne stéréo mais pend de son lit, est un autre indice. J'attends patiemment. Bien sûr, moins d'une minute passe et un œil s'ouvre.

En prétendant que je ne sais pas qu'il n'écoute pas quelque chose, je lui demande d'enlever les écouteurs.

Il obéit avec un claquement de langue puis il s'assoit et croise ses bras sur sa poitrine.

"Alors, tu vas me dire ce qui t'embête ?" Je lui demande en soupirant, en m'asseyant sur le bord du lit.

"Rien ne me dérange." Il fronce les sourcils.

"Alors pourquoi as-tu été si impoli avec Mike ?"

Il fait la moue. "Je suis désolé," dit-il en traînant, sans paraître le moins du monde sincère.

"Jacob, si tu ne me dis pas ce que tu as en tête, je ne peux pas en discuter avec toi." Je soupire d'exaspération.

"Tu n'aimes pas Mike ?"

"Si," dit-il. "Mais il est tout le temps là."

Avec tout ce qui se passe en ce moment, je ne suis pas surprise qu'il se sente un peu territorial.

En le rapprochant, je lui enroule mon bras autour et je pose mon menton sur sa tête. "Mike n'est que mon ami, chéri - "Je me souviens qu'il m'a récemment demandé de ne plus l'appeler "chéri" lorsque je le sens se raidir.

"Jacob," je me corrige. "Il a été très gentil avec nous parce que c'est ce que les amis font l'un pour l'autre."

Il se recule et me regarde. "Je suis désolé."

"Je sais, chéri, c'est..." Je remarque son regard acéré. "Oh ! Je ne sais pas si je m'habituerais un jour à ne pas t'appeler ainsi." Je ris, en le serrant fort.

Il rit aussi, sa mauvaise humeur oubliée et j'embrasse sa tête pendant qu'il se faufile sous la couverture.


Étendue dans mon lit, soutenue par mes oreillers, je regarde l'aube se lever à travers mes rideaux. C'est sans aucun doute l'un des plus grands jours de la vie de Jacob - et sans doute aussi de la mienne - et pourtant, il commence comme n'importe quel autre jour. J'ai à peine dormi. J'ai passé la nuit à regarder le clair de lune, le ciel commencer à changer de couleur et maintenant l'horizon qui vire lentement à l'orange. Je me demande comment je me sentirai, et surtout comment Jacob se sentira, au moment où ce soleil naissant mourra ce soir.

Les pas de Charlie sont légers alors qu'il descend l'escalier, il s'est arrêté en passant devant notre chambre mais heureusement, il n'est pas entré. Nous nous sommes encore disputés hier à propos du fait que j'emmène seule Jacob rencontrer Edward mais j'ai tenu bon, et maintenant il a décidé d'aller travailler aujourd'hui.

'Comme il est de trop', ses mots, pas les miens.

Je devrais aller lui parler mais il y a des limites aux confrontations qu'une personne peut supporter en une journée - Seigneur, en une seule vie ! Et j'ai certainement l'impression d'en avoir eu ma part ces derniers jours.

L'autre jour, Edward a dit que c'est moi qui aie toutes les cartes en main mais est-ce vraiment le cas ? Je n'ai aucune idée de ce à quoi il faut s'attendre aujourd'hui, et pourtant j'ai l'impression que tout le monde attend de moi que je montre la voie. Aller à Adventureland est à mon avis le mieux que j'ai pu proposer. J'imaginais mal nous trois seuls dans un endroit calme, ne sachant pas comment avoir une conversation. Ou pire encore, Edward et moi pris dans une autre dispute pendant que Jacob se demande ce qu'il se passe.

Il est à peine six heures du matin et déjà je souhaite que cette journée soit terminée. Je ne suis même pas encore sortie du lit ! Comme une lâche, j'attends que Charlie parte avant de me lever. Je me faufile hors du lit, en faisant attention à ne pas me réveiller Jacob et sors de la chambre. Il lui a fallu une éternité pour se lâcher hier soir. Ses sautes d'humeur étaient incroyables, une minute il était tout excité - comme si c'était la veille de Noël, et la suivante on aurait dit qu'il était dans la salle d'attente du dentiste

Je me sens nauséeuse pour lui - emplie de culpabilité de l'avoir conduit à ce moment, et baignant dans la peur que tout se passe horriblement mal. Il me semble qu'il y a plus de choses dans ce scénario de merde qui pourrait aller de travers plutôt que bien - notamment parce que Jacob y tient tellement qu'il est prêt à avoir le cœur brisé - et il n'y a rien que je puisse faire pour combattre cela.

Repoussant ces pensées tourmentées, je descends et me sers une tasse du café que Charlie a fait. Après l'avoir bu, je rince la tasse et je vérifie l'heure. Seulement quinze minutes sont passées. Se doucher et s'habiller en tue trente autres. Je passe encore dix minutes à étaler les vêtements pour Jacob, avant de retourner à la table en sirotant un café.

Et, comme à son habitude dès que Jacob se réveille la journée commence vraiment, une très grande vague de fatigue me submerge et je me sens comme si je pouvais dormir encore.

Il traîne dans la cuisine, les épaules tombantes et le visage toujours fatigué et marqué par les draps. Il me regarde avec ses yeux ensommeillés quand je lui dis bonjour et tout juste s'il fait un sourire faible. Il s'affale sur la chaise en s'installant au bout de la table.

Je me sens un peu coupable de l'avoir laissé rester debout aussi tard hier soir. Il aurait été en pleine forme plus tôt ce matin et aurait posé tout un tas d'autres questions auxquelles il m'aurait été impossible de répondre. Mes yeux s'attardent sur son visage fatigué et je lui souris. Il se réveillera bien assez vite mais pour l'instant c'est tout ce que je peux gérer.

"Quelle heure est-il ?" demande-t-il, sa voix assourdie par son bras devant son visage.

"Juste un peu plus de huit heures, nous avons tout le temps," lui dis-je, devançant sa question suivante.

Trois heures plus tard nous sommes en route et Jacob est agité comme s'il avait des fourmis dans son pantalon. Bien que je sois toujours convaincue qu'il veuille faire cela, son enthousiasme a diminué avec l'arrivée imminente de ce moment qu'il anticipe depuis si longtemps.

Étonnamment il n'a pas dit grand-chose ce matin et mes tentatives de le faire sortir de son silence ont été accueillies par des claquements de langue et des roulements d'yeux. Il se tortille à nouveau et souffle bruyamment tout en tirant sur son col et en étirant son cou.

"Je t'ai dit de ne pas mettre cette chemise," dis-je en lui lançant un regard de côté. "L'étiquette t'irrite le cou."

Il avait dédaigné le jean et le pull que j'avais préparé pour lui, choisissant plutôt la chemise de baseball que Phil lui avait achetée avant notre départ.

"J'ai essayé de la couper, tu t'en souviens ?" Je lui rappelle gentiment. "Mais les coutures sont toujours irrégulières et c'est ce qui gratte."

" Stupides coutures," se plaint-il en se jetant contre le dossier.

"Peut-être qu'ils vendent des t-shirt à Aventureland. J'en achèterai un quand nous y serons," lui proposé-je.

"Je parie qu'ils seront moches !"

Je me mords la langue et compte jusqu'à dix dans ma tête avant de monter la radio un peu plus fort. Il se tortille encore un peu sur le siège puis finit par rester tranquille. Nous arrivons à Adventureland une bonne demi-heure avant de retrouver Edward, je me gare très loin dans le parking, j'éteins le moteur et me tourne vers Jacob.

"Comment tu te sens ?" Je lui demande. Il hausse les épaules comme si ce n'était pas vraiment important et je ne l'ai jamais vu aussi tendu. "D'accord, je vais le dire autrement, à quoi tu penses ?"

Il a les yeux baissés, il fixe ses mains et les tord sur ses genoux. Il hausse à nouveau les épaules et quand je recouvre ses mains avec la mienne, il me regarde dans les yeux. Ils sont brillants des larmes qui menacent.

"Oh chéri !" Je halète nous libérant de nos ceintures et je le tire contre moi.

"J'ai changé d'avis," dit-il la voix tremblante. "Je ne veux pas le rencontrer. On peut rentrer à la maison ?"

Je passe mes doigts dans ses cheveux, les repoussant de devant son visage pour pouvoir l'embrasser sur le front. "Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?" Une fois de plus il hausse les épaules alors j'insiste encore. "C'est parce que tu as peur ?"

Il lève la tête et je me recule pour bien l'observer. Ses yeux brillent d'incertitude et sa bouche fait une moue pessimiste avec un froncement de sourcil.

"C'est normal d'avoir peur Jacob," lui dis-je. "En fait c'est parfaitement normal. Tu attends ce moment depuis longtemps et maintenant qu'il est là tu te sens juste un peu dépassé."

Il est encore plus perplexe. "Qu'est-ce que ça veut dire dépassé ?"

Je mords ma lèvre pour retenir un petit rire qui veut s'échapper. "Ça signifie que tu ressens beaucoup de choses en même temps et que ça te fait avoir peur. Tu n'as pas besoin d'avoir peur, chéri je suis ici avec toi."

Il inspire longuement et hoche la tête gravement.

"Nous avons encore vingt minutes. Pas de précipitation, attendons juste et voyons ce que tu ressentiras dans un petit moment… et si tu ne veux toujours pas faire ça, alors ça ira," suggéré-je.

Il accepte et me sourit faiblement. Je regarde par la vitre et repère Edward immédiatement, il est près de l'entrée principale et est difficile à manquer. Il fait les cent pas et bien que je ne l'aie repéré que depuis quelques secondes il a déjà regardé sa montre deux fois.

Je le compare aux autres hommes qui passent en jean et vestes décontractés. Il porte une chemise blanche impeccable avec le bouton du haut défait, un pantalon de costume bleu marine et une veste en laine épaisse. Là où les autres portent des baskets, il porte des chaussures en cuir brillant qui ne conviennent absolument pas pour se promener dans un parc à thème. Il n'aurait pas l'air plus anachronique s'il s'était retrouvé sur une plage en combinaison de ski.

Je déglutis et je regarde Jacob. "Il est déjà là," dis-je et je ne sais pas si ce sont les mots ou le timbre de ma voix mais les yeux de Jacob s'écarquillent en me regardant.

"Où ?" demande-t-il.

J'arrive malgré tout à lui faire un regard rassurant. "Tu vois le gars vraiment nerveux debout près de l'entrée ? Chemise blanche, pantalon bleu." Jacob jette un coup d'œil mais comme si la vue pouvait lui brûler les yeux, il me regarde. "C'est Edward,"' lui dis-je. Il regarde à nouveau, timidement. "Je suppose que tu n'es pas le seul à être nerveux…" lui dis-je en lui serrant l'épaule.

Il se penche plus près du pare-brise pour l'observer. Peut-être qu'avoir cette occasion de l'observer de loin l'aidera à se calmer ou au moins facilitera sa décision. J'ai peur de ce qu'il pourrait se passer s'il refuse de rencontrer Edward mais les sentiments de Jacob sont primordiaux. S'il ne veut pas quitter cette voiture je ne l'y obligerais pas.

"Tu penses vraiment qu'il est nerveux ?" demande Jacob, sans le quitter des yeux.

"Regarde la façon dont il fait les cent pas… et regarde, ça fait déjà au moins trois fois qu'il regarde l'heure," je lui fais remarquer alors qu'Edward lève les yeux et regarde autour de lui. Jacob saute sur son siège comme s'il avait peur d'être repéré. "Et oui il a l'air un peu nerveux."

Il se penche à nouveau furtivement et il observe. "Il ne ressemble pas du tout à ce que je croyais," murmure-t-il doucement presque comme s'il ne parlait qu'à lui-même.

"Tu pensais qu'il allait ressembler à quoi ?" Je ne peux pas m'empêcher de demander.

"Je pensais qu'il me ressemblerait."

Cela me fait rire et ses yeux se fixent sur les miens d'agacement. Je me mords la lèvre et je m'excuse. "Je suis désolée, ch… Jacob, je ris seulement parce qu'il te ressemble, enfin… tu lui ressembles."

Il tourne à nouveau son attention vers Edward et il est dubitatif. J'attends encore quelques minutes mais quand Jacob ne montre aucun signe qu'il va prendre une décision quelconque, je décide de prendre l'initiative.

"Tu veux que j'aille lui expliquer que tu n'es pas prêt ? Nous pouvons le faire un autre jour."

Il cligne des yeux. "Non ça va aller… je suis prêt."

"Tu es sûr ?"

Il hoche la tête alors nous sortons de la voiture. Nous marchons côte à côté et je lui tends la main, il la regarde et grimace.

"Oh oui, trop vieux pour me tenir la main, compris !" dis-je légèrement, ce qui me vaut un petit sourire.

"Et ne m'appelle pas chéri," murmure-t-il, même si nous sommes toujours loin d'Edward.

Alors que nous nous dirigeons vers lui, j'essaie d'évaluer son humeur du mieux que je peux seulement grâce à son langage corporel. Il enfonce ses mains dans ses poches, se balance sur ses talons, gonfle un peu ses joues en soufflant fort. Il regarde sa montre, encore, passe ses doigts dans ses cheveux et regarde autour de lui. Ses yeux se posent sur nous. Il se fige.

Ses yeux s'abaissent et son regard vert vif se fixe sur Jacob, dont les pas ralentissent de plus en plus. Voulant jeter mon bras sur l'épaule de Jacob mais sachant qu'il détesterait cela, je me contente de lui demander tranquillement s'il va bien.

Il ne répond pas. Edward et lui se regardent maintenant attentivement et je peux presque sentir l'énergie nerveuse qui se dégage de Jacob.

"Bonjour, Edward," dis-je, un peu trop formellement lorsque nous le rejoignons.

Ses yeux se dirigent brièvement vers les miens. "Salut," répond-il un peu distraitement. Sa voix est grave et légèrement rauque.

"Jacob, voici Edward," dis-je, grimaçant intérieurement parce que tout cela semble si étrangement impersonnel.

On dirait que Jacob pourrait vomir d'un moment à l'autre et alors que ses yeux se promènent sur le visage d'Edward, il a l'air un peu abattu. Ses yeux se tournent vers les miens pour me guider et je hoche légèrement la tête pour l'encourager. Il se tourne vers Edward et tend la main comme il l'a fait lors de sa première rencontre avec Charlie.

Comme Charlie, cela impressionne Edward au début mais lorsqu'il accepte la poignée de main de Jacob, je vois un soupçon de déception sur son visage. Le même frémissement que j'ai vu chez Jacob quelques instants plus tôt.

Il semble que ce ne soit pas ainsi qu'ils aient envisagé leur première rencontre, ils auraient tous deux pu espérer quelque chose de plus mais ce n'est pas un film hollywoodien. Ils n'allaient jamais tomber dans les bras l'un de l'autre de suite.

"C'est bon de te rencontrer enfin," dit Edward, puis il me regarde avec une grimace nerveuse.

Je garde mon expression neutre pendant que Jacob dit bonjour. Puis le silence gênant attendu nous envahit.

Edward regarde Jacob pendant quelques instants, comme s'il prenait en compte chaque petit détail de son visage, avant de cligner des yeux plusieurs fois. "Oh, je viens de me souvenir, je t'ai apporté quelque chose," dit-il en remettant à Jacob un petit paquet que je n'avais pas remarqué avant.

"Qu'est-ce que c'est ?" demande Jacob, en le lui prenant et en le fixant.

"Ouvre-le et tu verras," l'encourage Edward. Mais dès que Jacob commence à déchirer le papier, une ombre d'hésitation balaie son visage.

En déchirant le papier, Jacob révèle une chemise verte, bleue et argentée, ses yeux se dirigent vers moi et puis il me tend le papier tout en secouant le maillot en le tenant en l'air.

"C'est une tenue de baseball... des Mariners," explique Edward, en regardant Jacob l'inspecter. "Hum... Les Mariners de Seattle. Ta...euh...maman..." Il me regarde. " Elle a dit que tu aimais le baseball. "

Toujours en train d'inspecter la chemise, Jacob parle sans regarder Edward. "Qu'est-ce que c'est que ces gribouillis ?"

"Oh... Je l'ai fait signer par l'équipe pour toi," répond Edward.

Sentant une vague d'agacement à la suite des paroles d'Edward, je me mords la lèvre pour m'empêcher de dire quelque chose devant Jacob. Je ne veux pas qu'Edward pense qu'il peut se contenter d'offrir à Jacob des cadeaux fantaisistes pour le séduire mais ce n'est pas le moment d'en parler.

Jacob lève les yeux, surpris. "Es-tu un joueur, comme Phil ?"

Edward rit, l'air un peu gêné. "Non, j'ai juste... j'ai tiré quelques ficelles."

Jacob retourne le col, repêche l'étiquette et la frotte contre sa joue. "L'étiquette est douce," annonce-t-il en se tournant vers moi. "Je peux la mettre maintenant ?"

Edward fronce les sourcils et me regarde avec curiosité.

"Il a un truc avec les étiquettes," je lui explique. "Il n'aime pas la sensation qu'elles lui procurent, elles irritent sa peau."

"Mais certaines sont acceptables." Je fais un geste vers Jacob, toujours en train de frotter l'étiquette sur sa joue.

Avant que je ne puisse l'arrêter, Jacob sort sa veste et retire sa chemise avant de se faufiler dans la nouvelle. Il se regarde et sourit, nous regardant alternativement, Edward et moi.

"De quoi j'ai l'air ?"

Edward répond le premier. "Tu as l'air bien."

"Est-ce qu'ils sont bons ?" demande Jacob, en regardant l'emblème de l'équipe, "Les Mariners ?"

Le rire d'Edward est bien trop fort pour cette question et j'imagine qu'il est porté par le soulagement plus que tout autre chose. "Non, Jacob, ils ne sont pas très bons."

"Alors pourquoi tu m'as acheté leur maillot ?"

Edward s'assombrit et se frotte la main sur la nuque. "J'ai pensé que tu aimerais peut-être commencer à les collectionner." Il montre du doigt les signatures. "C'est pourquoi je l'ai fait signer… je ne pensais pas que tu le porterais."

Un féroce rougissement enflamme soudain les joues de Jacob. "Oh ! je suis désolé, je n'ai pas..." commence-t-il, s'agrippant à l'ourlet comme s'il allait déchirer la chemise.

"Non, non, ne le retire pas. Il est à toi. Si tu veux le porter, c'est encore mieux," bafouille Edward, qui a l'air un peu paniqué.

Je regarde leur échange avec stupéfaction. En moins de cinq minutes, Jacob a fait ressortir un peu de l'Edward dont je me souviens, et même si j'ai toujours l'impression que cette journée va être une épreuve, il m'a donné de l'espoir que peut-être ce sera bien pour Jacob.

"Ok, alors on y va ?" demande Edward, en nous regardant, Jacob et moi, tout en désignant du pouce l'entrée principale.

Jacob repère les toilettes à côté de l'entrée principale et demande s'il peut les utiliser en premier avant d'entrer. Il file, toujours en regardant son nouveau maillot.

Quand il disparaît par la porte, Edward se tourne vers moi. "Il est..."

"Il..." Je commence à parler en même temps, et nous nous arrêtons tous les deux, en faisant des gestes pour que l'autre continue.

La sonnerie stridente de son téléphone portable nous interrompt. Il me regarde en s'excusant, alors qu'il le repêche dans sa poche. J'ai l'impression que je pourrais embrasser la personne qui l'appelle en ce moment, parce que j'aurais besoin de quelques instants pour retrouver mes esprits.

"Cullen !" aboie-t-il au téléphone, me tournant le dos.

Je m'éloigne de lui de quelques pas vers les toilettes.

"Mon Dieu, James, je t'ai demandé de le faire ! " grogne-t-il. "Non, je t'ai dit que je ne suis pas en ville ce week-end, c'est pourquoi je t'ai laissé ça... James ! Je t'ai briefé sur ça hier, bon sang !... tu ferais mieux de t'en occuper ou tu n'auras plus de travail lundi matin. Quel est l'intérêt d'avoir un chien si je dois aboyer moi-même ?"

Le brusque claquement du téléphone portable qui se ferme m'avertit que l'appel est terminé. La façon dont il a parlé à ce James était épouvantable et j'ai du mal à cacher mon dégoût lorsqu'il me rejoint.

Jacob réapparaît et je me tourne vers Edward. "Tu devrais peut-être éteindre ça." Je dis avec dédain. "Je ne… veux pas que Jacob t'entende parler aux gens comme ça."

Il jette rapidement un coup d'œil en direction des toilettes et voit Jacob se diriger vers nous. Edward se retourne vers moi, rétrécit les yeux, puis ouvre son portable et l'éteint.

"On peut y aller maintenant ?" demande Jacob.

Et j'aimerais vraiment qu'il parle de rentrer à la maison.