Je vous souhaite à tous et toutes une bonne et heureuse année. La santé avant toute chose. Puisse-t-elle vous aborder joie et bonheur.
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Je tiens à vous remercier pour les 365 jours que vous venez de partager avec moi sur cette page. Merci à vous, lecteurs de l'ombre ou de la lumière, d'avoir donner vie à mes histoires.
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Merci aux guest à qui je ne peux répondre en privé. Tant pour vos retours ici que sur le dernier OS de " Free to be you and me"
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Pas de correction cette semaine, ma beta est en vacances (bien méritées), je m'excuse d'avance pour les fautes restantes.
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Enjoy
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Chapitre XX : " Et tout est dit "
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Castiel a appris avec les années à vivre avec ses cauchemars. Éveillés ou dans son sommeil, ils ponctuent ses journées comme les tic tac d'une horloge déréglée.
Ils l'usent en lui rappelant constamment ses échecs, les horreurs d'une guerre dont il ne comprend toujours pas les enjeux mais surtout ils font de sa vie un ressassement perpétuel, une monotonie de plaintes et complaintes. Ils l'empêchent de se projeter plus loin que demain même si d'avenir, il ne s'en voit nul autre que de survivre.
Il ne sait pas ce que cette Visyak peut lui apporter, il ne lui fait pas encore assez confiance que pour lui vomir sa noire bile. Leurs deux rencontres se sont soldées par plus de silence et d'échanges de regards que de mots. Mais elle a su trouvé le peu qu'il fallait pour lui faire prendre conscience qu'il tient plus à la vie qu'à la mort.
Ce constat le tue, aussi paradoxal que cela puisse l'être.
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Ils en sont à leur troisième face-à-face. Cette fois-ci, il est officiel, plus formel. Enfermés dans le bureau que Mildred met à la disposition du médecin quand ses résidents refusent de la voir ailleurs qu'entre les murs protecteurs de cette maison.
Visyak est assise dans un fauteuil. Elle parle et cela surprend Castiel avant qu'il ne souvienne qu'elle est psychothérapeute et non psychiatre. Les deux images ont tendance à se confondre dans la mémoire collective.
Elle se présente, explique son travail et ce qu'elle attend de lui. Ce contrat officieux qu'elle veut signé d'un simple hochement de tête. Même si avant tout chose, elle veut tisser entre eux une relation de confiance.
Castiel et la confiance, une longue histoire de désamour. Entre la trahison du père envers le fils, de l'armée envers ses soldats et d'un pays envers ses vétérans, il lui est difficile d'accorder du crédit à ce mot.
Là, il ne l'écoute plus. Il se tient légèrement de profil, ce qui lui permet de garder un œil sur la porte ainsi que sur la fenêtre. Toujours aux aguets, prêt à réagir au moindre bruit suspect.
Hypervigilance...
C'est un terme que Benny utilisait souvent. Passe sur son visage, un voile de nostalgie amère. Ce passé qu'il pourrait toucher d'une main tendue. Si proche et si lointain à la fois.
" Novak ? "
La voix de Visyak le ramène au présent.
" Vous pensiez à quoi ? "
" Portland ", répond-il après une longue hésitation, détournant les yeux de la fenêtre et d'hier.
Elle lui propose un jeu idiot. Un mot, un autre...
Il tique en levant la tête vers elle. Il cherche à comprendre. Elle l'encourage d'un sourire. Stylo d'une main, carnet de l'autre.
Il faut croire que tous les médecins aiment à s'attacher aux vieux rituels, se fait-il la réflexion.
" Si je vous dis, Portland, vous pensez à quoi ? " insiste-t-elle.
Il la toise. Il n'a pas envie de lui répondre et pourtant : " Invisible ", sort tout naturellement.
" Invisible ? ", répète-t-elle, en posant son stylo pour se focaliser sur son patient.
Mais Castiel n'a rien d'autre à dire. Ce mot à lui seul contient toutes les vérités. Les siennes.
Elle opine et attend.
Le silence emplit la pièce. Il ne reste plus que le bruit des respirations.
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" Vous pouvez les effacer ? " relance-t-il quelques minutes plus tard.
" Effacer quoi ? ", impassible.
" Ça ", en se pointant la tempe.
" Je peux vous apprendre à les gérer... les contrôler ", lui assure-t-elle. " Les accepter."
" Mais vous ne pouvez pas tout effacer ", insiste-t-il alors que l'épée de Damoclès tombe, irrévocablement.
" Je peux vous aider à ré-apprivoiser votre passé ", sans vraiment répondre à sa question.
Il rit, un rire étouffé, acide mais surtout désespéré.
" Ça me fait une belle jambe ", crache-t-il, calmement mais du fiel plein la voix.
Elle reste imperturbable, encaissant la brutalité des mots sans broncher. Le fait même qu'il réagisse est déjà en soi, une victoire mais elle se garde bien de le lui faire remarquer. Elle en est encore à tisser ce fragile lien entre le patient et son thérapeute.
" Parlez moi de vous, Novak ? "
Il la foudroie du regard avant qu'un voile ressemblant à des excuses n'efface sa brusque colère.
Il n'a pas envie de lui répondre. Pas envie de lui parler de cette vie d'obéissance et d'une rébellion qui lui a tout coûté.
Il n'a pas envie de lui parler d'une existence qu'il voit comme un échec.
" Parlez moi de Dean ? ", changeant de sujet face à son silence obstiné.
" Non ", réplique-t-il aussitôt en se tordant les doigts.
Elle n'insiste pas et laisse passer le temps.
Pesant.
" Visible ", murmure-t-il.
Ce mot-là sort avec beaucoup moins d'aisance que son antonyme.
Elle opine et gratte sur son carnet.
Quand la séance se termine. Il n'y a guère que quelques traits sur sa page mais ils sont le résumé d'une vie brisée condensée en deux phrases :
Invisible aux yeux de tous, visible aux yeux d'un seul.
Un nouveau rendez-vous est fixé.
Un ange passe.
Castiel hésite avant de marmonner son accord et de quitter la pièce sans un regard pour Visyak.
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" Vous n'êtes pas visibles qu'à ses yeux, Castiel ", prononçant pour la première fois son prénom. " Ne l'oubliez pas ", alors qu'il s'apprête à refermer derrière lui.
Et quand la porte claque. Les visages de Gabriel, de Sam, de Benny et d'autres plus flous glissent sous ses paupières.
Ceux pour qui, il n'a jamais été invisible.
Fallait-il cette culpabilité de plus ?
Il prend son téléphone, le peu de courage qui lui reste et écrit.
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Il écrit à Gabriel. Il lui dit qu'il lui manque. Il lui dit À bientôt.
Il écrit à Benny. Il lui dit qu'il va mieux mais pas encore bien.
Il lui dit: On se reverra.
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S'il a encore du mal à s'ouvrir aux autres. Il peut au moins faire ces gestes simples.
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Gabriel lui répond qu'il lui manque aussi et qu'il lui tarde de le revoir.
Benny lui répond qu'aller mieux, c'est mieux que d'aller bien.
Castiel sourit sans âme avant d'aller rejoindre les autres résidents pour le dîner.
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Tous se montrent avenants mais personne ne pose de question sur ce qui s'est passé la veille.
De toutes manières, ils ont l'attention focalisée sur une autre résidente qu'il n'a encore jamais vu.
Une femme à la peau d'ébène et cheveux coupés courts qui mettent à nu une large cicatrice à l'arrière de son crâne. Portia Morgan vient de passer 15 jours chez sa mère.
Dans un mois, elle retrouvera définitivement les siens laissant derrière elle cinq mois à Baker's house et deux opérations.
Si Castiel est surpris de voir une femme parmi tous ces hommes, il n'en dit rien. Il écoute.
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Une fois le repas fini, une partie des pensionnaires rejoignent leurs chambres. L'autre se sépare. Une partie de cartes pour les uns. Une soirée télé pour les autres.
Castiel n'y connaît rien aux cartes, pas plus qu'il ne sait qui est ce Jimmy Fallon dont Rob vient de lancer le talk-show enregistré la veille.
Il roule jusqu'au salon où il est accueilli tout sourire par Sully qui par réflexe lui fait une place dans le canapé.
" Oh ", notant sa bévue.
" Amène ta Rolls ici ", lui balance Rob, en bougeant la table base.
Après une courte hésitation, Castiel va s'installer entre Sully et lui sous le regard amusé d'Abner.
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Se mêlent aux rires du salon, les voix monocordes des joueurs de poker. Une atmosphère presque familiale et paisible qui piège Castiel alors qu'il croise son reflet dans l'écran de la télévision.
Il ferme les yeux en se massant les cuisses quand une main vient se poser sur son avant-bras.
" Relax mec ", glisse Abner, doucement.
Castiel rouvre les paupières, scrute la main aux doigts manquants et tourne la tête. Rob n'est plus là. Abner a pris sa place.
" Mon passage préféré " , sont-ils brusquement interrompu par un Sully excité comme une puce, pointant l'écran.
Rob revient avec des cannettes et un paquet de chips dans les bras.
" Soda... Soda... Soda et ... soda ", d'une voix lasse et sarcastique. " Chips", en secouant l'énorme paquet.
" Et nous ? " balance Cesar depuis la salle à manger.
" Vous, c'est vous et nous, c'est nous ", lui rétorque-t-il en s'affalant à côté d'Abner, balançant ses pieds sur la table basse. " C'est mon passage préféré ", répétant les mots de Sully en le prenant à témoin.
Ça ronchonne depuis l'autre pièce. Des pieds de chaise grincent. Cesar passe et fait un doigt d'honneur à Rob qui le lui rend sans même le regarder.
Naturel...
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" Ça va ? " s'enquiert Abner alors que Castiel les observe, silencieux.
" Oui ", avec un léger sourire tout en piochant dans le paquet chips que lui tend Sully.
" Cool ", en se servant à son tour. " C'est cool", répète-t-il pour lui-même, les yeux figés sur la télévision.
Castiel se demande si tous ces vétérans ont déjà connu la vie civile ou si comme lui, ils sont tous des produits régurgités par l'armée américaine.
Ont-ils déjà vécu de telles soirées sans qu'elles aient des relents de caserne, de mess ou de permission ?
Parce que aussi pathétique que cela puisse paraître, lui : non.
Fils de soldat, issu d'une longue lignée de militaire, il n'a jamais connu que l'obéissance, la rigueur et le silence avant de devenir lui-même, malgré les doutes, le reflet de ce passé martial.
Il ne sait pas ce que c'est que d'être un civil, il ne l'a jamais su.. Il n'en a même jamais fréquenté... Même son Lycée et son collège ne l'étaient que par des fils et filles de militaires.
Les amis de sa famille portaient tous l'uniforme. Les siens, aussi...
Excepté Dean, tout son univers a toujours tourné autour de cet axe rigide.
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Et c'est probablement là, sa plus grande peur... Ce fossé qui le sépare du soldat qu'il n'est plus, du civil qu'il n'a jamais été, nageant entre deux eaux troubles depuis son retour, rejeté d'une rive à l'autre, ressassant les rancœurs d'un passé révolu et d'un présent sans avenir.
Équilibriste estropié sur un obscur fil.
Ils en sont tous là à Baker's house. Ils sont ici pour cette unique raison. Retrouver leur place dans cette société devenue la leur même si elle ne semble pas vouloir ni d'eux, ni de leurs cauchemars et encore moins de leurs combats quelqu'ils soient d'ailleurs.
Les cannettes et le paquet vides, tous finissent par prendre congé. Seuls restent les joueurs de poker qu'aucun d'eux ne veut rejoindre.
Abner accompagne Castiel jusqu'à sa porte, la sienne à deux pas.
Ils ne disent rien, ils se contentent d'un salut de la tête avant de retrouver la solitude de leur chambre et leur maîtresse que sont les cauchemars.
Pourtant ce soir-là, Castiel n'en fera pas. Tout du moins, ne s'en souviendra-t-il pas...
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De ce jour, Castiel prend la résolution de partager ses repas avec les autres résidents. Le petit-déjeuner est un peu disparate. Ça va et ça vient entre la cuisine, la salle à manger, les chambres ou même le jardin arrière. En fonction des nuits passées et des souvenirs ruminés.
Jimmy veille au grain. D'un simple regard, il sait le geste ou le mot à poser.
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Ils ne sont que quatre ce matin et si Castiel garde toujours ses distances, il accepte de répondre aux quelques questions qu'on lui pose.
Oui... Non... le tout du bout des lèvres mais ça semble leur suffire. Ils lui laissent le temps et l'espace.
Quand il retourne dans sa chambre, l'écran de son téléphone clignote. Un message de Dean.
" Ça te dit un hamburger ? "
Il accepte
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Il est 9 heures 10.
Il prend une douche, passe une main sur ses joues et sa barbe de quelques jours. Il se rase et ce visage creusé et un peu sauvage retrouve un peu de lumière. Le bleu transperce son reflet dans le miroir.
Quand il sent l'angoisse une nouvelle fois lui nouer les tripes, il quitte sa chambre et va rejoindre Lemuel et Claude dans le salon. L'un lit son journal, il le fera jusqu'à midi. L'autre fait des sudoku, il n'en finira pas un seul.
Portia fait son entrée, basket aux pieds, leggings rouge et noir et ample T-shirt. Elle s'essuie le front en sueur du revers de ce dernier.
" Je vais me faire un jus d'orange frais... Ça tente quelqu'un ? ", leur propose-t-elle.
Ses orbes croisent les siens. Elle lui sourit, il la suit.
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Ils ne parlent guère. Il coupe les oranges en deux, elle les presse appuyée contre le meuble.
" T'es pas bavard toi ? " balance-t-elle, en s'asseyant.
" Désolé ", en jouant avec son verre entre ses doigts.
" Pourquoi ? ", s'étonne-t-elle. " Personne ne t'oblige à l'être et puis il m'est d'avis que tu ne l'as jamais été beaucoup ", devant l'air perdu de Castiel, elle rajoute un ; " Je veux dire, bavard ", avant de boire une longue gorgée.
" Je n'ai jamais eu à l'être ", se surprend-il à répondre. " On ne parlait pas beaucoup chez moi et pas beaucoup plus à.. à l'armée ", les mots qui trébuchent.
" Bois ", l'incite-t-elle de la main. " Tu vas avoir besoin de force... La kiné, ça te bouffe toute ton énergie ", d'une voix entendue. " Je sais de quoi je parle ", en se tapant sur la tête.
Et soudain elle se met à parler, parler et parler encore. Elle lui explique qu'elle s'est engagée par dépit. Elle venait d'être larguée par son mec et de perdre son boulot de secrétaire suite à une faillite frauduleuse.
" Ça faisait beaucoup même pour moi ", a-t-elle rajouté.
Un salaire... L'aventure... Les voyages...
" Quelle conne ! ", en roulant des yeux et vidant son verre.
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Un tour qu'elle n'a même pas fini. Huit mois après avoir posé le pied sur le sol irakien. Une balade sur un marché avec quelques gars de l'unité. Un attentat. Le crâne défoncé. Vivante grâce à son casque.
Deux opérations... Les céphalées, les crises, l'envie d'abandonner et puis Baker's house sur les conseils d'un ancien frère d'arme. Histoire de se retrouver elle, avant de retrouver les siens.
Les séances chez le psy tout en réapprenant à coordonner ses mouvements avec le kiné.
Et ce casque aujourd'hui posé sur sa table de chevet lui rappelant ce qu'elle lui doit : Sa plus belle victoire après avoir été son plus dur combat.
Elle débite sa vie à coup de scalpel sur ces neuf derniers mois et Castiel l'observe avec son demi verre de jus d'orange entre les mains, impassible.
Il ne la connaît pas. Elle ne sait rien de lui. Elle lui parle comme si dix ans d'amitié les liaient alors que jusqu'ici ils n'ont pas échangé dix mots.
" Bon, je dois vous laisser... J'ai un coup de fil à donner ", conclut-elle, en rangeant son verre dans le lave-vaisselle avant de sortir. " On se retrouve pour le dîner ", fuyant la pièce.
Un courant d'air.
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Pas une seule fois, elle n'a cherché à connaître son histoire à lui, écopant la sienne en refusant de couler avec celle d'un autre.
Castiel reste dans la cuisine un long moment. Le verre lui glisse des mains et éclate au sol.
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Alfie enlève son casque. Il fait trop chaud. Il passe le revers de sa veste sur son front en sueur. Le sifflement. Le crâne qui explose. Les bouts de chair... Novak cligne des paupières pour chasser les éclats de chair et de sang de ses yeux.
Le casque roule pendant que le sable se gorge d'une vie brisée.
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" Novak... Novak."
Une voix lointaine qui le rappelle.
" Novak... Hey, mec ", fait la voix d'Abner alors que Castiel revient lentement.
Ce casque-là n'aura jamais le goût d'une victoire.
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Quand Dean arrive, il retrouve un Castiel enfoncé dans son fauteuil, les traits tirés mais visiblement heureux de le voir. Et ce simple éclat dans le regard suffit à faire fuir ses inquiétudes.
Comme le week-end précédent, Castiel refuse d'entrer dans le bar. Il insiste cependant pour payer et Dean accepte la carte de crédit qu'il lui tend en murmurant son code.
Dean qui n'ose pas lui poser de question, marchant constamment sur des œufs. Il a peur de laisser parler sa frustration ou sa colère. Alors il lui parle de Bela et de son nouveau contrat.
Un petit escroc à col blanc s'est fait la malle à peine sa caution payée. 10,000 dollar de prime.
Charlie a plusieurs pistes.
" Du gâteau ", moue Deanesque en mordant dans une frite. " Et toi ? ", balance-t-il, faussement nonchalant en piquant une deuxième frite dans son paquet.
Il la trempe dans son ketchup, persuadé que Castiel va le rabrouer ou détourner la conversation.
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" J'ai commencé la kiné pré-orthopédique ", impassible, après avoir avalé une bouchée de son hamburger au poulet mariné.
Dean en reste coi, il ne s'attendait pas qu'il lui réponde et encore moins à ce qu'il lui explique par la suite en quoi consiste ses séances avec Corbett tout comme ses prises d'empreinte chez Hudson.
Il boit une lampée de bière pour cacher son sourire idiot tout en ne le quittant pas du regard. Celui de Castiel est fuyant tout comme ses mots sont pesés et ses phrases courtes. Mais Dean s'en fout.
Il retrouve un peu de cette complicité qui était la leur.
Tout en pudeur.
Et c'est tout ce qui compte.
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Dean pose son déjeuner sur le banc et se penche en avant, coudes sur les genoux pour suivre chacune des intonations de la voix grave de son interlocuteur. Il opine tout en continuant de picorer dans ses frites, laissant les silences ponctués les propos de Castiel.
Ce dernier termine son aparté presque à bout de souffle mais libéré d'un poids. Celui du partage.
" Putain, Charlie a intérêt à assurer... Ça me ferait chier de rater tes premiers pas ", balance Dean, taquin avec un sourire de gosse, la voix débordant de cette tendresse un peu bourrue.
" Il est peut-être trop tard ", en osant lever les yeux vers lui.
" Impossible n'est pas Winchester ", rétorque Dean, en se redressant sur son assise.
" Je ne suis pas un..."
" Si ", le coupe-t-il. " Et qu'il soit trop tard ou pas, ça changera rien, Cass... Rien du tout ", le rassure-t-il.
" Okay ", abdique-t-il après quelques secondes.
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Dean le raccompagne à Baker's house. Mildred l'invite à prendre le café le lendemain. Il décline son offre. Il a une réunion de travail. Il ne veut pas perdre de temps. Il échange un regard complice avec Castiel.
" Tu vas y arriver, Tiger ", appuyé d'un clin d'œil avant de se pencher pour l'embrasser.
Un baiser innocent. Furtif. Une tentative maladroite de reconnexion. Un besoin presque égoïste.
Quand il se relève, Castiel a les mains posées sur les accoudoirs pour cacher les tremblements de celles-ci. Comme souvent.
Le cœur de Dean dégringole dans ses godasses. Sur ses lèvres, s'affiche ce sourire que Castiel n'a jamais eu que pour lui. Son cœur refait le chemin en sens inverse.
" On se téléphone ? ", en reculant avec maladresse.
" Okay. "
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Dean continue de reculer et se retourne à la dernière seconde, à deux doigts de se prendre la porte de face.
" Oups ! ", en l'ouvrant. " Mildred...Cass ", passant de l'un à l'autre, s'attardant sur l'autre.
" Salue Sam de ma part ", lance Castiel du bout des lèvres.
" J'y manquerais pas ", en sortant.
" Dean ! ", le retenant.
" Oui ? ", main sur la clenche.
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Et tout est dit ...
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Fin chapitre XX
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En espérant que ce chapitre vous aura plu, on se retrouve dimanche prochain, si le coeur vous en dit.
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Je vais poster sur ma page auteur Facebook " Barjy L.", la radio d'une double amputation de tibias ( celle de Castiel), ça vous permettra de visualiser son handicap et de pouvoir mettre une image quand la phase orthopédique sera abordée.
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Love you.
