Bonjour à toutes et tous
Je suis ravie de vous retrouver pour le nouveau chapitre de cette fic ! :)
Merci de votre soutien infaillible, notamment en review, c'est vraiment une montée d'adrénaline géniale de vous lire !
Alors merci à tous mes lecteurs et revieweurs, j'appelle :
LoupSpell, brigitte26, Mainysla, sasucchi0123, Rome7, Lady Zalia, holybleu, Tekilou et tephou29
Bonne lecture et à tout en bas !
Les six jours s'étaient écoulés et Harry, en revêtant son plus beau smoking, choisi évidemment par Hermione, avait le sentiment de se préparer pour l'échafaud. La potion qu'il avait avalée il y a une heure pour la migraine ne lui faisait déjà plus d'effet. Et il devait attendre au moins encore une heure pour en reprendre une. Et Draco n'aidait pas à l'apaiser, il faisait les cent pas, nerveux, incapable de savoir comment il allait tenir toute la soirée sans son vampire.
Car oui, au fil des jours, et aussi beaucoup grâce à la discussion qu'ils avaient eue avec Severus, Draco acceptait beaucoup mieux son statut de calice, reconnaissant par-là implicitement qu'Harry était son vampire. Et la promiscuité qu'ils avait développé ces quelques jours durant rendait nerveux le calice qui craignait de passer, depuis sa libération, du temps seul sans celui qui l'avait sauvé et qui était responsable de sa survie.
- Draco, pitié, arrête de tourner dans la chambre comme ça ! clama Harry qui de son ouïe de vampire entendait distinctement Draco user son parquet alors qu'il était lui-même dans la salle de bain en train de se débattre avec son nœud de cravate.
- Draco !
Les pas s'arrêtèrent aussitôt
- Tu peux m'amener ma baguette s'il te plaît ?
Ça faisait deux jours que Harry avait assez confiance en Draco pour le laisser renouer avec la magie en pratiquant des sorts tout simples mais qui l'aidaient à reprendre confiance en lui et en ses capacités.
Quelques secondes plus tard, Draco frappa à la porte qu'Harry lui ouvrit. Il lui donna sa baguette et d'un soupir Harry prononça la formule sur sa cravate qui dût se résoudre à se nouer correctement.
- Ça te va bien.
Harry s'était senti couvé du regard l'espace de quelques secondes par son calice. Le costume vert bouteille coïncidait parfaitement avec la chemise argent. Un véritable pied de nez coloré qui avait beaucoup amusé Harry lors de son achat, mais qui le gênait maintenant face à ce Serpentard déchu, comme il avait déjà entendu Draco se nommer.
Harry regarda Draco, un espèce de rouge lui était monté aux joues.
- Ho ! Harry était gêné, le vampire lui tremblait de plaisir, merci Draco. J'espère que.. enfin que la couleur ne te gêne pas ?
- Non, reprit Draco les yeux toujours baissés, non ça te va vraiment, vraiment bien !
Au tour d'Harry d'être gêné, et pour se donner contenance il se retourna vers le miroir, en quête d'un pli invisible.
- Il a dit qu'il devait arriver à quelle heure ?
Le changement drastique de sujet fit se retourner Harry. Il avait noté que Draco avait l'art et la manière de surprendre. Était-ce une conséquence de deux ans sans vie sociale ? Toujours était-il que Draco disait ce qu'il pensait, quand il le pensait. Sauf en ce qui concernait sa vie d'avant, où Harry avait beaucoup de mal à lui arracher les vers du nez, profitant souvent de sa faiblesse suite à ses cauchemars. Il n'en tirait pas grande fierté, mais au moins ça avait le don d'être plus efficace qu'en journée.
Avant de répondre à Draco, Harry jeta un coup d'œil à sa montre :
- Il devrait être là d'ici trente minutes.
- Et il est sûr que ça ne le dérange pas ?
Pour seule réponse, Harry leva les yeux au ciel.
C'était ça, le service qu'il avait demandé l'autre soir à Severus : garder Draco pendant sa soirée d'hommage que lui rendait le premier ministre à laquelle il ne pouvait pas se soustraire.
L'homme avait tout de suite et avec joie accepté, soulageant l'esprit d'Harry. Il était quasiment sûr que l'homme ne refuserait pas, mais tant qu'il ne lui avait pas demandé…
- Tu poses la question au moins trois fois par jour Draco, releva avec amusement Harry, et chaque fois c'est la même réponse : pourquoi voudrais-tu que ça dérange ton parrain de passer une soirée entière avec toi ?
Draco ne répondit rien, comme d'habitude, se contentant d'hausser les épaules, comme d'habitude.
Harry laissa peser son regard sur lui, espérant toujours une réponse qui cette fois non plus ne vint pas. En quittant la salle de bain, Draco derrière lui, il soupira.
- Tu sais, dit-il une fois arrivé en bas, en se dirigeant vers la cuisine pour un premier remontant en vue de la soirée de ce soir, il va falloir que tu me dises un jour ce que tu trouves de si fou concernant le fait que ton parrain accepte de passer une soirée avec toi, j'imagine qu'il doit être ravi, après ces années loin l'un de l'autre.
Draco s'était affalé dans le canapé, occupé à zapper à la télévision, occupation moldue à laquelle il s'était très vite habitué, mais les mots d'Harry l'interrompirent.
- Je n'ai pas dit que c'était fou, articula-t-il finalement au bout d'un moment.
- Draco, Harry prit place près de lui en lui arrachant doucement la télécommande des mains, je vois bien que tu es à la fois heureux et anxieux de passer cette soirée avec Severus. Heureux je peux le comprendre, anxieux, moins.
Et naturellement, Draco se crispa aux mots de son vampire.
Mais sous l'insistance de la créature qui lui envoyait des vagues d'apaisement, Draco finalement se confia :
- C'est qu'on n'avait jamais passé du temps, ensemble, juste tous les deux…
Les sourcils d'Harry se froncèrent, il avait été prêt à tout entendre mais pas ce fait aussi… bête. Severus était son parrain, comment n'avaient-ils jamais pu passer de temps ensemble ?
Comme si Draco avait entendu les interrogations d'Harry, il explicita son ébauche de réponse, en se trémoussant un peu mal à l'aise sur le canapé :
- Tu sais, du temps de Tu-sais-qui, les réunions et repas de famille, c'était très loin de l'image que tu devais avoir, Potter…
-Potter ? releva le vampire en haussant un sourcil
Draco bafouilla soudain, mais Harry le rassura bien vite, et l'encouragea à continuer :
- Le mage noir… il marqua un temps, comme s'il hésitait à continuer, se mordant distraitement les lèvres. Bref, quand bien même ça puisse t'étonner, je n'ai jamais passé de temps seul avec mon parrain, alors que j'aurais adoré, mais c'est juste, que ça ne se faisait pas, tout comme enlacer sa mère, sa voix prit des accents pathétiques, depuis ma première rentrée scolaire à Poudlard, ma mère n'a plus eu un geste maternelle envers moi. On doit grandir fort, et être aussi dur que doivent l'être des hommes, pour devenir…
- De bons Mangemorts ? compléta Harry à sa place, pour lui éviter d'avoir à dire ces mots.
Et en unique réponse Draco hocha la tête. Elle lui paraissait lourde et par fierté, il ravala un sanglot qui menaçait de tomber.
Harry était troublé. Cette réponse qu'il attendait tant, elle lui paraissait maintenant si pathétique… Il regrettait presque d'avoir forcé Draco à parler. C'était si bête, et c'était pourtant si naturel ce qu'il ressentait. Une main se glissa aux côtés de celle de Draco, caressant du pouce le bout de ces doigts si fins.
- Merci en tout cas.
Harry avait lui aussi une boule dans la gorge. L'enfance de Draco lui sautait maintenant aux yeux. Elle n'était guère enviable à celle qu'il avait connu, et il fût pris soudain d'un sérieux doute. Valait-il mieux grandir aux côtés de parents incapable d'amour, ou d'en témoigner, ou grandir orphelin sauvé par l'amour et le sacrifice d'une mère ?
Leurs sombres pensées à tous les deux furent interrompues par des coups portés à la lourde porte d'entrée en bois.
Harry échangea un regard doux avec Draco et se leva pour aller ouvrir.
Quand Severus entra dans l'appartement, un air gêné naquit sur le visage de Draco.
Evidemment qu'il était heureux de revoir son parrain, de passer la soirée avec lui. Mais seul à seul … dans une situation inédite, cela l'angoissait beaucoup. Et s'il n'était pas assez intéressant pour son parrain, et si celui-ci nourrissait des projets avec lui ?
Des frissons naquirent sur ses bras et son trouble alla jusqu'aux sens du vampire qui immédiatement tourna sur attention sur lui.
- Draco, l'interrogea-t-il, qu'y a-t-il ?
Son ton était inquiet, clairement. Et la gêne avait envahi le salon. Severus regardait la scène d'un vampire réconfortant un calice qui n'osait pas dire tout haut ce qu'il craignait et pourtant le vampire l'avait compris. Sa peur transpirait dans ses émotions et le vampire fût troublé. Il n'avait jamais senti la peur de Draco, depuis que leur lien s'était renforcé, mais son passé le rattrapait, et être seul avec cet homme le terrifia. Il envoyait inconsciemment des ondes de négativité, de terreur à son vampire qui devait compenser par des vagues d'apaisement, mais finalement décida de percer l'abcès avant que la terreur n'avale totalement son calice.
Il saisit avec douceur les mains de Draco et attendit un contact visuel avec Draco pour parler.
Ce que le calice se résolut à faire après quelques longues secondes.
- Tout va bien se passer, Draco, Severus ne nourrit aucun projet sexuel avec toi ce soir.
Double hoquet de surprise, celui de Draco, légitime, et celui de Severus qui ne s'attendait définitivement pas à ça. Les mots du vampire le poussèrent à avancer un peu vers eux pour à son tour prendre la parole :
- Draco, il vit les yeux pleins de larmes de son filleul se poser avec hésitation sur lui, je comprends tes craintes, mais tout ça, c'est terminé Draco, tu es en sécurité, avec moi, avec Harry. Sois tranquille, on va juste passer une bonne soirée, comme on aurait dû avoir le droit de le faire depuis longtemps déjà, d'ailleurs regarde, il fouilla dans sa poche, à la recherche d'une boîte plate qu'il sortit et donna à Draco, Harry m'a confié que la télévision semblait te passionner, je t'ai amené un classique des films moldus, c'est drôle, j'espère qu'on pourra le regarder, pendant que Harry s'amuse à sa petite beuverie ministérielle ?
Il lança à la fin de sa phrase un regard plein de moquerie à Harry qui lui renvoya sa plus belle grimace.
- Je vais essayer de pas rentrer tard, promit-il à Draco, et j'ai rempli le frigo, vous devriez trouver de quoi vous faire plaisir, Severus est un piètre cuisinier à côté de moi, Draco, mais je te promets tu survivras.
Harry sentit couver sur lui un regard plein de haine provenant de son ancien professeur et ricana. Œil pour œil.
Draco étudia les deux hommes dans la pièce, il ne ressentait pas de danger à leur contact, ils riaient et se taquinaient. Pas de danger à venir semblait-il et il s'autorisa à se détendre. D'ailleurs il observa l'homme qui était son parrain, un sourire sur le visage, l'air détendu, il avait l'air tout heureux de passer une soirée avec lui.
Alors pourquoi avait-il ainsi paniqué ? Il avait sûrement dû passer pour un idiot. Personne n'aurait réagi comme ça… pourquoi avait-il réagi comme ça alors ? Qu'est-ce-qui n'allait pas chez lui ? Des viols, des abus, voilà ce qui existait chez lui. La mort d'une mère devant ses yeux et ceux de Severus qui n'avait pas bougé, voilà ce qui existait chez lui. Des humiliations, des punitions, un mage noir. Chez lui.
Draco secoua la tête, ses idées s'emballaient, destructrices. Mais il ne voulait pas les évoquer à voix haute. Parce qu'il est des gestes et des actes si terribles qu'ils ne peuvent être dits. C'est ce que pensait légitimement Draco.
Il préféra se lever, partant à la cuisine se chercher un verre d'eau pour remettre des idées en place. Il le savait, il était en sécurité, il fallait juste qu'il s'autorise à se détendre, à accepter ce fait. Severus ne lui ferait rien. A tête reposée, la crise d'angoisse passée, cette pensée lui paraissait même bête. C'était Severus, son parrain, évidemment qu'il ne lui ferait rien de mal.
- Draco ?
Le garçon tourna la tête en direction de qui l'avait interpellé.
- C'est l'heure, je dois y aller, tu es sûr que ça va aller ?
Le calice voyait bien les traits peints d'inquiétude sur son visage et il travailla à le rassurer, certain désormais que tout irait bien :
- Merci Harry, mais ça va, et pardon, il dirigea son attention sur Severus, j'ai paniqué et je…
- Ça va, Draco ne t'en fais pas, je pense que tu peux y aller, Harry, tout ira bien, on va passer une petite soirée tranquille, meilleure que la tienne sans doute.
Harry échangea un long regard avec Draco, son vampire ne décelait plus rien, pas de peur, pas d'angoisse, et s'il partait un boulet aux pieds à l'idée de sa soirée, il était un peu rassuré.
- Bien, alors à toute à l'heure.
Son vampire crevait d'envie d'aller embrasser, voir mordre son calice en guise d'au revoir, mais ils n'en étaient toujours pas là. Alors il serra les dents, et Harry ouvrit la porte, prêt à transplaner.
- Harry, attends, entendit l'Auror alors qu'il allait refermer la porte d'entrée.
Une tornade aux cheveux blonds toujours trop longs se jeta sur lui et l'enlaça. Une étreinte qui dura à peine deux secondes mais qui mit du baume au cœur dans l'esprit du vampire. Son calice l'avait délibérément enlacé avant de rapidement retourner s'installer au canapé, l'air gêné.
Harry transplana, un immense sourire aux lèvres, ce geste allait l'aider à passer cette soirée qui lui donnait déjà la fièvre.
Quand il arriva dans le hall du Ministère, une foule s'était déjà groupée. Tout le monde, une liste d'invités triés sur le volet, avait revêtu ses plus beaux habits. Et son arrivée, comme d'habitude, provoqua murmure et chuchotements.
Tâchant de taire déjà une exaspération qui ne ferait que grandir tout le long de la soirée, Harry travailla à chercher des têtes familières.
Il repéra la famille Weasley et les rejoignit.
Les embrassades et félicitations furent de rigueur. Hermione, au bras de Ron resplendissait dans une robe bleue qui tombait sur ses longues jambes. Elle était devenue une femme et si elle gardait une cicatrice de la guerre, elle était maintenant disposée à aller de l'avant.
Elle s'approcha de la tribune officielle aux côtés des Weasley et d'Harry qui ne cessait d'être sollicité par chaque personne dans la salle souhaitant lui adresser personnellement ses félicitations.
Enfin le Ministre arriva, dans un costume marron élégant et d'un sonorus sur la gorge intima le silence dans le hall transformé pour la soirée en salle des fêtes.
Le discours fût long et monotone aux yeux d'Harry qui ne pouvait cependant pas reconnaître que le Ministre avait fait des efforts particuliers pour rendre ses élocutions plus digestes. Il échangea un moment des regards amusés avec Ron, pour rendre le temps moins long. Ces deux-là, bien qu'habitués à ces soirées d'hommage et de remerciement ne s'y faisaient définitivement pas. Passé l'adrénaline de la poursuite et du combat, ils aspiraient tous deux à retourner à leur anonymat pour un moment d'accalmi bien mérité.
Cela faisait vingt-cinq minutes que la voix du ministre nouvellement élu après la guerre résonnait dans le hall décoré majestueusement en l'honneur de l'équipe ayant découvert la cachette des derniers Mangemorts recherchés, et après avoir vu Ron bailler trois fois, Harry s'était perdu dans ses pensées.
Cependant il eût fallu un nom malheureux, lâché avec mépris par la bouche du Ministre pour qu'Harry refocalise toute son attention sur lui.
- Car Draco Malfoy a après lui une équipe d'Aurors d'un niveau jamais égalé ! Et lorsqu'enfin, ils le retrouveront, soyez certains mes chers amis, qu'enfin nos rues seront définitivement sûres. Je vous le dis…
Harry n'écouta pas plus, tous ses sens étaient aux aguets. Voilà toute la salle était en effervescence, le vampire ressentait de la colère, du mépris, de la haine. Un camaïeu d'émotions négatives qui lui donnait le tournis.
Sans plus attendre, et alors qu'il était sur les sièges réservés aux Aurors tout devant, Harry s'excusa auprès de ses camarades et discrètement s'éclipsa pour rejoindre l'une des terrasses.
Un serveur en costard naviguait entre les gens, proposant champagne et petits fours au frais du contribuable sorcier, et Harry refusa son offre sur son passage. Il avait besoin d'air. Juste ça.
Car il avait beau être la créature la plus crainte au côté des loups-garous, si son statut ce soir était percé à jour, que Draco Malfoy était annoncé comme calice, Harry savait qu'ils ne feraient pas grand cas de l'élu au profit d'abattre un mangemort, le mangemort.
Il étouffa et tira un peu sur sa cravate pour gagner en oxygène. Comment comprendraient-ils ?
De loin, il entendit des applaudissements venir achever le discours du Ministre, et des bruits de vaisselle tintèrent à ses oreilles. Le buffet était ouvert, Ron avait déjà dû se jeter dessus.
- Tout va bien Harry ?
Il se retourna en reconnaissant la voix de sa meilleure amie. Appuyée contre l'une des lourdes portes qui permettaient d'accéder au hall, les bras croisés, elle l'étudiait avec inquiétude.
Il s'approcha doucement d'elle, un sourire aux lèvres.
- Mais oui, bien sûr, mentit Harry, pourquoi cela n'irait pas ?
- Peut-être parce que tu es parti en plein milieu du discours ? releva la jeune femme d'une voix suspicieuse.
- Il faisait chaud dedans et…
- Pas à moi, Harry, répondit Hermione d'un ton sans réplique, que tu ne veuilles pas raconter ici, très bien, mais il va bien finir falloir par me dire ce que toi et Ronald vous me cachez depuis votre descente !
Harry la regarda longtemps. Evidemment que si Ron n'avait rien dit, tout dans son attitude avait attiré la méfiance d'Hermione. Ils se connaissaient tous beaucoup trop pour qu'un secret comme celui-là en reste un bien longtemps.
- Tu viens ? Allons profiter du buffet avant que mon époux n'ait décidé de l'engloutir à lui tout seul, sa voix était rieuse, Harry ne s'y fia pas, elle attendait des explications et rapidement.
Cependant ce n'était pas le lieu pour parler de tout cela, alors doucement il attrapa la main qu'elle lui tendait et la suivit. Il retrouva Ron occupé à savoir comment tenir à la fois une coupe de champagne, une assiette de petits fours, et mener l'ensemble à sa bouche sans tout faire tomber.
Se laissant entraîner par l'ambiance légère qui avait remplacé l'atmosphère soporifique pendant le discours, Harry grignota plus pour accompagner ses amis que par gourmandise véritable.
C'était pourtant difficile de résister à l'avalanche de choix qui s'étalait sous ses yeux. Le ministre décidément devait être heureux, très heureux de leur dernière capture, car il s'était surpassé ! Le traiteur avait dû recevoir sa commande de l'année !
Au bout d'un moment, ils s'étaient trouvés un petit coin au calme, Harry et Ron en effet, près du buffet, ne cessaient d'être interrompus par du public, désireux d'une photo, un autographe ou simplement féliciter par eux-mêmes les Aurors pour leur capture.
Si au début ça n'avait pas trop dérangés les garçons, Ron décida malgré lui de s'éloigner du buffet, en effet une fois puis deux on leur posa la question quant à Draco Malfoy et Ron jura à Harry avoir vu ses yeux rougeoyer.
C'était pour éviter tout incident lié au vampire que Ron et ses amis avaient rejoint une table plus au calme et Hermione se chargeait d'aller chercher de quoi picorer et boire tout le long de la soirée.
- Monsieur Potter, Monsieur Weasley, enfin je vous trouve.
Le ministre gratifia les deux jeunes hommes d'une grande claque dans le dos, les joues déjà rougies par l'abus certain de champagne.
Harry et Ron le saluèrent en retour, échangeant des regards amusés quant à l'état de leur Ministre, un peu trop familier soudainement.
- Mes félicitations encore mes enfants ! s'exclama-t-il, vraiment une véritable prouesse, ces Mangemorts croupissent à Azkaban dans l'attente de leur procès, vraiment c'est formidable ! J'espère que cette petite fête vous plaît ? Oh j'ai voulu faire simple vous savez, sinon que devrais-je faire pour le jour où vous mettrez la main sur Draco Malfoy !
Ronald s'étouffa avec la coupe de champagne qu'il venait de porter à sa bouche, récoltant un magnifique regard noir d'Harry, un regard plus intrigué d'Hermione et rien du tout du Ministre, trop occupé à continuer sa logorrhée :
- Un travail formidable, je le pense, vous savez. Mais dites-moi, Harry détesta quand l'homme le prit par l'épaule, penchant sa tête légèrement vers lui, avez-vous des pistes, pour Draco Malfoy ? A lui courir ainsi après, j'ai peur que ne naissent des rumeurs, certains sorciers le surnomment déjà vous savez qui, ça ne fait pas bon pour moi, ça Monsieur Potter ! Oh mais je suis certain que vous avez des idées des tuyaux, mais évidemment secret professionnel oblige, vous ne me direz rien, j'en suis sûr, il s'étouffa lui-même de rire comme s'il avait dit une bonne blague, avant d'harponner un serveur pour attraper une nouvelle coupe de champagne.
Si Harry tâchait de rester neutre face aux mots inconscients de son Ministre, Ronald se trémoussait, comme gêné, et avalait à une vitesse folle petits fours et gorgée de champagne comme pour empêcher sa bouche de dire quelque chose qu'il pourrait regretter.
- Oui, oui, bien sûr Monsieur le Premier Ministre, répondit simplement Harry. De toute façon, éméché comme il l'était, l'homme ne serait sans doute pas bien capable de retenir autre chose.
- Bien, bien alors je vous laisse, je crois que je vais aller me resservir un peu de caviar de dragon, oui, c'est un met fabuleux, et il faut que je passe voir votre ami Lucas Spike, lui aussi a fait un travail remarquable ! Alors et bien bonne soirée à vous et encore félicitations !
Il tint à serrer la main d'Harry et de Ron avant d'enfin les quitter.
Ron semblait hilare, et Harry prenait sur lui pour ne rien montrer, présence d'Hermione oblige.
Il ne s'attendait toutefois pas à ce que la jeune brune l'attire par le bras, ainsi que Ron, pour leur faire quitter leur table afin de les traîner jusque sur une des terrasses, la plus éloignée du hall et donc quasiment déserte.
- Où est-il ? menaça Hermione les mains sur les hanches.
Harry joua les étonnés et la regarda de son air le plus innocent qu'il savait faire, tandis que Ron étudiait ses chaussures
- Où est qui, Hermione ?
- Oh ça suffit maintenant ! Tu vas me dire où est Draco Malfoy !
Elle prit garde à bien baisser le ton de sa voix en disant ces derniers mots. Et alors qu'elle vit Harry ouvrir la bouche, prêt à nier elle lança un index menaçant à son encontre :
- Tu quittes le discours du Ministre au moment où il prononce son nom, Ron change de sujet dès que je parle de votre descente, il se met à rire comme un enfant pris en faute, il s'étouffe devant le ministre quand il prononce son nom, et le peu que j'ai réussi à lui tirer du nez c'est « faut que tu en parles à Harry ». C'est clair que vous cachez quelque chose tous les deux, quelque chose le concernant, alors je te le redemande, Harry Potter, où est Draco Malfoy ?
Mais oui, où est Draco Malfoy...
Bon, jetez pas de tomates pour cette fin de chapitre svp :p
J'espère qu'il vous aura plus, au plaisir de vous lire toujours plus nombreux sur ce chapitre,
Mes amitiés !
LessaWatberg!
