Hermione se concentrait plus sur ses devoirs maintenant. La jeune fille s'asseyait parfois dans la salle commune et s'imaginait voir Fred débarquer avec George. Bien évidemment ce n'était jamais le cas. Ce dernier était toujours très occupé à lancer sa boutique avec son jumeau mais par miracle il arrivait à trouver un peu de temps pour lui écrire des lettres. Cela ne satisfaisait pas totalement Hermione qui avait l'habitude de le voir tous les jours, mais c'était déjà cela comme réconfort. Ce fut Harry qui débarqua avec une enveloppe dans la main, il venait sûrement d'aller au perchoir.
– Une lettre de Sirius ? demanda la Gryffondor.
– Pas encore mais Fred et George ont dû passer voir Sirius pile au bon moment car elle est pour toi cette lettre, fit-il en lui tendant l'enveloppe.
Hermione sauta du fauteuil et saisit la lettre. Harry partait prendre une douche après son entraînement de Quidditch et elle monta dans son dortoir pour pouvoir lire calmement la lettre. Heureusement, il n'y avait personne. Lavande et Pavarti traînaient sûrement dans les couloirs avec d'autres filles de cinquième année et Ginny devait être avec Michel au grand désespoir de Ron. La jeune fille déchira doucement l'enveloppe pour s'assurer de ne pas abîmer la lettre et déplia le papier pour lire.
Chère Hermignonne,
Sache que tu me manques depuis qu'on est parti avec George. J'arrive toujours à penser à toi même si on se prend la tête avec George pour agencer le magasin ! Mais normalement, tout sera prêt pour qu'on l'ouvre pendant les grandes vacances, puis, l'implantation du magasin à Pré-Au-Lard est toujours en discussion, peut-être sur la bonne voie. Cela fait du bien d'être loin de Poudlard, loin d'Ombrage, libre de faire ce que l'on veut. Maman nous a envoyés des tonnes de beuglantes mais on en rie avec George ! Et toi, comment vas-tu à Poudlard ? Ombrage a encore plus raffermi ses stupides lois ?
Te connaissant tu dois bosser à fond pour les B.U.S.E. Prends du temps pour toi Hermione, tu vas les réussir haut la main mon cœur. Si avec George on a réussi à les avoir, il n'y a aucune raison pour que tu ne réussisses ! Tu te donnes les moyens pour y arriver donc tout ira bien. J'espère qu'Harry va un peu mieux même si j'en doute car Sirius et les adultes paraissent toujours préoccupés, néanmoins dis lui qu'on le soutient, même de loin et que s'il a besoin d'une aide extérieure pour quelque chose, nous sommes là avec George.
Puis, si je suis bien tombé, normalement au prochain week-end vous pourrez sortir à Pré-Au-Lard sauf si le vieux crapaud aurait décidé de tout annuler mais je pense qu'elle aurait eu trop de vagues de protestations. Je serai là, et je m'arrangerai pour te trouver !
Je t'aime Hermignonne.
Fred.
Hermione resta sur un petit nuage un long moment, même après une journée difficile, les lettres de son petit-ami avaient toujours le don de la réconforter et de la faire sourire. Cela ne l'étonnait même pas : Fred passait son temps à faire rire les gens y compris elle. La jeune fille rangea la lettre dans un petit coffre qu'elle avait acheté où elle les mettait toutes. Puis, elle vérifia de ne pas avoir pris sa plume à papote mais son stylo plume basique avant de sortir des feuilles qu'elle gardait pour autre que ses cours. Et elle se mit à écrire.
Fred sortit du chaudron baveur côté chemin de Traverse. Le jeune homme se dirigeait tout juste dans sa boutique lorsqu'il vit son père à quelques mètres encore de leur magasin. Le rouquin ne s'en trompa pas : il attendait un d'eux.
– Papa, tu n'es pas censé te ménager un peu ? déclara-t-il en s'arrêtant à la hauteur de son père.
– Cela va mieux Fred, puis je dois reprendre le boulot, c'est comme cela. Le magasin est fermé, ton frère n'y est pas ?
– Si, mais nous n'allons pas ouvrir une boutique pas encore prête. Viens, je vais te faire rentrer.
George descendit de leur appartement au-dessus pile au moment où Fred ferma la porte derrière son père. George bondit en arrière en voyant son père et regarda tout autour de lui.
– Dis-moi que maman n'est pas là ! Elle va nous tuer…
– Oh que oui votre mère est très mécontente de votre attitude et de votre choix de ne pas finir l'école, commença leur père en s'appuyant au comptoir aménagé. Quant à moi je ne suis plus surpris des choses que vous faites. Néanmoins j'attends de voir ce que donne cette boutique avant de vous féliciter ou de vous faire la morale.
– Maman est tellement fâchée qu'elle ne veut plus nous voir ? s'inquiéta George en enlaçant son père.
– Pas à ce point, mais je vous ai évité une tornade, assura Arthur Weasley. Comment cela se passe à Poudlard pour les autres ? Je suppose que vous avez des nouvelles. Et vous ? Comment allez-vous ?
– Toujours autant de restrictions, et Harry ne semble pas aller mieux depuis la dernière lettre que j'ai reçue d'Hermione, informa Fred.
– Sirius et Dumbledore sont inquiets, confirma Arthur en soupirant. Ils pensent qu'Harry pourrait faire une bêtise…
– Quel genre de bêtise ?
– Cela, on ne sait pas exactement, mais on a peur que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer l'attire dans un piège. Dumbledore pense que Harry ne serait pas assez préparé pour s'en sortir vivant.
– Harry a réussi à s'en sortir vivant l'année dernière, rétorqua Fred.
– C'est un miracle, un coup de chance. Je crois autant en Harry que vous, mais pas les autres.
Arthur s'approcha de Fred et le prit par les épaules.
– Je sais que ce n'est pas cool ce que je vais te demander mon fils, mais tu dois essayer de garder un œil pour nous en discutant avec Hermione. Elle est proche d'Harry donc cela peut nous donner des informations.
– Attends… tu me demandes d'espionner Harry sans prévenir Hermione ?
– Tu peux la prévenir, mais il ne faut pas qu'elle se ferme et refuse. Alors s'est comme tu le sens.
Cela ne plaisait pas du tout à Fred. Il se demandait comment il allait s'y prendre, ni comment il allait faire pour ne pas perdre la confiance d'Hermione et d'Harry. Il ne voulait pas cela. L'ordre du Phénix le mettait dans une situation sentimentale délicate. Il n'avait pas envie de détruire sa relation et son amitié mais il comprenait que l'ordre avait besoin d'un maximum d'informations possible. Fred resta perturbé pendant tout le reste de la journée, tout cela le turlupinait : il ne pourrait plus voir Hermione sans avoir d'arrière-pensée en lien avec sa mission.
Transplanner restait toujours un plaisir pour Fred, il ne savait pas réellement pourquoi mais cela lui semblait comme un symbole de liberté, cela le faisait sentir encore plus libre. Fred commençait très bien à connaître Pré-Au-Lard à force d'y aller pour tenter de racheter le local. Il alla acheter deux bières aux beurres et sortit des Trois Balais. Il vit le trio arriver, il salua son frère et Harry qui rentrèrent dans l'auberge et embrassa Hermione avant de lui tendre la bière au beurre. Hermione se blottit quelques instants dans les bras de son amoureux. Fred l'embrassa sur le front et posa son front contre celui de la jeune fille.
– Cela va chérie ? souffla-t-il.
– Cela fait tellement du bien de te voir, répondit Hermione en s'agrippant un peu plus au jeune homme.
Cela fit rire Fred et il l'entraîna dans les rues de Pré-Au-Lard sans qu'il sache vraiment où ils allaient trouver un endroit pour se poser et discuter un peu. Fred gardait toujours un œil sur la foule au cas où Ombrage aurait eu l'idée de les traquer ici aussi.
– Molly est venue vous parler ? demanda Hermione en s'asseyant sur un banc.
– Mon père l'en a empêché, souffla Fred. Et vous comment ça se passe ? Harry reçoit toujours des visions de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Non ?
– Oui, souvent, cela m'inquiète, je me demande ce que Voldemort veut en faisant cela… j'ai peur que cela se termine mal.
Fred se pinça la lèvre, il était certain qu'Hermione comprendrait s'il lui disait qu'Arthur l'avait chargé d'enquêter pour l'Ordre. Mais la jeune fille restait aussi fidèle à son meilleur ami et il craignait que par respect elle ne lui dise rien. Le trio n'était pas vraiment en meilleur terme avec l'Ordre : Harry restait remonté contre Dumbledore et l'Ordre avec toutes leurs cachotteries qui lui faisait. Fred avait cependant promis à son père de les aider, donc il se devait de tenir parole sur cela.
– Pourquoi tu demandes cela ? s'enquit Hermione.
– Harry fait partie de la famille, justifia doucement Fred. À part peut-être Percy, tout le monde s'inquiète pour lui, mes parents en premier.
– Je comprends, on s'inquiète tous pour Harry. Mais ne t'inquiète pas, si jamais quelque chose de très grave se passe, j'essayerai de te prévenir si j'ai le temps.
– Si on touche à Harry, on touche à Ron et toi aussi. Je ne veux pas vous retrouver tous les trois et encore moins toi à Saint Mangouste comme mon père, murmura Fred.
– C'est le risque à prendre, mais ton père s'en est sorti, donc si jamais cela nous arrive, on s'en sortira aussi. Je te le promets chéri, répondit Hermione avant de l'embrasser.
Cela ne rassura pas totalement Fred. Il ne remettait pas en doute la sincérité de sa petite-amie, mais il avait trop peur pour elle pour ne pas penser que dans certaines mesures elle serait peut-être incapable de s'en sortir. Il savait que c'était Hermione, qu'elle pouvait se sortir de quasiment toutes les situations, mais Voldemort et ses mangemorts étaient redoutables malgré tout. Fred savait pertinemment qu'Hermione allait se retrouver un jour face à eux, mais il ne voulait pas que cela soit si tôt.
– Hey, cela va ? demanda Hermione.
Fred posa la bière au beurre qu'il avait fini et encadra le visage d'Hermione de ses mains avant de l'embrasser. Ils s'embrassèrent doucement, lentement et longtemps.
– Je voudrais juste m'assurer qu'il ne t'arrive rien, et je suis trop loin de toi pour cela, déclara Fred.
– Je ferai attention, puis on s'envoie des lettres, tu sais bien comment je vais. Voldemort vise essentiellement Harry, Ron et moi risquons beaucoup moi que lui. Je te promets que cela ira.
– Tu sais qu'on se dirige tout droit vers une seconde guerre des sorciers.
– Ce qui veut dire que tu devrais t'apaiser car tu risques bientôt de t'inquiéter pour toute ta famille en plus, et que je m'inquiéterai pour toi et que je te harcèlerai pour avoir de tes nouvelles.
– Ah mais ça sera un plaisir de me faire harceler par toi Hermignonne, rigola Fred.
– Vraiment ? gloussa la jeune fille.
– Vraiment, fit-il en posant ses lèvres sur celles de la jeune fille.
