Yo !
Et … encore un dernier petit OS pour le Nuit du FoF, sur le thème Normale !
Cet OS fait partie de l'UA Alexandria, ça se passe un peu après le premier, et assez longtemps avant le deuxième. Je donne pas de date précise pour me laisser de la marge si jamais je reviens dessus.
Bonne lecture !
L'odorat, bis
La maison en feu
Envy se réveille d'un bond. Un sursaut et iel est sur ses pieds, nus contre le parquet. Une alarme sonne à l'intérieur d'ellui, une alarme qui hurle : DANGER. Iel doit partir, partir et vite.
C'est cette odeur, ça sent comme …
Comme une tragédie qui se répète en boucle. Avant même les premières lueurs du jour, des hurlements dans le camp. Le feu, la suie, le souffre. La forêt en flammes, ça lèche les cabanes de branches et ça fait monter une fumée noire qui doit se voir de loin. Pas le temps de se poser de question : fuir, c'est fuir qu'il faut.
Les chasseurs sont là.
Ils cherchent les personnes comme ellui, celles qui ne peuvent mourir que par le feu. Ils sont venus avec des torches. Ils sont préparés, alors.
Envy avait à peine huit ans. Iel a entendu des enfants crier, des enfants plus jeunes encore qu'ellui. Des enfants crier, crier et se taire d'un coup : voilà. Plus de vie dans leur petit corps aux yeux violets, et bientôt l'odeur de la chair qui brûle. Écœurante et sale, grasse.
Envy ne peut plus vivre ça jamais. Ne veut plus étouffer ses cris et pourtant la panique grimpe, lea fait gémir, trembler. Où sont ses adelphes ? Envy veut tenir la main de Greed, il est encore le traître le plus loyal. Ou la main de Lust, et sentir son parfum d'huiles puissant, qui recouvrirait le reste. Les sapins qui brûlent et le sang qui coule.
Des pas qui tambourinent, mais Envy ne voit plus rien, n'entend plus rien. Iel sent seulement le sang qui l'étouffe, la maison qui brûle et le shampoing. Le shampoing au cèdre. Le shampoing au cèdre et la sueur et le café et la chaleur qui ne brûle pas, qui réconforte. Iel prend une longue inspiration par le nez, et le monde lui renvient lentement. Des bras autour d'ellui, un visage dans son cou.
« Envy ? Qu'est-ce qui se passe ? »
Edward. Edward est avec ellui, et si Envy meurt Edward mourra aussi. Ils doivent fuir, fuir ensemble.
« Le feu. La maison est en feu, on doit partir.
— Quoi ? »
Iel prend la main d'Edward, non, il n'y a ni Greed ni Lust pour lea protéger, c'est Envy qui doit protéger cette fois, ne pas laisser Edward mourir par sa faute et pour la stupidité des humains ordinaires.
« Envy, qu'est-ce que tu racontes ?
— Ça sent le feu, faut qu'on se barre !
— C'est la cheminée ! J'ai fait un feu dans la cheminée, Envy !
— Nan, je te dis que ça sent le feu ! Je te dis que – quoi ?
— J'ai fait un feu dans la cheminée. Il fait froid dans cette maison. Ça te gêne peut-être pas mais j'ai pas envie de choper la mort.
— Dans la cheminée ?
— Oui. »
Edward serre sa main entre les siennes, lui fait descendre les escaliers. Dans le salon, l'odeur est plus forte. Il y a du bois qui brûle dans l'âtre et un sapin à côté. Une boîte pleine de décorations, guirlandes, angelots, boules peintes.
« T'as dit que t'avais jamais fêté Noël. Je voulais te faire la surprise mais apparemment, c'était pas une bonne surprise. »
Les odeurs se précisent. Pas de sang, juste un rôti au four, et puis un feu calme, qui mange ce qu'on lui donne et ne vient pas voler la vie. Le sapin coupé, qui n'a pas encore commencé à perdre ses épines.
« Tu veux me raconter ? J'allais faire du thé.
— Café. »
L'odeur de shampoing qui se rapproche et qui dépose un baiser sur sa joue alors qu'Envy n'ose pas vraiment s'approcher du feu. Quelle idée. Quelle idée d'inviter du feu dans sa maison. Iel inspire. Expire. L'odeur du café qu'on fiche sous son nez l'aide à reprendre contenance.
« Je savais pas que t'avais peur du feu. Je peux l'éteindre si tu veux.
— Nan. Ça va aller.
— T'es sûre ? Parce que tu vas te niquer les yeux à force de le fixer. Enfin, c'est mieux que ça arrive maintenant que devant mon frère.
— Ton frère ?
— Ouais. Pour Noël. Si tu veux tester un Noël normal, enfin, traditionnel quoi, avec la famille.
— Tu les as invités ?
— Iels viendront demain soir. Mon frère, Winry et la grand-mère de Winry.
— Et tu pouvais pas me le dire avant ? »
Envy prend une gorgée de café, vient s'asseoir sur un fauteuil. Iel sort une cigarette. LE feu apprivoisé qui sort de son briquet lea rassure.
« Ben nan c'est le principe d'une surprise.
— Évite les surprises. »
Edward roule des yeux, enfonce les mains profondément dans ses poches.
« Je pouvais pas savoir, OK ? Je ferai plus rien, t'inquiète, si c'est pour me faire gueuler dessus c'est pas la peine.
— Je ne te gueule pas dessus !
— Ah non ? Parce qu'on dirait sérieusement.
— Et quoi ? Tu voulais me surprendre et tu as gagné, j'ai été surprise. Satisfait ?
— Laisse tomber. J'appelle Al pour annuler.
— Drama queen.
— Moi ? Moi, drama queen ? Tu t'entends parler ? »
Envy croise les jambes dans un long mouvement. Iel ne se laissera pas défaire, non.
« Parfaitement. Tu as fait ta petite mise en scène et oups, je ne réagis pas exactement comme tu voulais alors tu fais un caprice. Mais guess what ? Protéger ta susceptibilité te petit mec cis, c'est pas mon but dans la vie, darling. J'ai pas à masquer mes émotions pour préserver ton égo.
— C'est pas ce que je te demande.
— Et qu'est-ce que tu me demandes au juste ? »
Edward grogne, frustré. Comment il en est arrivé là ? Et qu'est-ce qu'il demande ?
« Un merci, je sais pas.
— Merci d'avoir réveillé mes traumatismes mon chéri, je t'aime.
— Envy …
— Quoi ? Je me réveille, ça sent le feu, et j'apprends qu'on passe Noël avec ta famille et t'as même pas, je sais pas ? Pensé à la mienne ? C'est pas parce que je les vois pas souvent que tu peux faire comme s'iels existaient pas. »
Envy renifle, l'odeur du feu plus proche que tout à l'heure. Ça lui tient chaud mais ce n'est pas exactement confortable. Iel remue.
« De toute façon, si c'est pour les inviter dans une maison où il y a du feu, c'est pas la peine. »
Edward soupire encore, rejette la tête en arrière et renifle. Il n'a vraiment, vraiment pas l'énergie pour se disputer avec Envy maintenant.
« Je suis désolé. OK ? »
Pas de réponse. Il baisse la tête. Envy le regarde, tend la main vers lui. Il s'approche, se laisse attirer sur ses genoux. Envy a toujours ce parfum bizarre, comme une améthyste après la pluie, une odeur fraîche de pierre sucrée.
« OK. Mais sérieusement ? C'était quoi le vrai problème ? »
Edward remue, se blottit un petit peu en manquant de se brûler à la cigarette d'Envy.
« Ben … Quand on était petits, Al et moi, ma mère faisait toujours du feu vers Noël. Et puis, après, mon père est parti, et ma mère et morte et …
— Ouais je connais l'histoire. Mais en vrai ? »
Il fiche un coup dans les côtes de l'alexandrienne et Envy ricane.
« J'ai voulu faire un feu mais j'avais laissé le conduit bouché et le bois était trop humide alors ça a enfumé toute la pièce et j'avais espéré que tu remarquerais pas.
— Et tu préfères m'engueuler plutôt que d'admettre que t'as fait une erreur. Typique.
— Te fous pas de moi.
— Je me fous pas de toi. Enfin juste un peu. »
Edward plisse les yeux et vient mordre la joue de sa partenaire. Envy ricane de nouveau.
« Nan mais t'es marrant, à me parler d'un Noël normal alors que toi-même tu fais pas ça. C'est mignon.
— Je suis pas mignon.
— J'ai pas dit que t'étais mignon, j'ai dit que c'était mignon. Mais, c'est vrai aussi.
— Envy !
— En vrai, quand on s'habitue, ça sent plutôt bon. Le feu de bois. »
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Voilà ? L'OS sur Glaciaire parlait déjà de feu. J'ai envie d'un feu de bois je crois.
Des bisous !
