Bonjour amis miraculeurs,

Nous sommes samedi et qui dit samedi dit prochain chapitre. Bonne lecture à tous. Passez une bonne semaine. A samedi prochain. Bisous Miraculeux.

Lefevrejoy: Pour ton bon plaisir, voici la suite. Ca serait avec plaisir que je discuterais avec toi par PM. L'épisode New York sera le prochain chapitre ^^ Bonne lecture et à la semaine prochaine. Bisous miraculeux.

Emilie Narya: Pour une fois, la présence de Tikki n'a rien de grave. Mais j'aime vous garder en alerte car je n'ai pas fini mon histoire et que les choses vont continuer à évoluer ^^ J'espère que ce chapitre te plaira. Bonne lecture et à la semaine prochaine.

CHAPITRE 19 : LES FLEURS DE MADAGASCAR

Le cœur d'Adrien battait follement dans sa poitrine sous l'inquiétude et des dizaines de scénarios différents lui traversèrent l'esprit. Dans chacun d'entre eux, Ladybug se retrouvaient entre les mains de Papillon et l'appelait au secours. Il sursauta quand il sentit une petite sur son bras et vit Tikki qui le regardait avec un sourire rassurant.

- Ne t'inquiète pas, Chat Noir, Ladybug va aussi bien que possible.

Le blondinet se détendit immédiatement, avant de finalement froncer de nouveau les sourcils. Il allait demander à la petite coccinelle la raison de sa présence ici, quand Plagg se rapprocha d'elle avec un grand sourire.

- C'est gentil à toi de venir nous rendre visite, Sucrette. Comme tu le vois, mon chaton et moi-même nous portons comme des charmes s'exclama-t-il, sur un ton plus que ravi.

Tikki leva les yeux au ciel.

- Plagg ! Combien de fois t'ai-je dis de ne pas m'appeler « Sucrette ».

Le petit chat noir fit un sourire diabolique avant de continuer, comme si de rien n'était.

- Comme tu as pu l'entendre, Sucrette, le Gamin me demande même des conseils en amour.

- Plagg ! s'écrièrent les deux en cœur.

Le Kwami ricana de plus bel et se dirigea gaiement vers son mini-frigo.

- Qu'est-ce que vous êtes rabat-joie !

Adrien échangea un regard entendu avec Tikki : ils étaient parfaitement d'accord sur le fait que, quand Plagg était d'aussi bonne humeur, c'est mauvais signe pour eux. Le blondinet alla jusqu'à espérer que ses futures commandes de camembert n'aient plus jamais de retard pour ne plus avoir à subir les montagnes russes des émotions de Plagg à ce sujet.

La petite déesse de la création profita de l'absence momentanée de son alter ego pour expliquer à Adrien les raisons de sa présence.

- Ma porteuse est très occupée en ce moment, elle voulait demander à Wayzz de venir te prévenir de la date du prochain test mais je lui ai demandé, exceptionnellement, de venir à sa place: je dois parler à Plagg.

Adrien acquiesça la tête, un peu déçu que Ladybug ne l'ait pas contacté directement. Tikki sembla comprendre le cheminement de ses pensées car elle ajouta immédiatement.

- Elle a tergiversé pendant des heures avant de prendre cette décision, Chat Noir, mais elle ne peut vraiment pas se transformer en ce moment. Elle ne souhaitait pas que la situation de la dernière fois se produise de nouveau.

L'adolescent songea au dernier test et du admettre qu'ils avaient eu de la chance qu'il ait besoin de sortir sur les toits de Paris ce soir-là. Bien sûr, comme d'habitude, Ladybug avait raison. Il soupira puis sourit à la petite déesse de la création.

- Je comprends, Tikki.

- Je savais que tu le ferais, Chat Noir, tu as un bon cœur.

Adrien rougit sous le compliment et Plagg arriva à ce moment-là avec un morceau de camembert particulièrement odorant.

- Tu n'as pas idée à quel point son cœur est bon, Sucrette; annonça-t-il.

Adrien ne sut pas comment prendre les paroles de son Kwami: est-ce un compliment ? Une taquinerie ? Une plainte ? Il préféra ne pas s'arrêter dessus et pensa plutôt à l'objet de la visite de Tikki.

- Le prochain test à lieu quand ?

- C'est le matin du lundi en 8.

Le blondinet fronça les sourcils.

- Mais c'est un jour d'école !

Tikki échangea un regard curieux avec Plagg qui se racla la gorge pour parler à son porteur.

- Techniquement non: tu ne te rappelles pas que vous n'avez pas cours ce jour-là ?

- Si, bien sûr, c'est le jour des résultats du concours mais…

Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il réalisait pleinement ce que ça signifiait: il n'y avait que leur école qui ne prodiguait pas d'enseignement cette journée-là… Cela voulait dire que…

- Tikki, tu veux un morceau de Camembert ? demanda Plagg, attirant l'attention d'Adrien sur lui.

- Beurk ! Sans façon ! répondit-elle

- Tu ne sais pas ce que tu loupes, Sucrette !

Sur ces paroles, Plagg engloutit le fromage d'une seule bouchée et Adrien grimaça, sachant très bien ce qui se produisait quand il avalait son fromage ainsi.

- Bien essayé; murmura-t-il néanmoins, mais trop tard: j'ai compris que Ladybug était dans la même école que moi.

Tikki et Plagg échangèrent un regard paniqué mais Adrien les rassura.

- Je ne cherche plus à découvrir qui elle est.

Les deux Kwamis échangèrent un nouveau regard dubitatif, cette fois. Adrien s'apprêtait à protester, et à déclamer haut et fort que c'était vrai, quand son esprit commença, bien malgré lui, à compter le nombre de filles dans son école et à en éliminer certaines. Ses paroles étaient sincères, il y croyait vraiment quand il les avait dites. Il voulait vraiment ne plus chercher à découvrir qui elle était. Il était vraiment décidé à n'être qu'un ami pour elle et à se rapprocher de Marinette... Mais c'était plus fort que lui: la curiosité tuait le chat.

C'est à cet instant précis que la gourmandise de Plagg produisit son effet, détournant la conversation d'un sujet gênant de la pire des façons: il rota.

- Plagg !

La petite déesse de la création, qui était à ce moment-là face à face avec lui, se pinça le nez en frissonnant de dégoût.

- Quel horreur ton haleine, Plagg !

Adrien jeta un regard compatissant à la petite coccinelle.

- Tu vois ce que je dois vivre tous les jours, Tikki…

- Je comprends, Chat Noir: je te rappelle que je le connais depuis des millénaires...

Ils échangèrent un regard complice avant d'éclater de rire.

- Hé ! protesta énergiquement le petit chat noir alors que les deux autres riaient plus fort.

Plagg commençait à s'éloigner en boudant mais Adrien le rattrapa avant qu'il ne soit rendu trop loin. Il lui grattouilla derrière les oreilles.

- Tu sais déjà que je ne t'échangerais pour rien au monde, Plagg, malgré ta passion dévorante pour le camembert.

Il était évident que ce dernier luttait clairement pour continuer à faire la moue.

- Mais oui, Chaussette Puante, tu sais très bien que je préfère passer l'éternité avec toi plutôt qu'avec n'importe quel autre Kwami, même si je me passerais bien de ton fromage !

Plagg ne parvint plus à lutter contre son instinct et se mit à ronronner.

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- Tu n'oseras pas le faire, Gamin; annonça Plagg, sûr de lui.

Adrien leva un sourcil à la provocation de son Kwami.

- Est-ce un défi "Chaussette Puante" ?

L'humain et le chat noir s'affrontèrent du regard quelques instants, comme s'ils se trouvaient dans un film de Western puis le félin lâcha, goguenard.

- Chat Noir en serait peut être capable mais pas Adrien Agreste: ton image est trop importante.

Une curieuse lueur brilla dans le regard du blondinet avant qu'un sourire de Cheshire n'étire ses lèvres.

- Je relève le défi.

Adrien attrapa son téléphone et composa le numéro de son meilleur ami. Plagg resta un petit moment stupéfait avant de venir flotter entre son humain et le portable.

- Tu ne vas pas le faire, n'est-ce pas, Adrien ? demanda-t-il, d'un ton soudainement inquiet.

- Un défi est un défi, Plagg: je vais le faire.

A peine eut-il terminé sa phrase que Nino décrocha.

"Hé mec !"

- Salut, Nino.

Les yeux du petit chat noir s'écarquillèrent et Adrien aurait bien pouffé du rire mais n'avait pas envie de trouver une excuse auprès de son meilleur ami pour expliquer sa soudaine bonne humeur.

- Nino, j'ai une suggestion à te faire pour le film.

Il entendit du bruit à l'autre bout du fil et ce fut la voix d'Alya qui lui répondit.

"Tu es le bienvenu, Adrien, nous séchons un peu sur la mise en scène."

Le sourire de ce dernier s'agrandit.

- Bonsoir, Alya.

Il entendit des voix étouffées, comme si deux personnes se disputaient, puis il entendit de nouveau la voix d'Alya s'élever.

"Marinette est là, elle aussi."

Le cœur d'Adrien s'emballa soudainement dans sa poitrine et sa résolution sembla fondre comme neige au soleil...jusqu'à qu'il voit le regard triomphant de Plagg. Ce n'était pas le moment de se dégonfler. Il irait creuser un trou pour s'y cacher après.

- Salut, Marinette.

Il n'avait pas pu s'en empêcher: sa voix s'était adoucie et attendrie alors qu'il s'adressait à la fille qu'il aimait. Il y eut de nouveau un bruit étouffé de dispute puis la voix de Marinette s'éleva à son tour dans le combiné.

" Heu… salut...A...Adrien"

Le cœur d'Adrien fit un salto arrière dans sa poitrine et un sourire idiot étira ses lèvres, provoquant un petit ricanement de son Kwami, qui fut heureusement couvert par les prochaines paroles de Nino.

"Je t'écoute, mec, quelle est ton idée ?"

Adrien inspira un grand coup et soutint le regard de Plagg avant de se lancer.

- Et si vous mettiez en scène des chaussettes pour raconter l'histoire du film ? Comme des marionnettes ?

Il y eut des cris chez Nino puis des chuchotements excités avant que la voix de ce dernier ne s'élève de nouveau dans le combiné.

"C'est une super idée, mec !"

"Absolument géniale !" ajouta Alya

Adrien expira de soulagement: ça c'était bien mieux passé qu'il ne l'avait espéré.

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Les jours suivants défilèrent à toute vitesse et le jour du prochain test arriva bien vite. Adrien était en même temps impatient et anxieux. Impatient, parce qu'il aimait rencontrer d'autres personnes et découvrir de nouveaux lieux. Anxieux, car il n'avait pas dit à Nathalie qu'ils n'avaient pas école ce matin-là. Il espérait de tout son cœur qu'elle ne le découvrirait pas… car il n'avait aucune idée comment se couvrir si elle venait à l'apprendre.

Le matin du test, Adrien se réveilla avant son réveil. Il était aussi alerte que s'il s'était réveillé pour aller affronter un akuma. Après tout, ce n'était pas une situation tellement différente: il allait également livrer bataille ce jour-là, même si celle-ci était d'un genre différent.

Il se prépara comme d'habitude et attendit sagement que Nathalie vienne le chercher pour le petit-déjeuner, tout en priant de tout son cœur pour qu'une séance photo ne vienne pas changer ses plans à la dernière minute.

Heureusement, la journée commençait sous de bons auspices: quand Nathalie lui dicta son emploi du temps, la journée entière était consacrée à ses activités habituelles: l'école, l'escrime, le chinois et les cours de piano. Elle n'avait pas eu vent du changement de programme. Maintenant, il fallait qu'il soit de retour pour la pause déjeuner maximum...

Le gorille le déposa devant l'école et Adrien le salua, comme à son habitude, avant de se diriger, l'air de rien, vers la porte de celle-ci. Il vit du coin de l'œil sa voiture tourner à l'angle de la rue et il fit demi-tour pour aller se cacher dans une ruelle proche de l'école, le cœur battant à tout rompre. C'était presque aussi grisant que lorsqu'il s'échappait de sa chambre en tant que Chat Noir… presque.

Après avoir bien vérifié que personne ne l'avait repéré, et suivi, le blondinet alla se cacher derrière la grande poubelle placée à l'entrée de la rue. Il s'accroupit et ouvrit sa veste pour laisser sortir son Kwami.

- C'est l'heure, Plagg.

Le petit chat flotta à la hauteur des yeux de son porteur.

- Tout se passera bien, Gamin, ne t'inquiète pas: j'ai foi en toi.

- Merci mon ami.

Adrien câlina quelques minutes son petit compagnon félin puis il se transforma. L'instant suivant, Chat Noir sautait sur les toits de Paris en direction de la Dame de Fer, pour son nouveau rendez-vous avec son destin.

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Cette fois encore, Chat Noir et Ladybug se retrouvèrent dans une forêt. Par de nombreux certains aspects, celle-ci leur rappelaient la forêt qu'ils avaient traversé pour atteindre le temple de la Miracle Box Aztèque. Néanmoins, cette forêt était différente. Les espèces d'arbres étaient différentes, ainsi que la faune et la flore.

Les sens surdéveloppés de Chat Noir lui donnèrent tellement d'informations différentes qu'il ne savait plus où donner de la tête. Des mélanges de senteurs, de fleurs, d'arbres et d'eau, que lui portait un léger souffle d'air. Des multitudes de couleurs, de tous dégradés de vert jusqu'à toutes les nuances de l'arc en ciel, qui comblaient sa vue de beauté naturelle. Des variétés sons, du léger souffle d'air qui faisait bruisser les branches aux chants des oiseaux, tout en passant par le doux clapotis de l'eau… tout vibrait de vie autour d'eux et la magie des lieux lui fit oublier pour quelques instants la raison de leur visite dans cet endroit fantastique.

Jamais il n'avait vu autant de plantes différentes, mis à part dans des livres ou sur Internet. Son regard tomba alors sur une délicate petite fleur rose à cinq pétales et il sut alors où ils étaient.

- Ma Lady, nous sommes sur l'île de Madagascar; affirma-t-il, sans le moindre doute.

- Comment tu sais ça, Chat Noir ? demanda cette dernière, surprise.

Le félin désigna la fleur du bout de sa griffe.

- C'est une pervenche de Madagascar, la fleur emblématique de cette île.

Il jeta un regard abasourdi autour de lui et il ajouta, émerveillé.

- Maintenant, je comprends pourquoi les scientifiques appellent ce lieu "le sanctuaire de la nature", c'est tellement… tellement…

Chat Noir ne trouvait pas ses mots pour dire ce qu'il pensait.

- ...miraculeux; souffla Ladybug, aussi époustouflée que lui.

- Oui, c'est exactement ça: miraculeux; approuva-t-il.

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Les deux héros de Paris avançaient dans la forêt humide de Madagascar, prenant des photographies avec leurs yeux, pour conserver au fond de leur cœur les souvenirs de ce paradis terrestre qu'ils traversaient.

Chat Noir jeta un coup d'œil autour de lui mais, mis à part des fleurs, des arbres et quelques insectes, il ne trouva rien d'étrange. Pourtant, son instinct lui criait qu'ils étaient observés et cela l'inquiétait: est-ce une présence amie ou ennemie ?

- Ma Lady, sais-tu où nous devons nous rendre ? demanda le félin au bout d'un moment, tout en restant aux aguets.

Sa partenaire secoua la tête avant de lui répondre.

- Non: on m'envoie des coordonnées GPS et une photo pour pouvoir ouvrir le portail mais on ne me donne pas plus d'indications.

Le félin allait répondre en faisant un trait d'humour, quand il capta un mouvement dans la périphérie de son regard. Il aurait été moins attentif, il n'aurait jamais pu le surprendre tellement c'était vif et silencieux. Il fit volte face brusquement, dégainant sa matraque dans le même mouvement… pour menacer une fleur. Celle-ci était une variété d'orchidées blanches dont la forme faisait penser à une petite fée de la nature. Un long chapeau pointu et blanc, avec des pétales tout aussi blanches, qui tombait de manière à rappeler une petite robe.

- Ça va, Chat Noir ? lui demanda l'héroïne d'une voix inquiète.

Il hocha lentement la tête, ne lâchant pas la fleur du regard puis finit par lui dire.

- Crois-moi ou non, Ladybug, mais cette fleur a bougé !

Un long silence suivit ses paroles. Il aurait bien regarder sa partenaire pour la rassurer mais il ne voulait pas détourner son regard de la fleur responsable.

- Je t'assure, Buginette: la fleur a bougé. Vraiment bougé. Et pas par un simple coup de vent.

- Heu, Chat Noir… commença à répondre cette dernière.

Au même moment, la fleur bougea de nouveau, quittant sa position immobile pour venir flotter vers eux. Cela n'aurait rien eu d'extraordinaire si une brise n'avait pas soufflé dans le sens inverse au même moment.

- Que… ? s'exclama la jeune gardienne.

- Bienvenu à Madagascar, Ladybug et Chat Noir; prononça une petite voix d'une gaieté et d'une douceur qui réchauffait le cœur.

La fleur avait parlé. Chat Noir et Ladybug échangèrent un regard, comme pour se confirmer l'un à l'autre qu'ils avaient bien entendu la même chose. La petite fleur flotta devant leurs yeux et, en l'examinant de plus près, le félin discerna deux yeux entre le chapeau et la robe de la fleur.

- Stupéfiant; souffla-t-il.

La petite créature végétale laissa échapper un petit rire, qui faisait penser au vent sifflant au travers de ses délicates pétales.

- Je m'appelle Orchi et je suis la Kwami-Orchidée. Personne n'a jamais réussi à me repérer avant aujourd'hui, félicitations Chat Noir.

Le félin plongea dans une petite révérence et Orchi éclata de nouveau de rire. Ladybug leva les yeux au ciel: son partenaire restait fidèle à lui-même…

- Suivez-moi, je vais vous conduire à ma gardienne et à mon protecteur.

Puis la petite fleur s'éloigna. Chat Noir et Ladybug échangèrent de nouveau un regard puis ils haussèrent les épaules avant de prendre la direction où était partie leur guide végétal.

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La forêt laissa soudainement place à une immense trouée où une cabane en roseau se dressait fièrement. D'une cabane, il s'agissait même plutôt d'un immense chalet sur deux étages, avec une terrasse qui courait tout le long de la façade du premier niveau. Une passerelle, de roseau elle aussi, partait de l'entrée de la demeure et venait à l'inconnu. Chat Noir entendait cependant le clapotis de l'eau dans cette direction. Il devina alors qu'à l'autre bout de la passerelle se trouvait une étendue d'eau, la mer, une petite cascade ou une rivière, il ne saurait le dire.

La maison de roseau était entourée d'un immense jardin multicolore où toutes les variétés de fleurs de l'île devait se trouver. Peut-être même plus encore. C'est un paysage digne d'un tableau de Maître. Un paysage de rêve qui pourtant existait bien.

Le Kwami fleur se dirigea vers la terrasse du 1er étage de la demeure et Chat Noir put finalement discerner une silhouette féminine qui y était installée sur un transat, occupée à lire. Leur guide disparut de son champs de vision et, quelques secondes plus tard, la femme poussa un petit cri d'exclamation. Le félin discerna un mouvement de cette dernière avant qu'elle ne se penche par dessus la balustrade de la terrasse pour les observer.

- Chat Noir ! Ladybug ! Avancez, avancez: nous arrivons !

La femme parlait un français parfait, avec seulement un léger accent. Cela ne surprenait pas tellement Chat Noir car il savait que le Français était la deuxième langue officielle de Madagascar, après le Malgache. Il entendit de nouveau la voix de la femme qu'il avait aperçu mais ne comprit pas le sens de ses paroles.

- Matteo ! Thaïs ! Tonga ny vahininao !

Ladybug lui jeta un regard perdu mais il haussa les épaules en secouant la tête pour lui indiquer qu'il était aussi perdu qu'elle.

Quand ils atteignirent la porte d'entrée, un homme et deux femmes les y attendaient.

L'homme était grand et mince. Il portait de long cheveux noirs qui lui tombaient jusqu'à la taille en brillant doucement sous luminosité des lieux. Sa peau était de couleur caramel, dorée par les rayons quotidiens du soleil. Il portait une longue tunique blanche sur un pantalon noir. Sur ses épaules, une longue écharpe orné de bandes noires, blanches et rouges était posée. Chat Noir reconnu aussitôt la traditionnelle lamba arindrano qui portait les personnalités importantes du peuple malgache. Il sut alors qu'il se trouvait face au Gardien ou au Protecteur, bien avant de repérer Orchi sur l'une de ses épaules.

Les deux femmes étaient tellement identiques que la seule chose qui les différenciaient au regard du félin était leur tenue: la traditionnelle lambahoany que portait les femmes de Madagascar près de la côte.

Elles portaient elles aussi de longs cheveux noirs dont une partie était tressée autour de leur tête tel une couronne. Chacune arborait une fleur, piquée dans la tresse. Une rose orange pour la femme à droite de l'homme et un sabot de vénus pour celle qui à gauche. Elles étaient elles aussi grandes et minces, la peau dorée par la douceur des journées malgaches.

La femme de droite portait une lambahoany violette avec des fleurs de toutes les couleurs dessinées dessus. Comme le voulait la tradition, elle portait également des proverbes malgaches. Chat Noir fut surpris de découvrir que le proverbe était également écrit en français. "Il y a bien des espèces de plantes, mais la canne est à sucre". Elle se demanda ce que cela pouvait bien signifier mais son instinct lui criait qu'il était face à la Gardienne ou la Protectrice.

La femme de gauche, qui se tenait légèrement en retrait par rapport à l'autre, portait quant à elle une lambahoany bleue où des vagues étaient dessinées. Son proverbe malgache traduit en français était " La douleur est un trésor précieux, on ne le découvre qu'à ceux qu'on aime". Le cœur de Chat Noir se serra dans sa poitrine et une pensée pour Ladybug et Marinette traversa son esprit. Il secoua sa tête, ce n'était pas le moment d'y penser.

- Bienvenue à Madagascar, Ladybug et Chat Noir, je m'appelle Thaïs et je suis la gardienne de la Miracle Box Créole.

L'instinct de Chat Noir ne l'avait pas trompé: c'était la femme de droite qui avait pris la parole. Elle fit un pas en avant et désigna l'homme.

- Je vous présente mon protecteur: Matteo, et son épouse, ma sœur jumelle, Chiara.

Les deux appelés sourirent et firent un salut de la tête.

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La salle où ils se trouvaient actuellement ressemblait toujours aux autres pièces des précédent temples miraculeux qu'ils avaient déjà visité. Elle était immense et peinte tout en blanc. Des colonnes de bois blanc sur lesquels s'enroulaient des orchidées blanches, semblables à Orchi, ornaient les murs. Au travers de chaque fenêtre ouverte, entre chaque colonne végétale, on pouvait apercevoir le paysage paradisiaque de l'extérieur. Le tapis blanc est un tapis de jonc blanchi à la chaud et le symbole des Miraculous était créé par une multitude de jardinières où poussaient des roses rouges.

Alors que Ladybug discutaient avec les deux femmes et Chat Noir en profita pour poser quelques questions à Matteo. Après avoir abordé des sujets plus ou moins variés, comme la vie sur cette île, le regard du félin tomba sur les deux jumelles et une question lui échappa avant qu'il ne puisse la retenir.

- Comment faites-vous pour les distinguer ?

Matteo le regarda avec un petit sourire énigmatique et Chat Noir rougit. Il allait s'excuser pour sa question déplacée, quand son interlocuteur lui répondit.

- Le cœur ne se trompe jamais, Chat Noir, tu le comprendras quand tu te retrouveras dans cette situation…

Chat Noir allait lui répondre que la personne qu'il aimait n'avait pas de sœur jumelle quand il se souvint du sentimonstre de Ladybug. Il se rappela alors qu'il n'avait pas su reconnaître sa Lady, alors qu'il lui clamait encore haut et fort son amour à ce moment-là. Il baissa la tête et ses oreilles s'aplatirent sur celle-ci, en effet miroir de ses émotions.

- Je ne crois pas que j'en serais capable; murmura-t-il, plus pour lui-même que pour son interlocuteur.

- N'en soit pas si sûr… répondit le Protecteur Créole, en le regardant comme s'il savait quelque chose que le félin ignorait.

Mais le héro de Paris ne l'écoutait que d'une oreille, repensant à ce fameux jour où il avait cru que sa Lady lui rendait enfin ses sentiments. Il y avait cru si fort. Et il était tombé de si haut quand il avait découvert qu'il avait été manipulé par Mayura. Le félin serra les poings de colère à ce souvenir. Le sentimonstre était tellement réel, tellement…

La réalisation le frappa alors de plein fouet: ce n'était pas Ladybug...et il l'avait su quand la véritable héroïne était apparue. C'était trop beau pour être vrai. Le sentimonstre était trop comme il aurait voulu que Ladybug soit. Ou, du moins, comme une partie de lui aurait voulu qu'elle soit. Il l'avait su mais il ne s'était pas écouté car cela signifiait qu'elle le repoussait encore une fois…

- Ça va Chat Noir ?

Une voix d'une douceur et d'une tendresse absolue qu'il n'avait jamais entendu auparavant le sortit de ses pensées et il vit une rose de couleur bleu Indigo flotter devant lui. Il cligna deux fois des yeux avant de comprendre qu'il s'agissait d'un autre Kwami créole.

- Ça va aller, merci.

Le sourire du félin se fit doux et, sous ses yeux médusés, la rose violette devint rose. Matteo rit doucement devant la surprise de son invité.

- Rosie change de couleur en fonction des sentiments des gens qu'elle approche. C'est l'une des capacités du Kwami de la Gardienne de la Miracle Box créole.

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Chat Noir et Ladybug étaient assis face à Matteo et Thaïs. Chiara était partie pour la durée de leur test: il y avait certaines choses qu'elle n'était pas habilité à savoir, même si elle était l'épouse du Protecteur et la sœur de la Gardienne.

Devant Thaïs se trouvait un panier rabane fabriqué en raphia de couleur beige avec des poignées de cuir fatiguée. Des motifs floraux étaient usée sur le dessus et il ne payait pas de mine. Mais cela ne trompa pas Chat Noir. Pas après avoir découvert la miracle box Aztèque et la miracle box Celte. Il savait qu'il se trouvait face à celle qui se trouvait sur cette île paradisiaque: la miracle box créole.

Thaïs l'ouvrit et le félin reconnut à l'intérieur plusieurs objets: une broche, une étole, un collier... Tous sur des motifs floraux différents. Thaïs désigna alors son poignet, sur lequel se trouvait un bracelet en cuir où une rose était brodée.

- Nos miraculous sont… commença-t-elle à leur expliquer

Mais elle ne put terminer sa phrase car, au même moment, le yo-yo de Ladybug et la matraque de Chat Noir sonnèrent. Ils échangèrent un regard horrifié: c'était un son qu'ils reconnaîtraient n'importe où... une alerte akuma…

A suivre...

La semaine prochaine, Chapitre 20: Tout ce qui se passe à New York...

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