Bonsoir. Je reviens avec un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. J'attends tous vos commentaires. Bonne conférence. Prenez soin de vous.
Chapitre 11 Le voyage
Chaque objet, au cours du trajet, était nouveau et intéressant pour Elisabeth et elle était en humeur propice à la joie, car elle avait vu à sa sœur si bonne mine qu'elle pouvait bannir toute crainte au sujet de la santé de Jane, et la perspective de son voyage dans le Nord de l'Angleterre était une source constante de plaisir, de rêves et de projets et elle se sentait pleine d'entrain et de gaieté.
Lorsqu'on quitta la grand-route pour prendre le chemin de traversée qui conduisait à Hunsford, tous les yeux étaient aux aguets pour apercevoir le presbytère, s'attendant à le voir surgir à chaque tournant. Leur route longeait d'un côté la grille de Rosings Park. Elisabeth sourit en se souvenant de tout ce qu'elle avait entendu au sujet de son propriétaire.
- Je crois que nous sommes presque arrivées, Louisa, dit-elle.
- Êtes-vous pressée d'arriver à destination?
- Pas vraiment, a répondu Elisabeth avec une grimace. Je m'attends à être témoin de beaucoup d'hypocrisie. Mais je suppose que nous allons survivre à cela pendant quelques semaines. Ce n'est pas comme si nous espérions être de nouveau invitées, n'est-ce pas?
- J'espère que non. Une fois me suffira grandissement. Je me demande pourquoi Mme Collins nous a invitées, ajouta-t-elle. Je suis sûre qu'elle l'a fait dans un mais précis.
- Peut-être espère-t-elle aider au futur mariage de miss de Bourgh.
- Vous croyez réellement qu'elle est fiancée.
- Si elle est aussi malade qu'on nous l'a dit, j'en doute fort. Le prétendu fiancé n'est sans doute pas d'accord pour laisser une femme qui n'est pas de sa famille décide d'une chose qui ne la regarde absolument pas. Cela m'étonnerait beaucoup qu'elle puisse le forcer à faire ce qu'elle veut. Aucun homme sain d'esprit et étant doté de responsabilité ne voudrait s'encombrer d'une femme malade et parfaitement inutile. Non, je crois que la dame s'illusionne, Louisa. Et nous en serons peut-être témoin. Qui sait, cela pourrait même s'avérer très amusant.
- Vous ne pensez qu'à vous amuser, Lizzie! dit Louisa d'un ton moqueur.
- Que voulez-vous? La vie est trop courte pour la passer dans la tristesse et l'ennui.
Louisa secoua la tête, mais n'ajouta rien. Enfin, le presbytère apparut aux regards. Le jardin formant une pente douce jusqu'à la route, la maison située au milieu, les palissades vertes, la haie de lauriers, tout annonçait qu'on était au terme du voyage. Mr Collins et Charlotte se montrèrent à la porte, et la voiture s'arrêta près d'une petite grille, au bout d'une jolie allée de lauriers qui conduisait à la maison, parmi les inclinaisons de tête et les sourires de toute la compagnie . Les deux jeunes filles descendant de la voiture et ont été très chaleureusement accueillies par les Collins. Le couple attendait devant la maison et vinrent immédiatement au-devant l'au-devant. Les salutations prirent un certain temps.
Mme Collins reçut ses visiteuses avec un plaisir si évident qu'Elisabeth n'éprouva plus de regret d'avoir accepté. Elle était certaine d'avoir eu raison en pensant que Mme Collins s'ennuyait à mourir et qu'elle souhaitait avoir des invités pour se distraire et en profiter pour se pavaner sur tous les avantages qu'elle possédait. Peut-être même espérait-elle la rendre jalouse de sa bonne fortune. Dans ce cas, elle se faisait des illusions.
Elle vit tout de suite que le mariage n'avait pas changé les manières de son cousin et que sa politesse, sa démarche, ses compliments étaient toujours aussi roides, aussi compassés qu'autrefois. Il la retint plusieurs minutes à la porte pour s'informer et répond à toutes ses interrogations au sujet de la famille Bennet de toute sa famille. Ils furent alors conduits à l'intérieur de la maison, sans autre délai que celui qu'il fallut pour permettre à Mr Collins, en passant d'attirer leur attention sur la propriété et le pittoresque de l'entrée puis après avoir, il introduisit ses innvitées sans plus de délai dans la maison.
Dès qu'ils ont été dans le petit salon, il les accueillit pour la deuxième fois, avec un formalisme ostentatoire, en leur souhaitant la bienvenue dans sa modeste demeure. Il remercia Elisabeth de nouveau d'être ainsi que de visiter dans son humble chaumière et répéta ponctuellement toutes les offres qu'avait fait sa femme pour les convier à se restaurer.
Elisabeth s'attendait à le voir briller de tout son éclat, et, pendant qu'il faisait admirer les belles proportions du salon, sa hauteur, son ameublement, l'idée lui vint qu'il s'adressait particulièrement à elle comme s ' il souhaitait de lui faire sentir tout ce qu'elle avait perdu en n'étant pas elle-même l'objet de toutes ses attentions et des bienfaits de lady Catherine. Il voulait vouloir lui faire éprouver du regret de ne pas être à la place de Mme Collins.
Mais, bien que tout parût joli et commode, elle ne put le répondre en faisant montre de regret car il lui eût été difficile pourtant d'en éprouver le moindre, et elle s'étonnait plutôt que Mme Collins, vivant avec un tel compagnon, pût avoir l'air aussi joyeux. Toutes les fois que Mr Collins proférait quelque chose dont sa femme aurait pu rougir, - et la chose n'était pas rare, - les yeux d'Elisabeth se tournaient involontairement vers sa femme. Une ou deux fois, elle crut surprendre sur son visage une faible rougeur, mais la plupart du temps, la dame, très sagement, avait l'air de ne pas entendre.
Après avoir tenu ses visiteurs assis assez longtemps dans cette pièce pour leur faire admirer en détail le mobilier, depuis le bahut jusqu'au garde-feu, et entender le récit de leur voyage et de tout ce qui était passé à Londres, Mr Collins les invita à faire un tour de jardin, qui était grand, bien dessiné, les et qu'il cultivait lui-même. Travailler dans son jardin était un de ses plaisirs les plus grands et les plus respectables. Elisabeth admira le ton sérieux et la maîtrise de physionomie avec ainsi Mme Collins vantait la salubrité de cet exercice pour la santé et reconnaissait qu'elle encourageait son mari à s'y livrer le plus possible.
Mr Collins les conduisit le long de chaque allée principale et transversale et leur montra tous les points de vue avec une minutie vraiment plaisante qui en faisait oublier le pittoresque, leur donnant à peine l'intervalle de temps de prononcer les louanges qu'il demandait. Il connaissait le nombre de champs dans toutes les directions, et était capable de dire combien il y avait d'arbres dans le boqueteau le plus lointain. Mais de toutes les vues que son jardin, la contrée et même le royaume permettait de s'enorgueillir, aucune n'était comparable à celle qu'offrait le manoir de Rosings qu'une trouée dans les arbres en bordure du parc permettait d'apercevoir presque en face de la façade du presbytère. C'était un bel édifice de construction moderne, fort bien situé sur une éminence.
Après le jardin, Mr Collins voulut leur faire faire le tour de ses deux prairies, mais les dames, qui sur point chaussées pour affronter les restes d'une gelée blanche et se trouve fatiguées, se récusèrent, et Mme Collins lui rappela qu 'il doit rendre une visite, ce qu'il accepte visiblement à contrecœur, et ramena ses invités à la maison, heureuse sans doute de pouvoir la leur faire visiter sans l'aide de son mari. Petite, mais bien construite, elle était commodément agencée et tout y était organisé avec un ordre constant et une intelligence dont Elisabeth attribua tout l'honneur à Mme Collins. Cette demeure, évidemment, était fort plaisante à condition d'en oublier le maître, et en voyant à quel point Mme Collins se montrait satisfaite, Elisabeth signalait qu'elle l'oubliait souvent.
On avait tout de suite prévenu les arrivants que lady Catherine était encore à la campagne. On reparla d'elle au dîner et Mr Collins, se mêlant à la conversation, observa d'un air triomphant:
- Oui, Miss Bennet, vous aurez l'honneur de voir lady Catherine de Bourgh dimanche prochain à l'église. Et certainement je n'ai nul doute qu'elle vous charmera. C'est l'aménité et la bienveillance en personne, et je ne doute pas qu'elle n'ait pas été la bonté de vous adresser quelques paroles de bienveillance à l'issue de l'office. Je ne crois pas m'avancer en vous annonçant qu'elle vous comprendra ainsi que miss Lucas dans les invitations qu'elle nous fera, pendant votre séjour ici. Sa manière d'être à l'égard de ma chère Augusta est des plus aimables: nous dînons à Rosings régulièrement deux fois par semaine, et jamais Sa Grâce ne nous laisse revenir à pied. Sa voiture est toujours prête pour nous ramener - je devrais dire une de ses voitures, car Sa Grâce en a plusieurs.
- Lady Catherine est une femme intelligente et respectable, appuya Mme Collins, et c'est pour nous une voisine fort aimable et remplie d'attentions.
Mais Elisabeth vit que son sourire n'atteignait pas ses yeux. Il était évident que Mme Collins n'appréciait guère de voir une connaissance mettre son nez dans ses affaires
- Très juste, ma chère amie. Je le disais à l'instant. C'est une personne pour laquelle on peut avoir trop de déférence.
César s'était sagement couché aux pieds de sa maîtresse. Il n'aimait pas du tout les deux Collins, mais il n'en montra rien. C'était un chien trop bien élevé pour manifester son désagrément à un humain. Il se contenterait de les ignorer.
La soirée se passa fort gaiement et tout entier à parler des nouvelles du Hertfordshire, à redire ce qui avait déjà été écrit. Une fois retirée dans la solitude de sa chambre, Elisabeth a mis méditer à loisir sur le bonheur dont jouir Mme Collins. Un bonheur tout à fait relatif, à son avis. Mais elle savait très bien jouer la comédie.
À voir avec quel calme Mme Collins supportait son mari, avec quelle adresse elle le gouvernait, Elisabeth fut obligée de reconnaître qu'elle s'en tirait à merveille. La manière dont ne se passait pas sa visite fut aussi pour elle un sujet de réflexion, elle anticipait la douceur de leurs occupations habituelles, les fâcheuses interruptions de Mr Collins, les plaisirs qu'elle trouverait à Rosings. En un mot, qui ne sait combien une imagination vive forme de projets en un instant?
Dans l'après-midi du jour suivant, pendant qu'elle était dans sa chambre, faisant ses préparatifs en vue d'une promenade, un bruit soudain au rez-de-chaussée parut mettre toute la maison en rumeur. Elle entendit le bruit d'une voiture qui s'approchait et alla vivement à la fenêtre, se demandant qui pouvait bien venir au presbytère. Puis elle vit la voiture qui continue son chemin en direction de Rosings. Elle fut consternée de voir Mr Collins s'incliner si bas qu'il faillit basculer en avant. Il était parfaitement ridicule, mais il était évident qu'il était beaucoup trop stupide pour s'en rendre compte.
Elisabeth secoua la tête en souriant, devant la sottise de l'homme. En passant, elle vit l'un des passagers lever les yeux dans sa direction. Elle fut absolument stupéfaite en reconnaissant l'inconnu du théâtre. Elle le vit incliner poliment la tête et répondre de même à son salut. Du moins, elle eut à peine le temps de le faire que la voiture était déjà passée. Elle sourit, puis elle se prépare pour sa première promenade.
Les lieux étaient magnifiques et elle apprécia beaucoup de se promener dans ce parc. Elle comprenait pourquoi le Kent avait été surnommé le jardin de l'Angleterre. On pouvait sentir que le printemps était là. Les oiseaux gazouillaient dans les arbres, les fleurs commençaient à faire leur apparition, apportant de délicieuses odeurs. C'était vraiment un bel endroit.
Elle leva les yeux en voyant un magnifique magnolia dont les fleurs parfumées embaumaient l'air. Elle posa son nez sur l'une des fleurs et en inspira longuement le délicieux parfum.
Ses pétales étaient d'une rose pourpré à l'extérieur, et d'un blanc crème à l'intérieur. Elles étaient vraiment très belles.
Elle découvrit également un grand emplacement couvert de narcisses aux fleurs blanches, jaune, orange, rose et saumon. Il y avait également de magnifiques myosotis dont la signification, dans le langage des fleurs était: «Ne m'oubliez pas».
Elisabeth jugea qu'il valait mieux éviter de cueillir des fleurs. Après tout, elle n'était pas chez elle et n'avait pas encore rencontré la maîtresse du domaine. Mais elle était heureuse de pouvoir profiter des beautés du bois au printemps.
Elle revint au presbytère et vit que Louisa était soulagée de son retour. De toute évidence, rester seule en compagnie de Mme Collins était extrêmement éprouvante. Elle arriva juste avant l'heure du petit-déjeuner. Elle prit juste le temps de monter dans sa chambre pour retirer son spencer, ses gants et son chapeau avant de redescendre à la salle à manger.
Mr Collins se montrait très bavard sur lady Catherine, sa fille, son domaine, son magnifique manoir. Il ne cessait de bâfrer, ce qui lui faisait les yeux chassieux et les joues flasques. Il était vraiment répugnant à voir.
De plus, sa respiration oppressée indiquait clairement qu'il était en mauvaise santé. Elle ne serait nullement surprise qu'il finisse par mourir d'une attaque d'apoplexie. À force de courir dans tous les sens pour répondre aux caprices de lady Catherine, il allait endommager son cœur sans rien pouvoir y faire. De plus, il mangeait beaucoup trop pour sa santé et ne faisait pas assez d'exercice. Cela ne prévoyait rien de bon.
Mais, après tout, ce n'était pas son problème. Elle ne pouvait rien changer à son genre.
Un peu plus tard, elle retrouva son amie dans sa chambre.
- Allez-vous bien, Louisa? Vous paraissiez un peu sombre à mon retour.
Louisa fit une grimace.
- Ce n'est vraiment pas drôle de parler avec les Collins. Ils parlent toujours de la même chose.
- Savez-vous qui se développent dans la voiture qui sont passés devant le presbytère?
- Ce sont les neveux de lady Catherine qui sont arrivés ce matin.
- Oh! Dans ce cas, cela me surprendrait que lady Catherine veuille nous inviter. Elle me paraît très prétentieuse et ne voudra pas sans doute pas nous mêler à ses neveux.
- Mais elle ne nous a pas encore rencontrés.
- Oui, c'est vrai. Nous la verrons sans doute dimanche. Je ne suis pas du tout pressée de la rencontre. Mais je suis sûr que cela promet des moments très amusants.
- Il faudra que vous fassiez attention, Lizzie. Vous devez éviter d'insulter lady Catherine. Sinon, nous aurons des ennuis.
- Je serais sage, promets Elisabeth. Et vous, Louisa, vous pourrez au moins demander à Mr Darcy des nouvelles de Charlotte.
Louisa parut abasourdie.
- Vous croyez qu'il la connaît?
- Bien sur. La paroisse de Kympton se trouve sous son patronnage. Il joue, pour son mari, le même rôle que lady Catherine avec les Collins. Mais je suis certain qu'il ne les oblige pas à ramper devant lui en permanence.
Louisa hocha la tête.
- Si c'était le cas, je le saurai depuis longtemps.
- En effet. Mais heureusement, tout le monde n'est pas lady Catherine.
- Je doute qu'il existe un autre Mr Collins dans le monde, Lizzie. Ce serait vraiment un phénomène.
- J'espère que cela n'existe pas. Un seul suffit amplement pour ma santé mentale.
- Je vous comprends. Nous venons à peine d'arriver et son bavardage commence déjà à être insupportable. Il faut espérer que notre séjour passera très vite.
- Moi aussi. Cependant, je suis curieuse de rencontrer les neveux. Peut-être qu'ils sauront rendre les choses plus agréables.
- Moi aussi. Nous devrions nous dépêcher pour ne pas être en retard. Il faut espérer que Mr Collins se trouvera une occupation urgente pour nous épargner sa compagnie.
- Moi aussi. Mais je ne suis pas sûr que cela va arriver. Il semble très désireux de me rendre jalouse et envieuse. À mon avis, il commence à regretter son choix d'épouse. Je pense qu'il s'imagine que je l'aurai accepté sans hésiter et qu'il m'aurait fait une grande faveur en me demandant d'être sa femme.
- Je pense qu'il se trompe à ce sujet.
- Absolument. Je vais m'assurer qu'il comprenne que le genre de vie qu'il offre m'ennuierai à mourir.
- Je n'en doute pas. Vous êtes très franche, Lizzie. Je ne pense pas que vous auriez satisfait lady Catherine. Elle s'attend probablement à ce que la femme du vicaire écoute et obéisse à tous ses conseils. Vous l'auriez probablement envoyée au diable sans la moindre hésitation.
- Ne parlons pas de malheurs, Louisa. Il va de soi que je ne l'aurais jamais accepté. Mais il devra le comprendre. Je ne peux pas le lui dire de vive voix.
- Il est plutôt audacieux de croire que vous ne pourriez pas faire autrement que de l'accepter. Il a peu à offrir, après tout.
- Une petite cure sans importance avec l'obligation de traiter une prétendue bienfaitrice comme si elle était au-dessus de Dieu. C'est vraiment répugnant, Louisa. Cet homme n'a pas la moindre dignité. Même les chiens ne tomberaient pas aussi bas que lui. Franchement, Louisa, j'espère que cette visite sera la première et la dernière.
- Moi aussi. Venez, Lizzie. Nous ferions bien de descendre. La soirée risque d'être longue.
Avec un soupir, Elisabeth hocha la tête. Les deux jeunes femmes se levèrent et sortirent de la chambre. Elles descendent l'escalier pour se rendre au salon.
