Chapitre 9 :

Fidélité

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La gifle vola et résonna à travers l'immense salle d'eau. Vader aurait pu éclater de rire devant cette perte de contrôle de la part de son ancien maître, mais le visage stupéfait et enragé de ce dernier, mais à la place, il esquissa un sourire moqueur.

« Aïe » Fit-il uniquement amusé.

- Comment osez-vous…siffla le Consort.

Obi-Wan le repoussa violemment et sortir de l'eau, tremblant de tous ses membres.

- Un simple baiser vous fait fuir ? Lança Vader ne voulant lâcher sa proie, j'aurai du faire cela depuis longtemps.

- Vous…n'êtes qu'un…

- Un quoi ? Interrompit le sith avec insolence, ce n'est pas moi qui baise l'Empereur.

- Sachez, Lord Vader, que je rapporterai cette incident à son excellence, rétorqua Obi-Wan dont les traits se figèrent dans une colère sourde.

- Eh bien, allez-y, je n'en ai rien à faire, par contre, je pourrai aussi lui dire que vous étiez tellement désespéré que vous ne vous êtes pas empêché d'avoir une érection.

- Quoi ? »

Obi-Wan rougit fortement et il déglutit quand il se rendit compte que l'apprenti Sith avait raison. Son membre s'était durci. Mais ça ne pouvait pas être à cause de ce baiser, c'était impensable ! Ne supportant plus la présence lourde de Vader, il s'enfuit en dehors, rejoignant les vestiaires. La culpabilité, la peur, la colère et la confusion torturaient son esprit. Il était fidèle à son mari, à son Empereur. Comment ce genre de choses aurait-il pu arriver sans qu'il ne contrôle quoique ce soit ?

Qu'est ce qui n'allait pas chez lui ?

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Obi-Wan était anxieux. Il serrait entre ses doigts les plis de sa robe élégante et luxueuse que le nouvel Empereur avait envoyée à ses quartiers. Appartements qui se trouvaient à quelques pas des quartiers impériaux. Ainsi, il avait accepté de porter ce vêtement en soie bleu, ajusté à sa taille et sans doute fait sur mesure, vu comment il s'y sentait bien. C'était brodé avec des petits joyaux recouvrant le large habit. Ses manches étaient assez amples et se confondaient avec sa cape qui le recouvrait d'une manière à ce qu'il n'est pas froid.

Un coiffeur était même venu pour s'occuper de ses cheveux, qui avaient sacrément poussé depuis sa triste mission à Utapau. Il avait insisté pour garder la longueur. Le coiffeur avait accepté. Finalement, il s'était retrouvé avec une broche dorée, en forme de plume, au-dessus de son oreille droit.

Il se sentait ridicule d'attendre de la sorte. C'était son premier rendez-vous officiel. Il espérait que sa mémoire lui rappelle ce qu'il avait perdu, mais il avait beau fouillé, rien ne lui venait mis à part, un horrible mal de tête. Sheev avait été rassurant, lui promettant de rattraper ce qui avait été détruit dans sa mémoire. Cela faisait une semaine depuis qu'il s'était réveillé après avoir été torturé par les Jedis, puis sauvé par un Sith. Il avait repris à vivre et apprendre ce qu'est devenu la République. Au fond de lui, il pleurait son ancienne vie, mais il était décidé à accepter le bonheur que Sidious voulait lui offrir, il espérait le croire.

Il avait pu rencontrer Vader, le jeune apprenti Sith, mais ce fut un résultat désastreux, il n'osa même pas y penser. Son cœur s'était brisé quand le jeune homme avait fui leur premier contact. Sheev lui avait alors dit que son apprenti détestait les Jedis et étant donné que Obi-Wan avait été un Jedi, il refusait d'accepter cela.

Obi-Wan comprenait et il se demanda bien comment Sheev pouvait l'aimer malgré son passé.

« Monsieur, fit un droïde de protocole en entrant dans le petit salon, L'Empereur est venu vous chercher. »

A peine avait-il entendu ses mots, qu'il se leva s'apprêtant à sortir mais il ne s'attendait pas à ce que son petit ami vienne le rejoindre, au lieu de l'attendre dehors.

« Obi-Wan ! S'écria Palpatine en tendant les bras vers lui pour l'enlacer.

L'ancien Jedi eut un petit sourire et accepta le geste affectueux de l'autre homme.

- Tu es magnifique, j'ai bien fait de te choisir ça, murmura-t-il en l'admirant de la tête au pied.

- Vous avez très bon gout, Excellence.

- C'est pour cela que je t'aime. »

Un baiser se déposa sur son front et Obi-Wan ressentit un frisson d'extase. Curieusement, il appréciait cela, cela faisait si longtemps qu'on ne lui avait pas manifesté de la tendresse.

Puis, main dans la main, ils quittèrent ses appartements.

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« Donner le pouvoir à votre époux est un risque, monseigneur, jugea Mas Amedda avec un certain recul.

Dans une des grandes salles du Sénat, autour d'une longue table, Palpatine, à son extrémité, avait rassemblé ses plus fidèles conseillers. Mas Amedda, qu'il avait nommé Grand Vizir, était à sa droite, suivis ensuite de Ars Dangor, Everi Chalis, Janus Greejatus, et à sa gauche, Kren Blista-Vanee, Sate Pestage, Verge.

- Un risque ? Quel risque avons-nous ? Mon époux m'est fidèle et il le restera, rétorqua froidement l'Empereur.

Mas Amedda déglutit en croisant le regard effrayant du Sith et baissa la tête, lâchant des mots d'excuse. Everi Chalis, une grande femme aux cheveux noirs, prit la parole.

- Ce n'est pas une mauvaise idée, nous pouvons utiliser l'image de Son Altesse impérial, pour renforcer les liens de l'Empire. »

L'Empereur se tourna vers elle, les yeux brillants d'intérêt, permettant à Amedda de décompresser pour quelques minutes.

« Je vous écoute, Chalis, lui permit-il de continuer.

- Le Consort était un ancien Jedi, nous pouvons utiliser cela à notre avantage. Son histoire et sa célébrité avant l'Empire Day peuvent amener à le faire aimer du peuple, de la Galaxie et de ceux qui sont encore ancrés à la République.

- Oui, approuva Janus Greejatus, il a réussi à convaincre la Reine de Naboo, une fidèle de la République, il peut tout aussi en convaincre d'autres. Nous pouvons même créer des mises en scènes pour émouvoir les Rebelles ou ceux qui doutent l'Empire. »

Palpatine n'avait du tout pensé aux avantages politiques que son mari pouvait lui donner. Il avait espéré un soutien de sa part, une aide dans la négociation mais au vue de ce qu'Obi-Wan avait pu faire pour l'accord de Naboo, il était tout aussi probable qu'il puisse réussir un tour de force avec d'autres systèmes. Quitte à permettre à Obi-Wan de diriger certaines planètes qui seront donc entre les mains de l'Empire, il pourrait sans difficulté basculer les pouvoirs.

Ce qui appartenait à son époux, lui appartenait.

« En plus de cela, il sera le témoignage de cette République maudite et de la trahison des Jedis, ajouta Chalis, les systèmes seront obligés d'admettre que l'Empire est meilleure et que c'est ce qui nous a sauvé. »

Tous les conseillers approuvèrent d'un hochement de tête, même Mas Amedda devait avouer que l'idée d'utiliser le Consort était un bon moyen pour rendre l'Empire encore plus fort.

« Donc si Son Excellence veuille bien le permettre, j'aimerai que le Consort revienne sur Coruscant le plus vite possible pour qu'on puisse le présenter officiellement à l'Empire, proposa Chalis, jusqu'ici, à part votre mariage, nous n'avons pu mettre en avant votre époux. »

Sidious avait ses raisons de garder Obi-Wan en dehors de la sphère médiatique, c'était son côté possessif, il ne supportait pas de partager son mari avec l'Univers entier. Il avait autorisé aux médias d'écrire un article rapide sur le mariage, mais n'avait jamais souhaité diffuser le plus beau jour de sa vie.

Jusqu'à récemment, il n'avait jamais voulu que son époux puisse s'éloigner de lui, il ne faisait pas du tout confiance à ses gardes ou bien à ses plus proches conseillers pour veiller sur Obi-Wan. Ainsi, il a pensé à la personne la plus qualifiée pour protéger son époux : son propre apprenti. Il s'est bien évidemment assuré des véritables sentiments de Vader à son encontre et avait été ravi de voir que ce dernier haïssait entièrement Obi-Wan.

Ce n'était pas surprenant. Après avoir passé plus d'une décénnie à manipuler l'esprit du jeune Skywalker pour qu'il s'éloigne de son maître, il n'était pas étonnant qu'il finisse par le rejeter. C'était donc un point que Sidious avait été très heureux de constater et qui lui permettait de confier son époux à son apprenti.

Certes, Obi-Wan souffrait un peu de cette haine, mais il se débrouillait plutôt bien.

« Très bien, vous pouvez disposer, ordonna l'Empereur à ses conseillers.

Sans un mot, les septs loyaux serviteurs se levèrent en un et quittèrent la salle du Conseil.


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Après avoir pris les speeders de luxe privé de l'Empereur, Obi-Wan fut conduit à un des plus grands théâtres de Coruscant. Il n'y était allé qu'une fois et c'était pour une mission avec son maître, Qui-Gon. Il n'avait pas vu le spectacle ce jour-là, puisque la mission se passait dans les coulisses. Ce qu'il savait, c'était que les représentations étaient très prisés dans la Galaxie, le théâtre n'avait jamais fermé ses portes une seule fois, toujours remplis de clients qui souhaitaient se détendre et passaient un bon moment.

Ils avaient ensuite été installé à une des meilleurs places : sur un balcon, qui donnait une vue parfaite sur la scène. Obi-Wan avait l'impression d'être redevenu un enfant qui découvrait le monde pour la première fois. De nombreuses personnes s'étaient inclinés et reculés à leur vue. L'ancien Jedi aurait aimé se cacher plusieurs fois quand il vit le regard intrigué de ses inconnus vivants dans l'opulence. Accroché au bras de l'Empereur, il avait senti plusieurs des petits tapotements de main sur son bras pour le rassurer et l'encourager à les ignorer.

Lorsqu'enfin, ils étaient seuls, dans leur plus grande intimité, Obi-Wan soupira, soulagé de ne plus avoir à supporter la mondanité. Quelle idée pour un premier rendez-vous !

« Je suis navré, cher ami, je ne pensais pas que cela vous mettrez mal à l'aise, dit Palpatine à ses côtés en lui prenant la main, je vous promets que la prochaine sera meilleure.

Ils étaient assis sur deux fauteuils confortables, mais ils étaient tellement proches qu'Obi-Wan avait cru que c'était un canapé.

- Non, tout va bien, je suis juste…je ne suis pas juste pas habitué à sortir, généralement, je reste au Temple…

C'était difficile de croire que cela était sa vie. Il en avait presque du mal à en parler.

- Oui, je comprends mais j'aurai du prendre cela en compte. C'est indigne de moi, murmura l'Empereur la voix emplie de remord.

- Votre Excellence, je vous en prie, je suis heureux d'être à vos côtés, et c'est pour moi le plus important.

- Oh, mon amour… »

Palpatine glissa une main sur sa joue, le roux s'y ronronna de plaisir, appréciant ce toucher doucereux et affectueux. Et tandis que des chants s'élevèrent dans le théâtre, que les lumières s'éteignirent, très lentement, son corps se pencha vers son fiancé, il s'apprêtait à poser sa tête contre son épaule, mais au lieu de cela, il leva ses yeux vers Palpatine qui ignora totalement le début de la représentation musicale.

Obi-Wan crut alors voir l'immensité de la Galaxie dans les yeux de son compagnon, son cœur tambourinait dans sa poitrine et un étrange sentiment de quiétude mêlé à une mystérieuse ombre l'enveloppa. Leurs souffles se mêlèrent, leurs visages se rapprochèrent lentement, leurs lèvres s'effleurèrent.

N'écoutant que son instinct, il se laissa porter par ses émotions, le son agréable des musiques et le cadre qu'apportait ce théâtre si fascinant.

Fermant les paupières et malgré des incertitudes, l'ancien maître Jedi embrassa l'Empereur Sith.