Avant la première journée de cours il y avait toujours une ronde de tous les enseignants pour s'assurer que tout était en place afin d'avoir le meilleur accueil. C'est ainsi qu'une Hermione réjouit et un Severus grognon se rejoignèrent devant la porte du château. Ils allaient commencer par l'extérieur et vérifier les barrières magiques.
Sans un mot, Hermione se mit à sautiller, les mains dans le dos, vers les jardins de Poudlard. Snape la suivit en maudissant le monde entier d'avoir Granger avec lui.
C'est quand ils pointèrent leur baguette vers le ciel en murmurant les sorts de protection que le Maître des Potions se fit entendre.
- Qu'est il arrivé à Draco ?
Hermione ne sembla pas l'entendre à première vue puis se réveilla de la sorte de transe enjouée dans laquelle elle était en secouant la tête.
- Pardon vous disiez ? J'étais dans mes pensées.
Il soupira.
- Je vous ai demandé ce qu'il était arrivé à Draco. Je vous ai entendu en parler avec la directrice à la réunion.
- Oh ça.
Ses yeux semblèrent étrangement vitreux et vides. N'étaient ils pas ennemis ? Pourquoi donc avait elle l'air triste ?
- Techniquement je ne peux pas vous en parler puisque ça concerne les aurors. Mais vus que vous êtes son parrain je suis surprise que vous ne soyez pas au courant. Il a prit un sortilège de plein fouet en me défendant. C'est de la magie noire et les médicomages n'arrivent pas à l'identifier. Ils le soignent avec les procédures habituelles mais ça prend beaucoup plus de temps.
- Comment savez vous que je suis son parrain ?
Il semblait étonné. Une expression en voie de disparition, voire éteinte, sur son visage depuis des années.
- C'est vraiment le cadets de vos soucis, vous ne croyez pas ?
Il la fixa. Il n'aimait pas le fait qu'elle sache quoi que ce soit sur sa vie personnelle.
- Okay. En fait, Drago et moi on a commencé à se parler plus amicalement puisque notre travail nous impose une parfaite confiance en son partenaire. Et je finissais toujours dans son groupe ou en binôme avec lui. C'est surtout parce que j'étais la seule à le supporter assez. Vous savez à ses débuts, même s'il n'insultait plus les nés moldus, il restait fidèle à ses origines. Ce n'est que bien plus tard, il y a à peu près un an et demi, que nous sommes "amis", mima-t-elle avec ses doigts. C'est là qu'il a commencé notamment à s'ouvrir et me parler comme à un confident. Il me parlait aussi un peu de vous.
D'après lui vous êtes un peu comme les œufs en chocolat: vous avez une carapace pour vous protéger des autres mais quand on brise la glace, on se rend compte que vous êtes une surprise à vous tout seul.
Il sembla étonné que son filleul puisse dire de telles choses à son sujets. Ils s'était perdus de vus après la guerre et même s'il se parlait toujours un peu, ils n'avait pas de complicité qui leur était propre.
Voyant les sourcils de son ex-professeur se lever exagérément, la jeune femme attendit qu'il parle pour reprendre.
- Parlons nous du même Draco Malfoy ? Vous l'avez changé en Gryffondor, dites moi.
Son sarcasme plus qu'évident avait arrêté de lui faire envie de rétorquer des mots bien sentis depuis longtemps. Elle laissa donc couler.
- Puisqu'il semblerait que je doive rester ici encore longtemps, j'aimerais voir si ses paroles sont véridiques, s'amusa-t-elle.
Il ne s'en fustigea pas.
Après avoir vérifié les barrières tout autour du château, ils montèrent à la tour d'astronomie où ils devaient faire le point avec le groupe de Firenze.
N'étant pas arrivé, Hermione et son partenaire les attendirent de pied ferme. Elle se placa au rebord de la fenêtre et observa le parc. On pouvait voir quelques professeurs passer jusqu'à ce qu'elle voit quelque chose qu'elle attendait avec impatience depuis ce matin là. Une tête blonde.
Oubliant sa peur du vide, elle se mit à croupis et pieds joints sur le rebord de la fenêtre et sauta dans le vide. Baguette en main, elle amortit sa chute en la ralentissant considérablement jusqu'à arriver à quelques mètres du blondinet.
- Draco ! s'écria-t-elle.
- Petite Hermite, répondit-il, il était le seul à avoir le droit de la nommer ainsi.
Ils s'enlacèrent tendrement avant de se quitter pour rentrer.
Snape qui avait tout suivit fut des plus surpris de voir l'entrain de la jeune femme à retrouver son filleul. Il descendit également lorsqu'il vit Granger lui faire un signe de la main pour l'inciter à venir. Il laissa tomber les raisons pour lesquelles ils étaient montés et descendit rapidement les rejoindre.
En arrivant dans le couloir central de l'entrée du château, Snape vit les deux jeunes aurors rire avec beaucoup de complicité. Cela lui rappela qu'il n'avait jamais vraiment entendu son filleul rire de bon cœur. Ce cadre faillit lui faire sourire, si ce n'était pour cette Granger qui gachait le paysage.
Minerva et Firenze s'approchèrent sur la droite.
- Ah Mr Malfoy, nous vous attendions avec impatience ! s'exclama la directrice en trotinant vers lui.
- Bonjour Mme la Directrice. dit-il avec une légère courbette de respect.
- Nul besoin de s'embarrasser de telles formalités. Appelle moi Minerva voyons.
Draco se redressa et lui fit un sourire en guise de réponse. Il passa un bras autour des épaules d'Hermione et alla saluer son parrain.
- Parrain ! Je suis si heureux de vous revoir !
- Draco, tu as bien grandi, et mûri à ce que je vois. dit-il avec un bref regard vers Hermione. "Faites l'amour pas la guerre" à ce que je vois.
- Pfff, aucun moyen que Hermite et moi on finisse ensemble, on continue notre guerre mais de façon plus amicale et détendue, n'est-ce pas chérie?
Elle riposta directement de son ton le plus mielleux.
- De toute évidence mon cœur, quand tout le monde sera parti je vais t'étrangler pour m'avoir fais aussi peur.
Elle dégaina sa baguette et joua avec sous son nez.
- Oui on verra ça après.
Firenze et Minerva s'en allèrent après quelques salutations et il ne restait plus que Snape et les deux aurors.
Hermione prit l'initiative de s'en aller pour les laisser discuter.
- Je pense que vous avez encore beaucoup de choses à vous dire, je vais me retirer vers mes appartements. Si vous avez besoin d'aide n'hésitez pas.
Elle les planta donc là, seuls, se fixant en chiens de faïence, au milieu de l'entrée.
- J'ai entendu ce qu'il t'es arrivé, Draco. Comment te portes tu ? commença prudemment le Maître des Potions.
- Ce n'est pas encore guérit mais la cicatrisation avance bien, d'ici quelques semaines je serais tiré d'affaire. Donc jusque là, je ne pourrai faire aucun effort très exigent.
- Bien, je vois. Et comment va ta mère ? Toujours alitée ?
- Hélas oui, tu devrais aller la voir un jour. Depuis que père est à Askaban elle s'ennuie énormément.
- J'y penserai.
- Bon je te laisse je vais rejoindre Hermione, on a beaucoup à se dire. On se voit au dîner.
- Au dîner alors.
Draco s'élanca dans la direction vers laquelle sa collègue était partie en faisant un signe de main à son parrain.
