La semaine suivante, Hermione, Ron et Harry se creusèrent la tête pour parvenir à obtenir de Slughorn le souvenir réel de sa discussion avec Voldemort au sujet des Horcruxes. Dumbledore et Harry étaient bloqués dans leurs recherches par les secrets du professeur de potions et, après de nombreuses élaborations de plans et stratégies en tout genre, le trio se retrouvait, une fois de plus au coin du feu, à se demander où trouver les réponses à leurs questions.

Hermione fronça les sourcils en remarquant que Harry se tournait une fois de plus vers le manuel de potion du Prince de Sang Mêlé.

« Tu ne trouveras rien là-dedans, » lui dit Hermione d'un ton catégorique.

C'était dimanche soir et il était déjà tard.

« Ne commence pas, Hermione, » répliqua Harry. « Sans le Prince, Ron ne serait pas assis avec nous en ce moment. »

Ils continuèrent à se chamailler jusqu'à ce que Ron les interrompe.

« Comment tu écris « belligérant » ? » demanda Ron qui secouait vigoureusement sa plume, l'œil fixé sur son parchemin. « Ça ne peut pas commencer par B-E-T-E… »

« Non, sûrement pas, » répondit Hermione en lui prenant son devoir des mains. « Et « augure » ne commence pas non plus par O-R-G. Qu'est-ce que tu utilises comme plume ? »

« Un de ces modèles à vérificateur d'orthographe qu'on trouve chez Fred et George… Mais je crois que le sortilège doit être usé… »

« J'en ai bien l'impression, » dit Hermione en montrant le titre du devoir, « car la question était comment combattre les Détraqueurs et non pas les « Détartreurs » et, à ma connaissance, tu n'as pas changé ton nom en Roonil Wazlib. »

« Oh non ! » s'exclama Ron qui contempla son parchemin d'un air horrifié. « Ne me dis pas que je vais devoir tout réécrire ! »

« Ce n'est pas grave, on va arranger ça, » assura Hermione.

Elle posa le devoir devant elle et tira sa baguette magique.

« Je t'adore, Hermione ! » s'exclama Ron.

Il s'enfonça dans son fauteuil en se frottant les yeux d'un air las.

Mal à l'aise, Hermione ne répondit pas, sentant sa gêne s'étaler d'ores et déjà sur ses joues.

« Ne répète pas ça quand Lavande est dans les parages. » finit-elle par articuler.

« Non, » dit Ron, le visage dans les mains. « Ou plutôt si… Comme ça, elle me laissera tomber… »

« Pourquoi tu ne la laisses pas tomber toi-même si tu en as assez ? » interrogea Harry.

« Tu n'as jamais laissé tomber personne, toi ? » remarqua Ron. « Avec Cho, vous avez simplement… »

« … cessé de nous voir, oui, » acheva Harry.

« J'aimerais bien que ça se passe de la même façon entre Lavande et moi, » marmonna Ron d'un air lugubre.

Il regardait Hermione tapoter en silence du bout de sa baguette chacun des mots mal orthographiés qui se corrigeaient d'eux-mêmes au fur et à mesure.

« Mais plus j'essaye de lui faire comprendre que je voudrais en finir, plus elle s'accroche. J'ai l'impression de sortir avec le calmar géant. »

Hermione tâcha de ne pas prendre part à la conversation, s'estimant suffisamment mal à l'aise pour l'instant. Elle se concentra plutôt sur le devoir de Ron sur lequel elle travailla encore une vingtaine de minutes avant de lui prêter sa propre plume pour qu'il termine la conclusion. Elle relisait paisiblement son devoir par-dessus son épaule lorsqu'un CRAC sonore la fit sursauter.

Kreattur puis Dobby firent leur apparition au milieu de la salle commune, à présent déserte. Complètement perdue, Hermione les écouta déblatérer à propos d'une mission confiée par Harry et au sujet de laquelle ils venaient faire leur rapport.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda Hermione, encore sous le choc de ces apparitions soudaines. « Que se passe-t-il, Harry ? »

« Eh bien… ils ont suivi Malefoy pour moi, » répondit-il.

« Nuit et jour, » croassa Kreattur.

« Dobby n'a pas dormi pendant une semaine, Harry Potter ! » déclara fièrement Dobby en se balançant sur ses talons.

Hébétée, Hermione ne sut ce qui l'indignait le plus. Le fait que Harry daigne violer ainsi la vie privée de Malefoy, ou bien le fait qu'il se serve d'elfes de maison pour le faire. Elle houspilla Harry, exécrée par son manque d'égard pour les elfes mais il l'interrompit vite, intimant à Kreattur de lui faire son rapport. Avec toute la mauvaise foi du monde, Kreattur s'inclina et entama son récit.

« Le jeune Malefoy prend ses repas dans la Grande Salle, il dort dans le dortoir des cachots, il suit des cours dans plusieurs… »

« Dobby, raconte-moi, coupa Harry. Est-ce que tu l'as vu aller dans un endroit où il n'aurait pas dû être ? »

« Harry Potter, monsieur, » s'écria Dobby de sa petite voix aiguë, ses grands yeux globuleux brillant à la lueur des flammes, « Malefoy n'a violé aucun règlement que Dobby connaisse, mais il tient beaucoup à ne pas être vu. Il s'est souvent rendu au septième étage avec divers autres élèves qui font le guet pour lui pendant qu'il se trouve dans… »

« La Salle sur Demande ! » s'exclama Harry en se frappant le front avec son exemplaire du Manuel avancé de préparation des potions.

Hermione et Ron se tournèrent vers lui.

« Voilà où il se cache ! Voilà où il prépare… ce qu'il prépare ! Et je parie que c'est pour ça qu'il disparaît de la carte… Maintenant que j'y pense, je n'ai jamais vu la Salle sur Demande représentée sur la carte du Maraudeur ! »

« Les maraudeurs ignoraient peut-être son existence, » fit observer Ron.

« À mon avis, ce doit être une des propriétés magiques de la salle, » dit Hermione. « En cas de besoin, elle devient incartable. »

« Dobby, est-ce que tu as pu y entrer pour regarder ce que fabriquait Malefoy ? » demanda avidement Harry.

« Non, Harry Potter, c'est impossible, » répondit Dobby.

« Bien sûr que si, c'est possible, » répliqua Harry. « Malefoy a réussi à pénétrer dans le quartier général que nous y avions installé l'année dernière, j'arriverai donc moi aussi à y entrer et à l'espionner. »

« Je ne pense pas que tu y parviendras, Harry, dit lentement Hermione. Malefoy savait déjà à quoi nous servait cette salle parce que cette stupide Marietta avait bavardé. Il lui suffisait de demander que la salle devienne le quartier général de l'A.D. pour qu'elle apparaisse. Mais toi, tu ne sais pas ce qu'elle devient lorsque Malefoy s'y rend et donc tu ne sais pas en quoi il faut lui demander de se transformer. »

« Je trouverai la solution, » assura Harry, balayant l'objection.

Harry congédia les elfes après avoir chaleureusement remercié Dobby. Il se tourna soudain vers Hermione et Ron, les yeux brillant d'excitation, débitant un flot de paroles continu, obnubilé par l'idée de coincer Malefoy. Il sembla revitalisé par cette découverte et répondit aux interrogations poussées de ses amis sans perdre une goutte de bonne humeur. Et, alors qu'Hermione mentionnait le rapport de Dobby, et plus particulièrement les élèves faisant le guet pour Malefoy, une autre lumière sembla jaillir de l'esprit, décidément revigoré, de Harry.

« Mon Dieu, ce que je peux être bête, » dit-il à voix basse. « C'est pourtant évident, non ? Il y en avait tout un chaudron dans le cachot… Il pouvait en voler à n'importe quel moment pendant le cours… »
« Voler quoi ? » demanda Ron.

« Du Polynectar. Celui que Slughorn nous a montré à notre premier cours de potions… Il a dû en prendre un peu… Et donc, il n'y a pas « divers autres élèves » qui font le guet pour Malefoy… C'est simplement Crabbe et Goyle, comme d'habitude… Oui, tout se tient ! » Harry se leva d'un bond et se mit à faire les cent pas devant la cheminée. « Ils sont suffisamment bêtes pour lui obéir même s'il ne leur dit pas ce qu'il fabrique… mais il ne veut pas qu'on les voie rôder autour de la Salle sur Demande, alors il leur donne à boire du Polynectar pour qu'ils changent d'aspect… Ces deux filles avec lesquelles je l'ai vu quand il a raté le match de Quidditch… C'étaient Crabbe et Goyle ! »

Hermione sentit une vague de soulagement envahir son estomac. Alors, il n'avait pas… Elle secoua la tête, se fustigeant de faire montre d'autant de futilité, et reprit la parole après avoir entendu Harry s'emballer une nouvelle fois au sujet de la Marque des Ténèbres de Malefoy.

« Hmmm… La Marque des Ténèbres, nous ne sommes pas sûrs qu'elle existe, » intervint Hermione, sceptique.
« Nous verrons bien, dit Harry, d'un ton confiant. »
« Oui, nous verrons, » répéta Hermione. Elle se leva et s'étira. « Mais, Harry, avant de t'emballer, je continue de penser que tu ne pourras pas entrer dans la Salle sur Demande sans savoir d'abord ce qu'elle contient. Et à mon avis, il ne faudrait pas oublier » elle hissa son sac sur son épaule et l'observa d'un air très sérieux « que tu es censé te concentrer sur la façon d'obtenir le souvenir de Slughorn. Bonne nuit. »

Elle tourna les talons avec la ferme intention d'aller se coucher. Hermione tentait de maîtriser un tant soit peu sa colère et son anxiété à mesure qu'elle grimpait les escaliers en direction de son dortoir. Ces derniers jours, elle avait espéré que l'obsession de Harry pour Malefoy s'estompe peu à peu puisque l'obtention du souvenir de Slughorn commençait à s'avérer plus que nécessaire et que même Dumbledore pressait Harry à ce sujet à chacune de leur rencontre. Mais non. Harry persistait encore et encore à se focaliser sur Malefoy. Hermione n'avait pas eu l'occasion d'apercevoir clairement à la lumière les avant-bras du Serpentard, mais de ce qu'elle avait pu voir jusqu'ici, aucune forme sombre ne semblait assombrir la peau du jeune homme… En tout cas, ils n'en avaient pas la preuve formelle. Alors pourquoi persistait-il à s'entêter de la sorte. Après tout, Malefoy n'était pas Voldemort et, quand bien même il trafiquait quelque chose de louche… Rien ne pouvait être plus important pour Harry que tout ce qu'il pourrait trouver qui amènerait, d'une façon ou d'une autre à la chute du meurtrier de ses parents. Elle évacua une partie de sa colère sur les rideaux qu'elle ferma avec hargne et s'installa confortablement dans son lit.

Elle voulait prévenir Malefoy. Elle voulait lui dire que… Qu'il avait été suivi, qu'il avait été épié. Tout du moins une partie d'elle le voulait. Cette même partie qui était ravie d'avoir là une excuse pour renouer, ne serait-ce que brièvement, avec le Serpentard. D'un autre côté, ses propres impulsions lui firent peur à mesure qu'elle prenait conscience de ce qu'elle envisageait de faire. Elle songeait à trahir Harry, purement et simplement. Ce n'était pas bon… Pas bon du tout. Elle devait cesser de penser à Malefoy, cesser de s'en faire pour lui. Et Hermione boucla une nouvelle fois la boucle des bonnes raisons pour lesquelles elle s'était éloignée de Malefoy. Elle se laissa aller au sommeil dans un profond soupir de lassitude.

Le reste de la semaine passa sur le même ton. Harry tannait Ron et Hermione sur Malefoy, ce à quoi Hermione répondait qu'il valait mieux s'occuper de Slughorn, Ron tannait Hermione et Harry sur son désir de rompre avec Lavande et sa peur d'échouer à l'examen du permis de transplanage, ce à quoi Hermione répondait qu'il ne fallait pas s'en faire, et qu'il allait y arriver et Hermione, toujours en silence, pensait de plus en plus souvent à Malefoy. Elle jetait régulièrement des coups d'œil dans sa direction, inquiète car il semblait plus fermé et pâle que jamais, et était étonnée d'intercepter parfois son regard, alors que lui-même posait les yeux sur elle. Lorsque cela se produisait, il détournait prestement son attention sur quelqu'un ou quelque chose d'autre.

Elle savait ne plus pouvoir lui parler, ne plus pouvoir être proche de lui. Et cela la rongeait. Elle savait aussi qu'il était toujours furieux à son encontre, qu'il s'était senti trahi et qu'il n'était pas près de lui pardonner. Malgré ça, pendant les quelques millièmes de secondes où leurs regards se croisaient, elle sentait à quel point son mal-être était profond, et à quel point il était seul. Ses yeux, que sa moue vindicative tentait de contredire, lui disaient combien il avait besoin de soutien, combien il avait besoin de réconfort, combien il avait besoin… d'elle.

Mais Hermione ne devait pas mollir. Elle s'en voulait atrocement, et Malefoy lui manquait viscéralement mais elle savait avoir intentionnellement tout gâché entre eux car c'était nécessaire. Il lui en voulait à mort, dorénavant, et c'était mieux ainsi.

En fin de semaine, les garçons et Ginny partirent pour une énième séance d'entrainement au Quidditch. En plus de la mission confiée par Dumbledore et de la surveillance accrue qu'il exerçait sur Malefoy, Harry continuait à s'entraîner sans relâche pour le dernier match de la saison qui opposerait Gryffondor à Serdaigle. C'en était à se demander comment il tenait un tel rythme.

Hermione prit le chemin de la bibliothèque et s'installa à sa table habituelle, avant de sortir son devoir de métamorphose, auquel elle souhaitait apporter quelques corrections. Une petite dizaine de minutes passa et Hermione releva la tête au son d'un discret raclement de gorge. Elle failli tomber de sa chaise lorsqu'elle croisa le regard glacé de Malefoy.

Il se tenait debout, derrière la chaise qui lui faisait face, les mains posées sur le haut du dossier, sans piper mot.

Ebahie, il fallut à Hermione cinq bonnes secondes pour sortir de sa transe et jeter de rapides coups d'œil autour d'elle, mais personne ne semblait les avoir remarqués.

« Malefoy ? » chuchota-t-elle. « Qu'est-ce que tu… »

« Retrouve moi derrière la tapisserie dans cinq minutes. »

Il lâcha ces quelques mots d'un ton dur et froid et la planta là, sans plus d'explications. Hermione resta figée quelques instants, son parchemin dans une main, la bouche ouverte comme une carpe hors de l'eau. Puis, telle un automate, elle rangea mécaniquement ses affaires et sortit de la bibliothèque sans y réfléchir à deux fois. Elle ne se posa pas de questions, sachant que la culpabilité reviendrait la tarauder en un éclair si elle s'y risquait. Au lieu de ça, elle accéléra le pas et grimpa quatre à quatre les marches jusqu'à l'étage supérieur. Hermione s'arrêta devant la fameuse tapisserie et, après une infime seconde d'hésitation, la traversa.

Malefoy se trouvait là, au milieu de l'étroit couloir, immobile, blafard à la lumière des chandeliers.
Ils restèrent quelques secondes face à face, sans rien dire, puis Hermione n'y tint plus.

« Malefoy, qu'est-ce qu'on fait là ? »

Il ne répondit pas, restant de marbre face à ses interrogations, les lèvres pincées en une ligne fine, et le regard noir.

« Malefoy, je croyais… que tu ne voulais plus me voir… On ne s'est pas quittés en très bons termes la dernière fois et… je ne comprends pas ce que tu… »

« Je ne suis pas là pour parler de ça. » L'interrompit-il soudainement.

« Mais qu'est-ce que… »

Il s'avança doucement vers elle et posa les mains sur ses épaules avant de plonger son regard froid dans le sien.

« Ça ne changera rien, Granger. Rien du tout. »

Il grogna ces mots de son ton le plus menaçant avant de la serrer brusquement contre lui. Elle perçut son nez se perdre dans ses boucles brunes et le sentit se détendre imperceptiblement alors qu'il semblait humer le parfum de ses cheveux. Alors qu'elle refermait les bras autour de lui, le cœur d'Hermione, jusqu'ici figé de surprise, redémarra au quart de tour. Sa proximité, sa chaleur, son odeur, il était partout et, malgré son pouls qui battait la chamade, Hermione était enfin apaisée. Ce sentiment de plénitude laissa malheureusement bien vite place à de nouvelles interrogations alors que Malefoy s'écartait doucement pour poser son front contre le sien. Il paraissait soudainement épuisé et vulnérable et parla d'une voix tremblante.

« J'ai besoin de toi, Granger. J'ai… Je suis fatigué, fatigué par toute cette merde qui n'a même pas vraiment commencé. J'ai besoin de t'avoir près de moi, même si ce doit être la dernière fois. »

« Malefoy… Qu'est ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »

« Tu sais que je ne peux pas t'en parler. Tu sais aussi que nous venons de deux mondes complètement différents. Nous appartenons à deux camps différents. C'est peut-être tout beau tout rose chez Dumbledore et ses acolytes de l'Ordre du Phénix mais sache que, chez nous, tout le monde n'a pas toujours le choix. »

« L'Ordre du… ? Je ne sais pas de quoi tu veux parler. » éluda-t-elle, surprise qu'il évoque ainsi, de façon aussi directe, leurs camps respectifs.

« Granger, ne joue pas à ce jeu-là, » Son regard montrait qu'il n'était clairement pas dupe mais il se fit plus doux. « Pas aujourd'hui… »

Attendrie, Hermione décida de tenter le tout pour le tout. Quitte à avoir cette discussion, autant essayer d'en tirer parti.

« Tu sais qu'on pourrait te protéger si… Enfin, si tu décidais de… »

« De quoi, Granger ? De trahir les miens, de laisser ma famille derrière, mes… mes parents ? Tu sais que je ne peux pas faire ça. Mes parents ont fait leurs erreurs et leurs parents avant eux, tout comme ceux de mes amis. Maintenant c'est à nous de reprendre le flambeau, qu'on le veuille ou non. »

Touchée par le désespoir et la résignation qui habitaient ses mots, Hermione posa à son tour ses mains sur les épaules de Malefoy.

« Je voudrais… t'aider, je voudrais, faire quelque chose pour toi, je… »

Elle cherchait ses mots, le regard plongé dans les prunelles du Serpentard.

« Mais tu ne peux pas, Granger. Tu as tes propres batailles à mener. Je dois… faire des choses qui me… que je… Des choses que je dois faire, c'est comme ça. C'est ma mission, ma place dans cette guerre. La tienne, c'est de faire en sorte que ce merdier se termine le plus rapidement possible. »

« C'est ce que tu veux ? »

« Tu me poses la question ? Vraiment ? Tu crois que je veux rester un esclave toute ma vie ? Que je veux avoir peur tous les jours pour ma vie ou celle de mes proches ? Que j'ai envie de perdre tout ce que j'ai ? »

Hermione garda le silence, ne sachant que répondre tandis que Malefoy continuait de vider son sac.

« Je n'ai pas le choix, Granger, je ne veux pas voir Tu-sais-qui décimer la moitié de la population de Grande-Bretagne mais je ferai ce qu'il faut pour sauver mes proches, quoi qu'il m'en coûte. Je refuse de voir les gens que j'aime perdre la vie, je refuse de mourir, de voir mes parents mourir, ou mes amis, ou… toi … »

Il leva délicatement la main droite pour effleurer la joue d'Hermione du pouce. Malefoy était à fleur de peau, les barrières qu'il semblait avoir érigées pour ne céder ni à la panique, ni à la folie ne paraissaient tenir qu'à un fil. Une fois n'était pas coutume, désemparée, Hermione ne savait que dire ou faire pour l'apaiser.

« J'ai… peur, Granger. Je ne sais pas ce que je fais, ce que je dois faire, je ne sais pas si je vais y arriver, je… »

Le sentant sur le point de flancher, Hermione le prit dans ses bras et le serra si fort contre elle qu'elle sentit son souffle se couper. Il referma à nouveau les bras sur son dos et enfouit son visage dans ses cheveux.

« Je suis là, Malefoy, tout va bien, je… je suis là… »

Le corps qu'elle tenait contre elle semblait agité de soubresauts et, pour toute réponse à ses paroles, qu'elle savait vides de sens, Hermione sentit quelque chose d'humide tomber au creux de son épaule.

Malefoy pleurait.