Désolée si ça a été un peu long, j'ai pris pas mal de temps à la réécriture des quatre prochains chapitres. J'espère qu'ils vont vous plaire en tout cas et bonne lecture :)
Chapitre 20 : Petit serpent ronchon
Lorsqu'elle émergea elle était à l'infirmerie. Livia n'y était jamais allée. Ça sentait exactement comme dans celle d'Illvermorny. Un mélange de menthe et d'alcool à 90. Ça y ressemblait aussi, du peu qu'elle arrivait à voir avec la luminosité. Seulement, cette fois, elle était de l'autre côté du miroir. C'était elle qui était dans le lit et pas dans le siège du garde malade.
Son réveil fut pénible. Sa douleur à l'épaule se réveilla plus vite qu'elle ne l'eut cru possible. Pourtant elle eut la sensation qu'elle était revenue à sa place et dans le bon angle. Gênée par la douleur qu'elle ressentait, elle tenta de bouger le bras mais il était pris dans une attelle. Elle essaya alors de se lever mais elle fut interrompue dans son mouvement par une petite rousse aux yeux verts qui la garda allongée.
-Eh, Eh doucement ! dit Lily Evans. Tout va bien.
Livia la regarda quelques instants, un peu perdue, et se rendit compte que Lily avait fait ce qu'elle détestait qu'on fasse pour elle : elle était restée auprès d'elle pour la surveiller. Cela la rendit un peu acerbe pendant quelques secondes avant que la douleur ne la rappelle à elle. En faisant abstraction de son rejet pour le rôle qu'elle avait dû prendre des années pour son frère, Livia s'était décidée à ouvrir la bouche.
-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle à mi-voix, encore légèrement ailleurs.
-Phoebe Dolan t'a envoyé un cognard. Ton épaule s'est disloquée et, ta clavicule et ton omoplate se sont brisées. Tu t'es évanouie de douleur et on t'a amené à l'infirmerie. Mais tout va bien ne t'inquiètes pas ! continua-t-elle pour la rassurer. Madame Pomfresh a tout arrangée.
- Phoebe Dolan ?
-C'est une batteuse de Poufsouffle, avait répondu Lily. Quand les professeurs l'ont interrogé elle a dit qu'elle n'avait pas fait exprès, mais honnêtement, vu la précision, la force qu'elle a mis et sa position sur le terrain tout le monde en doute.
-Sirius, dit Livia d'une petite voix essoufflée. Je l'ai vu parler avec une batteuse de Poufsouffle avant d'entrer sur le terrain… J'imagine que c'était elle.
-Il n'aurait jamais fait un truc pareil !
-Tu en est sûre ? Parce que d'après les souvenirs que j'ai de nos conversations c'est tout à fait le genre de truc dont il aurait été capable avec Severus ou d'autres Serpentards.
Il y eu un silence dans la salle et Livia comprit que la Gryffondor avait déjà émis cette hypothèse dans son esprit. Elle avait le regard peiné et les lèvres semi-ouvertes, comme lorsqu'elle repensait à son ancien meilleur-ami.
-C'est vrai que… Tout à l'heure, avant que tu te réveilles, Marlène m'a dit qu'elle avait vu Sirius et James se disputer et… Qu'elle a entendu Sirius dire qu'il n'avait aucune idée qu'elle allait faire un truc pareil… Il lui avait juste dit de « lui » faire peur, signa Lily en pensant très clairement à Livia dans ce « lui », ce que la jeune femme avait parfaitement compris.
-Il voulait juste me faire peur, bah voyons…dit Livia en un soupir moqueur en fermant les yeux une seconde.
-Je pense que c'était sincère Livia, répondit Lily avec les yeux d'un chien battu. Je sais que tu le détestes, mais Sirius pense rarement à faire du mal à quelqu'un, quand il le fait c'est toujours une farce qui tourne mal. Il est stupide je te l'avais dit pourtant.
-En attendant il m'a fait du mal ! dit Livia avec une boule de colère dans la gorge qui s'apaisa vite sous la douleur de son épaule. Écoute, Je n'ai pas envie de débattre de ça maintenant. J'aimerai juste me reposer si tu veux bien.
-Oui bien sûr, je vais rester là et…
-Non, pars s'il te plaît ! déclara Livia d'un ton presque sec en détournant la tête de son amie. J'apprécie ton attention, mais je déteste qu'on garde le lit pour moi. Alors, je ne veux pas être méchante mais j'aimerai que tu t'en ailles maintenant.
Lily l'avait regardé attentivement. Ce regard donnait systématiquement la chair de poule à Livia. Lily et elle étaient assez proches maintenant, plus proches que Livia ne l'avait jamais été avec aucune fille avant elle, pourtant elle gardait toujours un espace de sécurité et de défense. Ce qui avait bien sûr toujours le don de presque piquer Lily au vif. Cependant, à chaque fois la jeune sorcière avait la délicatesse ne pas s'imposer et forcer les choses et une part de Livia commençait vraiment à l'apprécier pour cette raison. Elle ne lui avait pas demandé la raison pour laquelle elle n'aimait pas qu'on la surveille dans un lit de malade, ni pourquoi elle avait agi si brusquement. Elle avait juste compris que ce n'était pas vraiment le moment.
-D'accord. Je repasserai demain, avait dit la préfète en prenant ses affaires et quittant la pièce.
Livia attendit qu'elle soit partie de la salle pour relâcher la pression.
« Comment est-ce que j'en suis arrivée là ? » s'était-elle dit en passant sa main valide sur son visage. Elle avait l'impression d'être cernée de toutes parts par des menaces avec de nouvelles qui surgissaient constamment.
Jusqu'à la fin de la journée, elle put se reposer sans penser à autre chose que le repos et ça lui faisait du bien. Madame Pomfresh était venue pour changer ses bandages et lui apporter un petit bol de nourriture. Ensuite elle était repartie en lui disant que ce n'était pas une grosse blessure et que demain soir elle devrait de nouveau être sur pied, « comme si rien ne s'était passé ». C'était la seule visite qu'elle avait reçue de la journée et ça ne lui déplaisait pas. Ce petit moment de solitude lui avait permis de faire le point sur certaines choses.
La première, c'est que le cours des évènements commençait à devenir problématique avec Sirius, mais elle avait peut-être une fenêtre de tranquillité. Après le coup qu'il venait de lui faire, elle doutait qu'il ne l'attaque avant longtemps, ce qui pourrait lui offrir un peu de répit. Au cours de longues heures de réflexion Livia décida de jouer la carte du : « tu ne sais pas quand ça tombera mais ça tombera » avec lui. Étant donné que le meilleur plan qu'elle avait ne pourrait pas se faire avant début novembre prochain, cela ne pouvait pas mieux tomber. De plus cela lui laissait du temps pour se concentrer sur le deuxième problème : Mulciber et Avery.
Elle avait réfléchi davantage sur ce problème et elle avait fini par décider de les confronter. Si elle attendait qu'ils mettent leur menace à exécution, elle risquait beaucoup. S'il devait se passer quelque chose de fâcheux entre eux, autant qu'elle ait l'avantage du terrain préparé. De plus c'était le seul moyen de savoir ce qui était arrivé à Katherine et maintenant ce n'était plus qu'une question de curiosité personnelle.
Caressant l'anneau d'argent qui ne quittait jamais son index droit, elle s'endormit avec la pensée que maintenant c'était une histoire de sécurité et de justice à rendre.
Avant de sortir de l'infirmerie le lendemain soir, Livia avait reçu deux visites. La première avait été celle de Lily. Elle était venue lui apporter tous les cours de la journée qu'elle avait raté. La sorcière Gryffondor avait magiquement créé des doubles de ses propres copies et demandé à des camarades de classe de Livia si elle pouvait faire de même avec les leurs.
Livia avait été très touchée de l'attention de son amie. Après la manière dont elle l'avait rejeté la veille, elle n'imaginait pas que la sorcière repasserait. Pourtant, Lily était d'une nature trop bonne pour abandonner une amie souffrante. C'est peut-être cette différence flagrante qu'il y avait entre les jeunes femmes qui les rapprochaient. Lily était remplie d'amour, là où Livia en était vidée depuis longtemps.
La jeune fille était partie à l'heure du diner et Livia l'avait remercié une dernière fois sur le pas de la porte. Le sourire que Lily lui avait donné en sortant de la pièce avait touché Livia. Cette fille était vraiment la plus douce et la plus aimante qu'elle ait jamais rencontré et qu'elle ne rencontrerait jamais.
La deuxième visite qu'elle reçut eut lieu après le diner. Et elle fut plus que surprise lorsqu'elle vit le jeune homme s'installer dans la chaise grinçante à la gauche de son lit. Thomas Davis n'était pas une personne qu'elle s'attendait à voir ici. Comme les autres qui étaient passés avant lui, elle s'attendait à ce qu'il passe le reste de l'année à l'ignorer et tout faire pour être le plus éloigné d'elle que possible. Pourtant il était là, avec son sourire chaleureux et ses yeux pétillants de gentillesse. Livia en eut presque un pincement au cœur en le voyant faire.
-Salut, dit Livia en le regardant fixement, affalée dans son lit.
-Salut, répondit celui-ci en gardant son petit sourire charmeur. Comment tu te sens ?
-Bien, répondit Livia. Mais j'imagine que tu n'es pas venu ici uniquement pour savoir comment je vais ?
Thomas la regarda longuement avec une expression moins souriante mais toujours aussi charmante.
-Non, finit-il par répondre. Phoebe est sur la sellette dans l'équipe après ce qui s'est passé et le capitaine m'envoie pour questionner ta version des faits.
-Je vois, dit Livia d'un ton calme.
-Est-ce qu'il y avait un conflit entre Phoebe et toi avant hier ?
-Non, répondit Livia en regardant son bras bandé. Pour être honnête je ne connaissais même pas son nom avant d'atterrir à l'infirmerie.
-Est-ce que tu verrais une quelconque raison pour laquelle elle aurait pu te vouloir du mal ?
Livia regarda devant elle une minute. Elle repensa aux rougeurs de la jeune batteuse lorsque Sirius avait remis une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Si elle voulait retourner le coup à son expéditeur c'était le moment idéal pour le faire. Le dénoncer était la meilleure chose à faire à ce moment précis. Pourtant Livia hésitait. Elle hésitait d'une part parce que cela faisait risquer un blâme pour agression d'élève non pas qu'à Sirius mais aussi à une fille assez bête pour faire tout ce qu'il lui disait de faire. D'autre part… Livia ne voulait pas prendre ce virage dans leur guerre. Elle qui avait déjà été blâmée et renvoyée, elle savait que ce n'était pas une décision à prendre à la légère. Non. Même si c'était très tentant de le faire, il fallait qu'elle le reconnaisse, Livia ne pouvait pas les dénoncer.
-Non, répondit-elle alors. Et, sincèrement, je crois que vous devriez l'écouter quand elle dit qu'elle n'a pas fait exprès. C'était un accident, ça peut arriver.
-Livia, dit Thomas en devenant soudain plus sérieux, ça n'avait pas l'air d'un accident. C'est pour ça que les professeurs nous ont demandé de vous interroger. C'est interdit de s'en prendre délibérément aux spectateurs en plein match, Phoebe risque de…
-Je sais, l'interrompit Livia en évitant soigneusement son regard. Je sais que ça n'en avait pas l'air, mais c'était un accident Thomas ! Je n'ai rien d'autre à ajouter.
-Très bien, répliqua Thomas après l'avoir longuement regardé comme s'il voulait sonder son âme.
Après cela il s'était levé, avait remis sa chaise à sa place et s'était dirigé vers la sortie. Livia l'avait regardé sans rien dire. Elle mentait et il le savait. Cela ne devait que creuser encore plus le fossé qui se dessinait entre eux depuis un moment. Livia aurait aimé que ça ne soit pas ainsi, mais maintenant qu'elle le regardait, elle se dit qu'il valait beaucoup mieux qu'elle. Beaucoup mieux qu'une fille qui se cachait derrière un mur de glace.
-Livia ? dit-il sur le pas de la porte alors que celle-ci s'apprêtait à reprendre le livre qu'elle lisait avant son arrivée. Si tu as des problèmes et que tu as besoin d'aide… N'oublie pas que je suis là.
-Merci Thomas, répondit la jeune sorcière en le regardant fixement de ses yeux indigo. Mais je peux régler mes problèmes toute seule.
-Je sais bien, souffla-t-il avant de partir de l'infirmerie, laissant Livia seule avec ses pensées des pensées qui l'assaillirent toute la nuit.
Sa sortie de l'infirmerie se fit très tôt le lendemain, à la demande de Livia. Elle détestait les infirmeries. Alors elle avait fait le nécessaire pour quitter au plus vite cet endroit. Elle avait aimé retrouver sa salle commune, son lit et puis la grande salle. À son entrée dans la salle de repas, Phoebe Dolan était venue jusqu'à elle et l'avait remercié de n'avoir rien dit à Thomas Davis. Livia lui avait répondu que ce n'était pas la peine de la remercier. Mais celle-ci avait insisté et lui avait donné un cadeau pour se faire pardonner. C'était un bracelet peu esthétique mais Livia ne pouvait pas juger ni refuser. Alors elle était partie rejoindre ses amies avec le bracelet violet qui lui avait offert Phoebe autour du poignet.
Marlène l'avait bombardée de questions tout au long du petit déjeuner. La Gryffondor s'attendait à ce qu'elle ait le bras dans le plâtre alors la voir avec un simple bandage à l'épaule avait déclenché chez elle le côté le plus insupportable de sa personnalité. Livia avait fini par céder et l'avait laissé toucher son épaule pour vérifier par elle-même que tout était en place pour avoir un peu la paix.
Lily, elle, bien que peu bavarde sur les évènements au contraire de Marlène, fut d'une grande aide pour Livia. Elle restait près d'elle en permanence pour l'aider à porter ses affaires ou pour lui tenir compagnie. Elle avait même chargé les autres de le faire quand elle-même ne pouvait pas. Elle aimait bien ces marques d'attention, mais il est vrai qu'au cours de la semaine cela avait fini par légèrement l'agacer. Elle qui voulait espionner le duo Mulciber-Avery pour dégager une fenêtre d'action propice, avoir constamment sur le dos Lily, Marlène, Dorcas ou Mary, avait compliqué les choses.
Ce ne fut que le week-end arrivant que Livia trouva un temps de répit. Dimanche soir, elle s'était isolée dans une partie de la bibliothèque et avait profité de ce moment de solitude avant que le sanctuaire des livres de magie ne ferme ses portes deux heures plus tard. Cela lui avait permis de réfléchir au peu qu'elle avait vu des deux sang-purs au cours de la semaine. Ils ne faisaient rien de spécial en vérité. La seule chose intéressante qu'elle avait pu glaner c'était qu'ils se déplaçaient constamment en bande. Il y avait toujours de nouvelles têtes autour d'eux qui se renouvelaient pour servir les deux « petits princes ».
Voilà la deuxième information qu'elle avait pu récolter sur les deux Serpentards. Ils étaient traités comme des dieux par les autres membres de leur maison. Ce qui compliquait grandement la tâche à Livia. Si elle voulait pouvoir faire une démonstration de force sur les deux garçons sans prendre de risque, il fallait séparer les deux moutons du reste du troupeau. Une fois débarrassé de l'effet du nombre, les moutons seraient beaucoup moins pénibles. Or cela pouvait se révéler problématique si c'était les moutons rois. Livia n'avait pas encore prévu ce qu'elle allait leur dire. Le chantage semblait de loin la meilleure chose à faire. Avec les informations que Guertruda lui avait donné elle avait le moyen de le faire. Cependant, elle devait trouver le moment où elle aurait le plus d'impact sur eux.
Maintenant, il fallait qu'elle arrive à trouver un moment propice et c'est là que les choses se compliquaient. La seule plage qu'elle voyait c'était lors du bal d'Halloween qui aurait lieu dimanche prochain. Tous les sbires des deux princes seraient occupés à la fête, ce serait l'occasion parfaite.
En sortant de la bibliothèque, Livia s'était dit qu'elle aurait tout le temps d'y penser au cours de la semaine. Tant qu'elle était seule il fallait qu'elle en profite. Voilà pourquoi elle se mit à chercher Peeves.
L'esprit frappeur de Poudlard n'était pas facile à trouver quand on le cherchait, c'est ce qu'elle se dit après la première demi-heure de recherche. Peeves n'était pas du genre discret d'habitude et sa tentative de l'être après l'incident du vol avait duré pas plus de quatre jours avant qu'il ne reprenne ses mauvaises habitudes en décidant de jeter des craies sur les premières années en cours de sortilèges. Après une heure de recherche au quatrième étage elle s'était rageusement assise sur une banquette. Elle mourait de faim et ce fichu esprit du chaos refusait de se montrer.
-Pourquoi ce vieux pantin n'est jamais là quand on a besoin de lui ! souffla-t-elle rageusement à elle-même.
-Détrompe toi petit serpent ronchon, dit une voix épouvantable derrière elle.
Livia en eut un sursaut et se releva précipitamment regardant autour d'elle pour trouver l'origine de cette voix qui faisait davantage penser à un gazouillis qu'à une vraie voix. Il n'y avait personne. Elle regarda de tous les côtés, même dans les airs, mais il n'y avait pas âme qui vive dans le couloir. Elle chercha dans tout le couloir pendant quelques instants, pensant trouver l'esprit frappeur (car qui pouvait trouver un surnom aussi débile que lui ?) mais elle ne trouva rien.
Agacée, elle s'était donc décidée à abandonner et reprendre après son diner, mais alors qu'elle s'apprêtait à descendre les escaliers elle entendit un bruit étrange à plusieurs mètres derrière elle. Ça ressemblait à un rôt. Oui Livia était sûre que c'était un rôt.
Elle s'était retournée pour observer le couloir. Bien sûr personne. Si ce petit esprit grossier comptait lui faire une farce c'était mal la connaître. Elle sortit sa baguette et fit quelques pas dans le couloir vide, très attentive. Après une minute d'observation vaine, Livia décida de repartir, mais lorsqu'elle se retourna le vieil esprit frappeur était devant elle et il lui souffla un « bouh » qui la fit instinctivement sursauter et reculer.
Peeves éclata de rire. Elle avait eu l'occasion de l'entendre et le voir plusieurs fois depuis son entrée dans l'école, mais jamais d'aussi près. Si on lui demandait de qualifier ce rire, Livia le situerait entre le bêlement d'une chèvre et le rire d'un lutin de Cornouailles. C'était assez peu agréable. En réalité, tout chez cet esprit frappeur n'était pas très agréable.
-Peeves, siffla Livia en serrant sa baguette dans sa main droite lorsque son rire diminua d'intensité.
Ce dernier la regarda et fit une grossière révérence qui se termina par un pet qui le fit mourir de rire tout seul. À ce moment-là, Livia se demanda sincèrement si elle comptait vraiment confier les rênes de son futur coup à cet esprit frappeur.
-Qu'est-ce qu'il veut le petit serpent ronchon ? demanda l'agent du chaos avec sa voix bêlante.
-Une aide pour orchestrer un mauvais coup, répondit Livia choisissant de capter tout de suite l'attention de l'esprit.
-Une aide pour orchestrer un mauvais coup, répéta le non-être en essayant d'imiter vulgairement la voix de la jeune femme. Et pourquoi Peeves devrait aider ce petit serpent ronchon ?
-Pour la vengeance, répliqua Livia d'un ton doux, flatteur et très calculé. Sirius Black à fait en sorte que le Baron sanglant soit à tes trousses pendant des jours, t'obligeant, toi, l'esprit frappeur le plus puissant de Grande-Bretagne, à te cacher comme un rat. Aujourd'hui, je t'offre l'opportunité de prendre ta revanche et…
Livia s'interrompit en entendant le ronflement de Peeves. Il mimait le sommeil avec un sourire qui s'étendait de part et d'autre de son visage. Livia pensait qu'il allait se reprendre en entendant que Livia s'était interrompue mais il continuait de ronfler. Livia aurait vraiment cru qu'il s'était endormi s'il n'avait pas ricané entre deux ronflements. Elle finit par claquer les doigts au-dessus de son visage abominable pour qu'il ouvre les yeux.
-Peeves roupille quand il s'ennuie, dit alors l'esprit en baillant. Et comme tous les mots qui sortent de la bouche ennuyeuse du petit serpent ronchon sont ennuyeux, Peeves s'est endormi. Qu'est-ce qu'il disait le petit serpent ronchon et ennuyeux ?
Livia eu envie d'étrangler l'esprit. Elle savait que Peeves était un farceur qui aimait être grossier et agaçant. Mais elle savait aussi qu'elle avait besoin de lui. Alors elle décida de garder son calme et d'abandonner la carte de la vengeance pour l'appât.
-Tu es un esprit du chaos n'est-ce pas ? demanda-t-elle à l'esprit qui secoua les grelots de son ridicule chapeau en guise de réponse. Cela signifie que ton essence se situe dans le chaos et la destruction ? Peeves secoua de nouveau ses grelots. Alors pourquoi refuserais-tu de répandre le chaos et la destruction alors que je te donne l'occasion de le faire ? finit-elle en jouant le jeu agaçant de la répétition auquel semblait jouer le non-être.
-Parce que Peeves ne fait jamais ce qu'on lui dit de faire. Ça fait aussi partie de son essence ça petit serpent ronchon et ennuyeux ? Demanda-t-il avec une petite voix de bébé qui l'insupporta encore plus que sa vraie voix, ce qui était sans doute l'objectif.
Quel esprit débile. Elle savait qu'il était trop imprévisible pour qu'elle lui fasse confiance. Pourtant elle n'allait pas abandonner, il suffisait de trouver une carotte pour faire avancer l'âne, Livia le savait avant de partir à sa recherche.
-Et si je te donnais quelque chose en échange ? proposa Livia d'un ton calme. Quelque chose que tu convoites ?
L'esprit frappeur s'arrêta de glousser pour la première fois depuis le début de leur échange. Il regarda de ses yeux noirs la petite sorcière qui l'épiait sans la moindre trace de peur ou d'agacement sur le visage, bien qu'intérieurement c'était le cas.
-Hummmmm, fit l'esprit frappeur d'une horrible petite voix aigüe. Cela pourrait se faire. Mais alors il faudrait que le petit serpent ronchon et ennuyeux lui donne quelque chose de valeur.
-Dis-moi simplement ce que tu veux et je te le donnerai, dit Livia d'un ton calme et sûre d'elle.
-Qu'il est brave et déterminé le petit serpent ronchon et ennuyeux ! dit Peeves avec un rire moqueur en roulant dans les airs. Très bien. Si tu arrives à procurer à Peeves la carte de toutou black et ses amis, il propagera le chaos quand tu lui demanderas.
-Une carte ? Mais quelle carte ?
-Une carte petit serpent ronchon et ennuyeux. Une carte qui permettra à Peeves de pouvoir échapper au Baron quand il fait ses mauvais coups. Peeves a vu toutou Black s'en servir et depuis Peeves la veut. Alors va la chercher sinon pas de chaos pour toi.
Sur ces mots il disparut. Livia n'eut même pas le temps de lui dire d'attendre qu'il s'était déjà volatilisé. Furieuse elle pesta contre l'esprit frappeur et elle entendit l'écho dans son rire quand elle eut terminé de le maudire, ce qui lui donna un frisson de rage.
