Commentaire d'auteur :
Coucou tout le monde ! Comment allez-vous ? Cela fait un petit mois que je n'ai plus posté alors que j'avais les chapitres de côté, je m'en excuse, mais j'ai eu beaucoup de choses à régler ces dernières semaines, et je bosse également d'arrache pied sur mon roman, ce qui reste une priorité par rapport à mes fanfics, du moins jusqu'à ce que le premier jet soit terminé ! (sachant que j'en suis à environ 60k, sur les 150-180k que j'ai prévus, et quand ce sera le cas, je ferai une pause et finirai d'écrire les deux derniers chapitres de cette fanfic, ainsi que mes deux HP)
Breeeef quoi qu'il en soit on se retrouve aujourd'hui pour ce chapitre ! :) Il se passe entièrement dans Erebor et je n'en dirais pas plus donc je vais vous laisser lire ! :)
Tant que j'y pense je ne répondrais pas à vos reviews du dernier chapitre je n'ai vraiment pas le temps aujourd'hui, mais je le ferai sans faute pour les prochaines ne vous inquiétez pas ! D'ailleurs merci encore pour les nouveaux venus que j'ai remarqués, ça fait plaisir ! :)
PS : Je n'ai pas eu le temps de relire, s'il y a quelques petites fautes d'inattention n'y prenez pas garde ! :)
Chapitre 9
Bilbo avait le souffle court, comme s'il avait couru pendant des heures sans s'arrêter. De toute sa longue vie de dragon, il n'avait jamais vu de tel trésor, qui était si imposant que cela en était presque indécent. Des montagnes d'or étaient empilées dans toute l'immensité de la salle où il se trouvait, parsemées d'objets finement décorées, comme des plats, des cadres, des pichets et tout un tas d'autres choses totalement inutiles, mais également des pierres précieuses, des diamants d'une telle taille qu'ils auraient sûrement été trop lourds pour que Bilbo les tienne à une main. Il repéra aussi bon nombre d'émeraudes, et rubis et peu importe quoi d'autre encore, qui étaient parfaitement taillés, reposant au bout de lourdes chaines en guise d'ornements.
Il ferma les yeux et s'appuya un instant contre le mur le plus proche, respirant tant bien que mal - il savait que l'attrait de l'or serait difficile, mais il ne s'attendait pas à une telle merveille, et le hobbit avait beaucoup de mal à garder le contrôle, inspirant profondément pour ne pas se transformer par mégarde.
Il lui fallut plus de dix minutes avant de finalement reprendre le contrôle de lui-même, et après un long moment de réflexion, il décida qu'il était capable de descendre pour essayer de trouver l'Arkenstone, espérant ne pas y passer trop de temps, car il n'était pas stupide, et il savait que plus il passait de temps dans ce lieu, plus il risquait d'y laisser sa logique et son esprit sain, qui ne résisteraient pas longtemps à l'attrait de l'or.
Décidé, Bilbo franchit les quelques mètres et marches qui restaient et posa le peid sur l'or, le coeur serré de peur dans sa poitrine. Le dragon a l'intérieur de lui était comme fou, et il devait le maintenir coûte que coûte sous sa volonté, car c'était la seule chose qui le maintenait ici - et il ne voulait pas se transformer et perdre l'esprit, alors que les nains attendaient avec un espoir brûlant, son retour avec le coeur de la montagne.
Avançant davantage, le semi-homme remarqua qu'il lui était plus facile de se concentrer sur les pierres précieuses que l'or lui-même, cherchant la fameuse lueur que devait émettre l'Arkenstone. Il en trouva plusieurs qui auraient pu correspondre à la description que lui en avait fait Thorin, mais à bien y regarder de plus près, elles se ressemblaient toutes, alors même que la pierre qu'il cherchait était soit disant unique. Continuant ses fouilles, il tira sur une coupe pour l'observer avec attention, ne poussant s'empêcher de regarder les merveilles qu'il trouvait pour satisfaire son envie d'or, et écarquilla les yeux en voyant que son geste avait commencé à faire glisser une large colonne de pièces vers le bas, créant ce qui aurait pu s'apparenter à un glissement de terrain, et il retint son souffle.
Tentant de s'éloigner de la source du bruit qu'il venait lui-même de créer, son souffle se coupa dans sa poitrine lorsqu'il remarqua quelque chose d'écailleux dépasser d'entre les rivières d'or. Il reconnut le museau écailleux du dragon, et comprit que ce dernier s'était enfoui sous l'or jusqu'à s'y cacher entièrement, plongé dans un sommeil profond. Retenant un juron, il se cacha derrière le premier pilier à sa portée. Comment allait-il retrouver l'Arkenstone, sans réveiller Smaug et tout en luttant contre sa propre soif d'or ?!
- Oh non... murmura-t-il malgré lui, remarquant que l'or semblait bouger de chaque côté, lui dévoilant petit à petit la taille impressionnante de Smaug.
Il serra les lèvres et se cacha le plus possible contre le pilier, alors qu'il entendait la bête remuer jusqu'à commencer à se redresser, sa voix roulant comme du gravier :
- Je sais que vous êtes là... je vous entends respirer, voleur.
Bilbo état maudit - comment avait-il pu réveiller l'autre dragon en se contentant d'aller jeter un simple coup d'oeil à une coupe ?! Sa soif d'or serait sa perte, et cette fois-ci, elle se présentait sous la forme de l'un de ses congénères. Hésitant, sachant qu'il était déjà découvert, le hobbit se dévoila à la vue de la créature, levant les mains en signe de paix.
- Je ne suis pas venu voler, Smaug, loin de là.
Il retint son souffle, observant le dragon avec plus d'attention - il était gigantesque, bien plus que lui sous sa véritable forme, ses écailles d'une couleur terne, le doré de ces dernières devenues pâle, comme si Smaug n'en prenait pas soin - et cela était forcément le cas, puisqu'il était trop obnubilé par le trésor sur lequel il était installé, redressé dans toute sa splendeur. Ses ailes étaient grandes, leur texture parcheminée sagement repliée alors que ses griffes s'agrippaient aux piliers de la salle pour avancer et s'empêcher de glisser sur l'or dû à son poids imposant. Le regard rouge feu et fendu du monstre se posa sur lui et le hobbit déglutit, ne sachant comment allait se dérouler la suite, priant de ne pas se retrouver aussitôt sous un jet de flammes plus brûlantes que les flammes du Mordor. Les narines du dragon palpitèrent et son regard sembla s'écarquiller légèrement, comme s'il ne parvenait pas à croire ce qu'il venait de sentir, et s'exclama de sa voix grondante et sèche comme le verre :
- Je ne pensais pas avoir l'occasion de revoir l'un de mes frères vivant sur cette terre.
Bilbo ne répondit rien, totalement immobile - étonnamment, Smaug ne semblait pour l'instant pas menaçant, le fixant juste avec un intérêt certain.
- C'est pour cela que je suis ici, Smaug, avoua Bilbo après un instant d'hésitation. Trop longtemps je suis resté à me terrer sous cette forme que tu vois ici, il me fallait revoir l'un des miens. La solitude ne me sied guère, vois-tu.
Le regard de Smaug se rétrécit encore davantage et il demanda :
- Quel est ton nom, mon frère ?
Bilbo resta silencieux, bien qu'il eut envie de paniquer. Il avait un nom, autrefois - mais cela remontait à si longtemps qu'il l'avait oublié, se noyant dans le mensonge jusqu'à ne plus être qu'un hobbit, sans le moindre attrait pour l'or. Néanmoins, il savait que Smaug ne se contenterait pas d'une telle réponse, aussi réfléchit-il un court instant. Il avait entendu les nains de la compagnie parler Khûzdul plus d'une fois, et il sortit le premier mot dont il se souvenait, priant que la bête face à lui ne parlait pas le langage des nains qu'il haïssait.
- Mon nom est Baraz.
- Dis-moi, Baraz, mon frère, pourquoi est-ce que tes écailles puent le nain ? As-tu une explication ?
A ces mots, Bilbo eut envie de prendre ses jambes à son cou et de courir, de retourner aller se terre dans la Comté sans jamais plus en sortir. Comment aurait-il pu penser échapper à l'odorat parfait de la bête - passer des dizaines d'années enfoui dans l'or ne lui avait pas fait oublier l'odeur de ceux qu'il avait brûlé et dévoré, loin de là.
Le hobbit prit trop de temps à répondre, et il n'en fallut pas plus à Smaug pour perdre patience et siffler d'un air sauvage, la colère se reflétant dans ses pupilles :
- Tu es venu me voler mon trésor, car tu n'en as pas. Tu as ramené des nains pour me tuer ! VOLEUR !
Le rugissement de Smaug le secoua tellement qu'il trébucha, tombant au sol, tandis que la montagne elle-même tremblait sous son grondement. Jurant, le semi-homme se redressa et voyant le dragon se jeter sur lui, se mit à courir pour lui échapper - autant pour lui, il n'était même pas certain de ressortir vivant de ce tombeau qu'était Erebor.
Se jetant derrière une large pile de pièces, pensant se cacher à la vue du dragon, il comprit que cela ne serait pas suffisant, surtout lorsque les écailles sous la gorge de Smaug s'allumèrent, prêtes à déverser un déluge de flammes sur lui - et Bilbo comprit qu'il n'avait pas le choix.
Laissant le dragon prisonnier de son esprit prendre le dessus pour la première fois depuis le début du voyage, il sentit aussitôt ses écailles reprendre leur place tandis qu'il triplait de volume sans qu'il ne puisse plus rien contrôler. Les crocs qui n'avaient plus servi depuis des siècles refirent leur apparition, déchirant sa mâchoire jusqu'à reprendre leur juste place, et il sentit une queue hérissée de piques pousser comme si de rien n'était. En moins d'une minute, il reprit entièrement sa forme de dragon, ses écailles d'une couleur de cuivre semblable à de l'or rose absorbant les flammes de Smaug, les laissant mourir sur lui et s'éteindre sur l'or qui se trouvait sous ses pattes.
Bien que toujours là, l'esprit de Bilbo n'était plus aussi lucide, et tout ce qu'il comprenait en cet instant, c'est que Smaug et lui se trouvaient face à face, et qu'il n'y avait qu'un trésor pour deux dragons - il était hors de question qu'il le lui laisse.
Furieux, un rugissement s'échappant d'entre ses crocs, il se jeta sur le monstre aux écailles ternes, tentant de le mordre au cou. Ils roulèrent dans les montagnes de pièces qui volaient partout autour d'eux comme du sable, projetées avec violence, tandis que Smaug tentait de lui déchirer la partie tendre du ventre de ses pattes arrière, comme un chat avec sa proie. Se protégeant tant bien que mal, Bilbo lui échappa, sa plus petite taille lui permettant de se tortiller jusqu'à se glisser sous les coups de son adversaire alors qu'il entrainait ce dernier plus profond dans la montagne, cherchant un endroit où il aurait l'avantage.
Thorin et le reste de la compagnie étaient assis en silence sur le flanc de la montagne solitaire depuis que Bilbo s'était enfoncé à l'intérieur, attendant avec le peu de patience dont disposaient les nains. Ils se jetaient des regards entre eux, espérant de tout coeur que leur cambrioleur parviendrait à leur rapporter l'Arkenstone. Ils espéraient que Smaug soit mort, mais ils n'avaient que peu d'espoir sur le sujet - un dragon ne mourrait pas aussi facilement, puisqu'ils étaient presque indestructibles, sans compter leur âge le fait qu'ils pouvaient vivre durant tellement d'âges qu'ils avaient vu des empires entiers naître et s'éteindre.
Ils étaient donc installés là, sans un mot, lorsqu'un rugissement terrible fit trembler l'entièreté de la montagne et qu'ils se redressèrent d'un bond, horrifiés.
- Smaug est toujours en vie ! s'exclama Kili avec stupeur.
Cela ne les surprenait pas tant que ça, à vrai dire - la mauvaise nouvelle étant plutôt le fait que le monstre semblait réveillé. La montagne entière trembla, et lorsque la bête rugit si fort le mot "voleur!" qu'ils l'entendirent, les nains commencèrent à paniquer pour de bon.
- Il a dû trouver Bilbo, devina Bofur. Il faut que nous allions l'aider, tout de suite !
Toute la compagnie se tourna vers Thorin et remarquèrent alors comme ce dernier avait le visage pâle, l'inquiétude se lisant sur tous les traits de son visage. Ils avaient envoyé leur cambrioleur seul face au monstre sans même réfléchir - et peut-être que Bilbo avait signé pour cela, mais le roi sous la montagne sentit une telle peur lui prendre aux tripes qu'il manqua de vaciller. Il n'aurait jamais dû laisser le semi-homme s'enfoncer dans les profondeurs de la montagne sans lui, et à présent, il craignait qu'il ne soit déjà trop tard.
- Allons-y, souffla-t-il, le regard aussi déterminé que teinté d'une peur primale, qui faisait trembler jusqu'à son coeur - il ne pouvait retrouver Bilbo sans vie, il ne le permettait pas, le refusait. Car quel était l'intérêt de récupérer un royaume, si tous ses proches y laissaient la vie ?
S'enfonçant le premier dans le trou béant de la porte secrète, le reste des nains le suivirent et il avança au pas de course pour déboucher sur la pièce principale, reconnaissant avec facilité le moindre mur, le moindre couloir et chaque virage qui menait à l'intérieur.
Thorin ne savait pas précisément ce qui l'attendait, alors qu'il s'apprêtait à tourner le dernier virage, qui débouchait sur la plus grande salle d'Erebor. Trouverait-il le corps sans vie de Bilbo, détruit par Smaug ? Ou alors, et il l'espérait de tout coeur, le hobbit était toujours en vie, luttant pour survivre, et leur jetterait un regard plein d'espoir en voyant qu'ils étaient venus - que Thorin était venu le chercher à travers les flammes d'un dragon furieux ?
Alors oui, il c'était attendu à ces deux éventualités - mais certainement pas à celle où il n'y avait pas un, mais deux dragons.
En voyant cela, il se figea à l'entrée, totalement sous le choc, et savait que le reste de la compagnie ne devait pas avoir l'air plus malins en cet instant. Il reconnut facilement Smaug, et préféra observer la seconde créature, plus petite, donc les écailles, bien plus belles et brillantes que celles de leur ennemi, semblaient l'entourer d'un carcan de cuivre. Son regard, d'un doré moucheté de vert qui lui semblait vaguement familier, était focalisé sur l'autre alors qu'ils se déchiraient à coups de crocs et de griffes, glissant entre les pièces, détruisant des piliers sur leur passage.
- Bon sang, mais qu'est-ce donc que cela ! Un deuxième dragon ?! s'exclama Dwalin, d'un air aussi impressionné qu'horrifié, sa main crispée sur son arme, près à se jeter dans la bataille.
Voyant que la compagnie semblait déjà prête à se jeter contre les deux monstres, Thorin les arrêta d'un geste, et secoua la tête en posant un doigt devant sa bouche, leur intimant le silence. Si les deux dragons faisaient du bruit et masquaient donc leurs paroles, il n'aurait pas été sages de se faire repérer maintenant, et le roi les obligea à reculer dans le couloir, hors de vue des deux titans qui se battaient à l'intérieur.
- Nous n'allons rien faire pour l'instant, expliqua-t-il dans un chuchotement. Ces deux-là sont en train de se battre et je ne sais pas vous, mais je préfère abattre le dernier qui aura vaincu l'autre, et sera déjà épuisé de son combat.
- Cela n'est pas très noble, comme manière de reprendre Erebor, fit remarquer Kili d'un ton grognon.
- Penses-tu que cela importe, face à un dragon ?! Ne soit pas totalement stupide, nous serons déjà chanceux d'être encore en vie d'ici ce soir, répliqua Thorin avec agacement.
- Et que faisons-nous pour Bilbo ? demanda Bifur, l'inquiétude se lisant sur ses traits.
Le visage du roi sous la montagne pâlit d'un coup, et il répondit d'une voix bien moins assurée :
- Soit il est assez intelligent pour se cacher et attendre comme nous que le combat se termine... ou alors, il est déjà mort.
Les nains se jetèrent tous un regard, et il y avait quelque chose que parvint à lire Thorin dans chacun d'entre eux, et qui lui serra le coeur : aucun ne pensait vraiment que le cambrioleur était encore en vie.
Bilbo continuait de se battre avec acharnement, échappant tant bien que mal aux griffes de Smaug - ces dernières étaient émoussées, tant cela faisait longtemps que le dragon doré passait son temps à dormir et paresser. A l'inverse, celles du hobbit étaient vives et aiguisées, car quand bien même il n'avait pas pris cette forme depuis longtemps, elle ne pouvait s'abimer tant qu'il ne la revêtait pas, et il semblait donc en pleine forme, ses écailles brillant aussi fort que l'or de toute la montagne de Thorin et des siens.
A la pensée des nains, Bilbo eut soudain un temps de pause - il avait presque oublié leur existence, obnubilé par le fait de détruire Smaug, et de voler son trésor qui lui revenait de plein droit.
Non, c'était faux... ce trésor n'était pas à lui mais à Thorin, Fili et Kili, et tous les autres... il se battait en cet instant pour pouvoir leur rendre leur foyer, et tout ce qui se trouvait à l'intérieur... n'est-ce pas ?
- BARAZ ! gronda Smaug, d'une voix si forte que la montagne trembla encore, presque aussi fort qu'à chaque coup qu'ils se portaient.
Bilbo rugit en guise de réponse et l'attira à lui, parvenant à le pousser contre l'un des murs avant de le frapper d'un coup sec de la queue - contrairement à son adversaire, la sienne était recouverte de longs pics pointus, et il s'en servait sans honte, les enfonçant dans les flancs de son ennemi. Se jetant sur ce dernier, qui tentait déjà de se protéger des coups de queue, Bilbo attrapa l'une de ses pattes arrières dans la gueule, serrant le plus fort possible. Il sentit Smaug se débattre en poussant un cri furieux, qui se transforma en agonie lorsque l'os craqua soudainement sous la mâchoire du dragon de cuivre, qui se retrouva la gueule pleine de sang.
Smaug parvint finalement à le repousser d'un violent coup de tête, et Bilbo roula dans l'or jusqu'à arriver aux abords d'une autre salle. Se secouant pour se débarrasser des pièces coincées entre ses écailles, il vit le dragon d'or arriver vers lui d'un battement d'ailes, se posant lourdement, déséquilibré par sa patte arrière brisée.
Le hobbit, lui, n'avait jamais vu un dragon qui avait l'air aussi furieux que Smaug, même il y a bien longtemps, alors qu'ils étaient traqués par les hommes, et par Thranduil lui-même. Il était pour l'instant dans une meilleure posture que son ennemi mais savait que tout pouvait changer d'un simple geste et il resta sur ses gardes, faisant ronfler le brasier au fond de sa gorge, près à arroser Smaug de flammes pour le forcer à reculer. Néanmoins, ce dernier ne l'entendait pas ainsi et esquiva habilement le jet de flammes qui étaient d'un jaune bien plus pâle que les siennes, avant qu'il ne se jette sur Bilbo à son tour. Grâce à son poids, il plaqua ce dernier sur le sol du marbre le plus pur des nains, et d'un coup de patte habile, esquiva les piques sur la queue de Bilbo et brisa cette dernière au milieu, le bruit de l'os qui craque se répercutant dans la salle vide, et le rugissement du dragon de cuivre si bruyant que la terre trembla et se fissura sous eux. Il s'agita, parcourut d'une colère qu'il ne se reconnaissait pas, et se cogna à plusieurs piliers en même temps, ces derniers commençant à s'effondrer tout autour d'eux, les recouvrant de pierre.
Tentant de s'échapper et d'esquiver les chutes de pierre, ce fut en cet instant que Bilbo remarqua l'Arkenstone.
Cette dernière avait certainement roulé avec eux durant leur combat, et elle gisait à quelques mètres de là, juste sous les yeux des deux dragons. Un sifflement particulièrement moqueur échappa à Smaug et il gronda :
- C'est donc pour cela que tu es là, n'est-ce pas... Tu es venu me voler l'Arkenstone.
Il semblait beaucoup trop amusé par la situation alors qu'il tournait autour du dragon de cuivre, le surveillant avec attention, tandis qu'il continuait :
- Je sais qui t'a envoyé la chercher ici, mon frère. Trahir ta race pour des nains ?! Quel immonde voleur tu fais...
Smaug boitilla jusqu'à Bilbo, s'installant face à lui. Il s'assit lourdement sur le sol de marbre qui craqua davantage sous son poids, sans qu'il ne s'en rendre compte, alors qu'il continuait de s'amuser de la situation, tout en restant sur ses gardes :
- Je parie que ces nains ne savent même pas qui tu es... Thorin Oakenshield te coupera la tête d'une hache lorsqu'il verra ta vraie nature, ce sera un carnage, à n'en pas douter.
- Tu mens, persiffla le dragon de cuivre en guise de réponse - mais au fond de lui, il savait qu'il n'était sûr de rien, persuadé depuis le début du voyage qu'aucun membre de la compagnie ne l'épargnerait si ils savaient la vérité - et cela le paralysait de peur, car il ne voulait pas que ceux qu'il avait appris à tant aimer, le détestent.
Portant son regard sur l'Arkenstone, il espéra un instant que cela suffirait à se faire pardonner des nains - ramener leur plus grand trésor, et se débarrasser de Smaug pour eux, serait peut-être suffisant pour être totalement accepté, même malgré le fait qu'il puisse se transformer en dragon ?
Suivant son regard, un sifflement sournois échappa à Smaug, et cela ressemblait davantage à un rire moqueur, si tant est qu'un dragon puisse faire un tel son, et il ricana :
- Je suis presque tenté de te laisser la prendre. De la voir vous assécher le coeur à tous les deux jusqu'à vous voir vous entretuer, assoiffés d'or que vous êtes.
Bilbo secoua la tête, refusant d'en entendre davantage. Un soir, près du feu, Balin lui avait avoué que la pierre était considérée comme maudite, rendant fou d'or n'importe quel nain. Le père et le grand-père de Thorin n'avaient pas échappé à ce terrible sort, et ce jour-là, il s'était demandé si ramener l'Arkenstone était finalement une si bonne idée.
- Si ce n'est pas moi qui te tue, ce sera Oakenshield qui s'en chargera !
Bilbo rugit de protestation et se jeta sur Smaug, la colère lui faisant perdre le peu de bon sens et de prudence qui lui restait, envoyant voler l'Arkenstone sans le vouloir jusqu'à ce qu'elle disparaisse de leur vue. Le choc, brutal, fit craqueler le marbre déjà bien abimé sous leurs attaques, et le dragon d'or commença à glisser, entraînant celui de cuivre dans sa chute. Furieux, Bilbo le repoussa d'un coup de patte alors que Smaug tentait de s'accrocher aux rebords pour ne pas tomber dans le trou béant qui se trouvait sous le marbre. Impossible de le faire tomber d'un coup de queue puisque celle-ci était brisée, Bilbo s'avança malgré lui, et commença à donner des coups de crocs sur les pattes griffues plantées dans la roche, essayant de le faire lâcher prise. Smaug rugit, et déversa un torrent de flammes d'un orange vif sur lui, et Bilbo ne se baissa pas à temps, sentant cette fois-ci que la chaleur était telle qu'elle attaqua ses écailles, leur donnant à certains endroits une couleur d'un noir charbonneux, et elles semblaient prêtes à tomber.
Horrifié, Bilbo s'attaqua à la gorge de Smaug, déchiquetant tout ce qu'il pouvait sur son passage. Il sentit une giclée de sang l'atteindre mais l'ignora, et appuya ensuite de tout son poids sur la bête qui finit par lâcher prise, un cri d'horreur s'échappant de sa cavité éventrée, alors qu'il s'écrasait en contrebas, son poids faisant trembler la montagne si fort que cela dû se ressentir jusqu'à Lacville.
Reprenant son souffle, le hobbit avança jusqu'au bord du trou, jetant un regard en contrebas, et remarqua que Smaug, dans sa chute, avait été empalé sur un énorme morceau de roche pointu qui lui avait traversé l'estomac et il gisait à bien des mètres de là, à peine visible, s'agitant encore vainement pour sauver sa vie en train de s'éteindre. Ne souhaitant pas prendre de risques, Bilbo gronda, la chaleur envahissant le fond de sa gorge avant de déverser le torrent de flammes jaune pâle le plus chaud qu'il ait jamais produit, s'assurant de carboniser Smaug comme ce dernier avait abimé ses écailles, le dernier cri de la bête mourant au fond de sa gorge brisée.
Complètement épuisé et encore hagard d'une telle lutte, Bilbo recula, et alla s'asseoir lourdement dans un coin plus en sécurité. Il était essoufflé, et ses écailles brûlées ainsi que sa queue brisée et tordue le faisaient atrocement souffrir et malgré tout cela, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux, la satisfaction de voir qu'il avait vaincu son ennemi, et que plus rien ne se dresserait en travers de sa route, désormais.
Aveuglé par l'or, il ne pensa qu'à une chose - la montagne était à lui désormais, et il ne laisserait personne la reprendre.
Commentaire d'auteur :
Et voilà ! J'espère que ce chapitre neuf vous aura plu, sans compter le combat entre nos deux dragons ! C'est la première fois que vous voyez la forme dragon de Bilbo d'ailleurs, est-ce que la description ressemble à ce à quoi vous vous attendiez ? Je suis curieuse ! :p
Je n'ai pas grand chose de plus à dire pour l'instant, mis à part le fait que je vais essayer de poster à nouveau tous les week-ends comme prévu à présent ! En tout cas merci encore pour votre lecture et vos commentaires comme d'habitude c'est adorable, on se retrouve dans une semaine pour le chapitre 10, des bisous ! :)
