In The Heart Of The Sea (Au Cœur De La Mer)

Résumé : Les Mers et leurs cousins meurtriers, les Sirènes, furent toujours en désaccord mais récemment, quelqu'un, avait commencé à rallier les prédateurs normalement solitaires sous une seule bannière et le climat de paix sur le récif où Harry était né et avait grandi sombra dans l'anticipation d'une guerre. Malheureusement pour Harry, selon Luna, il y avait une sirène dans son avenir.

Auteur : Kaede Ravensdale

Traductrice : yaoipowaa56

Disclaimers : Je ne possède rien d'Harry Potter


Chapitre 9 : La Sirène et Le Mer

Harry resta allongé pendant près de deux semaines sous les yeux inquiets de ses parents et de ses parrains. Sa mère avait pris en charge ses blessures, reçues à la fois du requin qui l'avait attaqué à l'origine et de la colère de Tom, en utilisant des méthodes qui lui étaient bien plus familières, bien que moins efficaces, que la pâte que la sirène avait employée. Son père, Rémus et Sirius l'avaient interrogé sans fin sur ce qui s'était passé. À quoi il avait pensé en allant au bord du récif avec Draco. Ce que Tom lui avait fait. Ce que Tom avait prévu de faire. Ce que Tom lui avait fait faire et si on s'était occupé de lui correctement ou non.

Harry leur avait répondu par une version modifiée de la vérité. Il avait admis que la sirène lui avait fait du mal à quelques reprises, bien que cela n'ait jamais semblé intentionnel. C'était plutôt la conséquence du fait qu'il ne savait pas comment se comporter correctement face à quelque chose de bien plus petit et plus faible que lui. Il leur avait dit qu'il l'avait forcé à manger de la viande, mais seulement une fois, et qu'après cela, il lui avait fourni une nourriture adéquate. Il avait omis de mentionner les véritables motifs de Tom pour ne pas l'avoir tué purement et simplement.

Il ne savait toujours pas ce qu'il allait faire pour Tom et il savait très bien que si sa famille apprenait qu'il avait eu les attentions amoureuses d'une sirène, il ne pourrait plus jamais aller nulle part sans être surveillé.

Ses amis étaient venus lui rendre visite plus d'une fois, Ginny reprochant à Malefoy de l'avoir abandonné, Hermione le réprimandant d'avoir été un idiot imprudent et d'avoir nagé dans les eaux libres, Ron s'excusant de ne pas avoir été là ce jour-là et tous trois désireux d'entendre une histoire sur une sirène.

Harry eut le sentiment qu'ils partirent déçus car l'histoire n'était pas si excitante que ça, mais c'était pas plus mal. Il leur avait dit la même vérité qu'à ses parents - Ginny et Ron pouvaient peut-être se taire, mais il savait qu'il ne fallait pas s'attendre à ce qu'Hermione ne signale pas immédiatement l'affaire à ses parents - et il était trop préoccupé par l'état potentiel de Tom.

Et cette inquiétude ne faisait qu'augmenter de jour en jour. Tom avait dit qu'il lui restait quelques mois, tout au plus, à vivre. Quand Harry était parti, il commençait à avoir l'air malade, sa peau était légèrement jaunâtre et ses écailles commençaient à s'opacifier. À quoi pouvait-il ressembler maintenant ? Était-il au moins encore en vie ?

«Chérie, où vas-tu ? Tu viens juste de te rétablir.»

Harry s'arrêta à la porte de leur maison et se retourna pour regarder sa mère.

«Je vais rendre visite au vieux Dumbledore.»

«Dumbledore ?» Lily semblait à la fois préoccupée par sa capacité à aller si loin si tôt et confuse sur ce qu'il pourrait bien vouloir faire avec le gentil, sage mais indéniablement excentrique ermite et son poisson phénix. Il était le seul Mer à quinze kilomètre à la ronde, à prendre soin des ruines, qui était tout ce qui restait du grand Temple de Neptune. «De quoi as-tu besoin de lui parler ?»

Le petit corbeau détourna le regard. Il était presque certain qu'il n'y avait aucun moyen que ses parents, certainement pas son père et certainement pas compte tenu de son histoire avec les Sirènes en général et Tom en particulier, seraient satisfaits de ce qu'il avait prévu de faire. Ni même la moindre idée de ce qu'il avait prévu de faire.

«Harry.» Son ton fut un peu plus sévère. Il risqua un regard rapide vers elle à travers ses cils. «Chérie, s'il te plaît. Dis-le-moi.»

Il soupira mais, conscient qu'il ne pourrait sans doute pas s'échapper sans rien dire et ne voulant pas mentir plus que ce qu'il avait déjà fait, il céda. «Je veux en savoir plus. A propos des sirènes. Pour peut-être... les comprendre un peu plus. Et il n'y a personne sur le récif qui en sache plus que lui sur les Sirènes et leurs histoires avec nous.»

Lily semblait encore indécise à le laisser sortir de la maison. «Tu vas vraiment voir Dumbledore ? Tu ne vas pas retourner au bord du récif, n'est-ce pas ? Avec Draco Malefoy ou quelqu'un d'autre ?»

Harry secoua la tête. «Non, maman. Je veux seulement lui parler d'histoires et de légendes. Je n'ai pas l'intention de retourner au bord du récif ou dans les eaux libres.» Pas de plans solides, en tout cas. «Je te le promets.»

Après un moment, elle acquiesça de la tête. «D'accord, mon amour. Sois de retour avant la nuit, d'accords ?»

«Je reviendrai. Je te le promets.» Il se précipita à l'extérieur avant qu'elle ne puisse reconsidérer sa décision.

Après avoir été retenu si longtemps en captivité, que ce soit dans la grotte de Tom, ou dans sa propre maison, c'était incroyable d'être à l'extérieur - et de nager seul - au point qu'il en oublia presque entièrement l'urgence de sa mission d'enquête au milieu de l'eau chaude et des couleurs vives.

Comment obtenir au mieux les informations dont il avait vraiment besoin ? Plonger la tête la première et demander directement ce qu'il voulait savoir serait un peu trop risqué. C'est alors qu'il se décida : il approfondirait le sujet de plus en plus.

Harry étendit ses nageoires pour ralentir son rythme et se dirigea vers un étroit canal donnant sur un corail violet. Il se glissa par la porte cachée dans l'un des plis et regarda l'intérieur sombre avec une curiosité prudente.

Il n'était venu qu'une seule fois auparavant, lorsque Remus était venu chercher des conseils sur une affaire liée aux Gardiens du Récif et l'avait emmené avec lui. Aussi étrange qu'il soit, Albus Dumbledore était le plus ancien des Mer sur le récif et possédait une richesse en connaissances précieuses. Beaucoup lui demandait de l'aide, comme il allait le faire lui-même. Cela étant dit, personne ne savait exactement quel âge il avait et d'où il venait. L'ancien Mer, avec une queue aussi bleue que les eaux peu profondes du récif en plein été, était apparue un jour au milieu des vagues et était restée dans la région depuis lors.

C'était une croyance largement répandue parmi les enfants que Dumbledore pourrait être lui-même le dieu de la mer. Harry n'en était pas si sûr.

Le scintillement d'une écaille rouge au coin de sa vision attira son attention et il tourna la tête juste à temps pour se retrouver face à face avec Fumseck. Le poisson phénix le siffla et nagea en cercles rapprochés avant de repartir plus profondément dans la maison.

Prenant cela comme une permission d'avancer, Harry continua à chercher le propriétaire de la maison. La première chose qu'il remarqua fut que, comme Tom, l'ancien Mer possédait un tas d'objets brillants dont beaucoup semblaient être d'origine terrestre et dont il ne pouvait même pas deviner leur utilisation. Les objets brillaient d'une manière terne dans la pénombre. Quelques-uns reflétaient même son image lorsqu'il passait.

Il trouva Dumbledore à l'arrière de la maison, regardant une tablette en pierre qui semblait provenir du temple à proximité mais qu'Harry n'avait jamais vu lui-même. Il leva les yeux lorsque le Mer entra, une longue barbe argentée traînant comme un rayon de lune dans les faibles profondeurs, et sourit. «Harry, mon garçon. Je me doutais que tu viendrais.»

Il fut surpris, c'était le moins qu'on puisse dire. Cela signifiait que d'une certaine manière, le Mer l'attendait.

«Quand j'ai appris que tu avais disparu, j'ai été très inquiet. Comme tous le monde. Et quand j'ai appris que tu étais revenu, j'ai été, bien sûr, soulagé. Et j'ai été très curieux d'apprendre que ton sauveur n'était autre que Tom Elvis Jedusor. Autrefois, la sirène la plus vicieuse des environs.»

«Autrefois ?» Il y avait quelqu'un de plus féroce que Tom, qui détenait un plus grand territoire, dans la région ? Harry trouva cela assez difficile à croire.

«Je pense que tu as constaté qu'il y a une créature bien plus sauvage qui habite ces eaux maintenant. Le chef fou du front sud. Une sirène plus âgée qui se fait appeler Voldemort. De curieuses créatures, les Sirènes. Ce sont nos cousins les plus proches, les plus proches étant les Humains - les queues de terre comme tu les connais probablement - et pourtant la plupart des Mer se fichent de savoir quoi que ce soit sur eux.»

«Ce manque de connaissance est la raison pour laquelle je suis venu ici aujourd'hui, Monsieur. Vous êtes de loin le plus âgé et le plus sage des Mer, sur le récif et j'espérais que vous pourriez me parler des Sirènes. Pour que je puisse mieux comprendre ce que j'ai vu de Tom pendant que j'étais sous sa garde.»

«Je pense, Harry, que raconter une histoire n'a jamais fait de mal à personne. Viens avec moi.» Dumbledore lui montra un bol de fruits en passant. «Une poire de mer ?»

«Non merci, Monsieur.» Déclina Harry poliment, en suivant l'ancien Mer à l'autre bout de la maison.

La tablette vers laquelle il se dirigèrent était cassée en bas, mais les gravures qui s'y trouvaient, contrairement à celles qu'il avait vues auparavant, pouvaient être clairement distinguées sans trop d'effort. Pas d'écriture, cette fois, mais des images. Une Sirène et un Mer et deux dieux dont Harry supposa qu'ils étaient Neptune et Océanus.

«Il fut un temps où les mers ne connaissaient que deux Seigneurs ; Neptune, le Seigneur des eaux bleues chaudes, des bas-fonds et des endroits lumineux et Océanus, le Seigneur des eaux noires froides, des endroits profonds et de toutes les fissures et crevasses où les courants étaient rapides et où la lumière du soleil n'entrait pas. Ces êtres anciens étaient très différents, mais égaux en puissance, et lorsqu'ils se sont rencontrés pour la première fois, ils sont tombés amoureux et ont engendré une Sirène et un Mer.»

«Pendant des siècles, la paix régna dans les mers, et en entretenant leurs Temples et leurs terrains de chasse respectifs, il y eut un accord entre les deux peuples, mais tout cela prit fin lorsque Neptune et Océanus se trouvèrent en désaccord. Tous les couples se disputent, Harry, et les couples pieux ne sont pas différents. Mais contrairement aux mortels, les conséquences ont tendance à être beaucoup plus importantes. Tout l'océan entra en guerre contre lui-même, et la brèche qui s'ouvrit fut si profonde qu'elle se propagea à travers leurs enfants.»

«Les Mers se mirent du côté de Neptune.» Conclut Harry, en obtenant un acquiescement de l'autre, il continua : «Et les Sirènes avec Océanus.»

«Oui, mon garçon. Mais une guerre entre frères et sœurs et cousins est à bien des égards pire qu'une guerre entre amants et parents. Et même après que les Dieux aient mis fin à leur combat et ont décidé de passer quelques siècles à part, la querelle sanglante entre les Sirènes et les Mers n'a fait qu'empirer. Sans leurs protecteurs pour les contenir, les Temples tombèrent en ruine. Des milliers de personnes moururent des deux côtés. L'eau devint rouge pendant des décennies. Et à la fin, les sirènes furent entraînées dans des eaux plus profondes.»

«Chaque jour, chaque moment qui passe, le gouffre de la haine et de la mauvaise volonté entre nos deux espèces ne fait que s'approfondir. Et le plus triste dans tout ça, c'est que peu de gens, se souviennent de la raison pour laquelle nous nous battions en premier lieu. Tant que les choses ne se calment pas, les dieux ne peuvent pas revenir, mais ils ne peuvent pas non plus agir directement. Mais peut-être qu'un jour prochain, ils choisiront des champions pour mettre fin à tout cela.» Harry ne pouvait s'empêcher de froncer les sourcils. «Allons-nous parler de ce qui t'a véritablement amené ici ?»

«Je... je ne... Je ne suis pas...» Il était évident, d'après le regard complice qu'il lui lançait, que ses refus bégayés et son visage rouge homard ne le mènerait nulle part. «Monsieur, vraiment, je...»

«Tu n'es pas le premier à te retrouver dans une telle situation, Harry. J'ai moi-même passé une grande partie de ma vie en contact avec une sirène, bien que cela fasse un certain temps que je n'ai pas vu Gellert.»

Harry le regarda avec surprise et, avant qu'il ne puisse s'arrêter, il lâcha : «Est-ce qu'ils meurent ? S'ils... ne s'accouple pas ?»

Dumbledore soupira, le scintillement dans ses yeux s'estompa quelque peu. «Ça n'a pas toujours été le cas, mon garçon, mais oui. Ils meurent.» Dit-il. «Après que les Sirènes aient été chassées des récifs, la concurrence pour la nourriture avec les autres prédateurs les ont obligées à se disperser sur des territoires plus vastes, férocement gardés, dans les parties les plus froides et les plus sombres de la mer. Mais leur instinct les obligea à se lier et à s'accoupler, pas simplement pour continuer leur lignée mais pour remplir le vide laissé en eux. Les sirènes s'accouplent pour la vie et valorisent leurs compagnons au-delà de leur plus grande réserve de trésor. S'ils les perdent, ils meurent de chagrin. S'ils ne trouvent pas de partenaire, c'est la solitude qui les emportent.»

Alors Tom n'avait pas menti. Il le voulait vraiment comme compagnon. Et il était vraiment mourant. Harry se sentait mal mais ne savait pas ce qu'il devait faire ; comment pouvait-il arranger les choses ?

«Tu as remarqué le trésor de Tom quand tu étais avec lui, j'en suis sûr.» Il acquiesça. «Les sirènes gardent jalousement leur trésor et feront des kilomètres si cela signifie en collecter davantage. Une nouvelle pièce serait, j'en suis sûr, très appréciée. Visite les ruines du Temple, juste au nord d'ici ; je suis sûr que tu pourras y trouver quelque chose.»

«Merci, Monsieur.» Harry jeta un dernier regard sur la tablette en pierre avec les images gravées dessus. «Je vais y aller maintenant. Vous n'allez pas... dire à mes parents de quoi nous avons parlé ? S'ils viennent vous demander ?»

«Nous n'avons parlé que d'histoires et de légendes, Harry. Il n'y a pas de quoi avoir honte. Rien qui puisse potentiellement te voir banni. Mais reste prudent dans tes actions. Cela ne servirait à rien que tu t'attires des ennuis.»

Le Mer fit un signe de tête et se dirigea vers la porte, en prenant la direction qu'on lui avait indiquée. La direction du Temple de Neptune. Espérant qu'il trouverait ce qu'il cherchait. Espérant qu'il ne serait pas trop tard.


A SUIVRE...