Salut !

On est loin des 13 chapitres prévus pour cette histoire. J'ai un peu débordé, et je mets plus de temps à l'écrire que prévu. Le tout, c'est qu'on arrive au bout.

Bonne lecture !


Tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Les enfants grandissaient, ce qui voulait dire que, très bientôt, ils n'auraient plus besoin d'Emma. Francis et Arthur avaient une vie sexuelle épanouie, ce qui apaisait beaucoup de tensions entre eux. Arthur continuait à contrer tous les arguments d'Emma concernant sa féminité non assumée, mais commençait à s'en lasser.

Heureusement, Alfred et Matthew n'étaient pas loin de parler et de marcher. Francis avait quand même remarqué quelque chose d'étrange chez les petits. Alfred n'aimait pas tellement qu'Arthur s'occupe de lui. Il refusait nourriture, câlin et même jeu et parfois en pleurant. Quant à Matthew, on aurait dit qu'il essayait de compenser l'attitude de son jumeau et réclamait souvent Arthur, sans pour autant délaisser complètement Francis. Francis avait l'impression que ses enfants commençaient à exprimer un caractère capricieux pour Alfred et plus généreux pour Matthew.

N'ayant jamais élevé d'enfants, Francis ne savait pas quelle attitude adopter avec Alfred. Devait-il l'obliger à passer du temps avec Arthur ? Ou, au contraire, le faire se sentir en sécurité avec lui ? Il essayait de faire un peu les deux. Et les fois où il avait laissé Arthur et Alfred seuls, ça s'était mal passé. Francis espérait que ce n'était qu'une phase. Arthur était très affecté par le comportement d'Alfred.

Une nuit, Arthur se blottit contre lui. Francis comprit qu'Arthur n'avait pas envie de sexe à son attitude. Arthur avait juste envie de parler.

« Tu as vu comme Alfred me rejette.

- On ne sait pas ce qu'il se passe exactement dans son territoire. Il y a peut-être un différend entre toi et lui. Il est petit, il ne sait pas comment réagir. Il faut que tu sois patient.

- Je ne sens pourtant aucun conflit.

- C'est étrange, ça », dit Francis en caressant le dos d'Arthur sans aucune intention sensuelle.

Francis avait juste envie de le rassurer. Ils étaient parents des mêmes enfants. Ceci les avait énormément rapprochés, malgré leur rivalité. Francis avait envie que ça se passe bien avec leurs enfants. Ils avaient vu des petites nations isolées, voire prises à leurs parents. A commencer par lui. Il n'était pas certain que Rome ait été son vrai père. Il l'avait arraché à sa mère. Et Francis ne doutait pas que des nations actuelles puissent avoir le même genre de comportement avec leurs jumeaux. Quant à Arthur, il avait été isolé de tout, abandonné par sa fratrie, et considéré comme trop frêle pour intéresser des nations adultes. Il n'y avait que Francis à s'être occupé un minimum de lui et de son bien-être. Et ça avait été une erreur. Arthur s'était accroché désespérément à lui.

« Je pense que je ne peux pas être aimé. Matthew finira par réagir de la même façon qu'Alfred. »

Il sentit Arthur trembler dans ses bras. Il allait peut-être même pleurer. Francis ne savait pas trop comment réagir. Il n'était pas amoureux d'Arthur. Et c'était très difficile de lui dire qu'il l'appréciait quand même et que ce n'était pas de l'amour. Et ce n'était certainement pas ça qu'Arthur avait besoin d'entendre. Arthur avait été abandonné par beaucoup trop de personnes pour se sentir vraiment aimé. Sa fratrie ne s'était jamais occupée de lui. Il avait eu la chance d'avoir une nourrice pendant ses premières années, avant d'être chassé vers ses trois ans de son village pour sorcellerie. Tout ce temps, il avait vécu dans les bois, survivant comme il le pouvait. Au bout d'un moment, il était arrivé à se faire reconnaître comme nation par ses habitants. Il était resté fuyant face aux adultes et face à ses responsabilités jusqu'à rencontrer Francis.

Francis lui avait montré comment être une nation et s'était pris d'amitié avec lui, jusqu'à ce que la guerre les sépare. A vrai dire, Arthur s'était senti aimé que par Francis. C'était normal qu'il fasse une fixette sur lui.

« Nos enfants t'aiment, j'en suis sûr, dit Francis en lui déposant un baiser sur le front.

- Tant de tendresse de ta part, c'est rare.

- Je suis tendre, quand on s'envoie en l'air.

- C'est bien ce que je disais, c'est rare. »

Francis ne comprenait pas trop ce que voulait dire Arthur. Il faisait attention à ne pas avoir de gestes trop brusques quand ils baisaient ensemble. Il l'embrassait aussi. Il pourrait ne pas le faire. Mais ce serait beaucoup moins agréable.

« Je suis sûr que ça va s'arranger avec Alfred. Laisse le temps faire. Il est trop petit pour t'en vouloir pour quelque chose.

- C'est une nation. Il y a peut-être quelque chose d'inconscient qu'il me reproche.

- C'est une colonie. Même s'il est petit, il sent qu'il est sous ta direction. Peut-être qu'il n'aime pas l'autorité.

- Tu crois que c'est une crise passagère ?

- Bien sûr. »

Arthur se détendit dans ses bras. Francis sentit que ce n'était pas le moment d'érotiser la situation. Arthur avait besoin de calme pour gérer ses émotions. Ainsi, Francis et Arthur finirent par s'endormir, enlacés l'un contre l'autre.

Le lendemain, à part une petite crise d'Alfred avec Arthur, tout allait bien. Après le petit déjeuner, Arthur décida de s'occuper du jardin pour s'aérer l'esprit. Francis confia les enfants à Emma pour rejoindre Arthur, au bout d'une demi-heure. Il savait qu'Arthur était encore chamboulé. Alfred n'avait pas voulu de son jouet préféré quand Arthur le lui avait ramassé, mais l'avait accepté quand Emma l'avait pris des mains d'Arthur.

« Laisse-moi tranquille !, râla Arthur alors qu'il commençait à faire un sillon.

- Je suis sûr que c'est passager.

- Il préfère même Emma à moi.

- Tu ne vas pas encore être jaloux de la nourrice.

- Et pourquoi pas ? »

Francis allait encore tenter de le rassurer, quand il entendit un bruit suspect. Il leva la tête, vit des hommes devant lui, se retourna, et vit qu'ils étaient encerclés.

« Bonjour ! Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? », dit Francis.

Francis voulut être aimable. Il ne pensait pas que ça le sortirait de ce mauvais pas. Tous ses hommes étaient armés jusqu'au cou. Arthur releva la tête de son sillon et prit conscience de la situation délicate dans laquelle ils se trouvaient. Il n'avait pas d'épée, contrairement à Francis. Il assura sa prise sur son piochon, prêt à se battre.

« Vous êtes les deux homos avec des gosses. Vous méritez la mort. »

Francis tira son épée et repoussa les hommes qui s'étaient rués sur lui. Il entendit ensuite un cri féminin provenant de la maison. Mince, ils étaient plus nombreux qu'il ne l'aurait pensé. Une odeur de fumée emplit très vite l'atmosphère.

« La maison brûle ! », cria Arthur.

Leurs enfants étaient à l'intérieur. Francis avait déjà eu peur pour sa propre vie, mais jamais pour celles de ses enfants jusque-là. Et c'était une sensation glaçante. Il se ressaisit vite pour éviter un coup de massue et trancher le ventre de son assaillant.

« Je vais créer une brèche, lui dit Arthur juste derrière lui. Tu cours et tu pars avec les enfants. Je les retiens.

- C'est un plan pourri, Arthur. Je suis plus fort que toi à l'épée !

- Tu cours plus vite ! »

Arthur n'attendit pas qu'il soit d'accord et utilisa la magie. Il éclaircit tout de suite les rangs de leurs ennemis, juste en face de Francis. Francis laissa l'épée à Arthur et se mit à courir aussi vite qu'il put.

« Sorcellerie ! »

Francis savait qu'Arthur allait se faire massacrer par leurs ennemis. Ils étaient beaucoup trop nombreux pour lui seul. En plus, il leur avait donné plusieurs raisons de le détester et de le réduire en petits morceaux. Mais ce qui comptait le plus était leurs enfants. Ils étaient peut-être beaucoup trop jeunes pour survivre à leur première mort.

Francis entra dans la maison avec un mouchoir sur la bouche, se débarrassa de deux hommes à l'entrée et fonça vers la cuisine où il sentait la présence des petits. Il défonça la pièce fermée à clef et passa devant le corps sans vie d'Emma, avec beaucoup de regrets. Elle avait tout fait pour protéger les petits. Et il n'aurait jamais le temps de lui donner une sépulture digne de ce nom, s'il voulait sauver les enfants et Arthur. Elle les avait mis dans leurs landeaux pour les sortir de la maison en flamme et avait certainement fermé à clef après s'être reçue un coup d'épée.

Là, où Francis était, il n'y avait que de la fumée, mais c'était aussi dangereux que les flammes.

Il sortit très vite les enfants de la maison. Il dut les déposer à l'entrée pour se battre et occire deux hommes qui l'attendaient à la sortie.

Une fois que ce fut fait, Francis prit les landeaux et se dirigea vers leurs chevaux et la charrette. Les hommes qui les avaient attaqués n'avaient pas pensé à leur enlever leur seul moyen de sortie. L'attelage était déjà prêt. Francis soupçonnait Arthur d'avoir jeté un sort pour que tout soit en ordre. Après avoir vérifié que les enfants étaient conscients, Francis calla les landeaux dans la charrette et monta à l'avant.

Arthur lui avait dit de partir sans lui. Mais il ne pouvait vraiment pas faire ça. Ce n'était pas correct. De plus, il savait que ses enfants lui en voudraient d'avoir laissé leur daddy derrière lui. Et puis, il fallait montrer le bon exemple. Et il n'avait pas vraiment envie de laisser Arthur derrière lui, alors qu'il s'était sacrifié pour leurs enfants.

Francis tourna les chevaux en direction des hommes qui tabassaient Arthur et les lança au galop. Il cria pour leur faire comprendre de se pousser très vite, sinon ils finiraient sous des sabots. Francis arriva très près d'Arthur. Il se pencha pour prendre la main d'Arthur. Seulement, Arthur utilisa la magie pour se transporter à l'intérieur de la charrette, à côté de leurs enfants.

Francis se releva et poussa les chevaux à galoper aussi vite que possible. Ils étaient bien évidemment poursuivis. Heureusement, Arthur devait être encore conscient parce que leurs ennemis tombaient un à un sous l'effet de la magie.

Ainsi, ils réussirent à échapper à leurs poursuivants. Francis baissa le rythme des chevaux pour les économiser, évita toutes les villes alentour et se dirigea vers le Canada. Il avait là-bas une maison que personne ne connaissait et où il pourrait accueillir les jumeaux et Arthur en toute sécurité.

Dès que Francis trouva un cours d'eau pour faire boire les chevaux, il s'arrêta. Il avait encore le cœur battant après cette attaque. Et cela ne s'arrangea pas quand il vit l'état d'Arthur. Leurs assaillants l'avaient bien amoché. Francis était même certain qu'Arthur avait un ou deux os cassés. Arthur avait même la tête sur le côté, comme s'il dormait. Seulement, il avait peut-être perdu connaissance au cours de leur fuite. Il avait peut-être même tellement mal qu'il était plongé dans une sorte de coma réparateur.

Francis tenta de le réveiller, sans succès. Arthur aurait pu se soigner au lieu de s'occuper de leurs poursuivants. Francis savait que ses réserves de magie n'étaient pas illimitées. Il avait donc fait le choix de les protéger.

Les enfants allaient bien, même s'ils étaient un peu secoués de ce départ précipité. Francis trouva des vivres, de l'eau et de quoi survivre au voyage. Arthur avait certainement prévu tout ce qu'il fallait pour se barrer avec les enfants au moindre problème avec Francis. Et il changeait certainement régulièrement les vivres et l'eau dans la charrette à son insu.

Son caractère prudent leur sauvait certainement la mise. Seulement, Francis en était affecté. Arthur prévoyait la possibilité de partir avec les jumeaux en le laissant seul.

Dès qu'Arthur se réveillerait, ils auraient une sacrée dispute.

Pour l'instant, Francis était seul à pouvoir s'occuper des jumeaux et d'Arthur, tout en traversant la moitié de la colonie et en espérant ne pas tomber sur des brigands.