Une part de bonheur

Gabriel

Chapitre: 20/24

Chapitre 19 : Fatigue

Gabriel avait les mains crispées sur son ventre qui se contractait par à coup et essayait de ne pas paniquer. Il lui sembla s'écouler une éternité entre le moment où Draco avait débarqué hors d'haleine et celui où Harry arriva.

Le brun avait de suite lancé des sorts de diagnostiques le visage tendu en lui posant quelques questions précises concernant le type de douleurs, sa durée et son évolution. Gabriel se permit de respirer seulement quand les traits de son père biologique se détendirent et qu'un soupir s'échappa silencieusement de ses lèvres.

-Draco, tu peux lui donner une potion anti-douleur, s'il te plaît ça va le soulager.

-Alors qu'est-ce que c'est, le bébé va bien ?

-Oui parfaitement bien, tu as ce qu'on appelle des contractions de Braxton-Hicks. C'est sans danger pour toi et le bébé. Ton utérus se resserre et se relâche ce qui te donne l'impression que tu as des contractions et...

-Ah parce que c'est CA des contractions...misère...

L'elfe, soulagé, eut un léger rire nerveux et embrassa la tempe moite de son petit brun qui avala ensuite la potion. La douleur diminua un peu bien qu'il continua à ressentir un certain tiraillement dans le bas du ventre.

-En fait, c'est beaucoup moins douloureux que les vraies contractions, le contredit gentiment Harry. En revanche, jeune homme vous avez besoin de repos et de rester allongé, je vais te donner un arrêt d'au moins trois jours.

-Quoi, mais...

-Zahran je te donne aussi un arrêt, parce que si tu le laisses seul ici, dieu sait ce qu'il est capable de faire tout seul ici.

Gabriel regarda Harry outré avant de tourner la tête pour montrer son mécontentement évident.

-Aller, Gabriel, tu vas juste te reposer pour que les douleurs s'estompent tranquillement et je te renvoie en cours. La petite passe avant tout non ? Demanda Harry avec un sourire doux.

-Oui, bien sûr ! C'est juste que je n'aime pas rester inactif.

Face à l'air dépité du petit brun, Harry se permit un geste qu'il ne se permettait pas avec ses patients habituels. Il passa une main dans les cheveux en signe de réconfort. Harry prépara ensuite les feuilles qui serviraient de justificatif auprès de la directrice. Il donna quelques derniers conseils à Gabriel avant de regarder Draco pour lui annoncer son départ.

Zahran se retrouva seul avec Gabriel dont les douleurs s'étaient estompées grâce à la potion qu'il avait ingurgitée. Son estomac tordu par l'angoisse commençait à doucement se dénouer. C'est uniquement lorsqu'il attrapa la fine main pâle de Gabriel que ce dernier remarqua qu'il tremblait légèrement et que le sourire rassurant qu'il avait affiché tout le long des examens manquait de se casser la figure.

-Zaza, ça va ?

-Oui, ça va, j'ai juste eu peur pour vous deux, assura Zahran.

Gabriel attrapa et embrassa sa main après avoir noué leur doigt.

-On va bien Zahran, affirma Gabriel avec conviction en souriant. Tu me fais un sourire ? Oui, on va dire que ta grimace compte pour un sourire.

OoOoO

Leurs pas claquaient contre les pierres dures qui constituaient le sol du château et résonnaient contre les murs. Draco voyait le corps d'Harry relâcher la pression accumulée et son corps commencer à trembler. Le brun marchait rapidement fuyant son regard. Harry connaissait par cœur les couloirs qui reliaient les appartements de Zahran à ceux de Draco et se hâta. Il soupira presque lorsqu'il aperçut la porte qui signifiait qu'il pourrait enfin rentrer chez lui.

Évidemment, c'était sans compter la main de Draco qui attrapa son bras à peine entré dans le salon pour le ramener vers lui et l'enlacer fermement. Il sentit le corps du brun se tendre un instant contre lui avant que des bras tremblants ne s'accrochent à son dos.

-Ça va ?

-Oui, j'ai juste eu peur quand tu m'as appelé, je n'aurais pas supporté qu'il leur soit arrivé quelque chose. Je suis désolé, j'ai l'impression d'être un vrai pleurnichard depuis quelque temps.

-Tu te remets toujours, c'est normal, Harry.

L'obstétrimage lui lança un regard reconnaissant avant de l'embrasser sur la joue. Le geste fit fondre intérieurement son blond qui déposa lui-même un baiser sur son front en lui proposant de rester dormir. Il n'en avait pas vraiment le droit mais qui le saurait ? Minerva avait bien compris que sa cheminée servait à faire venir Harry pour les contrôles de Gabriel et que lui-même passait de moins en moins de nuits au château bien qu'il continuât à faire ses rondes de professeurs lorsque c'était son tour.

Harry acquiesça. Il avait besoin de réconfort cette nuit.

-Merci, je t'aime Draco, chuchota-t-il ensuite dans le silence apaisant de la chambre toujours prostré dans les bras de son petit ami.

Parfois Harry se demandait bien comment il avait réussi à vivre 17 ans sans lui. Il était presque effrayé en constatant que le blond était devenu un pilier dans sa vie beaucoup trop rapidement. Il essayait de ne pas trop le montrer, mais il n'aimait que lui depuis ses 16 ans. Personne ne pourrait jamais rivaliser avec lui et il espérait du fond du cœur que cette fois, ils ne se sépareraient pas.

-Moi, aussi Harry.

Harry n'avait pas de rendez-vous avant 10 heures le lendemain matin. Il se laissa donc guider jusqu'à la salle de bain où il se laissa savonner puis rincer par les fines mains du blond qui restèrent sages. Draco avait très bien compris que son petit copain avait juste besoin qu'on prenne soin de lui et qu'on le bichonne bien qu'il ne l'aurait jamais avoué à voix haute. Ils sortirent de la salle de bain en pyjama et il eut un sourire moqueur en voyant le brun flotter dans le bas du pantalon, mais le regard meurtrier qu'il lui lança le dissuada de faire un commentaire.

Ils se couchèrent face à face, leurs mains enlacées, leurs fronts collés et s'endormirent dans cette position qui leur procura à tous les deux un sentiment de sécurité et de paix.

Ils étaient bien.

OoOoO

Réveillé. Il devait rester réveillé, ne pas s'endormir, parce que sa petite puce avait décidé de faire la java toute la nuit dans son estomac. Il venait à peine d'être autorisé à reprendre les cours, ce n'était certainement pas pour s'endormir au milieu du cours de métamorphose. Il devait garder les yeux ouverts...

-Monsieur Audragon ! Mon cours ne vous intéresse pas ?

Merlin, si seulement Monsieur Flitwick savait à quel point il s'en fichait...

Le silence lourd qui s'abattit dans la salle et le regard stupéfait de son professeur lui fit comprendre qu'il venait de parler à voix haute et un gémissement s'échappa de ses lèvres alors que le professeur s'avança vers lui pour l'envoyer fissa chez la directrice avec un mot qui expliquait l'insolence de son élève et il lui colla en prime une semaine de colle. Bon, ça ne le surprenait pas, son professeur ne supportait pas l'insolence, alors Gabriel ne protesta même pas et subit silencieusement le courroux de son professeur.

Honteux, Gabriel ramassa ses affaires et quitta la salle de classe sous le regard sévère de son professeur.

En arrivant devant le bureau, il attendit un instant n'osant pas toquer. Il n'avait jamais été convoqué ou envoyé chez la directrice pour son comportement et n'avait même jamais eu de remarques ou sanctions disciplinaires. Il avait tout de l'élève modèle. Il rendait ses devoirs en temps et en heures, apprenait ses leçons et écoutait ses professeurs. Il n'avait pas d'amis proches au sein de Poudlard mais restait tout de même globalement apprécié.

En fait, mise à part sa grossesse et sa relation avec un professeur, il faisait tout pour ne pas se démarquer et faire son petit bout de route tranquillement. Il avait de l'ambition et celle-ci nécessitait qu'il suive en cours, ait son diplôme et s'installe avec Zahran pour élever leurs enfants bien que la dernière partie semblât arriver en avance par rapport à son plan.

Il murmura le mot de passe et entra dans la salle. La directrice en le voyant entrer du haut de son estrade le regarda par-dessus ses lunettes et déposa le parchemin qu'elle lisait.

-Un problème monsieur Audragon, demanda-t-elle en avisant son air embarrassé.

-J'ai...Je suis vraiment désolé. J'ai manqué de respect à un professeur et il m'a envoyé vous voir.

Elle l'invita à s'asseoir en avisant sa posture fatiguée et la main sur son ventre comme pour se soutenir. Il avait une mine à faire peur et des cernes violettes soulignaient cet aspect fatigué. Vraiment il aurait mieux fait d'écouter Zahran et de prendre la journée supplémentaire proposer par son père.

-Je pense vous avoir assez cerné pour savoir que ce n'est pas dans votre habitude. Une explication ?

-Je n'ai aucune excuse, je manquais de m'endormir en cours, le professeur m'a interpelé et les mots ont franchi la barrière de mes lèvres sans que j'y pense vraiment.

La directrice soupira à l'aveu honnête de son élève qui avait au moins le mérite d'être clair. Il n'avait même pas essayé d'atténuer son comportement.

-Vous avez des problèmes pour dormir ?

-Seulement quand un certain bébé décide de me tenir éveiller une bonne partie de la nuit...

-Bon, vous n'avez jamais eu de problème de comportement et vous avez déjà été collé pendant une semaine je pense que vous ne recommencerez pas. Je vais vous laissez partir avec un simple avertissement.

Et soudain Gabriel sentit, à sa grande horreur, ses yeux s'embuer. Une semaine de colle signifiait plus d'heure de cours à sa semaine déjà surchargée, de fatigue que sa grossesse lui causait naturellement et surtout moins de temps avec Zahran. Il s'éclaircit la gorge pour se ressaisir, mortifié par sa propre réaction.

-Merci, madame la directrice.

Il s'en sortait bien, ça aurait pu être pire. Du moins le crut-il jusqu'à ce qu'il n'arrive à 18 heures dans les appartements qu'il partageait avec Zahran et que celui-ci l'attendait de pied ferme. Évidemment, celui-ci était lui-même prof et ne supportait pas l'indiscipline, surtout dans les circonstances actuelles.

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire Gabriel, monsieur Flitwick m'a raconté ce qui s'est passé ce matin.

-Ecoute, Zahran je suis fatigué vraiment, mes mots ont dépassé ma pensée et je me suis excusé pendant mon heure de colle. J'aimerais vraiment dormir. S'il te plaît.

S'il te plait, tais-toi. Prends-moi dans tes bras que j'oublie cette journée atroce.

-Mais...

-Zahran, tu n'es pas mon père, j'en ai trois et c'est bien suffisant comme ça. Tu es mon amoureux, mon amant, mon compagnon mais certainement pas un patriarche.

Gabriel soupira intérieurement alors que le visage de l'elfe se crispait. Il blâma intérieurement sa fatigue et les hormones qui parlaient pour lui alors qu'il ne rêvait que des bras de son compagnon et de la douceur de leur lit.

Il se disputait rarement avec Zahran, il pouvait compter leurs vraies disputes sur les doigts de la main. Tous les deux étaient d'une nature calme et préféraient discuter avant que la situation ne s'envenime.

Mais Gabriel était terrassé par la fatigue et n'était pas du tout d'humeur pour un sermon. Lorsqu'il avait piqué l'ego de l'elfe et il savait d'avance qu'il allait passer une sale soirée.

-Je sais très bien, que je ne suis pas ton père, néanmoins permets-moi de te rappeler que la situation ne nous permet pas ce genre d'incartade, on doit se tenir à carreau, Gabriel.

Évidemment, Gabriel ne se doutait pas que Zahran était devenu la bête curieuse des professeurs qui le regardaient du coin de l'œil pendant les pauses et attendaient le moindre faux pas pour lui tomber dessus et lui reprocher sa situation inconfortable.

Non, le petit brun ne faisait déjà même pas attention aux chuchotements sur son passage et aux regards insistants des autres étudiants. Il allait en cours, revenait auprès de son amant et vivait sa grossesse tranquillement. Tout cela était déjà bien trop chronophage pour qu'il prenne autre chose en considération.

Du reste, il n'était pas le jeune professeur qui avait engrossé son élève et qui était en couple avec. Non c'était Zahran qui endossait ce rôle et quiconque regardait la situation d'un point de vue extérieure sans tous les éléments pourrait y voir un abus de pouvoir.

La réalité était pourtant tout autre, Zahran considérait Gabriel comme un égal dans leur relation et n'avait aucun sentiment de domination. Il était simplement soucieux de l'avenir de Gabriel et être insolent avec un professeur n'était pas inclus dans cet avenir. Et tout ça le petit brun le savait. Les paroles prononcées le mirent donc en colère et sans qu'il ne puisse se retenir il répondit vertement qu'il savait très bien ce qu'il était pour lui mais que la situation impliquait de faire attention à ce qu'il faisait au sein de Poudlard.

-J'apprécierais que tu arrêtes d'appeler notre fille une situation, Zahran !

-Arrête, tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire, Gabriel...

-Et bien qu'est-ce que tu voulais dire alors ?! Non tu sais quoi je suis crevé, j'ai besoin des dormir et mes hormones ne m'aident pas à réfléchir dans cette situation grotesque. Je pense que mon heure de colle plus celles qui suivent vont être bien suffisantes pour me faire réfléchir. Je vais me laver et aller me coucher.

Zahran n'eut pas le temps de répondre que le brun disparut dans la salle de bain. La culpabilité le gagna immédiatement. En effet, Gabriel semblait tendu et fatigué et il aurait dû le détendre plutôt que lui prendre la tête. Il avait laissé ses mauvaises ondes l'atteindre. L'elfe soupira et voulut s'excusez lorsque le Serpentard sortit en pyjama de la salle de bain mais se fit rabrouer vertement.

En sortant de la pièce, Gabriel ne voulait plus parler, il voulait dormir. Il n'aimait pas faire la tête à l'elfe mais il l'avait vraiment agacé. Il s'allongea dans le grand lit qui prenait une bonne partie de leur chambre et tenta en vain de s'endormir. Après une demi-heure, il poussa un soupir de frustration, il ne pourrait pas dormir en étant en colère conte l'elfe. Il ne voulait et ne pouvait pas s'endormir fâcher. Il se redressa pour aller dans le salon mais l'elfe était déjà contre le chambranle de la porte, en tenue de nuit, et le regardait inquiet.

Il lui tendit alors la main en silence, la moitié de son visage toujours enfoui dans son oreiller et Zahran se dirigea vers le lit pour l'attraper et se glissa contre lui enlaçant sa taille et son ventre proéminent en s'excusant.

L'elfe embrassa sa nuque et enfin, il put se détendre et s'endormir.

OoOoO

-Monsieur Audragon vous vous sentez bien ?

Gabriel se redressa et regarda son professeur de métamorphose, c'était son dernier jour de détention et la fatigue accumulée le rendait pratiquement amorphe. Son teint pâle était presque translucide. Il avait pratiquement terminé de rédiger sa rédaction sur la métamorphose humaine et bien qu'il luttât vaillamment, il s'était affaissé sur sa chaise.

Il lui restait une demi-heure à tirer et cet évènement fâcheux serait derrière lui.

-Oui, oui.

-Vous pouvez y aller.

-Pardon ? demanda Gabriel étonné.

-Vous êtes un excellent élève, vous n'aviez jamais montré de problème disciplinaire et surtout vous avez l'air exténué. Je ne pense pas que votre grossesse arrange les choses. Vous avez bien travaillé durant toutes vos heures de punition. Alors, allez-y, je vous fais grâce de la dernière demi-heure. C'est le week-end, allez-vous reposer.

-Merci, monsieur ! S'exclama Gabriel en se levant apparemment trop rapidement puisqu'il se sentit vaciller et ne dut son salut qu'au coin de la table auquel il s'accrocha sous l'œil inquiet de son professeur.

-Est-ce que vous allez bien ?

-Oui, est-ce que vous pourriez appeler Zahran, s'il vous plait ? Demanda Gabriel qui ne préférait prendre aucun risque.

Il regarda son professeur exécuter un patronus qui disparut derrière la porte et quelques minutes plus tard Zahran apparut pantelant.

-Quelque chose ne va pas ?

-Non, je suis juste fatigué et je ne voulais pas traverser le château tout seul. Désolé...

-Non, tu as bien fait de m'appeler, affirma Zahran qui salua le professeur Flitwick d'un hochement de tête.

Gabriel tendit son sac à Zahran et se releva mais à sa grande surprise, l'elfe miniaturisa son sac et le fourra dans sa poche et l'attrapa sous les genoux et les hanches pour le porter.

-Zaza, on en a pour au moins 10 minutes de marche !

-Ça fait une semaine que je te vois t'épuiser alors, je te porte, ce n'est pas négociable et ce week-end, repos.

Gabriel glissa les bras derrière la nuque de son elfe qui lui embrassa son front.

Heureusement que la plupart des élèves était dans leur salle commune et ils purent regagner tranquillement leurs appartements. Il devait donner un tableau atypique. Gabriel, le nez plongé dans le cou de l'elfe qui marchait le dos droit d'un pas décidé en tenant sa charge avec délicatesse.

Gabriel adorait la virilité de son homme. Zahran était, grand, fort et musclé. Tout cela allié à son odeur, ses coiffures elfiques sophistiquées et ses tenues elfiques le rendait irrésistible à ses yeux. Il savait que Zahran aimait être bien habillé, coiffé et sentir bon. L'elfe faisait attention à son style vestimentaire depuis toujours.

Gabriel lui jeta un regarda un instant et son regard croisa le regard mordoré et son compagnon lui fit un petit sourire. A sa grande honte, il sentit ses joues rougirent. Il n'aimait pas quand son visage reflétait son état intérieur. Mais parfois Zahran le prenait de court et il se sentait réagir plus qu'il n'aurait dû comme en ce moment où, accroché à son cou, il lui souriait doucement.

-Ça va ?

-oui...

L'elfe redressa la tête et regarda devant lui à nouveau. Il était beau. La température de Gabriel semblait augmenter d'un coup et il sut qu'il n'irait pas au lit avant quelques heures. Après tout c'était le week-end, il aurait tout le temps de se reposer. Demain.

A suivre...

Pour ceux qui se demandaient oui, c'est un peu trop tôt pour Gabriel pour accoucher , nous sommes en janvier/ février Gabriel en est donc à 5/6 mois de grossesse. Tout va bien, ce n'était qu'une fausse alerte.

A la semaine prochaine!