Merci pour la review !

Dans ce chapitre, pas mal de références au livre "Divergente raconté par Quatre".


Le lendemain soir, Tris et Tobias se retrouvèrent devant la porte de l'appartement de Hana. Ils avaient été invités à diner avec leurs amis. Suite à leur étreinte de la veille, l'ambiance entre eux deux était plutôt gênante mais ils ne purent refuser l'invitation de la matriarche Pedrad. Elle les accueillit avec le sourire comme à son habitude et les guida jusqu'au salon où les attendaient Zeke, Shauna, Christina, Amar et George. Tous étaient heureux de pouvoir enfin se retrouver ensemble après tout ce qu'il s'était passé depuis la chute du régime des factions.

Le repas se passa dans une humeur joyeuse et sympathique puis au moment du dessert, chacun proposa de raconter des histoires passées lors de l'initiation de Tobias afin de l'aider à se rappeler. Tris les remercia silencieusement alors que Tobias écouta attentivement :

- Très bien, je commence ! Certains d'entre vous connaissent l'origine de cette histoire mais d'autres non, celle du surnom de Quatre ! annonça Amar.

- J'ai toujours voulu la connaitre, dit Christina, enthousiaste.

- Et bien il faut savoir que ton adversaire le plus tenace et plausible était Eric. On ne va pas se mentir, même s'il n'avait pas tes capacités, c'était celui qui s'en rapprochait le plus. Je savais qu'il connaissait ton vrai nom, je l'avais vite compris. Alors quand j'ai vu le nombre de peurs que tu avais, je l'ai dit haut et fort et Tori a joué mon jeu. C'est ce jour-là qu'on t'a appelé Quatre et tu as gagné le respect de tes pairs. Du coup, je peux te dire qu'Eric t'en voulait à mort !

- Pourquoi m'en voulait-il ? Etions-nous ennemis ? demanda Tobias.

- C'est clair que vous n'étiez pas les meilleurs amis du monde, ajouta Zeke.

- Il n'était l'ami de personne ! Il était cruel, méchant et ignoble envers les autres, dit Shauna.

- Et puis comme tu étais Altruiste d'origine, il avait encore plus la rage que tu réussisses mieux que lui, termina Amar, bien qu'il soit un transfert Erudit !

- Si je me rappelle bien, c'est moi qui l'aie exécuté, continua-t-il, presque honteux.

- Hey, toutes les personnes dans cette pièce, sauf toi ma petite maman, le voulaient mort pour les atrocités qu'il a commises. Alors buvons un verre à ça ! finit Zeke en levant son verre, suivi par ses amis.

- Oh, j'ai une anecdote ! commença Shauna. Ton premier tatouage !

- Celui sur mes côtes, c'est ça ?

- Oui ! Tu devais choisir où Tori allait te tatouer. Du coup, on s'est tous montré nos cicatrices et tatouages et finalement tu as décidé de te le faire faire sur les côtes.

- Même Tori n'y croyait pas ! ajouta Zeke. Ce n'est pas vraiment le premier endroit que l'on pense et puis ça fait un mal de chien !

- C'était le meilleur moyen de rompre avec le passé, dit Tobias presque automatiquement.

- Tu te souviens ? demanda Tris.

- En les écoutant, cela revient progressivement, par bribes.

- Alors il faut continuer ! insista Amar. Par exemple, je peux te dire que le lendemain de ton tatouage, tu n'étais pas beau à voir, je te le garantie !

- Ouais mais il était enfin un vrai Audacieux ! ajouta Zeke.

- N'empêche que le combat n'avait pas commencé à ton avantage ! continua Amar. Tu avais la gueule de bois et je pense que tes côtes devaient te faire souffrir.

- Comment ça s'est fini ? demanda Tris, intriguée et curieuse.

- Je ne sais pas ce que lui a dit Eric, dit Shauna, mais Quatre était fou de rage et il l'a massacré !

- Ça c'est mon pote ! ajouta Zeke en remplissant une nouvelle fois le verre de Tobias.

- Oh, doucement Zeke, je te rappelle que Quatre est encore sous traitement…

- Pas de soucis maman ours, il n'y en aura pas d'autre !

- Voyons, qu'y a-t-il d'autres… rajouta Shauna. Oh, c'était mémorable lorsqu'on a fait peur à Peter !

- Peter ? demanda Tobias.

- Oui, il avait agressé Tris avec deux de ses abrutis d'amis et Eric n'avait pas l'intention de le corriger, commença Shauna. Mais tu n'as pas pu rester là sans rien faire ! Alors tu nous as demandé de l'aide et on s'en est donné à cœur joie ! Il a voulu nous prendre de haut mais on lui a fait comprendre qu'on allait faire de sa vie un enfer et comme à ton habitude, tu as gardé ton regard et ton attitude de l'instructeur « Quatre » sans peur et sans reproche !

- Moi je faisais ça, ce n'est pas possible.

- Heu, si, crois-moi, dit Zeke. Je t'ai dit tu es flippant quand tu passes en mode « Quatre ».

- Admettons… rétorqua Tobias. Et ce petit jeu a marché ?

- Je le veux mon neveu ! dit Zeke en riant accompagné de ses amis.

- Je ne connaissais pas ces histoires non plus, ajouta Tris. C'est amusant de te voir sous un autre jour.

- A qui le dis-tu ! soupira Tobias.

- Au-delà de ces histoires, je dois te dire tout ce que tu as fait pour moi, reprit Tris. Tu m'as protégé tout au long de mon initiation. Quand tu as découvert que j'étais divergente, tu m'as mise en garde, tu as carrément effacé une de mes simulations, j'ignore comment d'ailleurs…

- J'avais mis de l'eau sur la carte-mère de l'ordinateur, répondit-il, troublé de s'en rappeler.

- Astucieux ! ajouta George.

- Tu m'as laissé aller dans ton paysage des peurs afin de me familiariser avec les simulations et comment paraître « normale » en quelque sorte, pour ne pas que les Erudits découvrent mes vraies capacités.

- Attends, tu répètes ? demanda Zeke.

- Tu veux dire que tu es allée dans la tête de Quatre ? insista Shauna.

- Oui et grâce à ça, je m'en suis sortie et j'ai réussi haut la main.

- C'est trop mignon… ajouta Shauna.

- Ouais, alors j'aurai utilisé beaucoup d'adjectifs pour décrire Quatre mais « mignon » n'en fait pas partie, termina Zeke.

Tous rigolèrent aux paroles de leur ami. A la fin du repas, Tris rejoignit Hana dans la cuisine qui avait commencé à nettoyer la vaisselle. Elle voulut en faire autant mais la matriarche l'interrompit.

- N'y pense même pas ! commença Hana.

- Mais enfin, je ne vais pas te laisser tout laver seule !

- Ne t'inquiète pas ma grande, Ezekiel va bientôt prendre le relai. Tu es mon invitée, il est hors de question que tu nettoies quoi que ce soit !

- Je suis enceinte Hana, pas infirme !

- Je sais ce que c'est, j'y suis passée. A ce sujet, comment te portes-tu ?

- Je vais bien, c'est gentil de t'en inquiéter.

- C'est normal, tu es comme ma fille ! Tu arrives à dormir la nuit ? Tu es parvenue à trouver une position convenable pour te reposer ?

- Oui, j'ai mis le temps mais j'arrive à dormir… quand ce ne sont pas les cauchemars qui me réveillent.

- C'est ta grossesse qui t'inquiète ?

- Non, elle se passe plutôt bien…

- C'est à cause de Quatre ? Vu comment il se comporte avec toi, j'imagine que tu ne lui as encore rien dit au sujet de vous deux ?

- Non.

- Mon fils m'a dit pourquoi tu ne lui dis rien. Tris, ce n'est pas bon pour ton bien-être et ta fille de tout garder pour toi.

- Je sais Hana mais j'ai déjà failli le perdre une fois, pour rien au monde je ne veux revivre ça ! Qui sait comment il réagira ? Tout ce que je veux, c'est son bien.

- Mais qui se préoccupe du tien ?

Tris ne sut que répondre. Même si Tobias était attentionné envers elle depuis qu'il s'était réveillé, c'était en tant qu'ami. Même si cela ne suffisait pas, Tris devait s'en contenter mais parfois ce poids pesait lourd sur les épaules de la jeune femme. Elle finit par éclater en sanglots alors que Hana la prit immédiatement dans ses bras.

- C'est bien ma fille, laisse sortir toute cette peine. Je suis là. Tu sais que tu peux venir me voir quand tu veux ?

- Merci Hana, finit-elle par répondre en essuyant ses larmes sur son visage. Je suis désolée de m'être emportée.

- Il n'y a pas de mal voyons. Ça reste entre toi et moi, ajouta-t-elle en lui donnant un mouchoir.

La jeune femme lui sourit simplement, reconnaissante de l'amour que cette femme lui offrait. Elles parlèrent ensuite des joies de la maternité quand Tobias entra dans la cuisine. Hana les laissa alors seuls et le jeune homme s'approcha de Tris. Immédiatement, il vit qu'elle avait les yeux légèrement rougis et comprit rapidement qu'elle avait pleuré il y avait peu de temps. Il s'assit à ses côtés et lui sourit discrètement mais resta tout d'abord silencieux.

- Comment vas-tu ? lui demanda-t-il.

- Je vais bien.

- Il est vrai ce mensonge ? continua-t-il, presque moqueur en lui souriant tendrement.

- Disons juste qu'il y a des jours avec et des jours sans.

- J'espère que je ne suis pas la cause de cette mélancolie.

- Non, ne t'inquiète pas. Je te remercie de t'en soucier.

Tobias n'insista pas, commençant à connaitre la jeune femme. Il savait que ça ne servirait à rien de vouloir la faire absolument parler. Il savait qu'elle finirait par lui expliquer ce qui la mettait dans cet état ou il aimait à penser qu'elle le ferait. Tris appréciait ce silence qui s'était installé. Elle en profita pour l'observer quand elle remarqua qu'il fronça légèrement les sourcils, signe qu'il était soucieux :

- Tu sembles préoccupé ? demanda Tris.

- Je suis un livre ouvert pour toi, c'est parfois troublant.

- Si tu n'as pas envie d'en parler, je ne te forcerais jamais à le faire.

- Je pourrais en dire autant, répondit-il en la regardant dans les yeux. Disons que même si ce petit dîner me change les idées, je suis frustré d'entendre ces histoires en sachant que j'en suis le protagoniste principal mais que je ne m'en rappelle pas.

- Tu as quelques bribes qui te reviennent, c'est toujours mieux que de ne rien se rappeler du tout, tu ne crois pas ?

- Il va vraiment falloir que je commence à voir la vie comme un verre à moitié plein et non à moitié vide.

- Je suis désolée si ce repas n'est pas à la hauteur de tes attentes. Je croyais que ce serait une bonne idée…

- Hey, dit-il en prenant ses mains dans les siennes. Ne t'excuse pas pour m'avoir fait passer un bon moment avec nos amis. Je ne saurais jamais comment te remercier pour tout ce que tu fais pour moi. Tes intentions ont toujours été bonnes envers moi. Je n'ai juste pas l'habitude qu'on se préoccupe autant de mon bien-être.

- C'est naturel pour moi.

- Je sais, répondit-il en frôlant inconsciemment avec son pouce le dessus de la main de la jeune fille. Je découvre un peu plus ma personnalité d'Audacieux, il faut juste que je m'y fasse.

Si seulement il savait ce que cette personnalité plaisait à Tris ! Elle lui manquait cruellement mais elle ne pouvait qu'attendre qu'il soit prêt pour qu'elle lui en dise plus sur eux. En y pensant, elle bailla inconsciemment ce qui fit sourire Tobias.

- Je crois qu'il est temps de rentrer, dit-il.

- Tu n'es pas obligé de rentrer avec moi tu sais.

- Je crois que j'ai appris suffisamment de choses sur moi pour aujourd'hui. Allons-y.

Tris et Tobias remercièrent leurs amis pour cette belle soirée puis ils rentrèrent dans leur appartement. Alors qu'ils se changèrent chacun dans leur chambre, Tris voulut lui dire bonne nuit mais lorsqu'elle entra, elle le trouva dans sa chambre, dans le noir, en train d'observer pensivement par la fenêtre. Afin de ne pas agresser les yeux du jeune homme, Tris alluma la lampe de chevet qui apporta une douce et chaleureuse lumière dans la pièce. Tobias se retourna et vit que Tris l'observait de manière inquiète.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Tris. Tu as eu trop d'informations à gérer ce soir ?

- Non, je vais bien.

- J'aurais presque pu te croire si je ne te connaissais pas si bien.

- En fait, j'ai quelque chose à t'avouer.

- Je t'écoute.

- Peut-être le sais-tu déjà mais je me rappelle de toi du temps où nous vivions chez les Altruistes.

- Ah oui ? dit-elle, surprise.

- Je t'ai croisé dans les couloirs du lycée, sur les trottoirs du secteur des Altruistes et même pendant les funérailles de ma mère.

- Je ne le savais pas. Pourquoi n'es-tu pas venu me parler ?

- Je ne voulais pas te mettre en danger.

- Comment aurais-tu pu faire cela en venant simplement me parler ? demanda-t-elle en souriant, innocemment.

- Si Marcus l'avait appris, il aurait dit que cela n'était pas un comportement Altruiste d'aborder les gens sans raison. Même s'il m'aurait châtié, ce n'était pas bien grave mais je ne voulais pas qu'il s'attaque à toi.

Ces paroles ramenèrent rapidement Tris devant la dure réalité de l'enfance meurtrie de Tobias. Elle réalisa à quel point il avait dû se sentir seul tout au long de ces années et elle la culpabilité l'envahit soudainement. Elle porta sa main à sa bouche pendant que les sanglots tombèrent sur ses joues. Tobias se rapprocha aussitôt, ne comprenant pas le comportement de son amie :

- Mais pourquoi pleures-tu ? Ai-je dit quelque chose de blessant ?

- Si je t'avais parlé à l'époque, peut-être que j'aurais deviné ce que Marcus te faisait endurer ! Peut-être que mes parents auraient pu te sortir des griffes de ce monstre ! Peut-être que tu n'aurais pas autant souffert !

Tobias ne perdit pas un instant et la prit dans ses bras en la berçant doucement pour calmer son chagrin. Ce n'était pas du tout la réaction à laquelle il s'était préparé !

- Je n'aurais pas dû te raconter ça, je suis désolé.

- Non, tu as eu raison. Je ne le savais pas, tu ne me l'avais jamais dit. Mais si j'avais su…

- Hey, ajouta-t-il en prenant le visage de Tris entre ses mains. Tu n'aurais rien pu faire, crois-moi. Marcus était très doué pour me corriger sans que cela puisse se voir. Pour les autres Altruistes, je n'étais qu'un garçon qui était malheureux d'avoir perdu sa mère. Ne vas pas imaginer que tu aurais pu faire quelque chose pour changer ça. Même si tu es quelqu'un d'exceptionnel, tu n'étais qu'une enfant à l'époque, tout comme moi et il est inutile de vouloir refaire l'histoire avec des « peut-être » puisque nous ne pourrons rien faire à ce sujet. Tu es là en ce moment, à t'occuper de moi, sans rien demander en retour et je t'en suis très reconnaissant, termina-t-il en la serrant de nouveau dans ses bras.

Après quelques instants, il sentit que le corps de la jeune femme ne tremblait plus et desserra leur étreinte.

- Ça va mieux ?

- Oui. Merci d'avoir été honnête avec moi.

- C'est la moindre des choses. Maintenant tu devrais aller te reposer, tu sembles exténuée.

- C'est ce que je ressens depuis des mois ! Ma petite fille me prend beaucoup d'énergie !

- Alors elle sera rayonnante, comme sa mère, dit-il avec un petit sourire au coin des lèvres.

Tris sourit comme une adolescente le ferait lors de son premier rendez-vous galant. Elle lui souhaita alors bonne nuit et le laissa à contre cœur puisque ce qu'elle voulait par-dessus tout, était de rester dans les bras puissants et réconfortants de son homme.


Une semaine avait passée. Tobias continuait de faire sa rééducation avec Zeke et cela avait porté ses fruits puisqu'il ne prenait plus ses béquilles malgré que Tris s'était montrée réfractaire à ça. Cependant, au-delà de la rééducation, Tobias avait réussi à convaincre son ami de commencer l'entrainement Audacieux. Ils avaient donc débuté la course à pied sur de petites distances. Le jeune homme restait discret là-dessus, ne voulant pas que Tris le sache. Il connaissait ses limites, il savait ce qu'il pouvait faire. Cela faisait donc parti de sa routine matinale alors que l'après-midi, il accompagnait son ami au commissariat. Pouvoir aider les gens plaisait à Tobias et en fin de journée, il allait à la rencontre de Tris, à sa sortie du travail. Il se dirigea donc vers le bureau de la jeune femme quand, au loin, il la vit sortir du bâtiment mais elle fut accostée par une femme qui se donnait du mal pour qu'on ne la reconnaisse pas. En effet, elle portait une casquette et des lunettes de soleil mais surtout elle paraissait se disputer avec Tris. Il se rapprocha alors discrètement, voulant savoir de quoi il était question mais aussi pour être prêt à protéger Tris s'il le fallait. Il était proche d'elles mais resta caché tandis qu'il entendait la conversation :

- Je suis fatiguée d'attendre ! dit la femme.

- Je suis obligée de le ménager. Vous pourriez un peu penser à lui, ça changerait !

- Je vais mettre ton insolence sur le compte des hormones, réagit-elle, énervée. Je ne demande pas l'impossible !

- C'est bien plus compliqué que vous ne le pensez Evelyn !

Tobias, qui écoutait attentivement jusque-là, comprit enfin qui était cette femme mais comment cela pouvait-il être possible ! Sa mère était morte lorsqu'il était enfant. La rage l'emportant sur la raison, il se présenta devant elles et vit que Tris se figea.

- Tobias, dit Evelyn, ravie de pouvoir enfin voir son fils. Comment vas-tu mon grand ?

- Tu es morte. Comment est-ce possible ?

- Tobias… commença Tris.

- Je t'ai posé une question, rétorqua-t-il à sa mère, ignorant complètement Tris.

- Ecoute, on voulait te préserver, dit Evelyn.

- Et pendant toutes ces années de souffrance avec Marcus, tu voulais aussi me préserver ?

- Je ne voulais pas te faire souffrir mon grand… ajouta-t-elle en voulant poser sa main sur son bras.

- Ne me touche pas ! hurla-t-il en se dégageant. Tu le sais depuis le début ? demanda-t-il à Tris.

- Oui, répondit-elle dans un soupir, les larmes coulant sur ses joues.

- Alors tu ne vaux pas mieux qu'elle.

Tobias se retourna et partit en les laissant là. Evelyn ne put rien faire d'autre que de repartir chez elle, triste que cette rencontre se passe de la sorte tandis que Tris courut après le jeune homme. Elle le vit entrer dans leur bâtiment. Elle le retrouva dans leur appartement, dans sa chambre, en train de préparer un sac.

-Tobias, que fais-tu ?

- Je m'en vais.

- Mais où comptes-tu aller?

- Je ne sais pas mais je ne peux pas rester ici.

- Tu ne me laisses même pas une chance de m'expliquer ? Ce n'est pas si simple…

- Bien sûr que c'est simple Tris ! Il te suffisait de me dire que ma mère était vivante !

- Tu ne peux pas me laisser…

- Tris, commença-t-il en lui faisant face. Jamais dans ma vie je n'avais fait confiance à quelqu'un jusqu'à ce que je te rencontre ou du moins, jusqu'à ce que je me réveille. J'ai voulu, pour une fois, me reposer sur quelqu'un qui me comprenait, qui avait de l'affection pour moi et qui me voulait du bien. Je t'ai fait confiance mais tu m'as trahi et maintenant, je le regrette amèrement.

- Tobias… continua-t-elle en pleurant à chaudes larmes.

- Tu sais, maintenant je comprends pourquoi je suis allé chez les Audacieux et que j'ai changé mon identité. Je ne voulais pas que les autres me voient comme Tobias Eaton, le fils discret et effacé de Marcus Eaton, chef de la faction des Altruistes mais maintenant, c'est définitivement fini. Tu m'appelleras Quatre à présent. Au revoir Tris.

Tobias termina son sac, le mit sur son épaule et partit de l'appartement sans se retourner, laissant Tris s'écrouler par terre et pleurer toutes les larmes de son corps.